Subvenite sancti Angeli

La Schola Sainte Cécile est en deuil

La Schola Sainte Cécile en deuil. Nous avons la douleur d’avoir perdu l’un de nos membres. Merci pour vos prières !

Requiescat in pace.

Messe de Requiem du 30ème jour pour Mr Nicholas Krasno

Messe de Requiem pour Mr Nicholas KrasnoSaint-Eugène, le mercredi 16 septembre 2020, messe de Requiem du 30ème jour de 19h.

Nous aurons à cœur de prier Dieu pour le repos de l’âme de Mr Nicholas Krasno, chantre de la Schola Sainte Cécile.

Né en Angleterre le 14 septembre 1952 en la belle fête de l’Exaltation de la Sainte Croix, diplômé en droit en 1974 de Christ Church (Université d’Oxford), Mr Nicholas Krasno avait laissé l’Anglicanisme de sa famille et fut reçu dans l’Eglise catholique le 6 décembre 2008 en la fête de son saint patron. La rencontre de Saint-Eugène fut – de son propre aveu – pour beaucoup dans son chemin vers le Catholicisme. Depuis 2010 il fut chantre de la Schola Sainte Cécile et les fidèles de Saint-Eugène se souviennent des Offices de Ténèbres qu’il conduisait fidèlement tous les ans. Il est mort à New York le 16 août 2020 dernier.

A la sainte messe :

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Programme de la fête de Notre-Dame des 7 Douleurs

Notre Dame des 7 Douleurs - Anonyme du XVIème s.Saint-Eugène, le mardi 15 septembre 2020, grand’messe en rit romain traditionnel de 19h.

La dévotion aux Douleurs de la Vierge est attestée au Monastère de Schönau, en Allemagne dès l’année 1221 et fut reprise et largement propagée par l’Ordre des Servites, fondé à Florence en Toscane en 1223. L’éclosion de cette dévotion est préparée par les auteurs spirituels des XIème et XIIème siècle, en particulier saint Pierre Damien († 1072), saint Anselme († 1109), Eadmer de Cantorbéry († 1124), saint Bernard († 1153) qui tous méditent sur la souffrance de la Vierge au pied de la Croix. Voici par exemple ce qu’écrit saint Anselme :

Ta peine, Vierge sacrée, a été la plus grande qu’une pure créature ait jamais endurée ; car toutes les cruautés que nous lisons que l’on a fait subir aux martyrs, ont été légères et comme rien en comparaison de ta douleur. Elle a été si grande et si immense, qu’elle a crucifié toutes tes entrailles et a pénétré jusque dans les plus secrets replis de ton cœur. Pour moi, ma très pieuse Maîtresse, je suis persuadé que tu n’aurais jamais pu en souffrir la violence sans mourir, si l’esprit de vie de ton aimable Fils, pour lequel tu souffrais de si grands tourments, ne t’avait soutenue et fortifiée par sa puissance infinie.
Saint Anselme, De l’exercice de la Vierge, I 5.

Ce courant spirituel qui médite sur les douleurs de la Vierge est illustré par l’admirable séquence Stabat Mater dolorosa, qui fut écrite par un ardent franciscain, le Frère Jacques de Benedetti de Todi (1236 † 1306), o.f.m. (Jacopone de Todi).

La méditation sur les douleurs de la Vierge s’épanouit ensuite principalement dans les Flandres et en Rhénanie au cours des XIVème et XVème siècles. La liste des sept douleurs est alors fixée vers cette époque :

  • la prophétie du vieillard Siméon, (Luc II, 34-35)
  • le massacre des Innocents et la fuite en Egypte, (Matthieu II, 13-21)
  • la perte de Jésus au Temple de Jérusalem, (Luc II, 41-51)
  • La rencontre de Marie et de Jésus lors du portement de la croix, (Luc XXIII, 27-31)
  • la mise en croix et la mort du Christ, (Jean XIX, 25-27)
  • la déposition de la croix du corps du Christ, (Matthieu XXVII, 57-59)
  • la mise au tombeau de Jésus. (Jean XIX, 40-42)

Jean de Coudenberghe, curé de Saint-Sauveur de Bruges, fit placer dans son église une représentation de la Vierge avec les scènes de ces sept Douleurs, pour demander à la Mère de Dieu la cessation de la guerre civile qui ravageait les états bourguignons après la mort de Marie de Bourgogne en 1482. Une confrérie de Notre Dame des 7 Douleurs fut fondée à Bruges en 1492. Elle célébrait sa fête le dimanche dans l’octave de l’Ascension. Cette image de Bruges devait être assez semblable à celle-ci, peinte par Bernard van Orley (1491 – 1542) :

Notre Dame des 7 Douleurs par Bernard van Orley (1491 † 1542)

Notre Dame des 7 Douleurs par Bernard van Orley (1491 † 1542)

Une première fête de Notre Dame de Compassion, dite aussi Notre-Dame des Douleurs ou Notre-Dame de Pitié, ou encore de la Transfixion de Notre-Dame, fut instituée par le Concile de Cologne en 1423 contre les Hussites qui désolaient alors les églises et détruisaient les images saintes. Cette fête est fixée au vendredi après le dimanche de la Passion : afin – dit le Concile – d’honorer l’angoisse et la douleur qu’éprouva Marie lorsque, les bras étendus sur l’autel de la Croix, notre Rédempteur Jésus-Christ s’immola pour nous et recommanda cette Mère bénie à saint Jean (…) surtout afin que soit réprimée la perfidie des impies hérétiques Hussites. Cette fête, qui existe toujours, a été inscrite au Martyrologe Romain par le pape Sixte IV (1471-1484) et étendue à toute l’Eglise latine par le pape Benoît XIII en 1727.

Cependant les règles liturgiques austères du Carême ne permettent pas un plein épanouissement de cette célébration en tant que fête. Aussi l’Ordre des Servites commença en 1668 à célébrer une seconde fête de Notre Dame des 7 Douleurs fixée de façon mobile au IIIème dimanche de septembre, ce qui lui fut confirmé comme un privilège propre par le pape Innocent XI. Rendu à la liberté, le pape Pie VII étendit cette fête à toute l’Eglise latine le 18 septembre 1814. Conséquence du changement du Bréviaire en 1908, on décida en 1914 de libérer un dimanche en fixant cette fête désormais au 15 septembre, octave de la fête de la Nativité de la sainte Vierge et lendemain de celle de l’Exaltation de la sainte Croix.

A noter que les textes liturgiques latins des deux messes de ces deux fêtes sont substantiellement les mêmes (le Trait du Carême est remplacé par l’Alleluia en septembre), la liturgie ne parlant que d’une fête de la Transfixion de la Vierge : ce terme (qui vient du latin transfigere, transpercer) rappelle la prophétie du vieillard Siméon lors de la Présentation au Temple de Jérusalem : Vois, cet enfant est fait pour la chute et le relèvement d’un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en but à la contradiction, et toi-même, un glaive te transpercera l’âme, afin que se révèlent les pensées de bien des cœurs.

A la sainte messe :

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Programme de la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix

L'Empereur Héraclius restitue la Vraie Croix à Jérusalem - école flamandeSaint-Eugène, le dimanche 13 septembre, premières vêpres à 17h45 – le lundi 14 septembre 2019, grand’messe en rit rit romain traditionnel de 19h.

Fête de l’Exaltation de la Sainte Croix

Découverte par l’impératrice sainte Hélène en 326 après des fouilles, la sainte relique de la Vraie Croix du Christ avait été partagée en trois parts par celle-ci, entre Jérusalem, Constantinople et Rome.

La part de Jérusalem avait été emporté par l’impie Chosroès II, empereur des Perses Sassanides au cours de la terrible guerre de 614 contre l’Empire, pendant laquelle ses troupes s’emparèrent de la ville sainte après un siège de 21 jours, emporté avec la complicité de la population juive. Dans un bain de sang, la ville fut pillée de ses trésors, la basilique de la Résurrection (Saint-Sépulchre) fut détruite, et de nombreuses reliques firent parties du butin perse, parmi lesquelles la relique de la Vraie Croix qui fut emportée à Séleucie-Ctésiphon (non loin de l’actuelle Bagdad), la capitale de l’Empire sassanide, avec d’autres reliques de la Passion du Christ, comme la sainte Eponge ou la sainte Lance. Les survivants du massacre de Jérusalem, dont le patriarche Zacharie, furent déportés en Mésopotamie. La prise de Jérusalem par ces païens mazdéens, soutenus par les Juifs qui préféraient les Perses aux Byzantins, causa un choc intense parmi les chrétiens.

La fête de l’Exaltation de la Sainte Croix fut instituée dans l’Eglise universelle afin de commémorer le retour de la précieuse relique de la Vraie Croix chez les chrétiens, après la victorieuse croisade que mena l’empereur Héraclius de 624 à 631 contre les Perses.

L’éclatante victoire de Ninive que remporta l’empereur Héraclius Ier sur les troupes perses de Chosroès II le 12 décembre 627 entraîna la chute de ce souverain & la restitution de la précieuse relique par le nouveau pouvoir perse. La Vraie Croix restituée fut apportée à Constantinople, ainsi que la relique de la sainte Eponge. Les deux précieuses reliques furent exaltées devant le peuple de Constantinople le 14 septembre 629.

Les Perses occupaient toujours la Palestine, et ne se retirèrent qu’au cours de l’hiver 629-630. C’est alors qu’Héraclius, accompagné de son épouse l’impératrice Martine, partit pour Jérusalem au début de l’année 630 pour y rapporter la relique de la Vraie Croix reprise aux Perses. Il y fut accueilli le 21 mars par Modeste de Jérusalem, locum tenens du patriarcat, depuis l’exil du patriarche Zacharie. L’empereur entra dans la ville à pied, sans aucun insigne impérial, en portant lui-même la vénérable relique tout au long de la Via Dolorosa. Il fut le seul empereur qui se soit rendu à Jérusalem.

La fête de l’Exaltation de la Sainte Croix fut fixée au 14 septembre pour commémorer cet exploit. Notons que cette fête suit immédiatement la fête de la dédicace de la basilique de la Résurrection (actuel Saint-Sépulcre) – édifiée sur le Golgotha et sur le tombeau du Christ, là même où fut redécouverte la Vraie Croix par sainte Hélène. La dédicace de cette basilique constantinienne fut en effet célébrée le 13 septembre 335.

« A la vue du Christ élevé en croix, il ne faut pas, mes bien-aimés, que votre pensée s’arrête à ce seul aspect extérieur qui frappa les yeux des impies, auxquels il a été dit par Moïse : « Ta vie sera comme en suspens devant tes yeux, et tu craindras jour et nuit, et tu ne croiras pas à ta vie. » En effet, à la vue du Seigneur en Croix, les impies ne pouvaient apercevoir en lui autre chose que leur crime ; ils tremblèrent de crainte, non pas de la crainte qui justifie dans la vraie foi, mais de celle qui torture une conscience coupable. Pour nous, ayant l’intelligence éclairée par l’esprit de vérité, embrassons d’un cœur pur et libre la Croix dont la gloire resplendit au ciel et sur la terre, et appliquons toute l’attention de notre âme à pénétrer le mystère que le Seigneur, parlant de sa passion prochaine, annonçait ainsi : « C’est maintenant le jugement du monde, maintenant le prince de ce monde sera jeté dehors. Et moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai tout à moi. »
Homélie de saint Léon, pape, VIIème leçon des vigiles nocturnes de cette fête, au troisième nocturne.

Vêpres de la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : O salutaris hostia, sur le ton de l’hymne de la Passion Vexilla Regis prodeunt
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Tota pulchra es Maria – prose du XIVème siècle, du Ier ton
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Exaudi Christe – extrait des Laudes regiæ – ton de Reims.
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo, sur le ton de l’hymne de la Passion Pange lingua
  • Chant d’action de grâces : Christus vincit – plain-chant d’Aloys Kunc (1832 † 1895), maître de chapelle de la cathédrale de Toulouse.

A la sainte messe :

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Programme du XVème dimanche après la Pentecôte

Résurrection du fils de la veuve de NaïmSaint-Eugène, le dimanche 13 septembre 2020, grand’messe en rit romain traditionnel de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

La résurrection du fils de la veuve de Naïm.

Une mère, veuve, fut dans la joie lors de la résurrection de ce jeune homme. Une mère, l’Église, est dans la joie chaque jour lors de la résurrection spirituelle des hommes. Celui-là était mort dans son corps mais ceux-ci, dans leur âme. La mort visible était pleurée par des larmes visibles. Quant à la mort invisible, nul n’en prenait souci, nul ne l’apercevait, Celui-là qui connaissait les morts prit souci d’eux. Celui-là seul connaissait les morts qui pouvait les rendre à la vie. S’il n’était pas venu pour ressusciter les morts, l’Apôtre ne dirait pas : « Éveille-toi, toi qui dors, lève-toi d’entre les morts, et sur toi luira le Christ ».
Homélie de saint Augustin, évêque, VIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

A la sainte messe :

Vêpres de la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : O salutaris hostia, sur le ton de l’hymne de la Passion Vexilla Regis prodeunt
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Tota pulchra es Maria – prose du XIVème siècle, du Ier ton
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Exaudi Christe – extrait des Laudes regiæ – ton de Reims.
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo, sur le ton de l’hymne de la Passion Pange lingua
  • Chant d’action de grâces : Christus vincit – plain-chant d’Aloys Kunc (1832 † 1895), maître de chapelle de la cathédrale de Toulouse.

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Iconographie & les 3 leçons des nocturnes de ce dimanche, sur notre page Facebook.

Programme du XIVème dimanche après la Pentecôte – Déposition de la précieuse Ceinture de la Mère de Dieu – ton 5

La précieuse ceinture de la Mère de DieuParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 13 septembre 2020 du calendrier grégorien, 31 août 2020 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton V de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour la déposition en l’église de Chalcoprateia de la précieuse Ceinture de la Très-Sainte Mère de Dieu.

La relique de la précieuse Ceinture de la Vierge Marie fut transférée à Constantinople par l’empereur Arcadius, le fils de Théodose le Grand, qui régna de 395 à 408. L’empereur l’enferma dans une châsse précieuse & magnifique, la sainte cassette : « τὴν ἀγίαν σορόν » et on la déposa un 31 août dans l’église de Chalcoprateia. Cette église de Chalcoprateia – qui tire son nom d’un quartier de Constantinople où des artisans travaillaient le cuivre – était située non loin de la Grande Eglise (Sainte Sophie) et avait été fondée par la fille de l’empereur Arcadius, sainte Pulchérie.

Déposition de la ceinture de la Mère de Dieu dans l'église de Chalcopratée.

Déposition de la ceinture de la Mère de Dieu dans l’église de Chalcopratée.

Avec l’église des Blachernes – qui conservait le manteau de la Vierge Marie – l’église de Chalcopratée était l’une des plus illustres des nombreuses églises de Constantinople qui étaient dédiées à la Vierge Marie.

A la fin du IXème siècle, l’impératrice Zoé, seconde femme de l’empereur Léon le Sage, étant malade, la relique fut déployée au dessus de sa tête par le patriarche de Constantinople, ce qui provoqua sa guérison, rapportée dans le Ménologue de Basile le Jeune.

Guérison de l'impératrice Zoé par imposition de la ceinture de la Vierge par le patriarche de Constantinople.

Guérison de l’impératrice Zoé par imposition de la ceinture de la Vierge par le patriarche de Constantinople.

Reliquaire de la précieuse Ceinture de la Mère de Dieu conservée à VatopaidiLa précieuse Ceinture fut par la suite divisée en trois parties dont l’une enfermée dans un reliquaire en forme de croix, la croix impériale d’Isaac II Ange (1185-1205), dont le tsar de Bulgarie Ivan Asen Ier (1189-1196) s’empara au cour d’une bataille. Au XIVème siècle, le roi de Serbie saint Lazare (1329 † 1389) entra en possession de cette croix impériale et de sa précieuse relique, puis en fit don au monastère de Vatopedi au Mont-Athos, qui la conserve jusqu’à ce jour dans un reliquaire plus moderne. A une époque difficile à déterminer, des fils d’or furent ajoutés à la relique, probablement pour la consolider. Cette précieuse Ceinture, qui ne sort qu’exceptionnellement de ce monastère, a fait un séjour triomphal en Russie en novembre 2011, déplaçant plus d’un million de fidèles venus la vénérer.

Vénération de la ceinture de la Vierge par Vladimir Poutine.

Vénération de la ceinture de la Vierge par Vladimir Poutine.

La relique de la précieuse Ceinture déposée à Chalcopratée et aujourd’hui à Vatopedi au Mont-Athos n’est sans doute pas l’unique ceinture de la Vierge qui a été conservée. D’autres églises possèdent des fragments, dont il est difficile de savoir si ils proviennent d’un partage de celle de Chalcopratée, ou bien si elle sont des reproductions anciennes de l’original (c’était une pratique courante de confectionner des modèles qu’on mettait au contact de l’original et qui était considérés dès lors comme reliques de troisième classe), ou bien encore d’une autre ceinture (la Sainte Vierge pouvait bien avoir plusieurs ceintures !).

Ceinture de la Mère de Dieu dans son fourreau reliquaire de la collégiale du Puy-Notre-Dame dans le MaineOn ne connait pas le sort des deux autres parties de la ceinture de Constantinople, il est possible que celles-ci soient passées en Occident à la suite des croisades. Ainsi, en France, la collégiale du Puy-Notre-Dame dans le Maine conserve un fragment d’une ceinture de la Vierge qui y fut déposée au XIIème siècle et qui fait 2,8 cm de large.

Un petit fragment de seulement 7 cm par 3 cm environ est attesté depuis 1252 dans l’église de Quintin en Bretagne.

Relique de la ceinture de la Vierge de Quintin en Bretagne.

Relique de la ceinture de la Vierge de Quintin en Bretagne.

L’Italie depuis 1141 possède la sienne en la cathédrale de Prato en Toscane, elle mesure 87 cm de long par 3 cm de large, et est elle aussi brodée de fils d’or. L’évêque de cette ville en fait l’ostension au peuple depuis un balcon extérieur de la cathédrale à chaque fête de Notre-Dame.

Ceinture de la Vierge de LochesLa ceinture de la Vierge que possède la collégiale de Loches fut envoyée en cadeau par Constantinople à l’empereur d’Occident Charles le Chauve (843 – 877). Son arrière petit-fils, Lothaire (954 – 986), roi des Francs, offrit cette précieuse relique à Geoffroy Ier, comte d’Anjou dit Grisegonelle (958 – 987) lequel la déposa dans la collégiale Notre-Dame qu’il s’était fait bâtir dans son château de Loches, où elle se trouve encore aujourd’hui. Cette relique faisait originellement 2m10 sur 3 cm. Sa grande taille pourrait laisser entendre qu’il s’agirait d’une copie de celle alors conservée à Constantinople et non encore divisée. Une comparaison entre les ceintures du Puy-Notre-Dame et celle de Loches fait ressortir deux tissages radicalement différents.

Fabrication de copies de la ceinture de la Vierge par les moines de VatopediIl est très intéressant de noter que toutes ces différentes reliques occidentales font substantiellement la même largeur d’environ 3 cm. Cette largeur parait tout à fait similaire à celle conservée à Vatopedi dont je n’ai pu trouver les dimensions exactes. Les moines de Vatopedi confectionnent encore aujourd’hui des reproductions de la ceinture qu’ils détiennent, et ces reproductions sont beaucoup plus longues que leur relique : leur longueur est censée être celle originelle de la ceinture avant sa division.

Reliquaire contenant la ceinture de la Vierge d'Homs en SyriePar ailleurs, dans la ville d’Homs en Syrie, en l’église de la Ceinture de la Vierge, des fouilles effectuées en 1852 puis à nouveau le 20 juillet 1953, ont permis de découvrir au centre de l’autel une ceinture de 74 cm de longueur, 5 cm de largeur & 3 cm d’épaisseur, en tissu de lin et soie qui a été daté de l’époque romaine. Selon la tradition, cette ceinture a été déposée à Homs en 476 et provenait de la ville d’Edesse. Elle était arrivée à Edesse en même temps que la translation d’une partie des reliques de saint Thomas depuis les Indes faite en 232. Ce fait est à relier à la tradition selon laquelle la Vierge aurait donné une de ses ceintures à saint Thomas au moment de son assomption.

Prions la Vierge Marie qu’elle garde sous sa protection ses enfants qui se confient à elle en ces temps troublés, tant en Orient qu’en Occident.

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche, ton 6. Gloire au Père. Tropaire de la Mère de Dieu. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche.
A sexte : Tropaire du dimanche, ton 6. Gloire au Père. Tropaire de la Mère de Dieu. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : de la Mère de Dieu (le second).

Tropaires des Béatitudes : 6 tropaires du dimanche, ton 6 & 4 tropaires de la troisième ode du premier canon de la fête, œuvre du seigneur Georges (Georges, évêque de Nicomédie au IXème siècle :
1. Le bon Larron sur la croix * eut foi en ta divinité, ô Christ ; * il te confessa d’un cœur sincère en s’écriant : ** De moi, Seigneur, en ton royaume souviens-toi.
2. Sur le bois de la croix * pour nous les hommes tu fis fleurir la vie * et se flétrir la malédiction de l’arbre défendu : ** Sauveur & Créateur, nous te chantons d’un même chœur.
3. Par ta mort, ô Christ, * tu as brisé la force de la mort, * ressuscitant tous les morts depuis Adam, ** qui te chantent comme vrai Dieu & Sauveur du genre humain.
4. Venues à ton sépulchre, Sauveur, * les saintes Femmes te cherchaient * pour embaumer la Source de vie, ** mais un Ange leur apparut pour leur dire : Il est ressuscité, le Seigneur !
5. O Christ, lorsque tu fus crucifié * au milieu de deux larrons, * l’un fut justement condamné pour t’avoir insulté, ** l’autre par sa confession devint l’hôte du Paradis.
6. Devant le chœur des Apôtres, * les saintes Femmes s’écriaient : * Le Christ est vraiment ressuscité, ** adorons en lui notre Maître & Créateur.
7. En ce jour, fidèles, célébrons * la Ceinture de la Vierge immaculée, ** vénérons-la comme un lien de notre union avec Dieu.
8. Les flots de grâces qui ne cessent de jaillir, * ô Vierge, de ta châsse immaculée ** abreuvent l’ensemble des croyants.
9. La Ceinture de la Vierge comblée d’honneur * qu’en ce jour nous célébrons de nos chants ** dans la grâce répand sur les fidèles les guérisons.
10. Pour les fidèles te célébrant * ton allégresse, ô Vierge, comme rosée du matin ** apaise la fournaise des passions.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 5 : Le Verbe coéternel au Père et à l’Esprit, * né de la Vierge pour notre salut, * fidèles, chantons-le et adorons-le, * car il a daigné dans sa chair monter sur la Croix * et supporter la mort, * afin de ressusciter les morts ** par sa glorieuse Résurrection.
2. Tropaire de la Mère de Dieu, ton 8 : ère de Dieu toujours-vierge, protection des mortels, * à ta ville tu donnas comme une enceinte fortifiée * la Robe et la Ceinture de ton corps immaculé * échappant à la corruption en vertu de ton enfantement virginal, * car en toi la nature et le temps sont renouvelés ; * c’est pourquoi nous te prions de pacifier notre vie ** et d’accorder à nos âmes la grande miséricorde.
3. Kondakion du dimanche, ton 5 : Tu es descendu aux enfers, ô mon Sauveur, * tu as brisé leurs portes, comme Tout-Puissant, * et avec toi tu as ressuscité les morts, comme Créateur ; * tu as brisé l’aiguillon de la mort * et Adam a été délivré de la malédiction, ô Ami des hommes. ** Aussi te clamons-nous : ** Sauve-nous, Seigneur.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion de la Mère de Dieu, ton 2 : La précieuse Ceinture qui jadis entoura * ton sein porteur de notre Dieu * pour tes fidèles est un invincible trophée, * un trésor inépuisable de bienfaits, ** Mère de Dieu demeurée vierge en enfantant.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Autre kondakion de la Mère de Dieu, ton 4 : Ton peuple, ô toute-digne de nos chants, * fête la déposition de ta précieuse Ceinture en ce jour * et sans cesse te crie :* Réjouis-toi, Vierge, ** fierté des chrétiens.

Prokimen
Du dimanche, ton 5 :
℟. Toi, Seigneur, tu nous prends en garde, tu nous protèges d’une telle engeance, à jamais (Psaume 11, 8).
℣. Sauve-moi, Seigneur, il n’est plus de saints (Psaume 11, 2).
[De la Mère de Dieu, ton 3 :
℟. Mon âme magnifie le Seigneur, et mon esprit est ravi de joie en Dieu mon Sauveur (Luc 1, 46).]

Epîtres
Du dimanche : II Corinthiens (§ 170) I, 21 – II, 4.
Et c’est lui aussi qui nous a marqués de son sceau, et qui pour arrhes nous a donné le Saint-Esprit dans nos cœurs.
[De la Mère de Dieu : Hébreux (§ 320) IX, 1-7.
Après le second voile était le tabernacle, appelé, le Saint des saints.]

Alleluia
Du dimanche, ton 5 :
℣. Ton amour, Seigneur, à jamais je le chante, d’âge en âge ma parole annonce ta fidélité (Psaume 88, 2).
℣. Car j’ai dit : l’amour est bâti à jamais, aux cieux tu as fondé ta fidélité (Psaume 88, 3).
[De la Mère de Dieu, ton 8 :
℣. Ecoute, ma fille, regarde et tends l’oreille. (Psaume 44, 11).]

Evangile
Du dimanche : Matthieu (§ 89) XXII, 1-14.
Car il y a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus.
[De la Mère de Dieu : Luc (§ 54) X, 38-42; XI, 27-28.
Jésus lui dit : Mais plutôt heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la pratiquent !]

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
[De la Mère de Dieu : J’élèverai la coupe du salut, j’invoquerai le nom du Seigneur (Psaume 115, 13).] Alleluia, alleluia, alleluia.

Télécharger le livret des choristes pour ce dimanche.