Programme du Vème dimanche après Pâques – Vocem jucunditatis

strong>Saint-Eugène, le dimanche 21 mai 2017, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

Par son évangile, ce dimanche nous prépare déjà à la supplication des Rogations (qui a lieu les trois jours suivants : lundi, mardi & mercredi précédant l’Ascension), par laquelle nous demandons au Père de nous donner l’Esprit Saint.

« Jusqu’à présent, dit notre Seigneur, vous n’avez rien demandé en mon nom. Demandez et vous recevrez, afin que votre joie soit complète. » Cette joie qu’il appelle une joie pleine, n’est pas une joie des sens, mais une joie spirituelle, et quand elle sera si grande qu’on ne pourra plus rien y ajouter, alors, sans le moindre doute, elle sera pleine. Nous devons donc demander au nom du Christ ce qui tend à nous procurer cette joie si nous comprenons bien la nature de la grâce divine, si l’objet de nos prières est la vie véritablement heureuse. Demander toute autre chose, c’est ne rien demander : non pas qu’il n’existe absolument autre chose, mais parce qu’en comparaison d’un si grand bien, tout ce que l’on désire en dehors de lui n’est rien.
Homélie de saint Augustin, évêque, IXème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

IIndes vêpres du cinquième dimanche après Pâques. Au salut du Très-Saint Sacrement :

Lundi 22, mardi 24 mai, à 19h : procession & messe des Rogations. Mercredi 25 mai : messe de la vigile de l’Ascension

Télécharger le livret de cette messe au format PDF.
Télécharger le livret des dimanches du Temps pascal au format PDF.
Télécharger le livret du commun des IIndes vêpres du dimanche durant le Temps pascal.
Télécharger le livret du propre des IIndes vêpres du dimanche du Vème dimanche après Pâques.

Programme du dimanche de l’Aveugle-né – manne de saint Jean – ton 5

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 21 mai 2017 du calendrier grégorien – 8 mai 2017 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

La lecture de l’évangile de l’Aveugle-né au VIème dimanche de Pâques est d’origine constantinopolitaine  ; l’hymnographie de ce dimanche est donc essentiellement d’origine constantinopolitaine, comme le Pentecostaire en général. Dans la tradition de Jérusalem, on lisait ce dimanche l’évangile de Jean II, 12-25 : Jésus chassant les marchants du temple & annonçant sa résurrection le troisième jour. Cet évangile est lu dans la tradition de Constantinople le vendredi de la Semaine Lumineuse.

Dans la tradition occidentale, et plus spécialement provençale, l’Aveugle-né, devenu disciple du Christ après sa guérison, quitta la Judée après la Pentecôte et arriva à Marseille avec un groupe de disciples parmi lesquels figuraient Lazare & Maximin, Marthe & Marie-Madeleine. Il est connu dans la tradition provençale sous le nom de Sidoine, et sous le surnom de Restitut, qui fait allusion au miracle du Seigneur lui ayant restitué la vue.

Saint Sidoine Restitut fut le second évêque d’Aix après saint Maximin, ayant d’abord été évêque de Saint-Paul-Trois-Châteaux.

*

Nous fêtons aussi en ce jour le miracle de la manne qu’exsudait le tombeau du saint Apôtre & Evangéliste Jean le Théologien à Ephèse.

Saint Jean l’Evangéliste (dont le repos est fêté le 26 septembre dans l’Eglise byzantine) est le rédacteur du IVème évangile. Jean résida principalement à Ephèse après la Pentecôte, où il aurait composé son évangile, selon le témoignage de saint Irénée qui avait rencontré saint Polycarpe de Smyrne, disciple de saint Jean. Au témoignage de Tertullien (et aussi de saint Jérôme), Jean fut emmené à Rome pendant la persécution de Domitien (95) où il fut plongé dans de l’huile bouillante, dont il sortit miraculeusement saint et sauf (ce miracle est commémoré par l’Eglise romaine le 6 mai, en la fête de « saint Jean près la Porte Latine ») ; saint Jean fut ensuite exilé sur l’île de Patmos où il reçut la Révélation (l’Apocalypse). Après la mort de Domitien, Jean retourna à Ephèse où il s’endormit dans le Seigneur vers l’an 100 à un âge très avancé.

Tombeau de saint Jean à Ephèse.

Selon les témoignages antiques, son tombeau à Ephèse exsudait une manne ou cendre, laquelle avait la propriété de guérir de nombreux malades (comme le font les tombeaux de saint Nicolas ou encore de saint Dimitri de Thessalonique). L’existence de cette manne ou cendre de saint Jean est déjà rapportée par saint Augustin (354 † 430) (In Joannis Evangelium tractatus 124, 2 – Patrologie latine 35, 1970-1971), qui évoque « le jaillissement d’une poussière » qui « monte des profondeurs jusqu’à la surface du tombeau » ou encore par saint Grégoire de Tous :

Et maintenant son sépulcre vomit, aujourd’hui encore, de la manne semblable à de la farine : les bienheureuses reliques qui en sont tirées, répandues dans le monde entier, apportent la santé aux malades.
(Saint Grégoire de Tours, Miraculum liber I, De gloria martyrum 29)

Au VIème siècle toujours, l’écrivain Ephrem d’Antioche rapporte ceci :

On l’avait, en effet, enterré sur son ordre, disent-ils, dans un endroit déterminé et, quand on le rechercha aussitôt après, on ne put le retrouver, mais on ne découvrit que la matière sanctifiante qui émanait du lieu où on l’avait mis un instant et où nous puisons comme à une source de sainteté cette myrrhe de sanctification.
(Ephrem d’Antioche, Réponse à Anatolius le Scholastique, in Photius, Bibliotheca, cod. 229)

Au IXème siècle, Paschase Radbert confirme l’existence encore de la manne de saint Jean à son époque :

Ce que la plupart affirment aussi à propos du bienheureux Jean l’Evangéliste, son serviteur, vierge auquel la Vierge a été confiée par le Christ : à savoir que dans son tombeau, on ne trouve, dit-on, rien d’autre que de la manne & qu’on la voit même jaillir.
Paschase Radbert, Lettre du bienheureux Jérôme à Paula et Eustochium. Sur l’Assomption de la sainte Vierge Marie, 10.

La chronique du catalan Ramon Muntaner, écrite de 1325 à 1332, est sans doute l’un des derniers témoins qui en parle très précisément :

Dans cedit lieu d’Ephèse est le tombeau dans lequel monseigneur saint Jean l’Evangéliste se plaça quand il eut pris congé du peuple ; et puis on vit un nuage comme de feu, dans lequel, croit-on, il monta en corps et en âme. Et cela parait bien par le miracle que l’on voit chaque année à ce même tombeau. (…) A l’heure des vêpres, il commence à sortir de ce monument – situé au pied de l’autel, celui-ci comporte quatre angles et une belle plaque de marbre placée au-dessus, qui a bien douze paumes de long et cinq de large, et est percée en son milieu par neuf trous fort petits – et de chacun de ces neuf trous, quand on commence (…) à dire les vêpres de saint Jean, il sort une manne ressemblant à du sable, qui s’élève bien à une paume au-dessus de la pierre, et qui s’en écoule comme un petit jet d’eau. (…) Et cela continue toute la nuit, et puis tout le jour de saint Jean, jusqu’à ce que le soleil soit couché. Et ainsi la quantité de cette manne est telle, lorsque le soleil s’est couché & que cette manne a cessé de sortir, que dans l’ensemble il y a bien trois quarterades de Barcelonne. Et cette manne est merveilleusement bonne pour beaucoup de choses.
Ramon Muntaner, Chronique 206.

Le synaxaire byzantin note pour la date du 8 mai :

1. Mémoire du saint Apôtre & Evangéliste, celui que Jésus aimait & qui s’était penché sur sa poitrine, le vierge Jean le Théologien, c’est-à-dire cérémonie des rosalia & récolte de la manne.
2. Le même jour, on célèbre la synaxe de la sainte poussière qui sort de son tombeau. (…) Et chaque année, le huitième jour de mai, sur un signe de l’Esprit Saint, le tombeau dans lequel on enterra le grand Apôtre & Evangéliste Jean lorsqu’il s’apprêtait à mourir fait jaillir et distribue une sainte poussière, que les gens du lieu appellent manne. Les fidèles qui s’y rendent la prennent et s’en servent pour se libérer de toute sorte de maux, pour la guérison de leurs âmes, pour la vigueur de leur corps, tout en rendant gloire à Dieu et en honorant son serviteur & théologien Jean.

Ce texte nous apprend donc que la manne exsudait du tombeau de saint Jean principalement le 8 mai et qu’on pratiquait alors sur ce tombeau la cérémonie des rosalia, coutume antique qui consistait à couvrir de roses le tombeau d’un saint.

Les archéologues ont retrouvé – non seulement à Ephèse mais dans des lieux parfois fort éloignés, comme en Egypte – des petites ampoules de terre cuite représentant l’Evangéliste, qui devaient contenir cette manne et devaient être distribuées aux pèlerins, mais aussi des petites cuillères marquées du nom de saint Jean et de sa manne, qui devaient servir à la distribuer aux malades.

Le tombeau de saint Jean se trouve dans les faubourgs d’Ephèse (à Agios Theológos – Άγιος Θεολόγος – aujourd’hui Selçuk). Un martyrium fut édifié au-dessus de ce tombeau sous Constantin, puis une première basilique de plus de 80 m de long fut construite par Théodose et utilisée aux conciles d’Ephèse de 431 & 449. En mauvais état au VIème siècle, Justinien la fait reconstruire, de 535 à 540, encore plus grande, sur un plan basilical en trois nefs. De dimensions considérables (130 m de long sur 65 de large), le bâtiment fut longtemps l’un des plus grands sanctuaires de la Chrétienté, ses ruines toujours imposantes en témoignent encore de nos jours. L’archéologie a confirmé que la chambre funéraire sous l’autel date des Ier-IInd siècles et qu’elle est située dans une nécropole romaine qui continua à être utilisée aux IIIème & IVème siècles.

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de l’Apôtre. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion de l’Apôtre.
A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de l’Apôtre. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion de l’Aveugle-né.

Tropaires des Béatitudes : 4 tropaires du dimanche, ton 5, 4 tropaires de la 3ème ode du canon du Triode fleuri (de l’Aveugle-Né) & 4 tropaires de la 6ème ode du canon de l’Apôtre, œuvre de saint Théophane le Marqué, l’Hymnographe, métropolite de Nicée (c. 778 † 845) :
1. Le bon Larron sur la croix * eut foi en ta divinité, ô Christ ; * il te confessa d’un cœur sincère en s’écriant : ** De moi, Seigneur, en ton royaume souviens-toi.
2. Sur le bois de la croix * pour nous les hommes tu fis fleurir la vie * et se flétrir la malédiction de l’arbre défendu : ** Sauveur & Créateur, nous te chantons d’un même chœur.
3. Par ta mort, ô Christ, * tu as brisé la force de la mort, * ressuscitant tous les morts depuis Adam, ** qui te chantent comme vrai Dieu & Sauveur du genre humain.
4. Venues à ton sépulchre, Sauveur, * les saintes Femmes te cherchaient * pour embaumer la Source de vie, ** mais un Ange leur apparut pour leur dire : Il est ressuscité, le Seigneur  !
5. Seigneur qui fus crucifié entre deux larrons, * délivre du brigandage des passions * ceux qui chantent d’une même voix * ta Crucifixion & ta sainte Résurrection.
6. Au sépulchre on déposa ton corps sans vie, * ô Christ qui donnes vie à tous les morts ; * mais, Seigneur & Verbe, tu es ressuscité * et, par ta puissance divine, tu as vidé tous les tombeaux.
7. O Christ, après ta résurrection, * tu dis à tes amis : Demeurez à Jérusalem * jusqu’à ce que vous soyez revêtus * de la force d’en-haut et d’une invincible protection.
8. Formant de la boue, tu enduisis les yeux * de l’Aveugle-né auquel tu accordas la vue * et qui chanta, Verbe de Dieu, * ton ineffable puissance ayant sauvé l’univers.
9. L’abîme de mes fautes, la houle du péché * me troublent et me poussent violemment * vers le gouffre du désespoir ; * tends vers moi ta puissante main * et comme Pierre sur les flots ** sauve-moi, ô divin Nautonier.
10. D’avance en figure Isaïe * a vu la braise du feu divin * qui, purifiant ses lèvres, lui permit * de commencer sa prophétie ; * et toi, tu reposas, bienheureux Jean, ** sur la poitrine du Verbe incarné.
11. Le Verbe, Fils unique, siégeant * dans le sein du Père, tu l’as vu * en son corps, bienheureux Jean, * et, comme à son disciple bien-aimé, * il t’exposa que personne jamais ** n’a vu Dieu de façon incorporelle.
12. Vierge Mère de Dieu toute-digne de nos chants * qui enfantas le reflet de la splendeur paternelle, * veuille répandre sur mon âme ta clarté, * car, en possédant ta grâce, * les véritables adorateurs ** ont repoussé les bavardages des rhéteurs.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 5 : Fidèles, chantons et adorons le Verbe * coéternel au Père et à l’Esprit. * Il est né de la Vierge pour notre salut, * Il a daigné dans sa chair monter sur la Croix et supporter la mort, * afin de ressusciter les morts ** par sa glorieuse Résurrection.
2. Tropaire de l’Apôtre, ton 2 : Apôtre bien-aimé du Christ Dieu, * hâte-toi de délivrer un peuple sans défense, * car Celui qui t’a permis de te reposer sur sa poitrine, * t’accueillera tombant à ses pieds afin d’intercéder pour nous ; * prie-Le, ô Théologien, * de dissiper les sombres nuages de l’incroyance ** et implore-Le de nous accorder la paix et la grande miséricorde.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion de l’Apôtre, ton 2 : Qui dira la grandeur de ta vie virginale ? * Tu es une source de miracles, tu dispenses les guérisons * et tu intercèdes pour nos âmes, ** car tu es le Théologien et l’ami du Christ.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion de l’Aveugle-né, ton 4 : Les yeux de mon âme étant aveugles, * je viens à toi, ô Christ, * comme l’aveugle de naissance, * et avec repentir je te clame : ** pour ceux des ténèbres tu es la suprême clarté.

Prokimen
De l’Aveugle-né, ton 8 :
R/. Rendez hommage et faites offrande au Seigneur notre Dieu.
V/. Dieu est connu en Judée, en Israël grand est son nom.
De l’Apôtre, ton 8 :
R/. Par toute la terre a retenti leur message, & leur parole jusqu’aux limites du monde (Psaume 18, 5).

Epîtres :
De l’Aveugle-né : Actes des Apôtres (§ 38) XVI, 16-34.
Croyez au Seigneur Jésus, et vous serez sauvé, vous et votre famille.
De l’Apôtre : I Jean (§ 68) I, 1–7.
Le Verbe de vie, qui était dès le commencement, que nous avons entendu, que nous avons vu de nos yeux, que nous avons regardé avec attention, et que nous avons touché de nos mains, car la Vie s’est rendue visible.

Alleluia
De l’Aveugle-né, ton 8 :
V/. Regarde vers moi et aie pitié de moi.
V/. Selon ta parole dirige mes pas.
De l’Apôtre, ton 1 :
V/. Les cieux rendent grâce pour tes merveilles, Seigneur, pour ta fidélité, dans l’assemblée des saints (Psaume 88, 6).

Evangile :
De l’Aveugle-né : Jean (§ 34) IX, 1-38.
Après avoir dit cela, il cracha à terre, et ayant fait de la boue avec sa salive, il oignit de cette boue les yeux de l’aveugle.
De l’Apôtre : Jean (§ 61) XIX, 25–27 & XXI, 24–25.
Puis il dit au disciple : Voilà votre mère. Et depuis cette heure-là, ce disciple la prit chez lui.

A la commémoraison de la Très-Sainte Mère de Dieu durant l’anaphore eucharistique
L’ange chanta à la Pleine de grâce : Réjouis-toi, Vierge très pure, je répète, réjouis-toi  ! Ton Fils en vérité est ressuscité après trois passés dans le tombeau ; et Il a redressé les morts : fidèles, soyez dans l’allégresse !
Resplendis, resplendis, nouvelle Jérusalem, car sur toi la gloire du Seigneur s’est levée. Réjouis-toi et exulte, Sion, et toi, Mère de Dieu très pure, réjouis-toi, car ton Fils est ressuscité ! Alléluia !

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux.
De l’Apôtre : Par toute la terre a retenti leur message, & leur parole jusqu’aux limites du monde (Psaume 18, 5). Alleluia, alleluia, alleluia.

Télécharger le livret des choristes pour ce dimanche.
Télécharger le livret commun des choristes pour le Temps pascal.

Charles de Courbes – Tristes erant Apostoli

Charles de Courbes (1622).
Tristes erant Apostoli – HYMN. Cum 4. voc. Pro Apostolis et Evangelistis, Tempore Paschali.
4 voix (SATB).
2 pages.

« L’amateur » éclairé que fut le Sieur de Courbes, élu & lieutenant particulier (qui fut néanmoins à la fin de sa vie organiste de l’église Saint-Sauveur de Paris), publie ses compositions chez Pierre Ballard en 1622 : « Cantiques spirituels nouvellement mis en musique à IIII, V, VI, VII et VIII parties ». Une bonne part de cet ouvrage est consacrée à la mise en musique d’hymnes de l’Eglise. Influencées par la chanson française, les hymnes de Charles de Courbes témoignent aussi de l’aspiration générale à plus de clarté dans les compositions musicales liturgiques qui se fait jour après le Concile de Trente.

Charles de Courbes met ici en musique à quatre voix l’hymne des Apôtres et Evangélistes, Tristes erant Apostoli, hymne chantée aux Ières & IIndes vêpres, ainsi qu’au matines de leurs fêtes tombant durant le temps pascal.

Le texte de Tristes erant Apostoli procède du démembrement en trois parties d’une hymne pascale plus longue, attribuée à saint Ambroise de Milan : Aurora lucis rutilat. Voici le texte latin ainsi que la traduction faite par le Sieur de Courbes :

Tristes erant Apóstoli
De nece sui Dómini,
Quem morte crudelíssima
Servi damnárant ímpii.
Chaque Apostre estoit en douleur
Pour la mort de nostre Seigneur,
Que les Juifs d’un cœur obstiné
Avoyent a la mort condamné.
Sermóne blando Angelus
Prædíxit muliéribus :
In Galilæa Dóminus
Vidéndus est quantócius.
Mais l’Ange par un doux recit
Aux sainctes dames lors a dict,
Qu’en Galilée en bref verroyent
Ce cher Jesus qu’il esperoyent,
Illæ dum pergunt cóncitæ
Apóstolis hoc dícere,
Vidéntes eum vívere,
Christi tenent vestígia.
Alors pleines de gayeté
Ont tout aux Apostres conté,
Qui voyant leur maistre vivant,
Sont confirmés plus que devant.
Quo ágnito, discípuli
In Galilæam própere
Pergunt vidére fáciem
Desiderátam Dómini.
Parquoy d’un pas leger, & prompt,
En Galilée droit s’en vont :
Désirant tous d’avoir cét heur
Que de voir leur maistre, & Seigneur.
Quæsumus, Auctor ómnium,
In hoc pascháli gáudio :
Ab omni mortis ímpetu
Tuum defénde pópulum.
Nous te prions grand Dieu de tous
Qu’en ce temps Pasqual gay, & doux,
Tu nous pardonne les pechés,
Dont a la mort serions tachés.
Glória tibi Dómine,
Qui surrexíst(i) a mórtuis,
Cum Patr(e) et Sancto Spíritu,
In sempitérna sæcula. Amen.
Gloire soit a toy ô Sauveur,
Qui est ressucité vainqueur,
Au Pere, & Saint Esprit benin,
Aux siecles des siecles sans fin. Soit, soit.

Les premières mesures de cette partition :

Téléchargez la partition moyennant un « Like » sur les réseaux sociaux, en cliquant sur l’un des 4 boutons ci-dessous. Le lien vers la partition apparaîtra ensuite.

Ego sum Alpha & Omega – grande antienne parisienne pour le temps pascal

Ego Sum AlphaEt Omega

Je suis, moi, * l’Alpha & l’Oméga, le premier et le dernier, le commencement & la fin, celui qui est avant le début du monde, et dans les siècles des siècles, je vis à jamais. Je suis mort & fut enseveli, je suis ressuscité, je suis avec vous ; voyez, car c’est bien moi, et il n’y a d’autre Dieu que moi, * alléluia.
V/. Je suis, moi, votre rédemption, je suis, moi, votre Roi, je vous ressusciterai, moi, au dernier jour, * alléluia.

Voici une très belle composition française du premier millénaire qui décrit le Christ comme l’Alpha & l’Oméga, le commencement & la fin de toutes choses. Le texte de cette grande antienne est inspiré de celui de l’Apocalypse :

  • Apocalypse I, 8 : Εγώ ειμι το Αλφα και το Ωμεγα, λέγει κύριος ο θεός, ο ων και ο ην και ο ερχόμενος, ο παντοκράτωρ – Ego sum Alpha et Omega, principium et finis, dicit Dominus Deus, qui est et qui erat et qui venturus est Omnipotens – Je suis l’Alpha et l’Oméga, le principe et la fin, dit le Seigneur Dieu, qui est, qui était, et qui doit venir, le Tout-Puissant.
  • Apocalypse XXI, 6 : Il me dit encore : Tout est accompli. Je suis l’Alpha et l’Oméga, le principe et la fin. Je donnerai gratuitement à boire de la source d’eau vive à celui qui aura soif.
  • Apocalypse XXII, 13 : Je suis l’Alpha et l’Oméga, le premier et le dernier, le principe et la fin.

Cette image pour décrire le Tout-Puissant est déjà présente dans le livre d’Isaïe :

  • Isaïe XLIV, 6 : Voici ce que dit le Seigneur, le Roi d’Israël, et son Rédempteur, le Seigneur des années : Je suis le premier, et je suis le dernier, et il n’y a point de Dieu que moi.

Cette grande antienne est tirée des Offices propres du diocèse de Paris approuvés par ordre de Son Eminence le Cardinal Dubois, archevêque de Paris, publiés en 1923, qui la conseille aux Saluts du Très-Saint Sacrement durant le Temps pascal. Le même propre diocésain la suggère également parmi les nombreuses pièces ad libitum qu’il propose pour les fastueuses vêpres stationnales du jour de Pâques, où elle avait en effet originellement sa place dans les manuscrits médiévaux français : cette belle antienne processionnelle à verset se chantait tandis que le clergé, après avoir encensé les fonts baptismaux, se remettait en route pour aller vers la Croix de la poutre de gloire ou du jubé. Le texte médiéval initial donnait Ego sum Alpha & O, l’O fut précisé en Oméga par les éditions modernes.

A titre de comparaison voici cette antienne Ego sum Alpha et O des vêpres stationnales de Pâques dans l’antiphonaire de chœur de Notre-Dame de Paris, manuscrit de la fin du XIIIème siècle :

Ego-sum-Alpha-et-O-antiphonaire-de-Notre-Dame-de-Paris

Il n’est pas impossible que cette antienne puisse remonter à l’antique liturgie des Gaules, supprimée par Pépin le Bref et Charlemagne. On sait en effet que la première liturgie de notre pays recourrait de façon très importante au livre de l’Apocalypse de saint Jean pour ses textes et ses chants. Lors de la suppression de l’ancien rit des Gaules, plusieurs pièces de l’ancienne liturgie (comme le Venite, populi qui se chantait le jour de Pâques & à perduré jusqu’au XXème siècle dans quelques diocèses français) ont pu subsister en étant réadaptées. Ce fut peut être le cas pour cette antienne comme pour les autres pièces principales des vêpres stationnales de Pâques (Christus resurgens ex mortuis et Stetit Angelus), cérémonie papale adaptée en France au VIIIème siècle où on la dota de nouveaux chants que Rome ne connaissait pas.

Louis Lazare Perruchot, Vidi aquam en faux-bourdon

Mgr Louis Lazare Perruchot (1852 † 1930), maître de chapelle de la cathédrale de Monaco
Vidi aquam
Faux-bourdon – 4 voix mixtes (SATB).
3 pages – Si bémol majeur.

Mgr Perruchot fut successivement maître de chapelle de la cathédrale d’Autun, du petit séminaire de Rimont, puis à Paris, de Notre-Dame des Blancs-Manteaux et de Saint-François-Xavier ; il finit sa carrière à partir de 1904 à la cathédrale de Monaco. C’est à Langres qu’il reçut la révélation de la musique ancienne auprès du chanoine Couturier ; il influença par la suite Mgr Moissennet à Dijon.

Mgr Perruchot composa de nombreuses formules de faux-bourdons sur les huit tons ecclésiastiques. Ce Vidi aquam est conçu en utilisant cette technique du faux-bourdon non mesuré. Il pourra être utilisé comme alternative au plain-chant, à la reprise de l’antienne après le Gloria Patri.

L’antienne Vidi aquam remplace l’antienne Asperges me durant tout le temps pascal pour l’aspersion dominicale avant la grand’messe de paroisse. Son texte est tiré du prophète Ezéchiel (47, 1 & 9) et constitue une allusion prophétique au côté ouvert du Christ sur la croix, source de notre rédemption.

Avec le faux-bourdon de Mgr Perruchot, nous joignons aussi le Vidi aquam en plain-chant grégorien, avec son verset & sa doxologie, ainsi que le texte des versets et de l’oraison qui suivent.

Le texte de l’antienne :

Vidi aquam egrediéntem de templo, a látere dextro, alleluia : & omnes, ad quos pervénit aqua ista, salvi facti sunt, & dicent, alleluia, alleluia.
Ps 117, 1. Confitémini Dómino quóniam bonus : * quóniam in sæculum misericórdia ejus.
Dox. Glória Patri, & Fílio, & Spirítui Sancto. * Sicut erat in princípio, & nunc, & semper, & in sæcula sæculórum. Amen.
J’ai vu de l’eau jaillir du temple, du côté droit, alléluia ; & tous ceux que cette eau atteignait étaient sauvés & disaient : alléluia, alléluia.
Ps. 117, 1. Louez le Seigneur, car il est bon : * car sa miséricorde est éternelle.
Dox. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit, * comme il était au commencement, & maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.

Les premières mesures de cette partition :

Mgr Perruchot - Vidi aquam en faux-bourdon

Téléchargez la partition moyennant un « Like » sur les réseaux sociaux, en cliquant sur l’un des 4 boutons ci-dessous. Le lien vers la partition apparaîtra ensuite.

Tantum ergo « Vigilantium » sur le Chant de l’Espérance

Tantum ergo à 4 voix sur le Chant de l'Espérance

Harmonisation à 4 voix  du texte du Tantum ergo, le chant a été adapté sur le thème utilisé par le Chant de l’Espérance, devenu célèbre auprès des Veilleurs.

Un enregistrement fait avec un simple i-Phone :

D’après Charles de Courbes – Regina cœli

D’après Charles de Courbes (1622).
Regina cæli – Canticum paschale cum quatuor vocibus atque organis, servatis accentibus.
4 voix (SATB).
2 pages.

« L’amateur » éclairé que fut le Sieur de Courbes, élu & lieutenant particulier, publie ses compositions chez Pierre Ballard en 1622 : « Cantiques spirituels nouvellement mis en musique à IIII, V, VI, VII et VIII parties ». Une bonne part de cet ouvrage est consacrée à la mise en musique d’hymnes de l’Eglise. Influencées par la chanson française, les hymnes de Charles de Courbes témoignent aussi de l’aspiration générale à plus de clarté dans les compositions musicales liturgiques qui se fait jour après le Concile de Trente. Elles reflètent également les spéculations rythmiques conduites quelques années auparavant par les auteurs de la Pléiade et par Jean-Antoine de Baïf en particulier. C’est à ses spéculations que se réfère directement l’indication « servatis accentibus » – en se servant des accents des mots latins – pour rythmer cette pièce sur l’accentuation et non sur un rythme uniforme.

Charles de Courbes met ici en musique à quatre voix le texte de l’antienne à la Sainte Vierge durant le temps pascal (des complies du Samedi Saint à none du Samedi après la Pentecôte). Il utilise au Superius un chant abrégé et syllabique de l’antienne traditionnelle, relativement proche du chant abrégé en usage universel de nos jours. Ce chant abrégé de l’antienne Regina cæli passait pour avoir été l’œuvre du R.P. François Bourgoing, de l’Oratoire, dans son Brevis Psalmodiæ de 1634. Cette partition témoigne que ce chant est antérieur, sans qu’on puisse cependant décider si le Sieur de Courbes est l’auteur de cette abréviation du plain-chant médiéval qui deviendra traditionnelle par la suite, ou pas.

Afin de faciliter l’emploi de ce chant par les communautés traditionnelles de notre temps, le chant du Superius a ici été retouché par endroit (et du coup la polyphonie légèrement modifiée) afin de se conformer à l’usage actuellement reçu. Le rythme a été également aligné sur l’usage reçu.

A titre de comparaison, voici la partition original du Sieur de Courbes :

Pour faciliter le chant de la basse, nous avons monté la partition d’un ton, de Fa à Sol majeur (VIème ton ecclésiastique).

Regína cæli, laetáre, alleluia ;
Quia quem meruísti portáre, alleluia,
Resurréxit, sicut dixit, alleluia :
Ora pro nobis Deum, alleluia.
Reine du Ciel, réjouis-toi, alléluia,
Car celui que tu as mérité de porter, alleluia,
Est ressuscité, comme il l’avait dit, alleluia,
Prie Dieu pour nous, alleluia.

Les premières mesures de cette partition :

Téléchargez la partition moyennant un « Like » sur les réseaux sociaux, en cliquant sur l’un des 4 boutons ci-dessous. Le lien vers la partition apparaîtra ensuite.

Catéchisme sur l’Ascension

Ascension

Demande. Quelle fête célébrons-nous le jeudi qui tombe quarante jours après Pâques  ?
Réponse. La fête de l’Ascension, qui est le jour où Notre-Seigneur est monté au ciel.

D. Qui a établi la fête de l’Ascension ?
R. Les Apôtres qui en avaient été les témoins.

D. Combien le Sauveur demeura-t-il sur la terre après sa Résurrection ?
R. Il y demeura quarante jours, qu’il employa à instruire ses Apôtres.
Explication. Jésus-Christ ne voulait laisser aucun doute sur sa Résurrection. Pendant les quarantes jours qu’il demeura sur la terre après qu’il fut ressuscité, il mangea avec les Apôtres, conversa avec eux, leur apparaissant très souvent : il les convainquit de sa Divinité & de la vérité de sa Religion : il leur apprit les vérités qu’ils devaient annoncer au monde : il les instruisit sur le gouvernement de son Eglise qu’il confiait à leurs soins, sur l’administration des Sacrements, &c. enfin il retourna à son Père.

D. Jésus-Christ n’était-il pas déjà au ciel ?
R. Jésus-Christ était au ciel comme Dieu, mais il y monta comme homme le jour de l’Ascension.

D. Qui sont ceux qui furent présents à l’Ascension triomphante de Jésus-Christ ?
R. Jésus-Christ monta au ciel, par sa propre vertu, en présence de ses Apôtres & de plusieurs autres disciples.
Explication. Le jour même que le Sauveur avait choisi pour monter au ciel, il mangea avec ses Apôtres : il leur tint un discours dans lequel il réitère ses ordres & leur renouvelle ses promesses : il s’avança avec eux du côté de Béthanie, les conduisit sur la montagne des Oliviers, éloignée d’environ deux mille pas de Jérusalem. Arrivé au sommet de cette montagne célèbre, Jésus lève les yeux & les mains vers le ciel, puis les rabaissant sur ses chers disciples, il leur donna sa bénédiction au moment même que, tous brûlants d’amour pour leur divin Maître, ils avaient les yeux fixés sur lui ; ils le virent s’élever peu à peu vers le ciel, ils ne se lassaient point de le regarder, saisis d’amour & d’admiration, lorsqu’une nuée brillante le déroba à leurs yeux.
Les vestiges des pieds sacrés du Sauveur demeurèrent gravés sur l’endroit du roc où il était lorsqu’il s’éleva dans le ciel : saint Jérôme, qui passa une grande partie de sa vie dans la Palestine, l’assure positivement : Sulpice Sévére, saint Paulin de Nôle, saint Augustin, le vénérable Bède rendent le même témoignage. Saint Jérôme ajoute que dans l’église magnifique que sainte Hélène fit bâtir sur le Mont des Oliviers on ne put recouvrir de marbre cette place sainte, ni fermer la voûte à l’endroit qui y répondait. L’église a été détruite par les sarrasins. Saint François de Sales, dans son excellent traité de l’amour de Dieu, fait mention d’un gentilhomme qui expira sur cette sainte montagne, dans l’endroit même où le Sauveur monta au ciel : l’amour divin qui embrasait son cœur opéra ce prodige.

D. Que firent les Apôtres après l’Ascension de Jésus-Christ dans le ciel ?
R. Les Apôtres retournèrent dans le cénacle, où ils demeurèrent jusqu’au jour de la Pentecôte.
Explication. Les Apôtres & les autres disciples, les yeux fixés au ciel, demeurèrent immobiles, regardant avec admiration le lieu où le Sauveur avait disparu à leurs yeux, lorsque deux anges, sous une figure humaine, leur apparurent & leur dirent : Hommes de Galilée, que faites-vous les yeux fixés vers le ciel ? Ce Jésus que vous venez de voir s’élever au ciel en descendra comme vous l’avez vu y monter. Les anges disparurent, & les Apôtres se ressouvenant de l’ordre que leur avait donné Jésus-Christ d’attendre l’Esprit Saint qu’il devait leur envoyer lorsqu’il serait retourné à son Père, revinrent à Jérusalem & s’enfermèrent dans le cénacle jusqu’au jour de la descente du Saint-Esprit.

D. Pour quelles raisons Jésus-Christ est-il monté au ciel ?
R. Pour y prendre possession de la gloire qu’il avait mérité par ses souffrances.
Explication. Jésus-Christ, dit l’Apôtre, ne pouvait monter au ciel que par les souffrances ; le Sauveur l’avait dit lui-même aux disciples auxquels il apparut sur le chemin d’Emmaüs : leçon admirable, qui nous apprend le chemin qui doit nous y conduire nous-mêmes, puisque nous ne pouvons être sauvés qu’autant que nous serons trouvés conformes à Jésus-Christ.

D. Quelle est la seconde raison pour laquelle Jésus-Christ est monté au ciel ?
R. Pour ouvrir la porte du ciel aux hommes qui ne pouvaient y entrer qu’après lui.
Explication. Tous les Justes depuis la création du monde étaient renfermés dans les limbes, en attendant que le premier né de toutes les créatures leur ouvrît le ciel, l’objet de tous leurs désirs. Leur captivité finit enfin par l’Ascension du Sauveur, qui fut accompagné dans son triomphe de tous ceux qui jusqu’alors étaient morts dans la grâce.

D. Quelle est la troisième raison pour laquelle Jésus-Christ est monté au ciel ?
R. Pour envoyer son Esprit-Saint aux Apôtres & à l’Eglise.
Explication. L’Esprit Saint ne pouvait descendre sur les Apôtres tant que le Sauveur demeurait sur la terre : voilà pourquoi, leur disait ce bon Maître, il faut que je retourne vers celui qui m’a envoyé : alors je ferai descendre sur vous l’Esprit Saint, qui vous enseignera toute vérité.

D. Quelle est la quatrième raison pour laquelle Jésus-Christ est monté au ciel ?
R. Pour y être notre médiateur & notre avocat auprès de son Père.
Explication. Le Sauveur assis à la droite de son Père y fait pour nous la fonction de médiateur, d’avocat, d’intercesseur, afin que si quelqu’un pèche, il puisse avoir recours à ce protecteur puissant qui prie sans cesse son Père pour nous. Quel sujet de confiance que les prières d’un Dieu !

D. Quel est l’esprit de l’Eglise en cette fête ?
R. C’est d’honorer le triomphe de Jésus-Christ montant au ciel.

D. Que devons-nous faire pour sanctifier cette fête ?
R. Nous devons nous occuper du ciel & prendre la résolution de travailler pendant toute notre vie à mériter la place que le Sauveur est allé nous y préparer.

D. Que faut-il faire encore jusqu’à la Pentecôte ?
R. Il nous faut demander chaque jour au Sauveur de nous envoyer le Saint-Esprit.

D. Comment ferez-vous cette prière ?
R. Mon divin Sauveur, faites descendre sur moi l’Esprit Saint, & qu’il m’embrase du feu de son amour.

Abbé Meusy, Cathéchisme des Fêtes, Besançon, 1774

Programme : confirmations & solennité de sainte Jeanne d’Arc, patronne secondaire de la France

Saint-Eugène, le dimanche 14 mai 2017, sacrement de confirmation puis grand’messe en rit romain traditionnel de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

Cette année une trentaine de fidèles recevront dans notre paroisse le sacrement de la confirmation dans la forme traditionnelle.

Ce sacrement fait, entre autres effets, du chrétien un soldat du Christ (le cérémonial latin ayant incorporé en effet depuis le Moyen-Age certains aspects de la cérémonie de l’adoubement des chevaliers). Aussi, la coïncidence cette année avec la solennité de sainte Jeanne d’Arc, patronne de la France (solennité fixée au second dimanche de mai), est-elle particulièrement heureuse.

Le sacrement de la confirmation

La France Délivrée par sainte Jeanne d'Arc

Jeanne d’Arc est née à Domrémy, autrefois du diocèse de Toul, maintenant de Saint-Dié, de parents remarquables par leur foi et l’intégrité de leurs mœurs, en 1412. Elle avait à peine treize ans et ne connaissait que les occupations du foyer, le travail des champs et les premiers éléments de la religion, quand elle fut avertie qu’elle était choisie par Dieu pour délivrer la France et la rendre à l’ancienne autorité royale. Après que, pendant cinq ans, l’Archange saint Michel et les saintes vierges Catherine et Marguerite, dont elle recevait de fréquentes visites, lui eurent appris comment elle exécuterait ce qui lui était ordonné, elle reconnut qu’elle devait obéir à Dieu. Elle demanda au gouverneur de Vaucouleurs et, après quelques refus, en obtint des hommes qui devaient la conduire au roi Charles.
IVème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au second nocturne.

Obéissant aux avertissements divins, après avoir surmonté les difficultés d’un long voyage, elle arriva au château de Chinon, en Touraine, et, ayant convaincu le roi Charles de la vérité de sa mission divine, elle partit pour Orléans. En peu de jours, par un terrible assaut, elle infligea trois défaites aux ennemis, prit leurs places fortes et fit triompher son étendard. De là, après quelques faits de guerre où le secours de Dieu se manifesta de façon merveilleuse, elle conduisit Charles à Reims pour y recevoir l’onction du sacre royal. Elle ne pensa pas pour autant qu’elle devait se reposer ; mais comme elle avait reçu du ciel l’annonce que, par la permission de Dieu, elle devait tomber au pouvoir de l’ennemi, elle accepta de bon cœur ce qui devait nécessairement arriver.
Vème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au second nocturne.

Jeanne, faite prisonnière à Compiègne, vendue aux ennemis, bientôt conduite à Rouen, y fut traduite en jugement et accusée de toutes sortes de crimes, sauf de fautes contre la chasteté. Pour Jésus, elle supporta tout avec patience. Le procès ayant été conduit par des juges très corrompus, la vierge innocente et douce fut condamnée à la peine du feu. Ayant donc reçu le réconfort de la sainte Eucharistie qu’elle avait désirée si longtemps, les yeux tournés vers la croix et répétant très souvent le nom de Jésus, elle s’envola au ciel, le 30 mai, n’ayant pas encore accompli sa vingtième année. L’Église Romaine, qu’elle avait toujours aimée et à qui elle en avait souvent appelé, prit soin de la justifier de tout crime, sous le pontificat de Calixte III. Vers la fin du dix-neuvième siècle, Léon XIII permit d’introduire la cause de la Pucelle d’Orléans. Puis le Souverain Pontife Pie X la mit au rang des Bienheureuses, et Benoît XV au nombre des saintes Vierges. Enfin Pie XI, accédant aux vœux des évêques français, la déclara et institua patronne secondaire de la France, après la Très Sainte Vierge en son Assomption.
VIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au second nocturne.

IIndes vêpres de la solennité de sainte Jeanne d’Arc, avec mémoire du IVème dimanche après Pâques. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : O salutaris de l’Abbé du Gué, maître de chapelle de Saint-Germain-L’Auxerrois (1768 -1780) puis de Notre-Dame de Paris (1780 – 1790)
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Regina cœli, du VIème ton
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Oremus pro Pontifice nostro du VIème ton, pour le Temps pascal.
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo du IIIème ton
  • Chant d’action de grâces : Adoremus in æternum – Psaume XVI – plain-chant du XVIIIème siècle

Télécharger le livret de cette messe au format PDF.
Télécharger le livret du propre des IIndes vêpres de sainte Jeanne d’Arc.
Télécharger le livret de la mémoire des IIndes vêpres du IVème dimanche après Pâques.

Programme du dimanche de la Samaritaine – ton 4

Le Christ rencontre la SamaritaineParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 14 mai 2017 du calendrier grégorien – 1er mai 2017 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

L’origine de la célébration de la Samaritaine au IVème dimanche de Pâques est constantinopolitaine ; l’hymnographie de ce dimanche est donc essentiellement d’origine constantinopolitaine, comme du reste l’essentiel du Pentecostaire, et plus spécialement d’origine Studite (Joseph le Studite, archevêque de Thessalonique, est l’auteur du canon de la Samaritaine, lequel, à vrai dire, ne chante celle-ci que dans le 4ème tropaire de chaque ode).

Selon la tradition byzantine, la Samaritaine, reçut ultérieurement le baptême, portant le nom de Photine. Ses sept enfants et elle furent martyrisés sous l’empereur Néron.

Au VIème siècle, l’empereur Justinien fit transporter avec grand honneur depuis Sichar jusqu’à Constantinople la margelle du puits et la pierre où le Christ s’était assis pour parler à la Samaritaine, et les fit placer devant le narthex de Sainte-Sophie qu’il avait faite construire.

Par les prières de ta sainte martyre Photine, Christ notre Dieu, aie pitié de nous. Amen.

*

Ce dimanche suit aussi le mercredi de la mi-Pentecôte, la moitié du temps pascal : la mi-Pentecôte est l’écho glorieux de la mi-Carême. Cette fête a dû être célébrée dès la fin du IVème siècle : le Cappadocien saint Amphiloque d’Iconium prononce une homélie à cette occasion dans laquelle il remarque : « Le Seigneur est médiateur (mesitès) ; médiane aussi est la fête (mesè kai hè heortè). Car le milieu est toujours assuré par les extrémités. »

La célébration du mercredi de la mi-Pentecôte est attesté en Occident (saint Pierre Chrysologue prononce une homélie pour cette fête à Ravenne au Vème siècle), mais cette fête ne s’est maintenue par la suite qu’en Orient. Le thème de la sagesse et de l’enseignement doctrinal développé par les textes liturgiques byzantins de la mi-Pentecôte sont à relier à la tradition de tenir en ce jour (ou dans son octave) les synodes ou conciles provinciaux (le 5ème canon du concile de Nicée de l’an 325 demande que l’un des deux synodes provinciaux annuels ait lieu avant l’Ascension). L’évangile de la mi-Pentecôte (Jean VII, 14-30) montre justement Jésus enseignant dans le Temple « au milieu de la fête » (même s’il s’agissait ici plus vraisemblablement de la fête des Tabernacles et non de celle de la Cinquantaine pascale). Cet évangile est le préambule au magnifique discours sur l’eau vive (Jean VII, 37-52), qui sera lu dans le rit byzantin à la Pentecôte, mais que le tropaire et le kondakion de la mi-Pentecôte chantent d’ores et déjà. La mi-Pentecôte est précédée elle-même du dimanche du paralytique de la Piscine probatique et suivie du dimanche de la Samaritaine : le rit byzantin, par cette admirable catéchèse liturgique autour de l’eau comme symbole de la vie donnée par l’Esprit Saint, prépare déjà les fidèles à la fête de la Pentecôte.

La fête de la mi-Pentecôte est dotée d’une octave dans le rit byzantin, c’est pourquoi l’on reprend ses tropaire et kondakion le dimanche de la Samaritaine.

*

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche, ton 4. Gloire au Père. Tropaire de la mi-Pentecôte. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion de la Samaritaine.
A sexte : Tropaire du dimanche, ton 4. Gloire au Père. Tropaire de la mi-Pentecôte. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion de la Mi-Pentecôte.

Tropaires des Béatitudes : 4 tropaires du dimanche, ton 4, 4 tropaires de la 3ème ode du 2 canon de la Samaritaine (œuvre de saint Théodore Studite (759 † 826), archevêque de Thessalonique) & 4 tropaires de la 6ème ode du 2nd canon du Triode fleuri (de la mi-Pentecôte, œuvre de Saint André de Crète, évêque de Gortyne (c. 660 † 740)) :

1. A cause de l’arbre défendu * Adam fut exilé du Paradis, mais par l’arbre de la croix le Larron y entra ; * car l’un, goûtant de son fruit, méprisa le commandement du Créateur, * l’autre, partageant ta crucifixion, confessa ta divinité : ** Souviens-toi de moi dans ton royaume.
2. Seigneur exalté sur la Croix, * tu as brisé la puissance de la mort, * effaçant la cédule écrite contre nous ; * accorde-nous la repentance du Larron * et donne à tes fidèles serviteurs, ô Christ notre Dieu, * de te crier comme lui : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
3. D’un coup de lance, sur la croix * tu as déchiré la cédule écrite contre nous ; * et, compté parmi les morts, tu as enchaîné le prince de l’Enfer, * délivrant tous les hommes des liens de la mort * par ta Résurrection, dont la lumière a brillé sur nous ; * Seigneur ami des hommes, nous te crions : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
4. Crucifié & ressuscité du tombeau, * Dieu tout-puissant, le troisième jour, * avec toi, seul Immortel, tu ressuscitas le premier homme, Adam ; * donne-moi, Seigneur, de prendre aussi la voie du repentir * afin que, de tout mon cœur * & dans l’ardeur de ma foi, je te crie : ** Souviens-toi de moi, Sauveur, en ton royaume.
5. Verbe, tu fus mis en croix selon ton bon vouloir, * et les rochers se fendirent en te voyant, * l’entière création trembla d’effroi, ** comme d’un songe les morts s’éveillèrent des tombeaux.
6. Les âmes des justes, ô Verbe, te voyant * descendre avec ton âme aux Enfers, * échappèrent aux liens qui depuis les siècles les retenaient ** et chantèrent ta puissance qui dépasse tout esprit.
7. Pourquoi ce trouble, pourquoi, ô Femmes, cherchez-vous * avec la myrrhe le Seigneur dans le tombeau ? * Il est debout, et le monde avec lui s’est réveillé, ** disait aux Myrrhophores un Ange resplendissant.
8. Prince de vie & source d’immortalité, * près de la source tu t’es assis, * comblant la Samaritaine, en ta bonté, ** des ondes de sagesse qu’elle implorait de toi.
9. Toi qui embrasses tout l’univers, * Jésus, tu vins dans le Temple & tu enseignas * aux foules ta parole de vérité, ** au milieu de la fête, comme dit l’Evangéliste saint Jean.
10. Ouvrant tes lèvres, Seigneur, * au monde tu annonças le Père intemporel * et l’Esprit de sainteté, ** leur demeurant consubstantiel même après l’incarnation.
11. L’œuvre du Père, tu l’accomplis, * ta parole fut par tes œuvres confirmée, * tu fis des guérisons & des miracles, Sauveur, ** redressant le Paralytique, purifiant les lépreux et ressuscitant les morts.
12. Le Fils intemporel est entré dans le temps, * il s’est fait homme en assumant notre condition ; * au milieu de la fête il enseignait en disant : ** Courrez vers la source intarisable où l’on puise la vie.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 4 : Ayant appris de l’Ange la prédication lumineuse de la Résurrection, * et le terme de l’ancestrale condamnation, * les femmes disciples du Seigneur * dirent, pleine de fierté, aux apôtres : * « Renversée est la mort ! * Le Christ Dieu est ressuscité, ** donnant au monde sa grande miséricorde ! »

2. Tropaire de la Mi-Pentecôte, ton 8 : Au milieu de la fête, * abreuve mon âme assoiffée des eaux de la piété, * car, ô Sauveur, Tu as clamé à tous : * Celui qui a soif, qu’il vienne à Moi et qu’il boive. ** Source de notre vie, ô Christ Dieu, gloire à Toi !
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion de la Samaritaine, ton 8 : Par sa foi, la Samaritaine, venue au puits * vit en Toi l’eau de la Sagesse ; * s’en étant abondamment abreuvée, ** elle reçut en héritage le Royaume d’en haut, car elle est digne d’être glorifiée.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion de la Mi-Pentecôte, ton 4 : Au milieu de la fête prescrite par la Loi, * Créateur & Maître de toutes choses, * Tu as dit à ceux qui se tenaient auprès de Toi, ô Christ-Dieu : * Venez puiser l’eau de l’immortalité. * Aussi nous prosternons-nous devant Toi * et disons-nous avec foi : * Accorde-nous ta compassion, ** car Tu es la source de notre vie.

Prokimen
Du dimanche de la Samaritaine, ton 3 :
R/. Sonnez pour notre Dieu, sonnez ; sonnez pour notre Roi, sonnez ! (Psaume 46, 7).
V/. Tous les peuples, battez des mains, acclamez Dieu par vos cris de joie ! (Psaume 46, 2).

Epître :
Du dimanche de la Samaritaine : Actes des Apôtres (§ 28) XI, 19-26 & 29-30.
Mais Saul se fortifiait de plus en plus, et confondait les Juifs qui demeuraient à Damas, leur prouvant que Jésus était le Christ.

Alleluia
Du dimanche de la Samaritaine, ton 4 :
V/. Va, chevauche pour la cause de la vérité, de la piété & de la justice (Psaume 44, 5).
V/. Tu aimes la justice, tu hais l’impiété (Psaume 44, 8).

Evangile :
Du dimanche de la Samaritaine : Jean (§ 12) IV, 5-42.
Jésus lui répondit : Quiconque boit de cette eau, aura encore soif : au lieu que celui qui boira de l’eau que je lui donnerai, n’aura jamais soif.

A la commémoraison de la Très-Sainte Mère de Dieu durant l’anaphore eucharistique
L’ange chanta à la Pleine de grâce : Réjouis-toi, Vierge très pure, je répète, réjouis-toi  ! Ton Fils en vérité est ressuscité après trois passés dans le tombeau ; et Il a redressé les morts : fidèles, soyez dans l’allégresse !
Resplendis, resplendis, nouvelle Jérusalem, car sur toi la gloire du Seigneur s’est levée. Réjouis-toi et exulte, Sion, et toi, Mère de Dieu très pure, réjouis-toi, car ton Fils est ressuscité ! Alléluia !

Verset de communion
De Pâques : Recevez le corps du Christ, goûtez à la source immortelle.
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux (Psaume 148, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.

Télécharger le livret des choristes pour ce dimanche.
Télécharger le livret commun des choristes pour le Temps pascal.

Programme du IIIème dimanche après Pâques – Jubilate Deo

Troisième dimanche après PâquesSaint-Eugène, le dimanche 7 mai 2017, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

Le troisième dimanche après Pâques est aussi appelé dimanche de Jubilate, en raison du premier mot de l’introït de la messe.

L’évangile de la messe de ce jour est tiré du dernier discours du Christ à la Cène dans l’évangile de Jean (16, 16-22) : « Un peu de temps, et vous ne me verrez plus ; et puis un peu encore, et vous me verrez, car je vais au Père. » Aussi ce dimanche constitue-t-il un point de bascule au milieu du temps pascal : après avoir célébré la résurrection et la vie nouvelle offerte par le baptême & l’eucharistie, voici que la perspective que nous offre la sainte liturgie change et nous prépare au départ du Seigneur vers son Père et à l’envoi de l’Esprit, aux fêtes prochaines de l’Ascension & de la Pentecôte.

« Ce peu de temps nous paraît long, parce qu’il dure encore ; mais lorsqu’il sera fini, nous comprendrons combien il était court. Que notre joie ne ressemble donc pas à celle du monde, dont il est dit : « Mais le monde se réjouira » ; et néanmoins, pendant l’enfantement du désir de l’éternité, que notre tristesse ne soit pas sans joie ; montrons-nous, comme dit l’Apôtre : « Joyeux par l’espérance, patients dans la tribulation ». En effet, la femme qui enfante, et à laquelle nous avons été comparés, éprouve plus de joie à mettre au monde un enfant, qu’elle ne ressent de tristesse à souffrir sa douleur présente. Mais finissons ici ce discours, car les paroles qui suivent présentent une question très épineuse ; il ne faut pas les circonscrire dans le court espace de temps qui nous reste, afin de pouvoir les expliquer plus à loisir, s’il plaît au Seigneur. »
Homélie de saint Augustin, évêque, IXème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

IIndes vêpres du troisième dimanche après Pâques. Au salut du Très-Saint Sacrement :

Télécharger le livret de cette messe au format PDF.
Télécharger le livret des dimanches du Temps pascal au format PDF.
Télécharger le livret du commun des IIndes vêpres du dimanche durant le Temps pascal.
Télécharger le livret du propre des IIndes vêpres du dimanche du IIIème dimanche après Pâques.

La Résurrection du Christ

Programme du dimanche du Paralytique – ton 3

La guérison du paralytique - Musée byzantin d'Athènes - Grèce - XIXème siècleParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 7 mai 2017 du calendrier grégorien – 24 avril 2017 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Après avoir fêté l’Apôtre Thomas le IInd dimanche de Pâques, les femmes Myrrophores avec Nicodème et Joseph d’Arimathie le IIIème dimanche de Pâques, la liturgie byzantine propose à l’édification des fidèles les trois dimanches qui suivent des épisodes de la vie du Christ s’étant déroulés au cours des Cinquante Jours, la Pentecôte hébraïque :

  • la guérison du Paralytique à la piscine de Bethesda,
  • la conversion de la Samaritaine,
  • la guérison de l’Aveugle-né.
  • L’origine de la célébration de la guérison du Paralytique au IVème dimanche de Pâques est constantinopolitaine ; dans la tradition de Jérusalem, l’évangile de ce jour était lu le dimanche suivant.

    L’hymnographie de ce dimanche est donc essentiellement d’origine constantinopolitaine, comme du reste l’essentiel du Pentecostaire.

    Aux heures
    A tierce & à sexte : Tropaire du dimanche, ton 3. Gloire au Père. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion de la fête (du Paralytique).

    Tropaires des Béatitudes : 4 tropaires du dimanche, ton 3, & 4 tropaires de la 6ème ode du canon du Triode fleuri :
    1. Adam, notre premier père, ayant transgressé ton commandement, * ô Christ, tu l’as chassé du Paradis ; * mais, compatissant, tu fis entrer le bon Larron * te confessant sur la croix et criant : * Souviens-toi de moi, Sauveur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
    2. Pour notre faute, tu nous condamnas * à la malédiction de la mort, Seigneur source-de-vie ; * mais, souffrant dans ton corps, Maître sans péché, * tu fis revivre les morts qui s’écrièrent : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
    3. Ressuscité d’entre les morts, tu nous sauvas de nos passions, * Seigneur, par ta sainte Résurrection ; * et, Sauveur, tu as détruit toute la puissance de la mort ; * c’est pourquoi nous, les fidèles, te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
    4. Par ta sépulture de trois jours tu éveillas, * Dieu, les morts qu’aux Enfers tu vivifias ; * et, dans ta bonté, tu fus la source de l’immortelle vie * pour nous tous, fidèles, qui sans cesse te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
    5. Elevé de ton plein gré sur le bois de la croix, * au sépulchre déposé comme mort, * ô Christ, tu donnes vie à tous les morts de l’Hadès, ** & tu ressuscites comme Dieu tout-puissant.
    6. Lorsque l’Hadès te rencontra au plus profond, * irrité, il dut te rendre ses prisonniers, * qui jamais ne cesseront de chanter, ** Dieu sauveur, ta merveilleuse Résurrection.
    7. Lorsque les Disciples du Seigneur * virent le Christ surgi du tombeau, * ils adorèrent la Vie de l’univers ** d’un cœur allègre, plein d’enthousiasme & d’amour.
    8. Depuis de nombreuses années, * il gisait sur son lit de douleur : * par ta parole il fut guéri & glorifia, ** Source de vie, ta miséricorde infinie.

    A la petite entrée :
    1. Tropaire du dimanche, ton 3 : Que les Célestes soient en liesse ! * Que les terrestres se réjouissent ! * Car le Seigneur a établi son Règne par son bras, * terrassant la mort par la mort, * Lui le Premier-Né d’entre les morts. * Il nous libère du ventre de l’enfer, ** et offre au monde la grande miséricorde.
    2. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
    3. Kondakion du Paralytique, ton 3 : Relève, Seigneur, mon âme cruellement paralysée par toutes sortes de péchés * & d’actions insensées, * par ta divine sollicitude, * de même que jadis Tu as relevé le paralytique, * afin que sauvé, je te clame : ** Ô Christ compatissant, gloire à ta puissance.
    5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    6. Kondakion de Pâques, ton 8 : Tu es descendu dans le tombeau, ô Immortel, * mais Tu as détruit la puissance des enfers * et Tu es ressuscité en vainqueur, ô Christ-Dieu. * Aux femmes myrrhophores Tu as annoncé : Réjouissez-vous ! ** & à Tes Apôtres Tu as donné la paix.

    Prokimen
    Du Paralytique, ton 1 :
    R/. Sur nous, Seigneur, soit ton amour, ainsi qu’en toi fut notre espoir ! (Psaume 32, 22).
    V/. Justes, exultez dans le Seigneur, aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1).

    Epître :
    Du Paralytique : Actes des Apôtres (§ 23) IX, 32-42.
    Alors Pierre ayant fait sortir tout le monde, se mit à genoux et en prière : et se tournant vers le corps, il dit : Tabitha, levez-vous. Elle ouvrit les yeux ; et ayant vu Pierre, elle se mit sur son séant.

    Alleluia
    Du Paralytique, ton 5 :
    V/. Ton amour, Seigneur, à jamais je le chante, d’âge en âge ma parole annonce ta fidélité (Psaume 88, 2).
    R/. Car j’ai dit : l’amour est bâti à jamais, aux cieux tu as fondé ta fidélité (Psaume 88, 3).

    Evangile :
    Du Paralytique : Jean (§ 14) V, 1-15
    Depuis, Jésus trouva cet homme dans le temple, et lui dit : Vous voyez que vous êtes guéri ; ne péchez plus à l’avenir, de peur qu’il ne vous arrive quelque chose de pis.

    A la commémoraison de la Très-Sainte Mère de Dieu durant l’anaphore eucharistique
    L’ange chanta à la Pleine de grâce : Réjouis-toi, Vierge très pure, je répète, réjouis-toi  ! Ton Fils en vérité est ressuscité après trois passés dans le tombeau ; et Il a redressé les morts : fidèles, soyez dans l’allégresse !
    Resplendis, resplendis, nouvelle Jérusalem, car sur toi la gloire du Seigneur s’est levée. Réjouis-toi et exulte, Sion, et toi, Mère de Dieu très pure, réjouis-toi, car ton Fils est ressuscité ! Alléluia !

    Verset de communion
    Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux (Psaume 148, 1).

    Télécharger le livret des choristes pour ce dimanche.
    Télécharger le livret commun des choristes pour le Temps pascal.