Catéchisme sur la Naissance de Jésus-Christ

Adoration des bergers - Sylvain Riandet

Demande. Quelle fête l’Eglise célèbre-t-elle le 25 décembre prochain ?
Réponse. L’Eglise célèbre la Fête de la Naissance de Jésus-Christ, vulgairement appelée Noël.
Explication. Le mot de Noël était anciennement en France un cri d’allégresse & de joie ; il était d’usage aux fêtes & aux réjouissances publiques, comme aux baptêmes des princes, aux entrées des rois, à leur sacre & dans de pareille circonstances. C’est ici une acclamation de joie de la Naissance du Sauveur.

D. Quel jour Jésus-Christ est-il né ?
R. Jésus-Christ est né le vingt-cinq décembre.

D. Dans quel endroit Jésus-Christ est il né ?
R. Jésus-Christ est né à Bethléem, petite ville de Judée.
Explication. Un prophète l’avait ainsi annoncé & avait même nommé cette ville ; ce n’est pas que la Sainte Vierge & saint Joseph y demeurassent, leur séjour ordinaire était à Nazareth ; mais l’Empereur Auguste ayant ordonné un dénombrement général de la Judée, chaque chef de famille fut obligé de se rendre dans la ville d’où dépendait le lieu de sa demeure, pour y donner son nom. La Sainte Vierge, malgré sa grossesse, ne se dispensa point de ce voyage.

D. Quelles sont les autres circonstances de la Naissance de Jésus-Christ ?
R. Jésus-Christ est né dans une pauvre étable au milieu de la nuit.
Explication. L’affluence extraordinaire des peuples qu’occasionna ce dénombrement général, & peut-être plus encore la pauvreté de Marie, furent cause qu’elle ne trouva point de place dans les hôtelleries de Bethléem. Elle fut obligée de se retirer dans une cabane voisine de cette bourgade (c’était une retraite de bergers qui veillaient sur leur bétail pendant la nuit) ; ce fut là que l’auguste Mère de Dieu mit au monde le Sauveur du monde même sans aucune douleur, & sans la moindre altération de sa virginité.

D. Qu’entendit-on d’extraordinaire à la Naissance du Sauveur ?
R. On entendit les cantiques des Anges qui annonçaient la Naissance du Sauveur & la paix à l’univers.
Explication. Les Esprits célestes chantaient dans les airs le commencement de ce cantique célèbre que l’Eglise dit à la sainte messe : Gloire à Dieu au plus haut des cieux, & paix aux hommes de bonne volonté sur la terre. La Naissance du Sauveur étant le plus grand de tous les bienfaits, il n’est pas étonnant que les chœurs des Anges l’aient annoncée par leurs divins cantiques.

D. Qui sont ceux qui les premiers adorèrent Jésus-Christ dans la crèche ?
R. Ce furent les bergers, auxquels les Anges annoncèrent la venue du Sauveur.
Explication. Un Ange tout brillant de lumière apparut aux bergers qui veillaient sur leurs troupeaux. Cette vue les remplit de frayeur ; l’Ange les rassura aussitôt : Je viens vous apprendre, leur dit-il, la plus heureuse des nouvelles, une nouvelle qui doit vous combler de joie. Il vient de naître un Sauveur dans la ville de David ; empressez-vous d’aller lui présenter vos hommages ; vous le reconnaitrez à la crèche qui lui sert de berceau, & aux langes qui l’enveloppent. Allons, se dirent mutuellement les bergers, allons à Bethléem, voyons cette merveille que le ciel même vient de nous annoncer. Ils arrivent à la cabane, se prosternent devant le divin Enfant, l’adorent comme leur Dieu, & s’en retournent pleins d’admiration & de joie.

D. Pourquoi Jésus-Christ est-il venu au monde ?
R. Jésus-Christ est venu au monde pour nous racheter du péché & de l’enfer.
Explication. Sans la médiation de Jésus-Christ, les hommes étaient perdus sans ressource. L’outrage que le péché avait fait à Dieu était un outrage d’une malice infinie ; toutes les créatures ensemble ne pouvaient le réparer ; il n’y avait qu’un Dieu pénitent & humilié qui put satisfaire à la justice d’un Dieu méprisé & outragé. Cette satisfaction infinie était donc l’unique ressource de l’homme : voilà pourquoi le Fils de Dieu, qu’un amour sans bornes engagea à se faire notre victime & notre caution, a voulu se revêtir de notre mortalité, & commencer, comme le reste des hommes, dans les larmes & la douleur, la vie qu’il devrait un jour donner pour nous sur la croix.

D. Quelles sont les vertus principales que le Sauveur nous apprend dans sa Naissance ?
R. Le Sauveur nous apprend principalement l’humilité, l’amour de la pauvreté & des souffrances.

D. Comment le Sauveur nous apprend-il l’humilité dans sa Naissance ?
R. En méprisant les grandeurs & en naissant dans l’état le plus obscur.
Explication. Il s’est anéanti lui-même, dit l’Apôtre, en prenant la forme d’un esclave ; il a quitté sa gloire, sa majesté, sa grandeur, en les voilant sous les dehors de notre mortalité : quels anéantissements ! Il va plus loin : non content de s’assujettir à toutes les infirmités de l’enfance, ce Dieu si grand, à qui tout appartient, qui peut naître au milieu de l’éclat & de la magnificence, veut naître dans une chaumière ouverte de toutes parts : quelle leçon !

D. Comment le Sauveur nous enseigne-t-il l’amour de la pauvreté dans sa Naissance ?
R. En naissant de parents pauvres, & dans le sein même de la pauvreté.
Explication. Jésus-Christ eût choisi, s’il eût voulu, des parents distingués par leurs richesses & par leur opulence ; mais il n’eût pas commencé sa vie sainte par nous donner une des plus grandes leçons de son Evangile. Heureux sont les pauvres : ce Dieu qui devait un jour ne pas avoir où reposer sa tête, permet que la Famille royale, dont il est l’héritier, soit, au temps de sa Naissance, réduite à la pauvreté & à l’indigence. Joseph vivait du travail de ses mains ; Marie, suivant la tradition, n’avait pas d’autre ressource. Le Sauveur voulut naître, vivre & mourir pauvre, pour nous apprendre que la pauvreté soufferte en vue de Dieu, est une des plus sûres voies pour arriver au ciel.

D. Comment le Sauveur nous apprend-il l’amour des souffrances en naissant ?
R. En se soumettant lui-même aux souffrances & à la douleur.
Explication. Le Sauveur souffre déjà dans sa Naissance, & commence ainsi le grand ouvrage de notre Rédemption pour lequel il est venu sur la terre ; ses souffrances ne se terminent qu’à la mort par les douleurs les plus inconcevables. En voyant ce Dieu Enfant déjà sujet à souffrir pour nous, ne devrions-nous pas nous réjouir nous-mêmes lorsque l’occasion se présente de souffrir, pour accomplir en nous, suivant l’expression de l’Apôtre, ce qui manque à ses douleurs ?

D. Pourquoi l’Eglise a-t-elle institué la fête de Noël ?
R. Pour remercier Jésus-Christ du grand bienfait de sa Naissance.
Explication. C’est en cette fête qu’on peut bien s’écrier avec l’Ecriture : Grâces à Dieu d’un don qui est au dessus de toute expression & que l’esprit de l’homme ne comprendra jamais. Le bienfait est si grand, que, pour en remettre sans cesse la mémoire sous les yeux des Chrétiens, tous ceux qui portent ce nom ont fait de la Naissance de Jésus-Christ l’époque qui fixe les années ; en sorte qu’en pensant à chaque année, il semble qu’on doive se rappeler la Naissance du Sauveur.

D. Pourquoi célèbre-t-on trois messes le jour de Noël ?
R. Pour honorer les trois naissances de Jésus-Christ.

D. Quelle est la première naissance de Jésus-Christ, en l’honneur de laquelle on dit la première messe, qui est celle de minuit ?
R. C’est la naissance temporelle dont l’Eglise célèbre la fête.
Explication. La messe se dit à minuit, au temps même, comme on le croit, de la Naissance du Sauveur. Il faut alors adorer Jésus naissant, pour imiter, dit un concile de Bourges, la piété des bergers qui allèrent pendant cette nuit adorer Jésus-Christ dans l’étable de Bethléem.

D. Quelle est la seconde naissance de Jésus-Christ à l’honneur de laquelle on dit la seconde messe à la pointe du jour ?
R. C’est la naissance de Jésus-Christ dans le cœur des justes qui se fait par la grâce.

D. Quelle est la troisième naissance de Jésus-Christ à l’honneur de laquelle on dit la troisième messe en plein jour ?
R. C’est la naissance éternelle de Jésus-Christ dans le sein de son Père.

D. Est-on obligé d’entendre trois messes le jour de Noël ?
R. Non : il n’y a point de loi de l’Eglise qui l’ordonne, mais c’est une coutume sainte & louable d’y assister.

D. N’y avait-il pas autrefois une communion générale le jour de Noël ?
R. Oui, cette communion était prescrite comme à Pâques.
Explication. C’était autrefois un précepte de communier à Noël & à la Pentecôte comme à Pâques. Le concile de Latran n’exigea plus que la communion pascale à cause du relâchement des Chrétiens ; on voit néanmoins des conciles postérieurs à celui de Latran ordonner encore la communion aux principales fêtes ; en particulier celui de Toulouse de 1229, qui se tint quatorze ans après. Il ajoute même qu’on regardera comme suspects d’hérésie ceux qui ne satisferont pas à ce devoir.

D. Quels fruits retirons-nous de ce catéchisme ?
R. Trois principaux. 1. Se confesser & communier si le confesseur le juge à propos. 2. Adorer Jésus enfant, & le remercier de ce qu’il est né pour nous sauver. 3. S’appliquer à la pratique des vertus dont il nous donne l’exemple.

Abbé Meusy, Cathéchisme des Fêtes, Besançon, 1774

Catéchisme sur le Dimanche

Eglise en Californie avant le Concile Vatican II

Demande. Que signifie le mot Dimanche ?
Réponse. Le mot de Dimanche signifie le jour du Seigneur.

D. Pourquoi dites-vous que le dimanche est le jour du Seigneur ?
R. Parce que le dimanche est un jour que Dieu s’est réservé, pour être consacré à son culte et aux exercices de Religion.

D. L’observance du dimanche est-elle bien ancienne ?
R. L’observance du dimanche est aussi ancienne que la Religion chrétienne.

D. Y a-t-il une obligation particulière de sanctifier le dimanche ?
R. Oui : Dieu en fait un commandement exprès.

D. Que faut-il faire pour sanctifier le dimanche ?
R. En général, il faut pratiquer les œuvres de la Religion, s’abstenir des œuvres serviles et des œuvres mauvaises.

D. Quels sont, en particuliers, les devoirs qu’il faut remplir pour sanctifier le dimanche ?
R. Il y en a plusieurs.

D. Quel est le premier devoir qu’il faut remplir pour sanctifier le dimanche ?
R. Le premier et le principal est d’assister à la sainte messe.

D. Quelle est la messe à laquelle on doit principalement assister le dimanche ?
R. On doit, autant qu’on le peut, assister à la messe de sa paroisse.

D. Est-on obligé d’assister à la messe de sa paroisse ?
R. Oui, on y est obligé.

D. Quel est le second devoir qu’il faut remplir pour sanctifier le dimanche ?
R. Il faut assister aux instructions qui se font à la messe de paroisse, c’est-à-dire au prône.

D. Que remarquez-vous encore de particulier à la messe de paroisse ?
R. L’aspersion de l’eau bénite et le pain bénit.

D. Qu’est-ce que l’eau bénite ?
R. L’eau bénite est de l’eau commune, sanctifiée par les prières de l’Eglise.

D. Que faut-il faire pendant l’aspersion de l’eau bénite ?
R. Il faut former un acte de contrition, demander à Dieu la pureté du cœur et la grâce d’entendre saintement la messe.

D. Que signifie le pain que l’on bénit chaque dimanche à la messe de paroisse ?
R. Le pain bénit signifie l’union et la charité qui doivent régner parmi les Chrétiens.

D. Quel est le troisième devoir qu’il faut remplir pour sanctifier le dimanche ?
R. Il faut assister aux vêpres, et aux autres exercices de piété qui se font dans les paroisses.

D. Quelles sont les autres pratiques de piété par lesquelles on sanctifie le dimanche ?
R. Ce sont les congrégations, les conférences et les catéchismes.

D. Quelles sont les choses qu’il faut éviter le dimanche ?
R. Il faut éviter les œuvres serviles et les œuvres mauvaises.

D. Qu’entendez-vous par œuvres serviles ?
R. J’entends par œuvres serviles, celles par lesquelles on a coutume de gagner sa vie, comme font les artisans et manouvriers.

D. N’est-il jamais permis de travailler les dimanches et fêtes ?
R. Il est permis de travailler les dimanches et les fêtes, en cas de nécessité pressante.

D. Qu’entendez-vous par les œuvres mauvaises qu’il faut éviter, surtout les dimanches et les fêtes ?
R. J’entends principalement les spectacles, les jeux, les danses et la fréquentation des cabarets.

D. Comment faut-il finir la journée du dimanche ?
R. Il faut, le dimanche sur le soir, autant qu’il est possible, faire une visite au Saint-Sacrement.

D. Quels fruits devons-nous tirer de ce catéchisme sur le dimanche ?
R. Trois principaux.

D. Quel est le premier fruit ?
R. C’est d’assister dévotement à la messe de paroisse, au prône, à vêpres, au catéchisme, et à tous les exercices de piété qui se font en commun.

D. Quel est le second fruit ?
R. C’est de réparer, par une sincère douleur et une conduite plus chrétienne, la profanation que nous avons faite d’un si saint jour, en le donnant aux affaires temporelles, à la dissipation, aux amusements, et souvent au péché.

D. Quel est le troisième fruit ?
R. C’est de pratiquer les œuvres de piété que notre état et le temps nous permettront : comme la visite des malades, le soulagement des pauvres, les visites au St. Sacrement, la lecture des livres de piété.

Abbé Meusy, Cathéchisme des Fêtes, Besançon, 1774

Catéchisme sur sainte Madeleine

Sainte Marie-Madeleine par Guido Reni

Demande. Quelle fête célébrons-nous le 22 juillet prochain ?
Réponse. La fête de sainte Madeleine.

D. D’où était cette sainte ?
R. On ne le sait pas certainement.

D. Sainte Madeleine est-elle cette pécheresse convertie qui répandit des parfums sur les pieds du Sauveur, et la même que Marie, sœur de Lazare ?
R. On manque encore ici de preuves certaines : il n’importe pas beaucoup de le décider.

D. Quelle faveur Notre Seigneur accorda-t-il premièrement à sainte Madeleine ?
R. Il la délivra de sept démons dont elle était possédée.

D. Le démon pourrait-il s’emparer du corps d’une personne qui ne serait pas en péché ?
R. Oui : Dieu peut permettre ce genre d’affliction comme il permet les autres.

D. Quelle est la possession du démon, que nous devons tous appréhender davantage ?
R. C’est celle par laquelle il devient maître de nos âmes quand nous péchons mortellement.

D. Que fit sainte Madeleine après avoir été délivrée du démon ?
R. Elle suivit le Sauveur dans le cours de ses prédications, en contribuant de ses biens pour lui fournir ce dont il avait besoin.

D. Que nous apprend cette conduite de sainte Madeleine ?
R. Trois choses : 1. à être reconnaissants pour les bienfaits que nous recevons ; 2. à être empressés à nous instruire des vérités du salut ; 3. à aider selon notre pouvoir les personnes qui sont dans le besoin.

D. Sainte Madeleine a-t-elle encore donné d’autres preuves de son attachement pour le Sauveur ?
R. Oui, elle a montré l’amour le plus généreux au temps de la Passion du Sauveur.

D. En quoi parut l’amour de sainte Madeleine, à l’occasion de la Passion du Sauveur ?
R. Il parut surtout en deux choses.

D. Quelle est la première chose par où sainte Madeleine fit paraître son amour pour le Sauveur au temps de la Passion ?
R. En l’accompagnant au Calvaire, et en restant au pied de sa croix avec la sainte Vierge et saint Jean.

D. Quelle est la seconde chose par où sainte Madeleine témoigna son grand amour pour Jésus ?
R. En accompagnant son corps quand on le porta au sépulcre, et en prenant des précautions pour lui donner une sépulture honorable.

D. Quelles précautions prit la Sainte pour donner à Jésus une sépulture honorable ?
R. Elle alla à Jérusalem acheter des aromates pour embaumer le corps du Sauveur.

D. L’embauma-t-elle en effet ?
R. Non : lorsqu’elle revint au sépulcre, Jésus était déjà ressuscité.

D. Qu’est-ce que nous apprend le zèle que témoigna sainte Madeleine pour donner au Sauveur une sépulture honorable ?
R. Il nous apprend quelle est l’utilité et le mérite des œuvres de miséricorde qu’on exerce envers les morts.

D. Par quelle faveur Jésus-Christ a-t-il récompensé l’amour que lui a témoigné sainte Madeleine ?
R. En lui apparaissant la première, et en la choisissant pour porter aux Apôtres la consolante nouvelle de sa résurrection.

D. Quel fruit tirerons-nous de la fête de sainte Madeleine, et de ce catéchisme ?
R. Deux principaux : 1. d’avoir une grande dévotion envers sainte Madeleine ; 2. de nous animer à la pratique des vertus dont elle nous donne l’exemple.

D. Pourquoi devons-nous avoir une grande dévotion envers sainte Madeleine ?
R. 1. Parce que c’est pour nous inspirer cette dévotion, que l’Eglise a établi la fête de sainte Madeleine ; 2. parce que, si nous avons de la dévotion envers elle, nous ressentirons l’effet de sa protection.

D. Entre les vertus dont sainte Madeleine nous a donné l’exemple, quelle est celle que tout le monde peut et doit spécialement pratiquer ?
R. C’est un grand amour pour Notre Seigneur.

Abbé Meusy, Cathéchisme des Fêtes, Besançon, 1774

Catéchisme sur le Purgatoire & sur la prière pour les morts

Antoni Guerra le Jeune (1666 † 1711) - Les Ames du Purgatoire, 1709

Demande. De quoi l’Eglise s’occupe-t-elle le lendemain de la Toussaint (ou le 3 novembre lorsque le 2 tombe un dimanche) ?
Réponse. L’Eglise s’occupe de prières générales qu’elle fait pour les âmes du Purgatoire.

D. Pourquoi l’Eglise a-t-elle destiné un jour pour prier généralement pour les morts ?
R. Afin de procurer aux morts un soulagement général, surtout aux âmes les plus abandonnées.

D. Pourquoi l’Eglise a-t-elle fixé ces prières le lendemain de la Toussaint ?
R. Pour faire remarquer l’union admirable qui règne entre les membres de l’Eglise.
Explication. Il y a trois Eglises : la triomphante qui est dans le Ciel, la souffrante qui est dans le Purgatoire, la militante qui est sur la terre. Ces trois Eglises n’en font qu’une sous le même Chef qui est Jésus-Christ. Les saints nous protègent, nous les honorons ; nous prions pour les âmes du Purgatoire, & nos suffrages les soulagent : c’est en quoi consiste cette union, qui est appelée la communion des saints.

D. L’usage de prier pour les morts est-il ancien dans l’Eglise ?
R. Oui, l’Eglise a toujours prié pour les morts dès les premiers siècles.

D. Qu’est-ce que l’Ecriture sainte & la Tradition nous apprennent à ce sujet ?
R. Elles nous apprennent qu’il est de foi qu’il y a un Purgatoire.
Explication. Le passage du Livre des Macchabées est au-dessus de toute réplique. Saint-Paul parle dans ses Epîtres d’un baptême pour les morts, & d’un feu qui doit purifier ceux qui sortent de ce monde, encore redevables de la justice de Dieu. Voyez dans l’histoire (chez les Pères de l’Eglise depuis Tertullien) les preuves de la Tradition.

D. Qu’est-ce que le Purgatoire ?
R. C’est un lieu où les âmes des justes achèvent de satisfaire à Dieu en souffrant les peines dues à leurs péchés.
Explication. Les saints ne croient point exagérer en assurant que les peines du Purgatoire sont extrêmes, excessives, inexprimables, plus terribles que tout ce que nous pouvons imaginer ; ils ne mettent de différence entre ces peines & celles de l’Enfer, que la durée & le désespoir, qui ne peuvent convenir à des âmes justes.

D. Quels sont les principaux motifs qui doivent nous engager à prier pour les morts ?
R. La gloire de Dieu, le soulagement des morts, notre intérêt particulier & la charité chrétienne.

D. Pourquoi la gloire de Dieu est-elle un motif de prier pour les morts ?
R. Parce que les âmes du Purgatoire loueront Dieu plus parfaitement dans le Ciel.

D. Comment le soulagement des morts est-il un motif de prier pour eux ?
R. Parce que leurs souffrances seront abrégées par les secours que nous leur accorderons.

D. Quel intérêt particulier avons-nous de prier pour les morts ?
R. Parce que les âmes du Purgatoire s’intéresseront spécialement pour nous auprès de Dieu.

D. Comment la charité chrétienne nous oblige-t-elle à prier pour les morts ?
R. Parce que les morts sont nos frères en Jésus-Christ, & que la charité chrétienne doit s’étendre à tous les hommes.
Explication. Quelquefois, la justice même nous oblige de prier pour les morts : combien de personnes qui sont cause des tourments que souffrent certaines âmes dans le Purgatoire par les péchés qu’elles leur ont fait commettre lorsqu’elles étaient sur la terre ? Ces personnes sont dans une étroite obligation de procurer à ces morts tous les secours qui dépendent d’elles.

D. Quel est l’esprit de l’Eglise le jour des morts ?
R. C’est que chacun prie pour tous les morts en général.
Explication. L’Eglise, dans l’office public de ce jour, ne prie pour aucun mort en particulier, elle offre son sacrifice pour tous en général ; son dessein est aussi de soulager spécialement les âmes les plus abandonnées & qui ont le moins de secours.

D. Par quels moyens peut-on soulager les âmes du Purgatoire ?
R. On peut les soulager par la prière, par l’aumône, par toutes sortes de bonnes œuvres, & principalement par le saint sacrifice de la Messe.

D. Quel fruit devons-nous retirer de ce catéchisme ?
R. C’est de faire chaque jour quelques prières pour les âmes du Purgatoire.

Abbé Meusy, Cathéchisme des Fêtes, Besançon, 1774

Catéchisme sur la Fête de tous les Saints

Jean Fouquet - La Trinité, la Vierge & tous les saints

Demande. Quelle fête l’Eglise célèbre-t-elle le 1er novembre ?
Réponse. L’Eglise célèbre la Fête de tous les Saints qu’on nomme vulgairement Toussaint.

D. Cette fête est-elle ancienne dans l’Eglise ?
R. Elle a été instituée en l’an 835 par le pape Grégoire IV.

D. N’est-elle établie qu’en l’honneur des saints dont on fait la fête pendant l’année ?
R. Elle est établie en l’honneur de tous les saints qui sont dans le ciel.
Explication. Il n’était pas possible d’établir des fêtes particulières en l’honneur de chacun des saints qui sont dans le ciel ; d’ailleurs un grand nombre ne sont pas connus ; cependant tous les saints méritent notre culte, & l’Eglise a institué cette fête générale afin que nous remplissions ce devoir. Cette fête intéresse même chaque chrétien en particulier ; il n’y en a point qui n’ait quelque parent, quelque ami, quelques enfants dans le ciel, on ne fait pas assez attention que c’est aussi leur fête, qu’on doit les honorer & s’adresser à eux avec toute la confiance que mérite le pouvoir qu’ils ont auprès de Dieu.

D. Pour quelles raisons l’Eglise a-t-elle établi la Fête de la Toussaint ?
R. Pour quatre raisons principales.

D. Quelle est la première raison de l’Eglise dans l’institution de la Toussaint ?
R. C’est pour honorer tous les saints qui sont dans le ciel, n’étant pas possible de les honorer tous par des fêtes particulières.

D. Quelle est la seconde raison ?
R. C’est pour réparer les fautes qu’on fait pendant l’année dans la célébration des fêtes.
Explication. C’est ce que dit expressément le pape Urbain IV dans la bulle de l’institution de la Fête-Dieu.

D. Quelle est la troisième raison ?
R. C’est pour exciter les chrétiens à la vertu par l’exemple des saints.
Explication. Pourquoi, se disait saint Augustin à lui-même, pourquoi ne pourrais-tu pas faire ce que tels & tels que tu connais ont fait ? Et pourquoi ne pourrions-nous pas faire nous-même ce que tant de saints ont fait avant nous ? Ces saints étaient dans l’état où nous sommes, ils avaient les mêmes passions, peut-être de plus vives que nous ; ils n’avaient pas d’autres moyens de salut ; pourquoi ne les imiterions-nous pas ? Nous avons de plus qu’eux l’exemple qu’ils nous ont laissé.

D. Quelle est la quatrième raison ?
R. C’est pour obtenir plus facilement ce que nous demandons à Dieu par l’intercession de tant de saints.
Explication. De nous-mêmes que pouvons-nous ? Faibles, fragiles, souvent vicieux, de quels secours, de quelle protection n’avons-nous pas besoin pour trouver grâce devant la Majesté infinie que nos péchés ont outragée ? Le pouvoir des saints n’est pas douteux. Intéressons-les en notre faveur en leur demandant le puissant secours de leur médiation. L’intérêt qu’ils prennent à la gloire de Dieu & à notre salut assure le succès de nos demandes.

D. Que faut-il faire pour entrer dans l’esprit de l’Eglise en cette fête ?
R. Trois choses principales.

D. Quelle est la première ?
R. Il faut remercier Dieu de la gloire qu’il a accordée aux saints.

D. Quelle est la seconde ?
R. Il faut nous souvenir que nous sommes créés pour le même bonheur, & désirer ardemment d’y parvenir.

D. Quelle est la troisième ?
R. Il faut sanctifier toutes les actions de notre vie & prendre les saints pour modèle de notre conduite.
Explication. Nous arriverions tous au ciel si nous imitions les saints ; nous deviendrions ce qu’ils sont aujourd’hui si nous pratiquions comme eux les vertus chrétiennes. Et que faut-il pour cela ? Sanctifier chacune de nos actions, mêmes les plus ordinaires, les faire en esprit de religion & en vue de Dieu : voilà le grand secret des saints. Qui peut refuser de suivre un chemin si facile pour arriver au comble du bonheur ? Et quand il y aurait quelques peines à le faire, la récompense infinie qui en est le prix ne doit-elle pas nous engager à faire les plus grands sacrifices ? On fait chaque jour pour de vils intérêts, ou pour satisfaire ses passions des efforts bien plus grands que ceux que la religion nous prescrit pour être éternellement heureux.

Abbé Meusy, Cathéchisme des Fêtes, Besançon, 1774

Catéchisme sur l’Assomption

L'Assomption par Nicolas Poussin

Demande. Quelle fête célébrons-nous le 15 août prochain ?
Réponse. Nous célébrons la fête de l’Assomption.

D. Qu’est-ce que l’Eglise honore le jour de l’Assomption ?
R. L’Eglise honore la mort précieuse de la sainte Vierge, & son entrée glorieuse dans le ciel.

D. Comment la Vierge est-elle morte ?
R. La sainte Vierge est morte mue par la force de son amour pour Dieu.
Explication. On ne sait ni le temps précis, ni les circonstances de la mort de la très-sainte Vierge. Suivant une tradition ancienne, on croit que la Mère de Dieu mourut à Ephèse où elle s’était retirée avec saint Jean. Les Ephésiens se glorifiaient d’avoir son tombeau dans leur ville ; d’autres assurent qu’il était dans la vallée de Josaphat. Au reste la sainte Vierge mourut sans crainte, ne soupirant qu’après le bonheur d’être réunie à son divin Fils. Sa mort fut le dernier acte & en même temps le précieux effet de l’amour sacré qui embrassait son cœur.

D. La sainte Vierge est-elle montée en corps & en âme dans le ciel après sa mort ?
R. C’est la foi de l’Eglise que la sainte Vierge est en corps & en âme dans le ciel, de même que le patriarche Enoch & le saint prophète Elie, & qu’elle y est placée au-dessus des anges & des saints.
Explication. Voyez les témoignages de l’antiquité dans Tillemont, Histoire ecclésiastique, tome I, Baronius dans ses notes sur le Martyrologe romain, Joly sur ceux d’Usuard, &c.

D. Pourquoi Dieu a-t-il élevé la sainte Vierge à un si haut degré de gloire ?
R. A cause de son éminente dignité de Mère de Dieu & de sa sainteté parfaite.
Explication. C’est en ce jour de triomphe que Marie est reçue dans le ciel comme la fille bien-aimée du Père Eternel, comme la Mère auguste du Verbe incarné, comme l’épouse toute pure du Saint Esprit. Elle est déclarée Reine du ciel & de la terre ; tous ces prodiges sont une suite de sa qualité de Mère de Dieu, & la récompense de ses admirables vertus.

D. Que faut-il faire en ce jour pour entrer dans l’esprit de l’Eglise ?
R. Il faut remercier Dieu des grandes faveurs qu’il a accordées à la très-sainte Vierge.
Explication. Ces faveurs, ces grâces nous regardent nous-mêmes, & Dieu nous a eu en vue en les accordant à Marie. Ce doit être pour nous un grand sujet de confiance & de joie que la gloire immense à laquelle la Mère de Dieu est élevée dans le ciel.

D. Que faut-il faire encore en ce jour ?
R. Il faut implorer la protection de la sainte Vierge, & lui promettre de la servir & de l’imiter.

D. Pourquoi fait-on une procession solennelle à vêpres le jour de l’Assomption ?
R. Pour satisfaire aux vœux de Louis XIII, qui a mis la Famille royale & la France sous la protection de la sainte Vierge.
Explication. Ce fut en 1638 que Louis XIII se voyant sans enfant, & craignant des troubles dans le Royaume s’il n’avait point d’héritier, fit ce vœu & consacra sa personne, sa famille, son état, sa couronne & ses sujets à la Mère de Dieu. Il fit en conséquence construire le grand autel de l’Eglise de Notre-Dame de Paris ; il ordonna que chaque année dans tout le Royaume on ferait à vêpres une procession solennelle en mémoire de cette consécration & pour la renouveler. Il enjoint aux archevêques & évêques de son Royaume d’avertir ses sujets d’avoir une dévotion particulière à la sainte Vierge, & d’implorer sa protection sur la France.

D. Que faut-il faire pendant la procession ?
R. Il faut prier Dieu pour le roi, pour la Famille royale & pour tout le Royaume.
Explication. C’est une étroite obligation de prier pour les princes ; mais nous n’avons pas besoin de ce motif en France pour nous engager à prier pour nos rois ; nous le trouvons dans notre amour pour eux. Les papes ont accordé des indulgences à tous ceux qui font des prières pour les rois de France, protecteurs de l’Eglise : nouveau motif pour nous de remplir ce devoir. J’ai rapporté ces indulgences & la déclaration de Louis XIII dans le Code de la Religion. Voyez le titre de la dévotion à Marie, tome I.
Prions encore spécialement pour la conservation du précieux dépôt de la Foi en France. Il semble qu’il y ait dans le Royaume très-chrétien une conspiration formée d’anéantir la Religion chrétienne. Mais que peut-elle craindre tant que l’auguste & religieux sang des BOURBON tiendra les rênes de son Empire ?

Abbé Meusy, Cathéchisme des Fêtes, Besançon, 1774

Catéchisme sur la Fête-Dieu

Procession Fete-Dieu

D. Quelle fête l’Eglise célèbre-t-elle le jeudi après la fête de la Sainte Trinité ?
R. L’Eglise célèbre la fête du Très Saint Sacrement, autrement dit la Fête du Corps & du Sang de Jésus-Christ dans l’Eucharistie, vulgairement appelée la Fête-Dieu.

D. Quand Jésus-Christ a-t-il institué cet admirable Sacrement ?
R. Jésus-Christ l’a institué le Jeudi Saint, la veille de sa mort.

D. Pourquoi l’Eglise ne fait-elle pas la Fête du Saint Sacrement le Jeudi Saint ?
R. Parce qu’elle est alors occupée de la Passion & de la mort de Jésus-Christ.
Explication. L’Eglise fait néanmoins cette Fête le Jeudi Saint, autant que les circonstances peuvent le lui permettre mais elle est alors trop occupée pour la célébrer comme elle le désirerait ; c’est ce qui l’a engagée à transférer la fête de l’institution du Saint Sacrement, afin qu’elle fût célébrée avec toute la pompe & l’éclat qui lui conviennent. Cette fête est, à proprement parler, le supplément de celle du Jeudi Saint.

D. Dans quel temps a-t-on célébré cette fête au jour où elle est maintenant ?
R. Elle a été célébrée d’abord à Liège en 1246 puis ordonnée pour tout l’Occident par le pape Urbain IV en 1264.

D. Pourquoi l’Eglise a institué cette fête particulière ?
R. Pour quatre raisons principales.

D. Quelle est la première raison de l’institution de la Fête du Saint Sacrement ?
R. C’est pour remercier Jésus-Christ de l’institution de ce sacrement adorable.

D. Quelle est la seconde raison ?
R. C’est pour rendre à Jésus-Christ dans ce sacrement adorable les honneurs qui lui sont dus.

D. Quelle est la troisième raison ?
R. C’est pour s’opposer aux hérétiques qui ont osé attaquer Jésus-Christ dans le Saint Sacrement.
Explication. Cette raison est une des causes principales de l’institution de cette auguste solennité. C’est la coutume de l’Eglise de défendre le dogme par quelque rit ou cérémonie, par des fêtes, des usages, des pratiques ; en un mot par quelque chose d’extérieur qui prémunisse les chrétiens & les avertisse de prendre garde aux séductions des hérétiques, & c’est ce qu’elle fait dans cette occasion.

D. Quelle est la quatrième raison ?
R. C’est pour réparer les outrages que Jésus-Christ reçoit dans le Sacrement de son amour.
Explication. Combien d’outrages ce divin Sauveur ne reçoit-il pas dans ce Sacrement ineffable de la part des hérétiques qui le blasphèment, de la part de tant de chrétiens qui communient indignement & profanent ainsi le plus redoutable de nos Mystères ? Combien d’horribles sacrilèges n’ont pas commis les sectaires contre le Saint Sacrement de l’Autel, surtout durant les guerres que l’hérésie excita pendant le seizième siècle ? On ne peut penser qu’avec horreur à ce que firent les Zwingliens, les Calvinistes et les autres sectateurs. L’histoire de ces temps n’est remplie que des impiétés qu’ils commirent de toutes parts, surtout en Allemagne & en France.

D. Pourquoi l’Eglise a-t-elle établi la procession de la Fête du Très Saint Sacrement ?
R. Pour trois raisons.

D. Quelle est la première raison pour laquelle on fait la procession du Saint Sacrement ?
R. C’est pour marquer la victoire & le triomphe que Jésus-Christ remporte sur les ennemis de ce Sacrement adorable.
Explication. C’est la raison que donne le saint Concile de Trente. Il était en effet bien juste de dédommager en quelque sorte le Sauveur des outrages des hérétiques ; de là vient la pompe & la magnificence avec lesquelles tout l’univers catholique s’empresse de faire ces augustes processions. Elles se font surtout à Angers avec toute la solemnité possible, parce que c’est dans cette ville que Béranger attaqua le premier le dogme de l’Eucharistie, le plus grand des bienfaits de Dieu, ce bien par excellence que les premiers chrétiens appelaient le bien parfait, bonum perfectum.

D. Quelle est la seconde raison ?
R. C’est pour sanctifier nos places publiques, nos rues & nos maisons par la présence adorable de Jésus-Christ.
Explication. Si les anciens patriarches regardaient comme sacrés les lieux où les anges leur avaient apparu, s’ils y dressaient des autels, s’ils y offraient des victimes, si Moïse même ne devait approcher que pieds nus du buisson ardent par respect pour la présence de Dieu, que devraient faire des chrétiens pénétrés de la réalité de la présence de Jésus-Christ ? Avec quelle religieuse frayeur ne devraient-ils pas regarder les lieux que sa présence auguste a sanctifié ?

D. Quelle est la troisième raison ?
R. C’est pour exciter par cet auguste spectacle la foi & la piété des chrétiens.

D. Avec quels sentiments faut-il assister aux processions du Très Saint Sacrement ?
R. Il faut y assister avec les sentiments d’une foi vive & d’une adoration profonde.

D. Quelle pratique de piété peut-on faire le jour de la Fête-Dieu ?
R. Il faut faire une visite à Jésus-Christ par manière d’amende honorable pour lui demander pardon de tous les outrages qu’il reçoit dans le Saint Sacrement.

D. Pourquoi visite-t-on le Saint Sacrement le soir du Jeudi Saint ou même pendant la nuit ?
R. Pour faire amende honorable à Jésus-Christ de tout ce qu’il a souffert pour nous dans sa passion, & qu’il souffre encore tous les jours dans le Sacrement adorable de son amour.
Explication. Une coutume bien louable & bien salutaire que plusieurs chrétiens observent, est de dire souvent ces paroles remarquables : Loué & adoré soit Jésus-Christ dans le Très Saint Sacrement de l’Autel. C’est une pratique sainte qui ne peut trop se répandre, parce que quelques louanges que nous donnions à Jésus-Christ sur les prodiges de puissance & d’amour qu’il opère dans la divine Eucharistie, nous n’en dirons jamais assez, & il sera toujours infiniment au-dessus de toutes nos louanges.

D. Que faut-il faire pendant l’octave du Très Saint Sacrement ?
R. Il faut, autant qu’on le peut, assister tous les jours à la sainte Messe & aux offices où l’on donne la bénédiction du Très Saint Sacrement.
Explication. Les bénédictions du Très Saint Sacrement n’ont été en usage que depuis que les sectaires se sont déchaînés contre ce Sacrement auguste : elles ont été principalement établies pour marquer de plus en plus la foi de la présence réelle, & rien n’est plus propre à attirer sur nous les grâces du ciel que cette sainte cérémonie ; car si les bénédictions des anciens patriarches étaient désirées avec tant d’ardeur, comme nous le voyons par les plaintes d’Esaü, & par l’empressement de Sara à procurer celle d’Isaac à son cher Jacob, combien ne devons-nous pas souhaiter davantage les bénédictions de Jésus-Christ, le principe & la source de toutes les grâces ? avec quel respect ne devons-nous pas les recevoir ?

Abbé Meusy, Cathéchisme des Fêtes, Besançon, 1774