Programme du XXIVème dimanche après la Pentecôte – saint Paul le Confesseur – ton 7

Saint Paul le Confesseur, patriarche de Constantinople - fresque du monastère de Dyonisiou au Mont-Athos - XVIème siècleParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 19 novembre 2017 du calendrier grégorien – 6 novembre 2017 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton VII de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour Sa Sainteté Paul le Confesseur, archevêque de Constantinople la Nouvelle Rome.

Saint Paul naquit à Thessalonique dans les premières années du IVème siècle. Ordonné prêtre à Constantinople, il devint le secrétaire (le « notaire ») de l’évêque saint Alexandre de Constantinople, sous le pontificat duquel, en 330, Byzance fut consacrée par Constantin comme Constantinople, la Nouvelle Rome. Pour marquer ce changement politique, l’évêque de Byzance (qui dépendait jusqu’alors du métropolite d’Héraclée, exarque de Thrace et de Macédoine), devint archevêque métropolitain.

En 337, sur son lit de mort, saint Alexandre désigna Paul comme son successeur, soulignant la sainteté de sa vie, choix qui fut entériné par une élection canonique faite par un synode d’évêques qui consacrèrent le nouvel archevêque dans l’église de la Paix (la cathédrale de Constantinople à cette époque, qui se situait à proximité de la future Sainte-Sophie).

Saint Paul le Confesseur patriarche de Constantinople - Fresque de l'église Saint-Nicolas de Thessalonique - XIVème siècleLe parti arien furieux de cette élection intrigua auprès de l’empereur Constance II – fils de saint Constantin le grand – lequel gouvernait alors la partie orientale de l’Empire et résidait à Antioche. En 339, Constance II, qui avait décidé de soutenir la secte d’Arius dans ses territoires, revint à Constantinople et convoqua un pseudo-concile d’évêques ariens qui déposa Paul pour le remplacer par Eusèbe de Nicomédie. Paul fut contraint à s’exiler et trouva refuge en Occident, auprès du Pape saint Jules Ier, où il retrouva d’autres fameux évêques orientaux chassés par les Ariens : saint Athanase d’Alexandrie, Marcel d’Ancyre et saint Asclepas de Gaza. Le saint Pape Jules Ier prit fermement la défense de ces exilés afin qu’ils retrouvent leurs sièges épiscopaux, écrivant de nombreuses lettres et réunissant à Rome un concile en 341 qui renouvela les condamnations de l’Arianisme faites au concile de Nicée de 325.

A la mort d’Eusèbe de Nicomédie en 341, Paul rentre de ce premier exil, regagne sa ville de Constantinople et reprend son siège archiépiscopal. Mais le parti arien ne s’avoue pas vaincu et plusieurs de leurs évêques consacrent archevêque de Constantinople l’hérésiarque Macédonius, qui non content de professer l’hérésie d’Arius quant à la divinité du Verbe, y ajoutait la sienne propre qui niait la divinité du Saint-Esprit. Cette élection de Macédonius déclencha de violentes émeutes. Apprenant cela à Antioche où il résidait, l’empereur Constance II ordonna à Hermogène, général de sa cavalerie commandant la Thrace, d’entrer avec ses troupes dans Constantinople et d’arrêter l’archevêque Paul. Mais le peuple de la Ville apprenant cela, attaqua les troupes impériales, tua le général Hermogène en incendiant la maison où il résidait et traîna son corps derrière un char au travers de toute la cité impériale. Furieux d’un tel crime, l’empereur Constance II accourut à Constantinople, déterminé à faire souffrir le peuple de cette ville pour sa révolte. Les principaux chefs de la cité rencontrèrent l’empereur en implorant son pardon. Celui-ci consentit à sursoir à la punition de la ville, diminuant même de moitié les taxes de céréales qu’elle devait à l’empereur, mais à la condition que l’archevêque Paul fut exilé.

Saint Paul le Confesseur patriarche de Constantinople - Monastère de Dyonisiou - Mont-Athos - 1547Ce second exil dura de 342 à 346, et Paul trouva refuge à nouveau en Occident auprès du Pape à Rome, et à Trèves où résidait l’empereur Constant Ier, frère de Constance II, qui gouvernait la partie occidentale de l’Empire. A Trèves, dans l’entourage de l’empereur, saint Paul de Constantinople retrouva saint Athanase d’Alexandrie et d’autres évêques comme saint Ossius de Cordoue, lequel fut chargé par les deux empereurs de réunir le concile de Sardique en 343, avec pour but de tenter de réconcilier pro et anti-nicéens et de mettre fin à la crise qui agitait toute l’Eglise. Le concile de Sardique ordonna le rétablissement des évêques orientaux qui avaient été déposés, condamna les Ariens (qui avaient quitté le concile avant la fin) et rappela le rôle traditionnel de l’appel au Pape pour trancher les débats théologiques.

A la faveur du concile de Sardique, mais surtout en raison des lettres fermes que Constant Ier adressa à son frère Constance II indiquant que si Paul n’était pas rétabli sur le siège de Constantinople, il déclencherait une guerre, notre saint pu revenir pour la seconde fois en 344 sur son trône archiépiscopal dans la Nouvelle Rome, à l’allégresse générale de son clergé et de son peuple (la grande majorité des églises de la Ville étaient restées gouvernées par des prêtres fidèles à saint Paul, tant l’hérésiarque Macédonius était impopulaire). Mais lorsque survint l’assassinat de l’empereur d’Occident Constant Ier en 350, saint Paul de Constantinople perdit son principal soutien, et l’empereur d’Orient Constance II en profita pour reprendre aussitôt sa politique en faveur des hérétiques ariens. Il ne voulut pas toutefois réitérer les violents troubles populaires survenus lorsque le général Hermogène avait voulu publiquement arrêter le saint archevêque. Le préfet du Prétoire d’Orient, Philippe, fut chargé d’arrêter Paul en toute discrétion, ce qu’il fit à la faveur d’un stratagème, ayant attiré l’archevêque dans un établissement de bains sur la rive du Bosphore, sous prétexte de lui rendre les honneurs. Là il le fit enlever en secret et charger sur un navire qui le déposa en sa ville natale de Thessalonique. Paul fut interdit de remettre les pieds à Constantinople et en Orient, et dût prendre pour la troisième fois la route de l’exil à Rome auprès du Pape saint Jules Ier, tandis que l’hérésiarque Macédonius gouvernait à nouveau l’Eglise de Constantinople.

Peu de temps après, Constance II vainquit en Occident ceux qui avaient usurpé le trône en mettant à mort son frère Constant Ier. Il réunit alors sous sa férule les deux parties de l’Empire romain. Le sort de ceux qui ne professaient pas l’hérésie d’Arius se dégrada subitement en Occident, où la politique pro-nicéenne de Constant les avait jusqu’alors favorisés. Saint Paul, infortuné archevêque de Constantinople en exil fut arrêté, chargé de fers et déporté à Singara en Mésopotamie, puis à Emèse (Homs) en Syrie et enfin à Cucusus (Göksun) en Cappadoce (province d’Arménie Seconde, future Petite Arménie). Là, les Ariens l’enfermèrent dans une prison sans nourriture pour le faire mourir de faim. Trouvé encore vivant au bout de 6 jours, ils l’étranglèrent et prétendirent qu’il était mort d’une maladie rapide. Cela advint probablement l’an 351.

Martyre de saint Paul le Confesseur - Monastère de Dyonisiou - Mont-Athos   - 1547Voilà comme ce nouveau Paul remporta la couronne après tant de fatigue et d’exil, ayant professé sans bouger d’un iota la doctrine apostolique, d’où son surnom de Confesseur car en vérité il confessa tout au long de sa vie la Très-Sainte Trinité face aux hérésies impies d’Arius et de Macédonius, soutenues par l’empereur Constance II. Son prestige était immense en Orient où il était estimé comme l’un des plus intrépides champions de la foi catholique orthodoxe, au même titre que saint Athanase d’Alexandrie. N’ayant pas toutefois laissé d’ouvrages de théologie, sa gloire posthume fut moins éclatante que celle du grand docteur égyptien.

Le corps de saint Paul le Confesseur fut peu après son martyre translaté à Ancyre en Galatie, puis de là – sur ordre de l’empereur Théodose le Grand, à Byzance en 381, une trentaine d’année après sa mort, dans un grand concours de peuples et de clergé, alors que s’achevait le grand concile œcuménique de Constantinople, où l’on condamna fermement l’hérésie pneumatomaque de Macédonius. Au cours d’offices fastueux, les reliques du saint furent solennellement déposées – ironie de l’histoire – dans l’une des églises de la Ville qui avait été construite puis gouvernée par Macédonius – et qui depuis lors fut appelée église Saint-Paul, en son honneur. Ses reliques furent emportées à Venise en 1226, où elles sont gardées avec grand respect dans l’église de Saint-Laurent (actuelle église des Dominicains).

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Aux heures
A tierce & à sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de Sa Sainteté. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : seulement du dimanche.

A LA DIVINE LITURGIE DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME

Tropaires des Béatitudes : six tropaires du ton dominical & quatre tropaires de la 3ème ode du canon de Sa Saintété, œuvre de saint Théophane le Marqué, l’Hymnographe, métropolite de Nicée (c. 778 † 845) :
1. Il est beau à voir & bon à manger, * le fruit qui a causé mon trépas ; * mais le Christ est cet arbre de vie * dont je puis manger sans mourir ; * & je crie avec le bon Larron : ** Souviens-toi de moi, Seigneur, dans ton royaume.
2. Dieu de tendresse, mis en croix, tu effaças * la cédule de l’antique péché d’Adam ; * de l’erreur tu sauvas l’ensemble des mortels : ** aussi nous te chantons, Bienfaiteur & Seigneur.
3. Sur le croix, Dieu de tendresse, tu clouas nos péchés, * par ta mort tu triomphas de la mort ; * d’entre les morts tu éveillas les trépassés ; ** aussi nous nous prosternons devant ta sainte Résurrection.
4. Dans les oreilles d’Eve le serpent injecta son venin, * mais le Christ sur l’arbre de la croix * fit jaillir pour le monde la douceur de la vie. ** Souviens-toi de moi, Seigneur, dans ton royaume.
5. Au sépulchre on te dépose comme un mortel, * ô Christ, universelle Vie, * mais de l’Enfer ayant brisé les verrous, * tu ressuscites le troisième jour * avec gloire & puissance, illuminant le monde entier : ** gloire, Seigneur, à ta sainte Résurrection.
6. Ressuscité d’entre les morts le troisième jour, * le Seigneur donne aux Disciples sa paix ; * les bénissants, il les envoie et leur dit : ** Amenez tous les hommes au royaume de Dieu.
7. Par divine grâce adopté comme fils, * tu n’as pas rabaissé au rang de créature * celui qui par nature est l’unique Fils, * coéternel au Père, bienheureux Paul, ** toi qui suivais l’enseignement de l’Apôtre théophore.
8. De bouche, de parole et de cœur, * au mépris de l’hostile Arius, * vénérable Paul, tu as prêché le Christ, * sagesse, puissance de Dieu ** et Parole hypostasiée.
9. Le saint Esprit de Dieu, * grâce auquel nous sommes divinisés, * par juste décision de la suprême autorité, * tu enseignas qu’il est Dieu par nature, ** créateur universel et tout-puissant.
10. Le Verbe du Père éternel, * bien que supérieur à tout début, * en s’incarnant de toi, Vierge pure, * a débuté sur terre et fut soumis au temps, ** lui qui transcende tous les temps.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 7 : Tu as détruit la mort par ta croix, * ouvert au Larron le Paradis ; * changé en joie les pleurs des myrrophores * et ordonné aux apôtres de prêcher. * Tu es ressuscité, ô Christ Dieu, ** donnant au monde ta grande miséricorde !
2. Tropaire de Sa Sainteté, ton 3 : La confession de la divine foi * a fait de toi pour l’Eglise un autre Paul par le zèle de pontife que tu manifestas; * avec celui d’Abel et de Zacharie * vers le Seigneur crie justice ton propre sang. * Père vénérable, * prie le Christ Dieu ** de nous accorder la grande miséricorde.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion de Sa Sainteté, ton 2 : Brillant sur la terre comme une étoile du ciel, * tu éclaires maintenant l’Eglise catholique ; * tu souffris pour elle, Paul, offrant ton âme, ** et comme celui d’Abel et de Zacharie ton sang crie clairement vers le Seigneur.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion du dimanche, ton 7 : La puissance de la mort ne peut plus retenir les hommes, * car le Christ est descendu pour briser et détruire sa force. * Les enfers sont enchaînés, * les prophètes en chœur se réjouissent et disent : * Le Sauveur est apparu aux croyants. ** Venez, fidèles, prendre part à la Résurrection.

Prokimen
Du dimanche, ton 7 :
R/. Le Seigneur donne la puissance à son peuple, le Seigneur bénit son peuple dans la paix (Psaume 28, 11).
V/. Rendez au Seigneur, fils de Dieu, rendez au Seigneur la puissance & la gloire (Psaume 28, 1).
[De Sa Sainteté, ton 7 :
R/. Elle a du prix aux yeux du Seigneur, la mort de ses serviteurs (Psaume 115, 5).]

Epîtres
Du dimanche : Ephésiens (§ 221) II, 14-22.
Car c’est par Lui que nous avons accès les uns et les autres auprès du Père dans un même Esprit.
[De Sa Sainteté : Hébreux (§ 318), VII, 26 – VIII, 2.
Car il était bien raisonnable que nous eussions un pontife comme celui-ci, saint, innocent, sans tache, séparé des pécheurs, et plus élevé que les cieux.]

Alleluia
Du dimanche, ton 7 :
V/. Il est bon de rendre grâce au Seigneur, de chanter pour ton Nom, ô Très-Haut, (Psaume 91, 1)
V/. de publier au matin ton amour, ta fidélité au long des nuits (Psaume 91, 2).
[De Sa Sainteté, ton 6 :
V/. Bienheureux l’homme qui craint le Seigneur, et qui a une grande affection pour ses commandements (Psaume 111, 1).]

Evangiles
Du dimanche : Luc (§ 39) VIII, 41-56.
Et Jésus lui dit : Ma fille, votre foi vous a guérie ; allez en paix.
[De Sa Sainteté : Luc (§ 64) XII, 8-12.
Or je vous déclare que quiconque me confessera devant les hommes, le Fils de l’homme le confessera aussi devant les anges de Dieu.]

Hymne à la Mère de Dieu pendant l’anaphore
Il est digne en vérité, ton 7.

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
[De Sa Sainteté : La mémoire du juste sera éternelle (Psaume 111, 6).] Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme du XXIIIème dimanche après la Pentecôte

Saint-Eugène, le dimanche 12 novembre 2017, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

La guérison de l’hémoroïsse & la résurrection de la fille de Jaïre

Et voilà qu’une femme affligée d’une perte de sang depuis douze ans, s’approcha de lui par derrière, et toucha la frange de son vêtement. » Nous lisons dans l’Évangile selon saint Luc que la fille du prince de la synagogue avait douze ans. Cette femme, je veux dire le peuple gentil, commence donc à être malade au temps même où le peuple juif naissait à la foi. Ceci est à remarquer ; car un vice ne ressort que par le contraste des vertus.
Homélie de saint Jérôme, prêtre, VIIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

A la messe :

  • Procession d’entrée : Jam lucis orto sidere – Hymne de l’office de Prime – texte du VIIIème siècle – mélodie du VIIIème ton en usage à Nancy.
  • Propre grégorien du jour – Kyriale : Missa XI Orbis factor
  • Réponses polyphoniques aux récitatifs liturgiques de la sainte messe – Henri de Villiers
  • Epître : Philippiens III, 17-21 ; IV, 1-3 : Mais pour nous, nous vivons déjà dans le ciel, comme en étant citoyens ; et c’est de là aussi que nous attendons le Sauveur, notre Seigneur Jésus-Christ
  • Evangile : Matthieu IX, 18-26 : Car elle disait en elle-même : Si je puis seulement toucher son vêtement, je serai guérie.
  • Credo I
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Dirigatur du IInd ton
  • Après la Consécration : O salutaris Hostia – d’après Dimitri Bortniansky (1751 † 1825), maître de la chapelle impériale de Russie
  • Pendant la communion : Tantum ergo, motet d’après Jehan Tabourot (1520 † 1595), chanoine de l’Eglise de Langres (Orchésographie, 1588)
  • Prière pour la France, faux-bourdon parisien du Ier ton (d’après l’édition de 1739)
  • Ite missa est XI
  • Après le dernier Evangile : Inviolata
  • Procession de sortie : Vers la mort qui vient – cantique du R. P. Jacques Bridaine ( 1701 † 1767) – texte de l’abbé E. Blineau

IIndes vêpres du XXIIème dimanche après la Pentecôte. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : O salutaris du Isup>er ton, « dans les solennités » – plain-chant normand de Coutances
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Salve Regina – solennel, du Ier ton
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Tu es Petrus du VIIème ton.
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo du IIIème ton.
  • Chant d’action de grâces : Benedicat nos Deus – antienne solennelle – liturgie parisienne antique – antienne en usage depuis au moins le IXème siècle.

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Programme du XXIIIème dimanche après la Pentecôte – saints Zénobe et Zénobie – ton 6

Saint Zénobe, évêque & martyrParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 12 novembre 2017 du calendrier grégorien – 30 octobre 2017 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton VI de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour le saint hiéromartyr Zénobe, évêque d’Egée en Cilicie, et sa sœur martyre Zénobie.

Saint Zénobe et sainte Zénobie étaient les enfants de Zénodote et de Thècle, de pieux chrétiens d’une des riches familles de la ville d’Egée en Cilicie (l’actuelle Yumurtalık, province d’Adana, en Turquie).

Zénobe appris la médecine puis se mit à exercer celle-ci gratuitement, ajoutant même de grandes libéralités envers les malades lorsqu’ils étaient également dans le besoin. Toutefois il les guérissait encore plus par ses prières que par ses remèdes. De nombreux malades venaient de loin (même des Indes) pour se faire soigner par lui et obtenir de Dieu leur guérison.

Saint Zénobe fut fait évêque de sa ville au début du règne de Dioclétien, durant une courte période d’accalmie dans les persécutions. Celles-ci ayant repris, Lysias, gouverneur de Cilicie, vint à Egée pour arrêter l’évêque Zénobe et le fit torturer sur le chevalet. Ce qu’apprenant, sa sœur Zénobie accourut et se déclara chrétienne devant le gouverneur. Ele fut mise avec son frère sur un lit de fer sous lequel on avait allumé un feu. Ils furent ensuite ébouillantés sans en en ressentir aucune douleur. Le gouverneur ordonna alors leurs décapitations et leurs corps furent pieusement ensevelis de nuit par les prêtres Caius et Hermogène.

Ces deux saints sont également célébrés par le rit romain à la date du 30 octobre :

A Egée, en Cilicie, la passion de saint Zénobe évêque et de sa sœur Zénobie, sous l’empereur Dioclétien et le préfet Lysias.
Martyrologe romain au 30 octobre

Martyre des saints Zénobe et Zénobie

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Aux heures
A tierce & à sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire des Saints. Kondakion : du dimanche seulement.

Tropaires des Béatitudes : 8 tropaires du dimanche ton VI :
1. Souviens-toi de moi, Dieu Sauveur, * quand tu entreras dans ton royaume, ** seul Ami des hommes, sauve-moi.
2. Adam fut séduit par l’arbre défendu, * mais par celui de la Croix tu as sauvé * le bon Larron s’écriant : ** Dans ton royaume, Seigneur, souviens-toi de moi.
3. Ayant brisé les portes & les verrous de l’Enfer, * tu as ressuscité, Source de vie, * Sauveur, tous ceux qui s’écrient : ** Gloire à ta sainte Résurrection.
4. Souviens-toi de moi, Seigneur * qui par ta sépulture triomphas de la mort * & comblas de joie l’univers, ** Dieu de tendresse, par ta Résurrection.
5. Les Myrophores venues au tombeau * entendirent l’Ange proclamer : * Il est vraiment ressuscité, ** le Christ qui illumine le monde entier.
6. Le Christ qui fut cloué * sur le bois de la croix * & sauva le monde de l’erreur, ** chantons-le tous d’un même chœur.
7. Glorifions le Père & le Fils * & l’Esprit de sainteté, * disant à l’indivise Trinité : ** sauve nos âmes, nous t’en prions.
8. O Vierge qui a conçu de merveilleuse façon * & mis au monde en ces derniers temps * ton propre Créateur, ** sauve les fidèles qui te magnifient.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 6 : Devant ton sépulcre les Puissances des cieux, * autant que les soldats, furent frappées d’effroi ; * et Marie (Madeleine) se tenait près du tombeau, * cherchant ton corps immaculé ; * mais tu brisas l’Enfer sans te laisser vaincre par lui, * tu rencontras la Vierge et nous donna la vie. * Ressuscité d’entre les morts, ** Seigneur, gloire à toi.
2. Tropaire des Saints, ton 4 : Tes Martyrs, Seigneur, * pour le combat qu’ils ont mené ont reçu la couronne d’immortalité de toi, notre Dieu ; * animés de ta force, ils ont terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons ; ** par leurs prières sauve nos âmes.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion des Saints, ton 8 : Comme témoins véritables et prédicateurs de la piété, * honorons dignement par des hymnes divinement inspirés * Zénobe et la sage Zénobie * car c’est ensemble qu’ils ont vécu et qu’ils ont quitté cette vie ** & qu’ils ont reçu la couronne d’incorruptibilité par le martyre.
7. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
8. Kondakion du dimanche, ton 6 : De sa main, source de vie, * le Donateur de vie a ressuscité tous les morts du fond des ténèbres, * lui, le Christ Dieu, * qui a accordé la résurrection à l’homme qu’il avait façonné, * car il est le Sauveur, la résurrection et la Vie de tous, ** lui, le Dieu de l’univers.

Prokimen
Du dimanche, ton 6 :
R/. Sauve, Seigneur ton peuple, et béni ton héritage (Psaume 27, 9).
V/. Vers Toi, Seigneur, j’appelle : mon Dieu, ne sois pas sourd envers moi (Psaume 27, 1).

Epître
Du dimanche : Ephésiens (§ 220) II, 4-10.
Et il nous a ressuscités avec lui, et nous a fait asseoir dans le ciel en Jésus-Christ.

Alleluia
Du dimanche, ton 6 :
V/. Ton amour, Seigneur, à jamais je le chante, d’âge en âge ma parole annonce ta fidélité (Psaume 88, 2).
V/. Car j’ai dit : l’amour est bâti à jamais, aux cieux tu as fondé ta fidélité (Psaume 88, 3).

Evangile
Du dimanche : Luc (§ 38) VIII, 26-39.
Les démons étant donc sortis de cet homme, entrèrent dans les pourceaux ; et aussitôt le troupeau courut avec violence se précipiter dans le lac, où ils se noyèrent.

Versets de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux (Psaume 148, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme de la fête de saint Martin – rit dominicain

Saint Martin partageant son manteau - vitrail de la Sainte Chapelle - Musée de Cluny - ParisSaint-Eugène, le samedi 11 novembre 2017, messe de 11h célébrée en rit dominicain (avec l’association SOS Chrétiens d’Orient).

Martin, né à Sabarie en Pannonie, s’enfuit à l’église, malgré ses parents, quand il eut atteint sa dixième année, et se fit inscrire au nombre des catéchumènes. Enrôlé à quinze ans dans les armées romaines, il servit d’abord sous Constantin, puis sous Julien. Tandis qu’il n’avait pas autre chose que ses armes et le vêtement dont il était couvert, un pauvre lui demanda, près d’Amiens, l’aumône au nom du Christ, et Martin lui donna une partie de sa chlamyde. La nuit suivante, le Christ lui apparut revêtu de cette moitié de manteau, faisant entendre ces paroles : « Martin, simple catéchumène, m’a couvert de ce vêtement. »
IVème leçon des vigiles nocturnes de cette fête, au troisième nocturne.

A l’âge de dix-huit ans, il reçut le baptême. Aussi, ayant abandonné la vie militaire, se rendit-il auprès d’Hilaire, Évêque de Poitiers, qui le mit au nombre des Acolytes. Devenu plus tard Évêque de Tours, Martin bâtit un monastère, où il vécut quelque ; temps de la manière la plus sainte, avec quatre-vingts moines. Étant tombé gravement malade de la fièvre, à Candes, bourg de son diocèse, il priait instamment Dieu de le délivrer de la prison de ce corps mortel. Ses disciples qui l’écoutaient, lui dirent : « Père, pourquoi nous quitter ? à qui abandonnez-vous vos pauvres enfants ? » Et Martin, touché de leurs accents, priait Dieu ainsi : « O Seigneur, si je suis encore nécessaire à votre peuple, je ne refuse point le travail. »
Vème leçon des vigiles nocturnes de cette fête, au troisième nocturne.

Ses disciples voyant que, malgré la force de la fièvre, il restait couché sur le dos et ne cessait de prier, le supplièrent de prendre une autre position, et de se reposer en s’inclinant un peu, jusqu’à ce que la violence du mal diminuât. Mais Martin leur dit : « Laissez-moi regarder le ciel plutôt que la terre, pour que mon âme, sur le point d’aller au Seigneur, soit déjà dirigée vers la route qu’elle doit prendre. » La mort étant proche, il vit l’ennemi du genre humain et lui dit : « Que fais-tu là, bête cruelle ? esprit du mal, tu ne trouveras rien en moi qui t’appartienne. » Et, en prononçant ces paroles, le Saint rendit son âme à Dieu, étant âgé de quatre-vingt un ans. Une troupe d’Anges le reçut au ciel, et plusieurs personnes, entre autres saint Séverin, Évêque de Cologne, les entendirent chanter les louanges de Dieu.
VIème leçon des vigiles nocturnes de cette fête, au troisième nocturne.

Mémoire de saint Mennas, martyr égyptien.

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Programme du XXIIème dimanche après la Pentecôte

Saint-Eugène, le dimanche 5 novembre 2017, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

Rendez à César ce qui est à César, & à Dieu ce qui est à Dieu.

Connaissant le secret de leurs pensées, (car Dieu observe ce qui est caché au plus intime des hommes) Jésus se fait apporter un denier, et il s’informe de qui sont l’inscription et l’effigie. Les pharisiens répondent : « De César. » Il leur dit : « A César il faut rendre ce qui est à César, et à Dieu, ce qui est à Dieu. » Réponse vraiment admirable, et solution parfaite que cette parole céleste ! Le Seigneur équilibre si bien tout entre le mépris du siècle et l’injure blessante pour César, qu’il décharge les âmes consacrées à Dieu de tous les soucis et embarras humains en décrétant qu’il faut rendre à César ce qui lui appartient. Car s’il ne reste rien de lui chez nous nous ne serons pas obligés de lui rendre ce qui lui appartient.
Homélie de saint Hilaire, évêque, VIIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

A la messe :

  • Propre grégorien du jour – Kyriale : Missa XI Orbis factor
  • Credo I
  • Pendant les encensements de l’offertoire : chant du Dirigatur du Ier ton – tradition de Coutances – faux-bourdon de l’abbé Cardine
  • Après la Consécration : O salutaris sur le ton du récitatif liturgique de la préface – Henri de Villiers
  • Pendant la communion : In exitu Israel – psaume 113 (extraits) – Eustache du Caurroy (1549 † 1609), maître de chapelle du roi Henri IV
  • Prière pour la France, faux-bourdon parisien du VIIIème ton (d’après l’édition de 1739)
  • Ite missa est XI
  • Après le dernier Evangile : Salve Regina
  • Procession de sortie : Je mets ma confiance – Cantique et mélodie du R.P. Lambillotte – harmonisation de M. le chanoine Gaston Roussel, maître de chapelle de la cathédrale de Versailles

IIndes vêpres du XXIIème dimanche après la Pentecôte. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : O salutaris du Isup>er ton, « dans les solennités » – plain-chant normand de Coutances
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Salve Regina – solennel, du Ier ton
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Tu es Petrus du VIIème ton.
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo du IIIème ton.
  • Chant d’action de grâces : Benedicat nos Deus – antienne solennelle – liturgie parisienne antique – antienne en usage depuis au moins le IXème siècle.

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Rendez à César ce qui est à César, & à Dieu ce qui est à Dieu

Programme du XXIIème dimanche après la Pentecôte – saint Jacques, frère du Seigneur – ton 5

Saint Jacques, frère du Seigneur, premier évêque de JérusalemParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 5 novembre 2017 du calendrier grégorien – 23 octobre 2017 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton V de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour le saint hiéromartyr et apôtre Jacques, frère du Seigneur, premier évêque de Jérusalem.

A la suite des témoignages des pères apostoliques saint Papias d’Hiérapolis et Hégésippe de Jérusalem, de ceux ensuite de saint Clément d’Alexandrie et de saint Hippolyte, repris par Eusèbe de Césarée et explicités par saint Jérôme, l’Eglise romaine identifie Jacques, frère du Seigneur, et donc frère de Jude, Simon et Joseph (ou Joset) avec Jacques d’Alphée qui est cité sous ce nom dans les listes apostoliques toujours accompagné de Simon et de Jude de Jacques (qu’il faut entendre comme Jude frère de Jacques, expression visant clairement à le distinguer de Judas Iscariote). Les Ménées grecs ont par prudence choisi de distinguer deux personnages qui ne forment certainement qu’un seul, les célébrant à deux semaines de distance (9 et 23 octobre). Le rit byzantin fait encore mémoire de saint Jacques le dimanche qui suit Noël.

Pour la présentation du saint apôtre Jacques dans les Ecritures, on pourra se rapporter à la notice du 9 octobre ainsi qu’à celle de saint Jude.

Notons toutefois que saint Jacques, frère du Seigneur, au témoignage unanime des Pères de l’Eglise, prit la tête de l’Eglise de Jérusalem en devenant son premier évêque. Il ne faut pas y voir un anachronisme car le grec Eπίσκοπος (Episcopos, littéralement « surveillant ») traduit probablement l’araméen Mebaqqer (« intendant ») qui désigne dans les écrits Esséniens le responsable de la communauté. Jacques et ses frères sont qualifiés de Justes et de Zélotes, ce mouvement politique et religieux avait pour foyer principal la Galilée et entretenait des rapports avec le mouvement des Esséniens.

Voici l’intéressant récit donné par Eusèbe de Césarée du martyre par défenestration et lapidation de saint Jacques, frère du Seigneur, premier évêque de Jérusalem. Notons que cette mise à mort a été effectuée l’an 62 sous le grand-prêtre sadducéen Hanan ben Hanan (Ananos Ananou en grec), profitant d’une vacance du pouvoir romain. Le nouveau procurateur romain Lucceius Albinus obtint la destitution rapide de ce grand prêtre suite à ce crime, ce qui laisse entendre que saint Jacques jouissait d’une considération importante dans la ville de Jérusalem. Ledit Hanan ben Hanan sera mis à mort par les Juifs du parti Zélote en 68.

Paul en avait appelé à César, et Festus l’avait envoyé à Rome : ainsi fut trompé l’espoir des Juifs et rendu vaine l’embûche qu’ils avaient dressée contre l’Apôtre, ils tournèrent alors leur fureur contre Jacques, le frère du Seigneur, qui occupait alors le siège épiscopal de Jérusalem qu’il avait reçu des Apôtres. Voici ce qu’ils entreprirent contre lui. Ils le firent venir et, devant tout le peuple, lui demandèrent de renoncer à la foi au Christ. A la surprise de tous, il parla devant la multitude avec une liberté entière et une indépendance qui dépassait de beaucoup leur attente ; il confessa que Jésus notre Sauveur et Seigneur était le Fils de Dieu. Un pareil témoignage, rendu par un tel homme, leur fut insupportable ; car auprès de tous, il avait la réputation d’être un juste hors de pair, pour la sagesse et la piété de sa vie. Ils le mirent à mort, profitant pour le faire de l’absence de gouverneur ; car Festus venait justement alors de mourir en Judée. Cet attentat fut donc commis en dehors de toute autorisation et de tout contrôle d’un procurateur.

Saint Jacques, frère du Seigneur, premier évêque de JérusalemLes circonstances de la mort de Jacques ont été déjà indiquées dans une citation de Clément. Celui-ci raconte qu’il fut précipité du haut du temple et tué à coups de bâton. Hégésippe, qui appartient à la première succession des apôtres, expose avec la plus grande exactitude ce qui concerne Jacques, dans le cinquième livre de ses Mémoires. Voici ce qu’il en dit :

« Jacques, le frère du Seigneur, reçut l’administration de l’église avec les Apôtres. Depuis les temps du Christ jusqu’à nous, il a été surnommé le Juste parce que beaucoup s’appelaient Jacques. Il fut sanctifié dès le sein de sa mère : il ne buvait ni vin ni boisson enivrante, ne mangeait rien qui ait eu vie ; le rasoir n’avait jamais passé sur sa tête ; il ne se faisait jamais oindre et s’abstenait des bains. A lui seul il était permis d’entrer dans le Sanctuaire ; car ses habits n’étaient pas de laine, mais de lin. Il entrait seul dans le Temple et ou l’y trouvait à genoux demandant pardon pour le peuple. La peau de ses genoux était devenue dure comme celle des chameaux, parce qu’il était constamment prosterné adorant Dieu et demandant pardon pour le peuple. Son éminente justice du reste le faisait appeler le Juste et Oblias, c’est-à-dire en grec rempart du peuple et justice, selon que les prophètes le montrent à son sujet. Certains membres des sectes, qui existaient au nombre de sept dans le peuple juif, et dont nous avons parlé plus haut, demandèrent à Jacques quelle était la porte de Jésus. Il répondit que Jésus était le Sauveur. Quelques-uns d’entre eux se laissèrent convaincre qu’il était le Christ, mais les sectes susdites ne voulurent pas croire qu’il fût ressuscité, ni qu’il dût venir pour rendre à chacun selon ses œuvres ; en tout cas ceux qui avaient la foi, la tenaient de Jacques.

« Beaucoup donc, et même des chefs, croyaient. Il en résulta un grand émoi parmi les Juifs, les scribes et les pharisiens : « Il y a danger, disaient-ils, que la masse de la nation ne place son attente en Jésus le Christ. » Ils allèrent donc trouver Jacques et l’abordèrent en ces termes : « Nous t’en prions, retiens le peuple ; car il se fourvoie sur Jésus en pensant que c’est le Christ. Nous t’engageons à parler de Jésus à tous ceux qui viennent pour le jour de Pâques ; nous te croyons tous, et nous rendons témoignage avec tout le peuple que tu es juste el n’as point d’égard aux personnes. Persuade donc à la multitude de ne point s’égarer au sujet de Jésus ; car tout le peuple et nous tous, nous te croyons. Tiens toi sur le faîte du temple ; tu seras en vue de tous et tes paroles seront entendues de tout le peuple. » Car, à cause de la pâque, toutes les tribus et même les gentils se rassemblent.

Saint Jacques, frère du Seigneur, premier évêque de JérusalemLes susdits scribes et pharisiens placèrent donc Jacques sur le pinacle du temple el ils lui crièrent ces paroles : « Juste que tous nous devons croire, puisque le peuple s’abuse à la suite de Jésus le crucifié, dis-nous quelle est la porte de Jésus. » Il répondit d’une voix forte : « Pourquoi m’interrogez-vous sur le Fils de l’homme ? Il est assis au ciel, à la droite de la grande puissance et il doit venir sur les nuées du ciel. » Un grand nombre entièrement convaincus, dociles au témoignage de Jacques, disaient : « Hosanna au fils de David ! » Alors par contre les mêmes scribes et pharisiens se dirent les uns aux autres : « Nous avons mal fait de procurer à Jésus un pareil témoignage ; montons, précipitons cet homme ; on aura peur et on ne croira plus en lui. » Ils se mirent à crier : « Oh, oh, même le Juste s’est égaré » ; et ils accomplirent la parole d’Isaïe dans l’Écriture : « Enlevons le Juste parce qu’il nous est insupportable ; alors ils mangeront le produit de leurs oeuvres. » Ils montèrent donc et précipitèrent le Juste. Ils se dirent les uns aux autres : « Lapidons Jacques le juste », et ils commencèrent à le lapider ; car il n’était pas mort de sa chute. Mais celui-ci se retourna, se mit à genoux et dit : « Ο Seigneur, Dieu et Père, je t’en prie, pardonne-leur, ils ne savent ce qu’ils font. » Cependant ils l’accablaient de pierres ; et un des prêtres, des fils de Rechab, fils de Rechabim auxquels le prophète Jérémie a rendu témoignage, s’écriait : « Arrêtez, que faites-vous ? Le Juste prie pour vous. » Alors un foulon qui se trouvait parmi eux prit le bâton avec lequel il foulait les étoffes et frappa le Juste à la tête. Ce fut ainsi que Jacques fut martyrisé. On l’ensevelit sur place près du temple, où l’on voit encore aujourd’hui s’élever son monument. Il a donné aux Juifs et aux Grecs le témoignage véridique que Jésus est le Christ. Et bientôt après, Vespasien les assiégea. »

Voilà ce qu’Hégésippe raconte au long, s’accordant, du reste, avec Clément. Jacques était si admirable et si vanté de tous pour sa justice, que les gens sensés parmi les Juifs pensèrent que son martyre fut la cause du siège qui suivit immédiatement : ils crurent qu’une pareille calamité n’avait d’autre raison que ce sacrilège audacieux. Josèphe n’hésite pas du reste à se ranger à cet avis, et en témoigne en ces termes :

« Ces malheurs, écrit-il, arrivèrent aux Juifs à l’occasion du crime qu’ils commirent contre Jacques le Juste : il était frère de Jésus qu’on appelle le Christ, et les Juifs le mirent à mort malgré sa justice éminente. »

Il raconte aussi sa mort au vingtième livre de ses Antiquités. Voici ses paroles :

« César, à la nouvelle de la mort de Festus, envoya Albinus en Judée comme gouverneur. Ananos le jeune, que nous avons dit avoir reçu le souverain pontifical, était d’un caractère audacieux et absolument entreprenant ; il appartenait à la secte des Sadducéens, dans les jugements la plus cruelle de toutes parmi les Juifs, ainsi que nous l’avons déjà montré. Ananos, avec ces dispositions, vit dans la mort de Festus une occasion favorable ; tandis qu’Albinus était encore en route, il réunit une assemblée de juges, fit comparaître devant eux le frère de Jésus dit le Christ, appelé Jacques, avec quelques autres, accusés comme lui de transgresser la loi, et les condamna à être lapidés. Tous les esprits modérés qui se trouvaient dans la ville, et les stricts observateurs des lois virent cet excès avec peine et ils envoyèrent en secret des messagers au roi pour le prier d’interdire à Ananos une pareille manière d’agir et l’informer qu’il n’avait jusqu’alors rien fait de bon. Quelques-uns d’entre eux allèrent du reste à la rencontre d’Albinus, qui arrivait d’Alexandrie, et lui dirent qu’Ananos n’avait pas le pouvoir de convoquer le tribunal sans son consentement. Le gouverneur crut ce qu’on lui disait. Il écrivit avec colère à Ananos et le menaça de le punir. De son côté, le roi Agrippa lui enleva à cause de cela le souverain pontifical, qu’il exerçait depuis trois mois, et mil à sa place Jésus, fils de Damaeas. »

Eusèbe de Césarée, Histoire Ecclésiastique, Livre II, chapitre XXIII.

L'Archevêque Job de Telmessa célébrant la liturgie de saint Jacques en la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky de la rue Daru à Paris

L’Archevêque Job de Telmessa célébrant la liturgie de saint Jacques en la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky de la rue Daru à Paris.

On attribue au saint apôtre Jacques une des épitres catholiques du Nouveau Testament. On place également sous son patronage la divine liturgie de saint Jacques, non qu’elle ait été tout entière rédigée par lui, mais parce qu’elle a été la liturgie primitive de l’Eglise de Jérusalem. Cette liturgie d’abord en usage à Jérusalem, s’est semble-t-il répandue en Syrie où elle est devenue la liturgie principale à partir du IVème siècle et où elle est toujours utilisée aujourd’hui par l’Eglise syriaque en araméen. Au IVème siècle toujours, elle a également influencé en Egypte la nouvelle rédaction de la liturgie de saint Marc connue depuis sous le nom de liturgie de saint Cyrille.

Au XIIème siècle, la liturgie de saint Marc cessa d’être pratiquée par les patriarcats grecs de Jérusalem et d’Antioche qui adoptèrent alors les divines liturgies en usage à Constantinople (saint Basile, saint Jean Chrysostome et saint Grégoire de Rome). Son usage toutefois ne s’éteignit pas totalement : l’île grecque de Zante (Zakynthos) sur la mer Ionienne continua de la célébrer une fois par an pour la fête du 23 octobre, tandis qu’à Jérusalem, le patriarcat grec repris l’usage de l’utiliser pour le dimanche après Noël. Les études liturgiques du XXème siècle qu’on mena sur ce texte antique suscitèrent un regain d’intérêt et de nombreuses communautés, russes en particulier, ont pris l’usage de célébrer la liturgie de saint Jacques à la fois le 23 octobre et le dimanche après Noël.

Parmi les particularités de cette liturgie, on notera les points suivants : globalement, les textes font substantiellement référence à l’Ancien Testament (normal pour des textes nés au sein de communautés judéo-chrétiennes) avec une insistance toute particulière pour Jérusalem, qualifiée de « sainte et glorieuse Sion, mère de toutes les Eglises » ; l’innovation de la préparation des dons avant la liturgie (la proscomidie, introduite au cours des siècles pour des raisons essentiellement pratiques) y est demeurée inconnue et de ce fait la fraction du pain continue logiquement à être pratiquée après l’anaphore ; conformément à l’héritage de la liturgie synagogale, la liturgie des catéchumènes continue à se dérouler sur une estrade, le béma (« chœur ») placée au centre de la nef, au milieu des fidèles, et non dans le sanctuaire, le célébrant n’entrant dans celui-ci qu’à l’offertoire après une « prière du voile » ; La liturgie des catéchumènes comprend une prophétie de l’Ancien Testament, suivie bizarrement de celle de l’évangile puis de l’épître (ordre unique dans toutes les liturgies chrétiennes où l’évangile termine usuellement le cycle des leçons, mais on suit ici en définitive un ordre chronologique), chaque lecture est précédée et suivie du chant d’un triple alleluia sans verset ; après le récit de l’Institution et l’Epiclèse, l’anaphore eucharistique se termine par une très longue série de commémoraisons ou diptyques ; la communion au Corps & au Sang du Christ est toujours distribuée de façon séparée et non simultanément. La durée totale de cette liturgie est notablement plus longue que celle de saint Jean Chrysostome et même de saint Basile (encore que les éditions modernes ont eu tendance à simplifier les textes transmis par les manuscrits). Une très intéressante édition pratique slavon-français du texte de cette liturgie a été éditée par le Père Alexandre Siniakov, supérieur du Séminaire russe d’Epinay-sous-Sénart en 2003. On trouvera aussi en ligne une édition grecque et une en slavon.

Vidéo de la divine liturgie de saint Jacques célébrée en grec :

Vidéo de la divine liturgie de saint Jacques célébrée en slavon :

Extraits de la liturgie de saint Jacques célébrée à Saint-Pétersbourg en 2016 :

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Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de l’Apôtre. Kondakion : du dimanche.
A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de l’Apôtre. Kondakion : de l’Apôtre.

Béatitudes, ton 5. Tropaires des Béatitudes : six tropaires du ton dominical & quatre tropaires de la 3ème ode du canon de l’Apôtre, œuvre de saint Théophane le Marqué, l’Hymnographe, métropolite de Nicée (c. 778 † 845) :
1. Le bon Larron sur la croix * eut foi en ta divinité, ô Christ ; * il te confessa d’un cœur sincère en s’écriant : ** De moi, Seigneur, en ton royaume souviens-toi.
2. Sur le bois de la croix * pour nous les hommes tu fis fleurir la vie * et se flétrir la malédiction de l’arbre défendu : ** Sauveur & Créateur, nous te chantons d’un même chœur.
3. Par ta mort, ô Christ, * tu as brisé la force de la mort, * ressuscitant tous les morts depuis Adam, ** qui te chantent comme vrai Dieu & Sauveur du genre humain.
4. Venues à ton sépulchre, Sauveur, * les saintes Femmes te cherchaient * pour embaumer la Source de vie, ** mais un Ange leur apparut pour leur dire : Il est ressuscité, le Seigneur !
5. O Christ, lorsque tu fus crucifié * au milieu de deux larrons, * l’un fut justement condamné pour t’avoir insulté, ** l’autre par sa confession devint l’hôte du Paradis.
6. Devant le chœur des Apôtres, * les saintes Femmes s’écriaient : * Le Christ est vraiment ressuscité, ** adorons en lui notre Maître & Créateur.
7. A ton sujet se réjouit * en ce jour la tribu de Juda, * car elle te voit resplendissant * de la lumière du Christ.
8. L’Eglise des nations, * t’ayant pour astre divinement allumé * et pour divin prédicateur, * rayonne de divine splendeur.
9. Pour l’Eglise du Christ * tu promulguas la loi de vie, * toi qui parlais et légiférais * dans l’Esprit vivifiant.
10. Celui que le Père fait briller * et qu’en la chair tu enfantas, * Vierge Mère immaculée, * Jacques le prêcha comme Dieu de l’univers.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 5 : Les vertus angéliques sur ton tombeau, * les gardes pétrifiés de crainte, * Marie près de ton sépulcre cherchait ton corps très pur ; * Toi, Tu captives l’enfer sans être séduit. * Tu vas à la rencontre de la Vierge, ** Tu donnes la Vie, ô Ressuscité des morts, gloire à toi !
2. Tropaire de l’Apôtre, ton 2 : Comme disciple du Seigneur, tu as accueilli l’Evangile, ô juste ; * comme martyr tu possèdes ce qui est indescriptible, * la hardiesse, comme frère de Dieu, * et l’intercession, comme évêque. ** Prie le Christ Dieu de sauver nos âmes.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion de l’Apôtre, ton 4 : L’unique fils du Père, Dieu le Verbe, * venu vers nous dans les temps derniers, a fait de toi, ô divin Jacques, * le premier pasteur et maître des habitants de Jérusalem * et le fidèle bâtisseur des mystères spirituels : ** aussi te vénérons-nous tous, ô Apôtre.
7. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
8. Kondakion du dimanche, ton 5 : Tu es descendu aux enfers, ô mon Sauveur, * tu as brisé leurs portes, toi le Tout- puissant, * et avec toi tu as ressuscité les morts, ô Créateur ; * tu as brisé l’aiguillon de la mort * et Adam a été délivré de la malédiction, ô Ami des hommes. ** Aussi te clamons-nous : Seigneur, sauve-nous.

Prokimen
Du dimanche, ton 5 :
R/. Toi, Seigneur, tu nous prends en garde, tu nous protèges d’une telle engeance, à jamais (Psaume 11, 8).
V/. Sauve-moi, Seigneur, il n’est plus de saints (Psaume 11, 2).
[De l’Apôtre, ton 8 :
R/. Par toute la terre a retenti leur message, & leur parole jusqu’aux limites du monde (Psaume 18, 5).]

Epîtres
Du dimanche : Galates (§ 215) VI, 11-18.
Pour moi, à Dieu ne plaise que je me glorifie en autre chose qu’en la croix de notre Seigneur Jésus-Christ, par qui le monde est mort et crucifié pour moi, comme je suis mort crucifié pour le monde !
[De l’Apôtres : Galates (§ 200) I, 11-19.
Ainsi trois ans s’étant écoulés, je retournai à Jérusalem pour visiter Pierre ; et je demeurai quinze jours avec lui ; et je ne vis aucun des autres apôtres, sinon Jacques, frère du Seigneur.]

Alleluia
Du dimanche, ton 5 :
V/. Ton amour, Seigneur, à jamais je le chante, d’âge en âge ma parole annonce ta fidélité (Psaume 88, 2).
V/. Car j’ai dit : l’amour est bâti à jamais, aux cieux tu as fondé ta fidélité (Psaume 88, 3).
[De l’Apôtre, ton 1 :
V/. Les cieux rendent grâce pour tes merveilles, Seigneur, pour ta fidélité, dans l’assemblée des saints (Psaume 88, 6).]

Evangiles
Du dimanche : Luc (§ 83) XVI, 19-31.
Abraham lui répondit : S’ils n’écoutent ni Moïse, ni les prophètes, ils ne croiront pas non plus, quand même quelqu’un des morts ressusciterait.
[De l’Apôtre : Matthieu (§ 56) XIII, 54-58.
N’est-ce pas là le fils de ce charpentier ? Sa mère ne s’appelle-t-elle pas Marie ? et ses frères, Jacques, Joseph, Simon et Jude ?]

Hymne à la Mère de Dieu pendant l’anaphore
Il est digne en vérité, ton 5.

Versets de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux (Psaume 148, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.
[De l’Apôtre : R/. Par toute la terre a retenti leur message, & leur parole jusqu’aux limites du monde (Psaume 18, 5).] Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme de la fête de tous les saints

Page de garde d'un martyrologe romainSaint-Eugène, le mercredi 1er novembre 2017, grand’messe en rit romain traditionnel de 11h. Secondes vêpres, salut du Très-Saint Sacrement & vêpres des morts à 17h30 (et non à l’horaire habituel de 17h45).

Catéchisme sur la fête de tous les saints

Aujourd’hui, bien-aimés frères, nous célébrons, dans l’allégresse d’une solennité commune, la fête de tous les Saints. Leur société réjouit les cieux, leur protection console la terre, leur triomphe couronne la sainte Église. Plus la profession de leur foi a été ferme dans les tourments, plus ils ont d’éclat dans la gloire. Car la violence du combat s’augmentant, l’honneur des combattants s’est aussi accru. Les diverses tortures du martyre rehaussent le triomphe, et des souffrances plus affreuses ont procuré de plus délicieuses récompenses. Notre mère l’Église catholique, répandue au loin dans tout l’univers, à qui Jésus-Christ, son chef, apprit par son exemple à ne craindre ni les outrages, ni les croix, ni la mort, s’est de plus en plus fortifiée, non par la résistance, mais par la patience. Pour encourager toutes ces légions d’illustres athlètes, jetés en prison comme des criminels, et pour les animer tous à soutenir le combat avec la même ardeur et un courage égal, elle leur a inspiré la sainte ambition d’un glorieux triomphe.
Sermon de saint Bède le Vénérable, prêtre, IVème leçon des vigiles nocturnes de cette fête, au second nocturne.

IIndes vêpres de la Toussaint suivies du salut du Très-Saint Sacrement et des vêpres des morts. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : Ave verum corpus, du VIème ton – Prose du Très-Saint Sacrement du XIVème siècle, attribuée au pape Innocent VI († 1362)
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Ave Maria, du Ier ton
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Exaudi Christe – extrait des Laudes regiæ – ton de Reims.
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo nancéen – mélodie du Ier ton en usage dans le diocèse de Nancy
  • Chant d’action de grâces : O salutaris hostia sacra – motet au Très-Saint Sacrement, pour les défunts – plain-chant musical de François de La Feillée (Méthode de plain-chant de 1748)

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