Programme de la solennité de saint Denys, premier évêque de Paris, & ses compagnons Rustique, prêtre, & Eleuthère, diacre, martyrs

saint Denis portant sa tête - Maître de Sir John Fastoff (c. 1430 - 1440), Getty MuseumSaint-Eugène, le dimanche 14 octobre 2018, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

Saint Denis est le premier évêque de Paris, il mourut martyr avec ses compagnons saint Rustique, prêtre, et saint Eleuthère, diacre.

Selon le texte le plus ancien de sa Passion, mise en forme vers l’an 500, Denys a été envoyé de Rome en Gaule comme évêque missionnaire par le pape saint Clément, troisième successeur de saint Pierre, de 88 à 97. Parvenu à Paris avec deux disciples, Rustique & Eleuthère, Denys y construit la première cathédrale, prêche la foi véritable aux habitants et les convertit au Christ. Les autorités romaines ne tardent pas à remarquer son action. Soumis à un interrogatoire, Denys et ses compagnons se déclarent chrétiens et sont mis à mort, décapités par le glaive du bourreau. Selon la tradition, les trois saints souffrirent le martyre à Montmartre (= le mont des Martyrs). Pour empêcher que leurs dépouilles ne soient jetés dans la Seine, une aristocrate romaine encore païenne, Catulla, décide de s’en emparer par la ruse et de les ensevelir dans un champ de sa propriété au Nord de Lutèce. La tombe de saint Denys devint très tôt lieu de pèlerinage et de nombreux chrétiens se firent ensevelir au plus près de celle-ci dès la paix de l’Eglise survenue au IVème siècle sous le règne de Constantin. Sainte Geneviève fit construire vers 520 une première église sur la sépulture de saint Denys, qui devint par la suite l’Abbaye royale de Saint-Denis, lieu de sépulture des rois de France.

Fête double de 1ère classe dans l’archidiocèse de Paris, elle surpasse le XXIème dimanche après la Pentecôte, dont on fait mémoire.

A la messe :

IIndes vêpres de la solennité de saint Denys avec mémoire du XXIème dimanche après la Pentecôte. Au salut du Très-Saint Sacrement :

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Programme du XXème dimanche après la Pentecôte – Pokrov – ton 3

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 14 octobre 2018 du calendrier grégorien, 1er octobre 2012 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton III de l’Octoèque. Nous fêtons aussi la fête du Pokrov ou Protection de Notre-Dame la Mère de Dieu & toujours Vierge Marie.

Le mot Pokrov – Покров – signifie « voile » en russe. Dans l’hébreu de l’Ancien Testament, le mot « voile » (seter) signifie aussi, au sens figuré, « protection, sécurité ».

La fête du « Pokrov » ou de la « Protection de la Mère de Dieu » a lieu le 1er octobre. C’est une fête propre à l’Eglise russe mais qui pourtant commémore une apparition de la Mère de Dieu à Constantinople dans l’église des Blachernes, illustre sanctuaire marial et très belle église de la Ville.

Un peu avant l’an 936 (année où mourut saint André le Fol), au cours de la vigile de toute la nuit du samedi au dimanche (ce dimanche tombait cette année-là le 1er octobre), saint André, un Fol-en-Christ d’origine slave et son disciple Epiphane assistaient à l’office dans l’église de Sainte-Marie des Blachernes. Ils eurent tous deux peu après minuit l’apparition de la Vierge Marie, très grande et majestueuse, accompagnée de saint Jean Baptiste et de saint Jean le Théologien. La Vierge se mit alors à genoux et durant une heure elle pria pendant que des larmes inondaient son visage. Puis elle vint au-dessus de l’autel et pria pour le peuple. Alors elle déploya son voile, en tint les extrémités de ses deux mains qu’elle étendit dans une attitude d’orante et pria pour le peuple ainsi couvert de son voile.

La fête du Pokrov qui commémore cette apparition fut instituée en Russie au XIIème siècle par André Bogolioubski, grand-prince de Vladimir de 1157 à 1174, en remerciement pour sa victoire sur les Bulgares de la Volga en 1164. Saint André le Fol – commémoré par les Ménées slaves au 2 octobre – était du reste son saint patron.

L’Eglise de Grèce a institué le 21 octobre 1952 – sur le modèle du Pokrov slave – une fête de la Sainte Protection de la Mère de Dieu, fixée au 28 octobre, jour de la fête nationale hellène. L’acolouthie de cette nouvelle fête a été composée par l’hymnographe du Mont-Athos le moine Gérasime Mikragiannanisos.

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du Pokrov. Kondakion : du dimanche.
A sexte: Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du Pokrov. Kondakion : du Pokrov.

Tropaires des Béatitudes : six tropaires du ton dominical et 4 tropaires de la 3ème ode du canon du Pokrov :
1. Nous tes serviteurs qui nous tenons avec foi * dans ton église, nous comptons sur ta pitié : * notre Dame, visite notre pauvreté * et garde-nous de tout mal, ** protégeant de ton saint voile le peuple chrétien.
2. Les Prophètes qui maintenant te servent avec les Anges * t’ont désignée d’avance de multiples noms, ô Vierge ; * en leur compagnie prie Dieu pour nous, * afin que dans la joie ** nous puissions tous fêter brillamment le saint jour de ta Protection.
3. Gédéon t’a préfigurée comme toison, * puisque sur toi comme rosée * est descendu le Christ notre Dieu : * prie-le de nous donner victoire sur l’ennemi * comme jadis sur Madian, ** pour que ta sainte fête soit ainsi glorifiée.
4. De ton voile qui resplendit * plus que les rayons du soleil * tu éclaires l’Eglise et le peuple chrétien * et tu dissipes les ténèbres de nos péchés par ta visite, ô Mère ** qui pour nous intercèdes auprès de ton Fils et ton Dieu.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 3 : Que les Célestes soient en liesse ! * Que les terrestres se réjouissent ! * Car le Seigneur a établi son Règne par son bras, * terrassant la mort par la mort, * Lui le Premier-Né d’entre les morts. * Il nous libère du ventre de l’enfer, ** et offre au monde la grande miséricorde.
2. Tropaire du Pokrov, ton 4 : En ce jour célébrons, ô peuple, cette fête lumineuse, * à l’ombre de ta venue, ô Mère de Dieu, * et, élevant le regard vers ton image très pure * disons humblement: * recouvre-nous de ton voile vénérable * et délivre-nous de tout mal, ** priant ton Fils le Christ notre Dieu de sauver nos âmes.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion du dimanche, ton 3 : Tu es ressuscité aujourd’hui du tombeau, ô Miséricordieux, * et Tu nous as écartés des portes de la mort. * Aujourd’hui Adam exulte et Ève se réjouit ; * avec eux prophètes et patriarches ne cessent de chanter ** la force divine de ta puissance.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion du Pokrov, ton 3 : La Vierge en ce jour se tient dans l’église * et prieinvisiblement Dieu pour nous avec le chœur des saints;* les Anges et les Pontifes se prosternent, * les Apôtres et les Prophètes exultent;* car la Mère de Dieu prie pour nous le Dieu prééternel.

Prokimen
Du dimanche, ton 3 :
R/. Sonnez pour notre Dieu, sonnez ; * sonnez pour notre Roi, sonnez ! (Psaume 46, 7).
V/. Tous les peuples, battez des mains, acclamez Dieu par vos cris de joie ! (Psaume 46, 2).
Du Pokrov, ton 3 :
R/. Mon âme magnifie le Seigneur, et mon esprit est ravi de joie en Dieu mon Sauveur (Luc 1, 46).

Epîtres
Du dimanche : Galates (§ 200) I, 11-19.
Je vous déclare donc, frères, que l’Évangile que je vous ai prêché, n’a rien de l’homme.
Du Pokrov : Hébreux (§ 320) IX, 1-7.
Après le second voile était le tabernacle, appelé, le Saint des saints.

Alleluia
Du dimanche, ton 3 :
V/. En toi, Seigneur, j’ai mon abris ; sur moi pas de honte à jamais (Psaume 30, 2).
V/. Sois pour moi un Dieu qui me défend, un lieu fort qui me sauve (Psaume 30, 3.)
Du Pokrov :
V/. Ecoute, ma fille, regarde & tends l’oreille, oublie ton peuple & la maison de ton père (Psaume 44, 11).

Evangile
Du dimanche : Luc (§ 26) VI, 31-36.
Du Pokrov, ton 8 : Luc (§ 54) X, 38-42 ; XI, 27-28.
Jésus lui dit : Mais plutôt heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la pratiquent !

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
Du pokrov : J’élèverai la coupe du salut, j’invoquerai le nom du Seigneur (Psaume 115, 13). Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme de la Solennité du Très-Saint Rosaire de la Bienheureuse Vierge Marie

La victoire de Lépante peinte par Paul VéronèseSaint-Eugène, le dimanche 7 octobre 2018, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

Cette fête de Notre-Dame du Très-Saint-Rosaire célèbre l’éclatante victoire navale obtenue le 7 octobre 1571 à Lépante (dans le golfe de Patras, en Grèce) par les armées chrétiennes de la Sainte Ligue, conduite par don Juan d’Autriche, contre les Turcs, pourtant très largement supérieurs en nombre, mais qui subissent une écrasante défaite : les Ottomans perdent plus de 30 000 hommes (sans compter ceux qui sont massacrés à terre par les Grecs révoltés), 192 de leurs vaisseaux sont capturés ou coulés (sur les 273 engagés) contre seulement une douzaine pour les chrétiens. 15 000 forçats chrétiens sont aussi libérés de leurs fers. Il s’agit probablement de la plus importante bataille navale de l’histoire.

Avant la bataille, afin d’implorer la protection céleste sur la flotte, le pape saint Pie V avait ordonné un jubilé solennel, un jeûne et la prière publique du Rosaire.

Le soir de la bataille, le pape va brusquement de son bureau à la fenêtre, où il semble contempler un spectacle. Puis il se retourne et dit aux prélats qui l’entourent : « Allons rendre grâce à Dieu : notre armée est victorieuse ». C’était le 7 octobre un peu avant 5 heures du soir, à l’heure où don Juan, victorieux, s’agenouillait sur le pont de son navire pour remercier Dieu de sa protection. La nouvelle de la victoire ne devait parvenir à Rome que 19 jours plus tard, le 26 octobre, confirmant ainsi la révélation faite au souverain pontife.

En commémoration de la glorieuse victoire de Lépante, Pie V ajoute aux Litanies de la très Sainte Vierge, une invocation supplémentaire : Auxilium christianorum, ora pro nobis – Secours des chrétiens, priez pour nous. Le Pape institue aussi la fête liturgique de Notre-Dame de la Victoire et fait insérer au Martyrologe romain à la date du 7 octobre la mention suivante :

« Mémoire de sainte Marie de la Victoire, que le souverain pontife Pie V ordonna de renouveler chaque année, à cause de l’insigne victoire navale remportée ce jour-là par les chrétiens sur les Turcs, grâce au secours de la Mère de Dieu. »

Grégoire XIII renouvelle en 1573 l’ordonnance de saint Pie V, ajoutant que désormais la fête aura lieu tous les premiers dimanches d’octobre, dans toutes les églises où se trouve un autel ou une chapelle sous l’invocation de Notre-Dame du Saint-Rosaire, et qu’elle portera désormais ce même nom. Répondant à l’instante prière de la Reine Marie-Anne, le pape Clément X étend en 1671 la fête du Saint-Rosaire à toute l’Espagne, sans condition. Clément XI étend en 1716 la fête du Saint-Rosaire à toute l’Eglise, en mémoire de la victoire obtenue en 1715 par Charles VI sur les Turcs, en Hongrie. Le 11 septembre 1887, Léon XIII ordonne de célébrer dans toute l’Eglise, sous le rite de seconde classe, ladite solennité et l’office de Notre-Dame du Rosaire fixé au premier dimanche d’octobre, en sorte que cette fête ne puisse être transférée à un autre jour, si ce n’est en cas d’occurrence d’un office de rite supérieur. La réforme de saint Pie X la fixe au 7 octobre en 1914, mais le 1er dimanche d’octobre reste le jour propre de la solennité externe de la fête.

Guglielmo Caccia (Il Moncalvo), Notre-Dame du Rosaire, circa 1608« Il est un rite pieux selon lequel, contre les dangers que court le monde, on récite l’Ave Maria autant de fois qu’il y a de psaumes de David, en faisant précéder chaque dizaine de l’Oraison dominicale. Avec notre Autorité apostolique, Nous approuvons ce Psautier de la Vierge. Chaque jour, le Rosaire procure des avantages aux chrétiens. » Urbain IV († 1264)
« Le Rosaire est le fouet du démon. » Adrien VI († 1523).
« Le Rosaire est un moyen donné par le Ciel pour apaiser la colère de Dieu. » Grégoire XIII (1573)
« Le Rosaire est un moyen merveilleux pour détruire le péché et recouvrer la grâce de Dieu. » Grégoire XIV († 1591)
« Le Rosaire est le trésor des grâces. » Paul V († 1621)
« Le Rosaire est le remède souverain aux erreurs et aux vices. » Benoît XII († 1730)
« Grande est la force d’une armée qui tient en main non l’épée mais le Rosaire. » Pie IX († 1878)

A la messe :

  • Procession d’entrée: Litanies de la Sainte Vierge – Chant de Besançon
  • Introït – Inclina Domine (ton i.)
  • Kyriale : Missa IX Cum Iubilo – mémoire du XVIIème dimanche après la Pentecôte
  • Epître : Proverbes VIII, 22-24 & 32-35 : Le Seigneur m’a possédée au commencement de ses voies ; avant qu’il créât aucune chose, j’étais dès lors.
  • Graduel – Propter veritatem (ton v.)
  • Alleluia – Solemnitas gloriosæ Virginis Mariæ (ton vii.)
  • Evangile : Luc I, 26-38 : L’ange étant entré où elle était, lui dit : Je vous salue, ô pleine de grâce ! le Seigneur est avec vous : vous êtes bénie entre les femmes.
  • Credo III
  • Et incarnatus de la Missa syllabica de Jean de Bournonville (1585 † 1632), maître de chapelle de la Sainte Chapelle de Paris
  • Offertoire – In me gratia (ton viii.)
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Ave Maria – Tomás Luis de Victoria (1540 † 1611), maître de chapelle de l’impératrice Marie
  • Après la Consécration : O salutaris géorgien – Sur l’air de « Shen Khar Venakhi » – « Tu es la vigne » – chant géorgien de l’école de Kakhétie – adaptation : Henri de Villiers
  • Pendant la communion :
    • Tu modo vinea – hymne géorgienne à la Mère de Dieu – « Shen Khar Venakhi » – chant géorgien de l’école de Kakhétie (XIIIème siècle) – poésie de saint Damien (1093 † 1157), dans le monde le roi Démètre Ier de Géorgie – traductions latine & française : Nicolas Vodé Nakhashidzé – adaptation musicale : Henri de Villiers
    • Ave Maria – Tomás Luis de Victoria (1540 † 1611), maître de chapelle de l’impératrice Marie
  • Communion – Florete flores (ton i.)
  • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite missa est XI
  • Pendant le dernier Evangile : Inviolata
  • Procession de sortie : Reine de France, priez pour nous – cantique d’Aloys Kunc (1832 † 1895), maître de chapelle de la cathédrale de Toulouse & de Notre-Dame-des-Victoires

IIndes vêpres de la solennité de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus avec mémoire du XXème dimanche après la Pentecôte. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : O sacrum convivium du VIIème ton, tiré du processional de Bayeux & Lisieux de 1830.
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Tota pulchra es Maria, prose du Ier ton.
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Tu es Pastor ovium du Ier ton.
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo du IIIème ton.
  • Chant d’action de grâces : Laudate Dominum – Psaume CXVI du IInd ton, tiré du processional de Bayeux & Lisieux de 1861.

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Programme du XIXème dimanche après la Pentecôte – sainte Thècle – ton 2

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 7 octobre 2018 du calendrier grégorien – 24 septembre 2018 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton II de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour sainte Thècle la Protomartyre, égale aux Apôtres. Quoique rédigés vers 160 par un prêtre d’une église d’Asie, les Actes de Paul & Thècle ont pu conserver des traditions orales plus anciennes. Thècle était une jeune fille de la ville d’Iconium en Lycaonie (son nom parait d’origine araméenne), qui se convertit en écoutant la prédication de saint Paul, qu’elle accompagna quelques temps dans ses voyages apostoliques. Thècle est tenue pour être la première femme à souffrir les épreuves du martyre. Sa mémoire fut en grande vénération dans les temps patristiques. Lorsque un gouverneur emprisonna saint Paul, Thècle fit don au gardien de son collier et d’autres objets en or, afin qu’il la laisse accéder à la cellule de l’Apôtre. Saint Jean Chrysostome dit à ce sujet : « Écoute, comment sainte Thècle, pour voir saint Paul, donna son or au gardien de prison. Et toi, tu ne veux pas donner un sou pour voir le Christ ! ». À Antioche, elle fut livrée au feu, puis aux animaux sauvages, mais resta indemne. Saint Ambroise de Milan écrit à son sujet : « Que Thècle vous apprenne à vous offrir en sacrifice. Fuyant les liens du mariage, condamnée par la fureur de son fiancé, elle changea la nature même des bêtes féroces qui respectèrent sa virginité » (Des Vierges II). Elle finit sa vie en vivant en ermite dans une grotte, près de Séleucie d’Isaurie (Cilicie). La ville chrétienne de Maaloula (la « Séleucie de Damas ») en Syrie conserve des reliques et le souvenir de sainte Thècle dans une de ses églises monastères (Mar Takla) qui porte son nom.

Thècle a été associée à la prédication de Paul. Parmi les plus anciens témoignages de l’art chrétien, les peintures d’une cave située à Ephèse non loin de la Maison de la Vierge dépeignent Paul & Thècle. Ces fresques, découvertes par des archéologues en 1906, et qui remontent au IVème-VIème siècle, représentent la Vierge Marie, saint Paul & sainte Thècle. Dans les catacombes de sainte Thècle à Rome a été de même découvert par une équipe d’archéologue en juin 2010 le plus vieux portrait de l’apôtre saint Paul (datant du IVème siècle).

Plus ancien portrait de saint Paul - catacombe de sainte Thècle à Rome.

Plus ancien portrait de saint Paul – catacombe de sainte Thècle à Rome.

*

Aux heures
A tierce & à sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de la Protomartyre. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche seulement.

Tropaires des Béatitudes : 6 tropaires du dimanche, ton 2 et 4 tropaires de la 3ème ode du canon de la Protomartyre :
1. Reprenant la prière du bon Larron, * ô Christ, nous te disons : * Souviens-toi de nous, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Ta croix, nous te l’offrons * pour la rémission de nos péchés : * Seigneur, tu l’as supportée ** par amour pour les hommes.
3. Devant ta Sépulture & ta sainte Résurrection, * Maître, nous nous prosternons : * par elles tu rachetas de la corruption, ** Ami des hommes, le monde entier.
4. Seigneur, l’empire de la Mort * par ta mort fut englouti, * & par ta sainte Résurrection, ** Dieu sauveur, tu as sauvé l’univers.
5. Au plus profond de l’Enfer, * lorsqu’ils virent ta clarté, * ceux qui dormaient dans les ténèbres de la mort, ** ô Christ, se levèrent, ressuscités.
6. Ressuscité du tombeau, * tu vins au-devant des Myrrophores, * et les Disciples reçurent la mission ** de proclamer ta Résurrection.
7. Amour qui dépasse l’entendement ! * Par lui tu fus unie dans le Christ ** à saint Paul grâce au lien de l’Esprit.
8. La jouissance voluptueuse d’ici-bas * fut incapable d’atteindre ton cœur ** déjà percé par l’amour spirituel.
9. Totalement détachée des charnelles passions, * tu n’as pas fléchi sous les maternelles pressions, ** illustre Martyre victorieuse au combat.
10. Par tes prières, Vierge immaculée, * viens à notre aide en détournant ** les dangers dont nous sommes entourés.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 2 : Lorsque tu descendis jusqu’en la mort, * ô Vie immortelle, * l’Enfer fut tué par la splendeur de ta divinité. * Lorsque tu relevas les morts des bas-fonds, * toutes les vertus célestes te clamèrent : * Donateur de vie, Christ Dieu, gloire à toi !
2. Tropaire de la Protomartyre, ton 4 : Enseignée par la parole de Paul, Vierge de Dieu Thècle * et confirmée dans la foi par Pierre, * par Dieu appelée au martyre, que parmi les femmes tu fus la première à éprouver ; * tu entras dans les flammes comme dans un lieu florissant, * et, alors que les fauves et les jeunes gens t’effrayaient, * tu t’armas de la Croix : ** aussi, toi qui es digne de toute louange, prie le Christ Dieu de sauver nos âmes.
3. Kondakion de la Protomartyre, ton 8 : Tu as brillé par la splendeur de ta virginité, * de la couronne du martyre te voilà parée * et tu fus une apôtre glorieuse, nous le croyons ; * en rosée tu changeas la fournaise de feu * & tu apaisas la fureur du taureau ** par ta prière, car tu fus la première au combat.
4. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
5. Autre kondakion de la Protomartyre, ton 2 : Après avoir blessé ton cœur avec l’amour du Christ, ô Vierge sage, * tu as, comme fiancée, méprisé les biens transitoires qui ne comptent pas ; * tu as aussi bravé le feu et fermé la gueule des bêtes sauvages. * Et, épargnée par elles, tu as pris soin de suivre Paul, ** O Thècle, première femme martyre.
6. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
7. Kondakion du dimanche, 2 : Tu es ressuscité du tombeau, tout-puissant Sauveur : * l’enfer, voyant ce prodige, est saisi de stupeur, * & les morts ressuscitent. * A cette vue, la création se réjouit avec toi ; * Adam s’unit à l’allégresse ** et le monde, ô mon Sauveur, te chante pour toujours.

Prokimen
1. Du dimanche, ton 2 :
R/. Ma force & mon chant, c’est le Seigneur ; il fut pour moi le salut (Psaume 117, 14).
V/. Il m’a châtié et châtié, le Seigneur, mais à la mort il ne m’a point livré (Psaume 117, 18).
[De la Protomartyre, ton 4 :
R/. Dieu est admirable dans ses saints, lui le Dieu d’Israël (Psaume 67, 36).]

Epîtres
Du dimanche : II Corinthiens (§ 194) XI, 31 – XII, 9.
Ma grâce te suffit : car ma puissance éclate davantage dans la faiblesse. Je prendrai donc plaisir à me glorifier dans mes faiblesses, afin que la puissance du Christ habite en moi.
[De la Protomartyre : 2 Timothée (§ 296) III, 10-15.]

Alleluia
Du dimanche, ton 2 :
V/. Qu’il te réponde, le Seigneur, au jour d’angoisse, qu’il te protège, le nom du Dieu de Jacob ! (Psaume 19, 1).
V/. Seigneur, sauve le roi, & exauce-nous au jour où nous t’invoquons (Psaume 19, 10).
[De la Protomartyre, ton 1
V/. J’espérais le Seigneur d’un grand espoir, il s’est penché vers moi, et il écouta mon cri (Psaume 39, 1).]

Evangiles
Du dimanche : Luc (§ 17) V, 1-11.
Et ayant ramené leurs barques à bord, ils quittèrent tout, et le suivirent..
[De la Protomartyre : Matthieu (§ 104) XXV, 1-13.]

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
[De la Protomartyre : Réjouissez-vous, justes, dans le Seigneur ; aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1).] Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme de la Solennité de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, patronne secondaire de la France

Saint-Eugène, le dimanche 30 septembre 2018, grand’messe en rit romain traditionnel de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

Mémoire du XIXème dimanche après la Pentecôte

Ayant lu dans la Sainte Écriture cette invitation : « Si quelqu’un est tout petit, qu’il vienne à moi », elle voulut, dans son désir de plaire davantage au Très-Haut, devenir petite selon l’esprit, et, avec une confiance toute filiale, elle se livra pour toujours à Dieu, comme au plus aimant des Pères. Cette « voie de l’enfance spirituelle » selon la doctrine de l’Évangile, elle l’enseigna aux autres, spécialement aux novices qu’elle était chargée, par obéissance, de former aux vertus religieuses ; et ainsi, toute remplie d’un zèle apostolique, elle montra le chemin de la simplicité évangélique à un monde enflé d’orgueil et attaché aux vanités. Jésus, son Époux, l’enflamma profondément du désir de souffrir et dans son âme et dans son corps. Bien plus, considérant avec une extrême douleur, combien l’amour de Dieu est universellement rejeté, deux ans avant sa mort, elle s’offrit en victime à l’Amour très miséricordieux de Dieu. Alors, comme elle le rapporte elle-même, elle fut blessée d’une flamme du céleste feu. Enfin, consumée d’amour, ravie en extase, et murmurant avec une ferveur extrême : « Mon Dieu, je vous aime ! » elle s’envola vers son Époux, le trente septembre de l’année mil huit cent quatre-vingt-dix-sept, étant âgée de vingt-quatre ans. La promesse qu’elle avait faite en mourant, de faire tomber sur la terre une perpétuelle pluie de roses, dès son entrée au Ciel elle l’a réalisée, et la réalise encore de nos jours, par d’innombrables miracles. C’est pourquoi le Souverain Pontife Pie XI l’a inscrite parmi les Vierges Bienheureuses et deux ans après, au cours du grand jubilé il l’a solennellement placée au nombre des Saintes, puis constituée et déclarée Patronne spéciale de tous les Missionnaires. Pie XII, accédant aux vœux de tous les évêques de France a établi et déclaré que sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus serait auprès de Dieu patronne secondaire de toute la France.
Vie de sainte Thérèse, VIème leçon des vigiles nocturnes de sa fête, au second nocturne.

A la messe :

  • Propre grégorien du jour
  • Ordinaire : Messe brève « Aux Chapelles » de Charles Gounod (1818 † 1893)
  • Credo III
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Laudáte Dóminum – Psaume CXVI du IInd ton – Henri de Villiers
  • Préface des saints, au propre de l’archidiocèse de Paris
  • A l’élévation : O salutaris hostia de la Messe brève « Aux Chapelles » de Charles Gounod
  • Pendant la communion : O felix anima – motet à trois voix égales de Giacomo Carissimi (1605 † 1674), maître de chapelle de la cathédrale d’Assise puis du Collegium Germanicum des Jésuites à Rome
  • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite missa est VIII
  • Pendant le dernier Evangile : Salve Regina
  • Procession de sortie : Cantique des Trois Enfants dans la fournaise – VIème ton (Daniel 3, 57-56 – Action de grâce après la messe) – Maxime Kovalevky (1903 † 1988), maître de chapelle à Paris

IIndes vêpres de la solennité de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus avec mémoire du XIXème dimanche après la Pentecôte. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : O sacrum convivium du VIIème ton, tiré du processional de Bayeux & Lisieux de 1830.
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Sub tuum præsidium, du Ier ton, tiré du processional de Bayeux & Lisieux de 1830.
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Tu es Pastor ovium du Ier ton.
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo du IIIème ton.
  • Chant d’action de grâces : Laudate Dominum – Psaume CXVI du IInd ton, tiré du processional de Bayeux & Lisieux de 1861.

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