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La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Henry du Mont – Panis angelicus

Henry du Mont (1610 † 1684), abbé de  Silly, maître de la chapelle du roi Louis XIV, organiste de Saint-Paul & du duc d’Anjou, maître de musique de la Reine.
Panis angelicus
4 voix mixtes (SATB), 2 ou 4 parties de cordes.
2 pages – Sol mineur.

Panis angélicus fit panis hóminum;
Dat panis cœlicus figúris términum;
O res mirábilis: mandúcat Dóminum
Pauper servus et húmilis.
Le pain des Anges devient le pain des hommes ;
Le pain descendu du ciel achève & réalise les figures de l’ancienne
O merveille ! Le Seigneur se fait nourriture
De son pauvre & misérable serviteur.
Te, trina Déitas únaque, póscimus;
Sic nos tu vísita, sicut te cólimus:
Per tuas sémitas duc nos quo téndimus,
Ad lucem quam inhábitas. Amen.
O Dieu trine & unique, nous vous en prions,
Répondez par votre visite aux hommaes de vos fidèles :
Par vos sentiers conduisez-nous là où nous tendons,
A la lumière que vous habitez. Amen.

Ce Panis angelicus – motet au Très-Saint Sacrement – fait partie des Cantica Sacra, recueil de motets qu’Henry du Mont choisit de faire publier chez Robert Ballard en 1652, l’année même où il obtient son premier poste à la Cour auprès du duc d’Anjou, avant de devenir maître de la chapelle du roi Louis XIV en 1663. Ce recueil des Cantica Sacra de 1652, réimprimé en 1662, eut un succès certain et marque une étape majeure dans l’histoire de la musique française : c’est en effet la première fois qu’une basse continue est publiée en France avec des parties vocales, de même, c’est la première fois où l’on imprime dans notre pays de la musique sacrée vocale avec instruments concertants. Les motets des Cantica Sacra de 1652 sont de factures variées, allant d’une à quatre voix, avec ou sans parties de violons.

Ce motet au Très-Saint Sacrement pourra être chanté le jour de la Fête-Dieu et durant son octave, lors d’une communion ou d’un salut du Très-Saint Sacrement pendant l’année.

Ecrites sur un rythme ternaire, les strophes sont divisées en deux parties par un signe de reprise, qui laisse entendre que chacune de ces parties pourrait être chantée d’abord par un quatuor de solistes puis reprises par tous (chœur et éventuellement instruments). Les instruments peuvent doubler les voix, les parties vocales de Cantus et de Tenor se taisent au profit des cordes (violes ou violons) dans une courte phrase de la seconde partie (les parties de Superius et de Bassus du même passage pourraient être attribuées à des solistes). Le motet peut aussi se donner sans instruments, selon la grande souplesse d’interprétation exposée par Henry du Mont lui-même dans son adresse au lecteur au début des Cantica Sacra.

On a ajouté un Amen plagal pour l’exécution liturgique du motet.

Les premières mesures de cette partition :

Henry du Mont - Panis angelicus - Cantica Sacra - 1652.

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Henry du Mont - Panis angelicus - partie du Superius - Cantica Sacra - Edition de 1652.
Henry du Mont – Panis angelicus – partie du Superius – Cantica Sacra –
Edition de 1652.

Programme de la fête de la Très-Sainte Trinité

La Tres-Sainte TriniteSaint-Eugène, le dimanche 11 juin 2017, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

> Catéchisme sur la Trinité.

A l’origine à Rome, comme avait eut lieu la veille la longue messe du Samedi des Quatre-Temps, laquelle commençait à none pour s’achever très tard dans la nuit en raison de toutes les ordinations à faire, il n’y avait pas de messe en ce dimanche (de mêmes qu’aux autres dimanches suivant les samedi des Quatre-Temps) : Dominica vacat – dimanche vacant. Vers le VIIIème siècle cependant, on commença à y célébrer une octave de la Pentecôte (premier dimanche après la Pentecôte). L’institution relativement récente et non universellement reçue de celle-ci fit que la place laissée vide fut aussi utilisée pour y célébrer la messe votive de la Sainte Trinité composée au VIIIème siècle par Alcuin. En 920, Etienne, évêque de Liège, consacra cette pratique en instituant en ce dimanche pour son diocèse la fête de la Trinité et en faisant composer un office complet en l’honneur de ce mystère. La célébration de cette fête se répandit rapidement dans tout l’Occident, en particulier sous l’action des moines clunisiens.

Rome refusa dans un premier temps cet usage, estimant bien moderne l’idée de célébrer liturgiquement un mystère plutôt qu’un évènement historique de l’histoire du Salut. Alexandre II, pape de 1061 à 1073, tout en constatant que la fête est déjà répandue en beaucoup de lieux, déclare dans une de ses Décrétales que “ce n’est pas l’usage de Rome de consacrer un jour particulier à honorer la très sainte Trinité, puisqu’à proprement parler elle est honorée chaque jour” par la répétition de la petite doxologie : Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto, et dans un grand nombre d’autres formules de louange. C’est le pape français Jean XXII qui finalement accepta la fête dans un décret daté de 1334 et l’étendit à toutes les Eglises d’Occident. La fête de Trinité se substitua dès lors au premier dimanche après la Pentecôte (qui fut commémoré à l’office jusqu’en 1960 et dont la messe devait être célébrée un des trois premiers jours de la semaine non empêché par une fête du rite double. Cette messe peut continuer à se dire dans les féries de la semaine qui suit ce dimanche).

La Très-Sainte Trinité par Artus Wolffort MuehlbauerLa fête de la Trinité fut, comme nous le disions, d’une grande popularité un peu partout en Occident dès le XIème – XIIème siècle. Les Anglais & les Dominicains comptent d’ailleurs les dimanches non “après la Pentecôte” mais “après la Trinité”. Dans beaucoup d’usages diocésains, l’hymne des vêpres “O lux beata Trinitas” acquis une telle popularité qu’il fut chantée aux premières & secondes vêpres de tous les dimanches après l’Epiphanie & après la Pentecôte, faisant disparaître deux des sept hymnes d’un cycle qui initialement chantait les sept jours de la création sur les sept vêpres de la semaine (le rit romain ne le fit que pour les premières vêpres du dimanche). Dans le même ordre d’idée, un décret au XVIIIème siècle de la Sacrée Congrégation des Rites étendit pour le rit romain la préface de la Trinité à tous les dimanches après l’Epiphanie & la Pentecôte (on disait auparavant la préface commune ces dimanches-là).

Le choix de faire la célébration du mystère de la Trinité au jour octave de la Pentecôte était toutefois d’une grande cohérence théologique : c’est en effet l’effusion du Saint-Esprit à la Pentecôte qui nous révèle l’amour du Père et du Fils et nous manifeste glorieusement le mystère de la Trinité. Du reste, le rit byzantin a suivi la même intuition, puisqu’il a fini par ajouter à la fête de la Pentecôte la célébration de la Trinité, combinant les deux fêtes en une seule : dans l’office de ce rit, à une couche hymnographique ancienne chantant la Pentecôte on a ajouté une seconde chantant la Trinité. Dans la mentalité des orientaux byzantins, la Pentecôte est bien la fête de la Trinité, et on a fini par consacrer le lundi de Pentecôte plus particulièrement au Saint-Esprit.

Nous avons célébré la venue de l’Esprit sanctificateur, annoncé comme devant venir perfectionner l’œuvre du Fils de Dieu. Nous l’avons adoré et reconnu distinct du Père et du Fils, qui nous l’envoyaient avec la mission de demeurer avec nous. Il s’est manifesté dans des opérations toutes divines qui lui sont propres ; car elles sont l’objet de sa venue. Il est l’âme de la sainte Église, il la maintient dans la vérité que le Fils lui a enseignée. Il est le principe de la sanctification dans nos âmes, où il veut faire sa demeure. En un mot, le mystère de la sainte Trinité est devenu pour nous, non seulement un dogme intimé à notre pensée par la révélation, mais une vérité pratiquement connue de nous par la munificence inouïe des trois divines personnes, adoptés que nous sommes par le Père, frères et cohéritiers du Fils, mus et habités par l’Esprit-Saint.
Dom Guéranger.

Quel Catholique ignore que le Père est vraiment Père, le Fils vraiment Fils, et l’Esprit-Saint vraiment Esprit-Saint ? Ainsi que le Seigneur lui-même l’a dit à ses Apôtres : « Allez, baptisez toutes les nations au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. » C’est là cette Trinité parfaite dans l’unité d’une unique substance, à laquelle nous faisons profession de croire. Car nous n’admettons point en Dieu de division à la manière des substances corporelles ; mais à cause de la puissance de la nature divine qui est immatérielle, nous faisons profession de croire, et à la distinction réelle des personnes que nous nommons, et à l’unité de la nature divine.
Homélie de saint Grégoire de Nazianze, évêque, VIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne..

  • Propre grégorien du jour – Kyriale : Messe VIII – De Angelis
  • Introït – Benedicta sit sancta Trinitas (ton viii.)
  • Kyrie II Fons bonitatis, chanté avec ses tropes médiévaux
  • Graduale – Benedictus es, Domine (ton v.)
  • Alleluia – Benedictus es, Domine Deus (ton viii.)
  • Credo III
  • Et incarnatus de la Missa syllabica de Jean de Bournonville (1585 † 1632), maître de chapelle de la Sainte Chapelle de Paris
  • Offertoire – Benedictus sit Deus Pater (ton iii.)
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Hymne de la fête : O lux beata Trinitas – texte VIIème siècle, avec alternances d’orgue de Guillaume-Gabriel Nivers (1632 † 1714), organiste de Saint Sulpice et des damoiselles de Saint-Cyr – l’orgue figure les versets impairs
  • Après la Consécration : O salutaris de l’Abbé du Gué, maître de chapelle de Saint-Germain-L’Auxerrois (1768 -1780) puis de Notre-Dame de Paris (1780 – 1790) –
    Harmonisation d’Amédée Gastoué (1873 † 1943), maître de chapelle de Saint-Jean-Baptiste-de-Belleville, commandeur de Saint Grégoire le Grand
  • Pendant la communion : Symbole Quicumque, de Saint Athanase (symbole de foi remontant au IVème siècle) – psalmodie du IInd ton, avec faux-bourdon parisien (édition de 1739)
  • Communion – Benedicimus Patrem cœli (ton iv.)
  • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite missa est VIII
  • Après le dernier Evangile : Salve Regina

IIndes vêpres de la fête de la Trinité. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : Panis angelicus, du Ier ton
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Salve Regina, du Ier ton
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Tu es Petrus, du VIIème ton
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo, du IIIème ton
  • Chant d’action de grâces : Benedicta sit sancta Trinitas, du IInd ton

Télécharger le livret de cette messe au format PDF.
Télécharger le livret des secondes vêpres et du salut du Très-Saint Sacrement au format PDF.

*

Cf. aussi : Plain-chant de la Trinité dans le graduel de Nivers (1679)

Programme du dimanche de tous les saints – ton 8

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 11 juin 2017 du calendrier grégorien – 29 mai 2017 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

LE DIMANCHE DE TOUS LES SAINTS
ВСЕХ СВЯТЫХ

Le Ier dimanche après la Pentecôte, le rit byzantin célèbre la fête de tous les saints.

De même que c’est la dédicace du Panthéon en basilique Sainte-Marie-des-Martyrs au VIème siècle qui est à l’origine de la fête de tous les saints dans le rit romain, de même c’est la dédicace de l’église de Tous les Saints par l’empereur Léon VI le Sage (886 † 912) à Constantinople, près de l’église des Douze Apôtres, qui est à l’origine de la fête de ce dimanche dans le rit byzantin. Pour la petite histoire, cette église fut construite par Léon VI le Sage afin d’abriter les reliques de son épouse Théophanô, morte ascète au couvent des Blachernes en odeur de sainteté. Par ses reliques s’accomplissaient des miracles, mais l’empereur répugna à dédier la nouvelle église à sa première épouse.

Le Synaxaire de Nicéphore Calliste Xanthopoulos (XIVème siècle) explique que la fixation de la fête de tous les saints au dimanche qui suit la Pentecôte exprime que l’Esprit-Saint est la source de toute sainteté. Il fait aussi remarquer que le cycle pascal se conclut par cette fête, ayant démarré par le récit de la création et de l’expulsion d’Adam au dimanche de la Tyrophagie ; puis, au travers de la croix, de la passion, de la résurrection, de la descente du Saint-Esprit et de la révélation de la Trinité, le cycle mobile du Triode a exposé le plan d’amour de Dieu pour sauver l’homme : l’économie du salut, laquelle voit sa conclusion naturelle par la sanctification des disciples du Christ.

L’office de tous les saints se combine avec celui du dimanche, ton 8.

Par les prières de ta Mère immaculée et de tous les saints, Christ notre Dieu, aie pitié de nous et sauve-nous, dans ton unique bonté & ton amour pour les hommes. Amen.

Aux heures
A tierce & à sexte : Tropaire du dimanche, ton 8. Gloire au Père. Tropaire de tous les saints. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion de tous les saints.

Tropaires des Béatitudes : 4 tropaires du dimanche, ton 8 & 4 tropaires de la 6ème ode du canon de tous les saints :
1. Souviens-toi de nous, Christ Sauveur du monde, * comme sur la croix tu t’es souvenu du bon Larron, * & rends-nous dignes, seul Seigneur compatissant, ** d’avoir tous notre part en ton royaume, dans les cieux.
2. Adam, écoute, avec Eve, réjouis-toi, * car celui qui jadis vous dépouilla tous les deux * & dont la ruse nous rendit captifs ** est anéanti par la Croix du Christ.
3. Sur l’arbre de la croix, Sauveur, tu acceptas d’être cloué * pour sauver Adam de la malédiction méritée sous l’arbre défendu * et lui rendre la ressemblance à ton image, Dieu de bonté, ** ainsi que le bonheur d’habiter le Paradis.
4. En ce jour le Christ est ressuscité du tombeau, * à tout fidèle accordant l’incorruptible vie ; * aux Myrrophores il donne l’annonce de la joie ** après ses Souffrances & sa divine Résurrection.
5. Comme pierre précieuse & choisie, * comme pierre d’angle en Sion, * les Saints, ô Christ, t’ont découvert * & sur ce roc inébranlable ils ont assis * l’édifice de leurs pierres choisies.
6. Les gouttes de ton sang, ô mon Dieu, * avec l’eau jaillissant de ton côté * ont fait surgir un monde nouveau * & convoqué auprès de toi * la divine assemblée de tous les Saints.
7. Pieusement nous chantons * la divine assemblée des Martyrs * rayonnante de grâce & de splendeur * dans leurs habits de sang vermeil * & la pourpre de leurs rudes combats.
8. Tous ensemble, nous te chantons * comme la Mère de Dieu en vérité : * grâce à toi la nature féminine fut affermie ; * pour le Christ elle a combattu * & s’est illustrée par toutes sortes de vertus.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 8 : Tu es descendu du lieu très-haut, toi qui es compatissant. * Tu as souffert l’ensevelissement durant trois jours, * pour nous libérer des passions. * Notre vie et notre résurrection, Seigneur, gloire à toi !
2. Tropaire de tous les saints, ton 4 : Parée du sang de tes martyrs du monde entier * comme de pourpre et de lin, * ton Église te clame par leur intercession, ô Christ Dieu : * “Étends ta compassion sur tes fidèles ; ** accorde la paix à ton peuple et à nos âmes la grande miséricorde.”
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
4. Kondakion de tous les saints, ton 8 : Comme prémices de la nature, à Toi qui fais pousser la création, * le monde entier t’offre, Seigneur, les martyrs théophores ; * garde ton Église dans une paix profonde, par leurs supplications ** et par les prières de la Mère de Dieu, ô Très- miséricordieux.

Prokimena
Du dimanche, ton 8 :
℟. Rendez hommage et faites offrande au Seigneur notre Dieu. (Psaume 75, 12)
℣. Dieu est connu en Judée, en Israël grand est son nom. (Psaume 75, 1)
De tous les saints, ton 4 :
℟. Dieu est admirable dans ses saints, le Dieu d’Israël. (Psaume 76, 36)

Epître :
Du dimanche de tous les saints : Hébreux (§ 330) XI, 33 – XII, 2..
Puis donc que nous sommes environnés d’une si grande nuée de témoins, dégageons-nous de tout le poids qui nous abat, et des pièges qui nous assiègent, et courons par la patience dans cette carrière qui nous est ouverte.

Alleluia
De tous les saints, ton 4 :
℣. Par la Parole du Seigneur, les cieux ont été affermis, et par l’Esprit de sa bouche, toute leur puissance.
℣. Depuis les cieux, le Seigneur a regardé, il a vu tous les fils des hommes.

Evangile :
Du dimanche de tous les saints :
Matthieu (§ 38) X, 32-33, 37-38 ; XIX, 27-30..
Quiconque donc me confessera et me reconnaîtra devant les hommes, je le reconnaîtrai aussi moi-même devant mon Père qui est dans les cieux.

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux (Psaume 148, 1).
De tous les saints : Réjouissez-vous, justes, dans le Seigneur ; aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1). Alléluia, alléluia, alléluia.

Télécharger le livret des choristes pour ce dimanche.

Charles de Courbes – Beata nobis gaudia

Charles de Courbes (c. 1580 † ap. 1628), esleu & lieutenant particulier, organiste de l’église Saint-Sauveur de Paris.
Beata nobis gaudia – Diui Hylarii Hymnus in Die Penthecostes
4 voix (SATB).
4 pages.

“L’amateur” éclairé que fut le Sieur de Courbes, élu & lieutenant particulier (qui fut néanmoins à la fin de sa vie organiste de l’église Saint-Sauveur de Paris), publie ses compositions chez Pierre Ballard en 1622 : “Cantiques spirituels nouvellement mis en musique à IIII, V, VI, VII et VIII parties”. Une bonne part de cet ouvrage est consacrée à la mise en musique d’hymnes de l’Eglise. Influencées par la chanson française, les hymnes de Charles de Courbes témoignent aussi de l’aspiration générale à plus de clarté dans les compositions musicales liturgiques qui se fait jour après le Concile de Trente.

Charles de Courbes met ici en musique à quatre voix l’hymne de saint Hilaire de Poitiers pour la Pentecôte, hymne de la Pentecôte, chantée aux laudes de cette fête et de son octave dans le rit romain, ou aux vêpres selon l’usage de Paris.

La belle polyphonie ternaire de Charles de Courbes pour cette hymne – à notre avis sa plus belle réalisation – est écrite en ré mineur, en correspondance avec le plain-chant parisien parisien traditionnel du Ier ton.

Pour apporter de la variété en évitant la répétition de la même polyphonie à toutes les strophes, nous proposons aussi un plain-chant ternaire d’après les livres des Bénédictines de Montmartre au XVIIème siècle, dont le rythme et l’allure sont très proches de la polyphonie de Charles de Courbes. A Saint-Eugène, nous utilisons la première strophe de ce plain-chant en guise de refrain, que la foule reprend, et en alternance donc avec la polyphonie de Charles de Courbes.

1. Beáta nobis gáudia
Anni redúxit órbita,
Cum Spíritus Paráclitus
Effúlsit in discípulos.
C’est une bienheureuse joie
Que le cours de l’année nous ramène,
Quand l’Esprit Paraclet
Fulgura sur les disciples.
2. Ignis vibránte lúmine
Linguæ figúram détulit,
Verbis ut essent próflui,
Et caritáte férvidi.
Il répandit de vibrants rais de feu
Sous la forme de langues
Afin qu’ils fussent prodigues en paroles
Et débordants d’amour.
3. Linguis loquúntur ómnium,
Turbæ pavent Gentílium :
Musto madére députant
Quos Spíritus repléverat.
Ils parlent toutes les langues,
Etonnant la foule des Gentils ;
Lesquels croient ivres d’un vin nouveau
Ceux que l’Esprit a remplis.
4. Patráta sunt hæc mystice,
Paschæ perácto témpore,
Sacro diérum número,
Quo lege fit remíssio.
Cela fut accompli
Quand s’acheva le temps de Pâques
Cycle de cinquante jours qui figurent
Mystiquement le jubilé de la Loi.
5. Te nunc Deus piíssime
Vultu precámur cérnuo,
Illápsa nobis cœlitus
Largíre dona Spíritus.
Et maintenant, Dieu très bon,
Nous te prions, en prosternant nos faces,
De nous dispenser les dons de l’Esprit
Que tu répandis depuis les cieux.
6. Dudum sacráta péctora
Tua replésti grátia :
Dimítte nostra crímina,
Et da quiéta témpora.
Tu emplis jadis leurs cœurs
De ta sainte grâce ;
Remets-nous nos crimes
Et donne-nous des temps paisibles.
7. Glória Patri Dómino,
Natóque, qui a mórtuis
Surréxit, ac Paráclito,
In sæculórum sæcula. Amen.
Gloire au Seigneur : au Père
Et au Fils, qui des morts
Est ressuscité, et au Paraclet,
Dans les siècles des siècles. Amen.

Les premières mesures de cette partition :

 
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Guillaume Bouzignac (Attr.) – Beata nobis gaudia / Ignis vibrante lumine – hymne de la Pentecôte

Attribuable à Guillaume Bouzignac (c. 1587 † ap. 1643), maître de chapelle des cathédrales d’Angoulême, de Bourges, de Rodez, de Clermont-Ferrand & de la collégiale Saint-André de Grenoble.
Beata nobis gaudia / Ignis vibrante lumine – alternances polyphoniques de l’hymne de la Pentecôte
5 voix mixtes (SATTB).
4 pages – Ré mineur.

Le manuscrit Deslauriers (Bnf Vma ms 571) contient de très nombreuses compositions musicales du XVIIème siècle, pour la plupart anonymes, seules certaines pièces comportent parfois une brève mention du nom de l’auteur. La critique interne a permis malgré tout d’en attribuer un nombre important à Bouzignac d’une part, et à Boesset de l’autre.

Ce manuscrit comporte plusieurs alternances polyphoniques pour les hymnes de l’office divin. L’unité stylistique de leur écriture et leur conformité avec celle de Bouzignac incline à lui en attribuer la paternité.

C’est le cas pensons-nous de ces très belles alternances pour les strophes paires de l’hymne de la Pentecôte – Beata nobis gaudia – dont le texte fut rédigé au IVème par saint Hilaire de Poitiers. L’écriture est à cinq parties, mais la Quinta pars est probablement une taille soliste qui lance les réponses du chœur, vers par vers, un peu à la manière d’un “canonarque” russe.

La musique de ces alternances polyphoniques est du Ier ton ecclésiastique, aussi complétons-nous les strophes impaires avec un plain-chant parisien pour cet hymne, du Ier ton.

1. Beáta nobis gáudia
Anni redúxit órbita,
Cum Spíritus Paráclitus
Effúlsit in discípulos.
C’est une bienheureuse joie
Que le cours de l’année nous ramène,
Quand l’Esprit Paraclet
Fulgura sur les disciples.
2. Ignis vibránte lúmine
Linguæ figúram détulit,
Verbis ut essent próflui,
Et caritáte férvidi.
Il répandit de vibrants rais de feu
Sous la forme de langues
Afin qu’ils fussent prodigues en paroles
Et débordants d’amour.
3. Linguis loquúntur ómnium,
Turbæ pavent Gentílium :
Musto madére députant
Quos Spíritus repléverat.
Ils parlent toutes les langues,
Etonnant la foule des Gentils ;
Lesquels croient ivres d’un vin nouveau
Ceux que l’Esprit a remplis.
4. Patráta sunt hæc mystice,
Paschæ perácto témpore,
Sacro diérum número,
Quo lege fit remíssio.
Cela fut accompli
Quand s’acheva le temps de Pâques
Cycle de cinquante jours qui figurent
Mystiquement le jubilé de la Loi.
5. Te nunc Deus piíssime
Vultu precámur cérnuo,
Illápsa nobis cœlitus
Largíre dona Spíritus.
Et maintenant, Dieu très bon,
Nous te prions, en prosternant nos faces,
De nous dispenser les dons de l’Esprit
Que tu répandis depuis les cieux.
6. Dudum sacráta péctora
Tua replésti grátia :
Dimítte nostra crímina,
Et da quiéta témpora.
Tu emplis jadis leurs cœurs
De ta sainte grâce ;
Remets-nous nos crimes
Et donne-nous des temps paisibles.
7. Glória Patri Dómino,
Natóque, qui a mórtuis
Surréxit, ac Paráclito,
In sæculórum sæcula. Amen.
Gloire au Seigneur : au Père
Et au Fils, qui des morts
Est ressuscité, et au Paraclet,
Dans les siècles des siècles. Amen.

Les premières mesures de cette partition :

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Ignis vibrante lumine dans le manuscrit Deslauriers.

Rit parisien – Beata nobis gaudia – Hymne de saint Hilaire de Poitiers pour la Pentecôte

In Festo Pentecostes
Ad vesperas, Hymn.


1. Beáta nobis gáudia
Anni redúxit órbita,
Cum Spíritus Paráclitus
Effúlsit in discípulos.
C’est une bienheureuse joie
Que le cours de l’année nous ramène,
Quand l’Esprit Paraclet
Fulgura sur les disciples.
2. Ignis vibránte lúmine
Linguæ figúram détulit,
Verbis ut essent próflui,
Et caritáte férvidi.
Il répandit de vibrants rais de feu
Sous la forme de langues
Afin qu’ils fussent prodigues en paroles
Et débordants d’amour.
3. Linguis loquúntur ómnium,
Turbæ pavent Gentílium :
Musto madére députant
Quos Spíritus repléverat.
Ils parlent toutes les langues,
Etonnant la foule des Gentils ;
Lesquels croient ivres d’un vin nouveau
Ceux que l’Esprit a remplis.
4. Patráta sunt hæc mystice,
Paschæ perácto témpore,
Sacro diérum número,
Quo lege fit remíssio.
Cela fut accompli
Quand s’acheva le temps de Pâques
Cycle de cinquante jours qui figurent
Mystiquement le jubilé de la Loi.
5. Te nunc Deus piíssime
Vultu precámur cérnuo,
Illápsa nobis cœlitus
Largíre dona Spíritus.
Et maintenant, Dieu très bon,
Nous te prions, en prosternant nos faces,
De nous dispenser les dons de l’Esprit
Que tu répandis depuis les cieux.
6. Dudum sacráta péctora
Tua replésti grátia :
Dimítte nostra crímina,
Et da quiéta témpora.
Tu emplis jadis leurs cœurs
De ta sainte grâce ;
Remets-nous nos crimes
Et donne-nous des temps paisibles.
7. Glória Patri Dómino,
Natóque, qui a mórtuis
Surréxit, ac Paráclito,
In sæculórum sæcula. Amen.
Gloire au Seigneur : au Père
Et au Fils, qui des morts
Est ressuscité, et au Paraclet,
Dans les siècles des siècles. Amen.

Source : Antiphonaire de Notre-Dame de Paris (c. 1300) – F-Pn lat. 15181 f°343 r°. – Cantus ID: 008273.

Cette hymne de la Pentecôte est de saint Hilaire de Poitiers, Père de l’Eglise du IVème siècle.

Le Bréviaire de Paris l’emploie pour les Ières et IIndes vêpres de la Pentecôte, ainsi que pour les vêpres de chaque jour de l’octave de la Pentecôte. Les Dominicains l’emploient de même pour les deux vêpres de la Pentecôte, comme l’ancien usage d’York, tandis que ceux de Sarum & de Canterbury ne l’ont qu’aux secondes vêpres.

Le rit romain emploie la même hymne pour l’office du matin, de même que le rit mozarabe (et pour toute l’octave). Cette hymne était employée à l’office nocturne dans l’usage de Worchester, tandis que les Cisterciens la chantent aux complies. L’ancien rit de Bénévent ne l’utilisait que pour le jour octave de la Pentecôte. L’ancien hymnaire des Chartreux ne la connait pas.

Le plain-chant parisien ci-dessus est typiquement français et diffère notablement du chant en usage dans les livres romains ou dominicains. Il est intéressant de noter que c’est ce plain-chant qui est systématiquement utilisé par les compositeurs français du XVIIème siècle :

Charles d’Ambleville (attr.) – Veni Creator Spiritus

Attribuable à Charles d’Ambleville (1588 † 1637), s.j., maître de musique du collège des Jésuites d’Orléans.
Veni Creator Spiritus
4 voix mixtes (SATB).
1 page – Sol mineur.

Veni Creátor Spíritus,
Mentes tuórum vísita,
Imple supérna grátia
Quæ tu creásti péctora.
Viens, Esprit Créateur,
Visite les âmes des tiens,
Emplis de la grâce d’en-haut
Les cœurs que tu as créés.
Qui Paráclitus díceris,
Donum Dei altíssimi,
Fons vivus, ignis, cáritas,
Et spiritális únctio.
Toi qui es dit le Paraclet,
Don du Dieu Très-Haut,
Source vive, feu, amour,
Et spirituelle onction.
Tu septifórmis múnere,
Dextræ Dei tu dígitus,
Tu rite promíssum Patris,
Sermóne ditans gúttura.
Tu es l’Esprit aux sept dons,
Le doigt de la dextre de Dieu,
L’Esprit promis par le Père,
Qui inspire nos paroles.
Accénde lumen sénsibus,
Infúnde amórem córdibus,
Infírma nostri córporis
Virtúte firmans pérpeti.
Allume en nos sens ta lumière,
Déverse ton amour en nos cœurs,
Guéris nos corps
En leur conférant ta force.
Hostem repéllas lóngius,
Pacémque dones prótinus :
Ductóre sic te prævio
Vitémus omne nóxium.
Repousse l’ennemi au loin,
Et donne-nous la paix bien vite ;
Sous ta conduite & ton conseil
Nous éviterons tout danger.
Per te sciámus da Patrem,
Noscámus atque Fílium,
Te utriúsque Spíritum
Credámus omni témpore.
Donne-nous par toi de connaître le Père,
Que nous connaissions aussi le Fils ;
Et qu’en toi, leur commun Esprit
Nous croyions en tout temps.
Doxologie pendant le temps pascal :
Glória Patri Dómino,
Natóque qui a mórtuis
Surréxit, ac Paráclito,
In sæculórum sæcula. Amen.
Gloire au Seigneur : au Père
Et au Fils, qui des morts
Est ressuscité, et au Paraclet,
Dans les siècles des siècles. Amen.
Doxologie hors le temps pascal :
Sit laus Patri cum Fílio,
Sancto simul Paraclito,
Nobisque mittat Fílius
Charísma Sancti Spíritus. Amen.
Louange soit au Père avec le Fils,
De même qu’au Saint-Esprit,
Et que le Fils nous envoie
Les charismes du Saint-Esprit. Amen.

Ce Veni Creator fait partie d’un recueil anonyme publié chez Ballard en 1623 (réimprimé en 1655) : Airs sur les Hymnes sacrez, Odes et Noëls pour chanter au catéchisme, le premier dessus comme étant le sujet sert pour chanter seul. Avec plusieurs excellens faux-bourdons sur les huict tons..

La paternité de cet ouvrage, dont l’édition fut manifestement commissionnée par les Jésuites de Paris, a été attribuée par le musicologue Amédée Gastouée au R.P. Charles d’Ambleville, compositeur de la Compagnie de Jésus, qui publiera des œuvres sous son nom propre en 1634 et 1636, peu de temps avant sa mort survenue en 1637. Cette attribution est plausible mais non démontrée.

Les œuvres de ce recueil de 1623 suivent une écriture bien verticale et non contrapunctique, afin de pouvoir être chantées aisément dans les séances de catéchisme. L’apparente simplicité de l’harmonie présente parfois de difficiles ambitus mélodiques très importants. C’est n’est pas le cas ici pour ce Veni Creator, hymne de la Pentecôte et fameuse prière au Saint-Esprit, écrite comme une pavane de la Renaissance.

L’Amen final manquait dans la partition éditée chez Ballard. Nous en proposons un, sur une simple cadence plagale.

Les premières mesures de cette partition :

 
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Henry du Mont – Veni Creator Spiritus

Henry du Mont (1610 † 1684), abbé de  Silly, maître de la chapelle du roi Louis XIV, organiste de Saint-Paul & du duc d’Anjou, maître de musique de la Reine.
Veni Creator Spiritus
4 voix mixtes (SATB).
8 pages – Si bémol Majeur.

Veni Creátor Spíritus,
Mentes tuórum vísita,
Imple supérna grátia
Quæ tu creásti péctora.
Viens, Esprit Créateur,
Visite les âmes des tiens,
Emplis de la grâce d’en-haut
Les cœurs que tu as créés.
Qui Paráclitus díceris,
Donum Dei altíssimi,
Fons vivus, ignis, cáritas,
Et spiritális únctio.
Toi qui es dit le Paraclet,
Don du Dieu Très-Haut,
Source vive, feu, amour,
Et spirituelle onction.
Tu septifórmis múnere,
Dextræ Dei tu dígitus,
Tu rite promíssum Patris,
Sermóne ditans gúttura.
Tu es l’Esprit aux sept dons,
Le doigt de la dextre de Dieu,
L’Esprit promis par le Père,
Qui inspire nos paroles.
Accénde lumen sénsibus,
Infúnde amórem córdibus,
Infírma nostri córporis
Virtúte firmans pérpeti.
Allume en nos sens ta lumière,
Déverse ton amour en nos cœurs,
Guéris nos corps
En leur conférant ta force.
Hostem repéllas lóngius,
Pacémque dones prótinus :
Ductóre sic te prævio
Vitémus omne nóxium.
Repousse l’ennemi au loin,
Et donne-nous la paix bien vite ;
Sous ta conduite & ton conseil
Nous éviterons tout danger.
Per te sciámus da Patrem,
Noscámus atque Fílium,
Te utriúsque Spíritum
Credámus omni témpore.
Donne-nous par toi de connaître le Père,
Que nous connaissions aussi le Fils ;
Et qu’en toi, leur commun Esprit
Nous croyions en tout temps.
Glória Patri Dómino,
Natóque qui a mórtuis
Surréxit, ac Paráclito,
In sæculórum sæcula. Amen.
Gloire au Seigneur : au Père
Et au Fils, qui des morts
Est ressuscité, et au Paraclet,
Dans les siècles des siècles. Amen.

Ce Veni Creator – hymne à l’Esprit Saint pour la fête de la Pentecôte – fait partie des Cantica Sacra, recueil de motets qu’Henry du Mont choisit de faire publier chez Robert Ballard en 1652, l’année même où il obtient son premier poste à la Cour auprès du duc d’Anjou, avant de devenir maître de la chapelle du roi Louis XIV en 1663. Ce recueil des Cantica Sacra de 1652, réimprimé en 1662, eut un succès certain et marque une étape majeure dans l’histoire de la musique française : c’est en effet la première fois qu’une basse continue est publiée en France avec des parties vocales, de même, c’est la première fois où l’on imprime dans notre pays de la musique sacrée vocale avec instruments concertants. Les motets des Cantica Sacra de 1652 sont de factures variées, allant d’une à quatre voix, avec ou sans parties de violons.

Pour ce Veni Creator, Henry du Mont a choisi d’attribuer les strophes impaires à un chœur mixte à 4 parties, alternant pour les strophes paires avec un dessus soliste, sans parties instrumentales écrites (autre bien sûr que la basse continue). La tonalité qu’il choisit – Si bémol majeur – n’est pas sans rapport avec le plain-chant usuel de l’hymne du Saint-Esprit, au contraire : en transposant le plain-chant du Veni Creator en fa (transposition usuelle), on obtient une parfaite continuité tonale entre la polyphonie de Du Mont et le vieux chant ecclésiastique. De sorte qu’on pourra aussi alterner – à volonté – les strophes d’Henry du Mont avec le plain-chant (nous avons l’habitude à Saint-Eugène de laisser ainsi le peuple chanter les strophes paires en plain-chant, en alternance avec le chœur en polyphonie pour les strophes impaires – l’inverse pourrait également se pratiquer).

Les premières mesures de cette partition :

 
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Henry du Mont – Veni Creator Spiritus – partie du Superius – Cantica Sacra –
Edition de 1652.

Programme du dimanche de la Pentecôte

Saint-Eugène, le dimanche 4 juin 2017, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

Sous le règne des figures, le Seigneur marqua déjà la gloire future du cinquantième jour. Israël avait opéré, sous les auspices de l’agneau de la Pâque, son passage à travers les eaux de la mer Rouge. Sept semaines s’écoulèrent dans ce désert qui devait conduire à la terre promise, et le jour qui suivit les sept semaines fut celui où l’alliance fut scellée entre Dieu et son peuple. La Pentecôte (le cinquantième jour) fut marquée par la promulgation des dix préceptes de la loi divine, et ce grand souvenir resta dans Israël avec la commémoration annuelle d’un tel événement. Mais ainsi que la Pâque, la Pentecôte était prophétique : il devait y avoir une seconde Pentecôte pour tous les peuples, de même qu’une seconde Pâque pour le rachat du genre humain. Au Fils de Dieu, vainqueur de la mort, la Pâque avec tous ses triomphes ; à l’Esprit-Saint, la Pentecôte, qui le voit entrer comme législateur dans le monde placé désormais sous sa loi.

Mais quelle dissemblance entre les deux Pentecôtes ! La première sur les rochers sauvages de l’Arabie, au milieu des éclairs et des tonnerres, intimant une loi gravée sur des tables de pierre ; la seconde en Jérusalem, sur laquelle la malédiction n’a pas éclaté encore, parce qu’elle contient dans son sein jusqu’à cette heure les prémices du peuple nouveau sur lequel doit s’exercer l’empire de l’Esprit d’amour. En cette seconde Pentecôte, le ciel ne s’assombrit pas, on n’entend pas le roulement de la foudre ; les cœurs des hommes ne sont pas glacés d’effroi comme autour du Sinaï ; ils battent sous l’impression du repentir et de la reconnaissance. Un feu divin s’est emparé d’eux, et ce feu embrasera la terre entière. Jésus avait dit : “Je suis venu apporter le feu sur la terre, et quel est mon vœu, sinon de le voir s’éprendre ?” L’heure est venue, et celui qui en Dieu est l’Amour, la flamme éternelle et incréée, descend du ciel pour remplir l’intention miséricordieuse de l’Emmanuel.
Dom Guéranger.

La descente du Saint-Esprit sur les Apôtres au Cénacle étant survenue à la troisième heure du jour, l’heure de Tierce est aujourd’hui célébrée très solennellement. Son hymne usuelle, Nunc Sancte nobis Spiritus est en ce jour remplacée par le chant solennel du Veni Creator. En France, il est de coutume que là où l’on ne peut chanter l’office de Tierce, la grand’messe de la Pentecôte soit précédée du chant public du Veni Creator – en réduction de l’office de Tierce, chant auquel une indulgence plénière est accordée en ce jour aux conditions ordinaires.

> Catéchisme sur la Pentecôte

IIndes vêpres du dimanche de la Pentecôte. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : O salutaris sur le ton de Veni Creator
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Regina cœli, du VIème ton
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Oremus pro Pontifice nostro du VIème ton, pour le Temps pascal.
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo nancéen – mélodie du Ier ton en usage dans le diocèse de Nancy
  • Chant d’action de grâces pascal : Beata nobis gaudia, hymne de la Pentecôte, à laudes – texte de saint Hilaire de Poitiers († 367), père & docteur de l’Eglise – plain-chant d’après Charles de Courbes (1622)

Télécharger le livret de cette messe au format PDF.
Télécharger le livret des secondes vêpres et du salut du Très-Saint Sacrement au format PDF.

La sainte messe sera chantée pendant l’octave de la Pentecôte : du mardi au vendredi à 19h et le samedi (samedi des Quatre-Temps) à 9h30. Pas de messe chantée le lundi en raison du Pèlerinage de Chartres.