Saint Damase Ier (366-384)

Son origine espagnole n’est pas avérée, il entre dans les ordres et s’y distingue assez vite par ses vertus. Devenu diacre, Damase est le bras droit du pape Libère et l’accompagne dans l’exil dont l’empereur Constance II frappe ce pape. De ce fait il apparait comme l’héritier et le successeur naturel de Libère. Mais, à la mort du pape survenue le 24 septembre 366, la succession ne se fait pas sereinement et deux partis s’affrontent : un autre diacre, Ursin se montre plus prompt à se faire élire, puis se fait consacrer par l’évêque de Tibur (Tivoli), en la basilique (civile) Julienne dès la mort du pape. Un parti bien plus nombreux procède, en Saint-Laurent-de-Lucine, à l’élection régulière de Damase, qui est consacré, en la basilique-cathédrale du Latran, le 1er octobre 366. Les partisans d’Ursin et ceux de Damase engagent un combat de plusieurs jours qui fera de nombreux morts sans que Damase y soit mêlé. Ursin et ses affidés sont expulsés par le préfet de Rome. Damase est ainsi élu par dans une époque troublée par les dissensions théologiques (Ursin est bienveillant avec les idées semi-ariennes) et les luttes de partis.

Une fois installé pape, la lutte incessante contre les hérésies devient la préoccupation de Damase. Dans sa lutte contre l’arianisme, il noue des relations étroites avec les pères de l’Eglise d’Orient : saint Athanase, saint Epiphane, saint Grégoire de Nazianze et saint Basile de Césarée. Le pape dépose l’évêque de Milan Auxence, zélateur de l’arianisme et prédécesseur de saint Ambroise. Le pape est aussi l’un des premiers à condamner l’apollinarisme (Apollinaire de Laodicée professait une doctrine hérétique qui niait la double nature humaine et divine du Christ, lequel n’aurait été que le Verbe dans un corps humain, simple enveloppe : le Christ n’était plus dès lors véritablement homme) : l’apollinarisme fut condamné aux conciles locaux de Rome de 374, 377 & 378 présidés par Damase, et la condamnation fut reprise au concile œcuménique de Constantinople de 381. En 381 toujours, le concile d’Aquilée se réunit à sa demande ; ce concile jouera un rôle majeur dans la fin de l’hérésie arienne en Occident. Rappelons que l’arianisme avait été déclaré hérétique au Concile de Nicée de 325. Cette hérésie niait la divinité de Jésus et donc la consubstantialité, c’est à dire la même substance du Père et du Fils.

Saint Jérôme offre la Vulgate à saint Damase.

Saint Jérôme offre la Vulgate à saint Damase.

En 382, Damase accueille à Rome saint Jérôme de Stridon, lui demandant de réviser & d’unifier les diverses traductions latines de la Bible. Des traductions latines des Ecritures existaient en effet depuis le IInd siècle, elles étaient très diverses car faites à différents endroits par des traducteurs différents, d’où un certain nombre d’imprécisions et de fautes. Ce saint pape est donc celui à qui nous devons la Vulgate, l’édition définitive de la Bible en latin.

A la demande du pape, saint Jérôme traduisit en particulier pour la liturgie romaine le Psautier dit romain, première des trois versions du psautier qu’il réalisa, mais c’est la seconde version de saint Jérôme, dit Psautier gallican, que nous employons depuis sa large diffusion dans l’Empire carolingien, due à son adoption précoce par les Eglises de Gaule. Seules les grandes basiliques romaines avaient réussi à conserver jusqu’au XXème siècle l’usage exclusif du chant des offices sur le Psautier romain ; la quasi totalité des pièces chantées du propre de la messe, dont la composition remonte aux six premiers siècles, sont quant à elles logiquement toujours établies sur le texte du Psautier romain, d’où parfois de très légères différences entre la messe et l’office. Comparons ainsi le premier verset du psaume XLI dans les deux psautiers, dans deux usages liturgiques différents. Il est chanté le samedi saint à la messe de la vigile pascale, comme trait qui accompagne la procession se rendant aux fonts baptismaux pour la bénédiction de l’eau baptismale. On chante alors, sur le texte du Psautier romain :

Sicut cervus desiderat ad fontes aquarum : ita desiderat anima mea ad te, Deus.

Tandis qu’à l’office divin, à l’office nocturne du mardi, on chante selon le Psautier gallican :

Quemadmodum desiderat cervus ad fontes aquarum : ita desiderat anima mea ad te, Deus.

Saint Damase IerOn doit surtout au pape Damase l’introduction du chant de l’alleluia dans la messe romaine, à l’imitation vraisemblablement de la liturgie de Jérusalem, et très certainement sous l’influence de saint Jérôme. Comment se fit cette adoption ? Rome se mit à cette époque à célébrer les vêpres stationales de Pâques sur le modèle de ce qui se pratiquait à la basilique de l’Anastasis (actuel Saint-Sépulcre) à Jérusalem. Au cours de cet office fastueux se chantaient des alleluia, avec des versets grecs qui furent traduits en latin par la suite. Des vêpres de Pâques, ces alleluia passèrent facilement à la messe, où ils furent chantés après le répons graduel, et avant l’évangile (à l’instar de ce qui se pratiquait déjà depuis longtemps dans les liturgies orientales), d’abord pour le seul jour de Pâques et son octave, puis aux autres dimanches et fêtes de l’année. Le Carême et la Septuagésime, les messes fériales, ainsi que les messes des morts, gardèrent la structure primitive antérieure à saint Damase : un trait suit le graduel et précède le chant de l’évangile, ou plus simplement, le graduel seul est chanté entre l’épître et l’évangile.

Damase encourage sainte Marcelle et sainte Paule, toutes deux proches de saint Jérôme, à transformer leur demeures patriciennes en monastères. Il a ainsi contribué à favoriser l’implantation du monachisme à Rome qui était en retard au regard de l’Orient.

Le pape organise aussi le culte des martyrs. Pour les chrétiens du IVème siècle, les catacombes sont des cimetières où ils enterrent les leurs qui veulent reposer près des martyrs. Leur accès est malaisé  en raison d’éboulements, de dégradations… Le pape Damase mis beaucoup d’énergie à restaurer les catacombes et par là le culte des martyrs dans les catacombes elles-mêmes ; il entreprit des fouilles systématiques pour découvrir les tombes inconnues ou méconnues des martyrs.

Le pape Damase mourut le 11 décembre 384 octogénaire, après avoir gouverné et servi l’Eglise pendant dix-huit ans avec sagesse et dévouement.

Saint Damase

Programme du second dimanche de l’Avent

Saint-Eugène, le dimanche 10 décembre 2017, grand’messe de 11h (pas de vêpres exceptionnellement ce dimanche).

Après tant de signes et de prodiges que le Sauveur avait fait voir, il ne pouvait être pour personne un sujet de scandale, mais il aurait dû rester pour tous un sujet d’admiration. Cependant après tant de miracles, sa mort causa un très grand scandale dans l’esprit des infidèles ; et c’est pourquoi saint Paul a dit : « Nous prêchons le Christ crucifié ; scandale pour les Juifs, folie pour les Gentils ». Oui, les hommes regardèrent comme une folie que l’auteur de la vie mourût pour le salut des hommes ; et ainsi l’homme a tiré un sujet de scandale de ce qui devait le plus exciter sa reconnaissance. Car Dieu doit être honoré par les hommes d’une manière d’autant plus digne, qu’il a souffert pour les hommes de plus indignes traitements.
Sermon de saint Jérôme, prêtre, IVème leçon des vigiles nocturnes de ce jour, au second nocturne.

Catéchisme de l’Avent

A la sainte messe :

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Programme du XXVIIème dimanche après la Pentecôte – Icône de la Vierge du Signe – saint Jacques le Persan – ton 2

Icône de la Vierge du Signe de NovgorodParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 10 décembre 2017 du calendrier grégorien – 27 novembre 2017 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton II de l’Octoèque. Carême de Noël. Nous fêtons aussi en ce jour l’icône miraculeuse de la Vierge du Signe de Novgorod.

Cette icône appartient à un type iconographique ancien : la Vierge y est représentée en buste, en orante, élevant ses mains, l’image de son fils est inscrite dans un médaillon qu’elle porte sur son cœur. La prophétie du chapitre VII, versets 14 & 15, du prophète Isaïe sert de base théologique à la composition iconographique de l’œuvre, qui est comme une prédication en image du mystère de l’Incarnation :

C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Une vierge concevra, et elle enfantera un fils, auquel on donnera le nom d’Emmanuel. Il mangera du beurre et du miel, en sorte qu’il sache rejeter le mal et choisir le bien.
Isaïe VII, 14-15.

L’icône miraculeuse de Novgorod remonte au moins au XIIème siècle et est tenue pour l’icône la plus ancienne de Russie. Elle fut restaurée au XVIème siècle par le patriarche Macaire de Moscou. Elle est écrite sur un panneau de bois presque carré (59 par 52,7 cm), saint Joachim et sainte Anne figurent au verso, priant le Christ.

Voici l’histoire de cette icône miraculeuse. L’an 1170, les force armées des Souzdaliens dirigées par le prince Mstislav Andreevitch, fils d’André Ier Bogolioubski, font le siège de la ville de Novgorod la Grande, dont les forces sont inférieures en nombre.

Le troisième jour du siège, l’archevêque Jean de Novgorod entend une voix céleste, qui lui ordonne de prendre l’icône dans l’église de la Transfiguration-du-Sauveur-sur-Iline et de la faire porter en procession sur les murs fortifiés du kremlin de la ville.

Au cours de cette procession, les assaillants dardent leurs flèches vers l’icône et l’une d’entre elles atteint le visage de Notre Dame. A cet instant, des larmes se mettent à couler des yeux de l’icône, et la Vierge tourne son visage vers le peuple de Novgorod. Une ténèbre s’abat sur le champ de bataille & les assaillants pris de terreurs, jettent leurs armes et battent en retraite.

Dix ans après, l’archevêque Elie de Novgorod fait édifier en action de grâce l’église de l’Annonciation-à-Arkaji à l’emplacement précis où survint le miracle. Il institue également ce jour de fête au 27 novembre, toujours célébré en Russie.

L’icône quant à elle, qui avait repris sa place dans l’église de la Transfiguration-du-Sauveur-sur-Iline, fut déplacée dans l’église (future cathédrale) de Notre-Dame du Signe en 1354. Après la révolution d’octobre 1917, et les spoliations des églises par les communistes, l’icône fut déposée dans un musée. Mais en août 1991, l’icône miraculeuse fut restituée à l’Eglise russe, qui la propose depuis à la vénération des fidèles dans la cathédrale Sainte-Sophie de Novgorod.

De très nombreuses copies de cette icône ont été réalisées en Russie. Plusieurs d’entre elles furent également à nouveau miraculeuses et portent alors le nom de l’endroit où le miracle s’est produit.

Icône du Signe Kourskaya Korenaya

Icône du Signe Kourskaya Korenaya.

Parmi les plus connues, on pourra citer l’icône du Signe Kourskaya Korenaya. Elle fut découverte le 8 septembre 1295, par un habitant de la ville de Rylsk, près d’un grand chêne sur la rive du fleuve Touskara. Tandis qu’il soulevait l’icône, une source se mit à couler de dessous les racines du chêne. A cet emplacement se produisirent des guérisons miraculeuses, on y érigea la cathédrale de la Nativité de la Mère de Dieu, dans l’ermitage masculin de Korennoi. En 1485 des Tartares brulèrent cet ermitage et coupèrent en deux l’icône, emmenant en esclavage en Crimée le prêtre desservant, du nom de Bogolep. Ayant été libéré après versement d’une rançon, Bogolep retrouva les deux morceaux de l’icône, qui, ayant été rapprochés, se soudèrent sans colle.

En 1597, le tsar Théodore Ioannovich déplaça à Moscou cette icône que la tsarine Irène orna de pierres précieuses. L’année suivante, elle fut placée dans la cathédrale de la ville de Koursk puis dans le monastère Znamenskii (du Signe) qui fut construit au début du XVIIème siècle pour l’abriter. A partir de 1726, on prit l’habitude de faire revenir l’icône deux semaines par an à l’ermitage de Korennoi, lieu de sa première découverte. Cet usage fut précisé en 1806 par un oukase impérial, qui réglait que l’icône devait revenir tous les ans à l’ermitage de Korennoi, de la neuvième semaine après Pâques jusqu’au 9 septembre. A ces dates une gigantesque procession avec la croix (Крестный ход) portait l’icône depuis Koursk et l’y ramenait, soit une distance de plus de 40 kilomètres. Quarante à cinquante mille personnes y participaient habituellement, beaucoup de guérisons miraculeuses s’enregistraient chaque année lors de ce pèlerinage devenu très populaire en Russie. L’une des plus fameuses guérisons fut celle de Prokhore Isidorovitch Mochnine qui fut guéri miraculeusement à l’âge de 10 ans tandis que la procession passait devant sa maison. Il devint par la suite en religion le Père Séraphim de Sarov, l’un des plus grands saints de la Russie moderne.

Icône du Signe Kourskaya Korenaya avec riza

Icône du Signe Kourskaya Korenaya avec riza.

L’icône fut l’objet d’un attentat terroriste dans la nuit du 7 au 8 mars 1898, à 1h50 du matin de la part d’anarchistes athées. Des explosifs furent placés autour de l’icône, qui causèrent des dommages terribles dans un rayon de 10 mètres, mais l’icône ne subit miraculeusement aucun dommage. L’explosion survint alors que les moines et le peuple chantaient les vigiles dominicales de toute la nuit, mais tous sortirent indemnes de l’attentat. L’un des anarchistes se convertit après cet évènement et devint fervent chrétien.

A la révolution communiste, l’icône quitta la Russie avec les soldats de l’Armée blanche qui prenaient l’exil. Depuis 1951 cette icône de la Vierge du Signe Kourskaya Korenaya réside aux Etats-Unis, au siège de l’Eglise Russe Hors Frontières.

*

Nous fêtons aussi en ce jour le mégalomartyr Jacques le Persan.

Saint Jacques était d’une riche et considérable famille de la ville de Gondishapour (dans l’actuel Khouzistan iranien), capitale d’été des empereurs perses sassanides, ville qui était appelée en araméen Beth Lapéta, en laquelle les chrétiens étaient nombreux, car la ville avait été édifiée par l’empereur Shapour Ier pour y recevoir les habitants d’Antioche déportés après la conquête de cette ville en 253.

L’empereur perse Yazdgard Ier (régnant de 399 à 420), d’abord très favorable aux chrétiens, changea de politique et lança une terrible persécution pendant les quatre dernières années de son règne. Jacques, pour préserver ses avantages à la cour, apostasie et abjure alors sa foi dans le Christ. Cependant, sa mère et sa femme lui envoyèrent une lettre où elles lui faisaient savoir qu’elles n’avaient plus rien de commun avec lui, parce qu’il avait préféré une gloire passagère à l’amour du Christ et à la promesse des biens éternels. Jacques fut frappé par leur message et, pleurant amèrement son péché, il confessa publiquement sa faute et se déclara partout disciple de Celui qui est mort pour nos péchés.

La succession de l’empereur Yazdgard Ier ayant été complexe, lorsque le pouvoir impérial fut enfin maîtrisé par son fils l’empereur Vahram V, celui-ci repris la politique de son père et continua la persécution contre les chrétiens. Il reprocha alors à Jacques sa foi chrétienne, signe pour lui de l’ingratitude de toutes les largesses et responsabilités politiques que son père lui avait témoignées et confiées.

Ce tyran imagina un supplice épouvantable et convoqua toute la ville pour en être témoin. Après avoir lié saint Jacques, on lui coupa méthodiquement et progressivement tous les membres, en 28 morceaux, en commençant d’abord par les doigts et les orteils, puis les mains et les pieds, jusqu’aux jambes, aux bras jusqu’aux cuisses et aux épaules, et pour finir par la tête. De là vient le surnom – saint Jacques l’Intercis, qui signifie « taillé en pièces » – sous lequel ce mégalomartyr est connu en Occident. Pendant tout cet épouvantable martyre, saint Jacques ne cessa pas de louer Dieu et de proclamer sa vérité et sa justice, et au fur et à mesure que ses membres étaient coupés, une joie surnaturelle l’envahissait. Les actes de son martyre rédigés en araméen rapportent ces prières. En voici la dernière, juste avant sa mort :

Mon Dieu, me voilà par terre, au milieu de mes membres semés de toutes parts ; je n’ai plus mes doigts pour les joindre en suppliant, je n’ai plus mes mains pour les élever vers toi ; je n’ai plus mes pieds, ni mes jambes, ni mes bras. Seigneur, que ta colère s’arrête sur moi, et se détourne de ton peuple, et je te bénirai, moi le dernier de tes serviteurs, avec tous les martyrs et tous les confesseurs de l’Orient et de l’Occident, du Nord et du Midi, Toi, ton Fils, et le Saint-Esprit, dans les siècles des siècles. Amen.

Ce martyre survint le 27 novembre 421. Les chrétiens offrirent une somme d’argent considérable pour pouvoir recueillir les reliques du grand martyr, mais cela leur fut officiellement refusé. Ils parvinrent néanmoins à rassembler le corps épars de saint Jacques grâce à des bourreaux. Un grand nombre de monastères en Orient se sont placés sous le patronage de ce glorieux martyr.

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du Mégalomartyr. Kondakion : du dimanche.
A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de la Mère de Dieu. Kondakion : de la Mère de Dieu.

Tropaires des Béatitudes : 6 tropaires du dimanche, ton 2, & 4 tropaires de la 3ème ode du premier canon de la Mère de Dieu :
1. Reprenant la prière du bon Larron, * ô Christ, nous te disons : * Souviens-toi de nous, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Ta croix, nous te l’offrons * pour la rémission de nos péchés : * Seigneur, tu l’as supportée ** par amour pour les hommes.
3. Devant ta Sépulture & ta sainte Résurrection, * Maître, nous nous prosternons : * par elles tu rachetas de la corruption, ** Ami des hommes, le monde entier.
4. Seigneur, l’empire de la Mort * par ta mort fut englouti, * & par ta sainte Résurrection, ** Dieu sauveur, tu as sauvé l’univers.
5. Au plus profond de l’Enfer, * lorsqu’ils virent ta clarté, * ceux qui dormaient dans les ténèbres de la mort, ** ô Christ, se levèrent, ressuscités.
6. Ressuscité du tombeau, * tu vins au-devant des Myrrophores, * et les Disciples reçurent la mission ** de proclamer ta Résurrection.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 2 : Lorsque tu descendis jusqu’en la mort, * ô Vie immortelle, * l’Enfer fut tué par la splendeur de ta divinité. * Lorsque tu relevas les morts des bas-fonds, * toutes les vertus célestes te clamèrent : * Donateur de vie, Christ Dieu, gloire à toi !
2. Tropaire de la Mère de Dieu (« du Signe »), ton 4 : C’est un rempart infrangible * et une source de miracle, * qu’en toi ont reçu tes serviteurs Mère de Dieu Très-pure, * qui repousses les attaques des ennemis ; * c’est pourquoi nous te prions : * donne la paix à notre patrie ** et la grande miséricorde à nos âmes.
3. Tropaire du Mégalomartyr, ton 4 : Ton Martyr Jacques, Seigneur, * pour le combat qu’il a mené, a reçu la couronne d’immortalité de toi, notre Dieu ; * animé de ta force, il a terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons ; ** par ses prières sauve nos âmes.
4. Kondakion du dimanche, ton 2 : Tu es ressuscité du tombeau, tout-puissant Sauveur : * l’enfer, voyant ce prodige, est saisi de stupeur, * & les morts ressuscitent. * A cette vue, la création se réjouit avec toi ; * Adam s’unit à l’allégresse ** et le monde, ô mon Sauveur, te chante pour toujours.
5. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
6. Kondakion du Mégalomartyr, ton 2 : Docile à ta bonne épouse * et craignant le redoutable jugement, * tu bannis la crainte et le souci des Perses, ô Jacques * et devins un admirable martyr, ** supportant que ton corps fût taillé comme un sarment.
7. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
4. Kondakion de la Mère de Dieu, ton 4 : L’image honorée de ton signe, * ton peuple la fête, ô Mère de Dieu, * car tu as accordé une victoire miraculeuse à ta ville résistante, * c’est pour cela que nous te crions avec foi : ** Réjouis-toi, Vierge, louange des chrétiens.

Prokimen
Du dimanche, ton 2 :
R/. Ma force & mon chant, c’est le Seigneur ; il fut pour moi le salut (Psaume 117, 14).
V/. Il m’a châtié et châtié, le Seigneur, mais à la mort il ne m’a point livré (Psaume 117, 18).
De la Mère de Dieu, ton 3 :
R/. Mon âme magnifie le Seigneur, et mon esprit est ravi de joie en Dieu mon Sauveur (Luc 1, 46).

Epîtres
Du dimanche : Ephésiens (§ 233) VI, 10-17.
Prenez encore le casque du salut, et l’épée spirituelle qui est la parole de Dieu.
De la Mère de Dieu : Hébreux (§ 320) IX, 1-7.
Après le second voile était le tabernacle, appelé, le Saint des saints.

Alleluia
Du dimanche, ton 2 :
V/. Qu’il te réponde, le Seigneur, au jour d’angoisse, qu’il te protège, le nom du Dieu de Jacob ! (Psaume 19, 1).
V/. Seigneur, sauve le roi, & exauce-nous au jour où nous t’invoquons (Psaume 19, 10).
De la Mère de Dieu, ton 8 :
V/. Ecoute, ma fille, regarde et tends l’oreille (Psaume 44, 11).

Evangiles
Du dimanche : Luc (§ 71) XIII, 10-17.
Pourquoi donc ne fallait-il pas délivrer de ses liens, en un jour de sabbat, cette fille d’Abraham, que Satan avait tenue ainsi liée durant dix-huit ans ?
De la Mère de Dieu : Luc (§ 54) X, 38-42 ; XI, 27-28.
Jésus lui dit : Mais plutôt heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la pratiquent !

Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
De la Mère de Dieu : J’élèverai la coupe du salut, j’invoquerai le nom du Seigneur (Psaume 115, 13). Alleluia, alleluia, alleluia.

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CHARLES GOUNOD (1818-1893), compositeur religieux méconnu – 1ère partie : le temps de l’Avent

L'Abbé Gounod.

L’Abbé Gounod.

Le bicentenaire de la naissance du compositeur amène naturellement tout mélomane à se pencher sur l’œuvre de celui-ci, en espérant peut-être trouver des œuvres peu jouées voire oubliées si tant est qu’elles soient de qualité .
Dans la mémoire collective, Charles Gounod est connu pour trois de ses opéras Faust, Roméo et Juliette ou Mireille, et bien sûr pour l’Ave Maria sur le 1er prélude du Clavier Bien Tempéré de J.S. Bach…pour toute œuvre religieuse. On remarquera que, malgré cette succincte évocation, le répertoire vocal est au centre de sa production.
Le XIXe siècle n’a pas bonne presse dès lors que l’on évoque la production de musique religieuse : affublée d’épithètes comme sirupeuse, sentimentaliste, sulpicienne, ou encore théâtrale, opératique, voire musique de foire, elle était un signe du temps où le profane avait envahi le sacré au point que des airs d’opéras étaient chantés lors des offices, véritables concerts de telle cantatrice ou de tel ténor, afin de plaire aux mœurs bourgeoises de l’époque, se trouvant indifféremment à l’église ou à l’Opéra.
Charles Gounod a parcouru ce siècle non sans embûches, non sans oppositions – parfois virulentes – non sans condescendance soit par ses pairs, soit par ses paroissiens. Durant toute sa vie, cet ancien séminariste, proche de Lacordaire, cet organiste profondément catholique, a pourtant connu aussi le doute, l’éloignement avec l’Église, mais on sera frappé de voir que chacun de ses opéras possède une prière comme « Anges purs, anges radieux » (Faust). Cela lui sera reproché au point d’être caricaturé en robe de bure, faisant de lui un compositeur à part, en dehors des modes musicales.

Gounod : Caricature en robe de bure

Caricature en robe de bure.

C’est pourquoi, en observant son catalogue, nous ne pouvons être qu’à moitié surpris du nombre d’œuvres religieuses, et pourtant si peu connues : plus d’une vingtaine de messes, cinq requiem, des oratorios, pléthore de motets… Cette prolixité nous amènera inévitablement à faire des choix au gré de l’année liturgique en cours.
L’église Saint Eugène-Sainte Cécile, contemporaine de Gounod – dont son organiste, Renaud de Vilbac, a pu connaître le compositeur – semble particulièrement adaptée pour interpréter ses œuvres religieuses. La Schola pourra ainsi étoffer son répertoire, en interprétant des pièces rarement jouées voire inconnues, poursuivant sa mission de défense de la musique religieuse française, trop souvent occultée ; mais c’est de surcroît rendre justice à Gounod d’avoir combattu sans relâche la malséance musicale de l’église de l’époque au profit du chant grégorien.
Pour cela, il nous est nécessaire enfin de présenter les quelques œuvres que nous aurons l’occasion de chanter du 1er dimanche de l’Avent au dernier dimanche après la Pentecôte, jour de la solennité de la sainte Cécile.

DIMANCHES DE L’AVENT :

Gounod embrassant les missionnaires

Départ des Missionnaires, 1868, tableau de Charles-Louis de Fredy de Coubertin, il se trouve dans la chapelle des Missions Étrangères de Paris.

Alma Redemptoris Mater : Commencer l’année Gounod avec cette hymne à la Vierge-Marie est symbolique pour plusieurs raisons : non seulement le temps liturgique l’impose, mais c’est encore une œuvre que Gounod a écrite lors de sa jeunesse au séminaire dans les années 1846-1847.
Œuvre créée au départ pour quatre voix d’hommes, elle était destinée pour le Salut au Saint Sacrement avec un O Salutaris et un Deus meminerit, tous trois dans la même tonalité de Lab Majeur. Durant le séminaire, Gounod se mettra à dos les paroissiens des Missions Étrangères de Paris car le style – dont cette antienne en est un exemple éloquent – est diamétralement opposé aux goûts souhaités de l’époque : sobriété, référence aux mélismes du chant grégorien, attachement à la compréhension du texte, syllabique et homorythmique. Comme bon nombre d’œuvres, celle-ci paraît simple, mais pas dépourvue d’audaces harmoniques. On appréciera par exemple l’usage d’un chromatisme dans le mode mineur, comme figuralisme de la chute à cause du péché, « succure cadenti », ou encore de la conclusion d’un lumineux « Ave » de l’Ange Gabriel.

 

TROISIÈME DIMANCHE DE L’AVENT « GAUDETE » :

Messe n°6 « Aux cathédrales » : Cette messe a plusieurs noms, elle a été imprimée au départ comme Deuxième messe pour les sociétés chorales à 4 voix d’hommes en sol Majeur en 1862. Elle n’est pas considérée comme une messe solennelle, bien qu’elle comporte un credo, mais c’est plutôt l’écriture qui donne à voir une simplicité de traitement du chœur. Destinés à des chorales populaires ayant plus de 1500 choristes, les orphéons ont fait partie du développement musical religieux au cours du XIXe siècle et Gounod a pu le diriger de 1852 à 1860.

1er Festival des Orphéons de 1859 au Palais de l’Industrie.

Le chœur est au centre de la partition, il n’y a pas de parties solistes, l’orgue soutient le chœur : tout cela explique ainsi une efficacité dans le rendu sonore, où se dégage un effet massif, ample et dynamique, que l’on retrouve dans son Gloria, ou dans son Credo mais également dans la présence d’un Domine salvum, proche de la Messe en l’honneur de sainte Cécile.
Pour autant, à l’ampleur du Kyrie répond en négatif le Christe – où Gounod joue sur de plus grandes subtilités harmoniques – lequel évoque particulièrement la supplication de la triple invocation à Dieu. De même au Sanctus triomphant contraste le O Salutaris hostia, doux, tendre et recueilli. L’Agnus Dei, quant à lui, contient une atmosphère mystérieuse énoncée par un discours mélodique plus fragmenté harmoniquement, mais apaisée au dona nobis pacem grâce à la basse chantant sur la pédale de tonique.

Laudate Dominum, motet à deux voix de 1856, sur le psaume 116, republié en  1878 en appendice de la Messe de sainte Cécile (cf biographie de Gounod par Gérard Condé). Parfait exemple de simplicité et d’efficacité typique des chœurs d’opéras de Gounod, cette œuvre est composée au départ pour une sortie après l’Office des Vêpres.

Ainsi, cette louange apparaît à l’auditeur comme particulièrement enlevée de par l’énergie qu’elle dégage, dès le premier arpège ascendant sur la quarte, mais aussi par un lumineux Ut Majeur, ou encore par une écriture s’apparentant aux sonneries de vénerie.

La partie centrale, « Quoniam… » en sol Majeur, semble être le faire-valoir de la reprise du thème, bien que celle-ci soit toujours en montée jusqu’au déploiement d’un sol aigu prééminent sur « æternum. »

Le retour du thème donc, plus imposant encore, s’enrichit d’une rythmique Grand Siècle, à la manière de G.F. Haendel, soutenu par des enchaînements majestueux harmoniques cadentiels puissants et extrêmement conclusifs.

 

Prochaine partie : Temps de Noël

Plain-chant parisien – Répons Stirps Jesse – Immaculée Conception, Assomption & Nativité de la Sainte Vierge

In Nativitate B.M.V.
In secundo nocturno, Resp. tertius

Répons Stirps Jesse - Fulbert de Chartres

Stirps Jesse virgam prodúxit, vírgaque florem : * Et super hunc florem ** requiéscit Spíritus almus. La souche de Jessé a produit un rameau, et le rameau une fleur : * et sur cette fleur ** s’est reposé l’Esprit Saint.
(Texte de saint Fulbert de Chartres d’après Isaïe XI, 1-2)
V/. Virgo Dei Génitrix virga est, flos Fílius ejus. V/. La Vierge Mère de Dieu est le rameau, et la fleur est son Fils.
(Texte de saint Fulbert de Chartres)
* Et super hunc florem requiéscit Spíritus almus. * Et sur cette fleur s’est reposé l’Esprit Saint.
Glória Patri, & Fílio, & Spirítui Sancto. * Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
* Requiéscit Spíritus almus. * S’est reposé l’Esprit Saint.

Source : Antiphonaire de Notre-Dame de Paris (c. 1300) – F-Pn lat. 15181 f°379 v° et F-Pn lat.15182 f° 304 bis r°. – Cantus ID: 007709 & 007709a.

Ce répons fut (avec Solem justitiæ et Ad nutum Domini) l’un de ceux écrits par saint Fulbert, évêque de Chartres (c. 970 † 10 avril 1028) en l’honneur de la Nativité de Notre Dame pour être chantés à l’office nocturne de cette fête le 8 septembre. Son texte qui s’inspire d’Isaïe XI, 1-2, construit un adroit balancement entre Virga et Virgo ; ce texte est en fait extrait d’un poème plus long écrit par le saint évêque pour la fête de la Nativité de la Vierge, intitulé Solem iustitiae, regem paritura supremum (Patrologie Latine CXLI, 345). Si l’on en croit l’Abbé Lebeuf (Traité historique et pratique de chant ecclésiastique, 1741) qui avait à sa disposition une documentation étendue (souvent perdue lors de la révolution), le chant de ce répons fut modulé par le roi de France Robert II le Pieux lui-même, qui était un grand ami de saint Fulbert (c’est ce roi qui l’avait fait nommé évêque de Chartres en 1006 – Fulbert était déjà précédemment chanoine et écolâtre de la cathédrale de Chartres). Cette composition se caractérise par de beaux mélismes terminaux, celui du verset est en particulier célèbre car c’est sur lui qu’on a modulé le Benedicamus Domino des vêpres solennelles et parce que nombre de polyphonies médiévales primitives sont construites sur cette modulation.

Les trois répons de saint Fulbert pour la Nativité de la Vierge Marie eurent un succès immédiat et se répandirent très rapidement non seulement dans les diocèses français, mais encore fort loin dans toute l’Europe (ils n’ont toutefois pas été retenus dans le Bréviaire romain de saint Pie V). Saint Bernard (c. 1090 † 1153) commente le texte de Stirps Jesse dans sa seconde homélie de l’Avent. Dès le XIIème siècle, notre répons reçoit les honneurs des toutes premières polyphonies aquitaines à deux voix.

Dans l’ancien usage de l’Eglise de Paris, le répons Stirps Jesse était chanté à six reprises :

  1. à l’office nocturne de la fête de l’Immaculée Conception (8 décembre), où il constitue le 6ème répons (3ème répons du 2nd nocturne),
  2. comme répons des premières vêpres de la fête de l’Assomption (15 août),
  3. au cours de la procession entre tierce et la grand’messe de l’Assomption, et son versé était alors « organisé », c’est-à-dire chanté en organum polyphonique,
  4. aux premières vêpres de l’octave de l’Assomption (22 août),
  5. à l’office nocturne de la fête de la Nativité de la Sainte Vierge (8 septembre), où il constitue le 6ème répons (3ème répons du 2nd nocturne) et où il est à sa place primitive,
  6. à la procession suivant les complies de la fête de saint Denis (9 octobre).

L’une des conséquences inattendues du succès musical du répons Stirps Jesse de saint Fulbert de Chartres fut par la suite l’efflorescence du thème iconographique de l’arbre de Jessé, dont de belles représentations ornèrent les verrières de nos cathédrales gothiques.

Voici une magnifique vidéo de M. Michel Colas expliquant en détail la célèbre verrière de l’arbre de Jessé de la cathédrale de Chartres :

Vitrail de l'Arbre de Jessé - cathédrale de Chartres - XIIème siècle.

Vitrail de l’Arbre de Jessé – cathédrale de Chartres – XIIème siècle.

Regnantem sempiterna – séquence du IInd dimanche de l’Avent

Regnantem sempiterna - prose du second dimanche de l'Avent

Source : Missale parisiense du XIIIème siècle (BnF Latin 1112)

regnantem-sempiterna-missel-de-paris-du-13e-siecle

Regnántem sempitérna
Per sæcla susceptúra
Cóncio, devóte cóncrepa :
Fáctóri reddéndo débita :
Quem júbilant ágmina cœlica,éjus vúltu exhilaráta :
Quem exspéctant ómnia térrea,éjus nútu examinánda
Distríctum ad judícia :
Cleméntem in poténtia.
Túa nos sálva, Chríste, cleméntia, propter quos pássus es díra.
Ad póli ástra súbleva nítida,qui sórde térgis sæcula.
Influe sálus véra,effuga perícula.
Omnia ut sint munda tríbue pacífica :
Ut hic túa sálvi misericórdia,
Læti régna post adeámus súpera :
Quo régnas sæcula per infiníta. Amen.
Assemblée des fidèles, applaudis avec sentiment le Roi que tu t’apprêtes à recevoir : Il règne pour les siècles, éternellement ! Rends à ton Créateur ce que tu lui dois : pour lui jubilent les armées célestes, illuminées par son visage. Tous, sur terre, l’attendent, destinés à son jugement. Sévère est sa justice, mais douce est sa puissance. Ô Christ, sauve-nous dans ta grande clémence : C’est pour nous que tu as souffert de tels tourments ! Emporte-nous vers les astres étincelants, Toi qui purifies le monde de sa fange ! Salut véritable, descends et mets en fuite les périls ! Pour que le monde entier soit pur, accorde-nous la paix ! Fais que, sauvés dès ici-bas par ta miséricorde, nous entrions ensuite là-haut, dans le Royaume, ô toi qui règnes dans les siècles sans fin. Amen.

La composition de cette séquence est attribuée à Notker le Bègue (c. 840 † 912), moine de l’Abbaye de Saint-Gall, qui passe pour être l’inventeur de cette forme liturgique développée à l’origine sur les jubili des Alleluia.

L’usage parisien ancien utilisait Regnatem sempiterna pour le IInd dimanche de l’Avent, à l’instar de nombreux diocèses de l’espace carolingien qui l’avaient adoptée.

Cette séquence est en effet bien écrite dans le Ier ton, en continuité avec l’Alleluia Lætatus sum du second dimanche de l’Avent, même si la prose n’utilise que d’assez loin le matériel mélodique de cet Alléluia pour développer sa propre mélodie. Remarquons que tous les stiques se terminent par la voyelle a : cette rime découle sans doute du fait que la pièce suivait le chant de l’alléluia.

Notre transcription suit les variantes mélodiques et textuelles de détail des manuscrits parisiens, avec le rythme traditionnel pour les proses de la cathédrale Notre-Dame.

Livret PDF imprimable.

Abbé Lambert (harm.) – Venez, divin Messie

Harmonisation de l’Abbé Lambert (Versailles, 1845)
Venez, divin Messie.
4 voix. 2 pages.

Ce cantique de l’Avent est adapté sur le chant du vieux noël traditionnel français « Laissez paistre vos bestes », attesté en Bresse au XVIème siècle. Le texte des paroles provient des travaux de M. l’Abbé Simon-Joseph Pellegrin (1663 † 1745), lequel composa à l’attention des demoiselles de Saint-Cyr de très nombreux vers sur les chants des vieux noëls de France, afin d’en renouveler les textes.

Voici en guise de comparaison le refrain et la première strophe de l’ancien noël bressan :

Laissez paistres vos bestes, Pastoureaux,
Par monts et par vaux,
Laissez paistre vos bestes,
Et venez chanter Nau.
J’ai ouy chanter le rossignô,
Qui chantoit un chant si nouveau,
Si haut, si beau,
Si résonneau,
Il me rompoit la teste,
Tant il preschoit
Et caquetoit.
Adonc prins ma houlette
Pour aller voir Naulet.

Le texte reçu de Venez, divin Messie connaît plusieurs variantes de détail tant dans les paroles que dans la répartition des vers entre les strophes. Pellegrin a du reste composé plusieurs textes sur le mètre de ce noël, en voici le refrain de l’un d’entre eux :

Le sauveur vient de naître :
Allons, Pasteurs, éveillez-vous
Venez voir votre Maître,
Marchez, accourez tous.

Voici la leçon du texte que nous présentons en partition :

R/. Venez, divin Messie,
Sauvez nos jours infortunés,
Vous êtes notre vie,
Venez, venez, venez.

1. Ah ! descendez, hâtez vos pas,
Seigneur de l’éternel trépas
Délivrez-nous, ne tardez pas.
Les temps se renouvellent
Sans voir nos crimes pardonnés
Les peuples vous appellent,
Venez, venez, venez.

2. Que nos soupirs soient entendus,
Les biens que nous avons perdus
Ne nous seront-ils pas rendus.
Voyez couler nos larmes
Grand Dieu si vous nous pardonnez
Nous n’aurons plus d’alarmes
Venez, venez, venez.

3. Ah! Puissions-nous chanter un jour
Dans votre bienheureuse cour
Et votre gloire et votre amour.
A nous livrer la guerre
Tous les démons sont acharnés
Pour vaincre leur colère,
Venez, venez, venez.

4. Si vous venez en ces bas lieux,
Nous vous verrons victorieux,
Fermer l’enfer, ouvrir les cieux.
Nous l’espérons sans cesse ;
Les cieux nous furent destinés :
Tenez votre promesse ;
Venez, venez, venez.

Pour mémoire, signalons l’existence d’une version moderne du texte, considérablement appauvrie, loin du charme indéniable de la langue de Pellegrin (lequel fut aussi librettiste de Rameau). L’harmonisation à 4 parties de M. l’Abbé Lambert est très usitée dans les communautés traditionnelles en France. Nous en proposons deux transpositions : en Si bémol majeur (ton original) et en La bémol majeur (plus apte au chant de l’assemblée).

Les premières mesures de cette partition :

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Trope de l’Introït du Premier dimanche de l’Avent – Sanctissimus namque Gregorius

Sanctissimus namque Gregorius - trope de l'introït du premier dimanche de l'Avent

Ce trope du XIème-XIIème siècle se chantait en quelque sorte en guise de prélude à l’introït du premier dimanche de l’Avent. C’est du reste à bon droit qu’il figurait en cette position : non seulement c’est la première pièce par laquelle commence le graduel grégorien, mais encore, l’institution et l’organisation des pièces des 4 dimanches de l’Avent est attribuée par les liturgistes au Pape saint Grégoire le Grand.

En voici le texte latin :

Sanctíssimus namque Gregórius cum preces effúnderet ad Dóminum ut músicum donum ei désuper in carmínibus dedísset, tunc descéndit Spíritus Sanctus super eum, in spécie colúmbæ, et illustrávit cor ejus, et sic demum exórtus est cánere, ita dicéndo : Ad te levavi… (& on enchaîne sur l’introït)

Et la traduction française :

Or, tandis que le Très-Saint Grégoire répandait ses prières au Seigneur afin qu’il lui accorde le don de la musique à appliquer aux chants, voici que le Saint-Esprit descendit sur lui sous la forme d’une colombe et illumina son cœur, et il commença alors à chanter, en disant cela : Vers toi j’ai élevé mon âme… (& on enchaîne sur l’introït).

Trope Sanctissimus namque Gregorius

Source : Graduale sacrosanctæ Romanæ Ecclesiæ de Tempore et de Sanctis – SS. D. N. Pii X. Pontificis maximi jussu restitutum et editum. Rome, Edition Vaticane – 1908.

Partition du trope Sanctissimus namque Gregorius en fichier PDF

Outre Sanctissimus namque, il existait aussi un autre trope plus ancien pour cet introït, attesté par Agobard de Lyon († 840) qui était une adaptation musicale des fameux vers composés par le pape Hadrien Ier (772 † 795) en l’honneur de saint Grégoire le Grand, vers placés en tête du Sacramentaire envoyé par Hadrien à Charlemagne.

En relation avec ce trope, il est bon de rappeler ici le texte fameux de Jean Diacre (IXème siècle) dans sa vie de saint Grégoire, premier texte évoquant le rôle de ce pape dans la réorganisation du chant ecclésiastique :

« Par la suite, dans la maison du Seigneur, à l’exemple du très sage Salomon, il compila avec le plus grand soin, pour la componction qu’inspire la douceur de la musique, un antiphonaire centonisé destinés aux chantres, qui s’avère des plus utiles.

Il institua aussi une école de chantres (schola … cantorum) qui, de nos jours encore, se fait entendre (modulatur) dans la sainte Eglise romaine selon les règlements par lui édictés. Il fit construire, à l’usage de cette schola, deux demeures avec biens-fonds (praediis) : l’une voisine des degrés de la basilique de saint Pierre Apôtre, l’autre contiguë aux édifices du palais patriarchal du Latran. C’est là que, jusqu’à ce jour, ont été conservés, avec une légitime vénération, le lit sur lequel il s’étendait pour enseigner le chant, la férule avec laquelle il menaçait les enfants, ainsi que son antiphonaire authentique. Par une clause de l’acte de donation, il répartit, sous peine d’anathème, les titres de propriétés (loca) entre les deux fractions de la Schola, comme récompense de leur service quotidien.

7. Les Germains et les Francs, entre autres nations européennes, eurent l’occasion, tant et tant, d’apprendre à la perfection (insigniter) ce beau chant. Ils ne réussirent pas toutefois à en conserver la pureté originelle, tant à cause de leur légèreté – ils mêlèrent des chants de leur propre crû à ceux de saint Grégoire – que de leur rusticité naturelle. Les races transalpines, en effet, avec leurs voix rauques et tonitruantes, sont incapables de rendre correctement la beauté du chant qu’ils ont reçu : à cause de la grossièreté de leurs gosiers ivrognes, lorsqu’ils s’efforcent d’exécuter l’admirable cantilène « romaine » avec les inflexions et les répercussions, c’est comme si leurs voix rustres faisaient vibrer l’air du vacarme confus de chariots grinçant en déboulant des marches ! Ce faisant, bien loin d’émouvoir l’âme des auditeurs, ils les énervent, les exaspèrent, les horripilent.

8. Toujours au temps de saint Grégoire, et grâce à la mission de saint Augustin en Angleterre, des chantres d’obédience romaine furent envoyés dans tout l’Occident pour instruire les nations barbares à la perfection. Ces chantres disparus, les églises occidentales vicièrent tellement le répertoire qu’elles avaient reçu, que l’éminent Vitalien dépêcha de France en Angleterre un certain Jean, chantre romain, en compagnie de Théodore, citoyen romain également, puis archevêche d’York. Ledit Jean, rappelant les fidèles des églises environnantes à la beauté de l’antique cantilène, maintint pendant de nombreuses années, tant par son zèle que par celui de ses disciples, la règle de la coutume romaine.

9. Cependant, notre patrice Charlemagne, roi des Francs, fut choqué, au cours d’un séjour à Rome, de la discordance entre le chant romain et le chant gallican. Comme les chantres francs arguaient insolemment que la corruption du chant était due aux fadaises de certains de nos compatriotes et que ces derniers, pour leur défense, exhibaient un antiphonaire authentique susceptible de mériter l’approbation, on raconte qu’il posa la question suivante : « Qui, de la rivière ou de la source, peut contenir l’eau la plus limpide ? » A ceux qui répondirent : « la source », il répliqua avec sagesse : « Puisque nous avons bu jusqu’à maintenant l’eau corrompue de la rivière, il nous faudra désormais remonter aux sources authentiques de la fontaine éternelle. » Il dépêcha donc auprès d’Hadrien, alors évêque, deux de ses clercs dévoués. Lorsque ceux-ci furent suffisamment instruits, il lui fut possible de réinstaurer dans l’Eglise métropolitaine de Metz la beauté de l’antique cantilène romaine, et, sur le modèle de Metz, de réformer le chant dans toute la Gaule.

10. Bien des années plus tard, les chantres qui avaient été formés à Rome étant décédés, Charlemagne, le plus avisé des rois, s’aperçut que le chant des églises gallicanes divergeait de celui pratiqué à Metz, et remarqua que chacune reprochait à l’autre d’avoir corrompu le chant. « A nouveau », dit-il, « remontons à la source. » C’est alors que le pape Adrien, ému par les prières du roi, ainsi que d’aucuns peuvent en témoigner en vérité aujourd’hui, envoya deux chantres en France. Se fiant à leur jugement, le souverain reconnut que tous les chantres francs avaient corrompu, par leur étourderie, la suavité du chant romain. Quant à l’Eglise de Metz, il constata qu’elle avait légèrement dévié de l’usage romain, mais seulement à cause de sa rusticité naturelle.

Enfin, il est reconnu jusqu’à aujourd’hui par tous ceux qui aiment la vérité pure, que le chant de l’Eglise de Metz surpasse d’autant celui des autres églises des Gaules et de Germanie, que lui-même est surpassé par le chant de Rome.

J’ai cru bon de relater ces faits au passage, afin de ne pas avoir l’air de passer sous silence l’indéniable frivolité des Francs ».

Jean Hymonides dit le Diacre, moine du Mont Cassin (v. 824 † av. 882), Vita S. Gregorii Magni, lib. II, 6-10

La traduction de ce texte qui a fait couler beaucoup d’encre, est emprunté au site musicologie.org, où vous trouverez un appareil de notes très intéressantes.

Virgile Le Blanc – Conditor Alme Siderum – Hymne des vêpres de l’Avent

Attribué à Virgile Le Blanc (ed. 1592).
Conditor Alme Siderum – hymne de l’Avent, à vêpres.
4 voix mixtes (SATB).
1 page.

Conditor Alme Siderum est la fameuse hymne des vêpres de l’Avent dont la composition initiale remonte au IXème siècle. Dans les livres liturgiques anciens, sa mélodie est en général très clairement notée selon un rythme ternaire joyeux. C’est ce rythme ternaire qui est usuellement repris par les compositeurs polyphoniques. En voici un bel exemple, tiré des Paraphrases des Hymnes & Cantiques spirituelz pour chanter avec la Doctrine chrestienne, publié en 1592 à Lyon par le R.P. Coyssard, de la Compagnie de Jésus. La musicologue Denise Launay, qui a étudié cet ouvrage, attribue la paternité de la musique qui y est notée à Virgile Le Blanc. Ce livre de chants tient une position clef dans l’histoire de la musique sacrée catholique : c’est en effet l’un des tous premiers exemples que nous ayons d’une réaction musicale à la musique de la Réforme protestante au lendemain du Concile de Trente. Abandonnant résolument l’antique contrepoint, le compositeur écrit des harmonisations verticales, à la tournure populaire.

Notre adaptation conserve le ton ternaire le plus usuel du plain-chant à voix seule pour les strophes impaires de l’hymne, tandis que les strophes paires reçoivent l’harmonisation à 4 parties de Virgile Le Blanc.

Le ton original de Fa Majeur est un peu tendu pour les voix. On peut chanter en Mib Majeur, ou alors, réagencer les parties de sorte à chanter les 4 lignes dans l’ordre suivant : Ténor – Superius – Altus – Bassus, ce qui a pour effet de placer le chant liturgique au Ténor.

Le texte ici présenté est le texte antique de cette hymne, non celui corrigé par la Commission Médicéenne (dit « hymnaire d’Urbain VIII », lequel n’avait pas été reçu en France avant les éditions modernes du XXème siècle).

Les premières mesures de cette partition :
Virgile Le Blanc, Conditor Alme Siderum

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Catéchisme sur l’Immaculée Conception

Vierge de Zwiefalten

Demande. Quelle fête l’Eglise célèbre-t-elle le 8 décembre prochain ?
Réponse. L’Eglise célèbre la fête de l’Immaculée Conception de la sainte Vierge.

D. Qu’entendez-vous par l’Immaculée Conception de la sainte Vierge ?
R. J’entends que la sainte Vierge a été conçue sans contracter le péché originel, dont Dieu l’a préservée.
Explication. Tous les hommes, par une suite funeste du péché d’Adam, naissent enfants de colère & coupables aux yeux de Dieu : c’est une loi générale portée contre tous les descendants de ce premier homme, en qui tous ont péché ; la sainte Vierge seule a été préservée de cette odieuse tache.

D. Pourquoi dites-vous que la sainte Vierge a été conçue sans contracter le péché originel ?
R. Parce que la sainte Vierge devait être Mère de Jésus-Christ.
Explication. C’est la raison que donne saint Augustin lorsqu’il dit que, quand il s’agit du péché, il ne veut point qu’on parle de Marie, à cause de l’honneur même du Seigneur, propter honorem Domini. Est-il concevable en effet que la Mère de Dieu, cette fille de bénédiction, annoncée à l’univers au moment même de sa chute comme devant avoir tant de part à sa réparation, ait été enveloppée dans la malédiction dont elle devait enfanter le destructeur ? Dieu s’étant engagé à mettre entre Marie & le serpent séducteur une irréconciliable inimitié, & l’ayant choisie pour lui écraser la tête, n’est-il pas contre toute raison de supposer qu’elle ait été, ne fût-ce qu’un instant, sous son esclavage ? La promesse serait-elle accomplie dans toute son étendue ? Et pendant cet instant où le péché aurait souillé Marie, quelque court qu’on le suppose, le serpent n’aurait-il pas été en droit de triompher & d’insulter à la menace qui le foudroya ? L’esprit se récuse à cette pensée, que le sang qui devait laver le monde ait été puisé dans cette source autrefois souillée. Il semble que cette tache eût rejailli sur Jésus-Christ même ; & l’idée de la sainteté de l’Homme-Dieu ne s’allie point à l’idée d’un corps formé d’une substance que le péché aurait infectée. Sur quel fondement imaginer que le Fils de Dieu ait refusé à sa Mère & à lui-même un avantage qu’il pouvait sans doute accorder, & que ses promesses & les intérêts de sa sainteté exigeaient sans contredit ? C’est en effet sur la maternité divine que se sont fondés tous les saints Pères, les Docteurs de l’Eglise pour enseigner que la sainte Vierge a été conçue sans péché. Calvin lui-même est forcé de convenir que le titre d’Immaculée donné à Marie se voit dans les Pères & dans les conciles, en particulier dans le concile de Clermont, tenu sous Urbain II.

D. Quelles ont été les suites du glorieux privilège accordé à Marie d’être conçue sans péché ?
R. La principale suite de ce privilège est que la sainte Vierge n’a jamais commis aucun péché, & n’avait même aucun penchant au mal.

D. Dieu, en préservant la sainte Vierge du péché originel, l’avait-il aussi exemptée de la corruption de la mort, qui est une suite du péché ?
R. Oui, Dieu a aussi exempté le corps de la sainte Vierge de la corruption de la mort, dans sa glorieuse Assomption.

D. Comment la sainte Vierge fut-elle préservée du péché originel ?
R. Par les mérites de Jésus-Christ son Fils.
Explication. Jésus-Christ a racheté tous les hommes. En préservant sa Mère du péché originel auquel elle devait être assujettie par la loi générale, il lui a fait l’application de ses mérites, & en ce sens il est aussi son Sauveur.

D. Quel est l’esprit de l’Eglise en cette fête ?
R. C’est d’honorer le premier moment de la sanctification de la sainte Vierge.
Explication. L’Eglise ne peut prendre trop de part à tout ce qui intéresse l’honneur & la gloire de la Mère de Dieu ; voilà pourquoi elle s’empresse de faire honorer le premier moment où Marie, distinguée de toutes les créatures, est déjà la bien-aimée de Dieu & l’objet de ses complaisances. En établissant cette fête si glorieuse à Marie, elle a aussi voulu faire remarquer aux Chrétiens le respect profond que mérite une créature si sainte, si pure, si privilégiée.

D. Que faut-il faire pour bien solenniser cette fête ?
R. Il faut remercier Dieu d’avoir préservé la sainte Vierge du péché originel, & féliciter Marie d’avoir été conçue sans péché.

D. Quelle instruction pouvons-nous tirer de ce mystère ?
R. Nous devons apprendre combien Dieu a le péché en horreur, & le soin que nous devons prendre pour n’y pas tomber.

D. Quels fruits devons-nous tirer de ce catéchisme ?
R. Trois principaux. 1. Renouveler notre amour, notre dévotion & notre confiance pour la sainte Vierge. 2. Lui demander que par son intercession nos péchés soient effacés par les mérites de son adorable Fils. 3. Prendre de nouvelles résolutions d’éviter le péché avec soin.

Abbé Meusy, Cathéchisme des Fêtes, Besançon, 1774

Catéchisme sur l’Avent

Vox clamans in deserto - Saint Jean Baptiste prêchant - tableau de BacchiaccaDemande. Qu’est-ce que l’Avent ?
Réponse. L’Avent est un temps de prières & de pénitence établi par l’Eglise pour préparer les Chrétiens à la Naissance de Jésus-Christ.

D. Combien de temps renferme l’Avent ?
R. L’Avent renferme les quatre semaines qui précèdent la Fête de Noël.

D. L’Avent est-il bien ancien dans l’Eglise ?
R. En regardant l’Avent comme un temps de préparation à la naissance de Jésus-Christ, il a été établi dès les premiers siècles.

D. Que fit-on ensuite, & qu’ajouta-t-on aux prières & aux instructions qu’on faisait pendant l’Avent ?
R. On y ajouta le jeûne ; & quand on eut cessé de jeûner, on garda encore pendant quelques temps l’abstinence.

D. En quoi consiste aujourd’hui l’Avent ?
R. L’Avent consiste principalement à se préparer par la prière & par les bonnes œuvres à la Fête de la Naissance de Jésus-Christ.

D. Que signifie le mot d’Avent ?
R. Le mot Avent signifie avènement, comme qui dirait avènement ou arrivée de Jésus-Christ.

D. Combien y a-t-il d’avènements de Jésus-Christ ?
R. Il y en a deux.

D. Quel est le premier avènement de Jésus-Christ ?
R. Le premier avènement de Jésus-Christ est celui de sa naissance temporelle.

D. Quel est le second avènement de Jésus-Christ ?
R. Le second avènement de Jésus-Christ est celui qui se fera à la fin du monde lorsqu’il viendra juger tous les hommes.
Explication. L’Eglise pendant l’Avent rappelle aux fidèles le second avènement de Jésus-Christ, afin qu’ils s’y préparent en vivant saintement. Mais son objet principal est la naissance du Sauveur, ou son avènement dans la chair ; c’est à célébrer dignement cette auguste naissance que tendent toutes les pratiques de piété que l’Eglise a établies pendant l’Avent.

D. Que faut-il faire pour sanctifier le temps de l’Avent ?
R. Il faut faire quatre choses.

D. Quelle est la première chose qu’il faut faire pour sanctifier le temps de l’Avent ?
R. Il faut réfléchir avec attention sur le grand bienfait de la Rédemption.
Explication. Tous les hommes étaient perdus sans ressource, si un Dieu ne s’était chargé de les racheter. Toute la terre, si l’on excepte la Judée, était plongée dans l’idolâtrie au temps de la naissance du Sauveur ; le vrai Dieu était, pour ainsi dire, le seul qui ne fût pas connu. Avec l’idolâtrie régnaient tous les crimes, les débauches les plus grossières, les vices les plus infâmes. Quel besoin la terre n’avait-elle pas du Rédempteur, qui, avec la connaissance plus particulière du vrai Dieu, y a apporté une Loi toute sainte, une morale toute divine, des mœurs admirables ! Tels sont les fruits heureux de la naissance du Sauveur.

D. Quelle est la seconde chose qu’il faut faire pour sanctifier le temps de l’Avent ?
R. Il faut désirer ardemment la venue de Jésus-Christ dans nos cœurs.
Explication. Les anciens Patriarches soupiraient après l’arrivée du Désiré des Nations : ils souhaitaient que les cieux s’ouvrissent & que le Juste descendit sur la terre : ils ne cessaient de former les vœux les plus ardents, les désirs les plus enflammés de voir le Messie. Dieu le montra en esprit à Abraham, qui fut au comble de la joie. Le saint vieillard Siméon l’ayant vu, se crut assez heureux, & ne demanda plus qu’à mourir. L’Eglise sur la fin de l’Avent répète ces désirs & ces vœux dans des antiennes particulières ; formons-les nous-mêmes ; désirons avec ardeur que le Sauveur naisse dans nos cœurs par la grâce ; disons-lui souvent ce beau mot de l’Ecriture : Venez, Seigneur Jésus, ne tardez pas.

D. Quelle est la troisième chose ?
R. Il faut adorer le Sauveur dans le sein de sa mère.
Explication. Que le Sauveur est grand dans ses anéantissements ! qu’il est aimable & qu’il est digne de nos hommages dans ses humiliations ! Son amour pour nous lui fait quitter en quelque sorte le ciel, le séjour de sa gloire & de sa grandeur, la souveraine Majesté réside dans le sein d’une de ses créatures ; mais plus le Sauveur s’abaisse, plus nous lui devons de reconnaissance de sa tendresse & de sa bonté.
Une pratique très conforme à l’esprit de l’Eglise en ce temps, est de réciter avec piété l’Angelus, qui est une prière composée pour adorer le Sauveur dans le sein de sa Mère, & pour féliciter Marie de l’éminente dignité de Mère de Dieu, à laquelle Dieu l’a élevée. Il y a cent jours d’indulgence chaque fois qu’on dit cette prière à genoux au son de la cloche ; indulgence plénière une fois par mois, en y joignant la confession & la communion. On doit dire cette prière debout le samedi soir et tout le dimanche, de même que pendant le temps pascal, pendant lequel on dit à cette place le Regina Cœli, suivant la permission de Benoît XIV.

D. Quelle est la quatrième chose qu’il faut faire pour sanctifier le temps de l’Avent ?
R. Il faut se préparer à faire une bonne communion le jour de Noël.
Explication. Anciennement, on communiait chaque dimanche pendant l’Avent ; la communion était prescrite à Noël comme celle de Pâques : les bons Chrétiens ne manquent pas de communier en ce saint jour. Pour se préparer saintement à cette communion, il faut se confesser dès la première semaine de l’Avent, assister, autant qu’on le peut, chaque jour à la sainte messe, aux prières qui se font le soir à l’Eglise, pratiquer quelques œuvres de charité, l’aumône, l’instruction des domestiques, &c.

D. Quels fruits devons-nous retirer de ce catéchisme ?
R. C’est d’adorer chaque jour de l’Avent Jésus-Christ dans le sein de sa Mère, de le remercier de ce qu’il s’est incarné pour nous, & de lui demander d’avoir part aux fruits de sa Rédemption.

D. Comment ferez-vous ces actes d’adoration, d’action de grâces & de demande ?
R. Mon divin Jésus, je vous adore dans le sein de votre Mère ; je vous remercie de ce que vous vous êtes fait homme pour me racheter ; ne permettez pas que le plus grand de vos bienfaits me devienne inutile.

Abbé Meusy, Cathéchisme des Fêtes, Besançon, 1774

Programme de la fête de l’Immaculée Conception

Francisco de Zurbaran - l'Immaculée Conception - 1664Saint-Eugène, le vendredi 8 décembre 2017, grand’messe de 19h, suivie d’une procession en l’honneur de la Très-Sainte Vierge Marie jusqu’à Notre-Dame-des-Victoires où sera chanté l’office des complies.

Catéchisme sur l’Immaculée Conception

Les qualités et les grandeurs de la bienheureuse et glorieuse Marie, toujours vierge, l’ange nous les déclare de la part de Dieu, quand il dit : « Salut, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre toutes les femmes. » Il convenait que de tels dons fussent assurés à la Vierge. Celle-là devait être pleine de grâce, qui a donné de la gloire au ciel et le Seigneur à la terre, qui a fait luire la paix, qui a apporté la foi aux nations, une fin aux vices, une règle de vie, une discipline pour les mœurs. Pleine de grâce, en effet, Marie en a reçu la plénitude, tandis que la grâce n’est donnée aux autres que partiellement. Vraiment pleine de grâce, parce que si la grâce s’est trouvée dans les saints Pères et dans les Prophètes, elle ne leur fut pas octroyée dans sa plénitude ; mais en Marie fut mise, quoique d’une manière différente, toute la somme des grâces qui se trouvent dans le Christ. Et c’est pourquoi l’Ange lui dit : « Vous êtes bénie entre toutes les femmes ; » c’est-à-dire bénie au-dessus de toutes les femmes. Et par cela même, tout ce qu’il y avait de malédiction attirée par Ève, a été effacé par la bénédiction de Marie. C’est d’elle que Salomon chante comme à sa louange dans ses Cantiques : « Viens, ma colombe, mon immaculée ; déjà l’hiver est passé, la pluie a cessé ; » et il ajoute : « Viens du Liban, viens, tu seras couronnée. »

  • Kyriale VIII – De Angelis
  • Credo III
  • Pendant les encensements de l’offertoire, Conceptio Mariæ virginis – Prose des missels parisiens médiévaux (XIIIème siècle)
  • Après la Consécration : O salutaris de l’Abbé du Gué, maître de chapelle de Saint-Germain-L’Auxerrois (1768 -1780) puis de Notre-Dame de Paris (1780 – 1790) – harmonisation de Charles Gounod (1818 † 1893)
  • Pendant la communion : Tota pulchra es, Maria – antienne du XIVème siècle
  • Ite missa est VIII
  • Au dernier Evangile : Alma Redemptoris Mater
  • Procession de sortie : Ave maris stella – Hymne des fêtes de la Sainte Vierge, à Vêpres, ton dit « des Pèlerinages », en alternance avec le ton de Notre-Dame des Victoires

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Fête de la Présentation de la Mère de Dieu au Temple de Jérusalem

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le lundi 4 décembre 2017 du calendrier grégorien – 21 novembre 2017 du calendrier julien, tierce & sexte à 11h40, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 12h.

La fête de l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu, célébrée le 21 novembre (4 décembre grégorien), constitue l’une des 12 grandes fêtes de l’année liturgique byzantine (la 2nde dans l’ordre du calendrier des 5 grandes fêtes dédiées à la Sainte Vierge). Elle est précédée dans le rit byzantin d’un jour d’avant-fête le 20 novembre et suivie de 4 jours d’après-fête qui se clôturent le 25 novembre.

L’épisode de la présentation au Temple de Jérusalem de la Vierge Marie n’est pas scripturaire mais se trouve dans un apocryphe, le Protoévangile de Jacques. Composé probablement en Egypte avant le milieu du IInd siècle, ce texte est déjà évoqué par saint Justin (mort vers 165) dans le Dialogue avec Tryphon, par saint Clément d’Alexandrie et par Origène qui s’y réfère explicitement dans le Commentaire de saint Matthieu. Quoique contenant beaucoup de récits merveilleux visant à satisfaire la curiosité des fidèles et bien qu’il ait subi de nombreuses et complexes modifications ultérieures, le texte, de par son ancienneté, a pu toutefois recueillir des traditions orales authentiques. Voici le passage du Protoévangile de Jacques relatif à l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu :

Les mois se succédèrent pour la petit fille. Lorsqu’elle eut deux ans, Joachim dit : Menons-la au Temple du Seigneur, afin que s’accomplisse la promesse que nous avons faite, sinon le Tout-Puissant nous avertirait et l’offrande que nous lui ferions serait rejetée. Mais Anne répondit : Attendons la troisième année pour que l’enfant soit en âge de reconnaître son père et sa mère. Et Joachim répondit : Attendons !

Lorsque la petite fille eut trois ans, Joachim dit : Appelez les filles d’Hébreux de race pure, et qu’elles prennent chacune un flambeau, un flambeau qui ne s’éteindra pas. L’enfant ne devra pas retourner en arrière et son cœur ne se fixera pas hors du Temple du Seigneur. Elles obéirent à cet ordre et elles montèrent ensemble au Temple du Seigneur. Et le prêtre accueillit l’enfant et la prit dans ses bras. Il la bénit, en disant : Il a glorifié ton nom, le Seigneur, dans toutes les générations. C’est en toi qu’aux derniers jours il révélera la Rédemption qu’il accorde aux fils d’Israël ! Et il fit asseoir l’enfant sur le troisième degré de l’autel. Et le Seigneur Dieu fit descendre sa grâce sur elle. Et, debout sur ses pieds, elle se mit à danser. Et elle fut chère à toute la maison d’Israël. Les parents redescendirent du Temple, et ils étaient remplis d’admiration, et ils louaient Dieu car l’enfant ne s’était pas retournée en arrière. Et Marie demeurait dans le Temple du Seigneur, semblable à une colombe, et la main d’un Ange la nourrissait.

Ce récit de cette consécration à Dieu de la Vierge Marie est d’ailleurs si conforme à ce que la dévotion chrétienne à toujours ressenti relativement à la vie immaculée de Marie, qu’il a jouit très tôt de la faveur des fidèles. C’est ainsi qu’on voit dans la crypte de Saint-Maximin dans le Var, datant du Vème siècle, une image de la Vierge Marie orante gravée sur une pierre tombale avec l’inscription suivante en bas latin : Marie la Vierge servant dans le Temple de Jérusalem.

L’origine de la fête de la Présentation de la Vierge Marie au Temple au 21 novembre serait peut-être palestinienne : la vie de saint Jean le Silentiaire, écrite au milieu du VIème siècle par Cyrille de Scythopolis, nous apprend qu’en novembre 543, à Jérusalem, eut lieu la dédicace de la basilique Sainte-Marie-la-Neuve, construite sur ordre de Justinien dans la partie méridionale de la plate-forme qui avait porté le Temple et ses annexes. Il est probable que la date du 21 novembre rappelle le souvenir de cette dédicace. En tous cas, à Constantinople, la fête de la Présentation de Marie est attestée dès le VIIIème siècle, et des homélies de saint André de Crête (mort en 740) lui sont consacrées. En 1166, Michel Comnène la mît au nombre des fêtes où étaient défendues les séances judiciaires. La fête de l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu figure parmi les 12 grandes fêtes de l’année liturgique byzantine. Le très beau tropaire de la fête (Ce jour est le prélude de la bienveillance de Dieu) fait une référence à l’Eudoxia du Gloria chanté par les Anges à Noël.

En Occident, l’Angleterre célèbre cette fête un peu avant l’occupation normande, un calendrier hongrois la note au début du XIIIème siècle. Pour le rit romain, l’introduction de cette fête est due aux soins de Philippe de Maizières, envoyé de Pierre II de Lusignan, roi de Chypre et de Jérusalem, à la cour papale d’Avignon. En effet, l’ambassadeur décrivit sous des couleurs si brillantes cette solennité orientale à Grégoire XI, que celui-ci se décida à l’introduire dans le calendrier de la Curie en 1372. Dès 1373, le roi Charles V l’introduisit en la chapelle royale de France et, l’année suivante, convia tout le royaume à l’imiter, ce que fit aussi la Navarre. Comme Grégoire XI rentra à Rome après avoir fait célébrer la Présentation, cette fête devint plus importante et, peu à peu, elle fut adoptée un peu partout en Occident. Elle figure au missel romain de 1505 et à rang de fête double dans le bréviaire romain de 1550. Elle fut supprimée par saint Pie V dans le bréviaire de 1568 (la fête n’avait pas de fondement scripturaire ; or l’un des buts de la réforme tridentine était d’enlever des arguments aux protestants dans ce domaine) mais fut rétablie par le pape Sixte Quint en 1585 comme fête double puis élevée par Clément VIII en 1602 comme double majeur avec un nouvel office.

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Aux heures
A tierce & à sexte : Tropaire de la fête. Gloire au Père. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion de la fête.

A LA DIVINE LITURGIE DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME

Tropaires des Béatitudes, ton 4 : 4 tropaires de la 3ème ode & 4 tropaires de la 6ème odes du premier canon de la fête (œuvre de saint Georges l’Hymnographe, évêque de Nicomédie en Bithynie – IXème siècle) :
1. En ce jour le Temple est devenu * le charmant séjour où l’on prépare la Fiancée ; * comme une chambre il a reçu le lit nuptial de la Divinité, ** la Vierge toute-pure, la plus belle des créatures.
2. David, prenant la direction du chœur, * exulte et danse avec nous : * il t’appelle Reine, ô Vierge immaculée, * vêtue de brocarts et te tenant ** dans le Temple en présence du Roi notre Dieu.
3. De celle en qui le genre humain * connut jadis la transgression * est issue la tige d’où fleurit * notre immortelle restauration, ** la Mère de Dieu présentée au Temple en ce jour.
4. Les Anges exultent dans le ciel : * avec eux la multitude des humains * en ce jour s’avance devant toi, * portant des lampes, Vierge pure, et proclamant ** tes merveilles en la maison de notre Dieu.
5. Celui qui par son verbe porte l’univers, * des Justes exauce l’oraison : * dans sa bonté les délivrant de la stérilité, ** il leur donna la Cause de notre joie.
6. Le Seigneur, voulant que soit connu * parmi toutes les nations son salut, * a choisi en l’humanité la Vierge inépousée ** comme signe pour réconcilier et recréer le genre humain.
7. Comme demeure de la grâce où sont gardés, * Vierge toute-pure, les trésors * de l’ineffable plan de Dieu pour le salut, * tu savoures dans le Temple les délices immaculées.
8. Lorsqu’il te reçut, telle un diadème royal, * divine Epouse, le Temple resplendit * et céda la place aux biens supérieurs, ** voyant qu’en toi s’accomplissaient les prophéties.

A la petite entrée :
1. Tropaire de la fête, ton 4 : Aujourd’hui est le prélude de la bienveillance de Dieu * et le salut des hommes est proclamé. * Dans le Temple de Dieu la Vierge est présentée * pour annoncer à tous les hommes la venue du Christ. * En son honneur, nous aussi, à pleine voix chantons-lui : * Réjouis-toi, ** accomplissement du dessein du Créateur.
2. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
3. Kondakion de la fête, ton 7 : Le très-saint temple du Sauveur, * sa chambre nuptiale de grand prix, la Vierge, * trésor sacré de la gloire de Dieu, * en ce jour est présentée dans la maison du Seigneur ; * elle y apporte la grâce de l’Esprit divin * aussi les Anges de Dieu proclament * Voici le tabernacle céleste.

Prokimen
De la fête, ton 3 :
R/. Mon âme magnifie le Seigneur, et mon esprit est ravi de joie en Dieu mon Sauveur (Luc 1, 46).
V/. Parce qu’il a regardé la bassesse de sa servante : car désormais je serai appelée bienheureuse dans la suite de tous les siècles (Luc I, 48)

Epître
De la fête : Hébreux (§ 320) IX, 1-7.
Après le second voile était le tabernacle, appelé, le Saint des saints.

Alleluia
De la fête, ton 8 :
V/. Ecoute, ma fille, regarde et tends l’oreille (Psaume 44, 11).
V/. Ton visage sera prié par les riches du peuple (Psaume 44, 13).

Evangile
De la fête : Luc (§ 54) X, 38-42 ; XI, 27-28.
Jésus lui dit : Mais plutôt heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la pratiquent !

Mégalinaire à la Mère de Dieu, durant l’anaphore, ton 4 :
Les Anges s’émerveillèrent, * devant l’Entrée au Temple de la Vierge * s’étonnant de voir comme elle avançait 
jusqu’au Saint des saints.
Que de l’arche vivante de Dieu * aucune main profane n’ose s’approcher, * mais que nos lèvres fidèlement redisent sans cesse à la Mère de Dieu * le salut de l’ange Gabriel * et dans l’allégresse lui chantent: * Vierge pure, Dieu t’a élevée * plus haut que toute créature.

Verset de communion
De la Mère de Dieu : J’élèverai la coupe du salut, j’invoquerai le nom du Seigneur (Psaume 115, 13). Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme du premier dimanche de l’Avent

Avent01Saint-Eugène, le dimanche 3 novembre 2017 : grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

Catéchisme de l’Avent
Le temps de l’Avent – du latin adventus qui signifie venue – est le temps liturgique préparatoire de Noël. Cette période a été instituée en Occident au cours du Vème siècle, sans doute en écho des conciles d’Ephèse et de Chalcédoine qui ont mis l’accent des prédicateurs sur l’Incarnation. A Rome, la messe stationale de ce premier jour de l’année liturgique se fait en la Basilique de Sainte-Marie-Majeure, reconstruite en 432 après le Concile d’Ephèse en l’honneur de la Mère de Dieu. Du reste, l’homélie de saint Grégoire le Grand qui se lit cette nuit à l’office nocturne a été prononcée dans cette basilique.

Dans l’Eglise romaine, l’Avent commence quatre dimanches avant Noël. Suivant le 9ème canon du concile de Macon de 581, l’Avent de l’ancien rit des Gaules comportait lui six dimanches (et commençait par la saint Martin le 11 novembre), comme du reste le font toujours les Milanais qui suivent le rit ambrosien et les Mozarabes (qui l’adoptèrent en 650). Les syriaques orientaux (assyriens & chaldéens) observent un Avent de quatre semaines comme les romains, et ce sont les seuls orientaux à avoir un temps liturgique spécial avant Noël. Chez les byzantins, seul un jeûne préparatoire commençant le 15 novembre est observé, sans incidence marquée dans les textes liturgiques, et les deux dimanches avant Noël font mémoire des ancêtres du Christ selon la chair.

L’Avent dans le rit romain est un temps de pénitence, que les usages liturgiques marquent de plusieurs façons : le violet devient la couleur de la liturgie, on n’orne plus les autels de fleurs, l’orgue cesse de se faire entendre seul, le diacre & le sous-diacre déposent leur dalmatique & leur tunique pour prendre les chasubles pliées. Le chant du Te Deum est supprimé de l’office nocturne et celui du Gloria de la messe (ce dernier, qui commence par les paroles même du chant des Anges lors de la naissance du Sauveur, se fera de nouveau entendre à Noël à la messe de minuit). Toutefois, ce temps de pénitence est aussi un temps de joyeuse espérance, avec l’emploi de textes magnifiques qui la chantent, l’alleluia n’y est du reste pas supprimé, contrairement au Carême. A l’office nocturne, on commence en ce jour la lecture du livre du prophète Isaïe, laquelle s’achèvera à Noël. On cantile les leçons d’Isaïe sur un ton spécial, particulièrement joyeux.

Il convient que tout homme se prépare à l’avènement du Sauveur ; de crainte qu’il ne le trouve livré à la gourmandise, ou embarrassé dans les soucis du siècle. Il est prouvé, par une expérience de tous les jours, que la vivacité de l’esprit s’altère par l’excès du boire, et que l’énergie du cœur est affaiblie par une trop grande quantité d’aliments. Le plaisir de manger peut devenir nuisible, même à la santé du corps, si la raison et la tempérance ne le modèrent, ne résistent à l’attrait, et ne retranchent au plaisir ce qui serait superflu.
Sermon de saint Léon le Grand, pape, Vème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au second nocturne.

A la sainte messe :

IIndes vêpres du Ier dimanche de l’Avent. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : O Salutaris Hostia – sur le ton de Conditor Alme siderum, hymne des vêpres de l’Avent
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Alma Redemptoris Mater – Vème ton
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Tu es Pastor ovium – Ier ton
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo – Ton « moderne »
  • Chant final, de l’Avent : Rorate cœli desuper – Ier ton

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Programme du XXVIème dimanche après la Pentecôte – avant-fête de l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu – saint Grégoire le Décapolite – ton 1

Présentation au Temple de la Sainte ViergeParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 3 décembre 2017 du calendrier grégorien – 20 novembre 2017 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton I de l’Octoèque. Ce dimanche coïncide avec l’avant-fête de la Présentation (ou Entrée) de la Très-Sainte Vierge Marie au Temple de Jérusalem. La divine liturgie de cette grande fête sera célébrée lundi 4 décembre grégorien (/21 novembre julien) à 12h à la paroisse de la Très-Sainte-Trinité.

La fête de l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu célébrée le 21 novembre (4 décembre grégorien) constitue l’une des 12 grandes fêtes de l’année liturgique byzantine (la 2nde dans l’ordre du calendrier des 5 grandes fêtes dédiées à la Sainte Vierge). Elle est précédée dans le rit byzantin d’un jour d’avant-fête le 20 novembre et suivie de 4 jours d’après-fête qui se clôturent le 25 novembre.

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Saint Grégoire le Décapolite - miniature du XI-XIIe siècle - Mont-Athos

Saint Grégoire le Décapolite – miniature du XI-XIIe siècle – Mont-Athos.

Nous fêtons aussi en ce jour notre vénérable Père saint Grégoire le Décapolite.

Saint Grégoire vit le jour à la fin du VIIIème siècle dans une des villes de la Décapole d’Isaurie, appelée Irénopolis. Il était apparenté au patriarche de Constantinople Euthyme (qui siégea de 907 à 912). Grâce à es parents Serge & Marie, le jeune garçon reçut une éducation élémentaire mais, dès l’âge de huit ans, il manifesta nettement sa préférence pour l’étude des saintes Ecritures et la fréquentation des offices.

Parvenu adulte, ses parents cherchèrent à le marier, mais Grégoire s’enfuit de la maison familiale et se rendit dans un monastère à la tête duquel se trouvait l’évêque d’Irénopolis exilé à cause de la persécution iconoclaste. Quelques années passèrent et, après la mort de son père, sa mère finit par le retrouver. Elle ne s’opposa pas à sa vocation, toutefois elle lui demanda de rejoindre son frère, qui était moine dans un monastère voisin. Grégoire obéit, mais il ne put rester dans cet établissement, car l’higoumène était hérétique iconoclaste. Il se rendit alors dans un autre monastère, dirigé par son oncle maternel Syméon. Au bout de 14 ans de vie cénobitique, il obtint de son supérieur l’autorisation de se retirer dans une grotte des environs pour s’y consacrer à la vie érémitique. Là il subit les assauts des tentations des démons, mais y reçut également des extases consolantes.

Il reçoit le commandement divin de quitter sa sainte solitude pour devenir pèlerin et prêcher la foi véritable & la vénération des saintes icônes, alors que l’Empire était ravagé par le second iconoclasme, pourtant déjà condamné par le second Concile œcuménique de Nicée tenu l’an 787. Commence alors une longue série de pérégrinations

Saint Grégoire le Décapolite - icône russe XVIIème-XVIIIème siècle.

Saint Grégoire le Décapolite – icône russe XVIIème-XVIIIème siècle.

Grégoire se rendit d’abord à Éphèse, où il passa l’hiver dans un monastère. Le printemps venu, il embarqua sur un bateau en partance pour Constantinople, où il voulait se rendre car la capitale impériale était le foyer principal de l’iconoclasme politique. Mais il ne put atteindre que l’île de Proconnèse, dans l’archipel des Princes. Ne pouvant entrer dans la capitale par suite des édits impériaux chassant les moines orthodoxes, le saint partit pour la ville d’Énos en Thrace et de là parvint à Thessalonique, après avoir échappé à une bande de brigands slaves à proximité de Christoupolis (l’actuelle Kavala). Se joignant à un moine qui était en partance pour Rome, il parvint à Corinthe par voie de terre. De là, il s’embarqua pour l’Italie et atteignit Reggio de Calabre puis Rome. Cependant, après avoir chassé un démon d’un possédé, il fut sollicité par la foule qui le vénérait comme un saint. Il s’enfuit alors à Syracuse, où il établit sa retraite dans une tour abandonnée près du port. Là, il convertit même une prostituée qui exerçait sa triste profession à proximité, et la convainquit de devenir moniale et de transformer sa maison de débauche en monastère. Il prit une nouvelle fois la route de l’exil volontaire pour fuir la gloire des hommes, mais ne put cependant rester à Otrante où il s’était arrêté, car l’évêque y était gagné à l’hérésie, aussi s’embarqua-t-il pour Thessalonique. Il s’installa dans l’église abandonnée de Saint-Mennas. C’est alors que saint Joseph l’Hymnographe devint son disciple. D’autres disciples vinrent se joindre à eux, et cette communauté devint un centre de rayonnement de la vraie foi et de la grâce de Dieu, par le grand nombre de miracles que saint Grégoire y accomplissait, grâce au don de clairvoyance que Dieu lui avait accordé, gagnant son surnom de νέος θαυματουργός (Le Nouveau Thaumaturge). On possède de cette époque un sermon qu’il prononça concernant la conversion d’un musulman au christianisme.

Saint Grégoire le Décapolite - ménologue de Basile II

Saint Grégoire le Décapolite – ménologue de Basile II.

Vers la fin de sa vie, il fut atteint gravement de maladies mais put enfin se rendre à Constantinople et séjourner quelque temps au sein de la fameuse communauté monastique du Mont Olympe de Bithynie, ce haut lieu de la vie monastique et de la défense de l’Orthodoxie. De retour à Byzance, il s’installa avec Joseph dans l’église de Saint-Antipas, située près de Saint-Mocios, et rendit visite dans sa prison à saint Syméon, son père spirituel, qui avait subi de nombreuses persécutions pour la défense des saintes icônes. Tourmenté encore pendant une année par la maladie, saint Grégoire prédit, douze jours à l’avance, le moment de son trépas. Il s’endormit dans la paix le 20 novembre 842, quelques mois avant le rétablissement définitif de la vénération des saintes icônes et le triomphe de l’Orthodoxie.

Vers 850, son disciple saint Joseph l’Hymnographe transféra ses reliques dans le monastère qu’il fondait près de l’église des Saints-Apôtres, monastère qu’il dédia à saint Barthélémy et à saint Grégoire le Décapolite. Il composa aussi le canon de matines en son honneur.

Après la conquête de Constantinople par les Turcs en 1453, les reliques de saint Grégoire le Décapolite furent transportées en Valachie. En 1498, le boyard Barbu Craiovescu les racheta pour une somme considérable, afin de les placer dans l’église principale du monastère de Bistritsa qu’il fonda près de la ville de Râmnicu Vâlcea, dans la province d’Olténie, où elles sont restées jusqu’à nos jours.

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du vénérable Père Grégoire. Et maintenant. Théotokion de l’heure. Kondakion du dimanche.
A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de l’avant-fête. Et maintenant. Théotokion de l’heure. Kondakion de l’avant-fête.

Tropaires des Béatitudes : six tropaires du dimanche, ton 1, & quatre tropaires de la 3ème ode du canon de l’avant-fête (œuvre de saint Théophane le Marqué, métropolite de Nicée – 778 † 845) :
1. Du Paradis l’Ennemi fit chasser Adam * lorsqu’il eut mangé le fruit défendu, * mais par la croix le Christ y fit entrer le bon Larron qui lui criait : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Je me prosterne devant ta Passion * et je glorifie ta sainte Résurrection ; * avec Adam & le bon Larron * je te crie : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
3. Librement, Seigneur sans péché, * tu as souffert la croix & la mise au tombeau ; * mais, comme Dieu, tu es ressuscité, * faisant surgir avec toi * Adam qui s’écrie : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
4. Le temple de ton corps, tu l’as relevé * du tombeau le troisième jour ; * avec Adam, ô Christ notre Dieu, * tu as ressuscité le genre humain, * qui chante : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
5. A ton sépulchre se rendirent de bon matin * les Myrrophores tout en larmes, ô Christ notre Dieu : * elles y trouvèrent un Ange vêtu de blanc, * assis sur la pierre et disant : Que cherchez-vous ? ** Le Christ est ressuscité, ne pleurez plus.
6. Sur la montagne que tu leur avais indiquée * tes Apôtres arrivèrent, Seigneur ; * et, lorsqu’ils te virent, Sauveur, * ils se prosternèrent devant toi ; * vers les nations tu les envoyas ** pour les instruire et baptiser.
7. Les jeunes filles précédant * la Vierge avec leurs lampes allumées * préfigurent ce qui doit arriver ; * car d’elle naîtra la clarté * de la connaissance mettant fin aux ténèbres de l’erreur.
8. Imitant par sa prière son homonyme de jadis, * Anne accomplit son vœu * et t’offre au sanctuaire, Tout-immaculée * qui de la plus sainte des façons ** dois concevoir et enfanter.
9. Le soleil a déployé ses rayons, en voyant * la nuée de la lumière déployée par volonté divine * entrer dans le sanctuaire de Dieu, * car la rémission va pleuvoir d’elle ** pour ceux que leurs péchés ont rendus stériles.
10. Le Dieu qui par amour a demeuré * en toi, ô Vierge tout-immaculée, * me divinise, moi qui par ruse du serpent * fus dérobé jadis en goûtant le fruit défendu, ** et me rend les incorruptibles délices du Paradis.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 1 : La pierre scellée par les Juifs, * et ton corps très pur gardé par les soldats, * Tu ressuscites le troisième jour, ô Sauveur, * donnant la vie au monde. * C’est pourquoi les vertus célestes te crient, ô Donateur de vie : * « Gloire à ta résurrection, Christ, * Gloire à ton royaume ! ** Gloire à ton économie, seul Ami de l’Homme ! »
2. Tropaire de l’avant-fête, ton 4 : Anne annonce maintenant la joie à tous, * en portant le fruit qui dissipe toute tristesse, celle qui seule fut toujours Vierge. * En accomplissement de son vœu, * elle présente aujourd’hui dans la joie au Temple du Seigneur ** celle qui est le véritable temple de Dieu le Verbe et la Mère très pure.
3. Tropaire du Vénérable Père Grégoire, ton 3 : Tu fus un modèle d’abstinence, * illuminant tout avec l’Esprit divin, * tu as achevé la course de la foi orthodoxe, * ayant illuminé le monde par ton enseignement, * et dénoncé les pensées des hérétiques ; * Vénérable Père Grégoire, ** prie le Christ-Dieu, afin qu’il nous accorde la grande miséricorde.
4. Kondakion du dimanche, ton 1 : Ressuscité du tombeau dans la gloire divine, * tu as ressuscité le monde avec toi ; * la nature humaine te chante comme Dieu, * la mort s’évanouit, * Adam jubile, Seigneur, * & Eve, désormais libérée de ses liens, * proclame dans l’allégresse : ** O Christ, c’est toi qui accordes à tous la résurrection.
5. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
6. Kondakion du vénérable Père Grégoire, ton 3 : L’Église te reconnaît comme un rayon de soleil, * rayonnant des beautés des vertus et des rais de guérisons, * illuminant tout, ô favori du Christ ; * Par conséquent, nous célébrons ta mémoire honorable et nous honorons tes luttes, ** Père béni entre tous, sage Grégoire.
7. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
8. Kondakion de l’avant-fête, ton 4 : Aujourd’hui l’univers entier, plein d’allégresse * en l’heureuse fête de la Mère de Dieu, s’écrie : ** Voici le tabernacle céleste.

Prokimen
Du dimanche, ton 1 :
R/. Que ta miséricorde soit sur nous, Seigneur, * selon l’espérance que nous avons mise en toi. (Psaume 32, 22).
V/. Justes, exultez dans le Seigneur, aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1).
[Du vénérable Père Grégoire, ton 7 :
R/. Elle a du prix aux yeux du Seigneur, la mort de ses serviteurs (Psaume 115, 5).]

Epîtres
Du dimanche : Ephésiens (§ 229) V, 8-19.
Mais remplissez-vous du Saint-Esprit ; vous entretenant de psaumes, d’hymnes et de cantiques spirituels, chantant et psalmodiant du fond de vos cœurs au Seigneur.
[Du vénérable Père Grégoire : Galates (§ 213) V, 22 – VI, 2.
Les fruits de l’esprit sont la charité, la joie, la paix, la patience, l’humanité, la bonté, la longanimité, la douceur, la foi, la modestie, la continence, la chasteté. Il n’y a point de loi contre ceux qui vivent de la sorte.]

Alleluia
Du dimanche, ton 1 :
V/. C’est Dieu qui me donne les vengeances & prosterne les peuples sous moi (Psaume 17, 48).
V/. Il multiplie pour son roi les délivrances et montre de l’amour pour son Christ (Psaume 17, 51).
[Du vénérable Père Grégoire, ton 6 :
V/. Bienheureux l’homme qui craint le Seigneur, et qui a une grande affection pour ses commandements (Psaume 111, 1).]

Evangiles
Du dimanche : Luc (§ 66) XII, 16-21.
Mais Dieu dit à cet homme : Insensé que tu es ! on va te redemander ton âme cette nuit même ; et pour qui sera ce que tu as amassé ?
[Du vénérable Père Grégoire : Matthieu (§ 43) XI, 27-30.
Prenez mon joug sur vous, et apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos de vos âmes.]

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
[Du vénérable Père Grégoire : La mémoire du juste sera éternelle (Psaume 111, 6).] Alleluia, alleluia, alleluia.

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