Programme du XIème dimanche après la Pentecôte

Saint-Eugène, le dimanche 20 août 2017, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

« Ephphetha » – dimanche de la guérison du sourd-muet.

Quand Dieu, Créateur de toutes choses, a voulu guérir un sourd-muet, il lui mit les doigts dans les oreilles et il prit de la salive et lui toucha la langue. Pourquoi ? Que signifient les doigts du Rédempteur, sinon les dons du Saint-Esprit ? C’est pour cela que, ailleurs, après avoir chassé un démon, il dit : « Si c’est par le doigt de Dieu que je chasse les démons, le Royaume de Dieu est donc venu jusqu’à vous. » Un autre évangéliste exprime cette même parole ainsi : « Si c’est par l’Esprit de Dieu que je chasse les démons, le Royaume de Dieu est donc venu jusqu’à vous. » En mettant ces deux textes ensemble, on voit que l’Esprit est appelé doigt de Dieu. Donc, mettre les doigts dans les oreilles, c’est ouvrir à l’obéissance l’esprit du sourd par les dons du Saint-Esprit. »
Homélie de saint Grégoire, pape, VIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

A la messe :

  • Procession d’entrée : Chaconne de 1658 de Louis Couperin (c. 1626 † 1661), organiste de Saint-Gervais
  • Prélude de l’introït à l’orgue : Office du XIème dimanche après la Pentecôte – Charles Tournemire (1870 – 1939), organiste de la basilique Sainte-Clotilde à Paris (L’Orgue mystique, cycle de la Pentecôte, 1927-1932)
  • Introït – Deus in loco sancto suo (ton v.) – Psaume LXVII, 6-7, 36 & 2
  • Kyriale : Missa XI Orbis factor
  • Credo I
  • Epître : I Corinthiens XV, 1-10 : Mais c’est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis, et sa grâce n’a point été stérile en moi : mais j’ai travaillé plus que tous les autres ; non pas moi toutefois, mais la grâce de Dieu avec moi.
  • Graduel – In Deo speravit cor meum (ton v.) – Psaume XXVII, 7 & 1
  • Alleluia – Exsultate Deo (ton vii.) – Psaume LXXX, 2-3
  • Evangile : Marc VII, 31-37 : Et levant les yeux au ciel, il jeta un soupir, et lui dit : Éphphétha, c’est-à-dire, Ouvrez-vous.
  • Offertoire – Exaltabo te Domine (ton ii.) – Psaume XXIX, 2-3
  • Pendant les encensements de l’offertoire : chant du Dirigatur du IInd ton – faux-bourdon parisien (édition de 1739)
  • Après la Consécration : O salutaris du Ier ton, « dans les solennités » – plain-chant normand de Coutances
  • Pendant la communion : Magnificat du Ier ton de Claudin de Sermisy (1490 – 1562), maître de la chapelle royale
  • Communion – Honora Dominum (ton vi.) – Proverbes III, 9-10
  • Prière pour la France, sur le VIème ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite missa est XI
  • Après le dernier Evangile : Inviolata
  • Procession de sortie : Laudate Dominum du IInd ton – plain-chant tiré du Processional de Bayeux & Lisieux de 1861

IIndes vêpres du XIème dimanche après la Pentecôte. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : Ave verum, VIème ton
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Ave Maria, du Ier ton
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Tu es Petrus du VIIème ton
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo du IIIème ton
  • Chant d’action de grâces : Adoremus in æternum Sanctissimum Sacramentum, VIème ton

Organiste invité : Philippe Ourselin

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Iconographie & 3 leçons des nocturnes de ce dimanche, sur notre page Facebook.

« …nous reconnûmes que l’île s’appelait Malte » (Actes XXVIII, 1) – Pèlerinage à Malte de votre Schola Sainte Cécile

A Foretaste of His Glory : Pèlerinage à Malte de votre Schola Sainte Cécile

Du 21 au 27 août, votre Schola Sainte Cécile, avec les grands-clercs de la paroisse Saint-Eugène – Sainte-Cécile (Paris IX), aura la joie d’être en pèlerinage sur les pas de saint Paul dans l’Ile de Malte. Cette île a en effet été l’une des toutes premières terres occidentales a avoir reçu l’évangile, du fait du naufrage du bateau romain qui transportait saint Paul captif à Rome pour y être jugé, comme le rapporte le livre des Actes des Apôtres aux chapitres XXVII (le naufrage) et XXVIII, 1-11 (le séjour de trois mois de saint Paul & de ses compagnons à Malte – la conversion des habitants). Nous y sommes accueillis par la communauté de l’église Saint-Paul de Birkirkara, où se célèbre la messe latine traditionnelle. Nous remercions d’ores-et-déjà M. le chanoine Doublet pour son accueil chaleureux. Voici la liste des messes & offices que nous chanterons au cours de ce pèlerinage :

Croix latine Lundi 21 août, 18h30 : 1ères vêpres de la fête du Cœur Immaculé de Marie (octave de l’Assomption) à l’église Saint-Paul de Birkirkara, Ile de Malte.

Croix latine Mardi 22 août, 10h : messe de la fête du Cœur Immaculée de Marie (octave de l’Assomption) à l’église Notre-Dame du Mont-Carmel de Mdina, Ile de Malte.

Croix latine Mardi 22 août, 18h30 : 2ndes vêpres de la fête du Cœur Immaculé de Marie (octave de l’Assomption) à l’église Saint-Barthélémy de Tarxien, Ile de Malte.

Croix latine Mercredi 23 août, 10h : messe de la fête saint Philippe Beniti à l’église du Christ-Roi de Paola, Ile de Malte.

Croix latine Mercredi 23 août, 19h : 1ères vêpres de la fête de saint Barthélémy, apôtre, à l’église du Christ-Roi de Paola, Ile de Malte.

Croix latine Jeudi 24 août, 10h : messe de la fête de saint Barthélémy, apôtre, à l’église Saint-Augustin de La Valette, Ile de Malte.

Croix latine Jeudi 24 août, 19h : 2ndes vêpres de la fête de saint Barthélémy, apôtre, à la basilique de Sainte-Hélène de Birkirkara, Ile de Malte.

Croix latine Vendredi 25 août, 10h : messe de la fête de saint Louis, roi de France, confesseur, à l’église Saint-Dominique de La Valette, Ile de Malte.

Croix latine Vendredi 25 août, 18h30 : 2ndes vêpres de la fête de saint Louis, roi de France, confesseur, à l’église Sainte-Marie de Birkirkara, Ile de Malte.

Croix latine Samedi 26 août, 10h : messe de Requiem à l’église Saint-Paul de Birkirkara, Ile de Malte.

Croix latine Samedi 26 août, 18h30 : 1ères vêpres du XIIème dimanche après la Pentecôte à l’église Saint-Paul de Birkirkara, Ile de Malte.

Croix latine Dimanche 27 août, 19h : messe du XIIème dimanche après la Pentecôte à l’église Saint-Paul de Birkirkara, Ile de Malte.

L'église Saint-Paul de Birkirkara, Ile de Malte, siège de la communauté traditionnelle de l'île.

L’église Saint-Paul de Birkirkara, Ile de Malte, siège de la communauté traditionnelle de l’île.

Le Chapitre de la Basilique Sainte-Hélène de Birkirkara, Ile de Malte

Méditation de Benoît XVI à la grotte de Paul à Malte

Chers Frères et Soeurs,

Mon pèlerinage à Malte a commencé par un moment de prière silencieuse dans la Grotte de Saint Paul qui, le premier, a porté la foi à ces îles. J’ai mis mes pas dans ceux des innombrables pèlerins des siècles précédents qui ont prié dans ce lieu saint, confiant leurs personnes, leurs familles et la prospérité de cette nation à l’intercession de l’Apôtre des Gentils. Je me réjouis d’être enfin parmi vous et je vous salue tous avec grande affection dans le Seigneur!

Le naufrage de Paul et son séjour de trois mois à Malte ont laissé un signe indélébile dans l’histoire de votre pays. Ses paroles à (l’adresse de) ses compagnons, avant son arrivée à Malte, nous sont rapportées par les Actes des Apôtres et ont constitué le thème retenu pour votre préparation à ma visite. Ces paroles – « Jehtieg izda li naslu fi gzira » -, dans leur contexte originel, sont une invitation au courage devant l’inconnu et à une confiance indéfectible dans la mystérieuse Providence de Dieu. Les naufragés ont été, en effet, chaleureusement accueillis par le peuple maltais, selon l’exemple donné par saint Publius. Dans le plan de Dieu, saint Paul est ainsi devenu votre père dans la foi chrétienne. Grâce à sa présence parmi vous, l’Évangile de Jésus Christ s’est profondément enraciné et a produit des fruits non seulement dans la vie des personnes, des familles et des communautés, mais aussi dans la formation de l’identité nationale de Malte et dans sa culture vivante et singulière.

Le labeur apostolique de Paul a aussi porté un fruit abondant à travers les générations de prédicateurs qui ont suivi ses pas, et particulièrement dans le grand nombre de prêtres et de religieux qui ont imité son zèle missionnaire en quittant Malte pour porter l’Évangile vers des rives lointaines. Je suis heureux d’avoir eu l’opportunité de rencontrer aujourd’hui beaucoup d’entre eux dans cette église Saint-Paul, et de les encourager dans leur vocation pleine d’audace et souvent héroïque. Chers missionnaires, je vous remercie tous, au nom de toute l’Église, pour le témoignage que vous rendez au Seigneur Ressuscité et pour vos vies consacrées au service des autres. Votre présence et votre activité dans tant de pays du monde fait honneur à votre pays et témoignent d’un élan évangélique profondément ancrée dans l’Église de Malte. Demandons au Seigneur de susciter un plus grand nombre d’hommes et de femmes pour poursuivre la noble mission d’annoncer l’Évangile et d’oeuvrer pour le progrès du Règne du Christ sur toute terre et chez tous les peuples!

L’arrivée de saint Paul à Malte n’était pas programmée. Comme nous le savons, il était en route pour Rome quand une violente tempête s’est levée et que son navire s’est échoué sur cette île. Les marins peuvent bien tracer la route du voyage, mais Dieu, dans sa Sagesse et dans sa Providence, construit son propre itinéraire. Paul, qui avait rencontré d’une manière retentissante le Seigneur Ressuscité sur la route de Damas, le savait très bien. Le cours de sa vie changea brusquement; désormais, pour lui, vivre c’était le Christ ( cf. Ph 1,21); toute sa pensée et son action étaient orientées vers la proclamation du mystère de la Croix et de son message de réconciliation offert par l’amour de Dieu.

Cette même parole, la parole de l’Évangile, a encore aujourd’hui la force de pénétrer dans nos vies et d’en changer le cours. Aujourd’hui le même Évangile prêché par Paul continue d’interpeller la population de vos îles à la conversion, à une vie nouvelle et à un avenir d’espérance. Me trouvant parmi vous comme le successeur de l’Apôtre Pierre, je vous invite à écouter de nouveau la Parole de Dieu, comme l’ont fait vos aïeux, et à la laisser changer vos manières de penser et la manière de conduire vos vies.

Depuis ce lieu saint d’où la première annonce apostolique s’est propagée dans toutes ces îles, je lance un appel à chacun de vous à faire sien l’exaltant défi de la nouvelle évangélisation. Vivez toujours plus pleinement votre foi avec les membres de vos familles, avec vos amis, dans vos quartiers, dans votre lieu de travail et dans l’ensemble du tissu social maltais. Je vous invite particulièrement vous les parents, les enseignants et les catéchistes à parler aux autres de votre lien vivant avec Jésus Ressuscité, spécialement aux jeunes qui sont l’avenir de Malte. «La foi s’affermit lorsqu’on la donne [aux autres]» ( cf.Redemptoris Missio, 2). Croyez que le temps que vous consacrez à la prière constitue vraiment une rencontre avec Dieu qui, dans sa très grande puissance, touche le coeur de l’homme. Ainsi, vous introduirez les jeunes à la beauté et à la richesse de la foi catholique, et leur donnerez une solide catéchèse en les invitant à une participation toujours plus active à la vie sacramentelle de l’Église.

Le monde a besoin de ce témoignage! Face aux si nombreuses menaces qui pèsent sur le caractère sacré de la vie humaine et sur la dignité du mariage et de la famille, nos contemporains n’ont-ils pas besoin qu’on leur rappelle constamment la grandeur de notre dignité de fils de Dieu et de la noble vocation que nous avons reçue dans le Christ? Les sociétés n’ont-elles pas besoin de se réapproprier et de défendre ces vérités morales fondamentales qui restent le fondement d’une liberté authentique et d’un progrès véritable?

À l’instant, alors que je me tenais devant la Grotte, j’ai médité sur le grand don spirituel ( cf. Rm 1,11) que Paul a donné à Malte, et j’ai prié pour que vous puissiez garder intact l’héritage que le grand Apôtre vous a légué. Que le Seigneur vous confirme ainsi que vos familles dans la foi qui agit par la charité ( cf. Ga 5,6), et fasse de vous des témoins joyeux de l’espérance qui ne déçoit jamais ( cf. Rm 5,5). Le Christ est ressuscité! Il est vraiment ressuscité! Alléluia.

Le Pape Benoît XVI et l'ancre découverte en mer le 24 avril 2005 et provenant très probablement du navire qui transportait saint Paul & qui fit naufrage à Malte.

Le Pape Benoît XVI et l’ancre découverte en mer le 24 avril 2005 et provenant très probablement du navire qui transportait saint Paul & qui fit naufrage à Malte.

Programme de la fête de l’Assomption de la B. V. Marie

L'Assomption de la Vierge par Guillaume CourtoisLe mardi 15 août 2017, grand’messe de 11h. Secondes vêpres de l’Assomption & procession du vœu de Louis XIII, suivies du salut du Très-Saint Sacrement à 17h (l’horaire des vêpres est avancé en raison de la procession).

> Catéchisme sur la fête de l’Assomption

La fête de l’Assomption de la Vierge est sans doute la plus ancienne des fêtes mariales et est universellement célébrée par les Eglises d’Orient & d’Occident. Il est probable que son institution fut faite au début du Vème siècle à Jérusalem (la fête est attestée dans le lectionnaire de 415-417) et de là se soit diffusée partout ailleurs. Dans l’Empire d’Orient, un net décret de l’empereur Maurice (582 † 602) en imposa la célébration. Rome reçut la célébration de la fête sous le pontificat du pape Théodore (642 † 649), qui était d’origine constantinopolitaine (aussi retrouvait-on, avant les réformes de 1951, le même évangile à Rome qu’à Byzance pour la messe de la fête). Vers l’an 700, le Pape d’origine syrienne saint Serge Ier ordonne 4 grandes processions en l’honneur de Marie, aux 4 grandes fêtes mariales de l’Annonciation, de l’Assomption, de la Nativité & de la Purification de la Sainte Vierge. Il convient de citer ici l’oraison composée par saint Serge Ier par laquelle débutait cette procession de l’Assomption, en raison de sa remarquable formulation :

Veneranda nobis, Domine, hujus est diei festivitas, in qua sancta Dei Genetrix mortem subiit temporalem, nec tamen mortis nexibus deprimi potuit, quæ Filium tuum, Dominum nostrum, de se genuit incarnatum.
Vénérable est pour nous, Seigneur, la fête qui commémore ce jour en lequel la sainte Mère de Dieu subit la mort temporelle, mais néanmoins ne put être retenue par les liens de la mort, elle qui avait engendré de sa substance votre Fils, notre Seigneur incarné.

La magnifique procession romaine qui précédait la messe de l’Assomption disparut hélas du rit romain lors de l’exil à Avignon, du moins dans l’usage de la Curie, duquel est issu le Missel romain actuel. Cependant, la France en conserve un lointain souvenir avec la procession dite du vœu de Louis XIII. En effet, par lettres patentes du 10 février 1638, le pieux roi déclarait consacrer à Marie sa personne, son état, sa couronne, ses sujets et demandait l’instauration à cet effet d’une procession solennelle après les secondes vêpres de l’Assomption. On y chante d’ordinaire les litanies de la Sainte Vierge et le psaume 19 sur le ton royal. Plusieurs indices rendent probable que le fameux ton psalmique néo-gallican appelé « ton royal » (qu’on a longtemps cru être de la composition du roi Louis XIII mais que l’on trouve déjà dans des manuels de procession de la Ligue sous le règne d’Henri III) ait été employé à Notre-Dame de Paris dès la première procession de 1638. Il figure depuis parmi les pièces les plus fameuses & les plus traditionnelles du répertoire de la cathédrale.

A la messe :

  • Procession d’entrée : orgue
  • Propre grégorien du jour
  • Kyrie IV – Cunctipotens Genitor Deus
  • Gloria IV
  • Epître : Judith XIII, 22, 23-25 ; XV, 10 : Bénie soit le Seigneur qui a créé le ciel et la terre, lui qui t’a guidée pour frapper à la tête le chef de nos ennemis.
  • Séquence de l’Assomption, au propre de Paris : Induant justitiam – conformément à la tradition, l’orgue figure les versets impairs
  • Evangile : Luc I, 41-50 : Vous êtes bénie entre les femmes, et le fruit de votre sein est béni.
  • Credo III
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Ave Maria – Tomás Luis de Victoria (1540 † 1611), maître de chapelle de l’impératrice Marie
  • Sanctus IV
  • A l’élévation : O salutaris géorgien – Sur l’air de « Shen Khar Venakhi » – « Tu es la vigne » – chant géorgien de l’école de Kakhétie – adaptation : Henri de Villiers
  • Agnus Dei IV
  • Pendant la communion : Tu modo vinea – hymne géorgienne à la Mère de Dieu – « Shen Khar Venakhi » – chant géorgien de l’école de Kakhétie (XIIIème siècle) – poésie de saint Damien (1093 † 1157), dans le monde le roi Démètre Ier de Géorgie – traductions latine & française : Nicolas Vodé Nakhashidzé – adaptation musicale : Henri de Villiers
  • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite missa est IV
  • Après le dernier Evangile : Salve Regina
  • Procession de sortie : J’irai la voir un jour – Cantique à Marie du R.P. Janin

IIndes vêpres de la fête de l’Assomption.

  • Procession du vœu de Louis XIII selon le propre de Paris :
    • Litanies de la Sainte Vierge
    • A la station à l’autel de la Sainte Vierge, chant du Sub tuum præsidium
    • Retour au chœur au chant de l’Exaudiat – Psaume 19, sur le ton royal, faux-bourdon traditionnel à Paris depuis le XVIIème siècle
  • Au salut du Très-Saint Sacrement :
    • Motet d’exposition : Adoro te supplex, Vème ton
    • A la Bienheureuse Vierge Marie : Exaltata est, du IVème ton (antienne de l’Antiphonaire de Notre-Dame de Paris du XIIIème s. pour le premier nocturne l’Assomption & antique psalmodie ornée du psaume XLIV)
    • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Tu es pastor ovium du Ier ton
    • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo du Vème ton « Moderne »
    • Chant d’action de grâces : In voce exultationis, VIème ton (antienne de Antiphonaire de Notre-Dame de Paris du XIIIème s. pour le second nocturne de la Fête-Dieu & psaume CXVI)

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Iconographie, avec les 9 leçons des nocturnes du bréviaire traditionnel de cette fête, sur notre page Facebook

Programme du Xème dimanche après la Pentecôte

Saint-Eugène, le dimanche 13 août 2017, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

Le pharisien & le publicain.

Le Seigneur est le Très-Haut et il regarde l’humilité. Mais les hommes hautains, – et le pharisien était l’un d’eux –, il ne les connaît que de loin. Leurs actes hautains, Dieu les connaît de loin, mais il ne méconnaît pas leur faute. Écoute encore l’humilité du publicain. Non content de se tenir à distance, il ne levait même pas les yeux vers le ciel. Afin d’être regardé, lui ne regardait pas. Il n’osait pas relever les yeux. Sa conscience l’opprimait, l’espérance le soulevait. Écoute encore : « Il se frappait la poitrine. » De lui-même, il exige un châtiment. Aussi le Seigneur épargne-t-il celui qui confesse sa faute. « Il se frappait la poitrine en disant : Mon Dieu, sois indulgent au pécheur que je suis. » Le voilà, celui qui prie ! Pourquoi t’étonner ? La faute qu’il reconnaît Dieu, lui, ne veut plus la connaître.
Homélie de saint Augustin, évêque, IXème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

A la messe :

  • Kyriale : Missa XI Orbis factor
  • Epître : I Corinthiens XII, 2-11 : Nul ne peut confesser que Jésus est le Seigneur, sinon par le Saint-Esprit.
  • Graduel – Custodi me Domine (ton i.) – Psaume XVI, 8 & 2
  • Alleluia – Te decet hymnus (ton vii.) – Psaume LXIV, 2
  • Evangile : Luc XVIII, 9-14 : Je vous déclare que celui-ci s’en retourna chez lui justifié, et non pas l’autre : car quiconque s’élève, sera abaissé ; et quiconque s’abaisse, sera élevé.
  • Credo I
  • Offertoire – Ad te Domine levavi (ton ii.) – Psaume XXIV, 1-3
  • Après la Consécration : O salutaris Hostia en plain-chant grégorien
  • Communion – Acceptabis sacrificium (ton iv.) – Psaume L, 21
  • Prière pour la France, faux-bourdon parisien du IVème ton (d’après l’édition de 1739)
  • Ite missa est XI
  • Après le dernier Evangile : Salve Regina
  • Procession de sortie : O ma Reine, ô Vierge Marie – Cantique et mélodie du R.P. Lambillotte – Harmonisation Henri de Villiers

IIndes vêpres du Xème dimanche après la Pentecôte. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : Ave verum, VIème ton
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Ave Maria, du Ier ton
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Tu es Petrus du VIIème ton
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo du IIIème ton
  • Chant d’action de grâces : Adoremus in æternum Sanctissimum Sacramentum, VIème ton

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Henry du Mont – Magnificat du IInd ton

Henry du Mont (1610 † 1684), abbé de  Silly, maître de la chapelle du roi Louis XIV, organiste de Saint-Paul & du duc d’Anjou, maître de musique de la Reine.
Magnificat du IInd ton
2 voix égales (SA ou TB).
8 pages – Sol mineur (et transposition en fa# mineur).

Magníficat *
ánima mea Dóminum.
Mon âme magnifie le Seigneur.
Et exsultavit spíritus meus *
in Deo salutári meo.
Et mon esprit est rempli de joie en Dieu mon Sauveur.
Quia respéxit humilitátem ancíllæ suæ : *
ecce enim ex hoc beátam me dicent omnes generatiónes.
Parce qu’il a regardé la bassesse de sa servante ; car désormais toute la postérité m’appellera bienheureuse.
Quia fecit mihi magna qui potens est : *
et sanctum nomen ejus.
Parce que celui qui est tout-puissant a fait en moi de grandes choses ; et son nom est saint.
Et misericórdia ejus a progénie in progénies *
timéntibus eum.
Et sa miséricorde se répand de race en race sur ceux qui le craignent.
Fecit poténtiam in bráchio suo : *
dispérsit supérbos mente cordis sui.
Il a déployé la force de son bras : il a détruit les desseins que les superbes méditaient en leur cœur.
Depósuit poténtes de sede, *
et exaltávit húmiles.
Il a renversé les grands de leur trône ; & il a élevé les humbles & les petits.
Esurientes implévit bonis : *
et dívites dimísit inánes.
Il a comblé de biens ceux qui souffraient la faim ; & il a privé de tout les riches.
Suscépit Israel púerum suum, *
recordátus misericórdiæ suæ.
Il a pris la défense d’Israël son serviteur, se ressouvenant de sa miséricorde.
Sicut locútus est ad patres nostros, *
Abraham et sémini ejus in sæcula.
Ainsi qu’il l’a promis à nos Pères, à Abraham, & à sa postérité pour toujours.
Glória Patri, et Fílio, *
et Spirítui Sancto.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint Esprit,
Sicut erat in princípio, et nunc, et semper, *
et in sæcula sæculórum. Amen.
Comme il était au commencement, et maintenant, et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.

Ce Magnificat du second ton à deux voix fait partie des Cantica Sacra, recueil de motets qu’Henry du Mont choisit de faire publier chez Robert Ballard en 1652, l’année même où il obtient son premier poste à la Cour auprès du duc d’Anjou, avant de devenir maître de la chapelle du roi Louis XIV en 1663. Ce recueil des Cantica Sacra de 1652, réimprimé en 1662, eut un succès certain dans toute l’Europe et marque une étape majeure dans l’histoire de la musique française : c’est en effet la première fois qu’une basse continue est publiée en France avec des parties vocales, de même, c’est la première fois où l’on imprime dans notre pays de la musique sacrée vocale avec instruments concertants. Les motets des Cantica Sacra de 1652 sont de factures variées, allant d’une à quatre voix, avec ou sans parties de violons.

Ce Magnificat à deux voix et basse continue (sans dessus instrumentaux) présente les versets impairs du Cantique évangélique et est bien sûr destiné à être chanté à un office de vêpres. Ce beau contrepoint est écrit en sol mineur qui est alors la transposition courante des pièces du plain-chant du IInd ton ecclésiastique (plus volontiers en fa# mineur de nos jours, en tenant compte des changements de diapason). Nous avons insérés dans nos partitions entre les versets écrits par du Mont les versets pairs en plain-chant grégorien. Nous présentons ainsi en ligne 4 éditions de l’œuvre :

  1. dans le ton original de sol mineur avec les versets pairs en plain-chant solennel
  2. dans le ton original de sol mineur avec les versets pairs en plain-chant simple
  3. dans le ton transposé de fa# mineur avec les versets pairs en plain-chant solennel
  4. dans le ton transposé de fa# mineur avec les versets pairs en plain-chant simple

Selon la grande souplesse d’interprétation exposée par Henry du Mont lui-même dans son adresse au lecteur au début des Cantica Sacra, ce Magnificat pourra être chanté par deux voix de femmes mais aussi par deux voix d’hommes, ou encore, par exemple, par un dessus et un haute-contre.

Les premières mesures de cette partition :

Magnificat du Ind ton -  Henri du Mont - Cantica Sacra

Téléchargez la partition moyennant un « Like » sur les réseaux sociaux, en cliquant sur l’un des 4 boutons ci-dessous. Le lien vers la partition apparaîtra ensuite.

Henry du Mont - Magnificat du second ton - partie du Superius - Cantica Sacra - Edition de 1652.

Henry du Mont – Magnificat du second ton – partie du Superius – Cantica Sacra –
Edition de 1652.

Programme de la fête de la Transfiguration

Transfiguration du Seigneur par Girolamo Genga, c. 1511Saint-Eugène, le dimanche 6 août 2017, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

Le Seigneur avait beaucoup parlé de périls à ses disciples, beaucoup aussi de sa passion et de sa mort : il leur avait souvent prédit qu’on les ferait mourir eux-mêmes, et leur avait enjoint bien des choses austères et difficiles. Or ces maux étaient pour la vie présente, et pour un temps déjà tout proche ; tandis qu’au contraire, ce qu’il leur annonçait d’heureux, à savoir, qu’en perdant leur vie ils sauveraient leurs âmes ; que lui-même viendrait en la gloire de son Père leur décerner des récompenses : tout cela n’était qu’en espérance et en expectative. Voulant donc affermir leur certitude au moyen de la vue, et leur montrer ce qu’est la gloire avec laquelle il doit revenir, il leur découvre et leur manifeste cette gloire, autant qu’ils sont capables de la contempler en ce monde, de manière à les empêcher, tous, et surtout Pierre, de s’attrister trop de leur mort et de celle de leur Maître.
Homélie de saint Jean Chrysostome, évêque, VIIème leçon des vigiles nocturnes de la Transfiguration, au troisième nocturne.

A la messe :

IIndes vêpres de la Transfiguration du Seigneur. Au salut du Très-Saint Sacrement :

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O nata lux de lumine – hymne de la Transfiguration du Bienheureux Pierre le Vénérable

Hymne O nata lux de lumine pour la fête de la Transfiguration composé par Pierre le Vénérable, abbé de Cluny
Hymne O nata lux de lumine pour la fête de la Transfiguration composé par Pierre le Vénérable, abbé de Cluny

1. O nata lux de lúmine,
Iesu, redémptor sæculi,
Dignáre clemens súpplicum
Laudes precésque súmere.
1. Lumière née de la lumière,
Jésus, rédempteur du monde,
nous t’en supplions, daigne accueillir dans
ta clémence nos louanges et nos prières.
2. Qui carne quondam cóntegi
Dignátus es pro pérditis,
Nos membra confer éffici
Tui beáti córporis.
2. Tu as daigné jadis revêtir la chair
pour sauver ceux qui étaient perdus :
fais-nous devenir les membres
de ton corps glorifié.
3. Præ sole vultu flámmeus,
Vt nix amíctu cándidus,
In monte dignis téstibus
Apparuísti cónditor.
3. Le visage plus flamboyant que le soleil,
les vêtements plus éblouissants que la neige,
sur la montagne tu t’es manifesté comme
le créateur devant de dignes témoins.
4. Vates alúmnis ábditos
Tuis vetústos cónferens,
Utrísque te divínitus
Deum dedísti crédere.
4. Confrontant les anciens prophètes
disparus aux tiens,
tu as donné à tous divinement
de croire en ta divinité.
5. Te vox patérna cœlitus
Suum vocávit Fílium,
Quem nos fidéli péctore
Regem fatémur glóriæ.
5. La voix du Père venue du ciel
t’a appelé son Fils,
toi que notre cœur fidèle
proclame roi céleste.
6. Concéde nobis quæsumus
Almis micáre móribus
Ut ad polórum gáudia
Bonis vehámur áctibus.
6. Accorde-nous, nous te le demandons,
de briller par une vie attentive,
afin qu’aux joies célestes,
nous soyons emportés par nos bonnes actions.
7. Laudes tibi nos pángimus,
Ætérne regum Rex Deus,
Qui es Trinus et Dóminus,
Per cuncta regnans sæcula. Amen.
7. Nous chantons nos louanges pour toi,
Eternel Roi des rois, Dieu,
Qui es Trine et Seigneur
Régnant pour tous les siècles. Amen.

La célébration de la Transfiguration du Seigneur au 6 août – 40 jours avant la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix le 14 septembre – est attestée à Jérusalem à partir du milieu du VIIème siècle, et se répandit de là en Orient (la fête semble s’implanter à Constantinople au temps de l’empereur Léon VI le Sage (866 † 912) aussi bien qu’en Occident (un évêque espagnol du nom d’Eldefonse estime, en 845, que tous les fidèles doivent communier ce jour-là comme pour Noël et l’Ascension ; le Martyrologe de Wandelbert de Prùm rédigé en vers aux alentours de 850 & le calendrier en marbre de Naples du IXème siècle la connaissent). Plusieurs diocèses et abbayes occidentaux l’adoptèrent à partir du Xème siècle, la célébrant à la date du 6 août (à l’exception notable de beaucoup de diocèses de France et d’Angleterre qui adoptèrent tout d’abord la date du 27 juillet, probablement afin de préserver la fête plus ancienne en Occident de saint Sixte). Rome fut lente à recevoir cette fête, surtout parce que dans le rit romain, la Transfiguration est de longue date célébrée le samedi des Quatre-Temps de Carême (et reprise le lendemain, second dimanche de Carême), et que le 6 août voyait déjà la fête du saint pape & martyr Sixte II, qui avec ses sept diacres (dont saint Laurent) fut l’une des victimes les plus marquantes de la terrible persécution de Valérien. Ce n’est qu’en 1457 que le pape Calixte III inscrivit au 6 août du calendrier de l’Eglise de Rome la fête de la Transfiguration, en action de grâces pour l’éclatante victoire de Belgrade remportée contre les Turcs et obtenue le 6 août 1456.

L’ordre de Cluny a adopté la fête de la Transfiguration du Seigneur en 1132, sous l’abbatiat du Bienheureux Pierre de Montboissier, plus connu sous le surnom que lui donna l’empereur Frédéric Barberousse de Pierre le Vénérable, et qui fut, du 22 août 1122 à sa mort survenue le 25 décembre 1156, le neuvième abbé du puissant ordre de Cluny.

Théologien fécond et grand abbé, Pierre le Vénérable a laissé une œuvre intellectuelle étendue et de grande qualité (il fut le premier à organiser la traduction du Coran (Lex Mahumet pseudoprophetæ) en latin afin de pouvoir développer des ouvrages d’apologétique contre les erreurs musulmanes), ainsi que le souvenir d’une vie marquée par la charité (il envoya la dépouille mortelle d’Abelard qu’il avait absout à l’abbaye du Paraclet où Héloïse était abbesse).

Non content d’inscrire la fête de la Transfiguration du Seigneur au calendrier de son ordre, Pierre le Vénérable en établit l’office : il repris les antiennes de l’antiphonaire romain qui chantaient déjà la Transfiguration pendant le Carême et compléta ce qui manquait afin d’obtenir un office monastique complet, y ajoutant, outre les antiennes nécessaires, les hymnes, le répons des Ières vêpres et les 12 répons nécessaires au chant l’office nocturne bénédictin. S’inscrivant parfaitement dans le cadre reçu de la tradition antique de l’office romain, l’office de la Transfiguration de Pierre le Vénérable est un sommet de la liturgie médiévale : fermement fondé sur l’Ecriture Sainte, il conserve la sobriété caractéristique du rit romain, sans céder aux épanchements ampoulés qui grèvent parfois les compositions liturgiques médiévales.

De Pierre le Vénérable on garde également une lettre aux moines latins du mont Thabor ainsi qu’un magnifique sermon qu’il a laissé sur le mystère de la Transfiguration, qui, avec l’office, marquent l’importance qu’avait la contemplation du Christ en gloire dans sa vie spirituelle.

L’ordre de Cluny devait être par la suite un artisan efficace de la propagation de la fête du 6 août, surtout dans les milieux monastiques dans un premier temps :

Les moines d’Occident rejoignent ceux d’Orient pour faire du Christ en gloire l’Icône de leur propre vie, qui doit consister à se laisser transfigurer par la lumière du Ressuscité. »
Pierre Jounel.

S’il est bien une fête qui, avec celles de Noël et de Pâques, est chère aux Clunisiens et dit quelque chose de leur spiritualité et de leur prière, c’est la Transfiguration. Le Christ qui, sur le mont Thabor,
avant même sa Passion et sa Résurrection, se révèle en gloire aux apôtres Pierre, Jacques et Jean et les inonde de sa clarté, est le même que le Christ dans la gloire de sa Résurrection, auquel s’adresse la liturgie clunisienne avec le faste d’un cérémonial de cour, ou que le Christ en majesté, que les moines peuvent contempler, sculpté au tympan ou peint dans l’abside de leur grande église, ou encore dans la chapelle de Berzé-la-Ville. La fête de la Transfiguration apparaît peut-être, en quelque sorte, comme le point focal de la vie liturgique et contemplative des Clunisiens. »
Thierry Barbeau, Prières de Cluny.

L’hymne O nata lux de lumine que nous transcrivons ci-dessus a été composée par Pierre le Vénérable pour les Ières et IIndes ainsi que pour les laudes de la fête de la Transfiguration. Les vers sont très classiquement écrits en dimètres iambiques, le mètre ambrosien par excellence. La mélodie – du VIIIème ton – est empruntée à l’hymne Placare Christe servulis de la fête de la Toussaint. Les antiphonaires de Cluny qui subsistent sont relativement nombreux, nous avons établi le texte et la mélodie sur un manuscrit de la fin du XIIème siècle provenant du scriptorium de l’Abbaye de Cluny (Miscellanea secundum usum ordinis Cluniacensis, Bnf Latin 17716, folio 8 recto) :

Miscellanea secundum usum ordinis Cluniacensis - folio 8 r° : début de l'office de la Transfiguration composé par Pierre le Vénérable.

Miscellanea secundum usum ordinis Cluniacensis – folio 8 r° : début de l’office de la Transfiguration composé par Pierre le Vénérable.

Cette hymne ne fut pas reprise par la suite par le Bréviaire romain, qui ultérieurement utilisa pour les offices du 6 août des strophes judicieusement choisies de l’hymne de l’Epiphanie composée au IVème par le grand poète chrétien espagnol Prudence.