Programme du IInd dimanche après l’Epiphanie

2nd dimanche après l'Epiphanie - les noces de CanaSaint-Eugène, le dimanche 19 janvier 2020, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

Le troisième mystère de l’Epiphanie :
les noces de Cana.

Le troisième Mystère de l’Épiphanie nous montre la consommation des plans de la divine miséricorde sur le monde, en même temps qu’il nous manifeste une troisième fois la gloire de l’Emmanuel.

L’Etoile a conduit l’âme à la foi, l’Eau sanctifiée du Jourdain lui a conféré la pureté, le Festin Nuptial l’unit à son Dieu.

Nous avons chanté l’Époux sortant radieux au-devant de l’Épouse ; nous l’avons entendu l’appeler des sommets du Liban ; maintenant qu’il l’a éclairée et purifiée, il veut l’enivrer du vin de son amour. »

Dom Guéranger.

A la sainte messe :

L'Epiphanie : les noces de Cana

IIndes vêpres du IInd dimanche après l’Epiphanie. Au salut du Très-Saint Sacrement :

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Les Noces de Cana

Programme de la fête de la Théophanie

Fête de la Théophanie - baptême du Christ au JourdainParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le samedi 18 janvier 2020 du calendrier grégorien – 5 janvier 2020 du calendrier julien, grandes vêpres et bénédiction des eaux à 18h30, le dimanche 19 janvier 2020 du calendrier grégorien – 6 janvier 2020 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

La fête de l’Epiphanie (« manifestation ») est aussi appelée dans le rit byzantin fête de la Théophanie (« manifestation de Dieu »), car Dieu s’est manifesté dans sa gloire Trinitaire au jour du baptême du Christ dans le Jourdain (ce terme de Théophanie se retrouve aussi en Occident très fréquemment dans les manuscrits liturgiques latins médiévaux comme synonyme d’Epiphanie).

Cette fête est l’une des douze grandes fêtes de l’année liturgique byzantine.

A l’origine, les chrétiens orientaux fêtaient la Nativité du Christ le 6 janvier, et l’Eglise arménienne du reste est la seule à avoir conservé cette disposition primitive jusqu’à aujourd’hui. En Occident, et à Rome en particulier, on fêtait la Nativité du Christ le 25 décembre. Saint Jean Chrysostome nous enseigne que la date du 25 décembre choisie par les Romains avait été déterminée en consultant les archives impériales des recensements effectués sous le règne d’Auguste ; il témoigne qu’Antioche avait décidé de suivre Rome quelques années avant son épiscopat. Désormais, les Eglises d’Orient fêteraient Noël le 25 décembre et garderaient au 6 janvier la fête du baptême du Christ. En contrepartie, si l’on peut dire, les chrétiens d’Occident accueillaient la fête de l’Epiphanie, y célébrant l’adoration des mages (le Christ est manifesté comme Dieu à des païens), le baptême au Jourdain (le Christ est manifesté comme Dieu à son baptême par la voix du Père et la venue de l’Esprit Saint) et les noces de Cana (le Christ manifesté comme Dieu par son premier miracle).

Dans le rit byzantin, comme dans la plupart des autres rits chrétiens (éthiopien, copte, syriaque par exemple, et même romain, même si cela est tombé de l’usage commun), on procède à la bénédiction solennelle des eaux dans la nuit de la Théophanie (normalement celle-ci intervient après le chant des grandes vêpres). Les textes employés par la liturgie byzantine pour cette bénédiction ont été composés par saint Sophrone, patriarche de Jérusalem de 634 à 638.

Mais pourquoi n’est-ce pas le jour de la naissance du Sauveur plutôt que celui de son baptême qui est appelé Epiphanie ? Car c’est en ce jour qu’il fut baptisé et qu’il sanctifia les eaux. Aussi, dans cette solennité, vers le milieu de la nuit, tous vont puiser de l’eau qu’ils mettent en réserve dans leurs maisons, pour la garder l’année entière, en mémoire de ce qu’à pareil jour, les eaux ont été sanctifiées. Et par un miracle évident, le temps n’a aucune influence sur la nature de cette eau, car après un an, quelquefois deux et même trois, elle demeure pure et fraîche, et malgré cet espace de temps, on né la distingue pas de celle qui vient d’être prise à la source. Mais pour quelle cause ce jour est-il appelé manifestation ? Parce que Notre-Seigneur fut manifesté aux hommes, non le jour de sa naissance, mais le jour de son baptême, car jusque-là il était à peu près inconnu. Qu’il n’ait pas été généralement connu, et que la plupart aient ignoré qui il était, c’est ce qui ressort de ces paroles de Jean-Baptiste Il y a quelqu’un au milieu de vous que vous ne connaissez pas. (Jean, 1, 26.) Et faut-il s’étonner si les autres ne le connaissaient pas quand Jean-Baptiste lui-même l’ignorait jusqu’à ce jour ? Et je ne le connaissais pas moi-même, dit-il, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : Celui sur qui vous verrez descendre et demeurer le Saint-Esprit, est celui qui baptise dans le Saint-Esprit. (Jean, I, 33.)
Saint Jean Chrysostome, Homélie sur la Théophanie.

A matines
Texte des hirmi du canon de saint Côme de Maïouma pour les matines de la Théophanie.

Aux heures
A tierce & à sexte Gloire au Père. Tropaire de l’avant-fête. Et maintenant. Theotokion de l’heure.
Kondakion : de la fête.

Les psaumes des typiques ainsi que les Béatitudes, au début de la divine liturgie, sont remplacées par les trois antiennes suivantes :

Première antienne, ton 1 – Psaume CXIII
V/. Quand Israël sortit d’Egypte, * la maison de Jacob de chez un peuple barbare (Psaume 113, 1).
Ant. Par les prières de la Mère de Dieu, * Sauveur, sauve-nous.
V/. Juda devint son peuple saint, * Israël son domaine (Psaume 113, 2).
Ant. Par les prières de la Mère de Dieu, * Sauveur, sauve-nous.
V/. La mer le vit & s’enfuit, * le Jourdain retourna en arrière (Psaume 113, 3).
Ant. Par les prières de la Mère de Dieu, * Sauveur, sauve-nous.
V/. Qu’as-tu, mer, à t’enfuir, * Jourdain, à retourner en arrière ? (Psaume 113, 5)
Ant. Par les prières de la Mère de Dieu, * Sauveur, sauve-nous.
V/. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit, * Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
Ant. Par les prières de la Mère de Dieu, * Sauveur, sauve-nous.

Seconde antienne, ton 2 – Psaume CXIV
V/. J’aime ! car le Seigneur * écoute les accents de ma prière (Psaume 114, 1).
Ant. Sauve-nous, Fils de Dieu, * qui fut baptisé dans le Jourdain, * nous qui te chantons : « Alléluia ! »
V/. Car il a incliné son oreille vers moi * & moi, je l’invoquerai chaque jour (Psaume 114, 2).
Ant. Sauve-nous, Fils de Dieu, * qui fut baptisé dans le Jourdain, * nous qui te chantons : « Alléluia ! »
V/. La mort m’avait enveloppé dans ses rets, * déjà m’avait saisi l’angoisse de la tombe. * En proie à la détresse & à la douleur, * j’ai invoqué le nom du Seigneur (Psaume 114, 3-4).
Ant. Sauve-nous, Fils de Dieu, * qui fut baptisé dans le Jourdain, * nous qui te chantons : « Alléluia ! »
V/. Le Seigneur est miséricordieux & juste, * & notre Dieu est plein de compassion (Psaume 114, 5).
Ant. Sauve-nous, Fils de Dieu, * qui fut baptisé dans le Jourdain, * nous qui te chantons : « Alléluia ! »
V/. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit, * Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
Ant. Fils unique & Verbe de Dieu, qui es immortel & qui, pour notre salut, as voulu t’incarner de la sainte Mère de Dieu & toujours Vierge Marie, qui, sans changer, t’es fait homme, as été crucifié, Christ-Dieu, et par ta mort as vaincu la mort, l’un de la sainte Trinité, glorifié avec le Père et le Saint-Esprit, sauve-nous.

Troisième antienne, ton 1 – Psaume CXVII
V/. Rendez grâce au Seigneur, car il est bon, car éternel est son amour (Psaume 117, 1).
Ant. Dans le Jourdain, lorsque tu fus baptisé, Seigneur, * fut manifestée l’adoration due à la Trinité : * car la voix du Père te rendit témoignage * en te désignant comme son Fils bien-aimé ; * et l’Esprit, sous forme de colombe * confirma l’irréfragable vérité de cette parole. * Tu t’es manifesté, Christ-Dieu, ** et tu as illuminé le monde, gloire à toi !
V/. Qu’elle le dise la maison de Jacob, car il est bon, car éternel est son amour (Psaume 117, 2).
Ant. Dans le Jourdain, lorsque tu fus baptisé, Seigneur, * fut manifestée l’adoration due à la Trinité : * car la voix du Père te rendit témoignage * en te désignant comme son Fils bien-aimé ; * et l’Esprit, sous forme de colombe * confirma l’irréfragable vérité de cette parole. * Tu t’es manifesté, Christ-Dieu, ** et tu as illuminé le monde, gloire à toi !
V/. Qu’elle le dise la maison d’Aaron, car il est bon, car éternel est son amour (Psaume 117, 3).
Ant. Dans le Jourdain, lorsque tu fus baptisé, Seigneur, * fut manifestée l’adoration due à la Trinité : * car la voix du Père te rendit témoignage * en te désignant comme son Fils bien-aimé ; * et l’Esprit, sous forme de colombe * confirma l’irréfragable vérité de cette parole. * Tu t’es manifesté, Christ-Dieu, ** et tu as illuminé le monde, gloire à toi !
V/. Qu’ils le disent ceux qui craignent le Seigneur, car il est bon, car éternel est son amour (Psaume 117, 4).
Ant. Dans le Jourdain, lorsque tu fus baptisé, Seigneur, * fut manifestée l’adoration due à la Trinité : * car la voix du Père te rendit témoignage * en te désignant comme son Fils bien-aimé ; * et l’Esprit, sous forme de colombe * confirma l’irréfragable vérité de cette parole. * Tu t’es manifesté, Christ-Dieu, ** et tu as illuminé le monde, gloire à toi !

A la petite entrée :
1. Tropaire de la fête, ton 1 : Dans le Jourdain, lorsque tu fus baptisé, Seigneur, * fut manifestée l’adoration due à la Trinité : * car la voix du Père te rendit témoignage * en te désignant comme son Fils bien-aimé ; * et l’Esprit, sous forme de colombe * confirma l’irréfragable vérité de cette parole. * Tu t’es manifesté, Christ-Dieu, ** et tu as illuminé le monde, gloire à toi !
2. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
3. Kondakion de la fête, ton 4 : En ce jour de l’Epiphanie * l’univers a vu ta gloire * car, Seigneur, tu t’es manifesté * et sur nous resplendit ta lumière ; * c’est pourquoi en pleine connaissance nous te chantons : * Tu es venu et t’es manifesté, ** Lumière inaccessible.

A la place du Trisaghion :
R/. Vous tous qui avez été baptisés en Christ, * vous avez revêtu le Christ. * Alléluia. (3 fois)

Prokimen
De la fête, ton 4 :
R/. Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! * Le Seigneur es Dieu, & il nous est apparu (Psaume 117, 26-27).
V/. Rendez grâce au Seigneur, car il est bon, car éternel est son amour. (Psaume 117, 1).

Epître
De la fête : Tite (§ 302) II, 11-14; III, 4-7.
Car la grâce de Dieu, notre Sauveur, a paru à tous les hommes.

Alleluia
De la fête, ton 1 :
V/. Apportez au Seigneur, enfants de Dieu, apportez au Seigneur les petits des béliers (Psaume 28, 1).
V/. La voix du Seigneur a retenti sur les eaux, le Dieu de gloire a tonné, le Seigneur est sur les eaux innombrables (Psaume 28, 3).

Evangile
De la fête : Matthieu (§ 6) III, 13-17.
Et au même instant une voix se fit entendre du ciel, qui disait : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, dans lequel j’ai mis toute mon affection.

A la commémoraison de la Très-Sainte Mère de Dieu durant l’anaphore eucharistique (de la fête)
Mégalynaire : Magnifie, mon âme, * la Toute-vénérable reine de l’armée des cieux, * la très sainte Vierge Mère de Dieu.
Hirmos : Toute langue hésite à te célébrer comme il convient, * & tout esprit, même élevé, est saisi de vertige à te chanter, Mère de Dieu ; * mais comme tu es bonne, reçois notre foi * car tu sais notre amour inspiré par Dieu : ** tu es la protectrice des chrétiens, nous te magnifions.

Verset de communion
De la fête : La grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, s’est manifestée (Tite, 2, 11). Alléluia, alléluia, alléluia.

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Sébastien de Brossard – Missa Quinti Toni pro nocte ac die festi Natalis Domini, quatuor vocum cum organo (1700)

Sébastien de Brossard (1655 † 1730), maître de chapelle des cathédrales de Strasbourg, puis de Meaux.
Missa Quinti Toni pro nocte ac die festi Natalis Domini, quatuor vocum cum organo (1700)
3 voix mixtes (STB).
2 pages.

Appartenant à une vieille famille de la noblesse normande, Sébastien de Brossard fit ses études de philosophie et de théologie à Caen avant d’être ordonné prêtre. Il étudie la musique en autodidacte et s’établit à Paris en 1678. Il est nommé vicaire à la cathédrale de Strasbourg, à la suite de l’annexion de la ville par Louis XIV en 1681. Maître de chapelle de cette cathédrale, il fonde également une Académie de Musique dans la même ville en 1687. C’est aussi à Strasbourg qu’il se procure la majeure partie de sa bibliothèque musicale, devenue légendaire et qui constitue encore aujourd’hui le principal fond ancien du département de la musique de la Bibliothèque nationale de France.

En décembre 1698, il est nommé maître de chapelle de la cathédrale de Meaux, où Jacques-Bénigne Bossuet († 1704) est évêque depuis 1681. Chanoine du chapitre depuis 1709, il laisse la maîtrise à un de ses élèves, en 1715. Il meurt le 10 août 1730 à Meaux et est inhumé en la cathédrale Saint-Étienne de cette ville.

C’est donc pour la cathédrale de Meaux que Brossard compose – du 13 au 16 décembre 1700 – sa « messe du Vème pour la nuit et le jour de la fête de la Naissance du Seigneur », à 4 voix & orgue.

Comme les messes de noël de Guillaume Minoret ou de Marc-Antoine Charpentier, celle de Sébastien de Brossard est établie sur les thèmes des vieux noëls populaires français (thèmes aujourd’hui bien oubliés hélas). Cette messe comporte, outre les pièces usuelles (Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus, Agnus Dei), une élévation – O miraculum ! – et une prière pour le Roi – Domine, salvum fac Regem.

Nous vous proposons dans un premier temps la partition de l’élévation O miraculum !, ainsi que le Kyrie, le Sanctus & l’Agnus Dei de cette messe, avant que de mettre en ligne les fichiers de l’intégralité de cette messe de Sébastien de Brossard.

L’élévation est traitée en petit motet à trois voix solistes (l’Altus en est absent). Le manuscrit de Brossard indique la présence du basson (fagotto) avec la basse continue de l’orgue (dispositif vraisemblablement identique pour tout le restant de la messe).

Le texte de cette élévation n’est curieusement pas l’O salutaris usuel en France depuis qu’un édit de Charles V renouvelée pour Louis XII avait imposé ce chant à toutes les messes hautes du royaume de France. O miraculum ! est tiré des poésies laissées dans les années 1680 par Pierre Portes, chanoine & théologal de la collégiale de Saint-Chamond, l’un de ces poètes néo-latins qui proposaient alors de nouveaux textes à l’attention des compositeurs de motets.

Voici le texte de Pierre Portes utilisé par Sébastien de Brossard et sa traduction. Il convient davantage à la messe de minuit qu’à celles de l’aurore ou du jour de Noël.

O miráculum !
O novitátis prodígium !
In hac tenebrósa nocte
Novum lumen cérnitur
In hac obscúra quiéte
Nobis splendor óritur.
O miráculum !
O novitátis prodígium !
O miracle !
O prodige ultime !
Dans cette ténébreuse nuit
Une nouvelle lumière est discernée.
Dans cette obscure quiétée,
Pour nous une splendeur s’est levée.
O miracle !
O prodige ultime !

Les premières mesures de cette partition :

O miraculum - Sébastien de Brossard

Le manuscrit original de Sébastien de Brossard :

elevatio-o-miraculum-manuscrit-de-sebastien-de-brossard

Comme vous pouvez le constatez, nous vous proposons cette œuvre un ton plus bas que dans le manuscrit de Brossard, afin de tenir compte des diapasons des orgues actuels.

Téléchargez la partition moyennant un « Like » sur l’un des réseaux sociaux ci-dessous. Le lien apparaîtra ensuite.


https://www.youtube.com/watch?v=9qHPd60JSmU

O miraculum - Sébastien de Brossard

O miraculum – Sébastien de Brossard

Catéchisme sur la Naissance de Jésus-Christ

Adoration des bergers - Sylvain Riandet

Demande. Quelle fête l’Eglise célèbre-t-elle le 25 décembre prochain ?
Réponse. L’Eglise célèbre la Fête de la Naissance de Jésus-Christ, vulgairement appelée Noël.
Explication. Le mot de Noël était anciennement en France un cri d’allégresse & de joie ; il était d’usage aux fêtes & aux réjouissances publiques, comme aux baptêmes des princes, aux entrées des rois, à leur sacre & dans de pareille circonstances. C’est ici une acclamation de joie de la Naissance du Sauveur.

D. Quel jour Jésus-Christ est-il né ?
R. Jésus-Christ est né le vingt-cinq décembre.

D. Dans quel endroit Jésus-Christ est il né ?
R. Jésus-Christ est né à Bethléem, petite ville de Judée.
Explication. Un prophète l’avait ainsi annoncé & avait même nommé cette ville ; ce n’est pas que la Sainte Vierge & saint Joseph y demeurassent, leur séjour ordinaire était à Nazareth ; mais l’Empereur Auguste ayant ordonné un dénombrement général de la Judée, chaque chef de famille fut obligé de se rendre dans la ville d’où dépendait le lieu de sa demeure, pour y donner son nom. La Sainte Vierge, malgré sa grossesse, ne se dispensa point de ce voyage.

D. Quelles sont les autres circonstances de la Naissance de Jésus-Christ ?
R. Jésus-Christ est né dans une pauvre étable au milieu de la nuit.
Explication. L’affluence extraordinaire des peuples qu’occasionna ce dénombrement général, & peut-être plus encore la pauvreté de Marie, furent cause qu’elle ne trouva point de place dans les hôtelleries de Bethléem. Elle fut obligée de se retirer dans une cabane voisine de cette bourgade (c’était une retraite de bergers qui veillaient sur leur bétail pendant la nuit) ; ce fut là que l’auguste Mère de Dieu mit au monde le Sauveur du monde même sans aucune douleur, & sans la moindre altération de sa virginité.

D. Qu’entendit-on d’extraordinaire à la Naissance du Sauveur ?
R. On entendit les cantiques des Anges qui annonçaient la Naissance du Sauveur & la paix à l’univers.
Explication. Les Esprits célestes chantaient dans les airs le commencement de ce cantique célèbre que l’Eglise dit à la sainte messe : Gloire à Dieu au plus haut des cieux, & paix aux hommes de bonne volonté sur la terre. La Naissance du Sauveur étant le plus grand de tous les bienfaits, il n’est pas étonnant que les chœurs des Anges l’aient annoncée par leurs divins cantiques.

D. Qui sont ceux qui les premiers adorèrent Jésus-Christ dans la crèche ?
R. Ce furent les bergers, auxquels les Anges annoncèrent la venue du Sauveur.
Explication. Un Ange tout brillant de lumière apparut aux bergers qui veillaient sur leurs troupeaux. Cette vue les remplit de frayeur ; l’Ange les rassura aussitôt : Je viens vous apprendre, leur dit-il, la plus heureuse des nouvelles, une nouvelle qui doit vous combler de joie. Il vient de naître un Sauveur dans la ville de David ; empressez-vous d’aller lui présenter vos hommages ; vous le reconnaitrez à la crèche qui lui sert de berceau, & aux langes qui l’enveloppent. Allons, se dirent mutuellement les bergers, allons à Bethléem, voyons cette merveille que le ciel même vient de nous annoncer. Ils arrivent à la cabane, se prosternent devant le divin Enfant, l’adorent comme leur Dieu, & s’en retournent pleins d’admiration & de joie.

D. Pourquoi Jésus-Christ est-il venu au monde ?
R. Jésus-Christ est venu au monde pour nous racheter du péché & de l’enfer.
Explication. Sans la médiation de Jésus-Christ, les hommes étaient perdus sans ressource. L’outrage que le péché avait fait à Dieu était un outrage d’une malice infinie ; toutes les créatures ensemble ne pouvaient le réparer ; il n’y avait qu’un Dieu pénitent & humilié qui put satisfaire à la justice d’un Dieu méprisé & outragé. Cette satisfaction infinie était donc l’unique ressource de l’homme : voilà pourquoi le Fils de Dieu, qu’un amour sans bornes engagea à se faire notre victime & notre caution, a voulu se revêtir de notre mortalité, & commencer, comme le reste des hommes, dans les larmes & la douleur, la vie qu’il devrait un jour donner pour nous sur la croix.

D. Quelles sont les vertus principales que le Sauveur nous apprend dans sa Naissance ?
R. Le Sauveur nous apprend principalement l’humilité, l’amour de la pauvreté & des souffrances.

D. Comment le Sauveur nous apprend-il l’humilité dans sa Naissance ?
R. En méprisant les grandeurs & en naissant dans l’état le plus obscur.
Explication. Il s’est anéanti lui-même, dit l’Apôtre, en prenant la forme d’un esclave ; il a quitté sa gloire, sa majesté, sa grandeur, en les voilant sous les dehors de notre mortalité : quels anéantissements ! Il va plus loin : non content de s’assujettir à toutes les infirmités de l’enfance, ce Dieu si grand, à qui tout appartient, qui peut naître au milieu de l’éclat & de la magnificence, veut naître dans une chaumière ouverte de toutes parts : quelle leçon !

D. Comment le Sauveur nous enseigne-t-il l’amour de la pauvreté dans sa Naissance ?
R. En naissant de parents pauvres, & dans le sein même de la pauvreté.
Explication. Jésus-Christ eût choisi, s’il eût voulu, des parents distingués par leurs richesses & par leur opulence ; mais il n’eût pas commencé sa vie sainte par nous donner une des plus grandes leçons de son Evangile. Heureux sont les pauvres : ce Dieu qui devait un jour ne pas avoir où reposer sa tête, permet que la Famille royale, dont il est l’héritier, soit, au temps de sa Naissance, réduite à la pauvreté & à l’indigence. Joseph vivait du travail de ses mains ; Marie, suivant la tradition, n’avait pas d’autre ressource. Le Sauveur voulut naître, vivre & mourir pauvre, pour nous apprendre que la pauvreté soufferte en vue de Dieu, est une des plus sûres voies pour arriver au ciel.

D. Comment le Sauveur nous apprend-il l’amour des souffrances en naissant ?
R. En se soumettant lui-même aux souffrances & à la douleur.
Explication. Le Sauveur souffre déjà dans sa Naissance, & commence ainsi le grand ouvrage de notre Rédemption pour lequel il est venu sur la terre ; ses souffrances ne se terminent qu’à la mort par les douleurs les plus inconcevables. En voyant ce Dieu Enfant déjà sujet à souffrir pour nous, ne devrions-nous pas nous réjouir nous-mêmes lorsque l’occasion se présente de souffrir, pour accomplir en nous, suivant l’expression de l’Apôtre, ce qui manque à ses douleurs ?

D. Pourquoi l’Eglise a-t-elle institué la fête de Noël ?
R. Pour remercier Jésus-Christ du grand bienfait de sa Naissance.
Explication. C’est en cette fête qu’on peut bien s’écrier avec l’Ecriture : Grâces à Dieu d’un don qui est au dessus de toute expression & que l’esprit de l’homme ne comprendra jamais. Le bienfait est si grand, que, pour en remettre sans cesse la mémoire sous les yeux des Chrétiens, tous ceux qui portent ce nom ont fait de la Naissance de Jésus-Christ l’époque qui fixe les années ; en sorte qu’en pensant à chaque année, il semble qu’on doive se rappeler la Naissance du Sauveur.

D. Pourquoi célèbre-t-on trois messes le jour de Noël ?
R. Pour honorer les trois naissances de Jésus-Christ.

D. Quelle est la première naissance de Jésus-Christ, en l’honneur de laquelle on dit la première messe, qui est celle de minuit ?
R. C’est la naissance temporelle dont l’Eglise célèbre la fête.
Explication. La messe se dit à minuit, au temps même, comme on le croit, de la Naissance du Sauveur. Il faut alors adorer Jésus naissant, pour imiter, dit un concile de Bourges, la piété des bergers qui allèrent pendant cette nuit adorer Jésus-Christ dans l’étable de Bethléem.

D. Quelle est la seconde naissance de Jésus-Christ à l’honneur de laquelle on dit la seconde messe à la pointe du jour ?
R. C’est la naissance de Jésus-Christ dans le cœur des justes qui se fait par la grâce.

D. Quelle est la troisième naissance de Jésus-Christ à l’honneur de laquelle on dit la troisième messe en plein jour ?
R. C’est la naissance éternelle de Jésus-Christ dans le sein de son Père.

D. Est-on obligé d’entendre trois messes le jour de Noël ?
R. Non : il n’y a point de loi de l’Eglise qui l’ordonne, mais c’est une coutume sainte & louable d’y assister.

D. N’y avait-il pas autrefois une communion générale le jour de Noël ?
R. Oui, cette communion était prescrite comme à Pâques.
Explication. C’était autrefois un précepte de communier à Noël & à la Pentecôte comme à Pâques. Le concile de Latran n’exigea plus que la communion pascale à cause du relâchement des Chrétiens ; on voit néanmoins des conciles postérieurs à celui de Latran ordonner encore la communion aux principales fêtes ; en particulier celui de Toulouse de 1229, qui se tint quatorze ans après. Il ajoute même qu’on regardera comme suspects d’hérésie ceux qui ne satisferont pas à ce devoir.

D. Quels fruits retirons-nous de ce catéchisme ?
R. Trois principaux. 1. Se confesser & communier si le confesseur le juge à propos. 2. Adorer Jésus enfant, & le remercier de ce qu’il est né pour nous sauver. 3. S’appliquer à la pratique des vertus dont il nous donne l’exemple.

Abbé Meusy, Catéchisme des Fêtes, Besançon, 1774

Généalogie de Notre Seigneur Jésus-Christ selon Matthieu

Dominus vobiscum de la généalogie des matines de Noël
Généalogie de Notre Seigneur Jésus-Christ selon Matthieu, des matines de Noël - tradition parisienne 01

Généalogie de Notre Seigneur Jésus-Christ selon Matthieu, des matines de Noël - tradition parisienne 02

Généalogie de Notre Seigneur Jésus-Christ selon Matthieu, des matines de Noël - tradition parisienne 03

Généalogie de Notre Seigneur Jésus-Christ selon Matthieu, des matines de Noël - tradition parisienne 04

Source : Missel de Notre-Dame de Paris (XIIIème siècle) – BnF latin 1112, f° 7 r° & v°.

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Depuis au moins le IVème siècle (comme l’atteste le récit de la pèlerine Egérie à Jérusalem), un évangile est chanté solennellement à la fin de l’office nocturne les dimanches & fêtes. Cet évangile de l’office divin s’est conservé à cet endroit dans la plupart des rits (dans le rit byzantin, il y a ainsi une série des 11 évangiles de la résurrection qui sont chantés aux matines de chaque dimanche, saint Benoît décrit aussi cet évangile de matines auquel on répond Amen dans sa règle, etc…). L’évangile de matines ne reprend pas le texte de l’évangile de la messe du jour, il est chanté par l’évêque, l’abbé ou le prêtre officiant, mais pas par le diacre (contrairement à l’évangile de la messe).

Au rite romain pur cependant, il n’en subsiste aujourd’hui plus grand chose : seul le premier verset de l’évangile du jour est chanté au troisième nocturne et suivi de trois leçons, tirées des homélies des Pères sur cet évangile. Les différents usages diocésains français avaient toutefois conservé une structure primitive plus ancienne du rit romain : usuellement, le chant solennel de l’évangile arrivait – comme dans la règle de saint Benoît – à la fin de l’office nocturne, entre le neuvième répons du dernier nocturne (répons disparu du rit romain actuel) et le Te Deum.

Pour la nuit de Noël, aussi bien chez les bénédictins que dans les antiques usages diocésains français, l’évangile des matines consiste en la généalogie du Christ selon saint Matthieu. Le chant solennel de cette généalogie est modulé depuis toujours sur un ton très particulier, d’une grande beauté. De même, on chantait sur une autre mélodie solennelle la généalogie selon saint Luc à la fin des matines de l’Epiphanie. Certains diocèses connaissaient également le chant solennel au salut après les secondes vêpres de Noël du prologue de saint Jean sur une sublime mélodie (mais cet usage est plus récent).

Lorsque l’usage de chanter les matines de Noël avant la messe de minuit commença à s’effriter, de nombreuses paroisses maintinrent cependant le chant de la généalogie à minuit, avant la première messe de Noël. C’est toujours le cas à Saint-Eugène.

Nous présentons ci-dessus la version parisienne de cette généalogie. Notez que la fin s’achève un peu curieusement, mais cette fin est calculée pour pouvoir enchaîner directement avec l’intonation du Te Deum final.

Les processions des reliques de sainte Geneviève

Indulgences pour les porteurs de la châsse de sainte Geneviève et pour leurs attendantsEntre 885 et 1947, on dénombre 95 processions extraordinaires des reliques de sainte Geneviève. Celles-ci étaient exceptionnelles, elles étaient spécialement organisées par les autorités civiles et religieuses dans des cas de graves calamités publiques, en souvenir de la préservation miraculeuse de Paris obtenue par sainte Geneviève lors de l’invasion des Huns. De nombreux miracles furent recensés au cours de ces processions, parmi lesquels le plus célèbre est celui de la guérison du mal des Ardents.

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Morte en 512 à l’âge de 90 ans, sainte Geneviève fut ensevelie dans la crypte de la basilique dédiée aux saints Apôtres Pierre & Paul, par la volonté de la reine des Francs sainte Clotilde. La construction de cette basilique sur une montagne de Lutèce (le Mont Lucotitius) par le roi Clovis avait répondu à une demande de Geneviève. C’est dans cette même basilique qu’avait déjà été enterré Clovis, mort en 511, et il est probable qu’on déposa le corps de la sainte à côté de celui de son roi (la dépouille de sainte Clotilde les rejoindra après sa mort survenue vers 545).

Par la suite, la grande dévotion & le grand amour des Parisiens envers leur sainte patronne fit que la basilique changea rapidement de nom et devint la basilique Sainte-Geneviève, sur la montagne qui prit elle aussi ce même nom. Un chapitre de chanoine y fut établi, avec à leur tête un abbé, la basilique Sainte-Geneviève devint l’abbatiale de ce monastère. L’église de Saint-Etienne-du-Mont fut construite accolée à l’Abbatiale, afin de servir de paroisse aux habitants du quartier qui se développa sur la Montagne Sainte-Geneviève.

L'église paroissiale de Saint-Etienne-du-Mont (à gauche) et l'Abbatiale Sainte-Geneviève (à droite)

L’église paroissiale de Saint-Etienne-du-Mont (à gauche) et l’Abbatiale Sainte-Geneviève (à droite)

Dès le VIIème siècle, les reliques de sainte Geneviève furent exhumées et placées au dessus du maître-autel dans une châsse splendide conçue par saint Eloi, évêque de Noyon et conseiller du roi Dagobert.

Si en 846, sous le règne de Charles le Chauve, la châsse de sainte Geneviève fut mise en sureté à Athis pour échapper aux premiers pillages des Normands païens, la première procession connue eut lieu en 886, lors du 6ème siège de Paris que les Normands avaient démarrés le 25 novembre 885. Les chanoines de Sainte-Geneviève portèrent la châsse là où le combat était le plus difficile, on fit de même avec la châsse contenant les reliques de saint Germain. Cette action revigora le courage des défenseurs, Paris ne fut pas prise et fut par la suite définitivement délivrée de la fureur des Normands.

La seconde procession connue fut aussi la plus fameuse : elle eut lieu le 26 novembre 1130, alors que le Mal des Ardents – épidémie due à l’ingestion d’ergot de seigle – décimait Paris, ayant déjà fait plus de 14 000 morts. L’évêque de Paris ordonne des jeûnes & des prières publiques, puis conduit la procession avec la châsse de sainte Geneviève, depuis sa basilique jusqu’à Notre-Dame. 100 malades sur 103, après avoir effleuré la châsse lors de son passage, furent miraculeusement guéris (les trois sceptiques moururent) : c’est le fameux Miracle des Ardents, qui est fêté à Paris par une fête particulière chaque 26 novembre, fête instituée l’année suivante, 1131, par le pape Innocent II.

C’est sur le modèle de cette procession de 1130 que toutes les processions subséquentes furent organisées, selon un cérémonial précis qui ne changea guère jusqu’à la fin de l’Ancien Régime. Ainsi, en 1239, lorsque saint Louis demanda que toutes les châsses des saints parisiens vinssent au devant des reliques de la Passion pour les accueillir, les religieux de Sainte-Geneviève refusèrent de sortir la leur, prétextant que sainte Geneviève ne pouvait aller que de l’Abbaye à Notre-Dame (et accompagnée de saint Marcel, comme on le verra ci-après).

Procession de la châsse de sainte Geneviève pour lutter contre le mal des Ardents (1130).

Procession de la châsse de sainte Geneviève en 1130, effectuée pour faire cesser le mal des Ardents (miniature du XIVème siècle).

La première châsse de sainte Geneviève, conçue par saint Eloi au VIIème siècle, fut remplacée par une seconde en 1242, œuvre de l’orfèvre parisien Bonnard ; celle-ci, en vermeil et rehaussée de pierres précieuses, était décorée de médaillons et d’arcades abritant les statues des 12 Apôtres, et pesait 193 marcs d’argent et sept marcs et demi d’or.

Châsse de sainte Geneviève par Bonnard, réalisée en 1242.

Châsse de sainte Geneviève par Bonnard, réalisée en 1242.

La châsse de Bonnard de 1242 fut restaurée en 1614 par l’orfèvre Pierre Nicolle, sur ordre de Benjamin de Brichanteau, 34ème abbé de Sainte-Geneviève et évêque de Laon.

Châsse de sainte Geneviève restaurée par Pierre Nicole en 1614.

Châsse de sainte Geneviève restaurée par Pierre Nicole en 1614.

La châsse fut alors posée sur un socle, au dessus du maître-autel, portées par 4 cariatides dessinées par Le Mercier (actuellement au Musée du Louvre) et entourée d’œuvres de Germain Pilon (les statues de saint Denis et de sainte Geneviève).

Disposition de 1614 - la châsse est élevée sur un socle porté par 4 colonnes et tenue par 4 cariatides sur ordre de Benjamin de Brichanteau, 34ème abbé de Sainte-Geneviève.

Disposition de 1614, voulue par Benjamin de Brichanteau, 34ème abbé de Sainte-Geneviève : la châsse est élevée sur un socle supporté par 4 colonnes et est tenue par 4 cariatides de Le Mercier.

La châsse de sainte Geneviève au dessus du maître-autel de l'église abbatiale

La châsse de sainte Geneviève au dessus du maître-autel de l’église abbatiale, entre les statues de la sainte et de saint Denys, premier évêque de Paris – estampe de Franz Ertinger (1640 † 1710).

La châsse était originairement portée par les Génovéfains, les chanoines réguliers de l’Abbaye de Sainte-Geneviève. En 1412, à la demande des habitants de Paris, une confrérie de sainte Geneviève fut érigée en vertu d’un bref du Pape et de lettres patentes de Charles VI. Puis en 1524, ses membres obtinrent le privilège de porter la châsse aux processions. Cependant, aux premières processions qui suivirent, quatre chanoines génovéfains posaient la main à chaque extrémité du brancard, pour maintenir leur droit.

La Compagnie des porteurs de la châsse fut limitée à 16 membres. Ceux-ci étaient choisis au sein des six corporations marchandes de la ville de Paris : drapiers, épiciers, merciers, pelletiers, bonnetiers, orfèvres, puis quelques temps après, libraires-imprimeurs et marchands de vin. La châsse devait être portée tête nue, pieds nus et sans barbe, en habit de pénitent public (une aube de toile blanche), avec un chapelet à la ceinture. Les membres de la Compagnie, cooptés, étant nommés à vie, on institua rapidement 14 puis 24 « attendants » afin de subvenir aux difficultés physiques des plus âgés. Ces « attendants » portaient des cierges devant la châsse lorsque leur aide n’était pas requise.

L’archevêque de Paris et l’abbé de Sainte-Geneviève ne pouvaient organiser de procession qu’à la suite d’un arrêt du Parlement les y autorisant expressément. Souvent, c’était du reste le Parlement de Paris lui-même qui décidait de la date retenue pour faire la procession.

Avant la procession extraordinaire, chaque paroisse parisienne venait à tour de rôle en procession jusqu’à la basilique-abbaye de Sainte-Geneviève pour y prier ; la veille de la procession, un jour de jeûne général était ordonné par l’archevêque de Paris (les chanoines de Sainte-Geneviève devaient quant à eux démarrer ce jeûne trois jours avant).

La veille, au chant des sept psaumes de pénitence, on procédait à la cérémonie de la descente de la châsse. Celle-ci était ôtée de son piédestal au dessus du maître-autel de la basilique-abbaye, au moyen d’un système de cordes et de poulies, comme le décrit cette une estampe du XVIIème siècle :

Descente de la châsse de sainte Geneviève par Abraham Bosse (1602 † 1646)

Cérémonie de la descente de la châsse de sainte Geneviève par Abraham Bosse (1602 † 1646)

La chasse déposée, le clergé passait la nuit en prière autour d’elle, en chantant les saints offices.

La châsse de sainte Geneviève ne sortait jamais en procession sans être accompagnée de celle de saint Marcel, selon l’ancien dicton : « sainte Geneviève ne sort que si saint Marcel la va quérir ». Saint Marcel avait été au IVème siècle l’évêque de Paris qui avait consacré la jeune sainte dans l’ordre des vierges de sa cité. L’usage voulait que la châsse de saint Marcel, venue de Notre-Dame et portée par des membres de la confrérie des orfèvres, rejoigne d’abord celle de sainte Geneviève dans le chœur de l’Abbaye, où ses porteurs l’inclinait comme pour saluer la sainte, puis la posait sur le maître-autel. Après une oraison, les deux châsses se rendaient en procession, via la rue du Faubourg Saint-Jacques et le Petit-Pont, jusqu’à Notre-Dame. Sur le trajet de la procession, les rues étaient tapissées & décorées, des reposoirs dressés, les boutiques étaient fermées. Arrivés au Petit-Pont, les porteurs des châsses de sainte Geneviève et de saint Marcel échangeait leurs châsses (un pareil échange avait déjà eut lieu sur le parvis de l’Abbaye, car pour sortir, chaque groupe de porteur s’était d’abord chargé de la châsse de l’autre) puis on entrait dans la cathédrale où une messe solennelle était chantée (il s’agissait de la messe votive de la Sainte Vierge).

Le cérémonial de la procession suivait un ordre protocolaire somme toute classique en liturgie :

  • en tête du cortège, les ordres religieux,
  • puis le clergé de certaines paroisses parisiennes – en particulier des deux filles de Sainte-Geneviève : Saint-Médard et Saint-Etienne-du-Mont, avec leurs croix, bannières et reliquaires,
  • portée par les orfèvres, la châsse de saint Marcel,
  • en fin de procession, la châsse de sainte Geneviève, portée par ses confrères pieds nus,
  • suivie des chanoines de Sainte-Geneviève, pieds nus, et de ceux de Notre-Dame de Paris,
  • auxquels succèdent l’abbé de Sainte-Geneviève, pieds nus, & Monseigneur l’archevêque de Paris,
  • enfin les membres des trois cours souveraines (Parlement, Chambre des Comptes, Cour des Aides), le Gouverneur de Paris, les officiers de la Ville (Prévôt des Marchands (l’équivalent du Maire) et les échevins de Paris (l’équivalents des conseillers municipaux), suivis toujours d’un grand concours de peuple.

Après la messe, une procession similaire ramenait la châsse de sainte Geneviève en son Abbaye. Toutefois le clergé de Notre-Dame et la châsse de saint Marcel ne l’accompagnaient que jusqu’à la petite église de Sainte-Geneviève-des-Ardents, située sur le parvis de la cathédrale, où, après les avoir fait se saluer, un échange des deux châsses, similaire à ceux de l’aller, était fait (les porteurs de saint Marcel étaient en effet sortis du chœur de Notre-Dame avec la châsse de sainte Geneviève, et vice et versa). La procession empruntait un autre chemin, passant par la rue Galande, la place Maubert et la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève. Une fois la châsse de la sainte patronne replacée sur son piédestal au son des cloches & des orgues, l’Abbé de Sainte-Geneviève donnait sa bénédiction pontificale. Durant toute une octave, la châsse restait découverte pour permettre au peuple parisien de venir rendre grâce à Dieu & à sa sainte patronne.

Procession de la châsse de sainte Geneviève organisée en 1536 pour faire cesser les pluies diluviennes - retour de la procession après la messe à Notre-Dame de Paris.

Procession de la châsse de sainte Geneviève organisée en 1536 pour faire cesser les pluies diluviennes – retour de la procession après la messe à Notre-Dame de Paris.

Lors de ces processions extraordinaires, tout ce que Paris comportait comme châsses (celles de saint Lucain, saint Merry, sainte Aure, saint Clément, saint Landry, saint Honoré, sainte Opportune, saint Paxent, saint Magloire, sainte Avoye, saint Papan, saint Médéric) s’adjoignaient en général au cortège, dans un déploiement de cérémonies civiles & religieuses fastueux, comme le représente cette gravure ci-après. Notez l’Abbé de sainte Geneviève et ses chanoines suivant la procession pieds nus.

Ordre des anciennes processions avec la châsse de sainte Geneviève

Ordre des anciennes processions avec la châsse de sainte Geneviève

Parmi les processions d’Ancien Régime, évoquons celle de 1239, demandée par saint Louis pour la guérison de son frère le comte d’Artois. Celui-ci, alité à Gonesse, guérit instantanément au moment même où l’on sortait la châsse de l’Abbatiale. Ou bien la procession de janvier 1496, ordonnée en raison de graves inondations, au cours de laquelle Erasme reçut une guérison personnelle. Ou encore celle du 22 juin 1567, ordonnée pour une grande sécheresse : la pluie se mit à tomber avec une telle abondance que la procession eut peine à avancer.

« La magnifique procession de la châsse de Sainte Geneviève patronne de Paris faite le 11 juin 1652 pour la paix. » (pour mettre fin aux troubles de la Fronde). Gravure  à l’eau-forte de 1652 par Nicolas Cochin (1610 † 1686).

« La magnifique procession de la châsse de Sainte Geneviève patronne de Paris faite le 11 juin 1652 pour la paix. » (pour mettre fin aux troubles de la Fronde). Gravure à l’eau-forte de 1652 par Nicolas Cochin (1610 † 1686).

Citons enfin celle du 27 mai 1694, ordonnée en raison d’une terrible sécheresse tandis que la guerre faisait rage : avant la fin de la procession, les nuages s’amoncelèrent et la pluie tomba ; au même moment, le maréchal de Noailles remportait la victoire de la rivière Ter en Espagne (l’annonce n’en parvint à Paris que 3 jours plus tard). Le prévôt des marchands et les échevins de Paris, reconnaissants, commandèrent à Nicolas de Largillière un grand tableau en guise d’ex-voto, peint en 1695 : Sainte Geneviève intercédant pour faire tomber la pluie, tableau conservé aujourd’hui à Saint-Etienne-du-Mont.

Nicolas de Largillière - ex-voto peint en 1695 - Sainte Geneviève intercédant pour faire tomber la pluie.

Nicolas de Largillière – ex-voto peint en 1695 suite à la procession de 1694 – Sainte Geneviève intercédant pour faire tomber la pluie.

En 1744, Louis XV promis le financement d’une nouvelle église abbatiale pour Sainte-Geneviève. Les travaux débutèrent en 1754 selon les plans de Soufflot. En 1762, la crypte était terminée et, le 6 septembre 1764, lors de la pose première pierre de l’église supérieure (l’actuel Panthéon) devant le roi, on déposa la châsse de saint Geneviève dans la nouvelle crypte.

Cérémonie de la pose de la première pierre de la nouvelle basilique de Sainte-Geneviève devant Louis XV le 6 septembre 1764.

Cérémonie de la pose de la première pierre de la nouvelle basilique de Sainte-Geneviève devant Louis XV le 6 septembre 1764.

C’est de cette nouvelle basilique Sainte-Geneviève que partit la dernière procession d’Ancien Régime, le 16 décembre 1765, procession organisée pour demander à Dieu la santé du Dauphin.

Lors de la Révolution dite française, les Révolutionnaires, dans leur hargne à détruire par tous moyens l’attachement des Français à la foi catholique de leurs pères, décidèrent le crime inouï de détruire les précieuses reliques de la jeune fille qui avait tant de fois par le passé sauvé Paris. Ce crime fut effectué après plusieurs étapes. Tout d’abord, le 4 avril 1791, la nouvelle basilique Sainte-Geneviève avait été sécularisée en Panthéon. Le 14 août 1792, les révolutionnaires n’osant encore détruire la châsse de sainte Geneviève, la firent transporter à l’église Saint-Etienne-du-Mont malgré les protestations de Louis XVI, rapportées dans son procès. Après la mort du roi, la châsse de saint Geneviève fut enlevée et déposée à la Monnaie où l’on pilla toutes les pierres précieuses qui y étaient ensachées (beaucoup d’entre elles étaient des cadeaux de reines de France). Le 6 novembre 1793, les membres de la commune de Paris, escortés de volontaires, entrèrent à l’ancienne Abbaye de Sainte-Geneviève à 10 heures du matin pour procéder à l’enlèvement de tous objets de culte. N’y trouvant plus rien, ils y détruisirent les vitraux, les boiseries et les statues. Ils pénétrèrent ensuite dans la crypte, où, ne trouvant rien non plus, ils brisèrent les tombeaux de saint Prudence et saint Céraune. Le 3 décembre 1793, sur ordre du Conseil Général de Paris on brûla en place de Grève, de nuit, le reliquaire de Bonnard qui avait traversé les siècles et les précieux ossements qu’il contenait, avec un ensemble d’ornements ecclésiastiques, étoles, chasubles, mitres et chapes, puis leurs cendres furent jetées à la Seine.

Après la révolution, on réunit des reliques de sainte Geneviève qui avaient été données à différents sanctuaires au cours des âges, et qui avaient pu échapper à la fureur christianophobe des Révolutionnaires, en raison de leurs tailles plus discrètes.

Vue générale des fouilles exécutées en 1807 dans la crypte de l'abbaye Sainte-Geneviève.

Vue générale des fouilles exécutées en 1807 dans la crypte de l’abbaye Sainte-Geneviève.

Au cours du XIXème siècle, pas moins de 5 châsses de sainte Geneviève furent recrées, recevant les différentes reliques qui avaient été rassemblées après la Révolution :

  1. En 1803, on retrouve dans la crypte de l’ancienne Abbatiale une partie de l’antique sarcophage de sainte Geneviève qui y avait été conservé depuis le Vème siècle. En 1807, on la déplaça dans une chapelle latérale de Saint-Etienne-du-Mont (la destruction de l’ancienne Abbatiale, en trop mauvais état, ayant démarré), où elle fut placée dans une grande châsse. Cette châsse ne se déplace pas.
  2. Le 12 décembre 1821, la basilique construite par Soufflot fut rendue au culte catholique. Le 3 janvier 1822, sous l’impulsion de Monseigneur de Quelen, archevêque de Paris, une nouvelle châsse, créée par le célèbre orfèvre Poussielgue-Rusand, fut déposée sur le maître-autel de la nouvelle basilique. On déposa dans cette chasse quelques petits os de sainte Geneviève provenant de divers reliquaires d’églises parisiennes. Le 26 août 1830, Louis Philippe désacralisant le Panthéon, ce reliquaire fut ramené à Notre-Dame, puis revint de nouveau à Sainte-Geneviève lorsque Napoléon III y rétablit le culte en 1854, avant de repartir à Notre-Dame quand la basilique fut à nouveau désacralisée en 1885 par la IIIème République. Ce reliquaire est toujours à Notre-Dame (il vient d’être restauré dans le cadre du 850ème anniversaire de la cathédrale) et est porté en procession.
  3. Une châsse en bois dorée de grandes dimensions provenant de l’abbaye de Chelles (monastère fondé en 657 par sainte Bathilde, épouse de Clovis II) fut placée au début du XIXème siècle au dessus du jubé de Saint-Etienne-du-Mont, entre les colonnes formant l’extrémité du choeur. Cette châsse contient des reliques de sainte Geneviève, mais aussi de saint Charles Borromée, saint Vincent de Paul et de plusieurs autres saints. La reconnaissance des reliques fut faite le 25 mars 1854. Cette châsse n’est pas portée en procession.
  4. On retrouva en 1853 à Notre-Dame, un petit reliquaire oblong en cristal contenant un petit os de Sainte Geneviève. Une châsse, plus légère en bois doré, fut donc offerte par souscription, et commandée à l’orfèvre Chartier. Elle se trouve, très abîmée, dans les réserves de Notre-Dame de Paris.
  5. Une dernière châsse, inaugurée le 3 janvier 1896, est l’oeuvre de l’orfèvre parisien Louis Favier. Elle est placée à Saint-Etienne-du-Mont à côté de la grande châsse du tombeau. Cette châsse est portée en procession.
Châsse du sacorphage antique de sainte Geneviève. A Saint-Etienne-du-Mont.

Châsse du sacorphage antique de sainte Geneviève. A Saint-Etienne-du-Mont.

Châsse de 1854, dite du Panthéon, aujourd'hui à Notre-Dame.

Châsse de 1854 par Poussielgue-Rusand, dite du Panthéon, aujourd’hui à Notre-Dame.

Châsse de 1896 par Favier, conservée à Saint-Etienne-du-Mont.

Châsse de 1896 par Favier, conservée à Saint-Etienne-du-Mont.

3 janvier 1852 - Translation des reliques de sainte Geneviève de l’église Saint-Étienne-du-Mont à l’église Sainte-Geneviève.

3 janvier 1852 – Translation des reliques de sainte Geneviève de l’église Saint-Étienne-du-Mont à l’église Sainte-Geneviève.

Si la Compagnie des porteurs de la châsse de sainte Geneviève fut refondée le 11 janvier 1854, il fallut attendre le XXème siècle pour voir de nouveau des processions extraordinaires parcourir les rues de Paris, en dehors des translations des reliques.

Le 8 septembre 1914, en la fête de la Nativité de la Vierge Marie, alors que rien ne semblait pouvoir arrêter l’armée allemande qui s’approchait dangereusement de Paris, une procession solennelle précédée de trois jours de prières est conduite sur ordre de S.E. le cardinal Amette, archevêque de Paris. Quatre jours après, le 12 septembre (fête du Saint Nom de Marie), la victoire de la Marne permettait d’écarter définitivement le danger de la chute de la capitale.

Une autre procession pour la préservation de Paris fut menée le 19 mai 1940 par S.E. le cardinal Suhard, archevêque de Paris, en présence des membres du gouvernement de M. Paul Reynaud, alors que les Panzerdivisions allemandes déferlaient sur la France par suite de la percée de Sedan du 15 mai.

Une troisième procession eut lieu en janvier 1947 sous la conduite du nonce apostolique Monseigneur Roncalli (futur saint Jean XXIII, qui devait en 1962 placer la Gendarmerie française sous le patronage de sainte Geneviève), assisté de Monseigneur Evrard, ancien évêque de Meaux.

Depuis 2007, de nouvelles processions sont organisées qui ont lieu autour de la fête de sainte Geneviève le 3 janvier, de façon régulière (et non plus extraordinaire), par dévotion et sans référence à une calamité publique précise.

TABLEAU DES PROCESSIONS DES RELIQUES DE SAINTE GENEVIEVE
Date Motifs Commentaires
885 Invasions normandes
26 novembre 1130 Mal des ardents 100 des 103 malades ayant touché la châsses sont guéris. Le Pape Innocent II institue la fête parisienne de sainte Geneviève du Mal des Ardents chaque 26 novembre.
1196 Inondations de 16 jours Processions multiples, en particulier de saint Denis, suivies par Philippe Auguste (rapporté par Rigord)
1206 Inondations Passage de la procession sur le Petit-Pont déjà ébranlé par les flots ; après son passage, il s’écroula et les eaux se retirèrent.
1233 Pluies
1239 Guérison du comte d’Artois Le comte d’Artois est guéri dès le départ de la procession.
1240 Pluies
1242 Pluies Nouvelle châsse réalisée par Bonnard, qui remplace celle de saint Eloi
1283 Une colombe blanche suivit la procession tout au long de son cours et disparut à la fin.
1296
1303? Inondations
juillet 1325 Pluies
6 juin & 10 juillet 1347 Lendemain de la bataille de Crecy et de la perte de Calais En présence de Jeanne de Bourgogne
août 1366 Pluies En présence de Charles V
juillet 1377 En présence de Charles V et des ducs d’Orléans et de Bourgogne
septembre 1380 Minorité de Charles VI Après la mort de Charles V, le 16 septembre.
décembre 1410 Guerres civiles Armagnacs – Bourguignons
juillet 1412 Paix de Bourges
août 1417 Guerre civile et peste
1418 Contre les Bourguignons
12 août 1421 Calamités publiques
25 octobre 1423 Pour la paix
2 juillet 1427
7 janvier 1436 Pluies
avril 1436 Pluies
9 janvier 1437
11 janvier 1438 Pluies
28 octobre 1443 Pluies
31 août 1456 Calamités publiques
septembre 1466 Contagions 40 000 morts
juin 1478 Calamités publiques
12 juin 1481 Maladie de Louis XI
1er septembre 1481 Maladie de Louis XI Rémission qui ne durera que deux ans, jusqu’à sa mort.
janvier 1496 Inondations Procession où participa Erasme pour une guérison personnelle.
juillet 1505 Pluies
juin 1509 Pour le succès des armées de Louis XII
juillet 1512 Pour obtenir la paix
juillet 1513 Contre les Anglais
juin 1517 Sécheresse
mai 1521 Famine Arrivée à Paris de cinq bateaux de blé.
juin 1522 Péril militaire aux frontières Charles Quint et Henri VIII se présentaient simultanément au Sud et au Nord.
août 1523 Pour le succès des armes de François Ier en Italie
mai 1524 Sécheresse
mai 1527 Pluies continuelles
juillet 1529 Guerre et famine Signature du traité de Cambrai en août 1529.
janvier 1530 Inondations
avril 1535 En l’honneur de Dieu, de Nostre Dame et de tous les sainctz et sainctes du Paradis Contre les blasphèmes des Luthériens avec la participation du roi François Ier et de la reine Eléonore.
juillet 1535 Pluies diluviennes
août 1536 Pluies diluviennnes
juillet 1541 Calamités publiques
juillet 1542 Calamités publiques, pour la paix et contre les hérésies
juillet 1543 Pluies continuelles
octobre 1548 Sécheresse
juillet 1549 Arrêter les progrès de l’hérésie
juin 1551 Pluies et grêle
novembre 1551 Pour la conservation de la religion catholique Grande procession avec la participation du roi Henri II.
juin 1552 Prospérité des armes
juillet 1555 Calamités publiques et guerres
juillet 1556 Chaleur et sécheresse
septembre 1557 Calamités publiques et guerres
juillet 1559 Guerison de Henri II après un tournois Henri II décède quelques jours après
juin 1560 Calamités publiques
1563 Délivrer Orléans des Huguenots
juillet 1564 Pluies continuelles
juillet 1566 Mauvais temps
22 juin 1567 Sécheresse La pluie se met à tomber avec une telle abondance que la procession peine à avancer.
novembre 1567 Prospérité des armes
septembre 1568 Grande procession pour la santé du roi Charles IX
septembre 1570 Pluies continuelles
septembre 1572 Pour la défaite des Huguenots
juin 1573 Pour la récolte des blés
juillet 1577 Mauvais temps
décembre 1582 Pour une descendance pour le roi Henri III Le roi, mort sans enfant, laissa le trône à Henri IV qui se convertit en 1593
juin 1584 Calamités publiques
juillet 1587 Pour la récolte des blés
mai 1589 Pour la conservation de la religion catholique
avril 1590 Pour la conservation de la religion catholique
mars 1594 Mauvais temps
juillet 1594 Pluies continuelles
août 1599 Sécheresse
juin 1603 Pluies continuelles Rupture spontanée des chaînes d’un galérien dévôt.
juin 1611 Sécheresse
juin 1615 Sécheresse
juillet 1625 Pluies continuelles
13 juin 1652 Grande procession pour la paix Description dans les mémoires d’André d’Ormesson (fol. 327).
juillet 1675 Calamités publiques, pluies continuelles Madame de Sévigné y assiste.
27 mai 1694 Grande procession contre la sécheresse, et contre la guerre Dès la fin de la procession, le ciel se couvre et la pluie tombe. A l’occasion de ce miracle, le Prévôt des Marchands commande à Largillière le tableau « Sainte Geneviève intercédant pour faire tomber la pluie » encore présent à Saint-Etienne-du-Mont. A l’heure de la procession, le maréchal de Noailles remporte la victoire de la rivière Ter en Espagne.
août 1696 Sécheresse
mai 1709 Pour la récolte des blés
juin 1725 Grande procession en raison des pluies continuelles et du froid
16 décembre 1765 Pour la santé du Dauphin Dernière procession de l’Ancien Régime.
8 septembre 1914 Pour préserver Paris La victoire de La Marne, qui stoppe l’avancée des troupes allemandes vers la capitale, est remportée 4 jours plus tard.
19 mai 1940 Pour préserver Paris En présence du gouvernement. Paris ne subira que peu de dommages au cours de la Seconde Guerre mondiale.
janvier 1947 Reprise des neuvaines à sainte Geneviève Monseigneur Roncalli, nonce apostolique (futur saint Jean XXIII, qui devait en 1962 placer la Gendarmerie française sous le patronage de sainte Geneviève) conduit la procession.

Bénédiction d’une maison en la vigile de la Circoncision du Seigneur

Andrea Mantegna, la Circoncision de Notre Seigneur, 1464Il existait autrefois trois bénédictions des maisons particulières pour le temps de Noël : l’une célébrée en la vigile de Noël, la seconde en la vigile de la Circoncision & la troisième en la vigile de l’Epiphanie. Ces trois bénédictions présentaient la même structure :

  • un Magnificat chanté avec antienne doublée, pendant lequel le prêtre asperge puis encense la maison,
  • le Pater,
  • des versets appropriés conduisant à l’oraison du jour
  • le chant d’un répons tiré de l’office du jour.

Le Rituale Romanum de Paul V de 1614 – dont on fêtait cette année le IVème centenaire – ne contenait pas ces trois bénédictions spéciales au temps de la Nativité, car la volonté du Pape était alors d’éditer un manuel minimaliste, axé sur la théologie des sacrements (afin de mettre en pratique les enseignements du concile de Trente) et ne contenant que le strict essentiel qui était universellement pratiqué. Le Rituel de Paul V ne connait que la bénédiction des maisons le Samedi Saint et une autre commune à tous les temps de l’année. Par ailleurs, Paul V indiquait que son Rituel n’était nullement obligatoire et le Pape laissait subsister les nombreux autres ouvrages propres à des diocèses ou des ordres religieux.

Au cours du XIXème siècle, de nombreuses augmentations furent faites au Rituale Romanum, au point que l’appendice qui se constitua progressivement devint aussi long que le reste de l’ouvrage. Parmi ces augmentations fut insérée la bénédiction des maisons pour l’Epiphanie (Appendicis / De Benedictionibus / Benedictiones non reservatæ / 6. Benedictio domorum in festo Epiphaniæ), en y ajoutant à la fin la bénédiction commune du rituel de Paul V. Cependant, les bénédictions pour Noël & pour la Circoncision ne furent pas reprises par les éditions typiques modernes.

Voici celle pour la vigile de la Circoncision, tirée d’une vaste compilation de rituels anciens, la Collectio sive Apparatus Absolutionum, Benedictiones, Conjurationum, Exorcismorum, Rituum, & Ceremoniarum Ecclesiasticorum, & administrationis Sacramentorum publiée à Rome en 1753 sous la direction du R.P. Bernard Sannig. L’antienne du Magnificat Magnum hæreditátis Mystérium, du 2nd ton, est celle des secondes vêpres de la fête. Le répons Verbum caro factum est le 7ème des matines de Noël et le 8ème des matines du dimanche dans l’octave de Noël.

Benedictio Domus in Vigilia Circumcisionis Domini.

Bénédiction d’une maison en la vigile de la Circoncision du Seigneur.

Sacerdos ingrediens Domum dicat. Le prêtre, entrant dans la maison, dit :
V/. Pax huic Dómui. V/. Paix à cette maison
R/. Et ómnibus habitántibus in ea. R/. Et à tous ses habitants.
Antiphona. Magnum * hæreditátis Mystérium, Templum Dei factus est Uterus nesciéntis virum ; non est pollútus ex ea carnem assúmens : omnes gentes vénient dicéntes : Glória tibi, Dómine. Alleluia. Antienne. O grand mystère de l’hérédité divine ! Le sein d’une vierge est devenu le temple de Dieu ; celui qui d’elle a pris chair n’a contracté aucune souillure ; toutes les nations viendront et diront : Gloire à vous, Seigneur.
Magníficat * ánima mea Dóminum. Mon âme glorifie le Seigneur.
Et exsultavit spíritus meus * in Deo salutári meo. Et mon esprit est rempli de joie en Dieu mon Sauveur.
Quia respéxit humilitátem ancíllæ suæ : * ecce enim ex hoc beátam me dicent omnes generatiónes. Parce qu’il a regardé la bassesse de sa servante ; car désormais toute la postérité m’appellera bienheureuse.
Quia fecit mihi magna qui potens est : * et sanctum nomen ejus. Parce que celui qui est tout-puissant a fait en moi de grandes choses ; et son nom est saint.
Et misericórdia ejus a progénie in progénies * timéntibus eum. Et sa miséricorde se répand de race en race sur ceux qui le craignent.
Fecit poténtiam in bráchio suo : * dispérsit supérbos mente cordis sui. Il a déployé la force de son bras : il a détruit les desseins que les superbes méditaient en leur cœur.
Depósuit poténtes de sede, * et exaltávit húmiles. Il a renversé les grands de leur trône ; & il a élevé les humbles & les petits.
Esurientes implévit bonis : * et dívites dimísit inánes. Il a comblé de biens ceux qui souffraient la faim ; & il a privé de tout les riches.
Suscépit Israel púerum suum, * recordátus misericórdiæ suæ. Il a pris la défense d’Israël son serviteur, se ressouvenant de sa miséricorde.
Sicut locútus est ad patres nostros, * Abraham et sémini ejus in sæcula. Ainsi qu’il l’a promis à nos Pères, à Abraham, & à sa postérité pour toujours.
Glória Patri, et Fílio, * et Spirítui Sancto. Gloire au Père, et au Fils, et au Saint Esprit.
Sicut erat in princípio, et nunc, et semper, * et in sæcula sæculórum. Amen. Comme il était au commentcement, et maintenant, et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
Aspergitur, & incensatur Domus. Pendant le Magnificat, le prêtre asperge d’eau bénite puis encense la maison.
Antiphona. Magnum hæreditátis Mystérium, Templum Dei factus est Uterus nesciéntis virum ; non est pollútus ex ea carnem assúmens : omnes gentes vénient dicéntes : Glória tibi, Dómine. Alleluia. Antienne. O grand mystère de l’hérédité divine ! Le sein d’une vierge est devenu le temple de Dieu ; celui qui d’elle a pris chair n’a contracté aucune souillure ; toutes les nations viendront et diront : Gloire à vous, Seigneur.
Pater noster. Notre Père.
secreto usque ad En secret jusqu’à
V/. Et ne nos indúcas in tentatiónem. V/. Et ne nous laissez pas succomber à la tentation.
R/. Sed líbera nos a malo. R/. Mais délivrez-nous du mal.
V/. Vocátum est nomen ejus Jesus. V/. On l’appellera du nom de Jésus.
R/. Omne genu flectatur cœlestium, terrestrium, & infernórum. R/. Tout genou fléchira, au ciel, sur terre, & aux enfers.
V/. Dómine exáudi oratiónem meam. V/. Seigneur, exaucez ma prière.
R/. Et clamor meus ad te véniat. R/. Et que mon cri parvienne jusqu’à vous.
V/. Dóminus vobíscum. V/. Le Seigneur soit avec vous.
R/. Et cum spíritu tuo. R/. Et avec votre esprit.
Orémus. Prions.
Deus, qui salútis ætérnæ, beátæ Maríæ virginitáte fecúnda, humáno géneri prǽmia præstitísti : tríbue, quǽsumus ; ut ipsam pro nobis intercédere sentiámus, per quam merúimus auctórem vitæ suscípere, Dóminum nostrum Iesum Christum, Fílium tuum : Qui tecum vivit & regnat in unitáte Spíritu Sancto Deus, per ómnia sæcula sæculórum. Dieu, qui, en rendant féconde la virginité de la bienheureuse Marie, avez procuré à l’humanité le salut éternel, accordez-nous, nous vous en supplions, de ressentir la puissante intercession de celle par laquelle nous avons reçu l’auteur de la vie Notre-Seigneur Jésus-Christ, votre Fils, qui vivez & règnez en l’unité du Saint Esprit, Dieu pour tous les siècles des siècles.
Responsorium. Répons.
R/. Verbum caro factum est, & habitávit in nobis, et vidimus glóriam ejus, glóriam quasi Unigéniti a Patre * plenum grátiæ, & veritátis. R/. Le Verbe s’est fait chair, & il a habité parmi nous, & nous avons vu sa gloire, gloire telle que le Fils unique devait la recevoir du Père, plein de grâce & de vérité.
V/. In princípio erat Verbum, & Verbum erat apud Deum, & Deus erat Verbum. V/ Au commencement était le Verbe, & le Verbe était auprès de Dieu, & le Verbe était Dieu.
* plenum grátiæ, & veritátis. * plein de grâce, & de vérité.

Noël – Messe de minuit – Introït – Graduale Romanum 1905

Introït - Dominus dixit ad me - ton 2
 

DOMINVS * dixit ad me : Fílius meus es tu, ego hódie génui te.
Ps. Quare fremuérunt gentes : * et pópuli meditátis sunt inánia ?
V/. Glória Patri, & Fílio, & Spirítui Sancto. * Sicut erat in princípio, & nunc, & semper, & in sæcula sæculórum. Amen.
Le Seigneur m’a dit : Tu es mon Fils ; moi, aujourd’hui, je t’ai engendré.
Ps. Pourquoi les nations sont-elles en tumulte, et les peuples ont-ils formé de vains desseins ?
V/. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Comme il était au commencement, & maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.

Noël – Messe de minuit – Graduel – Graduale Romanum 1905

Graduel - Tecum principium - ton 2
 

Tecum princípium * in die virtútis tuæ : in splendóribus sanctórum, ex útero ante lucíferum génui te.
V/. Dixit Dóminus Dómino meo : sede a dextris meis : donec ponam inimícos tuos, scabéllum pedum * tuórum.
Au jour de ta puissance, je suis avec toi, moi le principe ; dans les splendeurs des saints, avant l’aurore, je t’ai engendré.
V/. Le Seigneur a dit à mon Seigneur : siège à ma droite, jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis l’escabeau de tes pieds.

Noël – Messe de minuit – Alleluia – Graduale Romanum 1905

Alleluia - Dominus dixit ad me - ton 8
 

Alleluia, alleluia.
V/. Dóminus dixit ad me : Fílius meus es tu, ego hódie * génui te.
Alleluia.
Alléluia, alléluia.
V/. Le Seigneur m’a dit : Tu es mon Fils, moi, aujourd’hui, je t’ai engendré.

Noël – Messe de minuit – Offertoire – Graduale Romanum 1905

Offertoire - Lætentur cœli - ton 4
 

Læténtur * cæli, et exsúltet terra ante fáciem Dómini : quóniam venit. Que se réjouissent les cieux, et qu’exulte la terre devant la face du Seigneur, parce qu’il est venu.

Noël – Messe de minuit – Communion – Graduale Romanum 1905

Communion - In splendoribus sanctorum - ton 6
 

In splendóribus * sanctórum, ex útero ante lucíferum génui te. Dans les splendeurs des saints, de mon sein, avant l’aurore je t’ai engendré.

Nicolas-Mammès Couturier – Cantique pour l’Epiphanie – Adressons nos hommages

Chanoine Nicolas-Mammès Couturier (1840 † 1911), maître de chapelle de la cathédrale de Langres.
Adressons nos hommages – Cantique pour la fête de l’Epiphanie sur le noël « Or nous dites Marie« .
4 voix (SATB).
1 page.

Ce petit cantique pour l’Epiphanie du chanoine Couturier utilise la très belle et nostalgique mélodie du très beau noël du XVème siècle « Or nous dites Marie » (la mélodie de ce noël étant elle-même encore plus ancienne). Le chant, confié au dessus, reçoit une harmonisation simple mais de bon goût. Couturier cependant invente une mélodie nouvelle pour le couplet, laquelle gagne à être pensée à 2 temps. Le texte de ce couplet est emprunté quant à lui à l’abondante production de noëls écrits par l’Abbé Simon-Joseph Pellegrin (1663 + 1745) (in Noels nouveaux et Cantiques spirituels, sur divers passages de l’Evangile composés sur les plus beaux chants des Noëls anciens, sur des Airs d’Opéra, Airs nouveaux & Vaudevilles choisis, notés pour en faciliter le chant, par Monsieur l’Abbé Pellegrin, nouvelle édition revue & corrigée. Paris, Nicolas Le Clerc, 1728, p. 387.). Voici le texte de ce cantique, nous y ajoutons les autres strophes de l’Abbé Pellegrin qui ne sont pas sur la partition :

R/. Adressons nos hommages
A notre divin Roi.
Offrons avec les Mages
Les dons de notre foi. (bis)
L’or de l’amour sincère
Que l’on doit à Jésus,
L’encens de la prière,
La myrrhe des vertus.
1. Adorons le divin maître
A l’exemple des trois Rois ;
Du moment qu’il vient de naître
Tout doit révérer ses Lois ;
Chacun doit le reconnaître,
Rois & peuples à la fois.
Adorons le divin maître
A l’exemple des trois Rois.
2. Que pour lui chacun soupire,
Il soupire aussi pour nous :
Rangeons-nous sous son Empire ;
Il n’en est point de si doux,
Que l’ardeur qu’il nous inspire,
A jamais nous brule tous.
Que pour lui chacun soupire,
Il soupire aussi pour nous.
3. Il se livre à mille peines,
Mais c’est pour nous rendre heureux ;
Il se charge de nos chaînes,
De nos maux les plus affreux ;
Nos alarmes seraient vaines,
Puisqu’il a comblé nos vœux.
Il se livre à mille peines,
Mais c’est pour nous rendre heureux.
4. Dans le plus profond abîme
L’homme était précipité,
Dès longtemps contre son crime
Le Ciel était irrité ;
Un Dieu devient sa victime
Par l’excès de sa bonté.
Dans le plus profond abîme
L’homme était précipité.
5. Que l’on chante sa victoire,
Il triomphe des Enfers ;
De son nom & de sa gloire,
Il remplit tout l’Univers ;
Qu’on célèbre la mémoire
Du grand jour qu’il rompt nos fers.
Que l’on chante sa victoire,
Il triomphe des Enfers.

Les premières mesures de cette partition :

Cantique pour l'Epiphanie : Adressons nos hommages

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Antiques stichères grecs de l’Epiphanie

Charlemagne ayant ouï des moines grecs à sa cour chanter l’office de l’Epiphanie, et en ayant été ébloui, l’empereur ordonna la traduction en latin de ces stichères, dont voici le chant. Si celui-ci appartient bien au VIIème ton grégorien, sa tournure quasi syllabique le rapproche bien en effet des tons stichéariques en usage dans l’Eglise grecque encore de nos jours.

A ma connaissance, l’office byzantin ne connaît plus ces strophes par suite de couches hymnographiques postérieures qui les ont sans doute fait disparaître. Probablement, elles appartenaient à l’office asmatique de la Grande Eglise de Constantinople, lequel a quasiment disparu sous les traditions venues du monachisme palestinien, lors des réformes studites & sabbaïtes. Comme le chant grec a connu aussi plusieurs réformes au cours de son histoire, ces antiennes latines sont vraisemblablement un très intéressant témoin de son état avant l’an mille.

Ces stichères servirent longtemps d’antiennes pour l’office latin au jour octave de l’Epiphanie, mais ces antiennes furent curieusement supprimées du bréviaire romain de saint Pie V de 1570, ce qui est plutôt étonnant quand on connait le côté très conservateur de ce bréviaire.

Traduction :

Le Sauveur, voulant rénover le vieil homme, vient au baptême, afin de renouveler par l’eau la nature corrompue ; il nous revêt d’un vêtement incorruptible.

Vous qui, par l’Esprit et par le feu, purifiez l’humaine contagion, Dieu et Rédempteur, tous nous vous glorifions.

Le Baptiste a tremblé et n’osa toucher la tête sainte de son Dieu; mais il s’écrie avec crainte : Sanctifiez-moi, ô Sauveur !

Le Sauveur a brisé la tête du dragon dans le fleuve du Jourdain, et nous a tous arrachés à son pouvoir.

L’aiguillon du péché est écrasé aujourd’hui par le baptême du Seigneur, et la régénération nous est donnée.

L’eau brûle aujourd’hui les péchés, le Libérateur est apparu, et tous louent la belle œuvre de sa divinité.

Un grand mystère est déclaré aujourd’hui, car le Créateur de tout lave nos crimes dans le Jourdain.

Jean le Précurseur exulte avec le Jourdain ; en baptizant le Seigneur, la joie est faite sur terre, la rémission est faite de nos péchés par la sanctification des eaux : crions lui tous : ayez pitié de nous.

Sainte Geneviève (3 janvier) – Introït – Offices notés complets de Paris – 1899

Introït de sainte Geneviève

 

GAVDENS GAVDEBO * in Dómino et ex-sultábit ánima mea in Deo meo : quia índuit me vestiméntis salútis, et induménto justítiæ circúmdedit me, quasi sponsam órnatam monílibus suis.
Ps. Eructávit cor meum verbum bonum : * dico ego ópera mea Regi.
V/. Glória Patri, & Fílio, & Spirítui Sancto. * Sicut erat in princípio, & nunc, & semper, & in sæcula sæculórum. Amen.
Je me réjouirai dans le Seigneur, et mon âme exultera en mon Dieu ; parce qu’il m’a revê-tue des vêtements du salut, et m’a couverte du manteau de la justice, comme la fiancée parée de ses joyaux.
Ps. De mon cœur a jailli le Verbe bon, je dis : mon œuvre est pour le Roi.
V/. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Comme il était au commencement, & maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.

Sainte Geneviève (3 janvier) – Graduel – Offices notés complets de Paris – 1899

Graduel de sainte Geneviève

 

Sponsábo te mihi in sempitérnum in justítia et judício, et in miseratiónibus.
V/. Et sponsábo te mihi in fide, et scies quia ego Dóminus.
Je te fiancerai à moi pour toujours par la justice et le jugement, et la miséricorde.
V/. Je te fiancerai à moi dans la fidélité, et tu sauras que je suis le Seigneur.

Sainte Geneviève (3 janvier) – Alleluia – Offices notés complets de Paris – 1899

Alleluia de sainte Geneviève

 

Alleluia, alleluia.
V/. Mihi adhærére Deo bonum est, pónere in Dómino Deo spem meam.
Alléluia, alléluia.
V/. Pour moi, être unie à Dieu est mon bonheur, je mets dans le Seigneur Dieu mon espérance.

Sainte Geneviève (3 janvier) – Prose – Chant du XVIIIème siècle – Offices notés complets de Paris – 1899

Prose de sainte Geneviève

 

Genovéfæ solémnitas
Solémne parit gáudium.
Cordis erúmpat púritas
In laudis sacrifícium.
La solennité de Geneviève inspire une joie solennelle : que la pureté du cœur s’épanche en sacrifice de louange.
Felix ortus infántulæ,
Teste Gérmano Præsule.
Quod prævídit in spíritu,
Rerum probátur éxitu.
Heureuse fut la naissance de cette petite enfant, atteste l’évêque Germain ; ce qu’il vit d’avance en esprit, les événements le prouvèrent.
Hic ad pectus virgíneum,
Pro pudóris signáculo,
Nummum suspéndit æneum,
Insígnem crucis título.
Sur le cœur de la vierge, en témoignage de sa pureté, il suspend une monnaie de bronze marquée du signe de la croix.
Genovéfam divínitus
Obláto dotat múnere,
In templum Sancti Spíritus,
Sub Christi ditans fœdere.
Il dote Geneviève du présent que Dieu lui offre ; elle devient le temple du Saint-Esprit par une splendide alliance avec le Christ.
Insóntem manu fériens,
Mater privátur lúmine,
Matri Virgo compátiens
Lucis dat usum prístinæ.
Sa mère perd la vue en frappant l’innocente enfant ; la vierge compatissante rend l’usage de la vue à sa mère.
Cælésti duce prævio
Cælos lustrat et Tártara,
Civésque precum stúdio
Servat a gente bárbara.
Guidée par un esprit céleste, elle parcourt le ciel et l’enfer ; par ses prières, elle préserve ses concitoyens de l’invasion barbare.
Divíno diu múnere
Sitim levat artíficum ;
Confráctum casu mísero
Matri resígnat únicum.
Longtemps par un prodige divin, elle apaise la soif des ouvriers ; un fils unique se brise les membres dans un accident : elle le rend à sa mère.
Ad primam precem Vírginis
Contremíscunt dæmónia,
Pax datur energúmenis,
Spes ægris, reis vénia.
A peine la vierge s’est-elle mise en prière que les démons tremblent, les possédés retrouvent la paix, les malades l’espérance, les coupables le pardon.
In ejus manu cérei
Reaccendúntur cælitus :
Per hanc in sinus álvei
Redit annis coércitus.
En sa main, les cierges se rallument miraculeusement ; à sa voix un fleuve débordé rentre dans son lit.
Ignem sacrum refrígerat,
Post mortem vivens méritis,
Quæ prius in se vícerat,
Æstus intérni fómitis.
Même après sa mort, par ses mérites, elle guérit du feu ardent, elle qui avait jadis éteint en son âme le feu des passions.
Morti, morbos, dæmónibus
Et eleméntis ímperat,
Sed Genovéfa précibus
Natúræ leges súperat.
Elle commande à la mort, à la maladie, aux démons, aux éléments ; par ses prières, Geneviève dépasse les lois de la nature.
Operátur in párvulis
Christi virtus magnália :
Christo, pro tot miráculis,
Laus frequens, jugis glória.
Amen. Alleluia.
La puissance du Christ opère de grandes choses chez les petits. Au Christ, pour tous ces miracles, louange éternelle, gloire sans fin.
Amen. Alléluia.