Saint-Eugène, le dimanche 26 août 2012, grand’messe en rit romain traditionnel de 11h.
La guérison des 10 lépreux.
“On peut donc, sans absurdité, penser que les lépreux représentent ceux qui, sans avoir la science de la vraie foi, professent en conséquence les doctrines variées de l’erreur. Loin de cacher leur ignorance, ils la produisent au grand jour comme la science suprême et dans des discours pleins de jactance, ils en font étalage. Or, il n’est si fausse doctrine qui ne soit mêlée de quelque vérité. Dans une seule et même discussion ou récit d’un homme, les vérités s’entremêlent sans ordre aux erreurs comme si elles apparaissaient dans la coloration d’un seul corps. Ainsi en va-t-il de la lèpre, elle altère et flétrit les corps humains, mêlant aux teintes vraies des fausses couleurs.” Homélie de saint Augustin, évêque, VIIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.
Procession d’entrée : orgue
Propre grégorien du jour – Kyriale : Missa XI Orbis factor
Saint-Eugène, le dimanche 19 août 2012, grand’messe en rit romain traditionnel de 11h.
Le dimanche du bon Samaritain.
“Mais voici qu’un docteur de la loi se leva pour le mettre à l’épreuve, en disant : ‘Maître, que dois-je faire pour posséder la vie éternelle ?’ » Il me semble que ce docteur de la loi qui voulait mettre le Seigneur à l’épreuve en le questionnant au sujet de la vie éternelle, a pris occasion pour ce faire des paroles mêmes du Seigneur : « Réjouissez-vous de ce que vos noms sont inscrits dans les cieux. » Mais par sa question même il proclama combien est vraie cette parole du Seigneur louant son Père « d’avoir caché cela aux sages et aux savants et de l’avoir révélé aux tout petits.” Homélie de saint Bède le Vénérable, prêtre, IXème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.
Procession d’entrée : orgue
Propre grégorien du jour – Kyriale : Missa XI Orbis factor
Sa Sainteté l’Abouna Paulos, 5ème patriarche & catholicos d’Ethiopie, archevêque successeur de saint Frumence sur le siège métropolitain d’Axoum, Etchegué (c’est-à-dire supérieur de tous les moines éthiopiens) du siège de saint Takle Haymanot a quitté ce monde ce 16 août 2012 à l’âge de 76 ans. Né le 3 novembre 1935, l’Abouna Paulos avait été élu patriarche de l’Eglise Ethiopienne Tewahedo en 1992 dans un contexte difficile : le pouvoir communiste venait d’être renversé et avec lui l’Abouna Mercure, à la solde du régime, avait été déposé.
L’Abouna Paulos eut a relever de nombreux défi pour reconstruire l’Eglise éthiopienne, laquelle avait subi de plein fouet la persécution communiste du Derg et perdu tous ses biens. Il célébra plusieurs funérailles impériales ou réinhumations de victimes du communismes (en dépit de l’hostilité du nouveau gouvernement) :
celles de 60 anciennes personnalités de la cour impériale en 1993,
celles du prince héritier Amha Sélassié en 1997,
celles surtout de l’empereur Haïlé Sélassié en l’an 2000 (le Négus avait initialement été enterré sous le bureau du dictateur communiste Mengistu, afin que celui-ci fasse reposer ses pieds sur celui qu’il avait renversé – le patriarche fit inhumer la dépouille du Négus dans la cathédrale de la Sainte Trinité d’Addis Abeba, cathédrale qu’avait fait bâtir le défunt empereur),
celles de la princesse Tenagnework (fille aînée de l’empereur Haïlé Sélassié) en 2003.
L’Abouna Paulos était apprécié pour sa capacité de médiation dans plusieurs conflits internes en Ethiopie et chez ses voisins immédiats (Erythrée et Sud-Soudan). Néanmoins, ses liens étroits avec le premier ministre Meles Zenawi (tous deux sont originaires de la ville d’Adoua au Tigré) ont suscité plusieurs controverses politiques. Les circonstances exactes de sa mort semblent du reste pour l’heure un peu confuses. Le Saint Synode et les principaux abbés du pays se réuniront dans les prochaines heures pour l’organisation des funérailles de l’Abouna.
Cathédrale de la Sainte-Trinité d’Addis-Abeba – sortie de messe dominicale (août 2011)
Monument funéraire de l’empereur Haïlé-Sélassié dans la cathédrale de la Sainte-Trinité d’Addis-Abeba. L’Abouna Paulos célébra les funérailles du Négus en l’an 2000, lui donnant une sépulture digne après l’humiliante inhumation du Derg. A noter que le sarcophage reprend les motifs ornementaux caractéristiques de l’art antique du royaume d’Axoum.
La Dormition (la mort paisible, tel un sommeil) et l’Assomption (la non corruption du corps et sa montée au ciel) de la Sainte Vierge sont unanimement célébrées dès l’époque patristique dans toutes les Eglises d’Orient & d’Occident. L’Église catholique a considéré que les traditions anciennes sur lesquelles ont été établies la célébration liturgique (outre le fait objectif qu’il n’y a jamais eu mention de reliques du corps de la Vierge Marie qu’une église aurait détenu) étaient conforme au dépôt de la Foi.
A partir du XIXème siècle, des pétitions commencent à affluer à Rome pour que soit officiellement défini le dogme de l’Assomption. De 1854 à 1945, huit millions de fidèles écriront à Rome en ce sens ! Chiffre auquel il faut ajouter les pétitions de 1 332 évêques (représentant 80 % des sièges épiscopaux) et 83 000 prêtres, religieux et religieuses. Face à ces demandes répétées, Pie XII, par l’encyclique Deiparae Virginis, publiée en mai 1946, demande à tous les évêques du monde de se prononcer sur la question. La réponse est quasi unanime : 90 % des évêques y sont favorables. La plupart des 10 % restant s’interrogent sur l’opportunité d’une telle déclaration, seulement six évêques émettant des doutes sur le caractère “révélé” de l’Assomption de Marie. A la suite de ces réponse, le Pape décide de proclamer solennellement le dogme de l’Assomption en 1950 au cours de célébrations magnifiques & grandioses, dont voici ci-dessous quelques photographies d’époque.
Notons que la proclamation dogmatique de l’Assomption reste à ce jour le seul & unique cas où l’infaillibilité pontificale, telle que définie au Concile de Vatican I, a été mise en oeuvre ; infaillibilité assise du reste sur la collégialité : tous les évêques du monde s’étaient prononcés sur la question, & la présence de 800 évêques autour du Pape lors de la proclamation ressemble à s’y méprendre à un concile.
D’une tradition enseignée par la liturgie & professée par les Pères & Docteurs des premiers siècles (dès saint Ephrem au IVème siècle), et paisiblement continuée durant l’histoire de l’Eglise, l’Assomption devint donc dès lors un dogme de foi que doivent tenir les catholiques. C’est un avis tout à fait personnel, mais il est possible que l’apparition croissante au cours du XXème siècle de pseudo-théologies contestataires & modernistes, de plus en plus irrespectueuses de la grande Tradition de l’Eglise, ait joué un rôle dans cette prise de décision du vénérable Pie XII, finalement prophétique…
La proclamation dogmatique ne se fit pas – comme on aurait pu s’y attendre – un 15 août mais le 1er novembre de l’Année Sainte 1950, jour de la Toussaint, situant ainsi Marie dans la communion de tous les saints.
Plus discutable fut la refonte des textes liturgiques de la fête du 15 août qui fut alors décidée. On trouvait que ces textes liturgiques, pourtant vénérables (ils avaient traversés les siècles depuis l’institution de la fête de l’Assomption à Rome par le Pape Théodore (642 † 649), d’origine constantinopolitaine), n’exprimaient pas suffisamment le mystère célébré. A dire vrai, c’était surtout l’évangile de la messe qui étonnait les mentalités contemporaines. En effet, on y chantait Luc 10, 38-42, soit le Christ chez Marthe & Marie. Ce passage pourtant était appliqué à la Sainte Vierge dans l’exégèse patristique et est utilisé également dans les rits byzantin & mozarabe pour la fête du 15 août, il s’agissait donc d’un patrimoine vraiment antique. Quant aux nouvelles pièces du chant liturgique qui furent élaborées en place des anciennes, on peut même noter une régression dans l’affirmation du mystère célébré (comparez ainsi l’antique offertoire : “Assumpta est Maria in cœlum : gaudent Angeli, collaudantes benedicunt Dominum, alleluia” avec le moderne composé en 1950 pour prendre sa place : “Inimitias ponam inter te et mulierem, et semen tuum et semen illius”).
Avant de laisser la place aux belles images des glorieuses cérémonies de 1950, rappelons que l’Assomption de la Vierge réaffirme “le caractère provisoire de notre mort corporelle qui, en style chrétien, prend le nom de sommeil et de dormition” (R.P. Martin Jugie (1878 † 1954), in “La mort et l’Assomption de la Sainte Vierge”, chapitre “Opportunité et avantage de la définition solennelle de la doctrine de l’Assomption”), affirmation non négligeable à notre époque alors que ce développe une civilisation matérialiste qui nie le sens ultime de l’existence humaine.
1er novembre 1950 – Le chœur de Saint-Pierre de Rome durant la messe papale de la proclamation du dogme de l’Assomption de la Sainte Vierge. Le vénérable Pie XII se tient au fond de l’abside de la basilique Saint-Pierre, juste sous le reliquaire de la Chaire, lequel contient les restes de la chaire utilisée par l’Apôtre saint Pierre lorsqu’il enseignait à Rome.
“Le Ier novembre 1950, à l’exceptionnelle cérémonie, le monde catholique entier était en union de pensée avec ceux qui avaient pu venir. Huit cents évêques étaient autour du Souverain Pontife pendant la Messe Papale, offrant dans l’abside de Saint-Pierre le spectacle d’un concile œcuménique.”
Mgr Pfister, Rome éternelle. Arthaud, 1954.
Les noms des 800 évêques présents lors de la proclamation du dogme de l’Assomption ont été gravés sur des grandes tables de marbres qui sont placées sur les portes d’entrée du narthex de la basilique Saint-Pierre. Les pèlerins peuvent toujours les voir.
“Vision vertigineuse prise du chemin de ronde de la coupole. Les proportions gigantesques, comme l’immensité de la foule sont ici manifestes.”
Mgr Pfister, Rome éternelle.
“En ce matin de l’extraordinaire Toussaint de 1950, aucun mouvement de foule n’était possible durant la cérémonie. L’affluence dépassait le demi-million. La plupart avait préféré assister au rite de la définition du dogme à l’extérieur de la basilique. Ceux qui remplissaient l’intérieur, assistèrent à l’entrée du Saint Père et de son cortège, puis à cette Messe dans ce cadre aussi émouvant que grandiose. C’est l’instant si bouleversant de la Consécration. Tous sont à genoux, les Gardes Nobles et les Suisses font en outre le salut militaire.”
Mgr Pfister, Rome éternelle.
Le Pape proclame la définition dogmatique de l’Assomption :
“Nous proclamons, déclarons et définissons que c’est un dogme divinement révélé que Marie, l’Immaculée Mère de Dieu toujours Vierge, à la fin du cours de sa vie terrestre, a été élevée en âme et en corps à la gloire céleste.”
Cette proclamation est faite selon les critères exprimés au Concile de Vatican I de 1870, à savoir ex cathedra, “c’est-à-dire lorsque, remplissant sa charge de pasteur et de docteur de tous les chrétiens, il définit, en vertu de sa suprême autorité apostolique, qu’une doctrine, en matière de foi ou de morale, doit être admise par toute l’Église, jouit par l’assistance divine à lui promise en la personne de saint Pierre, de cette infaillibilité dont le divin Rédempteur a voulu que fût pourvue l’Église, lorsqu’elle définit la doctrine sur la foi ou la morale.” (Saint Concile Vatican I).
Ces vidéos donnent des vues de la cérémonie et de la proclamation dogmatique.
5 novembre 1950. – Le vénérable Pape Pie XII salue S.E. Francis, cardinal Spellman, archevêque de New-York, à l’issue de l’audience spéciale accordée par le Saint Père aux très nombreux membres de la hiérarchie catholique qui ont assisté aux cérémonies solennelles de la proclamation du dogme de l’Assomption.
13 novembre 1950. – Le vénérable Pape Pie XII signe la bulle de la proclamation du dogme de l’Assomption de la Sainte Vierge dans son bureau privé, au Palais Apostolique.
Parmi les nombreux témoignages & souvenirs commémoratifs de la proclamation dogmatique, voici un timbre émis par la Poste Vaticane pour l’occasion.