Vous êtes chanteurs ou instrumentistes et vous souhaitez vous engager au service de la liturgie traditionnelle, n’hésitez pas à nous rejoindre !

La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Programme du second dimanche de Carême

Pietro Perugino : La Transfiguration de Notre Seigneur (1496)Saint-Eugène, le dimanche 25 février 2024, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

> Catéchisme sur le Carême

Le second Dimanche de Carême est appelé Reminiscere, du premier mot de l’Introït de la Messe, et quelquefois aussi le Dimanche de la Transfiguration, à cause de l’Évangile qui y est lu.

La messe de ce dimanche est d’introduction relativement récente : il n’y avait pas de messe pour ce dimanche à Rome dans le sacramentaire du pape Grégoire, car il y avait la veille la longue messe du samedi des Quatre-Temps de Carême laquelle commençait après none et durait une partie de la nuit (on y faisait les ordinations à tous les nombreux ordres ecclésiastiques, sacre des évêques compris) et le pape ne célébrait pas le lendemain (mais les curés de Rome dans leurs titres oui). Quand la cour de Charlemagne décida d’imposer dans son Empire le Sacramentaire grégorien, les liturgistes carolingiens durent compléter ce livre propre au pape en composant les messes que celui ne célébrait pas. De ce fait, les pièces de la messe de ce dimanche sont empruntées à d’autres jours : l’introït Reminiscere provient de la messe du Mercredi des Quatre-Temps de Carême, de même que le graduel Tribulationes cordis mei, l’offertoire Meditabor in mandatis tuis et l’antienne de communion Intellige clamorem. L’évangile de la Transfiguration est repris de la messe du Samedi des Quatre-Temps de la veille. La secrète est la même qu’au IVème dimanche de l’Avent et la Postcommunion est reprise du dimanche de la Sexagésime.

Longtemps, le rit romain et ses variantes n’ont pas connu d’autre fête de la Transfiguration que ce dimanche (ou plus précisément ce Samedi des Quatre-Temps). Les homélies de saint Léon Ier le Grand sur la Transfiguration, prononcées en la vigile du Samedi des Quatre-Temps à Saint-Pierre sont un vrai chef-d’œuvre et indiquent également les raisons pour lesquelles l’Eglise de Rome a placé la Transfiguration pendant le Carême.

Au cours du Moyen-Age, à l’instar des Orientaux, plusieurs Eglises d’Occident se mirent à célébrer distinctement une fête de la Transfiguration le 6 août, date choisie pour son parallélisme avec l’Epiphanie le 6 janvier (la Transfiguration constituant également une épiphanie de fait, la voix du Père se faisant entendre dans les deux cas pour confirmer la filiation divine de Jésus). Rome ne s’y décida qu’en 1456, en célébration de l’éclatante victoire de la levée du siège de Belgrade, remportée sur les Ottomans. La composition de l’office de la Transfiguration (au 6 août) est attribuée au pape Callixte III qui avait convoqué à cette occasion une croisade de prières contre les ennemis de la Foi.

La station de ce jour, à Rome, est dans l’Église de Sainte-Marie in Domenica, sur le mont Cœlius. Cette station est assez récente, il s’agissait à l’origine de l’antique Diaconie où présidait saint Laurent, et dans laquelle il distribuait les aumônes de l’Église.

A la sainte messe :

IIndes vêpres du IInd dimanche de Carême. Magnificat du Ier ton – Claudin de Sermisy (1490 † 1562), sous-maître de la chapelle royale, chanoine de la Sainte Chapelle.
Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : O salutaris Hostia – sur le ton de l’hymne du Carême, Audi benigne Conditor – IInd ton
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Ave Regina cœlorum – VIème ton
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Oremus pro Pontifice nostro
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo – Ier ton, sur le ton de Pange lingua gloriosi prœlium certaminis
  • Chant final, d’action de grâces : Hymne Christe qui lux es & dies – Antique hymne du Carême, à complies – IInd ton

Télécharger le livret de cette messe au format PDF.
Télécharger le livret des IIndes vêpres du dimanche.
Télécharger le livret du propre des IIndes vêpres et du salut du second dimanche de Carême.

Programme du dimanche du Publicain & du Pharisien – icône de la Mère de Dieu des Ibères – ton 5

Le Publicain & le PharisienParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 25 février 2024 du calendrier grégorien – 12 février 2024 du calendrier julien, office de matines de la Résurrection à 9h.

Dimanche du ton V de l’Octoèque. En ce jour, IVème dimanche avant le Carême, l’Eglise byzantine commence la période d’Avant-Carême et démarre l’usage du livre liturgique appelé Triode de Carême.

Ce dimanche correspond à la Septuagésime latine et n’a pas d’incidence encore sur la discipline du jeûne & de l’abstinence, mais il avertit les fidèles que le grand Carême s’approche. A matines, les stichères ordinaires du Psaume 50 changent et on chante les célèbres stichères “Ouvre-moi les portes de la pénitence” qui vont accompagner la prière des fidèles pendant tout l’Avant-Carême et tout le Grand Carême.

L’évangile de la parabole du Publicain & du Pharisien qui caractérise ce dimanche était auparavant lu dans la tradition palestinienne au IIIème dimanche de Carême.

Plus d’informations historiques générales sur la période d’Avant-Carême.

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Icône originale de Notre Dame des Ibères, conservée à l'entrée du monastère d'Iviron au Mont-AthosNous fêtons aussi en ce jour l’icône de la Mère de Dieu des Ibères.

L’icône de Notre-Dame des Ibères remonte au moins au IXème siècle. Celle-ci, selon la tradition, fut cachée par une pieuse veuve habitant la ville de Nicée, durant la persécution iconoclaste qui eut lieu sous le règne de l’empereur Théophile (829-842). L’un des iconoclastes, ayant découvert la sainte icône, la transperça de sa lance. L’icône se mit à saigner (depuis lors, on représente toujours cette icône avec une petite marque noire sur la joue de la Vierge). La veuve soudoya les soldats et obtint que l’image sainte ne fût pas détruite avant le lendemain. Durant la nuit, elle mit l’icône à la mer et celle-ci navigua, dressée sur les flots, jusqu’au Mont-Athos. Les moines, ayant aperçu, pendant plusieurs jours, une colonne de feu allant de la mer jusqu’au ciel, descendirent sur la plage et trouvèrent l’icône, dressée sur l’eau. Les moines la placèrent immédiatement dans l’église, mais l’icône, chaque matin, se retrouvait à la porte du monastère. La Mère de Dieu révéla au frère Gabriel l’Ibère qui l’avait recueillie qu’elle entendait elle-même assurer la garde du monastère et son icône est, depuis, placée à l’entrée du monastère des Ibères et surnommée “portaitissa”, ce qui signifie “portière” ou “tourière”.

Précisons que les Ibères dont il s’agit ne sont pas Espagnols, mais les Géorgiens établis dans le monastère d’Iviron au Mont-Athos, lequel occupe le troisième rang selon l’ordre de préséance qui prévaut sur la Sainte Montagne.

Icône russe de Notre-Dame des Ibères sortie du Musée historique pour être vénérée au monastère NovodiévitchiUne copie de cette icône miraculeuse, écrite par le moine Jamblique, fut transportée à Moscou, le 13 octobre 1648, à la demande de celui qui devait devenir le patriarche Nikon et qui était alors l’higoumène du monastère Novodiévitchi de Moscou. Cette copie, elle-même miraculeuse (de nombreux miracles se manifestèrent lors de son arrivée au monastère Novodiévitchi de Moscou), est l’une des icônes les plus vénérées de Russie. La fête liturgique de sa translation est depuis fixée, dans le calendrier de l’Eglise russe, au 13 octobre. L’icône est conservée de nos jours au Musée historique de Moscou, mais est régulièrement proposée à la vénération des fidèles au monastère Novodiévitchi pour les jours de fête.

En pèlerinage à Moscou, les grands clercs de Saint-Eugène passent les portes de la Résurrection qui donnent accès à la Place Rouge - A gauche, la chapelle de Notre-Dame des IbèresUne copie de l’icône fut réalisée à Moscou pour la chapelle qui lui fut dédiée en 1680 à l’entrée de la Place Rouge, devant les Portes de la Résurrection (appelées aussi depuis Portes d’Ibérie). Notre-Dame d’Ibérie gardait ainsi l’entrée de la Place Rouge et du Kremlin et fut considérée comme la protectrice de Moscou. Tout voyageur arrivant dans la ville avait coutume de se recueillir devant elle. Cette chapelle fut détruite par Staline en 1931 avec les Portes de le Résurrection (afin de permettre le passage des chars pour les parades militaires sur la Place Rouge). La chapelle est maintenant heureusement reconstruite, avec les Portes de la Résurrection, et est ornée d’une nouvelle copie écrite au Mont-Athos en 1995 ; des office s’y déroulent en permanence, devant un flot incessant de pèlerins (et de touristes !).

Icône de Notre-Dame des Ibères (Marie Porte du Ciel) de MontréalEn 1981 un des moines du Mont-Athos avait écrit une copie de l’ancienne icône d’Iviron. Cette copie fut donnée à José Munoz, un moine qui habitait à Montréal. Une nuit de novembre 1982, cette icône a commencé à suinter abondamment – de façon miraculeuse – une huile parfumée (icône myrrhoblyte de Montréal). L’icône fut placée dans la petite cathédrale orthodoxe de Montréal, proposée à la vénération des fidèles. Cette icône miraculeuse de “Marie Porte du Ciel” devint extrêmement célèbre et voyagea avec son dépositaire un peu partout dans le monde. L’icône suintait de la myrrhe en permanence, plus ou moins abondamment selon les circonstances, mais le miracle cessait tous les ans durant la Semaine Sainte, à partir du Grand et Saint Lundi pour reprendre au cours des matines de la Résurrection dans la nuit de Pâques. Le moine José fut cependant assassiné à Athènes dans sa chambre d’hôtel le 31 octobre 1997 et l’icône fut volée & disparut.

L'icône myrroblite de Notre-Dame des Ibères d'HawaiiUne copie de l’icône de Montréal commença toutefois à nouveau à exsuder miraculeusement de la myrrhe à Honolulu, Hawaii, de façon régulière depuis 2007. En Juin 2008, cette copie de l’icône des Ibères a été reconnue comme miraculeuse & digne de vénération par l’Eglise orthodoxe russe hors frontières, et a reçu la bénédiction de voyager dans différentes églises et monastères. Son “propriétaire” d’origine, le lecteur Nectaire, a été chargé par l’Eglise orthodoxe russe d’être son tuteur, et d’assurer la sécurité et l’entretien de cette icône miraculeuse.

Depuis Juin 2008, cette icône a visité plus de 1000 églises de toutes les juridictions canoniques en Amérique du Nord, et a été vénérée par un million de personnes à travers les États-Unis. De nombreux miracles et guérisons ont été rapportés, comme pour l’icône de Montréal.

A matines

Versets du matin, ton 5
1. Tropaire du dimanche, ton 5 : Le Verbe coéternel au Père et à l’Esprit, * né de la Vierge pour notre salut, * chantons-le, fidèles, et adorons-le, * car il a daigné dans sa chair monter sur la Croix * et supporter la mort, * afin de ressusciter les morts ** par sa glorieuse Résurrection. (deux fois)
2. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
3. Tropaire de la Mère de Dieu (des Ibères), ton 1 : L’audace de ceux qui haïssaient l’image du Seigneur * et la puissance des ennemis de Dieu parvinrent jusqu’à Nicée ; * leurs envoyés questionnèrent sans pitié * la veuve qui honorait l’icône de la Mère de Dieu ; * mais, de nuit, avec l’aide de son fils * elle confia l’icône à la mer en disant : * “Gloire à toi, Vierge pure, car l’infranchissable flot a renversé son cours * & tu as pris la bonne direction, seule Mère inépousée”.

Tropaires de la Résurrection, ton 5

Hypakoï du dimanche, ton 5
L’esprit troublé par la vue de l’ange * et l’âme illuminée par la divine résurrection, * les femmes myrrhophores portèrent la bonne nouvelle aux apôtres : * Annoncez parmi les nations la résurrection du Seigneur ** qui nous assiste par des miracles et nous accorde la grande miséricorde.

Prokimen
Du dimanche, ton 5 :
℟. Lève-toi, Seigneur mon Dieu, que ta main soit exaltée, * car Tu régneras pour les siècles (Psaume IX, 33 & 37).
℣. Je te confesserai, Seigneur, de tout mon cœur, je raconterai toutes tes merveilles (Psaume IX, 1).

Vème évangile de la Résurrection.

Chant de la Résurrection. Psaume 50. Stichères du Psaume 50 “Ouvre-moi les portes de la pénitence”, ton 8.

Canon

Canon du dimanche, ton 5 (4 tropaires), de la Mère de Dieu (Octoèque) (2 tropaires), du Triode (4 tropaires) et de la Mère de Dieu (icône des Ibères) (4 tropaires). Catavasies de la Mère de Dieu.

Après la 3ème ode : Kondakion de la Mère de Dieu, ton 8 : Même si ta sainte icône a été jeté à la mer par la veuve qui ne pouvait la sauver de l’ennemi, ô Mère de Dieu, * elle est devenue la gardienne du Mont-Athos * et la portière du monastère d’Iveron, mettant en fuite l’ennemi, * et dans la Russie orthodoxe, ** elle garde de tous malheurs et de tous dangers ceux qui t’honorent.

Après la 6ème ode : Kondakion du Triode, ton 4 : Fuyons la prétention du pharisien, * apprenons du publicain la grandeur des paroles d’humilité * et clamons avec repentir : * Sauveur du monde, ** purifie-nous, tes serviteurs.

A la 9ème ode : chant du Magnificat.

Les Laudes, ton 5

Grande doxologie
Tropaire du dimanche (impair), ton 5

Conclusion des matines

Télécharger le livret des choristes pour ce dimanche.

Programme du Samedi des Quatre-Temps de Carême

Samedi des Quatre-Temps de Carême - la TransfigurationSaint-Eugène, le samedi 24 février 2024, grand’messe en rit romain traditionnel de 9h30. Mémoire de la Bienheureuse Isabelle de France, vierge, sœur de saint Louis, fondatrice des Clarisses de Longchamp.

> Catéchisme sur les Quatre-Temps
> Catéchisme sur le Carême

Or il fallait, mes bien-aimés, que Pierre en qui le Fils de Dieu venait de louer cette haute connaissance, reçût une instruction du mystère qui se devait accomplir dans la substance inférieure unie au Verbe. Il le fallait pour que l’Apôtre, dont la foi avait été élevée jusqu’à ce degré de gloire de confesser la divinité du Christ, ne regardât pas comme indigne d’un Dieu impassible de prendre sur lui notre infirmité, et ne s’imaginât point que la nature humaine était déjà tellement glorifiée en la personne de Jésus-Christ, qu’elle ne pouvait plus ni souffrir, ni mourir. C’est pourquoi le Seigneur ayant dit qu’il fallait qu’il allât à Jérusalem, qu’il souffrît beaucoup de la part des anciens, des Scribes et des princes des prêtres, qu’il fût mis à mort, et que le troisième jour il ressuscitât ; comme le bienheureux Pierre, tout embrasé du feu allumé en lui par le témoignage Qu’une lumière d’en haut lui avait fait rendre à la divinité du Fils de Dieu, rejetait avec liberté, et avec une répugnance qu’il croyait religieuse, l’idée que son Maître pût endurer tous ces outrages et l’opprobre d’une mort très cruelle, il fut repris par Jésus avec une douce sévérité, et excité au désir de participer à ses souffrances.
Homélie de saint Léon, pape, IIIème leçon des vigiles nocturnes de ce samedi.

A la sainte messe :

  • Propre grégorien du jour
  • Kyrie : des féries de pénitence au propre de Paris
  • Offertoire Dómine, Deus salútis meæ, chanté avec ses antiques versets
  • Sanctus XVIII
  • Après la Consécration : O salutaris sur le ton de l’hymne du Carême Audi benigne Conditor
  • Agnus Dei XVIII
  • Antienne de communion, chantée avec des versets du psaume LXXX
  • Benedicamus Domino XVIII
  • Au dernier Evangile : Ave Regina cœlorum
  • Procession de sortie : Bénédictions des Trois Enfants dans la fournaise – Vème ton

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Programme du Vendredi des Quatre-Temps de Carême

Vendredi des Quatre-Temps de Carême - la guérison du paralytiqueSaint-Eugène, le vendredi 23 février 2024, grand’messe en rit romain traditionnel de 19h. Mémoire de la fête de la Sainte Lance et des saints Clous de Notre Seigneur Jésus-Christ, et de la fête de saint Pierre Damien, évêque, confesseur et docteur de l’Eglise.

> Catéchisme sur les Quatre-Temps
> Catéchisme sur le Carême

Voyons ce que le Seigneur a voulu signifier par cet unique malade que, pour garder le mystère de l’unité, il a daigné guérir, – lui seul , – parmi tant de malades. Il a trouvé dans son âge un nombre qui semble indiquer la maladie. “Il était infirme depuis trente-huit ans.” Il nous faut expliquer avec un peu plus de soin comment ce nombre convient mieux à la maladie qu’à la santé. Je demande toute votre attention. Que le Seigneur soit présent, qu’il me donne de parler comme il convient, qu’il vous accorde de bien comprendre. Quarante est pour nous un nombre sacré. Il marque une certaine perfection. Je pense que la chose est bien connue de votre charité. Très souvent, les saintes Écritures l’attestent : le jeûne est consacré par ce nombre, vous le savez bien. Car Moïse a jeûné quarante jours ; Élie aussi, tout autant. Et notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ lui-même a rempli ce nombre du jeûne. Par Moïse est signifiée la Loi, par Élie sont signifiés les Prophètes, par le Seigneur est signifié l’Évangile. Voilà pourquoi tous trois apparurent sur cette montagne où Jésus se montra à ses disciples dans l’éclat de son visage et de ses vêtements. Il apparut au milieu, entre Moïse et Élie, comme l’Évangile qui reçoit le témoignage de la Loi et des Prophètes.
Homélie de saint Augustin, évêque, Ière leçon des vigiles nocturnes de ce vendredi.

A la sainte messe :

  • Propre grégorien du jour
  • Kyrie : des féries de pénitence au propre de Paris
  • Offertoire Benedic, chanté avec ses antiques versets
  • Sanctus XVIII
  • Après la Consécration : O salutaris sur le ton de l’hymne du Carême Audi benigne Conditor
  • Agnus Dei XVIII
  • Antienne de communion, chantée avec des versets du psaume VI
  • Benedicamus Domino XVIII
  • Au dernier Evangile : Ave Regina cœlorum
  • Procession de sortie : Inter vestibulum, en plain-chant musical (tradition bretonne)

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Programme du Mercredi des Quatre-Temps de Carême

Mercredi des Quatre-Temps de Carême - le signe de JonasSaint-Eugène, le mercredi 21 février 2024, grand’messe en rit romain traditionnel de 19h.

> Catéchisme sur les Quatre-Temps
> Catéchisme sur le Carême

Par ailleurs, si le signe de Jonas figure la Passion du Seigneur, il atteste aussi la gravité des péchés commis par des Juifs. L’on peut y voir à la fois la proclamation de la majesté et le signe de la miséricorde. En effet, l’exemple des Ninivites annonce le châtiment, mais en même temps, il montre le remède. Dès lors, les Juifs non plus ne doivent pas désespérer du pardon, pourvu qu’ils consentent à faire pénitence.
Homélie de saint Ambroise, évêque, IIIème leçon des vigiles nocturnes de ce mercredi.

A la sainte messe :

  • Propre grégorien du jour
  • Kyrie : des féries de pénitence au propre de Paris
  • Offertoire Meditabor, chanté avec ses antiques versets
  • Sanctus XVIII
  • Après la Consécration : O salutaris sur le ton de l’hymne du Carême Audi benigne Conditor
  • Agnus Dei XVIII
  • Antienne de communion, chantée avec des versets du psaume VI
  • Benedicamus Domino XVIII
  • Au dernier Evangile : Ave Regina cœlorum
  • Procession de sortie : Inter vestibulum, en plain-chant musical (tradition bretonne)

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Programme du premier dimanche de Carême

Les trois tentations de N.S. - Le Miroir de l'humaine condition, Ecole française du XVe siècleSaint-Eugène, le dimanche 18 février 2024, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

> Catéchisme sur le Carême

Quoique les fidèles jeûnent depuis mercredi, la liturgie n’ouvre néanmoins qu’aujourd’hui le commencement du Carême. Autrefois, il s’agissait en effet du véritable début du Carême, le premier jour de jeûne commençant le lendemain lundi. C’est saint Grégoire le Grand qui rajouta les 4 premiers jours au VIème siècle afin d’arriver au compte rond de 40 jours de jeûne. L’office divin conserve la disposition antique antérieure à saint Grégoire : les hymnes propres au Carême ne sont chantées qu’à partir des premières vêpres de ce dimanche ; au second nocturne de l’office de la nuit, une leçon de saint Léon le Grand annonce toujours aux fidèles le début du Carême en ces termes :

Très chers fils, leur dit-elle, ayant à vous annoncer le jeûne sacré et solennel du Carême, puis-je mieux commencer mon discours qu’en empruntant les paroles de l’Apôtre en qui Jésus-Christ parlait, et en répétant ce qu’on vient de vous lire : Voici maintenant le temps favorable ; voici maintenant les jours du salut ? Car encore qu’il n’y ait point de temps dans l’année qui ne soient signalés par les bienfaits de Dieu, et que, par sa grâce, nous ayons toujours accès auprès de sa miséricorde ; néanmoins nous devons en ce saint temps travailler avec plus de zèle à notre avancement spirituel et nous animer d’une nouvelle confiance. En effet, le Carême, nous ramenant le jour sacré dans lequel nous fûmes rachetés, nous invite à pratiquer tous les devoirs de la piété, afin de nous disposer, par la purification de nos corps et de nos âmes, à célébrer les mystères sublimes de la Passion du Seigneur.
Sermon de saint Léon, pape, IVème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au second nocturne.

Ce premier dimanche de Carême est un jour solennel et ne le cède à aucune fête, pas même celle du saint patron du lieu. L’Eglise nous donne en ce jour l’évangile des trois tentations du Christ au désert. Il est remarquable que toutes les pièces du propre de la messe sont empruntées au psaume 90, celui-là même qui fut cité au Christ par le Satan tentateur.

A la sainte messe :

IIndes vêpres du Ier dimanche de Carême. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : O salutaris Hostia – sur le ton de l’hymne du Carême, Audi benigne Conditor – IInd ton
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Ave Regina cœlorum – VIème ton
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Oremus pro Pontifice nostro
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo – Ier ton, sur le ton de Pange lingua gloriosi prœlium certaminis
  • Chant final, d’action de grâces : Attende Domine – plain-chant français, avec ses anciens versets – Vème ton

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Programme du XXXVIIème dimanche après la Pentecôte – sainte Agathe de Sicile – ton 4

Sainte Agathe de Sicile, vierge et martyreParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 18 février 2024 du calendrier grégorien – 5 février 2024 du calendrier julien, office de matines de la Résurrection à 9h.

Dimanche du ton IV de l’Octoèque. Nous fêtons en ce jour la Martyre Agathe de Sicile.

Saint Agathe est née en Sicile au début du IIIème dans une noble famille patricienne. Son nom est grec et signifie “bonne”. Elle se consacra à Dieu dès son enfance dans l’ordre des vierges. Le gouverneur consulaire de Sicile, Quintien, voulu conquérir le cœur de cette jeune fille de bonne famille, mais en vain car elle ne voulait pas s’unir à ce païen. Quintien profita des édits de persécution des Chrétiens de l’empereur Dèce pour faire arrêter Agathe. A Catane, Quintien la livre à une tenancière de bordel appelée Aphrodote ou Aphrodisie qui pendant un mois tentera tout avec ses neufs filles de joie pour qu’Agathe renonce à sa virginité, mais en vain. Au bout de ce mois, Quintien la fait comparaître aux services d’instruction judiciaire. Agathe y fit alors une admirable profession de sa foi, disant en outre que la plus illustre noblesse et la plus véritable liberté est d’être servante de Jésus-Christ. Après cette première comparution, Agathe est conduite dans une prison qui est maintenant changée en chapelle. Le lendemain, Quintien la fit amener et lui demanda si elle avait songé au moyen de sauver sa vie, Agathe lui répondit : “Jésus-Christ est ma vie & mon salut.” La sainte fut alors torturée sur le chevalet et on lui coupa les seins. Ramenée en prison sans soin et sans nourriture, Agathe reçut une apparition de saint Pierre au cours de la nuit qui la guérit de ses blessures.

Quatre jours après, après un nouvel interrogatoire, on fit rouler le corps dénudé de sainte Agathe sur sur des pièces de poteries cassées. Un tremblement de terre survint alors, qui fit périr deux des assesseurs de la justice romaine. Une fois ramenée dans sa geôle, Agathe quant à elle, rendit son âme à Dieu après une ultime prière et consomma ainsi son martyre, le 5 février de l’an 251.

Un an après ces évènements, l’Etna étant entré en éruption, menaçait Catane par une coulée de lave. Les habitants prirent le voile qui recouvrait le tombeau de sainte Agathe et le brandirent devant la coulée qui s’arrêta aussitôt. Ce miracle fut reproduit à plusieurs reprise au cours des siècles, l’une des dernières fois en 1635.

Sainte Agathe apparut à sainte Luce, et aussi à sainte Digne, vierge de Cordoue, à qui elle prédit le martyre qu’elle endura en effet en 853.

Son dies natalis est déjà marqué au 5 février dans le calendrier de l’Eglise de Carthage daté des environs de 483. Le nom de sainte Agathe figure au canon romain, après Félicité et Perpétue, et avant Lucie, Agnès, Cécile et Anastasie parmi les sept saintes citées dans le Memento des défunts ; saint Aldhelm (c. 640 † 709), premier évêque de Sherborne, rapporte que c’est saint Grégoire le Grand qui l’y inséra.

Reliquaire de sainte Agathe de CataneVers l’an 550, une première église fut dédiée à sainte Agathe à Rome par le pape Symmaque, mais elle fut ruinée depuis (son souvenir n’est conservé que par le cimetière de ce nom qui y était annexé). Une seconde église, qui fut construite initialement par les Ariens, fut re-consacrée par saint Grégoire le Grand et dédiée par lui à sainte Agathe, c’est l’actuelle église de Sainte-Agathe-des-Goths ; le pape Grégoire y déposa des reliques de saint Sébastien et de sainte Agathe. Une église déciée à sainte Agathe existait aussi à Constantinople, où l’on célébrait sa fête du 5 février avec faste. Les reliques de sainte Agathe furent apportées de Catane à Constantinople vers l’an 1040 par le général byzantin Georges Maniakès, qui avait reconquis la Sicile sur les Arabes. Le corps de la sainte fut toutefois ramené à Catane en 1126-1127, par la volonté énergique de son évêque Maurice et déposée dans une chapelle de la nouvelle cathédrale de la ville.

Sainte Agathe est la patronne de la ville de Catane, qui l’honore chaque année par des fêtes fastueuses, du 3 au 5 février : le reliquaire en forme de buste de la sainte, qui renferme ses reliques, est installé sur un monumental char reliquaire, le “fercolo”, qui est porté en procession dans la ville. C’est un buste en argent doré datant du XVIème siècle dont les mains et le visage sont émaillés, posé sur un socle octogonal orné de deux anges. Sur le socle se trouvent des écussons d’Aragon et de Catane en émaux ; de nombreux bijoux offerts par les fidèles s’accumulent sur le buste au fil des siècles.

Les processions du reliquaire de sainte Agathe à Catane

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Fête de la Rencontre du SeigneurCe dimanche se combine cette année avec l’après-fête de la Rencontre du Seigneur (Hypapante), appelée en Occident Purification de la Sainte Vierge ou “Chandeleur” (les livres liturgiques occidentaux appelaient aussi autrefois cette fête Occursum Domini. Du reste, deux pièces de la liturgie byzantine – le tropaire et le premier des apostiches idiomèles – ont été transcrites en latin au VIIIème siècle pour servir à la procession latine de la Chandeleur.

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Ce dimanche est aussi le dimanche où se lit l’évangile de Zachée, puisque c’est le dernier dimanche après la Pentecôte, avant que ne débute la période du Triode (et de l’Avant-Carême en particulier, qui démarre dans une semaine).

A matines

Versets du matin, ton 4
1. Tropaire du dimanche, ton 4 : Ayant appris de l’Ange la prédication lumineuse de la Résurrection, * et le terme de l’ancestrale condamnation, * les femmes disciples du Seigneur * dirent, pleines de fierté, aux Apôtres : * “Renversée est la mort ! * Le Christ Dieu est ressuscité, ** donnant au monde sa grande miséricorde !” (deux fois)
2. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
3. Tropaire de la Martyre, ton 4 : Ta brebis, ô Jésus, Agathe, * crie d’une voix forte : * “Mon époux, c’est toi que j’aime, * c’est pour te chercher que je combats, * c’est avec toi que je suis crucifiée * et ensevelie par ton baptême. * Pour toi je souffre, afin de régner avec toi. * Pour toi je meurs, afin de vivre en toi. * Accueille, comme victime sans tache, * celle qui par amour est immolée pour Toi”. ** Par son intercession, parce que tu es miséricordieux, sauve nos âmes.
4. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
5. Tropaire de la fête, ton 1 : Je te salue, pleine de grâce, Vierge Mère de Dieu : * de toi, en effet, s’est levé le soleil de justice, le Christ notre Dieu, * illuminant ceux qui sont dans les ténèbres ; * et toi, juste vieillard, * sois dans la joie, * car tu as reçu dans tes bras le libérateur de nos âmes, ** celui qui nous donne la résurrection.

Tropaires de la Résurrection, ton 5

Hypakoï du dimanche, ton 4
Accourues les premières, * les femmes myrrhophores portèrent aux apôtres * l’annonce de ta merveilleuse résurrection, ô Christ, * car Tu es ressuscité en tant que Dieu, ** accordant au monde la grande miséricorde.

Prokimen
Du dimanche, ton 4 :
℟. Lève-toi, Seigneur, viens à notre aide, * et délivre-nous à cause de ton Nom (Psaume XLII, 27).
℣. Dieu, nous avons entendu de nos oreilles, et nos pères nous ont raconté (Psaume XLIII, 2).

IVème évangile de la Résurrection.

Chant de la Résurrection. Psaume 50. Stichères du Psaume 50, ton 6.

Canon

Canon du dimanche, ton 4 (4 tropaires), de la Mère de Dieu (Octoèque) (2 tropaires), de la fête (4 tropaires) œuvre du saint moine Côme le Mélode, évêque de Maïouma (c. 675 † c. 787) avec l’acrostiche : Le Vieillard avec joie porte Christ en ses bras, & de la Martyre (4 tropaires) œuvre de saint Théophane le Marqué, l’Hymnographe, métropolite de Nicée (c. 778 † 845) avec l’acrostiche : Chantons la bonne Agathe par de bonnes hymnes. Catavasies de la Rencontre du Seigneur, ton 3.

Après la 3ème ode : Kondakion de la fête, ton 1 : Tu as sanctifié le sein virginal par ta nativité * et Tu as béni les bras de Syméon, comme il convenait ; * Tu es venu et Tu nous as sauvés en ce jour, Christ-Dieu, * dans ses guerres, donne la paix à Ta cité * et affermis les chrétiens orthodoxes ** que Tu as aimés, Toi seul Ami des hommes.
Kondakion de la Martyre, ton 4 : Que l’Eglise se pare en ce jour de la glorieuse pourpre * teinte dans le sang pur de la martyre Agathe : ** “Réjouis-toi, s’écrie-t-elle, Gloire de Catane !”

Après la 6ème ode : Kondakion du dimanche, ton 4 : Mon sauveur & mon libérateur, * au sortir du tombeau * a libéré et ressuscité tous les habitants de la terre, car il est Dieu. * Il a brisé les portes des enfers, ** et lui le Maître, il est ressuscité le troisième jour.

A la 9ème ode : chant du Magnificat.

Les Laudes, ton 4

Grande doxologie
Tropaire du dimanche (pair), ton 4

Conclusion des matines

Télécharger le livret des choristes pour ce dimanche.

Programme du Mercredi des Cendres

Saint-Eugène, le mercredi 14 février 2024, grand-messe de 19h (répétition pour les choristes à partir de 18h).

> Catéchisme sur le Mercredi des Cendres

Avant l’époque de saint Grégoire le Grand (fin du VIème siècle), le jeûne du Carême ne commençait qu’au lendemain du Ier dimanche de Carême, comme cela est toujours le cas dans la liturgie ambrosienne, ou similaire encore à ce qui se pratique dans la liturgie byzantine (même si celle-ci commence le Carême plus tôt car on ne jeûne pas les samedis en Orient).

Afin d’obtenir un compte plein de 40 jours de jeûne, saint Grégoire décida d’ajouter quatre jours de jeûne avant le Ier dimanche. Le Mercredi des Cendres est devenu depuis le premier jour de Carême dans le rit romain (les livres liturgiques antiques le désignent souvent sous le titre d’“in capite jejunii”). Toutefois l’ancienne disposition antérieure à saint Grégoire a malgré tout laissé quelques traces : ainsi, à l’office, on reste toujours dans l’ordonnance de la Septuagésime, et les hymnes du Carême ne commenceront-elles que samedi prochain aux premières vêpres du Ier dimanche de Carême.

Dans les premiers temps du christianisme, l’évêque en ce jour expulsait de l’église les pénitents qui devaient expier pour des fautes graves (principalement le meurtre, l’adultère et l’apostasie). Les pénitents publics assistaient aux offices de l’extérieur de l’église, depuis le narthex (comme cela se voit toujours fréquemment dans les églises d’Ethiopie) et ne pouvaient rentrer dans l’église qu’une fois leur pénitence accomplie.

Voici quatre gravure tirées d’un Pontifical romain imprimé à Venise en 1561 représentant l’imposition des Cendres aux fidèles puis l’expulsion des pénitents publics :

01 - Imposition des Cendres par le pontife - Pontifical de 1561

Imposition des Cendres aux fidèles par le pontife.

02 - Les pénitents publics se présentent devant l'évêque - Pontifical de 1561

Les pénitents publics se présentent devant l’évêque.

03 - L'évêque revêt de cilices les pénitents publics - Pontifical de 1561

L’évêque revêt de cilices les pénitents publics.

04 - L'évêque expulse les pénitents publics hors de l'église - Pontifical de 1561

L’évêque expulse les pénitents publics hors de l’église.

La pénitence publique durait régulièrement plusieurs années. Une fois la pénitence accomplie, la réconciliation des pénitents publics était effectuée par l’évêque le Jeudi Saint, au cours d’une cérémonie particulière.

Lorsque la discipline de la pénitence publique disparut pratiquement (avant le XIème siècle), on en retint cependant certains éléments, dont l’imposition des cendres qui leur était faite au début du Carême. Ce geste liturgique marque parfaitement le désir de tout chrétien de revêtir les armes de la pénitence & du jeûne au début du Carême, tout en se souvenant de sa condition :

Meménto, homo, quia pulvis es, et in púlverem revertéris.
Souviens-toi, homme, que tu es poussière, et que tu retourneras en poussière.

La cérémonie de l’imposition des cendres, qui avait lieu autrefois de façon autonome entre sexte et none, finit par être jointe à la messe de ce jour, messe qui se célèbre après none (la messe est suivie des vêpres, après lesquelles dans le rit romain, le jeûne est rompu).

Traditionnellement, la cendre dont on se sert est réalisée par la combustion des rameaux bénis l’année précédente. Le prêtre impose les cendres en forme de croix sur le front des fidèles – mais sur la tonsure ou sur le sommet de la tête pour les clercs – tandis que le chœur chante deux antiennes Immutemur in habitu et Inter vestibulum, ainsi qu’un répons, Emendemus in melius.

La messe de ce jour comporte deux particularités que l’on retrouve tout au long du Carême : avant l’évangile se chante le trait du IInd ton, comme tous les lundis, mercredis et vendredis de Carême, anciens jours de station ; après la post-communion, comme à toutes les féries de Carême, le prêtre récite une oraison supplémentaire sur les fidèles inclinés : cette oraison est en réalité une prière de bénédiction très ancienne, elle se faisait également à l’office divin et le restant de l’année, à chaque fois que l’on renvoyait le peuple. Encore présente dans la plupart des rits orientaux ou occidentaux, l’oraison super populum ne s’est maintenue dans le rit romain que pour les féries de Carême.

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Programme des messes d’exposition & de reposition des Quarante-Heures

Les Quarante-Heures à Saint-Eugène - Sancta missa coram Sanctissimum Sacramentum. Saint-Eugène, février 2020Saint-Eugène, le dimanche 11 février 2024, messe solennelle de 19h.

> Les Quarante-Heures : histoire & liturgie.

  • Messe votive du Très-Saint Sacrement – Propre grégorien – Ordinaire : Messe Ad Majorem Dei Gloriam (1699) d’André Campra (1660 † 1744), maître de chapelle de Notre-Dame de Paris & de Louis XV à Versailles
  • Procession d’entrée : Lauda Sion Salvatorem – extraits de la Prose du T. S. Sacrement – texte de Saint Thomas d’Aquin, musique de l’Abbé Francisco Correa de Arauxo de Acebedo (1584 † 1654), organiste de la cathédrale de Ségovie
  • Epître : I Corinthiens XI, 23-29 : Et ayant rendu grâces, le rompit, et dit : Prenez et mangez : ceci est mon corps, qui sera livré pour vous : faites ceci en mémoire de moi.
  • Graduel – Oculi omnium (ton vii.)
  • Evangile : Jean VI, 6, 56-59 : Celui qui mange ma chair, et boit mon sang, a la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour : car ma chair est véritablement une nourriture, et mon sang est véritablement un breuvage.
  • Credo III
  • Pendant les encensements de l’offertoire : suite du Lauda Sion de l’entrée par Francisco Correa de Arauxo
  • Pendant la communion : Panis angelicus, motet d’Henry du Mont (1610 † 1684), maître de chapelle du roi Louis XIV, organiste de Saint Paul
  • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite, missa est : de la Messe royale du Ier ton d’Henry du Mont
  • Après le dernier Evangile : Ave Regina cœlorum
  • Procession du Saint Sacrement des Quarante-Heures : Pange lingua – texte de Saint Thomas d’Aquin – plain-chant & musique de Michel-Richard de Lalande (1657 † 1726), maître de la chapelle des rois Louis XIV & Louis XV
  • Litanie des saints – Psaume 69 – prières et oraisons des Quarante-Heures

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Après la messe d’exposition, adoration silencieuse du Très-Saint Sacrement sans interruption, de jour comme de nuit, jusqu’à la messe de reposition mardi.

*

Saint-Eugène, le mardi 13 février 2024, messe de 19h.

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Programme du dimanche de la Quinquagésime

Saint-Eugène, le dimanche 11 février 2024, grand’messe de 11h. Secondes vêpres (sans salut du Très-Saint Sacrement, en raison des Quarante-Heures) à 17h45.

> Catéchisme sur la Septuagésime

> Le temps d’Avant-Carême (Septuagésime) dans les liturgies chrétiennes : antiquité & universalité

Le dimanche de la Quinquagésime est le IIIème des dimanches de l’Avant-Carême du rit romain. Il était déjà connu depuis longtemps à Rome du temps du pape saint Hormisdas (514-523). Il marquait alors le dernier jour – jusqu’à Pâques – où l’on pouvait user de viandes, d’où son nom de dimanche de Carnaval (étymologiquement, “Carnes levandas” : le jour où l’on enlève les viandes). A Rome, la station de ce dimanche se célèbre à Saint-Pierre. A l’office nocturne, l’Eglise poursuit la lecture du livre de la Genèse, commencée au dimanche de la Septuagésime, avec l’histoire d’Abraham.

A la messe se chante l’évangile dans lequel notre Seigneur annonce à ses disciples la montée à Jérusalem, sa passion, sa mort & sa résurrection, avant de guérir l’aveugle de Jéricho. Cet évangile de la Quinquagésime est attesté dans tous les plus anciens évangéliaires de l’Eglise romaine.

Notre Rédempteur, prévoyant que les esprits de ses disciples seraient troublés par sa passion, leur prédit longtemps d’avance, et les souffrances de cette passion, et la gloire de sa résurrection : afin qu’en le voyant mourir de la manière qu’il avait annoncée, ils ne doutassent point qu’il ne dût aussi ressusciter. Mais parce que ses disciples, encore charnels, n’étaient nullement capables de comprendre les paroles qui concernaient ce mystère, Jésus-Christ eut recours au miracle. Un aveugle recouvra la vue sous leurs yeux, pour que le spectacle des œuvres divines affermit la foi de ceux qui ne pouvaient saisir l’annonce d’un céleste mystère.
Homélie de saint Grégoire, pape, VIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

La Sainte Messe des Quarante Heures à Saint-Eugène
La Sainte Messe des Quarante Heures à Saint-Eugène

Depuis ce dimanche jusqu’au mardi suivant, on fait traditionnellement une adoration solennelle du Très-Saint Sacrement, connue sous le nom de Prières des Quarante-Heures : l’exposition du Corps du Christ se fait sans interruption pendant 3 jours, soit 40 heures. Cette pratique fut instituée à Milan au début du XVIème siècle, en mémoire des 40 heures passées par le Christ au sépulcre, et aussi en souvenir des 40 jours de jeûne qu’il fit au désert, des 40 jours du déluge et des 40 ans d’errance du peuple élu au Sinaï. A l’origine, la prière des Quarante heures n’était pas affectée à une période particulière de l’année, mais était souvent prescrite pour une cause pressante et particulière. Par la constitution Graves et diuturnae du 25 novembre 1592, le pape Clément VIII étendit cette pratique à la ville de Rome, afin que l’on prie pour l’unité de la Chrétienté. Le 1er septembre 1731, le pape Clément XII fit paraître une instruction liturgique détaillée, l’Instructio Clementina, afin de régler les prières des Quarante-Heures. Cette instruction prévoit entre autres que le Très-Saint Sacrement soit exposé environné d’un grand nombre de cierges. L’Instruction Clémentine, dont les normes doivent inspirer toute exposition – même brève – du Très-Saint Sacrement, est comptée comme le 9ème livre liturgique officiel de la Réforme tridentine. Enfin le pape Clément XIII fixa en 1765 la prière des Quarante-Heures entre le dimanche et le mardi de la Quinquagésime, juste avant le début du Carême, en expiation des excès, des impiétés & des péchés qui se commettent pendant ces 3 jours de carnaval, et il enrichit cette pratique de nombreuses indulgences. A Saint-Eugène, les Quarante-Heures commencent le dimanche de la Quinquagésime à la messe d’exposition de 19h et s’achèvent le mardi de la Quinquagésime à la messe de la reposition à 19h

Etienne Poncher, évêque de Paris.

A Paris autrefois, en ce dimanche de Quinquagésime, chaque paroisse du diocèse partait en procession jusqu’à la cathédrale Notre-Dame de Paris en chantant les sept psaumes de pénitence, puis revenait au chant des litanies des saints.

Cette procession pénitentielle était la compensation due pour l’indult permettant aux Parisiens d’user des laitages pendant le Carême, indult que leur avait accordé Etienne Poncher, évêque de Paris de 1503 à 1519.

IIndes vêpres du dimanche de la Quinquagésime (sans salut, en raison des Quarante-Heures qui suivent à 19h).

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Télécharger le livret du propre des IIndes vêpres du dimanche de la Quinquagésime.