L’affaire de Niafles

Niafles est un petit village de moins de 300 habitants situé en Mayenne.

Est-ce parce qu’Alfred Jarry est natif de Niafles que cette commune est actuellement secouée par une crise totalement ubuesque ?

Cette affaire qui la place sous les feux de l’actualité commence le 6 mars 2007 avec la mort de l’abbé Chéhère à l’âge de 94 ans. Ce vieux curé célébrait la messe en latin à Niafles depuis 40 ans.

L’assistance, motivée et plutôt rurale, se montait à quelques deux cents personnes, ce qui est assez nombreux aujourd’hui pour une région rurale.

Au décès de l’abbé Chéhère, l’abbé Loddé, de la Fraternité Saint-Pierre, a pris le relais avec l’accord de l’évêque. L’abbé Loddé est jeune & dynamique, la communauté paroissiale se développe très rapidement. Ceci déplait au maire socialiste de Niafles, Michel Montécot, qui ne souhaite pas que la messe en latin se poursuive dans sa commune. Celui-ci demande alors à l’évêque de Laval l’arrêt de la messe à Niafles.

L’évêque, Mgr Armand Maillard, se plie à la demande du maire & fait cesser la messe à l’église de Niafles.

Un groupe de paroissien décide d’occuper l’église le jeudi 24 mai 2007. Mgr Maillard fait alors un geste en leur offrant la possibilité de célébrer la messe selon les rits romain & dominicain traditionnels (en alternance) dans une église de Laval. Les fidèles de Niafles jugent ce lieu trop éloigné, et campent sur leurs positions. Un prêtre indépendant, l’abbé Néri, est alors appelé par les paroissiens pour continuer à dire la messe le dimanche.

A la suite d’une manifestation conduite par le maire socialiste (baptisé Pepone par les fidèles ;-) ), les catholiques ont été délogés de l’église de Niafles dimanche dernier 24 juin, en la fête de la Nativité de saint Jean Baptiste. Vers 10h, une cohorte de 150 à 200 manifestants est venue crier « l’église aux Niaflais » et « Intégristes Ouste ». Alors que les fidèles n’étaient pas encore arrivés pour la messe, les protestataires fort excités ont envahi le parvis. Il a fallu attendre qu’ils aient fracturé une porte de l’église (celle de la sacristie) pour que les gendarmes se décident à stopper leur marche belliqueuse. Monsieur l’abbé Néri, arrivant sur ces entrefaites a été bousculé et physiquement pris à partie par les plus excités.

Les fidèles (dont un a même été mordu au sang) ont fait preuve d’une grande maîtrise de soi, ne rendant aucun coup, aucune insulte. Tous ses faits sont advenus à l’instigation manifeste du maire de Niafles. Les gendarmes, qui n’avaient pas reçu ordre d’expulser les catholiques, ont heureusement évité le pire en faisant tampon.

Voici une vidéo réalisée dimanche dernier. On admirera le calme & la classe de l’abbé Néri. Il est plus que probable que les sectateurs violents qui manifestent pour « reprendre » ( ?) leur ( ?) église n’iront jamais y faire la moindre petite prière & sans doute seront même très heureux de la détruire d’ici quelques années. On admirera en tout cas leur sens du dialogue, de l’écoute & de la tolérance…

La messe a finalement pu être célébrée un peu plus tard dans la cour d’un paroissien. Voici la dernière homélie (admirable !) de Monsieur l’abbé Néri & quelques vues de la messe au chant du coq. ;-)

Cette guerre de la messe, au XXIème siècle & à la veille d’un motu proprio qui doit officialiser l’usage du rit traditionnel un peu partout, a quelque chose de totalement irréel. A noter que si la mairie est bien propriétaire de l’église (depuis la loi de séparation), la jouissance du lieu appartient bien à l’Eglise catholique, qui en est seule affectataire.

  • l’article de Wikipedia sur l’affaire de Niafles
  • la Gazette de Niafles
  • Un commentaire à propos de “L’affaire de Niafles

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