Programme du IVème dimanche après l’Epiphanie

Saint-Eugène, le dimanche 30 janvier 2022, grand’messe de 11h.

La tempête apaisée

L’évangile de ce dimanche nous relate le miracle de la tempête apaisée (Matthieu 8, 23-27). Après les trois théophanies de l’adoration des Mages, du Baptême au Jourdain et des noces de Cana, après s’être manifesté, le IIIème dimanche après l’Epiphanie, comme Sauveur des pécheurs et des Gentils, le IVème dimanche après l’Epiphanie, le Christ apparaît cette fois en vainqueur des éléments déchaînés.

Les messes dominicales à partir du IVème dimanche après l’Epiphanie jusqu’à la Septuagésime n’ont pas de chants spéciaux, mais reprennent ceux du IIIème dimanche. C’est une anomalie qui s’explique par le fait de l’incertitude même qui domine cette dernière partie du cycle après l’Épiphanie. Tout dépendait du commencement du jeûne quadragésimal ; or, dans plusieurs lectionnaires romains, ce cycle comprenait jusqu’à dix semaines, tandis que d’autres en émanèrent à peine trois. Les derniers dimanches après la Pentecôte se trouvent dans des conditions identiques ; aussi tout donne à penser que, vu l’absence de chants spéciaux pour ces dimanches supplémentaires, la rédaction grégorienne de l’antiphonaire représente vraiment l’usage du VIIe siècle.

La collecte révèle les jours de saint Grégoire le Grand, époque où les Lombards menaçaient la capitale du monde elle-même. Durant tout le Ve et le VIe siècle, la Ville éternelle fut plusieurs fois prise, saccagée, humiliée et la prière de l’Église fait précisément allusion à cet état de choses. « O Dieu, qui savez bien que la faiblesse même de notre nature nous expose à succomber aux maux si nombreux qui nous accablent, donnez-nous le salut du corps et de l’âme, afin que nous surmontions, par votre grâce, ces maux que nous souffrons à cause de nos péchés. »
Bienheureux Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum.

A la sainte messe :

IIndes vêpres du IVème dimanche après l’Epiphanie. Au salut du Très-Saint Sacrement :

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Programme du XXXIIème dimanche après la Pentecôte – Saint Antoine le Grand – ton 7

Saint Antoine et saint Paul, fondateurs du monachismeParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 30 janvier 2022 du calendrier grégorien – 17 janvier 2022 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton VII de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour notre vénérable Père théophore saint Antoine le Grand (251 † 356).

La vie de saint Antoine a été écrite par le grand saint Athanase lui-même. Orphelin vers l’âge de 18 ans de ses parents, riches paysans chrétiens égyptiens d’un village au Sud de Memphis, il entend lire dans l’église le passage de l’évangile où Jésus dit au jeune homme : « va, vend tout ce que tu as » ; il quitte tout, donne ses terres aux villageois et son argent aux pauvres. Dans un premier temps il s’installe pour vivre et prier au milieu des tombeaux dans le cimetière de son village, jusqu’à l’âge de 35 ans environ, soit vers l’an 285, au commencement du règne de Dioclétien pour aller au désert.

Antoine devient ainsi le premier moine et le père des anachorètes.

Suite à une vision d’un ange, il s’applique à répartir son temps entre l’oraison et le travail manuel, répartition qui sera depuis la grande constance de la vie monastique. Antoine jeûnait tous les jours, ne mangeant qu’un peu de peu de pain qu’on lui apportait tous les six mois, un jour sur trois ou quatre.

La grande sainteté et l’héroïcité de sa vie attirèrent à Antoine des foules de disciples. L’un des tous premiers connus fut saint Hilarion de Gaza, alors étudiant de 15 ans à Alexandrie, qui laissa tout pour se faire moine et implanta ensuite le monachisme dans sa patrie de naissance, en Palestine.

Lors de la persécution que l’empereur Maximin renouvela en 311, saint Antoine vint à Alexandrie avec d’autres anachorètes, pour servir les Martyrs, espérant en acquérir aussi la couronne. Cependant la persécution se termina et Antoine retourna au désert. La rudesse des attaques des démons, qu’il y eut à subir toute sa vie, lui y fit vivre un autre genre de martyre, tout spirituel.

Antoine se retira dans un désert fort éloigné du Nil, vers la Mer Rouge, résolu à ne voir personne et à vivre de la prière, du labeur de ses mains, dans les mortifications, sans recevoir personne. Néanmoins, sa grande réputation de sainteté faisait toujours venir à lui de nombreux chrétiens, qui recevaient de Dieu, miracles, grâces et guérison sans qu’Antoine se laissait voir à eux, et même souvent sans leur parler.

L’empereur Constantin, a qui était parvenue la renommée de ses vertus, l’honora de plusieurs lettres, se déclarant à son service. Saint Antoine répondit de même plusieurs lettres à l’empereur.

En 355, fort âgé, il alla encore à Alexandrie pour combattre l’Arianisme et soutenir saint Athanase, Dieu y réalisant par lui plusieurs miracles.

Antoine vécut 105 ans et mourut le 17 janvier de l’an 356. Sa fête est célébrée à cette date par l’Eglise copte, grecque et latine.

Voulant montrer qu’il mourait dans la communion avec saint Athanase, il demanda qu’on envoya ses deux tuniques de poil après sa mort au saint évêque d’Alexandrie, qui était alors chassé de son siège par le parti arien. Il légua aussi une de ses tuniques à saint Sérapion de Thmuis et son bâton à son disciple saint Macaire.

On a de saint Antoine une vingtaine de lettres en copte.

Le corps de saint Antoine fut translaté à Alexandrie sous le règne de l’empereur Justinien au VIème siècle, où il fut déposé dans l’église de Saint-Jean-Baptiste qui avait été bâtie par le patriarche Théophile sur les ruines du temple de Sérapis. Après la conquête de l’Egypte par les Sarrasins, les reliques de saint Antoine furent mises à l’abris à Constantinople, d’où Josselin de Châteauneuf & son beau-frère Guigues Disdier les apportèrent dans le diocèse de Vienne en Dauphiné vers 1074, à la suite d’une apparition de saint Antoine leur enjoignant de le faire. Les reliques du saint abbé furent déposés dans le village de La Motte-aux-Bois, connu depuis sous le nom de Saint-Antoine-l’Abbaye, en raison de l’immense abbaye qui y fut construite pour honorer le saint égyptien. Une grande châsse abritant les reliques de saint Antoine y fut offerte en 1648 et placée sous le maître-autel.

Parmi les églises qui sont dédiées à saint Antoine, celle du Russicum, à Rome, présente des fresques d’une grande beauté.

Saint Antoine est aussi le saint patron de la Légion étrangère de l’Armée française.

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du Vénérable Père. Et maintenant. Theotokion de tierce.
Kondakion : du dimanche.
A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du Vénérable Père. Et maintenant. Theotokion de sexte.
Kondakion : du Vénérable Père.

A la divine liturgie de saint Jean Chrysostome

Tropaires des Béatitudes : six tropaires du ton dominical occurrent auxquels on ajoute quatre tropaires de la 3ème ode du canon de Vénérable Père, œuvre de saint Théophane le Marqué, l’Hymnographe, métropolite de Nicée (c. 778 † 845) :
1. Il est beau à voir & bon à manger, * le fruit qui a causé mon trépas ; * mais le Christ est cet arbre de vie * dont je puis manger sans mourir ; * & je crie avec le bon Larron : ** Souviens-toi de moi, Seigneur, dans ton royaume.
2. Dieu de tendresse, mis en croix, tu effaças * la cédule de l’antique péché d’Adam ; * de l’erreur tu sauvas l’ensemble des mortels : ** aussi nous te chantons, Bienfaiteur & Seigneur.
3. Sur le croix, Dieu de tendresse, tu clouas nos péchés, * par ta mort tu triomphas de la mort ; * d’entre les morts tu éveillas les trépassés ; ** aussi nous nous prosternons devant ta sainte Résurrection.
4. Dans les oreilles d’Eve le serpent injecta son venin, * mais le Christ sur l’arbre de la croix * fit jaillir pour le monde la douceur de la vie. ** Souviens-toi de moi, Seigneur, dans ton royaume.
5. Au sépulchre on te dépose comme un mortel, * ô Christ, universelle Vie, * mais de l’Enfer ayant brisé les verrous, * tu ressuscites le troisième jour * avec gloire & puissance, illuminant le monde entier : ** gloire, Seigneur, à ta sainte Résurrection.
6. Ressuscité d’entre les morts le troisième jour, * le Seigneur donne aux Disciples sa paix ; * les bénissants, il les envoie et leur dit : ** Amenez tous les hommes au royaume de Dieu.
7. Par ta force d’âme et l’application de tes pensées * ayant éteint la flamme des passions, * vénérable Antoine, tu as revêtu * le brillant habit des impassibles ** et le manteau du salut.
8. Alors que les démons s’enhardissaient * dans la force redoublée de leurs assauts * et qu’ils imitaient l’aspect des fauves, * tu méprisas, leurs efforts impuissants, ** car tu avais pour défenseur le Puissant-dans-les-combats.
9. Sur les principautés et les puissances des ténèbres * l’ayant emporté par la force de la tempérance, * il a gagné son trophée de vainqueur * Antoine le théophore, ** gloire des Ascètes et fierté des Moines saints.
10. Par la puissante vie qui de ton sein * s’est manifestée au monde, Vierge immaculée, * ressuscite mon esprit frappé de mort * et guide-le vers la vie, ** toi qui brisas les portes de la mort grâce à ton enfantement.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 7 : Tu as détruit la mort par ta croix, * ouvert au Larron le Paradis ; * changé en joie les pleurs des myrrophores * et ordonné aux apôtres de prêcher. * Tu es ressuscité, ô Christ Dieu, ** donnant au monde ta grande miséricorde !
2. Tropaire du Vénérable Père, ton 4 : Imitant par ta vie le zèle d’Elie * & du Baptiste suivant le droit chemin, Père Antoine, * tu peuplas le désert * & par tes prières affermis l’univers ; ** aussi prie le Christ notre Dieu de sauver nos âmes.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
5. Kondakion du Vénérable Père, ton 2 : Le tumulte de ce monde, tu l’as chassé loin de toi * pour mener une vie conforme à la paix, * imitant le Baptiste par tous les moyens ; * c’est pourquoi Père des Pères, avec lui ; ** vénérable Antoine, nous te glorifions.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion du dimanche, ton 7 : La puissance de la mort ne peut plus retenir les hommes, * car le Christ est descendu pour briser et détruire sa force. * Les enfers sont enchaînés, * les prophètes en chœur se réjouissent et disent : * Le Sauveur est apparu aux croyants. ** Venez, fidèles, prendre part à la Résurrection.

Prokimen
Du dimanche, ton 7 :
℟. Le Seigneur donne la puissance à son peuple, le Seigneur bénit son peuple dans la paix (Psaume 28, 11).
℣. Rendez au Seigneur, fils de Dieu, rendez au Seigneur la puissance & la gloire (Psaume 28, 1).
Du Vénérable Père, ton 7 :
℟. Elle a du prix aux yeux du Seigneur, la mort de ses serviteurs (Psaume 115, 5).

Epîtres
Du dimanche : 1 Timothée (§ 285) IV, 9-15(Du XXXIIème dimanche).
Ne négligez pas la grâce qui est en vous, qui vous a été donnée, suivant une révélation prophétique, par l’imposition des mains des prêtres.
Du vénérable Père : Hébreux (§ 335) XIII, 17-21.
Obéissez à vos conducteurs, et soyez soumis à leur autorité : car ce sont eux qui veillent sur vos âmes, comme devant en rendre compte.

Alleluia
Du dimanche, ton 7 :
℣. Il est bon de rendre grâce au Seigneur, de chanter pour ton Nom, ô Très-Haut, (Psaume 91, 1)
℣. de publier au matin ton amour, ta fidélité au long des nuits (Psaume 91, 2).
Du vénérable Père :
℣. Bienheureux l’homme qui craint le Seigneur, et qui a une grande affection pour ses commandements (Psaume 111, 1).

Evangiles
Du dimanche : Luc (§ 94) XIX, 1-10.
Car le Fils de l’homme est venu pour chercher et pour sauver ce qui était perdu.
Du vénérable Père : Luc (§ 24) VI, 17–23.
Et tout le peuple tâchait de le toucher, parce qu’il sortait de lui une vertu qui les guérissait tous.

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
Du pieux Prince : La mémoire du juste sera éternelle (Psaume 111, 6). Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme du IIIème dimanche après l’Epiphanie

3ème dimanche après l'Epiphanie - guérison de l'esclave du centurionSaint-Eugène, le dimanche 23 janvier 2022, grand’messe de 11h.

La guérison du lépreux et celle du serviteur du centurion – Domine non sum dignus.

Après le premier miracle, aux noces de Cana, l’évangile de ce jour nous montre la manifestation de la puissance de Dieu à l’œuvre au travers des deux premières guérisons effectuées par le Christ au début de sa vie publique. Ce déploiement de la puissance divine, prolongement logique de la manifestation divine fêtée à l’Epiphanie – est chanté par les textes de la messe, en particulier par l’offertoire, tiré du psaume CXVII :

Déxtera Dómini * fecit virtútem, déxtera Dómini exaltávit me : non móriar, sed vivam, et narrábo ópera Dómini.
La dextre du Seigneur a fait éclater sa puissance, la dextre du Seigneur m’a exalté. Je ne mourrai pas mais je vivrai et je raconterai les œuvres du Seigneur.

La guérison du serviteur du centurion de Capharnaüm constitue aussi le prémice symbolique de la vocation des gentils, d’Orient et d’Occident, au salut, comme l’annonce Notre Seigneur lui-même dès ce passage. L’humble confession de foi du centurion a été reprise dans la liturgie romaine, et nous faisons nôtres ses paroles avant que de communier au Verbe de vie :
Dómine, non sum dignus, ut intres sub tectum meum : sed tantum dic verbo, et sanábitur ánima mea.
Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dit seulement une parole, et mon âme sera guérie.

Tandis qu’il descend de la montagne, les foules vont au devant du Seigneur ; car elles n’ont pu gravir les sommets. Et le premier qui vient à sa rencontre est un lépreux : à cause de sa lèpre il ne pouvait entendre le si long discours prononcé par le Sauveur sur la montagne. Il faut noter qu’il est le premier cas spécial de guérison : le second rang revient au serviteur du centurion, le troisième à la belle-mère de Pierre accablée par la fièvre à Capharnaüm, le quatrième aux possédés du démon qui sont présentés au Seigneur et dont les esprits sont chassés par sa parole lorsqu’il guérit aussi tous les malheureux.
Homélie de saint Jérôme, prêtre, VIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

A la sainte messe :

IIndes vêpres du IIIème dimanche après l’Epiphanie. Au salut du Très-Saint Sacrement :

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Programme du XXXIème dimanche après la Pentecôte – dimanche après la Théophanie – saint Grégoire de Nysse – ton 6

Saint Grégoire de NysseParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 23 janvier 2022 du calendrier grégorien – 10 janvier 2022 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton VI de l’Octoèque. Ce dimanche est aussi celui après la Théophanie, aussi plusieurs pièces de la liturgie du jour sont-elles propres à ce dimanche, qui se situe encore dans les 8 jours d’après-fête, laquelle se clôture le 14 janvier.

Nous fêtons aussi en ce jour Sa Sainteté Gregoire, évêque de Nysse.

Saint Grégoire nait dans une famille de saints – l’une des plus célèbres de l’histoire ! -, originaire de la ville de Néocésarée, dans la province du Pont, et appartenant à la noblesse sénatoriale.

Ayant eu des aïeuls martyrs, sa grand-mère sainte Macrine l’Ancienne et son mari avaient été en outre persécutés et obligés de fuir leur ville lors des persécutions de Dioclétien et de Maximien au début du IVème siècle. Sainte Macrine avait connu enfant le célèbre saint Grégoire le Thaumaturge, évêque de Néocésarée et disciple d’Origène, lequel avait converti tout le pays à la foi chrétienne.

Ses parents étaient saint Basile l’Ancien, rhéteur de son état, et sainte Emmelia, qui, une fois veuve, embrassa la vie monastique. Il avait un oncle évêque. Ses frères et sœurs étaient sainte Macrine la Jeune, moniale, saint Basile le Grand, évêque de Césarée de Cappadoce, Naucratios, qui se fit ermite mais mourut prématurément, saint Pierre, évêque de Sébaste, Théosebie, diaconesse.

Saint Grégoire naquit aux alentours de l’an 335. Après avoir gravi les premiers échelons des ordres ecclésiastiques, il abandonna cette voie pour aller vers une vie mondaine, devint rhéteur comme son père et se maria (vers 364, mais il devint veuf assez rapidement semble-t-il). Son grand frère saint Basile le Grand le ramène cependant assez vite vers une vie plus religieuse. Il compose en 371 un Eloge de la Virginité, et est élu – contre son gré et sur l’instigation expresse de son frère Basile – évêque de Nysse, petite cité de Cappadoce, en 372, afin de fortifier le nombre d’évêques catholiques dans la province, face aux poussées de l’Arianisme alors promu par l’empereur Valens. Du reste saint Grégoire est déposé du siège de Nysse en 376 par un synode arien, et il est exilé par l’empereur. Il rentre triomphalement dans son évêché en 378 à la mort de Valens. Le 1er janvier suivant voit la mort de son frère Basile de Césarée, dont il prononce le panégyrique ; il fait de même pour sa sœur aînée sainte Macrine la Jeune, dont il partage les derniers moments, lui inspirant un traité fameux sur la mort (le Dialogue sur l’âme et la résurrection).

Après la mort de son frère Basile, il est probable que saint Grégoire se soit senti investi du devoir de poursuivre l’œuvre de son frère comme guide et référence du parti catholique contre les anti-nicéens : il participe au concile local d’Antioche de 379 puis joue un rôle prépondérant au second concile œcuménique, celui de Constantinople, réunit l’an 381 par le nouvel empereur, Théodose Ier : Grégoire apparait comme la référence théologique du concile, où on lit publiquement les deux premiers livres de son traité Contre Eunome, vaste traité contre l’Arianisme. Il est ensuite chargé de missions en Arabie, à Jérusalem et en Arménie. Le 25 août 385, il prononce à Constantinople l’éloge funèbre de la princesse Pulchérie, morte à l’âge de 6 ans, unique enfant de l’empereur Théodose Ier, et peu après, celui de l’impératrice Flacilla : saint Grégoire apparait alors comme l’orateur officiel de la cour. Après l’installation de l’empereur à Milan en 386, saint Grégoire, eut alors loisir de regagner sa ville épiscopale de Nysse et enfin se consacrer à rédiger de brillants ouvrages de théologie, d’homélies, de traités monastiques, parmi lesquels la Grande Catéchèse (386) ou encore Sur les titres des psaumes (où il développe une théologie de la musique).

Saint Grégoire de Nysse meurt vers 395. Avec son frère saint Basile de Césarée et leur ami commun saint Grégoire de Naziance, il est compté comme l’un des trois saints et grands docteurs cappadociens.

Il faut toujours prier sans se décourager. Car c’est de l’acte de prier que naît le fait d’être avec Dieu, et celui qui est avec Dieu est séparé de l’adversaire. Même si nous étendons la conversation avec Dieu à toute notre vie dans l’action de grâces et la prière, nous sommes aussi éloignés d’une forme convenable de compensation que si nous n’avions pas eu l’intention de donner même le début d’une compensation à notre bienfaiteur.
Saint Grégoire de Nysse, Première homélie sur le Notre Père.

*

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de Sa Sainteté. Et maintenant. Theotokion de tierce.
Kondakion : du dimanche.
A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de la fête. Et maintenant. Theotokion de sexte.
Kondakion : de la fête.

A la divine liturgie de saint Jean Chrysostome

Tropaires des Béatitudes : 4 tropaires du ton dominical occurrent, auxquels on ajoute 4 tropaires de la 5ème ode du canon de la fête – œuvre de saint Côme le Mélode, évêque de Maïouma (c. 675 † vers 787) et de saint Jean Damascène (676 † 749), & 4 tropaires de la 6ème ode du canon de Sa Sainteté, œuvre de saint Jean Damascène :
1. Souviens-toi de nous, Christ Sauveur du monde, * comme sur la croix tu t’es souvenu du bon Larron, * & rends-nous dignes, seul Seigneur compatissant, ** d’avoir tous notre part en ton royaume, dans les cieux.
2. Adam, écoute, avec Eve, réjouis-toi, * car celui qui jadis vous dépouilla tous les deux * & dont la ruse nous rendit captifs ** est anéanti par la Croix du Christ.
3. Sur l’arbre de la croix, Sauveur, tu acceptas d’être cloué * pour sauver Adam de la malédiction méritée sous l’arbre défendu * et lui rendre la ressemblance à ton image, Dieu de bonté, ** ainsi que le bonheur d’habiter le Paradis.
4. En ce jour le Christ est ressuscité du tombeau, * à tout fidèle accordant l’incorruptible vie ; * aux Myrrophores il donne l’annonce de la joie ** après ses Souffrances & sa divine Résurrection.
5. Une foule innombrable s’étant rassemblée * pour être baptisée par Jean, * celui-ci se tenait au milieu et disait : * Qui vous a appris, rebelles, à éviter la colère à venir ? * Produisez donc des fruits dignes du Christ ; ** déjà par sa présence il nous donne la paix.
6. Celui qui a planté la création, * au milieu de nous se tenant comme l’un de nous, * prend possession des cœurs et, tenant en main * le van purificateur, il vanne sagement, * brûlant ce qui est stérile sur l’aire du monde entier ** pour accorder la vie éternelle à qui porte du fruit.
7. Le Créateur, voyant dans les ténèbres du péché, * tenu par de solides liens, celui qu’il façonna de ses mains, * le hisse sur ses épaules, * pour le laver dans le bouillonnement des grandes eaux ** de l’antique déshonneur qu’Adam s’était causé par son méfait.
8. Courons de tout l’élan de notre foi * vers les sources immaculées de ce flot sauveur, * fixant nos yeux sur le Verbe qui nous offre * d’un sein pur le breuvage étanchant la soif de Dieu ** comme un doux remède pour guérir le monde de son mal.
9. Toi dont l’esprit était doué d’humilité * et qui manifestais envers tous de la douceur, * Grégoire, tu t’es montré combatif ** envers ceux qui voulaient diminuer la gloire du Christ.
10. L’étrange division de la Trinité * que prônait Arius en son bavardage effronté, * Grégoire, tu l’as renversée ** entièrement par tes sages discours.
11. Lui qui pensait, dans son ignorance, qu’en la Trinité * les personnes, au lieu d’être unies, sont confondues, * Sabellius fut réfuté en ennemi de Dieu ** par toi, Grégoire bienheureux.
12. Ô Vierge, tu as enfanté * et vierge après l’enfantement tu demeuras ; * Vierge et Mère, tu portas en vérité ** celui qui porte l’univers en ses mains.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 6 : Les vertus angéliques sur ton tombeau, * les gardes pétrifiés de crainte, * Marie près de ton sépulcre cherchait ton corps très pur ; * Toi, Tu captives l’enfer sans être séduit. * Tu vas à la rencontre de la Vierge, ** Tu donnes la Vie, ô Ressuscité des morts, gloire à toi !
2. Tropaire de la fête, ton 1 : Dans le Jourdain, lorsque tu fus baptisé, Seigneur, * fut manifestée l’adoration due à la Trinité : * car la voix du Père te rendit témoignage * en te désignant comme son Fils bien-aimé ; * et l’Esprit, sous forme de colombe * confirma l’irréfragable vérité de cette parole. * Tu t’es manifesté, Christ-Dieu, ** et tu as illuminé le monde, gloire à toi !
3. Tropaire de Sa Sainteté, ton 4 : Dieu de nos Pères, * dont la clémence agit toujours envers nous, * n’éloigne pas de nous ta miséricorde, * mais par leurs supplications * gouverne notre vie dans la paix.
4. Kondakion du dimanche, ton 6 : De sa main, source de vie, * le Donateur de vie a ressuscité tous les morts du fond des ténèbres, * lui, le Christ Dieu, * qui a accordé la résurrection à l’homme qu’il avait façonné, * car il est le Sauveur, la résurrection et la Vie de tous, ** lui, le Dieu de l’univers.
5. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
6. Kondakion de Sa Sainteté, ton 2 : De l’Eglise il fut un hiérarque divin, * de la Sagesse, l’hymnographe vénéré, de Nysse, l’esprit vigilant, * avec les Anges exultant * et jouissant de la divine lumière, ** prie sans cesse pour nous tous.
7. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
8. Kondakion de la fête, ton 4 : En ce jour de l’Epiphanie * l’univers a vu ta gloire * car, Seigneur, tu t’es manifesté * et sur nous resplendit ta lumière ; * c’est pourquoi en pleine connaissance nous te chantons : * Tu es venu et t’es manifesté, ** Lumière inaccessible.

Prokimen
Du dimanche après la Théophanie, ton 1 :
℟. Que ta miséricorde soit sur nous, Seigneur, * selon l’espérance que nous avons mise en toi. (Psaume 32, 22).
℣. Justes, exultez dans le Seigneur, aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1).
De Sa Sainteté, ton 7 :
℟. Elle a du prix aux yeux du Seigneur, la mort de ses serviteurs (Psaume 115, 5).

Epîtres
Du dimanche après la Théophanie : Ephésiens (§ 224) IV, 7-13.
Or la grâce a été donnée à chacun de nous, selon la mesure du don du Christ.
Du Vénérable Père : I Corinthiens (§ 151) XII, 7-11.
Or c’est un seul et même Esprit qui opère toutes ces choses, distribuant à chacun selon qu’il lui plaît.

Alleluia
Du dimanche après la Théophanie, ton 5 :
℣. Ton amour, Seigneur, à jamais je le chante, d’âge en âge ma parole annonce ta fidélité (Psaume 88, 2).
℣. Car j’ai dit : l’amour est bâti à jamais, aux cieux tu as fondé ta fidélité (Psaume 88, 3).
Du Vénérable Père, ton 6 :
℣. Bienheureux l’homme qui craint le Seigneur, et qui a une grande affection pour ses commandements (Psaume 111, 1).

Evangiles
Du dimanche après la Théophanie : Matthieu (§ 8) IV, 12-17.
Ce peuple qui était assis dans les ténèbres a vu une grande lumière, et la lumière s’est levée sur ceux qui étaient assis dans la région de l’ombre de la mort.
De Sa Sainteté : Matthieu (§ 11) V, 14-19.
Celui donc qui violera l’un de ces moindres commandements, et qui apprendra aux hommes à les violer, sera regardé dans le royaume des cieux comme le dernier ; mais celui qui fera et enseignera, sera grand dans le royaume des cieux..

A la commémoraison de la Très-Sainte Mère de Dieu durant l’anaphore eucharistique (de la fête)
Mégalynaire : Magnifie, mon âme, * la Toute-vénérable reine de l’armée des cieux, * la très sainte Vierge Mère de Dieu.
Hirmos : O merveille qui dépasse tout esprit, * ton enfantement, Epouse immaculée ; * par toi, Mère bénie, ayant trouvé le salut, * nous t’offrons un chant d’action de grâces mérité ** & comme bienfaitrice t’acclamons.

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
De Sa Sainteté : La mémoire du juste sera éternelle (Psaume 111, 6). Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme de la messe solennelle de Requiem pour Louis XVI

LouisXVI

Saint-Eugène, le vendredi 21 janvier 2022, Requiem solennel de 19h.

Je meurs innocent de tous les crimes qu’on m’impute. Je pardonne aux auteurs de ma mort, et je prie Dieu que le sang que vous allez répandre ne retombe jamais sur la France ».
Louis XVI.

  • Introït : de la messe de Requiem d’André Campra (1660 † 1744), maître de chapelle de Notre-Dame de Paris et du roi Louis XV à Versailles
  • Kyrie : plain-chant grégorien
  • Epître : II Macchabées XII, 43-46 : Car s’il n’avait espéré que ceux qui avaient été tués ressusciteraient un jour, il eût regardé comme une chose vaine et superflue de prier pour les morts.
  • Graduel & trait : plain-chant grégorien
  • Séquence Dies iræ : de la Missa pro defunctis de l’Abbé Homet, maître de chapelle de Notre-Dame de Paris et de Saint-Germain L’Auxerrois (XVIIIème siècle)
  • Evangile : jean VI, 37-40 : Or la volonté de mon Père qui m’a envoyé, est que je ne perde aucun de tous ceux qu’il m’a donnés, mais que je les ressuscite tous au dernier jour.
  • Offertoire : plain-chant grégorien
  • Sanctus & Benedictus : de la messe de Requiem d’André Campra (1660 † 1744), maître de chapelle de Notre-Dame de Paris et du roi Louis XV à Versailles
  • Agnus Dei : de la messe de Requiem d’André Campra (1660 † 1744), maître de chapelle de Notre-Dame de Paris et du roi Louis XV à Versailles
  • Pendant la communion : De profundis – grand motet de Michel-Richard de Lalande (1657 † 1726), maître de la Chapelle des rois Louis XIV & Louis XV (extraits)
  • Communion : plain-chant grégorien
  • Sortie : Domine salvum fac Regem – Prière pour le roi, de la Messe « Gaudete in Domino semper » du Sacre de Louis XVI (célébré en la Cathédrale de Reims, le dimanche de la Trinité, 11 juin 1775), par François Giroust (1737 † 1799), son maître de chapelle

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