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Jean-Baptiste Le Brun des Marettes et ses Voyages liturgiques : un témoin privilégié de la liturgie française d’Ancien Régime

Voyages liturgiques de France par le Sieur de Moléon

Par l’Abbé Jean-Pierre Herman
Professeur de liturgie au Séminaire Saint-Vincent de Paul de l’Institut du Bon Pasteur

Introduction

La publication récente de la traduction anglaise des Voyages liturgiques de France (1718) de Jean-Baptiste Le Brun des Marettes constitue un événement majeur pour les études liturgiques[1]. Cette œuvre, traduite par Gerhard Eger et Zachary Thomas chez Os Justi Press, rend accessible à un public international l’un des témoignages les plus précieux sur la liturgie française d’Ancien Régime.

Le récit de Le Brun des Marettes (1651-1731) offre une perspective unique sur l’état de la liturgie française à la veille des grandes transformations du XVIIIᵉ siècle. Fondé sur des voyages méthodiques dans les cathédrales et abbayes du royaume, ce témoignage révèle la diversité des usages locaux, la continuité avec les traditions médiévales et la richesse esthétique des cérémonies. Dans le contexte tendu du début du XVIIIᵉ siècle, marqué par l’autorité croissante de Rome et la résistance des traditions diocésaines, cette documentation revêt une valeur exceptionnelle.

L’édition moderne, préfacée par l’abbé Claude Barthe, resitue le texte dans les controverses liturgiques de l’époque[2]. La reproduction de cinquante-cinq planches anciennes restitue l’univers visuel de l’époque.

Voyages liturgiques de France par le Sieur de Moléon - début du texte
Début du texte : la ville de Vienne en Dauphiné.

Contexte historique et liturgique

La France du début du XVIIIᵉ siècle présentait une situation liturgique d’une complexité remarquable. Si le concile de Trente avait encouragé l’adoption du Missel romain de saint Pie V (1570), de nombreux diocèses français avaient conservé leurs propres livres liturgiques, hérités du Moyen Âge et défendus par les chapitres cathédraux comme signes d’identité et d’autonomie spirituelle.

Cette diversité témoignait de la vitalité des traditions locales et de l’enracinement séculaire du christianisme français. Chaque diocèse avait développé ses propres particularités rituelles, créant une mosaïque liturgique d’une richesse exceptionnelle. Cette situation reflétait l’esprit gallican caractérisant l’Église de France, soucieuse de préserver ses libertés face aux prétentions centralisatrices romaines.

À partir de la fin du XVIIᵉ siècle, un mouvement de réforme « néo-gallican » entreprit de réviser bréviaires et missels. Le bréviaire de Paris de 1680 et le missel parisien de 1738 devinrent des modèles largement imités[3]. Ces réformes, inspirées par un retour aux sources patristiques et marquées par l’influence janséniste, s’accompagnaient d’innovations controversées : simplification des offices, accent moraliste, affaiblissement de la référence romaine au profit des Pères de l’Église.

C’est dans ce contexte que Le Brun des Marettes entreprit de dresser le tableau de la liturgie française avant que l’uniformisation ne vienne effacer les particularismes locaux. Son entreprise revêt une dimension scientifique et patrimoniale, celle d’un érudit soucieux de préserver la mémoire d’un patrimoine liturgique menacé.

Portrait de l’auteur : formation et convictions

Jean-Baptiste Le Brun des Marettes, sieur de Moléon, naquit à Rouen en 1651 dans une famille d’imprimeurs-relieurs engagée dans les débats religieux de l’époque. Son père, Bonaventure Le Brun, fut condamné aux galères pour avoir publié des ouvrages favorables à Port-Royal, épisode dramatique qui marqua profondément la formation du futur liturgiste.

Recueilli par la communauté de Port-Royal, Jean-Baptiste y reçut une éducation janséniste qui explique l’orientation de son œuvre. Cette formation développa chez lui le goût pour les sources anciennes et la méfiance à l’égard des innovations romaines qui caractériseront ses Voyages liturgiques. Son approche critique des textes et son attention aux témoignages de l’Antiquité chrétienne anticipent sur les développements de la science liturgique moderne.

Malgré ses origines modestes, Le Brun des Marettes noua des relations importantes dans la hiérarchie ecclésiastique française, notamment avec le cardinal Pierre-Armand du Cambout de Coislin, évêque d’Orléans. Il participa activement à la rédaction des nouveaux bréviaires d’Orléans et de Nevers, œuvre de réforme néo-gallicane[4].

Son attachement aux idées jansénistes lui valut la persécution. Embastillé en 1707, il céda aux pressions en 1712 et signa le Formulaire condamnant les propositions jansénistes. Le 19 janvier 1717, il se rétracta publiquement, affirmant avoir signé « forcé par la violence ». Cette rétractation témoigne de la force de ses convictions et éclaire la sincérité de son témoignage liturgique.

Voyages liturgiques de France par le Sieur de Moléon - chanoine de Lyon
Costumes des chanoines de Lyon.

Les Voyages liturgiques : méthode et contenu d’une enquête pionnière

L’entreprise des Voyages liturgiques trouve sa source dans une passion que Le Brun des Marettes exprime dès les premières lignes de sa préface : « Le goût que j’ai toujours eu pour les Rits & les anciens Usages des Églises de France, m’a engagé à faire plusieurs voyages dans les Provinces de France »[5]. Cette déclaration révèle les multiples dimensions de son projet, qui ne relève pas de la simple curiosité d’antiquaire, mais d’une véritable mission scientifique et pastorale au service de l’Église.

Le choix du terme « voyages » situe l’entreprise dans la tradition du voyage savant, pratique courante chez les érudits de l’époque. Mais il s’agit ici d’un voyage d’un genre particulier : non pas la quête de documents inédits dans des bibliothèques lointaines, mais l’observation directe de pratiques vivantes dans leur cadre naturel. Le Brun des Marettes se fait ethnographe avant la lettre, appliquant aux réalités liturgiques contemporaines les méthodes d’observation et de description que d’autres réservaient aux antiquités.

Méthode d’investigation

La méthode de Le Brun des Marettes repose sur deux approches complémentaires. D’une part, l’observation directe des cérémonies : il assiste aux offices, note les particularités rituelles, décrit les ornements et les gestes liturgiques avec la précision d’un témoin oculaire. D’autre part, la consultation systématique des sources écrites : ordinaires, coutumiers, bréviaires anciens conservés dans les sacristies et les bibliothèques capitulaires. Cette combinaison de l’enquête de terrain et de la recherche documentaire confère à son témoignage une valeur exceptionnelle.

L’auteur précise sa démarche : Je me suis attaché principalement à marquer les différens Rits & les pratiques particulières des Églises que j’ai vûes[6]. Cette approche révèle l’originalité de son travail : il ne s’agit pas seulement de décrire, mais d’expliquer, de donner les « raisons litterales » des pratiques observées. Le Brun des Marettes se fait herméneutique de la liturgie, cherchant à décrypter le sens profond des gestes et des formules selon une approche intellectuelle enracinée dans sa formation janséniste.

Chandelier à sept branches du chœur de la primatiale des Gaules à Lyon
Chandelier à sept branches du chœur de la primatiale des Gaules à Lyon.

Réception scientifique et autorité du témoignage

La valeur scientifique des Voyages liturgiques fut rapidement reconnue par les spécialistes. Joseph Andreas Jungmann cite l’ouvrage plus de cinquante fois dans son œuvre principale Missarum Sollemnia, témoignage éloquent de l’autorité que conserve le récit de Le Brun des Marettes près de trois siècles après sa publication[7]. Cette reconnaissance s’explique par la rareté des sources contemporaines sur la liturgie française d’Ancien Régime et par la précision des observations de l’auteur.

Le caractère de témoignage oculaire confère aux Voyages liturgiques une autorité particulière. Cette double perspective, synchronique et diachronique, permet de saisir à la fois l’état de la liturgie française au début du XVIIIᵉ siècle et sa profondeur historique. Pour les liturgistes contemporains, l’œuvre constitue une source de première importance pour comprendre l’évolution de la liturgie occidentale, documentant une période charnière où les traditions médiévales étaient encore vivantes, mais déjà menacées par les mouvements de réforme.

Richesse esthétique et spirituelle de la liturgie française

Le génie de Le Brun des Marettes ne se limite pas à la documentation des usages liturgiques : il transmet l’émotion esthétique et spirituelle des célébrations de son époque. Sa description de la magnificence des églises françaises demeure saisissante : La magnificence des églises de France, la richesse de leurs ornements, la majesté de leurs cérémonies, la gravité de leur chant, tout cela inspire le respect et la dévotion, et élève l’âme à Dieu[8].

Cette évocation révèle une conception de la liturgie qui fait de la beauté sensible un chemin vers la beauté spirituelle. La liturgie française d’Ancien Régime se caractérisait par une splendeur héritée du Moyen Âge : chœurs sculptés, stalles gothiques, ornements précieux, cérémonial solennel réglé par des siècles de tradition.

Cette recherche de la beauté liturgique procédait d’une théologie incarnée qui voyait dans la création artistique une participation à l’œuvre créatrice de Dieu. Cette esthétique sacrée transformait chaque cathédrale en théâtre de la gloire divine, où tous les arts concouraient à l’élévation spirituelle des fidèles.

Le chant liturgique occupait une place particulière. Le Brun des Marettes souligne la « gravité » du chant français, qui le distinguait des innovations italiennes. Cette gravité subordonnait la beauté mélodique à l’expression du texte sacré et à la solennité liturgique. Les maîtrises de cathédrales perpétuaient un art vocal privilégiant la simplicité noble et l’intelligibilité du texte selon l’esprit gallican.

Le maître-autel de la primatiale de Lyon
Le maître-autel de la primatiale de Lyon.

Héritage et actualité d’un témoignage irremplaçable

L’œuvre de Jean-Baptiste Le Brun des Marettes transcende largement les circonstances de sa composition pour s’imposer comme un témoignage majeur sur l’une des périodes les plus riches de l’histoire liturgique française. Les Voyages liturgiques constituent bien plus qu’un simple document historique : ils offrent une fenêtre unique sur un monde spirituel et culturel dont la disparition représente l’une des ruptures les plus profondes de la civilisation occidentale.

La traduction anglaise récente de cette œuvre revêt une importance particulière dans le contexte actuel de renouveau des études liturgiques. En rendant accessible à un public international une source jusque-là confinée aux bibliothèques spécialisées, cette initiative favorise une approche comparatiste de l’histoire liturgique et replace le cas français dans une perspective européenne plus large.

L’actualité de Le Brun des Marettes tient aussi à la modernité de sa méthode. Son approche combinant observation directe et recherche documentaire, son souci de contextualiser les pratiques observées, sa volonté de dégager le sens profond des gestes liturgiques anticipent sur les méthodes de l’anthropologie religieuse contemporaine. À une époque où la science liturgique redécouvre l’importance de l’approche ethnographique et de l’étude des pratiques vivantes, le témoignage de cet érudit du XVIIIᵉ siècle conserve une valeur méthodologique indéniable.

Face aux débats actuels dans l’Eglise à propos de l’unité liturgique, le témoignage de Le Brun des Marettes rappelle l’importance de la continuité traditionnelle et de l’enracinement local dans la vie spirituelle des communautés chrétiennes. Son plaidoyer implicite pour la diversité liturgique résonne avec les questions soulevées par le Motu proprio Traditionis Custodes de 2021[9].

Par la diversité qu’il décrit, par la fidélité qu’il constate, par la beauté qu’il célèbre, Le Brun des Marettes apparaît comme le témoin privilégié d’un âge d’or de la liturgie occidentale. Son œuvre demeure une référence incontournable pour ceux qui s’intéressent à l’histoire du christianisme français et, plus largement, à l’histoire des liturgies traditionnelles. En ces temps où beaucoup posent la question de l’unité liturgique, son témoignage sur la richesse de la tradition chrétienne conserve une résonance particulière, rappelant que l’unité de la foi peut s’accommoder de la diversité des expressions culturelles et cultuelles.

Bibliographie

Sources primaires

Sources secondaires

Notes sur les Voyages liturgiques de France du Sieur de Moléon

Notes :    (↵ reviens au texte)

  1. Eger G. et Thomas Z. (trad.), Liturgical Travels Through France, Os Justi Press, 2025.
  2. Barthe C., « Préface », dans Liturgical Travels Through France, op. cit., p. XV-XXV.
  3. JOUNEL E., « Le mouvement liturgique français au XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles », dans La Maison-Dieu, n° 95, 1968, p. 96-126.
  4. Gazier A., Histoire générale du mouvement janséniste, Paris, Champion, 1922, t. II, p. 234-256.
  5. Le Brun des Marettes J., Voyages liturgiques de France, Paris, Florentin Delaulne, 1718, Préface, p. iii.
  6. Ibid., p. iv.
  7. Jungmann J.A., Missarum Sollemnia. Explication génétique de la messe romaine, Paris, Aubier, 1951-1954, 3 vol.
  8. Le Brun des Marettes J.B., Voyages liturgiques, op. cit., p. 45.
  9. Pape François, Motu proprio Traditionis Custodes, 16 juillet 2021

Programme du XIXème dimanche après la Pentecôte

19ème dimanche après la Pentecôte - Facit Rex nuptias Filio - Un roi fit les noces de son Fils (Matthieu 22, 1-14)Saint-Eugène, le dimanche 19 octobre 2025, grand’messe en rit romain traditionnel de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

La parabole du festin des noces

Le Royaume des Cieux est donc l’Église des justes : car déjà le Seigneur règne en eux comme dans les cieux : du fait qu’ils soupirent après les choses d’en haut, leur cœur ne recherche rien sur la terre. On peut donc dire : « Le Royaume des Cieux est comparable à un roi qui célébra les noces de son fils. » Votre charité comprend déjà qui est ce Roi, père du Fils Roi. N’est-il pas celui à qui le psalmiste dit : « Dieu, donne au Roi ton jugement, et ta justice au fils du Roi ». « Il célébra les noces de son fils. » Dieu le Père célébra les noces de Dieu son Fils, quand il l’unit à la nature humaine dans le sein de la Vierge ; quand celui qui est Dieu dès avant les siècles, il a voulu le faire devenir homme à la fin des temps. Mais, bien que, normalement, cette union nuptiale se fasse entre deux personnes, qu’il soit banni de nos esprits de croire que la personne du Dieu-homme notre Rédempteur Jésus Christ, soit l’union de deux personnes.
Homélie de saint Grégoire, pape, VIIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

Dimanche des Missions (3ème dimanche d’octobre) : les oraisons pour la propagation de la foi sont ajoutées aux oraisons du XXIIème dimanche après la Pentecôte, sous la même conclusion.

A la sainte messe :

  • Procession d’entrée : Antienne Lauda Jerusalem du Chanoine Noël Darros († 1954), maître de chapelle de Lourdes – versets du psaume 147, psalmodie du Vème ton de l’Oratoire
  • Propre grégorien du jour – Kyriale : Missa XI Orbis factor
  • Credo I
  • Pendant les encensements de l’offertoire : chant du Dirigatur du VIIIème ton – faux-bourdon parisien (d’après l’édition de 1739)
  • A l’élévation : O salutaris sur le ton du récitatif liturgique de la préface – Henri de Villiers
  • Domine salvam fac Galliam – Prière pour la France, faux-bourdon parisien du Vème ton (d’après l’édition de 1739)
  • Ite missa est XI
  • Après le dernier Evangile : Salve Regina
  • Procession de sortie : En ce jour, ô Marie, daigne écouter nos chants

IIndes vêpres du XIXème dimanche après la Pentecôte. Au salut du Très-Saint Sacrement :

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Programme du XIXème dimanche après la Pentecôte – Saint Thomas – ton 2

Saint Thomas apôtre - école russe du XIVème siècle - Musée russe de Saint-PétersbourgParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 19 octobre 2025 du calendrier grégorien, 6 octobre 2025 du calendrier julien, office de matines de la Résurrection à 9h.

Dimanche du ton II de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour l’illustre & saint apôtre Thomas.

Les quatre évangiles citent Thomas parmi la liste des Douze Apôtres, mais seul celui de Jean nous fournis quelques renseignements qui peuvent aider à dessiner sa personnalité. Saint Thomas (ce nom araméen signifie « Jumeau ») était sans doute courageux (ne déclare-t-il pas : « Allons nous aussi & mourrons avec lui », lorsque le Christ annonce son passage en Judée alors que les Juifs de cette province ont résolu de le mettre à mort – Jean 11, 16) & surtout il fait preuve d’un pragmatisme certain (à la dernière Cène, lorsque Jésus annonce : « Quant au lieu où je vais, vous en connaissez le chemin », Thomas l’interrompt : « Seigneur, nous ne savons où tu vas, comment en connaitrions-nous le chemin ? » – Jean 14, 5).

La foi de Thomas - reconnaissance du Christ ressuscité par saint ThomasC’est sans doute en raison de ce pragmatisme que Thomas refuse de croire en la réalité physique de la résurrection s’il ne peut toucher les plaies de Jésus. Le Christ ressuscité lui apparait en lui montrant ses plaies glorifiées et lui disant : « Cesse d’être incrédule mais croyant ». Même si la foi de Thomas fut tardive, sa réponse est une profession de foi d’une vigueur théologique impressionnante : « Mon Seigneur & mon Dieu ». Thomas confesse ainsi solidement la réalité du mystère de l’Incarnation du Verbe, la réalité de l’union hypostatique des deux natures, humaine & divine, dans le Christ.

Après la Pentecôte, rempli de l’Esprit Saint et avec le courage qui le caractérisait déjà, Thomas partit prêcher l’Evangile aux extrémités de la terre.

En compagnie des saints Apôtres Jude Thaddée et Barthélémy, il établit l’Eglise dans la Mésopotamie (où l’on parlait alors l’araméen comme en Palestine). Thaddée & Thomas concentrent leur prédication sur l’Assyrie, assistés par Addaï, l’un des 72 disciples, lequel continue leur travail une fois qu’ils partiront pour l’Arménie & l’Inde, tandis que Thaddée évangélise la Chaldée plus au Sud, assisté par un autre des 72 disciples, Aggaï puis par leur disciple Mari. L’Eglise ainsi fondée dans la Mésopotamie sous domination perse s’intitula l’Eglise de l’Orient (toutes les chrétientés de l’Empire romain étaient en effet pour eux l’Eglise d’Occident, y compris les Byzantins, les Syriaques, les Coptes). Les héritiers de cette Eglise de l’Orient sont les chrétiens appelés de nos jours Assyriens & Chaldéens (sans que ces appellations actuelles ne recoupent des identités ethniques réelles mais une simple distinction entre chrétiens séparés (nestoriens) & catholiques).

Une fois l’Evangile prêché en Mésopotamie & les premières Eglises affermies, Thomas, suivant la route de la soie s’arrête au royaume indo-grec du Ghandara (Pakistan actuel) à la cour du roi Gondopharès Ier, qu’il quitte en 51 pour revenir à Jérusalem. En 52 Thomas s’embarque pour l’Inde du Sud en suivant cette fois la route maritime de la soie. Il séjourne dans l’île de Socotora (Golfe d’Aden), où il établit l’Eglise. Cette antique chrétienté, dépendant du catholicos de l’Eglise de l’Orient dura jusqu’au XIVème siècle avant d’être éradiquée par l’Islam.

Thomas débarque aux Indes à Muziris (l’actuelle Cangranore) sur la côte de Malabar, où vivait une importante communauté juive araménophone, mais sa prédication obtient plus de succès auprès des indiens, et Thomas baptise de nombreux membres de la haute caste et de la famille royale, qui forment alors le noyau de la première communauté chrétienne en Inde. De 52 à 63, Thomas fonde des Églises sur les côtes du Malabar & de Coromandel, ainsi qu’à Ceylan. Ces communautés ont été dénommées depuis « Chrétiens de saint Thomas », leurs Eglises – de tradition araméenne – sont toujours florissantes aujourd’hui dans l’actuel état du Kérala, où la population est devenue de nos jours majoritairement chrétienne. La chrétienté indienne fondée par Thomas (comme les premières chrétienté de Socotora et de Chine) resta longtemps la fille de celle de Mésopotamie, partageant avec elle la même liturgie (l’anaphore d’Addaï et Mari).

Croix du tombeau de saint Thomas à Méliapour (Madras), datée du VIème ou VIIème siècleEn 64, Thomas s’embarque pour la Chine qu’il évangélise jusqu’en 68 avant de revenir aux Indes. Il reçoit la palme du martyre l’an 72 (probablement un 21 décembre selon la tradition malabare locale) dans le petit royaume tamoul de Méliapour (Mylapore, cité actuellement intégrée dans la ville de Madras) sur la côte de Coromandel. Pour avoir converti la femme et le fils du roi, Thomas fut percé de plusieurs lances. Les restes de l’une d’elles furent retrouvés par les Portugais lors de l’ouverture de son tombeau et de la reconnaissance de ses reliques (des os et une fiole de sang) qu’ils firent en 1523. Une croix datée du VIème ou VIIème siècle retrouvée sur son tombeau et comportant une inscription en langue parthe est devenue le symbole des Chrétiens de saint Thomas (des croix de forme similaire et de même époque ont été aussi retrouvées au Kérala).

Frise de Kong Wang Shan - l'Apôtre Thomas portant la croix et un acolyteLa prédication de Thomas au Ghandara et en Chine avait été abondamment contestée par les critiques rationalistes occidentaux à partir de l’époque moderne, celle des Indes paraissait plus certaine en raison de la manifeste ancienneté des chrétientés qui y sont toujours établies. Pourtant, les études archéologiques récentes tendant à confirmer les éléments reçus de la tradition. Le roi Gondopharès Ier du Ghandara avait été prétendu légendaire jusqu’à ce qu’on retrouve des pièces à son effigie en 1834 à Calcutta, puis de nombreuses inscriptions qui ont pu confirmer les dates de règne de ce souverain, compatibles avec le séjour de Thomas. De même, les études récentes d’un groupe sculpté en Chine (la frise de Kong Wang Shan, dans le port de Lianyungang où Thomas aurait pu débarquer) tendent à montrer qu’elles pourraient décrire l’arrivée de Thomas en Chine. D’autres sculptures funéraires de style mésopotamien et manifestement d’inspiration bibliques datées de l’an 86 ont été retrouvées en Chine.

Le corps de saint Thomas repose toujours aux Indes dans son tombeau à Méliapour (Madras, Etat du Tamil Nadu, Inde). En 232 cependant, une translation d’une partie importante de ses reliques avait été faite depuis Méliapour jusqu’à Edesse en Osroène (Mésapotamie), ville qu’il avait évangélisée. Ces reliques furent apportées des Indes par les soins d’un marchant syriaque du nom de Khabin. La pèlerine Egérie qui visita Edesse du 19 au 21 avril 384 note dans son journal de voyage :

Dès notre arrivée, nous nous sommes rendus aussitôt à l’église et au martyrium de saint Thomas. Selon notre habitude, nous avons fait des prières et tout ce que nous avions coutume de faire dans les lieux saints ; nous avons lu aussi quelques textes de saint Thomas. L’église qui est là est immense et très belle, agencée de neuf, de sorte qu’elle est vraiment digne d’être la maison de Dieu.
Itinéraire 19, 2-3.

En 394 (vraisemblablement un 3 juillet), les reliques d’Edesse furent tirée du martyrium primitif décrit par Egérie (manifestement un petit édicule distinct de la cathédrale de la ville dont parle surtout notre pèlerine) pour être solennellement déposées dans une nouvelle et grande église spécialement édifiée pour les recevoir (Chronique d’Edesse 38).

Pierre tombale de saint Thomas, de facture mésopotamienne, conservée à Ortona avec les reliques du crâne de saint ThomasCes reliques d’Edesse quittèrent la ville au cours du Moyen-Age en raison des vicissitudes dues aux invasions perses puis arabes, et furent elles-mêmes divisées : une partie serait conservée dans une église de Mossoul, une autre part (des os du crâne) avait été mise à l’abri des invasions musulmanes dans l’île grecque de Chios, d’où le 6 septembre 1258 des Italiens la transférèrent à Ortona dans les Abruzzes ; la cathédrale Saint-Thomas de cette ville les conserve ainsi qu’une pierre tombale de facture mésopotamienne. Une reconnaissance scientifique de ces reliques a déterminé qu’elles appartenaient à un homme d’environ 1m60, âgé entre 50 et 70 ans, qui avait reçut des coups correspondant à ceux d’une lance.

A matines

Versets du matin, ton 2
1. Tropaire du dimanche, ton 2 : Lorsque tu descendis jusqu’en la mort, * ô Vie immortelle, * l’Enfer fut tué par la splendeur de ta divinité. * Lorsque tu relevas les morts des bas-fonds, * toutes les vertus célestes te clamèrent : ** Donateur de vie, Christ Dieu, gloire à toi ! (deux fois)
2. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
3. Tropaire de l’Apôtre, ton 2 : Tu as été un disciple du Christ * et membre du divin collège des Apôtres. * Faible dans la foi, t’as douté de la Résurrection du Christ, * mais après avoir touché Ses blessures tu as cru à sa très-pure Passion : ** prie-Le à présent, glorieux Thomas, pour qu’Il nous donne sa paix et sa grande miséricorde.
4. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
5. Théotokion du même ton : Ton mystère très glorieux dépasse tout entendement, ô Mère de Dieu : * ta pureté demeurant scellée et ta virginité intacte, * tu t’es fait connaître véritablement Mère, en enfantant le vrai Dieu ; ** prie-le de sauver nos âmes.

Polyeleos.
Mégalinaire : Nous te magnifions, * apôtre du Christ Thomas, * et nous honorons tes souffrances et tes labeurs, * par lesquels tu as peiné **pour l’annonce de l’Évangile du Christ.

Tropaires eulogétaires de la Résurrection, ton 5

Hypakoï du dimanche, ton 2
Après ta passion, ô Christ Dieu, * les femmes venues à ton sépulcre pour embaumer ton corps * virent les anges dans le tombeau * et furent frappés de stupeur ; * car elles entendirent d’eux cette parole : * Le Seigneur est ressuscité, ** en accordant au monde la grande miséricorde.

Prokimen
Du dimanche, ton 2 :
℟. Eveille-toi, Seigneur mon Dieu, selon le précepte que Tu as prescrit, * et l’assemblée des peuples t’entourera (Psaume VII, 7).
℣. Seigneur mon Dieu, en toi j’ai mis mon espérance, sauve-moi. (Psaume VII, 8).

VIIIer évangile de la Résurrection : Jean (§ 64) XX, 11-18.
Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu.

Chant de la Résurrection. Psaume 50. Stichères du Psaume 50, ton 6.

Canon

Canon du dimanche (4 tropaires), œuvre de saint Jean Damascène (676 † 749), de la Croix & de la Résurrection (2 tropaires), de la Mère de Dieu alphabétique (2 tropaires) et de l’Apôtre (6 tropaires), œuvre de saint Théophane le Marqué, l’Hymnographe, métropolite de Nicée (c. 778 † 845), avec l’acrostiche : J’admire, saint Thomas, tes miracles nombreux. Catavasies de la Mère de Dieu, ton 4 (ton grec, tradition de Valaam).

Après la 3ème ode : Kondakion de l’Apôtre, ton 4 : Celui que la grâce divine a comblé, * l’Apôtre du Christ et son fidèle serviteur, * plein de repentir, s’est écrié: * Tu es en vérité ** mon Seigneur et mon Dieu.

Après la 6ème ode : Kondakion du dimanche, ton 2 : Tu es ressuscité du tombeau, tout-puissant Sauveur : * l’enfer, voyant ce prodige, est saisi de stupeur, * & les morts ressuscitent. * A cette vue, la création se réjouit avec toi ; * Adam s’unit à l’allégresse ** et le monde, ô mon Sauveur, te chante pour toujours.

Les Laudes, ton 2

Grande doxologie
Tropaire du dimanche (pair), ton 2

Conclusion des matines

Télécharger le livret des matines de la résurrection du 2nd ton au format PDF
Télécharger le livret des choristes pour les matines de la fête de saint Tikhon d’Amathonte au format PDF

Programme de la fête de sainte Marguerite Marie Alacoque, vierge, & bénédiction du nouveau Cadran de l’Archiconfrérie de la Garde d’Honneur du Sacré Cœur

Sainte Marguerite Marie Alacoque et l'image du Sacré CœurSaint-Eugène, le vendredi 17 octobre 2025, grand’messe de 19h. La messe sera suivie de la bénédiction du nouveau Cadran de l’Archiconfrérie de la Garde d’Honneur du Sacré Cœur de Jésus

Sainte Marguerite Marie Alacoque, à qui le Christ apparut à Paray-le-Monial pour lui montrer l’étendue de la miséricorde de son Sacré Cœur, mourut le 17 octobre 1690. Elle fut canonisée en 1920, et sa fête fut instituée en 1929 au 17 octobre, en son dies natalis. Les textes retenus pour composer sa nouvelle messe furent tout particulièrement heureux.

Marguerite-Marie Alacoque, née d’une famille honorable dans un bourg du diocèse d’Autun, donna dès son enfance des signes de sa sainteté future. Brûlant d’amour pour la Vierge Mère de Dieu et pour l’auguste sacrement de l’Eucharistie, la jeune adolescente voua à Dieu sa virginité. Avant toute chose, elle s’efforce de réaliser dans sa vie l’exercice des vertus chrétiennes. Elle a le plaisir de dépenser des heures dans les prières et dans la méditation sur les choses du ciel. Elle était humble et patiente dans l’adversité. Elle a exercé la pénitence physique. Elle a montré sa charité envers son prochain, en particulier les pauvres. Par tous les moyens dans les limites de son pouvoir, elle s’employa avec diligence à imiter les plus saints exemples laissés par notre divin Rédempteur.
IVème leçon des vigiles nocturnes de cette fête, au second nocturne.

Entrée dans l’Ordre de la Visitation, elle commença aussitôt à resplendir du rayonnement de la vie religieuse. Elle fut gratifiée par Dieu d’un don d’oraison très élevée, d’autres faveurs spirituelles et de visions fréquentes. La plus célèbre fut celle où, tandis qu’elle priait devant le Saint-Sacrement, Jésus se présenta lui-même à sa vue, lui montra, sur sa poitrine ouverte, son Divin Cœur tout embrasé et entouré d’épines et lui ordonna de faire en sorte, en raison d’un tel amour et pour réparer les outrages des hommes ingrats, qu’un culte public fût institué en l’honneur de son Cœur ; il promettait en retour de grandes récompenses puisées dans le trésor céleste. Lorsque, par l’humilité, elle a hésité d’entreprendre une telle tâche, son Sauveur très aimant l’a encouragé. En même temps, il a désigné Claude de La Colombière, un homme de grande sainteté, comme celui qui pourrait la guider et l’aider. Notre Seigneur l’a également conforté avec l’assurance qu’une très grande bénédiction s’étendrait sur l’Eglise grâce au culte de son divin Coeur.
Vème leçon des vigiles nocturnes de cette fête, au second nocturne.

Marguerite s’est ardemment dépensée à accomplir l’ordre du Rédempteur. Vexations, insultes ne lui manquèrent pas de la part de certains qui maintenaient qu’elle faisait l’objet d’aberrations mentales. Elle a non seulement porté ces souffrances patiemment, elle a même tiré profit, s’offrant elle-même dans l’angoisse et les douleurs comme une victime agréable à Dieu, supportant toute ces choses comme un moyen plus sûr de réaliser son but. Très estimée pour la perfection de sa vie religieuse et chaque jour plus unie au céleste Époux par la contemplation des réalités éternelles, elle s’envola vers lui, en la quarante-troisième année de son âge, l’an 1690 de la Rédemption. Elle fut glorifiée par des miracles ; Benoît XV l’inscrivit parmi les saints et Pie XI étendit son Office à l’Église universelle.
VIème leçon des vigiles nocturnes de cette fête, au second nocturne.

A la sainte messe

  • Propre grégorien du jour
  • Kyriale VIII – De Angelis
  • A l’élévation : O salutaris Hostia
  • Au dernier Evangile : Salve Regina
  • Procession jusqu’à l’autel du Sacré Cœur : En, ut superba criminum – hymne des matines de la fête du Sacré Cœur – plain-chant français
  • Invocation au Sacré Cœur : Cor Jesu sacratissimum, miserere nobis – plain-chant français
  • Bénédiction du Cadran
  • Procession de sortie : Dieu de clémence – « Cantique du Vœu national au Sacré Cœur » – texte composé en 1872 par Joannes Blanchon (1819 † 1897), musique révisée par Aloys Kunc (1832 † 1895), maître de chapelle de la cathédrale de Toulouse

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Programme de la solennité de saint Denys, premier évêque de Paris, & ses compagnons Rustique, prêtre, & Eleuthère, diacre, martyrs

saint Denis portant sa tête - Maître de Sir John Fastoff (c. 1430 - 1440), Getty MuseumSaint-Eugène, le dimanche 12 octobre 2025, messe solennelle de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

Saint Denis est le premier évêque de Paris, il mourut martyr avec ses compagnons saint Rustique, prêtre, et saint Eleuthère, diacre.

Selon le texte le plus ancien de sa Passion, mise en forme vers l’an 500, Denys a été envoyé de Rome en Gaule comme évêque missionnaire par le pape saint Clément, troisième successeur de saint Pierre, de 88 à 97. Denys parvient à Paris avec un groupe de disciples évangélisateurs, parmi lesquels on compte saint Rustique, saint Eleuthère, saint Eugène (martyrisé à Deuil-la-Barre) et saint Yon (martyrisé à Chastres-sous-Montlhéry, aujourd’hui Arpajon). A Paris, Denys construit la première cathédrale, prêche la foi véritable aux habitants et les convertit au Christ. Les autorités romaines ne tardent pas à remarquer son action. Soumis à un interrogatoire, Denys et ses compagnons se déclarent chrétiens et sont mis à mort, décapités par le glaive du bourreau. Selon la tradition, les trois saints souffrirent le martyre à Montmartre (= le Mont des Martyrs). Pour empêcher que leurs dépouilles ne soient jetés dans la Seine, une aristocrate romaine encore païenne, Catulla, décide de s’en emparer par la ruse et de les ensevelir dans un champ de sa propriété au Nord de Lutèce. La tombe de saint Denys devint très tôt lieu de pèlerinage et de nombreux chrétiens se firent ensevelir au plus près de celle-ci dès la paix de l’Eglise survenue au IVème siècle sous le règne de Constantin. Sainte Geneviève fit construire vers 520 une première église sur la sépulture de saint Denys, qui devint par la suite l’Abbaye royale de Saint-Denis, lieu de sépulture des rois de France.

Fête double de 1ère classe dans l’archidiocèse de Paris, elle surpasse le XVIIIème dimanche après la Pentecôte, dont on fait mémoire.

A la messe :

IIndes vêpres de la solennité de saint Denys avec mémoire du XVIIIème dimanche après la Pentecôte. Au salut du Très-Saint Sacrement :

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Programme du XVIIIème dimanche après la Pentecôte – saint Cyriaque – ton 1

saint Cyriaque l'anachorèrte - fresque du monastère saint Paul du Mont-Athos datée de 1552Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 12 octobre 2025 du calendrier grégorien – 29 septembre 2025 du calendrier julien, office de matines de la Résurrection à 9h.

Dimanche du ton I de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour notre vénérable Père saint Cyriaque l’Anachorète.

Saint Cyriaque naquit à Corinthe le 9 janvier 448 sous le règne de Théodose II le Jeune, d’un prêtre de cette Eglise nommé Jean et de son épouse Eudoxie. Il fut ordonné lecteur encore enfant par son oncle Pierre, évêque de cette ville. La lecture des Saintes Ecritures éveilla dans son cœur le désir de Dieu. Alors qu’il n’avait pas 18 ans, Cyriaque entendit au cours d’un office ce passage de saint Matthieu :

« Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à soi-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive. » (Matthieu XVI, 24).

Violemment bouleversé, sans même rentrer chez lui, Cyriaque quitte immédiatement Corinthe et s’embarque par le premier navire partant pour la Palestine. Ayant visité les Lieux Saints, il passe quelques mois dans un monastère près de Jérusalem gouverné par un certain Abba Eustorge. Avec la bénédiction de celui-ci, il rejoint le désert de la Grande Laure fondé par saint Euthyme le Grand.

Euthyme lui confère la tonsure monastique et l’envoie dans la laure tenue par son disciple saint Gérasime près du Jourdain.

Notre jeune moine suivait diligemment l’obéissance monastique, priait avec ferveur, dormait peu, jeûnait beaucoup. Cyriaque s’acquittait de sa tâche de cuisinier et progressait si rapidement dans les saintes vertus ascétiques et dans la prière que saint Gérasime le prit en affection et choisit de l’emmener avec lui prier chaque année dans le désert de Rouba, depuis la clôture de la Théophanie jusqu’au dimanche des Palmes. C’est de là que Gérasime eut la révélation du départ pour le ciel de l’âme de Saint Euthyme, et qu’il partit avec Cyriaque pour ensevelir son corps.

Après la mort de saint Gérasime et désormais âgé de 27 ans, Cyriaque rejoignit la laure fondée par saint Euthyme. Il y demeura quelque temps dans la solitude, tout en favorisant la transformation de cette laure en cœnobium. A l’âge de 37 ans, il fut ordonné diacre.

Mais la charité s’étant refroidie parmi les moines, il advint que le monastère fondé par saint Euthyme entra dans des querelles continuelles avec celui qu’avait fondé saint Théoctiste, situé un peu plus bas. Fuyant le scandale et le trouble, Cyriaque partit s’installer dans la laure de saint Chariton à Soukas, où il fut reçu comme simple postulant et traité comme un débutant, ce que notre saint accepta avec grande humilité.

Parvenu à l’âge de 40 ans, il fut ordonné prêtre et prit la charge de skevophylax (sacristain, responsable du trésor & de l’organisation matérielle des offices et des liturgies). Il fut aussi nommé canonarque (c’est-à-dire premier chantre) de sa communauté. Il devait avoir un talent musical certain car il conserva longtemps cette charge. Dans le canon de sa fête, rédigé deux siècles après par saint Etienne le Sabbaïte, il y est décrit comme « chantant harmonieusement dans les vigiles. » Saint Cyriaque dut composer un certain nombre de compositions pour l’office divin, il n’en reste qu’un kondakion de 14 oiki incomplet qui chante la résurrection de Lazare, identifié par le Père S. Pétridès.

Pendant toutes ces années, le bienheureux ne se mit pas une seule fois en colère et le soleil ne le vit jamais prendre sa nourriture. Parvenu à l’âge de 70 ans, il se retira pour vivre en anachorète avec un disciple nommé Jean dans le désert de Natouphas, souffrant là toutes sortes de tourments pour l’amour du Christ et ne se nourrissant que d’oignons sauvages et d’herbes que Dieu, à la prière du saint, avait miraculeusement privés de leur amertume. Comme un grand nombre de fidèles & aussi de moines accouraient de toutes parts vers cette retraite, les uns pour être délivrés d’esprits mauvais, les autres pour entendre une parole de salut, Cyriaque dut, quoique âgé de 90 ans, partir pour des lieux de plus en plus reculés, le dernier d’entre eux s’appelait Sousakim.

Saint Cyriaque dut cependant quitter son désert de Sousakim pour intervenir dans les monastères palestiniens afin d’y affermir la foi des moines qui était alors égarée par les Origénistes. Il reçut aussi une vision de la Vierge Marie qui lui apparut avec saint Jean Baptiste et saint Jean l’Evangéliste : la Vierge refusait d’entrer dans sa cellule car il s’y trouvait un livre contenant les discours hérétiques de Nestorius.

A l’âge de 99 ans, Cyriaque put revenir dans sa solitude de Sousakim, où il vécut seul avec un énorme lion apprivoisé qui veillait sur son petit jardin et le protégeait des brigands. Le lion recevait sa nourriture de la main de saint Cyriaque. Notre saint mourut le 29 septembre 556 à l’âge avancé de 109 ans, après avoir convoqué & béni ses disciples.

La Vie de saint Cyriaque fut rédigée de façon très détaillée par Cyrille de Scythopolis qui fut témoin de plusieurs de ses prophéties et de leur accomplissement. Une traduction française en fut réalisée par le R.P. Festugière, op, et publiée aux Editions du Cerf en 1963.

A matines

Versets du matin, ton 1
1. Tropaire du dimanche, ton 1 : La pierre scellée par les Juifs, * et ton corps très pur gardé par les soldats, * Tu ressuscites le troisième jour, ô Sauveur, * donnant la vie au monde. * C’est pourquoi les vertus célestes te crient, ô Donateur de vie : * « Gloire à ta résurrection, Christ, * Gloire à ton royaume ! ** Gloire à ton économie, seul Ami de l’Homme ! » (deux fois)
2. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
3. Tropaire du vénérable Père, ton 1 : Le désert fut ta cité, dans la chair tu fus un Ange, * tes miracles signalèrent, notre Père Cyriaque théophore ; * par le jeûne, les veilles et l’oraison tu as reçu les charismes du ciel * pour guérir les malades * et les âmes des fidèles qui accourent vers toi. * Gloire à celui qui t’a donné ce pouvoir, * gloire à celui qui t’a couronné, ** gloire à celui qui opère en tous le salut, par tes prières.
4. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
5. Théotokion, même ton : O Vierge, alors que Gabriel t’annonçait : « Réjouis-toi », * à sa voix le Maître de toutes choses s’incarnait en toi, l’Arche sainte, * comme l’avait annoncé le juste David ; * tu es apparue plus vaste que les cieux, * toi qui as porté ton Créateur. * Gloire à celui qui a fait sa demeure en toi, ** gloire à celui qui est sorti de toi, * gloire à celui qui nous a libéré par ton enfantement.

Polyeleos.

Tropaires eulogétaires de la Résurrection, ton 5

Hypakoï du dimanche, ton 1
Par son repentir le larron a ravi le paradis, * et par leurs lamentations les femmes myrrhophores ont annoncé la joie, * car Tu es ressuscité, Christ Dieu, ** en accordant au monde la grande miséricorde.

Prokimen
Du dimanche, ton 1 :
℟. Maintenant Je ressuscite, dit le Seigneur, * Je serai leur salut, Je le resterai fidèlement (Psaume 11, 6).
℣. Loue le Seigneur, ô mon âme ! * Je louerai le Seigneur toute ma vie, je chanterai mon Dieu tant que je serai. (Psaume 11, 7).

VIIer évangile de la Résurrection : Jean (§ 63) XX, 1-10.
Alors donc cet autre disciple qui était arrivé le premier au sépulcre, y entra aussi ; et il vit, et il crut.

Chant de la Résurrection (une fois). Psaume 50. Stichères du Psaume 50, ton 6.

Canon

Canon du dimanche (4 tropaires), œuvre de saint Jean Damascène (676 † 749), de la Croix & de la Résurrection (2 tropaires), de la Mère de Dieu alphabétique (2 tropaires) et du Vénérable Père(6 tropaires), œuvre d’Etienne le Sabbaïte, (725 † 794 ou 807) avec l’acrostiche (à l’exception des théotokia) : Cyriaque, auprès de Dieu sois mon intercesseur.. Joseph. Catavasies de la Mère de Dieu, ton 4 (ton grec, tradition de Valaam).

Après la 3ème ode : Kondakion du vénérable Père, ton 8 : Comme un défenseur puissant et un protecteur, * la sainte laure, qui t’honore sans cesse, célèbre ta mémoire en ce jour. * Mais toi, ayant grande assurance auprès du Seigneur, * préserve-nous des ennemis qui nous assaillent, * afin que nous te chantions : ** réjouis-toi, père trois fois bienheureux.

Après la 6ème ode : Kondakion du dimanche, ton 1 : Ressuscité du tombeau dans la gloire divine, * tu as ressuscité le monde avec toi ; * la nature humaine te chante comme Dieu, * la mort s’évanouit, * Adam jubile, Seigneur, * & Eve, désormais libérée de ses liens, * proclame dans l’allégresse : ** O Christ, c’est toi qui accordes à tous la résurrection.

Les Laudes, ton 1

Grande doxologie
Tropaire du dimanche (pair), ton 1

Conclusion des matines

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Cantilène parisienne de l’épître de la fête de saint Denys, premier évêque de Paris

Si le rit romain – à Rome même – n’utilise que le recto tono sans aucune modulation (sauf pour le point d’interrogation) pour le chant de l’épître par le sous-diacre, les usages en France furent plus variés.

Nous présentons ici la cantilène parisienne traditionnellement en usage dans l’ancien rit parisien. Sa forme très simple, proche du recto tono romain, signale sa grande antiquité. Le chant ne connait que trois modulations :

  • A la médiante, la voix s’abaisse d’une tierce mineure sur la syllabe qui précède le second accent tonique avant la ponctuation.
  • A la cadence finale, la voix s’élève d’une tierce mineure sur le second accent tonique avant le point qui conclut la phrase.
  • La formule finale de la cantilène parisienne comprend un mouvement un peu moins simple : la voix s’abaisse d’une tierce inférieure sur la syllabe qui précède le troisième accent tonique avant le point final, puis, sur la troisième syllabe avant la fin, fait le mouvement sol-la-do pour revenir à la dominante qui conclut le chant.

Comme ces modulations sont très simples, avec un peu de pratique, le sous-diacre n’a réelleemnt pas besoin d’une notation musicale avec des notes sur une portée. Les anciens épistoliers parisiens ont un système pratique beaucoup plus simple : le texte des épîtres est surmonté des signes V – lorsque la voix s’abaisse – et Λ – lorsque la voix s’élève. La formule finale est marquée par un V suivie d’un *.

Nous suivons, pour l’établissement de l’épître de saint Denys selon la cantilène parisienne, les indications données par le Directorium Parisiense de 1656, publié par Martin Sonnet, chanoine de Notre-Dame, sous le pontificat de Jean-François Paul de Gondi, cardinal de Retz (Caput IV De modo cantandi Epistolas, Prophetias et Evangelia).

Cantilène parisienne de l'épître de la fête de saint Denys

Cantilène parisienne de l'épître de la fête de saint Denys

Cantilène parisienne de l'épître de la fête de saint Denys

Vous pouvez télécharger le livret PDF noté à l’attention des sous-diacres qui voudraient employer ce ton parisien de l’épître de la saint Denys.

In diébus illis : Stans Paulus in médio Areopági, ait : Viri Atheniénses, per ómnia quasi superstitiosióres vos vídeo. Prætériens enim et videns simulácra vestra, invéni et aram, in qua scriptum erat : Ignóto Deo.

Quod ergo ignorántes cólitis, hoc ego annúntio vobis. Deus, qui fecit mundum et ómnia, quæ in eo sunt, hic cæli et terræ cum sit Dóminus, non in manufáctis templis hábitat, nec mánibus humánis cólitur índigens áliquo, cum ipse det ómnibus vitam et inspiratiónem et ómnia : fecítque ex uno omne genus hóminum inhabitáre super univérsam fáciem terræ, defíniens statúta témpora et términos habitatiónis eórum, qu.rere Deum, si forte attréctent eum aut invéniant, quamvis non longe sit ab unoquóque nostrum.

In ipso enim vívimus et movémur et su-mus : sicut et quidam vestrórum poëtárum dixérunt : Ipsíus enim et genus sumus.

Genus ergo cum simus Dei, non debémus æstimáre auro aut argénto aut lápidi, sculptúræ artis et cogitatiónis hóminis Divínum esse símile.

Et témpora quidem huius ignorántia despíciens Deus, nunc annúntiat homínibus, ut omnes úbique poeniténtiam agant, eo quod státuit diem, in quo judicatúrus est orbem in æquitáte, in viro, in quo státuit, fidem præbens ómnibus, súscitans eum a mórtuis.

Cum audíssent autem resurrectiónem mortuórum, quidam quidem irridébant, quidam vero dixérunt : Audiámus te de hoc íterum.

Sic Paulus exívit de médio eórum. Quidam vero viri adhæréntes ei, credidérunt : in quibus et Dionýsius Areopagíta, et múlier nómine Dámaris, et álii cum eis.

En ces jours-là : Paul, étant donc au milieu de l’Aréopage, leur dit : « Seigneur Athéniens, il me semble qu’en toutes choses, vous êtes religieux jusqu’à l’excès. Car ayant regardé en passant les statues de vos dieux, j’ai trouvé même un autel sur lequel il est écrit : Au dieu inconnu.

C’est donc ce Dieu que vous adorez sans le connaître, que je vous annonce. Dieu qui a fait le monde et tout ce qui est dans le monde, étant le Seigneur du ciel & de la terre, n’habite point dans les temples bâtis par les hommes. Il n’est point honoré par les ouvrages de la main des hommes, comme s’il avait besoin de ses créatures, lui qui donne à tous la vie, la respiration et toutes choses. Il a fait naître d’un seul toute la race des hommes, et il leur a donné pour demeure toute l’étendue de la terre, ayant marqué l’ordre des saisons et les bornes de l’habitation de chaque peuple, afin qu’ils cherchassent Dieu, et qu’ils tâchassent de le trouver comme avec la main et à tâtons, quoiqu’il ne soit pas loin de chacun de nous. Car c’est en lui que nous avons la vie, le mouvement et l’être ; et comme quelques-uns de vos poètes ont dit : Nous sommes même les enfants et la race de Dieu. Puisque donc nous sommes les enfants et la race de Dieu, nous ne devons pas croire que la divinité soit semblable à de l’or, à de l’argent, ou à de la pierre, dont l’art et l’industrie des hommes ont fait des figures. Mais Dieu, étant en colère contre ces temps d’ignorance, fait maintenant annoncer à tous les hommes et en tous lieux qu’ils fassent pénitence, parce qu’il a arrêté un jour où il doit juger le monde selon la justice, par celui qu’il a destiné à en être le juge, ce dont il a donné à tous les hommes une preuve certaine, en le ressuscitant d’entre les morts. »

Mais lorsqu’ils entendirent parler de la résurrection des morts, quelques-uns s’en moquèrent, et les autres dirent : « Nous t’entendrons une autre fois sur ce point. » Ainsi Paul sortit de leur assemblée. Quelques-uns néanmoins se joignirent à lui, et embrassèrent la foi, entre lesquels fut Denys l’Aréopagite, et une femme nommée Damaris, et d’autres avec eux.

 

Liber Epistolarum ad usum Ecclesiae Metropolitanae Parisiensis Anno MDCCLIII
Epistolier à l’usage de Notre-Dame de Paris, 1753 – les épîtres y sont notées avec les trois symboles traditionnels de la cantilène parisienne de l’épître.

Programme de la fête du Très-Saint Rosaire de la Bienheureuse Vierge Marie

La victoire de Lépante peinte par Paul VéronèseCathédrale Saint-Gervais-&-Saint-Protais de Soissons, le samedi 4 octobre, premières vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 16h. Saint-Eugène, le dimanche 5 octobre 2025, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

Cette fête de Notre-Dame du Très-Saint-Rosaire célèbre l’éclatante victoire navale obtenue le 7 octobre 1571 à Lépante (dans le golfe de Patras, en Grèce) par les armées chrétiennes de la Sainte Ligue, conduite par don Juan d’Autriche, contre les Turcs, pourtant très largement supérieurs en nombre, mais qui subissent une écrasante défaite : les Ottomans perdent plus de 30 000 hommes (sans compter ceux qui sont massacrés à terre par les Grecs révoltés), 192 de leurs vaisseaux sont capturés ou coulés (sur les 273 engagés) contre seulement une douzaine pour les chrétiens. 15 000 forçats chrétiens sont aussi libérés de leurs fers. Il s’agit probablement de la plus importante bataille navale de l’histoire.

Avant la bataille, afin d’implorer la protection céleste sur la flotte, le pape saint Pie V avait ordonné un jubilé solennel, un jeûne et la prière publique du Rosaire.

Le soir de la bataille, le pape va brusquement de son bureau à la fenêtre, où il semble contempler un spectacle. Puis il se retourne et dit aux prélats qui l’entourent : « Allons rendre grâce à Dieu : notre armée est victorieuse ». C’était le 7 octobre un peu avant 5 heures du soir, à l’heure où don Juan, victorieux, s’agenouillait sur le pont de son navire pour remercier Dieu de sa protection. La nouvelle de la victoire ne devait parvenir à Rome que 19 jours plus tard, le 26 octobre, confirmant ainsi la révélation faite au souverain pontife.

En commémoration de la glorieuse victoire de Lépante, Pie V ajoute aux Litanies de la très Sainte Vierge, une invocation supplémentaire : Auxilium christianorum, ora pro nobis – Secours des chrétiens, priez pour nous. Le Pape institue aussi la fête liturgique de Notre-Dame de la Victoire et fait insérer au Martyrologe romain à la date du 7 octobre la mention suivante :

« Mémoire de sainte Marie de la Victoire, que le souverain pontife Pie V ordonna de renouveler chaque année, à cause de l’insigne victoire navale remportée ce jour-là par les chrétiens sur les Turcs, grâce au secours de la Mère de Dieu. »

Grégoire XIII renouvelle en 1573 l’ordonnance de saint Pie V, ajoutant que désormais la fête aura lieu tous les premiers dimanches d’octobre, dans toutes les églises où se trouve un autel ou une chapelle sous l’invocation de Notre-Dame du Saint-Rosaire, et qu’elle portera désormais ce même nom. Répondant à l’instante prière de la Reine Marie-Anne, le pape Clément X étend en 1671 la fête du Saint-Rosaire à toute l’Espagne, sans condition. Clément XI étend en 1716 la fête du Saint-Rosaire à toute l’Eglise, en mémoire de la victoire obtenue en 1715 par Charles VI sur les Turcs, en Hongrie. Le 11 septembre 1887, Léon XIII ordonne de célébrer dans toute l’Eglise, sous le rite de seconde classe, ladite solennité et l’office de Notre-Dame du Rosaire fixé au premier dimanche d’octobre, en sorte que cette fête ne puisse être transférée à un autre jour, si ce n’est en cas d’occurrence d’un office de rite supérieur. La réforme de saint Pie X la fixe au 7 octobre en 1914, mais le 1er dimanche d’octobre reste le jour propre de la solennité externe de la fête.

Guglielmo Caccia (Il Moncalvo), Notre-Dame du Rosaire, circa 1608« Il est un rite pieux selon lequel, contre les dangers que court le monde, on récite l’Ave Maria autant de fois qu’il y a de psaumes de David, en faisant précéder chaque dizaine de l’Oraison dominicale. Avec notre Autorité apostolique, Nous approuvons ce Psautier de la Vierge. Chaque jour, le Rosaire procure des avantages aux chrétiens. » Urbain IV († 1264)
« Le Rosaire est le fouet du démon. » Adrien VI († 1523).
« Le Rosaire est un moyen donné par le Ciel pour apaiser la colère de Dieu. » Grégoire XIII (1573)
« Le Rosaire est un moyen merveilleux pour détruire le péché et recouvrer la grâce de Dieu. » Grégoire XIV († 1591)
« Le Rosaire est le trésor des grâces. » Paul V († 1621)
« Le Rosaire est le remède souverain aux erreurs et aux vices. » Benoît XII († 1730)
« Grande est la force d’une armée qui tient en main non l’épée mais le Rosaire. » Pie IX († 1878)

Ières vêpres de la solennité du Très-Saint Rosaire avec mémoire des secondes vêpres de saint François d’Assise, confesseur, et des premières vêpres du XVIIème dimanche après la Pentecôte, dans la cathédrale de Soissons. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : O sacrum convivium du VIIème ton, tiré du processional de Bayeux & Lisieux de 1830.
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Tota pulchra es Maria, prose du Ier ton.
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Tu es Pastor ovium du Ier ton.
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo du IIIème ton.
  • Chant d’action de grâces : Laudate Dominum – Psaume CXVI du IInd ton, tiré du processional de Bayeux & Lisieux de 1861.

A la sainte messe :

  • Procession d’entrée: Marche en sol majeur – Louis Lefébure-Wély ( 1817 † 1869 ), organiste de Saint-Roch puis de la Madeleine et de Saint-Sulpice
  • Introït – Inclina Domine (ton i.)
  • Kyriale : Missa IX Cum Iubilo – mémoire du XVIIème dimanche après la Pentecôte
  • Epître : Proverbes VIII, 22-24 & 32-35 : Le Seigneur m’a possédée au commencement de ses voies ; avant qu’il créât aucune chose, j’étais dès lors.
  • Graduel – Propter veritatem (ton v.)
  • Alleluia – Solemnitas gloriosæ Virginis Mariæ (ton vii.)
  • Evangile : Luc I, 26-38 : L’ange étant entré où elle était, lui dit : Je vous salue, ô pleine de grâce ! le Seigneur est avec vous : vous êtes bénie entre les femmes.
  • Credo III
  • Offertoire – In me gratia (ton viii.)
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Propter veritatem – offertoire de la Messe du sacre de Charles X par Marie-Louis Cherubini (1760 † 1842), maître de la Chapelle Royale des rois Louis XVIII & Charles X
  • Sanctus
  • Après la Consécration : O salutaris Hostia de la Messe brève « Aux Chapelles » de Charles Gounod (1818 † 1893)
  • Pendant la communion : Fugue de Jean-François d’Andrieu (1682 † 1738), organiste de Saint-Barthélémy et du Roi à Versailles
  • Communion – Florete flores (ton i.)
  • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite missa est XI
  • Au dernier Evangile : Salve Regina
  • Procession de sortie : Reine de France, priez pour nous – cantique d’Aloys Kunc (1832 † 1895), maître de chapelle de la cathédrale de Toulouse & de Notre-Dame-des-Victoires – harmonisation : Nicolas Vardon

IIndes vêpres de la solennité du Très-Saint Rosaire avec mémoire du XVIIème dimanche après la Pentecôte. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : O sacrum convivium du VIIème ton, tiré du processional de Bayeux & Lisieux de 1830.
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Tota pulchra es Maria, prose du Ier ton.
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Tu es Pastor ovium du Ier ton.
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo du IIIème ton.
  • Chant d’action de grâces : Laudate Dominum – Psaume CXVI du IInd ton, tiré du processional de Bayeux & Lisieux de 1861.

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Programme du XVIIème dimanche après la Pentecôte – Saints Phocas & Codrat – ton 8

Saint hiéromartyr PhocasParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 5 octobre 2025 du calendrier grégorien – 22 septembre 2025 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton VIII de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour le saint hiéromartyr Phocas, de la ville de Sinope dans le Pont.

Certains auteurs distinguent trois saints Phocas : saint Phocas d’Antioche (fêté le 5 mars au rit romain), et les deux autres à Sinope : l’un évêque de cette ville au début du IInd siècle (mais les éléments sur ce saint font défaut avant le Xème siècle) et l’autre un simple jardinier de cette même ville sous la persécution de Dioclétien. D’autres auteurs ne font qu’un seul saint des deux de Sinope (la liste des saints du patriarcat de Moscou les distingue, tout en les fêtant à la même date).

Les éléments les plus certains sur la vie de saint Phocas proviennent d’une des homélies pour la fête de ce saint prononcée à la fin du IVème siècle par Astérius évêque d’Amasée (une autre cité de la même province ecclésiastique du Pont-Euxin), dans une église qui possédait une partie des reliques de ce saint.

Saint Phocas était de la ville de Sinope, capitale du Pont (nord de la Turquie actuelle, sur la Mer Noire). Il possédait un jardin situé à l’entrée de l’isthme conduisant à cette ville, dont la production lui permettait de subvenir à ses besoins & de nourrir les pauvres, du reste accueillait-il dans sa maison tous ceux que la Providence lui envoyait. Dénoncé comme disciple de Jésus-Christ, on envoya un détachement militaire se saisir de lui. Arrivant à Sinope, la petite troupe de soldats demanda l’hospitalité à Phocas, ignorant l’identité de leur hôte. Celui-ci les reçut avec sa bonté ordinaire et leur servit un excellent repas. Mis en confiance par le festin, les soldats déclarèrent à leur hôte qu’ils avaient été dépêchés pour arrêter Phocas et le décapiter par surprise, sans autre forme de procès, car il était aimé du peuple. Notre saint leur déclara qu’il connaissait Phocas et qui le leur amènerait le lendemain matin. Tandis que les soldats dormaient dans sa maison, saint Phocas creusa lui-même sa tombe. Au matin, il se présenta aux soldats comme le Phocas qu’ils avaient reçu mission de tuer. Confus et surpris, les militaires furent gênés de devoir exécuter un ordre aussi abject, mais saint Phocas leur assura que la faute d’un tel crime ne retomberait pas sur eux mais sur ceux qui l’avaient commandité. Les soldats, revenus de leur surprise, lui tranchèrent la tête et le déposèrent dans la tombe qu’il s’était creusée.

Cette action héroïque répandit la renommée de saint Phocas au loin. Une église magnifique fut édifiée sur son tombeau, et de nombreux miracles s’y produisirent, des portions de ses reliques furent envoyées dans diverses villes : Amasée mais également à Rome, ainsi que témoigne Astérius d’Amasée :

« Phocas, depuis sa mort, est devenu l’appui & la colonne de l’Eglise ; qu’on vient de tous côtés au lieu de prière dans lequel il a le bonheur de parler ; que le magnifique temple procure de la consolation aux affligés et la santé aux malades ; qu’il est comme un magasin public toujours ouvert aux indigents ; que tous les lieux où il u a une relique du saint sont célèbres par des miracles, & l’objet de la vénération des chrétiens ; que les Romains, dont la capitale possède le cœur du martyr, l’honorent comme saint Pierre & saint Paul ; (…) que les mariniers de la plupart des mers chantent des hymnes à sa gloire ; que souvent le saint les délivre du danger ; qu’ils réservent pour les pauvres une partie de leur pain, & qu’ils l’appellent « la part de Phocas »« 

Phocas est le patron des jardiniers & aussi des marins, ainsi que, nous venons de le voir, l’atteste Astérius d’Amasée (peut-être parce que son nom signifie phoque en grec).

Il n’est pas absolument certain que ce soit le même saint Phocas dont les reliques furent transférées au Vème siècle à Constantinople, ce qui occasionna deux jours de fêtes au cours desquelles saint Jean Chrysostome prononça deux homélies. Dans l’une d’entre elles il qualifie saint Phocas de hiéromartyr (martyr prêtre ou évêque), ce qui ne figure pas dans les renseignements transmis par Astérius d’Amasée, mais fut gardé dans la tradition liturgique byzantine pour le saint fêté le 22 septembre (toutefois, on pourra noter que chez les Pères de l’Eglise, on trouve des personnages qualifiés également de hiéromartyrs qui n’étaient ni prêtre ni évêque). Le calendrier liturgique byzantin fait mémoire de la translation des reliques de saint Phocas le 23 juillet. Les reliques de saint Phocas furent emmenées par les latins de Constantinople à Vienne en Dauphiné.

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Saint Codrat, des 70 apôtres du ChristCe 22 septembre voit aussi la célébration de la mémoire de l’apôtre saint Codrat (ou Quadratus, Quadrat), l’un des 70 disciples du Christ. Son office était en effet originellement célébré le 21 septembre, mais il est perpétuellement reporté au lendemain en raison de la clôture de la fête de l’Exaltation de la sainte Croix.

On ne sait rien de certain sur saint Codrat sinon qu’il fut l’un des 70 disciples du Christ, qu’il avait – aux dires d’Eusèbe de Césarée – le don de prophétie & qu’il reçut la couronne du martyre à Magnésie (en Asie mineure), sous Hadrien (vers l’an 117). Il a parfois été confondu avec un autre saint de ce nom qui fut évêque d’Athènes en 125 et fut martyrisé en 129, lequel adressa une apologie de la religion chrétienne à l’empereur, œuvre hélas perdue.

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche, ton 8. Gloire au Père. Tropaire du hiéromartyr. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche.
A sexte : Tropaire du dimanche, ton 8. Gloire au Père. Tropaire de l’Apôtre. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche.

Tropaires des Béatitudes : 8 tropaires du dimanche, ton 8 :
1. Souviens-toi de nous, Christ Sauveur du monde, * comme sur la croix tu t’es souvenu du bon Larron, * & rends-nous dignes, seul Seigneur compatissant, ** d’avoir tous notre part en ton royaume, dans les cieux.
2. Adam, écoute, avec Eve, réjouis-toi, * car celui qui jadis vous dépouilla tous les deux * & dont la ruse nous rendit captifs ** est anéanti par la Croix du Christ.
3. Sur l’arbre de la croix, Sauveur, tu acceptas d’être cloué * pour sauver Adam de la malédiction méritée sous l’arbre défendu * et lui rendre la ressemblance à ton image, Dieu de bonté, ** ainsi que le bonheur d’habiter le Paradis.
4. En ce jour le Christ est ressuscité du tombeau, * à tout fidèle accordant l’incorruptible vie ; * aux Myrrophores il donne l’annonce de la joie ** après ses Souffrances & sa divine Résurrection.
5. Sages Myrrophores, réjouissez-vous * qui les premières avez vu la Résurrection du Christ * & qui à ses Apôtres avez annoncé ** la restauration du monde entier.
6. Vous les Apôtres, amis du Christ en cette vie * & destinés à partager son trône dans la gloire du ciel, * comme Disciples intercédez auprès de lui ** pour que sans crainte devant son trône nous puissions nous présenter.
7. Unité partageant même trône & Trinité sans commencement, * Etre sans division en qui la gloire est partagée, * Royauté qui par nature précèdes tous les temps, ** sauve les fidèles qui chantent pour toi.
8. Réjouis-toi, vaste demeure de Dieu, * réjouis-toi, arche du nouveau Testament, * réjouis-toi, ciboire qui as renfermé ** pour tous les hommes la manne des cieux.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 8 : Tu es descendu des hauteurs, ô Plein de bonté ! * Tu as accepté l’ensevelissement de trois jours, * afin de nous délivrer de nos passions, ** ô notre Vie et notre Résurrection, Seigneur, gloire à toi !p
2. Tropaire de l’Apôtre, ton 3 : Apôtre saint Codrat, * prie le Dieu de miséricorde * afin que, le pardon de nos péchés, ** il l’accorde à nos âmes.
3. Tropaire du hiéromartyr, ton 4 : Émule des Apôtres dans leur vie, et leur successeur sur leurs trônes, * tu as trouvé dans la pratique des vertus, ô inspiré de Dieu, la voie qui mène à la contemplation. * Aussi, dispensant fidèlement la parole de vérité, * tu as lutté pour la foi jusqu’au sang, * hiéromartyr Phocas, * prie le Christ Dieu ** afin qu’il sauve nos âmes.
4. Kondakion de l’Apôtre, ton 8 : Comme pontife vénérable et martyr très ferme, * l’univers T’offre, Seigneur, Ton apôtre Codrat, * et honore par des chants la mémoire de son combat, * Te demandant sans cesse, *** d’accorder le pardon des péchés à ceux qui le célèbrent, ô Toi plein de bonté.
5. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
6. Kondakion du hiéromartyr, ton 6 : Comme prêtre, tu offrais, ô père, les sacrifices,* et à la fin tu t’es offert toi-même en sacrifice vivant, * rendant un témoignage légitime au Christ Dieu, * fortifié par un Ange et acceptant la mort. * C’est pourquoi tu entends ceux qui te crient : ** viens, Phocas, sois avec nous, et nul ne prévaudra contre nous.
7. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
8. Kondakion du dimanche, ton 8 : Ressuscité du tombeau, Tu as relevé les morts * et ressuscité Adam ; * Eve exulte en ta résurrection ** et les confins du monde célèbrent ** ta résurrection d’entre les morts, ô Très-miséricordieux.

Prokimen
Du dimanche, ton 8 :
℟. Prononcez des vœux et accomplissez-les pour le Seigneur, notre Dieu (Psaume 75, 12).
℣. Dieu est connu en Judée, en Israël son Nom est grand (Psaume 75, 2).
[Du hiéromartyr, ton 7 :
℟. Elle a du prix aux yeux du Seigneur, la mort de ses serviteurs (Psaume 115, 5).]

Epîtres
Du dimanche : 2 Corinthiens (§ 182) VI, 16 – VII, 1.
Car vous êtes le temple du Dieu vivant, comme Dieu dit lui-même : J’habiterai en eux, et je marcherai au milieu d’eux ; je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple.
[Du hiéromartyr : Hébreux (§ 311) IV, 14 – V, 6.]

Alleluia
Du dimanche, ton 8 :
℣. Venez, crions de joie pour le Seigneur, acclamons le Dieu qui nous sauve (Psaume 94, 1).
℣. Allons devant lui en actions de grâces, au son des musiques, acclamons-le (Psaume 94, 2).
[Du hiéromartyr :
℣. Que tes prêtres soient revêtus de justice, et que tes saints tressaillent de joie. (Psaume 131, 9) (Psaume 133, 1)]

Evangiles
Du dimanche : Luc (§ 17) V, 1-11.
Et ayant ramené leurs barques à bord, ils quittèrent tout, et le suivirent.
[Du hiéromartyr : Jean (§ 36) X, 9-16.]

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
Du hiéromartyr : Réjouissez-vous, justes, dans le Seigneur ; aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.

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Fête de la dédicace et vénération des reliques de saint Charles Acutis

Saint Charles AcutisSaint-Eugène, le mercredi 1er octobre 2025, grand’messe de 19h, suivie de la vénération des reliques de saint Charles Acutis.

Saint Charles Acutis (Carlo Acutis) – né au ciel le 12 octobre 2006 à l’âge de 15 ans – a été canonisé par Sa Sainteté le Pape Léon XIV le dimanche 7 septembre 2025.

A la sainte messe

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