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Catéchisme sur la Semaine Sainte

Catéchisme sur la Semaine Sainte en 7 parties :
[ La Grande Semaine | Dimanche des Rameaux | Office des Ténèbres | Jeudi Saint | Vendredi Saint | Samedi Saint | Conclusion ]

Catéchisme sur la Semaine Sainte : la Grande Semaine

Demande. Comment appelle-t-on la semaine qui est immédiatement avant Pâques ?
Réponse. On l’appelle la Semaine Sainte, ou la Grande Semaine.

D. Pourquoi l’appelle-t-on la Semaine Sainte ou la Grande Semaine ?
R. A cause des grands Mystères dont l’Eglise célèbre la mémoire.

Catéchisme de la Semaine Sainte : le Dimanche des Rameaux

D. Quel est le premier Mystère que l’Eglise célèbre cette semaine ?
R. L’Eglise célèbre l’entrée triomphante de Jésus-Christ dans Jérusalem, six jours avant sa mort.
Explication. Le prophète Zacharie avait dit expressément que le Sauveur de Sion viendrait monté sur une ânesse & sur son ânon (ces animaux étaient la monture ordinaire des Juifs) ; pour accomplir la Prophétie, six jours avant sa mort, Jésus-Christ envoya deux de ses disciples dans un village voisin, avec ordre de lui amener une ânesse & un ânon qu’ils trouveraient attachés ensemble : Jésus-Christ fut obéi. Après avoir couvert l’ânon de leurs vêtements, les disciples y firent asseoir le Sauveur, qui marcha ainsi en triomphe depuis la montagne des Oliviers jusqu’au Temple de Jérusalem où il entra.

D. Pourquoi fait-on la bénédiction des Rameaux et la procession en ce jour ?
R. Pour nous faire souvenir des honneurs que les Juifs rendirent à pareil jour à Jésus-Christ.
Explication. Une foule de peuple sortie de Jérusalem et des environs vint avec empressement au-devant de Jésus-Christ. Les uns portaient des branches d’oliviers en leurs mains, les autres se dépouillaient de leurs vêtements & les jetaient dans le chemin où Jésus devait passer, aucun qui ne s’empressa de lui rendre toutes sortes d’honneur : c’est ainsi que le Sauveur entra à Jérusalem, au milieu des cris de joie & de mille acclamations.

D. Quelles étaient les acclamations des Juifs dans le triomphe de Jésus-Christ ?
R. Les Juifs s’écriaient de toutes parts : Louanges au Fils de David : béni soit celui qui vient au nom du Seigneur : Louanges au plus haut des cieux.
Explication. Les Juifs reconnurent alors clairement la divinité de Jésus-Christ : ils l’honoraient comme le Messie et le Libérateur qui leur était promis ; & quelques jours après ce même peuple demanda sa mort à grands cris : voilà un prodige étonnant de contradiction.

D. Pourquoi à la procession le prêtre frappe-t-il trois fois avec la croix à la porte de l’église avant qu’elle s’ouvre ?
R. Pour nous faire souvenir qu’avant Jésus-Christ le ciel était fermé aux hommes, et que c’est par les mérites de sa croix qu’il nous en a ouvert l’entrée.

D. Pourquoi récite-t-on quatre fois la Passion durant la Semaine Sainte ?
R. Pour nous rappeler continuellement les souffrances du Sauveur dont nous devons sans cesse être occupés pendant ce saint temps.

Catéchisme de la Semaine Sainte : l’Office des Ténèbres

D. Pourquoi appelle-t-on Ténèbres les offices du soir des Mercredi, Jeudi & Vendredi Saints ?
R. Parce qu’on chante ces offices durant la nuit & qu’on y éteint successivement toutes les lumières (ce qui figure aussi les ténèbres qu’il y eut sur la terre lors de la mort du Christ).
Explication. Le chœur est éclairé par un chandelier triangulaire portant 15 cierges. Après chaque psaume, on éteint un cierge, ce qui figure l’abandon des disciples (les 11 apôtres et les 3 Marie). Le 15ème et dernier cierge représente le Christ. Après le Benedictus (15ème et dernier psaume de cet office), ce cierge est caché au coin de l’autel puis ramené sur le chandelier, ce qui figure la mort et la résurrection du Sauveur.

D. Que signifie le bruit que le peuple fait à la fin des Ténèbres ?
R. Ce bruit représente le trouble de la nature et le tremblement de terre à la mort du Sauveur.

Catéchisme de la Semaine Sainte : le Jeudi Saint

D. Pourquoi cesse-t-on de sonner les cloches depuis le Jeudi jusqu’au Samedi Saint ?
R. Pour marquer le deuil & la tristesse qu’inspirent à l’Eglise les souffrances & la mort de son époux.

D. Pourquoi l’évêque fait-il en ce jour la bénédiction des saintes huiles ?
R. Parce que les saintes huiles doivent servir au baptême solennel qui se donne le Samedi Saint.
Explication. L’usage ancien de l’Eglise primitive était de bénir les saintes huiles toutes les fois qu’elle administrait le baptême solennel. Quand progressivement on ne baptisa plus les catéchumènes qu’aux vigiles de Pâques & de la Pentecôte, la bénédiction des saintes huiles ne se fit plus qu’une fois par an, ce qui fut fixé très tôt au Jeudi Saint, parce qu’il est consacré à la mémoire de l’institution des principaux sacrements. Pour cette raison aussi procédait-on à l’absoute générale et à la réconciliation des pénitents publics en ce même jour.

D. Quelle est la chose la plus remarquable arrivée le Jeudi Saint ?
R. C’est l’institution du Très-Saint Sacrement de l’Autel.

D. Pourquoi lave-t-on les pieds à douze pauvres ?
R. Pour imiter l’humilité de Jésus-Christ qui lava les pieds à ses Apôtres, & même à Judas.

D. Pourquoi dépouille-t-on & lave-t-on les autels le Jeudi Saint ?
R. Le dépouillement des autels le Jeudi Saint marque le dépouillement de Jésus-Christ de ses vêtements par les soldats romains & son dénuement extrême. La lustration des autels est en quelque sorte pour les rendre dignes de l’Agneau sans tache qui y est immolé, & pour nous apprendre avec quelle pureté nous devons nous approcher de la sainte communion.

D. Pourquoi dans plusieurs diocèses bénit-on des pains azymes (ou sans levain) et du vin, qu’on distribue ensuite au peuple dans l’église ?
R. Pour marquer l’union & la charité qui doit régner parmi les chrétiens, en rappelant le dernier repas ou Cène pris par Jésus-Christ avec ses disciples. Pendant cette cérémonie, on lit le dernier discours de Notre Seigneur à ses Apôtres dans l’évangile de Jean.

D. Pourquoi visite-t-on le Saint Sacrement le soir du Jeudi Saint ou même pendant la nuit ?
R. Pour faire amende honorable à Jésus-Christ de tout ce qu’il a souffert pour nous dans sa passion, & qu’il souffre encore tous les jours dans le Sacrement adorable de son amour.

Catéchisme de la Semaine Sainte : le Vendredi Saint

D. Qu’il y a-t-il de remarquable le Vendredi Saint ?
R. Le saint Sacrifice cesse en ce jour à cause de la tristesse qu’inspire la mort de Jésus-Christ.
Explication. La célébration de l’auguste Mystère de nos autels ne peut qu’imprimer la joie, & ce sentiment est incompatible avec le deuil de l’Eglise sur la mort de son époux. La Messe des Présanctifiés de ce jour est un office de communion (ou Messe sèche) sans la partie proprement sacrificielle de la sainte messe : offertoire, canon & consécration.

D. Pourquoi l’Eglise fait-elle en ce jour des prières pour tous les fidèles, pour les païens & même pour les Juifs ?
R. Pour nous apprendre que le Sauveur est mort pour tous les hommes, & pour lui demander de leur appliquer les mérites de la passion.

D. Pourquoi prêche-t-on la passion le Vendredi Saint ?
R. Pour nous exciter à la pénitence par le récit des souffrances du Sauveur.
Explication. Le Vendredi Saint doit être entièrement consacré à méditer les douleurs de Jésus-Christ. On ne doit pas se contenter d’assister à l’office, à la prédication, de jeûner plus rigoureusement, il faut surtout faire quelque aumône ou d’autres œuvres de charité. Si la Messe des Présanctifiés n’est pas célébrée dans sa paroisse vers les trois heures de l’après-midi, temps où le Sauveur est mort, une pratique bien convenable en ce jour est de faire une visite dans une église ou bien se recueillir à ce moment là, moment bien précieux & bien propre pour pleurer nos péchés qui sont l’unique cause de sa mort.

D. Qu’est-ce qu’on adore en adorant la croix ?
R. On adore Jésus-Christ attaché sur la croix par son amour pour nous.
Explication. On a répété mille fois aux protestants que nous n’adorions que Jésus-Christ sur la croix, & non point la croix elle-même. Ils savent que le mot latin adoratio ne signifie autre chose que salut, révérence, prostration ; malgré ces déclarations authentiques, ils s’obstinent à nous reprocher un culte que nous désavouons. A la vérité nous honorons, nous vénérons la croix avec toute l’antiquité, mais seulement, comme le dit saint Ambroise, à cause de Jésus-Christ qui y est attaché & qui y est mort pour nous.

D. Que faut-il faire en adorant Jésus-Christ sur la croix ?
R. Il faut lui demander pardon des péchés que nous avons commis & qui sont la cause de ses souffrances & de sa mort.

Catéchisme de la Semaine Sainte : le Samedi Saint

D. Quelles sont les principales cérémonies du Samedi Saint ?
R. La bénédiction du feu nouveau, du cierge pascal et des fonts baptismaux.

D. Pourquoi bénit-on le feu nouveau le Samedi Saint ?
R. Pour marquer la résurrection de Jésus-Christ figurée par la lumière.

D. Que représente le cierge pascal ?
R. Le cierge pascal peut être regardé comme l’image du Sauveur ressuscité.
Explication. Au moins dès le temps de l’abbé Rupert, au douzième siècle, on donnait des raisons mystiques du cierge pascal. Cet auteur, Durand & beaucoup d’autres disent que les cinq grains d’encens qu’on y met représentent ou les cinq plaies du Christ, ou les aromates dont son corps fut embaumé, & qu’on allume le cierge pascal pour marquer la résurrection. C’est pourquoi on le fait brûler pendant le temps pascal, parce que le Sauveur était alors sur la terre & apparaissait à ses disciples. On l’éteint à l’Ascension, parce que Jésus-Christ est monté au ciel.

D. Pourquoi fait-on la bénédiction des fonts au Samedi Saint ?
R. Parce qu’anciennement on administrait le baptême solennel aux catéchumènes en cette nuit.

D. Que faut-il faire pendant la bénédiction des fonts baptismaux ?
R. Il faut remercier Dieu de la grâce du baptême & en renouveler les promesses.

Catéchisme de la Semaine Sainte : conclusion

D. Quel fruit doit-on retirer de ce catéchisme ?
R. C’est d’entrer dans l’esprit de l’Eglise pendant cette semaine, & surtout de méditer chaque jour quelques temps sur la Passion de Jésus-Christ.

Catéchisme de la Semaine Sainte, in Abbé Meusy, Catéchisme historique, dogmatique et moral des fêtes principales, Besançon, 1774

Catéchisme sur l’Annonciation

L'Annonciation par Philippe de Champaigne - 1644

Demande.Quelle fête célébrons-nous le 25 mars prochain ?
Réponse. La Fête de l’Annonciation de la sainte Vierge, ou plutôt l’Incarnation de Notre Seigneur annoncée à sa très sainte Mère.

D. Pourquoi appelle-t-on cette fête l’Annonciation de la très sainte Vierge ?
R. Parce que ce fut en ce jour que l’Archange Gabriel annonça à la sainte Vierge qu’elle serait Mère de Dieu.

D. L’Eglise célèbre donc deux fêtes en ce jour ?
R. L’Eglise célèbre l’Incarnation de Jésus-Christ & la Maternité divine de la très sainte Vierge.

D. Comment s’accomplit le mystère de l’Incarnation ?
R. Le mystère de l’Incarnation s’accomplit par l’opération du Saint Esprit.
Explication. L’auguste Vierge que Dieu avait choisie pour être la Mère de son Fils demeurait à Nazareth, attendant comme les autres fidèles la Rédemption d’Israël, & ne sachant point la part qu’elle devait y avoir. L’Ange Gabriel, envoyé de Dieu, entre dans le lieu de sa retraite, & lui dit : Je vous salue, pleine de grâces, le Seigneur est avec vous ; vous êtes bénie au-dessus de toutes les femmes. Marie, troublée à ce discours, songeait, sans proférer une parole, d’où pouvaient venir des éloges qu’elle n’attendait pas. Ne craignez rien, continua l’Ange, vous avez trouvé grâce devant Dieu : vous concevrez, vous mettrez au monde un fils, & vous lui donnerez le nom de Jésus : il sera grand, & il sera appelé le Fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu le placera sur le trône de son père David : il règnera éternellement dans la maison de Jacob, & son règne n’aura point de fin. Marie, entendant l’Ange lui annoncer qu’elle deviendrait mère, rompt le silence qu’elle avait gardé jusqu’alors. Comment ce que vous dites, répond-elle, pourra-t-il s’exécuter ? Je fais profession de virginité, & je suis décidée à demeurer toujours vierge. Rien n’est impossible à Dieu, répond l’Ange, vous deviendrez mère par un miracle : le Saint Esprit descendra en vous, & la vertu du Très-Haut opèrera tout ce que je vous annonce : c’est pourquoi l’Enfant qui naîtra de vous sera le Saint par excellence : il sera appelé & sera en effet le Fils de Dieu. Marie, assurée qu’elle deviendrait mère sans cesser d’être vierge, animée de la foi la plus vive, & pénétrée des sentiments de la plus profonde humilité, répond à l’Ange : Je suis la Servante du Seigneur : je n’ai point d’autres volontés que les siennes : que tout s’accomplisse en moi de la manière que vous me l’avez annoncé. A ces mots, l’Ange se retire ; par l’opération du Saint Esprit un corps humain est formé dans le chaste sein de Marie de son sang virginal ; Dieu crée pour ce corps une âme très parfaite, & le Fils de Dieu s’unit personnellement à ce corps & à cette âme.

D. Pourquoi le Fils de Dieu s’est-il incarné, c’est-à-dire fait homme ?
R. Pour nous délivrer du péché, & de l’enfer, & pour nous sauver.

D. Que devons-nous admirer davantage dans l’Incarnation du Sauveur ?
R. Nous devons admirer l’amour infini de Dieu pour nous.
Explication. Dieu, dit saint Paul, a aimé les hommes jusqu’à leur donner son Fils unique. Ce Fils adorable, égal au Père, a consenti pour nous sauver à s’unir à notre chair ; & l’Esprit Saint, par son opération toute-puissante, a formé le corps dans lequel il a souffert pour expier nos péchés. Dieu seul peut comprendre l’immensité d’un pareil amour. C’est à nous d’admirer, d’adorer, de sentir ce qu’une bonté si inconcevable exige de retour.

D. Le Sauveur dans son Incarnation s’est-il vraiment fait homme comme nous ?
R. Oui, il s’est revêtu de toutes nos infirmités, & n’en a excepté que le péché & l’ignorance.

D. De quelle vertu la sainte Vierge nous donne-t-elle l’exemple dans le mystère de l’Incarnation ?
R. La sainte Vierge nous donne l’exemple du plus parfait amour pour la pureté, d’une humilité profonde, & de la foi la plus vive.

D. Comment la sainte Vierge nous donne-t-elle l’exemple du plus parfait amour pour la pureté ?
R. En renonçant à la dignité de Mère de Dieu, si pour le devenir il eût fallu qu’elle cessât d’être Vierge.

D. Comment la sainte Vierge nous donne-t-elle l’exemple d’une profonde humilité ?
R. En disant qu’elle est l’humble servante du Seigneur, au moment même où elle est déclarée Mère de Jésus-Christ.

D. Comment la sainte Vierge nous donne-t-elle l’exemple d’une foi vive ?
R. En croyant sur la parole de l’Ange une merveille qu’aucune intelligence créée ne comprendra jamais.

D. Que devons-nous faire pour entrer dans l’esprit de cette fête ?
R. Nous devons adorer profondément le Sauveur dans son Incarnation, & le remercier d’un si grand bienfait.

D. Que devons-nous faire encore en ce jour ?
R. Nous devons imiter les vertus dont la sainte Vierge nous donne l’exemple, principalement la pureté.

D. Quel fruit retirerons-nous de ce catéchisme ?
R. Ce sera de faire le jour de l’Incarnation une visite au saint Sacrement pour remercier le Sauveur de ce qu’il s’est fait homme pour nous.

Catéchisme sur l’Annonciation, in Abbé Meusy, Catéchisme historique, dogmatique et moral des fêtes principales, Besançon, 1774

Catéchisme sur la Compassion de Marie

Notre Dame des 7 DouleursDemande. Quelle fête l’Eglise célèbre-t-elle le Vendredi après le dimanche de la Passion ?
Réponse. L’Eglise célèbre la fête de la Compassion de la sainte Vierge.
(Cette fête est plus communément appelée de nos jours fête de Notre Dame des 7 Douleurs).

D. Qu’entendez-vous par la Compassion de la sainte Vierge ?
R. J’entends les douleurs que la sainte Vierge ressentit pendant la passion de Jésus-Christ.

D. Les douleurs de la sainte Vierge pendant la passion furent-elles bien vives ?
R. Ce furent les plus vives douleurs qu’une pure créature ait jamais ressenties.
Explication. Les douleurs de la sainte Vierge furent proportionnées à l’amour extrême qu’elle avait pour son divin Fils : or, qui peut comprendre l’étendue de tout cet amour ? Les souffrances de Marie furent les plus vives & les plus grandes qu’il y ait jamais eu après celles du Sauveur. Richard de Saint-Victor dit que ce martyre de la Mère de Dieu lui tint lieu des plus rigoureux tourments. Saint Bernardin de Sienne va jusqu’à ajouter que si ses douleurs eussent été partagées par toutes les créatures capables de sentiments, elles leur eussent causé la mort. Ces douleurs extraordinaires lui ont mérité de la part de l’Eglise le titre glorieux de Reine des Martyrs, Regina Martyrum. Dans la plupart des Eglises, l’épître de ce jour était autrefois prise des Lamentations de Jérémie & c’est l’endroit où Jérusalem représente à Dieu tout l’excès de sa douleur & de son affliction.

D. Comment la sainte Vierge supporta-t-elle ces douleurs amères ?
R. La sainte Vierge supporta ces douleurs avec la constance la plus parfaite & avec une entière soumission aux ordres de Dieu.
Explication. La constance de la sainte Vierge et sa résignation aux ordres du ciel furent égales à sa douleur. C’est sans doute par erreur que des peintres ignorants la représentent effondrée en pamoison au pied de la Croix. L’Evangile n’en dit pas un mot. L’auteur du Stabat Mater dolorosa, qui est déjà très ancien, fait bien voir que de son temps on le pensait pas (Stabat : elle était debout).

D. Qu’est-ce que nous apprend cet exemple de la sainte Vierge ?
R. Il nous apprend à supporter patiemment les afflictions & les peines de cette vie.

Catéchisme sur le Carême

La tentation du Christ au désert

Demande. Qu’est ce que le carême ?
Réponse. Ce sont les quarante jours de jeûne & de pénitence qui précèdent la fête de Pâques.

D. Qui a institué le carême ?
R. Le carême a été institué par les Apôtres.
Explication. Tertullien au IIIème siècle, rend témoignage que les Catholiques, pour combattre l’hérétique Montan qui voulait que l’on observe trois carêmes, en appelaient à la tradition, & répondaient simplement qu’ils n’observaient que les jeûnes établis par les Apôtres. Rien de plus formel que ce que dit saint Jérôme : nous jeûnons quarante jours, dit ce Père, suivant la tradition qui nous vient des Apôtres, quadragesimam secundum traditionem Apostolorum jejunamus. Les Protestants ont aboli le jeûne du carême, quoique ce soit un point de discipline incontestable & universel depuis les temps apostoliques ; n’est-ce pas montrer évidemment que sous le nom spécieux de réforme ils n’ont cherché qu’à secouer le joug de la pénitence ? Ils ont fait de même dans des points plus essentiels, comme la confession, &c. parce qu’ils sont encore plus contraires aux inclinations de la nature, mais par la même plus dignes de la Religion.

D. Pourquoi les Apôtres ont-ils établi le carême ?
R. Les Apôtres établirent le carême en mémoire du jeûne rigoureux que Jésus-Christ observa dans le désert pendant quarante jours.

D. Les Apôtres n’eurent-ils pas un autre motif en instituant le carême ?
R. Oui, les Apôtres instituèrent le carême pour disposer les Chrétiens par la pénitence à la grande fête de Pâques.
Explication. La vie d’un Chrétien doit être un exercice continuel de mortification, tous les jours il doit porter sa croix ; mais cet esprit de pénitence est si contraire au penchant de la nature, & s’affaiblit si aisément, que pour le ranimer les Apôtres établirent le carême comme un temps d’une plus grande pénitence & d’une mortification continuelle, pour mieux préparer ses enfants à la plus grande des solennités qui est Pâques, à laquelle tous doivent communier.

D. Pourquoi voile-t-on les autels & couvre-t-on les croix & les images pendant le carême ?
R. On le fait pour marquer le deuil & la tristesse qui doivent accompagner la pénitence du carême, & que doit inspirer la pensée des souffrances de Jésus-Christ.
Nota : l’usage français voulait qu’on voile les croix & les images de noir à partir du Ier dimanche de Carême. L’usage romain actuel est de voiler de violet à partir du dimanche de la Passion seulement.

D. Que faut-il faire pour entrer dans l’esprit de l’Eglise & sanctifier le carême ?
R. Cinq choses.

D. Quelle est la première pratique pour sanctifier le carême ?
R. Il faut observer le jeûne avec beaucoup d’exactitude.

D. En quoi consiste le jeûne ?
R. Selon les règles les plus communes de l’antiquité chrétienne, le jeûne consiste à ne faire qu’un seul repas après l’heure de vêpres, auquel peut s’ajouter une légère collation que l’Eglise tolère.
Explication. Quoique le jeûne prescrit aujourd’hui ne soit plus que l’ombre des anciens jeûnes, il est fort louable que de nos jours des chrétiens veuillent reprendre au moins partiellement les antiques usages. Il ne paraît pas hors de portée de tout un chacun de garder l’abstinence de viande pendant le carême, et si possible de tout produit animal.

D. Quelle est la seconde pratique pour sanctifier le carême ?
R. C’est de se préparer pendant le carême à faire une bonne communion à Pâques.
Explication. Il faut pour cela se confesser, & le faire de bonne heure, à un homme sage, prudent & éclairé. Le concile de Latran ordonne que ce soit à son propre pasteur, suivant l’ancien usage. Lorsqu’on a des raisons légitimes de ne pas s’adresser à lui, il faut au moins choisir un bon confesseur. Malheur à ceux qui ne vont se confesser à des étrangers que pour surprendre l’absolution, pour les tromper, ou parce qu’ils connaissent leur trop grande facilité ; ces sortes de gens s’exposent à faire un sacrilège à Pâques.

D. Quelle est la troisième pratique pour sanctifier le carême ?
R. Il faut assister aux instructions qui se font plus fréquemment pendant le carême.

D. Quelle est la quatrième pratique pour sanctifier le carême ?
R. C’est de faire l’aumône, de vaquer à la prière & aux autres bonnes œuvres.
Explication. Les anciens chrétiens faisaient l’aumône de ce que le jeûne leur épargnait ; les saints Pères parlent presque tous de cet usage : c’est une pratique que les bons chrétiens observent encore aujourd’hui, comme conforme à l’esprit de l’Eglise. D’ailleurs les évêques, lorsqu’ils eurent permis l’usage des œufs, du beurre, du lait, du fromage, ont exigé des aumônes en compensation du relâchement ainsi introduit dans la discipline du jeûne. A l’aumône ont joindra aussi très utilement les autres œuvres de miséricorde : nourrir les affamés, visiter les malades, les prisonniers, donner du réconfort à ceux qui souffrent, &c. Les pauvres doivent suppléer à l’aumône par la patience, & par les prières qui leur sont prescrites au lieu d’aumônes.

D. Quelle est la cinquième pratique pour sanctifier le carême ?
R. C’est de faire tous les jours quelques réflexions sur les souffrances & sur la mort de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Explication. Ces réflexions, qui peuvent être si utiles, sont bien propres à nous occuper pendant le saint sacrifice de la messe, auquel on doit assister en carême autant qu’il est possible ; on peut aussi les faire dans le courant de la journée & le soir après sa prière.

Catéchisme sur le Mercredi des Cendres

Mercredi des Cendres - Philippe de Champaigne, Vanité (Vanitas Vanitatum)

Demande. Pourquoi le premier jour de carême est appelé jour des cendres ?
Réponse. A cause de l’imposition des cendres qui se fait en ce jour.
Explication. Ce jour est aussi appelé le chef du jeûne, parce qu’il est à la tête des jeûnes du carême. Avant l’addition des quatre jours de jeûnes réalisée sans doute par Saint Grégoire le Grand, le nom de chef du jeûne se donnait au premier lundi de carême pour la même raison. Les Pères du concile de Soissons, de 853, appelaient déjà le mercredi des cendres chef du jeûne, l’addition des quatre premiers jours était déjà bien établie en France en ce temps, au moins dans la majorité des Eglises.

D. L’imposition des cendres est-elle bien ancienne ?
R. C’est un reste de l’ancienne discipline de l’Eglise qui imposait des cendres sur la tête des pénitents publics, qui les recevaient pour marquer leur douleur.
Explication. La coutume de se couvrir de cendres & de cilice, pour marquer la douleur, était en usage chez les nations les plus anciennes : les ministres se revêtirent de sacs & se prosternèrent sur de la cendre pour apaiser la colère de Dieu : telle était en particulier la pratique des Juifs, comme l’Ecriture le rapporte en mille endroits ; les chrétiens l’ont fait de même dans tous les temps, surtout lorsque la pénitence publique était en vigueur. Rien ne marque mieux l’humiliation & la douleur que ces symboles énergiques de sacs, de cilices, de cendres ; ce sont les expressions même de la pénitence.

D. Pourquoi l’Eglise fait-elle aujourd’hui l’imposition des cendres ?
R. L’Eglise impose des cendres sur la tête des chrétiens pour les exciter à la pénitence, en leur rappelant la pensée de la mort.
Explication. Souviens-toi, ô homme ! que tu es poussière, & que tu retourneras en poussière : voilà ce que le prêtre dit à chacun de ceux à qui il impose des cendres ; anciennement à Milan on y répondait : je m’en souviendrai. Quelques rituels anciens veulent qu’on dise : fais pénitence dans la cendre et le cilice. On lit en d’autres : faites, Seigneur, que les cendres que je reçois deviennent pour moi un remède salutaire. Il y eut des endroits où l’on mit la cendre dans des vases de terre pour mieux marquer le néant de l’homme.

D. Avec quels sentiments doit-on recevoir les cendres ?
R. On doit recevoir les cendres en esprit de componction & de douleur, en faisant la résolution de faire pénitence pendant le carême.

D. Quel autre sentiment faut-il encore avoir en recevant les cendres ?
R. Il faut se soumettre à la mort, comme étant pécheur, & en accepter l’arrêt en expiation de ses péchés.

Catéchisme sur la Septuagésime

Catéchisme sur la Septuagésime - Parabole des ouvriers de la dernière heure - évangile du dimanche de la Septuagésime.
Parabole des ouvriers de la dernière heure – évangile du dimanche de la Septuagésime.

Demande. Comment appelle-t-on le 9ème dimanche avant Pâques ?
Réponse. On l’appelle le Dimanche de la Septuagésime.

D. Qu’il y a-t-il de particulier dans l’Eglise le Dimanche de la Septuagésime ?
R. L’Eglise commence en ce jour un temps particulier de pénitence.
Explication. L’Eglise regarde le temps depuis la Septuagésime jusqu’au carême comme un temps de pénitence, & une préparation au jeûne du carême, comme le carême est lui-même la préparation à la grande solennité de Pâques. Voilà pourquoi l’Eglise retranche ses chants de joie en ce temps & prend la couleur violette, qui est le symbole de la mortification.

D. Pourquoi l’Eglise commence-t-elle déjà ce temps particulier de mortification ?
R. Afin que les fidèles se préparent de bonne heure à la grande fête de Pâques.
Explication. Une excellente manière de se préparer à la pénitence du carême & à la communion pascale, est de se confesser dans le temps de la Septuagésime. L’Eglise, qui ordonne de se confesser au moins chaque année, désire qu’on le fasse avant le carême, afin que par cette précaution on soit plus en état de profiter des grâces attachées à ce saint temps, & mieux disposés à participer aux saints mystères. Cette confession permettra aussi de gagner l’indulgence plénière des Quarante Heures, comme on le verra ci après.

D. L’Eglise n’a-t-elle pas d’autres raisons en commençant la pénitence à la Septuagésime ?
R. Oui : c’est pour empêcher les chrétiens de se livrer aux honteux divertissements du carnaval.
Explication. Les divertissements du carnaval sont un reste du paganisme. Il est inconcevable qu’il faille les défendre à des chrétiens. Se peut-il que la veille d’un temps consacré à pleurer les péchés, on s’y plonge sans mesure ? Peut-on recevoir des cendres, symbole de l’humiliation, en sortant du tumulte des assemblées mondaines & licencieuses ?

D. Qu’à fait l’Eglise pour s’opposer aux divertissements du carnaval ?
R. L’Eglise a institué les prières des Quarante Heures.

D. Qu’est-ce que la solennité des Quarante Heures ?
R. C’est une dévotion établie pour empêcher les chrétiens de se livrer aux désordres du carnaval, & pour demander pardon à Dieu des excès & des péchés qui s’y commettent.
Explication. Dans la première institution de cette dévotion, le Saint Sacrement était exposé pendant quarante heures, ce qui a donné le nom à cette pratique de piété. Depuis le Bref de Clément XIII, le temps n’est plus obligatoirement fixé à quarante heures. On expose le Saint Sacrement pendant plusieurs jours, si l’on veut, ou pendant un seul qui est désigné. L’indulgence plénière est accordée à ceux qui, confessés & communiés, visitent le Saint Sacrement pendant ce temps, & prient pour la conversion des pécheurs & des infidèles, pour l’exaltation de l’Eglise, la paix entre les Princes chrétiens.

D. Que faut-il faire pour sanctifier le temps de la Septuagésime jusqu’au carême ?
R. Trois choses.
1. Faire tous ces exercices de piété dans un esprit de pénitence.
2. Ne prendre aucune part aux divertissements défendus du carnaval, & empêcher ceux qui dépendent de nous de s’y livrer.
3. Se préparer à approcher saintement des sacrements de Pénitence & d’Eucharistie pour gagner l’indulgence des Quarante Heures.

Catéchisme de la Septuagésime, par l’Abbé Meusy, Catéchisme historique, dogmatique et moral des fêtes principales, Besançon, 1774

Catéchisme sur la Purification

Catéchisme sur la Purification - La Purification au Temple de la Sainte Vierge par Guido Reni

Demande. Quelle fête l’Eglise célèbre-t-elle le 2 février prochain ?
Réponse. L’Eglise célèbre la fête de la Présentation de Jésus au Temple de Jérusalem & la Purification de la Sainte Vierge, qu’on appelle autrement la Chandeleur.

D. Par qui le Sauveur fut-il présenté au Temple ?
R. Le Sauveur fut présenté au Temple par la sainte Vierge sa Mère & par saint Joseph.
Explication. Cette présentation au Temple était une suite de la Loi que Dieu lui-même avait porté, que les premiers nés lui seraient consacrés & seraient rachetés par une somme d’argent. C’était pour rappeler aux Juifs que, dans leur délivrance de l’Egypte, leurs premiers nés furent préservés du glaive de l’Ange exterminateur, tandis que ceux des Egyptiens furent mis à mort. La sainte Vierge racheta le Sauveur en donnant les cinq sicles prévus par la Loi.

D. Que fit Jésus-Christ lorsqu’il fut présenté au Temple ?
R. Jésus-Christ s’offrit lui-même à Dieu son Père comme étant la seule victime capable de satisfaire à la justice.
Explication. A peine le Sauveur entre dans le monde qu’il fait déjà l’office de Rédempteur ; il sait que toutes les victimes anciennes sont incapables d’appaiser Dieu ; il s’offre lui-même à son Père pour désarmer sa colère, & pour expier les péchés des hommes.

D. Qu’arriva-t-il de remarquable lorsque Jésus-Christ fut présenté au Temple ?
R. Jésus-Christ fut reconnu pour le Messie par le saint vieillard Siméon & par Anne la Prophétesse.
Explication. Siméon, assuré par une révélation qu’il ne mourrait point sans avoir vu le Libérateur d’Israël, monte au Temple par une inspiration de l’Esprit Saint, il y trouve le divin Enfant que ses pieux parents offraient au Seigneur ; il le prend entre ses bras ; & plein de joie il chante ce cantique admirable (le Nunc dimittis) que l’Eglise a consacré dans son Office de Complies, dans lequel il soupire après la mort, content d’avoir vu le Sauveur de son peuple. Il annonce en même temps à Marie que le Fils qu’elle présente à Dieu deviendra un sujet de contradiction, qu’il sera le salut de plusieurs, & que plusieurs aussi se perdront en abusant de ses bienfaits et de ses grâces. Il lui prédit en même temps que son cœur sera percé d’un glaive de douleurs : c’était lui annoncer la Passion & la Mort de son Fils. Anne la Prophétesse, âgée de 84 ans, demeurait dans l’enceinte du Temple ; elle eut aussi la consolation de voir le Sauveur, & elle ne cessa d’en parler aux vrais Israëlites qui attendaient le Messie.

D. Qu’était-ce que la Purification à laquelle la sainte Vierge se soumit ?
R. La Purification était une cérémonie prescrite par la Loi de Moïse, qui ordonnait aux femmes d’aller au Temple après leurs couches pour se purifier.
Explication. La Loi ordonnait que la femme qui aurait mis au monde un fils, se présenterait au Temple quarante jours après pour se purifier, & qu’elle le ferait après quatre vingt jours, si elle était accouchée d’une fille. Les femmes riches devaient offrir en même temps un agneau d’un an en holocauste, & une colombe ou une tourterelle en sacrifice d’expiation, c’est-à-dire pour effacer toute souillure légale. Les pauvres n’offraient que deux touterelles ou deux colombes, l’une en holocauste, & l’autre en sacrifice d’expiation. La sainte Vierge qui était pauvre, quoique du sang royal, ne fit que cette dernière offrande.

D. La sainte Vierge était-elle obligée à la Loi de la Purification ?
R. Non, puisqu’elle ne contracta jamais la moindre souillure.
Explication. La sainte Vierge voulut donner l’exemple de la plus profonde humilité en cachant aux yeux des hommes le privilège que Dieu lui avait accordé d’être mère sans rien perdre de sa pureté ; dans sa Purification elle parait une femme ordinaire, elle qui préférait la gloire de la virginité à tout l’éclat de la dignité auguste de Mère de Dieu.

D. Que doivent faire les pères & mères pour entrer dans l’esprit de cette fête ?
R. Les pères & mères doivent offrir leurs enfants à Dieu & prier pour eux.

D. Que doivent faire en particulier les femmes à qui Dieu accorde des enfants ?
R. Elles doivent les offrir à Dieu, comme la sainte Vierge offrit le Sauveur au Temple.
Explication. La coûtume des femmes chrétiennes de venir faire la cérémonie des relevailles à l’église est très sainte & très louable : cette cérémonie est établie pour imiter la très-sainte Vierge dans l’offrande qu’elle fit de son divin Fils au Temple de Jérusalem. Les femmes y portent un cierge allumé, pour leur apprendre qu’elles doivent donner bon exemple à leurs enfants, & qu’elles doivent les instruire dans la Religion. Elles doivent remercier Dieu des grâces qu’il leur a faites pendant leur grossesse & pendant leurs couches, lui offrir leurs enfants, prier qu’ils conservent pendant toute leur vie la grâce précieuse du baptême. Sainte Elisabeth, Reine de Hongrie, ne manquait jamais à cette pieuse cérémonie des relevailles, & c’était elle-même qui portait ses enfants à l’église pour les offrir à Dieu.

D. Que doivent faire les enfants le jour de cette fête ?
R. Les enfants doivent, à l’imitation du Sauveur, s’offrir à Dieu pour le servir pendant toute leur vie.

D. Pourquoi appelle-t-on cette Fête la Chandeleur ?
R. A cause des cierges qu’on allume en ce jour en grand nombre.
Explication. L’Eglise bénit ces cierges suivant la coutume générale de donner la bénédiction à toutes les choses dont elle se sert. Ces cierges rappellent qu’en ce jour l’Eglise fête le Christ, qui est appelé par le saint vieillard Siméon dans son cantique Lumen ad revelationem Gentium (Lumière qui doit se révéler aux Gentils).

D. Combien de fruits retirerons-nous de ce catéchisme ?
R. Deux principaux.
1. Nous offrir à Dieu, comme l’Enfant Jésus, pour le servir avec fidélité pendant toute notre vie.
2. Imiter la profonde humilité de la très-sainte Vierge, & son exactitude dans l’observation de la loi divine.

Abbé Meusy, Catéchisme historique, dogmatique et moral des fêtes principales, Besançon, 1774 – Catéchisme sur la Purification

Catéchisme sur l’Epiphanie

Catéchisme sur l'Epiphanie

Demande. Quelle fête l’Eglise célèbre-t-elle le 6 janvier prochain ?
Réponse. L’Eglise célèbre la Fête de l’Epiphanie, autrement la Fête des Rois.
Explication. L’Epiphanie est appellée vulgairement en France la Fête des Rois, parce que le peuple croit, sur une ancienne tradition, que les Mages qui vinrent adorer Jésus-Christ étaient Rois. Nous en parlerons plus bas.

D. Que signifie le mot d’Epiphanie ?
R. Epiphanie est un mot grec qui signifie manifestation.

D. Pourquoi cette fête est-elle appelée Epiphanie ou manifestation ?
R. Parce qu’on y célèbre trois grands mystères qui ont fait connaître la puissance & la gloire du Sauveur.

D. Quel est le premier de ces mystères ?
R. C’est l’adoration des Mages & la vocation des Gentils à la Foi.

D. Qui étaient les Mages ?
R. Les Mages étaient des savants, qui faisaient une étude particulière de la sagesse.
Explication. Nous ne savons rien d’assuré sur la qualité des Mages qui vinrent adorer Jésus-Christ. Les uns leur ont donné la qualité de rois, fondés sur une tradition fort ancienne ; d’autres ont même assigné leurs noms, quoique l’antiquité nous les ait laissé ignorer. Ce que nous savons, c’est que c’étaient des philosophes Gentils : on a même lieu de croire, suivant plusieurs interprètes, qu’ils étaient de grands seigneurs. Saint Léon pensait qu’ils étaient au nombre de trois : on en juge par le nombre de présents qu’ils offrirent à Jésus-Christ.

D. Comment les Mages surent-ils que Jésus-Christ était né ?
R. Les Mages apprirent la naissance du Sauveur par une étoile mystérieuse qui leur apparut dans l’Orient.
Explication. Le Messie avait été annoncé par le païen Balaam sous le symbole d’une étoile qui devait naître de Jacob : les Juifs dispersés dans différents empires ne cachaient point qu’ils attendaient le Libérateur promis depuis tant de siècles. Les païens eux-mêmes, au rapport de leurs historiens, dont on peut voir les témoignages dans le Père de Colonia & dans le savant ouvrage de M. Busset sur la Religion prouvée par les auteurs païens, parlaient d’un changement avantageux pour les Juifs, qui devait arriver au temps où le Sauveur naquit. Tout cela pouvait être connu des Mages ; ils étaient d’ailleurs très savants dans la connaissance des astres. L’apparition d’une nouvelle étoile les frappa ; & éclairés d’une lumière intérieure, ils comprirent que cet astre miraculeux annonçait la naissance du grand Roi qu’attendait les Juifs.

D. Que firent les Mages après l’apparition de l’étoile ?
R. Les Mages quittèrent leur pays & vinrent à Jérusalem chercher l’Enfant Jésus pour l’adorer.
Explication. Fidèles à la grâce ; les Mages quittent tout pour chercher celui que l’étoile leur annonce ; ne sachant pas le lieu de sa naissance, ils vinrent à Jérusalem, espérant d’être instruits dans cette capitale de la Judée. Ils s’adressent à Hérode & lui demandent sans détour où est le Roi des Juifs nouveau-né. Ce prince ambitieux & jaloux s’alarme à cette nouvelle, il craint de perdre ses états. Pour se défaire du nouveau roi qu’on lui annonce, il use de fourberie : il recommande aux Mages de s’informer avec soin du lieu où est cet enfant : il leur demande avec un empressement affecté depuis combien de temps ils ont vu paraître l’étoile dont ils parlent : il ajoute qu’il les suivra pour adorer lui-même le roi qui vient de naître : il s’informe en même temps des Docteurs de la Loi quel doit être le lieu de la naissance de ce roi que la Nation attend. L’assurance positive qu’ils lui donnent que le Messie doit naître à Bethléem l’effraye encore davantage. Il se porte dès lors aux résolutions les plus violentes, mais il a grand soin de les tenir secrètes.

D. Que firent les Mages après avoir quitté Hérode ?
R. Les Mages se rendirent à Bethléem, adorèrent Jésus-Christ & lui offrirent leurs présents.
Explication. L’étoile qu’ils avaient vue en Orient leur apparut de nouveau, & ce prodige les combla de la plus vive joie. Elle les conduisit jusqu’à Bethléem, & s’arrêta sur la maison dans laquelle on avait porté le Sauveur, car il n’était plus alors dans la cabane où il était né.

D. Quels furent les présents que les Mages offrirent à Jésus-Christ ?
R. Les Mages lui offrirent de l’or, de la myrrhe & de l’encens.

D. Que signifiait l’or que les Mages offrirent au Sauveur ?
R. L’or signifiait la royauté de Jésus-Christ.

D. Que signifiait la myrrhe ?
R. La myrrhe qui sert à embaumer les corps signifiait que Jésus-Christ était homme & sujet à la mort.

D. Que signifiait l’encens ?
R. L’encens marquait que l’Enfant Jésus était Dieu.
Explication. Les Mages choisirent ce que leur pays produisait de plus rare & de plus riche pour l’offrir au Roi qu’ils venaient adorer. Par là ils marquaient leur extrême respect pour Jésus-Christ, & suivaient d’ailleurs la coutume établie en beaucoup d’endroits de ne point se présenter devant les Princes sans leur faire quelques présents.

D. Que devinrent les Mages après avoir adoré Jésus-Christ ?
R. Les Mages retournèrent dans leur pays par un autre chemin.
Explication. Les Mages se proposaient de retourner à Jérusalem ; mais avertis en songe par un Ange des mauvais desseins d’Hérode contre le Saint Enfant, ils s’en retournèrent par un autre chemin. Plusieurs Eglises, en mémoire de cette circonstance du retour des mages, suivent dans la procession de ce jour une marche contraire à celle des autres jours.

D. Que devons-nous remarquer de particulier dans cette manifestation du Sauveur aux Mages ?
R. Nous y devons remarquer la vocation des Gentils à la foi.
Explication. Les Juifs, spécialement choisis pour être le Peuple de Dieu, s’étaient persuadés que les autres peuples, communément compris sous le nom de Nations ou de Gentils, n’auraient aucune part aux faveurs du Messie. En se faisant connaître aux Mages, qui étaient du nombre des Gentils, le Sauveur montrait qu’il appelait tous les hommes à la lumière de l’Evangile, c’est-à-dire au plus grand de tous les bienfaits ; aussi dans l’Eglise d’Occident cette vocation des Gentils à la Foi dans l’adoration des Mages a été regardée comme l’objet principal de cette fête.

D. Quel est le second mystère que l’Eglise célèbre en ce jour ?
R. L’Eglise célèbre la seconde manifestation de Jésus-Christ, qui se fit lorsqu’il se fut baptisé par saint Jean-Baptiste.
Explication. Lorsque le Sauveur se présenta pour recevoir le baptême de saint Jean, le Saint-Esprit, sous le symbole d’une colombe, se reposa sur sa tête, & fit connaître le Messie à son Précurseur, qui profita de cette circonstance pour le faire connaître lui-même comme fils de Dieu à la multitude qui l’environnait.

D. Quel est le troisième mystère que l’Eglise célèbre en ce jour ?
R. C’est la troisième manifestation du Sauveur qui se fit aux noces de Cana, village de Galilée, lorsqu’il changea l’eau en vin.

D. Quels fruits retirerons-nous de ce catéchisme sur l’Epiphanie ?
R. Trois principaux. 1. Nous abstenir des divertissements profanes auxquels les mauvais chrétiens se livrent en ce jour. 2. Remercier Dieu de nous avoir appelés à la véritable religion. 3. Faire quelques prières pour la conversion des infidèles & des hérétiques, & pour la conservation de la Religion parmi nous.

Catéchisme sur l’Epiphanie, in Abbé Meusy, Catéchisme historique, dogmatique et moral des fêtes principales, Besançon, 1774