Programme du Vème dimanche après la Pentecôte – saint Michel Maleinos – ton 4

Icône de saint Michel MaleinosParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 25 juillet 2021 du calendrier grégorien, 12 juillet 2021 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton V de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour notre Vénérable Père Michel Maleinos.

Notre saint de ce jour est né en 894 dans la puissante famille aristocratique des Maleinoi, fortement implantée en Anatolie, laquelle avait acquis sa renommée lors de la lutte contre les invasions musulmanes. Il reçut au saint baptême le prénom de Manuel (Μανουήλ Μαλεΐνος) et comptait dans sa parenté saint Eudocime Maleinos (probablement un grand oncle), officier militaire mort à 33 ans en odeur de sainteté, et sur le tombeau duquel à Constantinople se multipliaient les miracles. Le père de Manuel Maleinos s’appelait lui aussi Eudocime en honneur de ce saint membre de la famille, et sa mère Anastaso était parente de l’empereur Romain Ier Lecapène († 948). Le couple étant stérile, accomplit un pèlerinage à un sanctuaire marial à la suite duquel lui naquirent Manuel l’aîné et cinq autres frères et sœurs. L’une de ses sœurs épousa Bardas Phocas l’Ancien, père de l’empereur Nicéphore II Phocas († 969). L’un de ses frères, Constantin, fut un général fameux de l’armée impériale.

Manuel Maleinos adolescent fut envoyé vers 909 à la cour impériale de Constantinople, où il fut revêtu de la dignité de despatharocandidat. Le mort de l’empereur Léon VI le Sage en 912 produisit sur lui un profond bouleversement : convaincu de la vanité des honneurs de ce monde, il résolut alors de se faire moine. Alors qu’il allait visiter ses parents en Cappadoce, il faussa la compagnie à son escorte tandis qu’ils traversaient la Bithynie et reçut la tonsure monastique par un ascète, prenant le nom monastique de Michel. Son père Eudocime, furieux de cette décision, le fait rechercher et capturer pour le contraindre à rejoindre la maison paternelle. Cependant, confronté à la volonté ferme de son fils de ne pas revenir à l’état laïc, le père finit par consentir à le laisser partir.

Saint Michel reprit alors la route vers la Bithynie où il servit modestement trois ans à la table d’un monastère avant de recevoir, en 915, le grand habit en présence, cette fois-ci bienveillante, de son père et de sa mère (une fois veuve, celle-ci devint moniale). Michel passa quelques années d’exercices ascétiques dans la région de la Sainte Montagne de Kyminas (près de Pruse de l’Olympe, l’actuelle Brousse) puis, en 921, partit plus à l’est, dans les Bucellaires, fonder un monastère près de Pruse sur l’Hypios (Plousias). Puis en 925, il revint sur le Mont Kyminas et y fonda un second monastère. Ordonné prêtre, Michel dirigea cette laure qui portait son nom jusqu’à sa mort le 12 juillet 961. Il y reçut à de nombreuses reprises ses neveux, le futur empereur Nicéphore II et Léon Phocas, ainsi que d’autres personnages de la cour qui le pressaient de donner son avis sur la marche de l’Empire. Il prédit ainsi la défaite de son neveu Léon Phocas à la bataille d’Anchialos (917) contre les Bulgares et la chute de la dynastie des Lécapène. Un lointain parent, Athanase de Trébizonde, ami de Nicéphore Phocas, prend l’habit monastique dans la laure de Michel et y reçoit le nom d’Athanase. Disciple de saint Michel Maleinos, saint Athanase l’Athonite ira par la suite fonder la Sainte Montagne de l’Athos, sur le modèle de la Sainte Montagne de Kyminas en Bithynie.

La Vie de saint Michel Maleinos fut écrite par un autre de ses disciples (cf. le texte grec et une traduction française).

Michel Maleinos est le saint patron de l’empereur Michel Ier Fiodorovitch de Russie, le premier tsar de la dynastie des Romanov : il était né le 12 juillet 1596, et c’est l’usage courant en Russie de nommer l’enfant du nom du saint fêté le jour de sa naissance. De ce fait, saint Michel Maleinos fut particulièrement vénéré par la dynastie des Romanov et beaucoup de chapelles lui furent consacrées en Russie, en particulier au XVIIème siècle.

Aux heures
A tierce & à sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du Vénérable Père. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche seulement.

A la divine liturgie

Tropaires des Béatitudes : 8 tropaires du dimanche, ton 4 :
1. A cause de l’arbre défendu * Adam fut exilé du Paradis, mais par l’arbre de la croix le Larron y entra ; * car l’un, goûtant de son fruit, méprisa le commandement du Créateur, * l’autre, partageant ta crucifixion, confessa ta divinité : ** Souviens-toi de moi dans ton royaume.
2. Seigneur exalté sur la Croix, * tu as brisé la puissance de la mort, * effaçant la cédule écrite contre nous ; * accorde-nous la repentance du Larron * et donne à tes fidèles serviteurs, ô Christ notre Dieu, * de te crier comme lui : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
3. D’un coup de lance, sur la croix * tu as déchiré la cédule écrite contre nous ; * et, compté parmi les morts, tu as enchaîné le prince de l’Enfer, * délivrant tous les hommes des liens de la mort * par ta Résurrection, dont la lumière a brillé sur nous ; * Seigneur ami des hommes, nous te crions : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
4. Crucifié & ressuscité du tombeau, * Dieu tout-puissant, le troisième jour, * avec toi, seul Immortel, tu ressuscitas le premier homme, Adam ; * donne-moi, Seigneur, de prendre aussi la voie du repentir * afin que, de tout mon cœur * & dans l’ardeur de ma foi, je te crie : ** Souviens-toi de moi, Sauveur, en ton royaume.
5. Pour nous l’Impassible devient homme de douleur * et sur la croix se laisse clouer, * afin de nous ressusciter avec lui ; * aussi nous glorifions avec la Croix * les Souffrances & la sainte Résurrection * par lesquelles nous fûmes rénovés, * obtenant le salut en criant : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
6. Ressuscité d’entre les morts * et dépouillant l’empire de la Mort, * il apparut aux Myrrophores, leur annonçant la joie ; * et nous fidèles, prions-le * d’épargner à nos âmes la corruption, * lui répétant sans cesse la parole du bon Larron : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
7. Fidèles, glorifions d’un même cœur * le Père, le Fils & l’Esprit saint, * invoquons en trois personnes l’unique Divinité * indivisible, inaccessible, sans confusion, ** qui nous sauve des flammes du châtiment.
8. Ta mère, Seigneur, t’enfanta virginalement * et vierge elle est demeurée même après l’enfantement : * c’est elle que nous te présentons pour intercéder auprès de toi : * accorde à sa prière le pardon des péchés * pour ceux qui ne cessent de te crier : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 4 : Ayant appris de l’Ange la prédication lumineuse de la Résurrection, * et le terme de l’ancestrale condamnation, * les femmes disciples du Seigneur * dirent, pleine de fierté, aux apôtres : * « Renversée est la mort ! * Le Christ Dieu est ressuscité, ** donnant au monde sa grande miséricorde ! »
2. Tropaire du Vénérable Père, ton 8 : L’image de Dieu a été vraiment conservée en toi, ô Père, * car tu as pris la croix et suivi le Christ. * En agissant ainsi, tu nous as appris à ne pas tenir compte de la chair, car elle passe, * mais à prendre soin de l’âme, puisqu’elle est immortelle. ** C’est pourquoi ton esprit, ô Vénérable Père Michel, se réjouit avec les anges.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion du Vénérable Père, ton 2 : Par tes actes tu as flétri l’arrogance de la chair, * par l’illumination tu as donné des ailes à ton agilité d’esprit. * Tu as été révélé comme une demeure de la Trinité, * que tu vois maintenant clairement, Bienheureux, ** prie sans cesse pour nous tous.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion du dimanche, ton 4 : Mon sauveur & mon libérateur, * au sortir du tombeau * a libéré et ressuscité tous les habitants de la terre, car il est Dieu. * Il a brisé les portes des enfers, ** et lui le Maître, il est ressuscité le troisième jour.

Prokimen
Du dimanche, ton 4 :
℟. Que tes œuvres sont grandes, Seigneur ! Toutes, avec sagesse tu les fis (Psaume 103, 24).
℣. Bénis le Seigneur, mon âme ! Seigneur, mon Dieu, tu es si grand ! (Psaume 103, 1).

Epître
Du dimanche : Romains (§ 103) X, 1-10.
Parce que si vous confessez de bouche que Jésus est le Seigneur, et si vous croyez de cœur que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, vous serez sauvé.

Alleluia
Du dimanche, ton 4 :
℣. Va, chevauche pour la cause de la vérité, de la piété & de la justice (Psaume 44, 5).
℣. Tu aimes la justice, tu hais l’impiété (Psaume 44, 8).

Evangile
Du dimanche : Matthieu (§ 28) VIII, 28 à IX, 1.
Deux possédés qui étaient si furieux que personne n’osait passer par ce chemin-là, sortirent des sépulcres, et vinrent au-devant de lui ; ils se mirent en même temps à crier, et à lui dire : Jésus, fils de Dieu ! qu’y a-t-il entre vous et nous ?

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.

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Gustate et videte mozarabe

Gustate et videte mozarabe
Arrangements sur le plain-chant de l’Eglise d’Espagne Henri de Villiers.
4 voix mixtes (SATB).
4 pages – La mineur.

Au témoignage unanime des Pères de l’Eglise du IVème siècle, le psaume XXXIII Benedicam Dominum in omni tempore était universellement chanté à la communion de toutes les messes. Ce choix était motivé par son 9ème verset : Gustate et videte quam suavis est DominusGoûtez et voyez combien doux est le Seigneur – tandis que son 6ème verset (Accedite ad eum, et illuminamini – Allez à lui et vous serez illuminés) était perçu comme une invitation générale à venir communier.

Parmi les nombreux témoignages de la pratique de ce psaume à la communion (ou plus exactement, au début de la communion) au IVème siècle, on pourra citer par exemple, pour l’Orient, les Constitutions Apostoliques (Livre VIII, 13), saint Cyrille de Jérusalem (Catéchèse XXIII), pour l’Occident, nous disposons du témoignage de saint Jérôme (Commentaire sur Isaïe (livre II, chapitre V, § 20), de saint Augustin (Sermon CCXXV) ou de Cassiodore (Migne, Patrologie Latine, t. LXX, col. 234).

A partir du Vème siècle, les différentes liturgies d’Orient et d’Occident se mirent à varier le choix du psaume ou de l’hymne ou antienne de communion, mais des traces demeurèrent de la pratique plus ancienne du psaume XXXIII :

  • le rit byzantin a fait varier le chant de communion (koinonika) selon la fête du jour, mais a conservé le Gustate et videte pour la divine liturgie des Présanctifiés (Liturgie de saint Grégoire de Rome), ainsi qu’à la liturgie de saint Jacques frère du Seigneur.
  • la liturgie arménienne cite le psaume XXXIII dans la IVème strophe de l’hymne chantée à la communion, le rit éthiopien de même reprend le Gustate parmi les versets chantés à la communion.
  • le rit romain a conservé le Gustate et videte comme antienne de communion pour le VIIIème dimanche après la Pentecôte, le rit ambrosien le plaçant au Lundi in Albis, tandis que le rit celtique (au témoignage du Missel de Stowe et de l’Antiphonaire de Bangor), le place parmi une petite liste de pièces pour la communion.

Le rit hispanique (ou rit mozarabe – rappelons que ce terme signifie « Qui n’est pas arabe » et qu’il a servi à désigner les chrétiens espagnols sous domination musulmane) quant à lui est le seul a avoir conservé quasiment l’usage du IVème siècle : Le Gustate est chanté au début de la communion de toutes les messes, sauf durant le Carême et le Temps pascal.

Nous avons ici harmonisé à quatre voix le plain-chant mozarabe tel que restitué par le moine de l’Abbaye de Silos dom German Prado, osb (Manual de Liturgia Hispano-Visigótica o Mozárabe, Madrid, Voluntad, 1927). La saveur primitive de la cantilène hispanique nous ramène directement ici à la Chrétienté des origines.

Les premières mesures de cette partition :

 
Gustate et videte en plain-chant mozarabe
 

℟. Gustáte et vidéte quam suávis est Dóminus. ℟. Goûtez et voyez combien doux est le Seigneur.
* Alleluia, alleluia, alleluia. * Alleluia, alleluia, alleluia.
℣. Benédicam Dóminum in omni témpore, semper laus ejus in ore meo. ℣. Je bénirai le Seigneur en tout temps, toujours sa louange sera dans ma bouche.
℣. Rédimet Dóminus ánimas servórum suórum ; et non delínquent omnes qui sperant in eo. ℣. Le Seigneur rachètera les âmes de ses serviteurs, et tous ceux qui espèrent en lui ne seront point abandonnés.
℣. Glória et honor Patri, et Fílio, et Spirítui Sancto, in sæcula sæculórum. Amen. ℣. Gloire et honneur au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, dans les siècles des siècles. Amen.

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Programme du VIIIème dimanche après la Pentecôte

Saint-Eugène, le dimanche 18 juillet 2021, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

L’économe infidèle.

On comprend la suite : Celui qui est fidèle pour très peu de chose, ce qui veut dire pour le plan charnel, sera fidèle aussi pour beaucoup, ce qui veut dire pour le plan spirituel. Mais celui qui est malhonnête pour très peu qui ne met pas au service de ses frères ce que Dieu a créé pour tous, celui-là sera malhonnête aussi dans le partage des richesses spirituelles, car il ne dispensera pas la doctrine selon les besoins, mais selon les personnes. « Or, dit le Seigneur, si vous ne dispensez pas bien les richesses matérielles et caduques, qui donc vous confiera les vraies et éternelles richesses de la doctrine divine ? »
Homélie de saint Jérôme, prêtre, IXème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

L’introït de la messe de ce dimanche, – Suscepimus, Deus, misericordiam tuam, in medio templi tui – Nous avons reçu, Dieu, ta miséricorde au milieu de ton temple -, tiré du psaume 47, a été ultérieurement réutilisé au VIIIème siècle pour servir également d’introït à la messe de la Purification le 2 février, lorsque cette fête fut instituée à Rome.

Par ailleurs, l’antienne de communion de ce dimanche – Gustate & videte quoniam suavis est Dominus – Goutez & voyez combien doux est le Seigneur – est tirée du psaume 33. Au IVème siècle, ce psaume eucharistique par excellence était universellement chanté à la communion, tant en Orient comme en Occident, et il en subsiste des traces nombreuses dans les différents rits de toute la Chrétienté. Il est possible que l’antienne de ce jour soit un témoin pour le rit romain de cet usage primitif.

A la messe :

IIndes vêpres du VIIIème dimanche après la Pentecôte. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : Ave verum, VIème ton
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Salve Regina – solennel, du Ier ton
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Tu es Petrus du VIIème ton.
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo du IIIème ton.
  • Chant d’action de grâces : Hymne Te decet hymnus – hymne de la liturgie byzantine à matines, vêpres & complies, employée par saint Benoît à la fin du troisième nocturne des dimanches dans l’office monastique (cf. Règle de saint Benoît XI, 10)

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Programme du IVème dimanche après la Pentecôte – invention des reliques de saint Serge de Radonège – ton 3

Invention des reliques de saint Serge par saint Nikon le 5 juillet 1422Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 18 juillet 2021 du calendrier grégorien – 5 juillet 2021 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton III de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour l’invention des reliques pures de notre Vénérable Père Serge, higoumène de Radonège, l’an 1422.

Les Tatars qui dominaient la Russie depuis 1237, même après la grande victoire sur eux obtenue par saint Dimitri Donskoï, galvanisé par saint Serge de Radonège, en 1380, continuaient à se livrer à des incursions périodiques, incendiant et saccageant le pays. Cette situation continua après la mort de saint Serge de Radonège (25 septembre 1392) et se produisit en particulier lorsqu’en 1408, Edigu, commandant en chef des armées de la Horde d’or, incendia Nijni Novgorod, Gorodets, Rostov, avançant jusqu’aux alentours de Moscou qu’il n’assiégea pas mais mit le feu au monastère de la Trinité fondé à 70 km de Moscou par saint Serge de Radonège.

La veille de l’arrivée des Tatars, saint Nikon, disciple de saint Serge qui était alors le supérieur de la communauté, reçut une vision des saints métropolites de Moscou Pierre et Alexis, qui lui annonçait la ruine du monastère, tout en indiquant que celui-ci renaîtrait de ses cendres et saurait s’épanouir et se développer encore plus, et qu’à l’avenir il serait préservé de toute destruction. Ainsi avertis, les moines purent s’enfuir dans les bois avant l’arrivée des Tatars musulmans, en emportant ce qu’ils pouvaient : des icônes, des vases sacrés, des livres et quelques objets particuliers ayant appartenu à saint Serge (en particulier les deux icônes qu’il gardait dans sa cellule, une de la Mère de Dieu et l’autre de saint Nicolas).

Invention des reliques de saint Serge par saint Nikon le 5 juillet 1422Dès le départ des Tatars, saint Nikon et ses moines se mirent à reconstruire leur monastère. Etant donné que tout, y compris la première église dédiée à la Très-Sainte Trinité, construite par saint Serge, était en bois, rien n’avait survécu à l’incendie. Nikon entreprit une nouvelle église en bois comme la précédente (dédiée en 1411), mais, la prospérité promise dans la vision arrivant, il fit démonter et déplacer cette église et construisit à sa place une magnifique cathédrale en pierre dédiée à la Trinité et décorée par le fameux iconographe Andreï Roublev (qui réalisa en particulier l’iconostase que l’on peut toujours contempler aujourd’hui). Les fresques furent réalisées par ce grand artiste et par Daniel Le Noir. A cette occasion, sur les indications d’une vision de saint Serge à une pieuse femme des environs, on creusa et on découvrit le corps incorrompu du saint fondateur. Cette invention des reliques eut lieu le 5 juillet 1422, alors que saint Serge n’était pas encore canonisé (sa glorification par l’Eglise intervint en 1452).

Le 11 avril 1919, les reliques de saint Serge dans la cathédrale de la Trinité de la Laure de Serguiev Possad furent odieusement profanées par las Bolcheviques qui y firent une autopsie. Une apparition miraculeuse de saint Serge s’est produite à l’époque au starets Alexis Zossima (Fedor Alexeïvitch Soloviev, 1846 † 1928), lui disant : « Je veux souffrir avec mon peuple, je me suis laissé profaner pour que ma ville survive à jamais ». La châsse en argent de 1737 fut ouverte mais les reliques ne furent toutefois pas détruites. On peut toujours les vénérer aujourd’hui dans la cathédrale de la Trinité de Serguiev Possad.

(Note : l’office de saint Athanase l’Athonite, du 5 juillet également, est usuellement reporté par l’Eglise russe au 6 juillet.)

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du Vénérable Père. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche.
A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du Vénérable Père. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du Vénérable Père.

A la divine liturgie

Tropaires des Béatitudes : 6 tropaires du dimanche, ton 3 & 4 tropaires de la 3ème ode du canon du Vénérable Père :
1. Adam, notre premier père, ayant transgressé ton commandement, * ô Christ, tu l’as chassé du Paradis ; * mais, compatissant, tu fis entrer le bon Larron * te confessant sur la croix et criant : * Souviens-toi de moi, Sauveur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Pour notre faute, tu nous condamnas * à la malédiction de la mort, Seigneur source-de-vie ; * mais, souffrant dans ton corps, Maître sans péché, * tu fis revivre les morts qui s’écrièrent : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
3. Ressuscité d’entre les morts, tu nous sauvas de nos passions, * Seigneur, par ta sainte Résurrection ; * et, Sauveur, tu as détruit toute la puissance de la mort ; * c’est pourquoi nous, les fidèles, te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
4. Par ta sépulture de trois jours tu éveillas, * Dieu, les morts qu’aux Enfers tu vivifias ; * et, dans ta bonté, tu fus la source de l’immortelle vie * pour nous tous, fidèles, qui sans cesse te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
5. Aux Myrrophores tu apparus d’abord, * Sauveur ressuscité d’entre les morts, * leur criant : Réjouissez-vous ! * et par elles, ô Christ, tu révèles ton éveil à tes amis ; * aussi te crions-nous : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
6. Sur la montagne Moïse, étendant les bras, préfigurait la croix et triomphait d’Amalec ; * nous-mêmes, nous la prenons pour combattre les démons * et tous ensemble avec foi te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 3 : Que les Célestes soient en liesse ! * Que les terrestres se réjouissent ! * Car le Seigneur a établi son Règne par son bras, * terrassant la mort par la mort, * Lui le Premier-Né d’entre les morts. * Il nous libère du ventre de l’enfer, ** et offre au monde la grande miséricorde.
2. Tropaire du Vénérable Père, ton 8 : Depuis ta jeunesse tu as accueilli le Christ en ton âme, ô vénérable Père, * et plus que tout tu as désiré t’écarter de l’agitation du monde ; * courageusement tu es allé habiter dans le désert, * et là, tu as fait croître les fruits de l’humilité, les enfants de l’obéissance ; * ayant été la demeure de la Trinité, * tu as éclairé par tes miracles tous ceux qui accouraient vers toi avec foi, * accordant abondamment à tous la guérison ; ** ô Serge notre père, prie le Christ Dieu afin qu’Il sauve nos âmes.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion du Vénérable Père, ton 8 : Ayant vécu saintement dans l’épiscopat * et pris le chemin des martyrs, * pontife Eusèbe, tu as éteint les foyers de l’hérésie ; * par le crédit que tu possèdes auprès de du Christ Dieu ** prie le afin qu’il sauve nos âmes.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion du dimanche, ton 3 : Tu es ressuscité aujourd’hui du tombeau, ô Miséricordieux, * et Tu nous as écartés des portes de la mort. * Aujourd’hui Adam exulte et Ève se réjouit ; * avec eux prophètes et patriarches ne cessent de chanter ** la force divine de ta puissance.

Prokimen
Du dimanche, ton 3 :
℟. Sonnez pour notre Dieu, sonnez ; sonnez pour notre Roi, sonnez ! (Psaume 46, 7).
℣. Tous les peuples, battez des mains, acclamez Dieu par vos cris de joie ! (Psaume 46, 2).
Du Vénérable Père, ton 7 :
℟. Elle a du prix aux yeux du Seigneur, la mort de ses serviteurs (Psaume 115, 5).

Epîtres
Du dimanche : Romains (§ 93) VI, 18-23.
Car la mort est la solde et le payement du péché ; mais la vie éternelle est une grâce et un don de Dieu, en Jésus-Christ notre Seigneur.
Du Vénérable Père : Galates (§ 213) V, 22 – VI, 2.
Or ceux qui sont à Jésus-Christ, ont crucifié leur chair avec ses passions et ses désirs déréglés.

Alleluia
Du dimanche, ton 4 :
℣. Va, chevauche pour la cause de la vérité, de la piété & de la justice (Psaume 44, 5).
℣. Tu aimes la justice, tu hais l’impiété (Psaume 44, 8).
Du Vénérable Père, ton 6 :
℣. Bienheureux l’homme qui craint le Seigneur, et qui a une grande affection pour ses commandements (Psaume 111, 1).

Evangiles
Du dimanche : Matthieu (§ 25) VIII, 5-13.
Mais le centenier lui répondit : Seigneur ! je ne suis pas digne que vous entriez dans ma maison ; mais dites seulement une parole, et mon serviteur sera guéri.
Du Vénérable Père : Luc (§ 24) VI, 17–23.
Et tout le peuple tâchait de le toucher, parce qu’il sortait de lui une vertu qui les guérissait tous.

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
Du Vénérable Père : La mémoire du juste sera éternelle (Psaume 111, 6). Alleluia, alleluia, alleluia.

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Domine, salvam fac Galliam – Prière pour la France du IVème ton en faux-bourdon parisien

Arrangements Henri de Villiers.
Prière pour la France : Domine, salvam fac Galliam du IVème ton en faux-bourdon parisien.
3 voix égales (TBB) ou 4 voix mixtes (SATB).
1 page – Mi mineur.

Sous l’Ancien Régime, la prière pour les autorités publiques utilisait le dernier verset du Psaume 19 : Domine, salvum fac Regem, & exaudi nos in die qua invocaverimus te. L’Empire transforma ce verset en Domine, salvum fac imperatorem nostrum Napoleonem, la République en Domine, salvam fac Rem Publicam. Le XXème siècle a chanté également Domine, salvum fac gentem Francorum. Le texte que nous utilisons, Domine, salvam fac Galliam – Seigneur, sauvez la France était déjà en usage au XIXème siècle.

De tradition, ce verset est chanté le dimanche à la grand’messe à la fin de la communion, les dimanches et certaines fêtes (comme le jour Noël selon le Cérémonial parisien de Martin Sonnet de 1662), ainsi qu’aux saluts du Très-Saint Sacrement. Il a été psalmodié sur divers tons, les Vème & VIème tons ayant eu aux XVIIIème & XIXème siècles les plus grandes faveurs. A Saint-Eugène, nous chantons ordinairement (sauf aux grandes fêtes) le Domine salvam fac dans le ton de l’antienne de communion qui le précède immédiatement. Le faux-bourdon parisien employé se retrouve dans de nombreuses éditions liturgiques de ce diocèse depuis le XVIIIème siècle. Il est néanmoins beaucoup plus ancien.

Le rythme de cette prière pour la France s’inspire directement de celui utilisé par Charles Gounod dans sa Messe solennelle de sainte Cécile (où le te final est considéré comme enclitique et déplace l’accent tonique d’invocavérimus). D’autres solutions rythmiques ont été utilisées du XVIIème au XIXème siècle pour la cadence finale.

Dans le faux-bourdon à 4 voix, les parties de dessus et de taille sont interchangeables.

Les premières mesures de cette partition :

Domine, salvam fac Galliam - Prière pour la France du IVème ton en faux-bourdon parisien

Dómine, salvam fac Gálliam : *
Et exáudi nos in die
qua invocavérimus te. (ter).
Seigneur, sauve la France,
Et exauce-nous au jour
où nous t’invoquerons.

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