Portrait d’église, histoire de retable : Saint-Sigismond de Champagny-en-Vanoise – le baroque Savoyard (9)

Saint-Sigismond de Champagny-en-Vanoise

Saint-Sigismond de Champagny-en-Vanoise.

L’église Saint-Sigismond date de 1683, elle est composée d’un chœur, de 3 nefs à 3 travées. Le retable de l’autel majeur de Jacques Clérant remplace en 1710 celui de F. Cuenot.

Ce retable majeur a la somptuosité du baroque le plus flamboyant, il est entièrement doré, le visiteur ne s’attend pas à être littéralement saisi devant une telle abondance dans une petite église nichée au cœur des Alpes. Au premier regard, la profusion de décorations peut faire croire à un désordre d’une imagination débridée. Pourtant, si l’on observe bien la rigueur de la symétrie qui indique une composition ordonnée sur un axe horizontal et un axe vertical, l’homogénéité des sculptures dans le détail et dans l’ensemble montre que nous sommes en présence d’une œuvre majeure de Jacques Clérant, qui n’a subi aucune modification, altération depuis sa réalisation au XVIIIème siècle.

Saint-Sigismond de Champagny-en-Vanoise : le retable majeur.

Saint-Sigismond de Champagny-en-Vanoise : le retable majeur.

Pour l’apprécier, le comprendre, il faut prendre le temps de le contempler dans son ensemble puis dans les détails et accepter de lire l’histoire qu’il nous raconte et enfin, se laisser porter.

Saint-Sigismond de Champagny-en-Vanoise : l'antepandium.

Saint-Sigismond de Champagny-en-Vanoise : l’antepandium.

L’antepandium donne le la d’une hymne à la joie : les anges musiciens entourent l’Enfant Jésus placé au centre, avec leur divers instruments de musique. D’autres anges sur les divers registres du retable accompagnent la Vierge dans son Assomption et enfin dans son couronnement au ciel, le Christ étant représenté dans le triomphe de sa Résurrection.

Saint-Sigismond de Champagny-en-Vanoise : l'Assomption de la Vierge sur le retable majeur.

Saint-Sigismond de Champagny-en-Vanoise : l’Assomption de la Vierge sur le retable majeur.

Nous sommes en présence d’un résumé magistral de la foi catholique, ce retable est tout à la fois une page exceptionnelle d’architecture, de sculpture et de décoration, il devient pour les fidèles une instruction sur leur foi : les dogmes de La Sainte Trinité, de l’Incarnation et de la Rédemption sont déclinés sous une nuée angélique ; la présence réelle dans le tabernacle, le culte de la Très-Sainte Mère de Dieu et des saints en particulier ici : le roi Sigismond, saint patron de la paroisse qui contemple l’Assomption de la Vierge-Marie.

Saint-Sigismond de Champagny-en-Vanoise : les Anges supports du baldaquin.

Saint-Sigismond de Champagny-en-Vanoise : les Anges supports du baldaquin.

Posés en soutien du baldaquin, deux anges nous montrent de la main la scène au dessus d’eux : le couronnement de la Vierge, elle-même observée par Dieu le Père qui parachève le retable.

Saint-Sigismond de Champagny-en-Vanoise : le couronnement de la Vierge au Ciel.

Saint-Sigismond de Champagny-en-Vanoise : le couronnement de la Vierge au Ciel.

Le tabernacle est orné du Bon Pasteur, deux évêques l’entourent ainsi que deux scènes de la passion du Christ : le Christ aux outrages et la flagellation.

L’expression artistique de ce langage théologique est admirablement réussie par Jacques Clérant. Elle est mise en mouvement, pleine de vie et soulignée par les jeux de lumière et d’ombre, portée par les ruptures des lignes, par des courbes et les plis des vêtements. Ici, on contemple une parfaite, magistrale illustration de l’art au service de la foi. Ce qui est remarquable dans ce retable, c’est la quantité d’anges et d’angelots qui dans des positions parfois acrobatiques accentuent l’impression de mouvement. Une ascension vers le ciel comme pour porter la prière des fidèles tout en dégageant un sentiment de joie et d’exultation. On s’attend presque à voir l’un d’entre eux s’échapper du retable pour voler au dessus de ceux qui les contemplent et porter les supplications vers le Très Haut.

Le Baroque savoyard

Plain-chant romain – Ave verum Corpus – prose au Très-Saint Sacrement

Ave verum.
In honorem SS. Sacramenti.
Prosa.

Ave verum Corpus - prose au Très-Saint Sacrement

Ave, verum *
Corpus, natum
Ex María Vírgine,
Vere passum,
Immolátum
In cruce pro hómine.
Cujus latus perforátum
Unda fluxit cum sánguine ;
Esto nobus prægustátum
Mortis in exámine.
O Jesu dulcis !
O Jesu pie !
O Jesu, * Fili Maríæ !
Je vous salue
ô vrai Corps, né
de la Vierge Marie,
Qui avez vraiment souffert,
Immolé
Sur la croix pour l’homme.
Dont le côté transpercé
A laissé couler de l’eau et du sang ;
Soyez notre viatique
A notre mort, lors du jugement.
O doux Jésus,
O bon Jésus,
O Jésus, Fils de Marie.

Cette petite prose au Très-Saint Sacrement a été composée vraisemblablement au cours du XIVème siècle et son extension resta assez longtemps locale, les manuscrits médiévaux qui la contiennent étant tous des environs du lac de Constance, provenants de l’Abbaye de Saint-Gall (codex 546), de celle de Reichenau (manuscrits 36 et 156) ou de Constance même. L’un des manuscrits de Reichenau, du XVème, intitule cette pièce : Salutationem sequentem composuit Innocentius papa ; hæc oratio habet tres annos indulgentiarum a dom. papa Leone (La salutation suivante a été composée par le pape Innocent ; cette oraison a reçu trois années d’indulgence du seigneur pape Léon).

Programme du VIIIème dimanche après la Pentecôte

Saint-Eugène, le dimanche 15 juillet 2018, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

L’économe infidèle.

On comprend la suite : Celui qui est fidèle pour très peu de chose, ce qui veut dire pour le plan charnel, sera fidèle aussi pour beaucoup, ce qui veut dire pour le plan spirituel. Mais celui qui est malhonnête pour très peu qui ne met pas au service de ses frères ce que Dieu a créé pour tous, celui-là sera malhonnête aussi dans le partage des richesses spirituelles, car il ne dispensera pas la doctrine selon les besoins, mais selon les personnes. « Or, dit le Seigneur, si vous ne dispensez pas bien les richesses matérielles et caduques, qui donc vous confiera les vraies et éternelles richesses de la doctrine divine ? »
Homélie de saint Jérôme, prêtre, IXème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

L’introït de la messe de ce dimanche, – Suscepimus, Deus, misericordiam tuam, in medio templi tui – Nous avons reçu, Dieu, ta miséricorde au milieu de ton temple -, tiré du psaume 47, a été ultérieurement réutilisé au VIIIème siècle pour servir également d’introït à la messe de la Purification le 2 février, lorsque cette fête fut instituée à Rome.

Par ailleurs, l’antienne de communion de ce dimanche – Gustate & videte quoniam suavis est Dominus – Goutez & voyez commbien doux est le Seigneur – est tirée du psaume 33. Au IVème siècle, ce psaume eucharistique par excellence était universellement chanté à la communion, tant en Orient comme en Occident, et il en subsiste des traces nombreuses dans les différents rits. Il est possible que l’antienne de ce jour soit un témoin pour le rit romain de cet usage primitif.

A la messe :

  • Asperges me
  • Introït – Suscepimus Deus misericordiam tuam (ton i.)
  • Kyriale XI – Orbis factor
  • Epître : Romains VIII, 12-17 : Car tous ceux qui sont poussés par l’Esprit de Dieu, sont enfants de Dieu.
  • Graduel – Esto mihi in Deum protectorem (ton v.)
  • Alleluia – Magnus Dominus (ton vii.)
  • Evangile : Luc XVI, 1-9 : Et le maître loua cet économe infidèle de ce qu’il avait agi prudemment : car les enfants du siècle sont plus sages dans la conduite de leurs affaires, que ne le sont les enfants de lumière.
  • Après l’homélie : Postlude pour l’antienne de Magnificat du jour – Charles Tournemire (1870 † 1939), organiste de la basilique Sainte-Clotilde
  • Credo I
  • Offertoire – Populum humilem (ton v.)
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Dirigatur du Vème ton – faux-bourdon parisien (édition de 1739)
  • A l’élévation : O salutaris en La bémol Majeur de Charles Gounod (1818 † 1893)
  • Pendant la communion : O quam amabilis – motet jésuite anonyme du XVIIème siècle
  • Communion – Gustate et videte (ton iii.)
  • Prière pour la France, faux-bourdon parisien du IIIème ton (d’après l’édition de 1739)
  • Après le dernier Evangile : Inviolata
  • Procession de sortie : Je mets ma confiance – Cantique et mélodie du R.P. Lambillotte – harmonisation de M. le chanoine Gaston Roussel, maître de chapelle de la cathédrale de Versailles

IIndes vêpres du VIIIème dimanche après la Pentecôte. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : Ave verum, VIème ton
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Salve Regina – solennel, du Ier ton
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Tu es Petrus du VIIème ton.
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo du IIIème ton.
  • Chant d’action de grâces : Hymne Te decet hymnus – hymne de la liturgie byzantine à matines, vêpres & complies, employée par saint Benoît à la fin du troisième nocturne des dimanches dans l’office monastique (cf. Règle de saint Benoît XI, 10)

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Programme du VIIème dimanche après la Pentecôte – Déposition aux Blachernes du précieux vêtement de la Mère de Dieu – ton 6

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 15 juillet 2018 du calendrier grégorien, 2 juillet 2018 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton VI de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour la déposition aux Blachernes du précieux vêtement de la Mère de Dieu.

L’église Sainte-Marie-Mère-de-Dieu, plus connue sous le nom de Sainte-Marie-des-Blachernes, fut édifiée à Constantinople en 452 dans le quartier des Blachernes par l’impératrice Pulchérie. La célébration de ce jour commémore la déposition d’une précieuse relique de vêtements de la Mère de Dieu dans l’église du palais des Blachernes, laquelle fut effectuée sous l’empereur Léon Ier de Thrace en 473. « Les souverains demandèrent à l’archevêque Juvénal de leur envoyer lui-même, dûment scellé, ce saint cercueil avec les vêtements funèbres de la glorieuse et toute sainte Théotokos Marie, qui s’y trouvaient. L’ayant reçu, ils le déposèrent dans le sanctuaire élevé aux Blachernes en l’honneur de la sainte Théotokos. » (Saint Jean Damascène, 2nde homélie sur la Dormition de Marie). Les sources constantinanpolitaines en revanche attribuent le transfert des reliques depuis la Palestine à deux patriciens Galbios & Candidos, l’empereur Léon Ier et son épouse Vérine n’étant vraisemblablement pas étrangers à cette initiative. Les reliques comportaient une robe tissée de laine fragile, de couleur unie et d’une seule pièce, ainsi qu’un voile (maphorion). Pour abriter ces précieuses reliques, l’empereur Léon Ier fit adjoindre en 473 sur le côté gauche de l’église construite par l’impératrice Pulchérie une chapelle latérale de forme circulaire, et il donna à l’ensemble du sanctuaire tout son éclat. Les reliques étaient conservées dans un reliquaire fixe sur l’autel. Par la suite, cette église de Notre-Dame des Blachernes devint l’un des sanctuaires les plus prestigieux de Constantinople et fut le théâtre de bien des événements majeurs de son histoire. Outre la fête du 2 juillet, c’est là que le patriarche célébrait en présence de la cour impériale les principales fêtes de la Mère de Dieu : la Conception & la Nativité de la Vierge, sa Présentation au Temple, l’Annonciation, la synaxe de la Mère de Dieu du 26 décembre, la Purification, la Dormition. Le patriarche Timothée Ier (511 † 518) institua une procession chaque vendredi qui partait de l’église des Blachernes jusqu’à celle des Chalcopratia où était conservée la ceinture de la Vierge.

Justinien, puis Basile Ier le Macédonien et Léon VI reconstruisirent et embellirent le sanctuaire des blachernes. C’est notamment grâce à l’ostension solennelle du vêtement de la Vierge des Blachernes que les Avars purent être repoussés en 626 (miracle commémoré le Samedi de l’Acathiste), et que la ville fut sauvée des Perses (677), des Arabes (717) et de la révolte du général Thomas (822). Lors de l’invasion surprise des Russes en juin 860 – alors que l’empereur Michel III combattait les Arabes -, le Patriarche saint Photius se rendit aux Blachernes, fit le tour des rempart et descendit jusqu’à la mer avec le saint Voile qu’il trempa dans le Bosphore. Peu de temps après la flotte russe du prince Askold, qui comprenait 200 voiles, fut abîmée par une tempête. A la suite de cet évènement, Constantinople et la Russie établirent des relations diplomatiques, un premier évêque fut envoyé à Kiev et le prince Askold reçut le saint baptême. Cette première évangélisation de la Russie ne dura cependant pas et le successeur d’Askold fut un païen.

Cette fête du 2 juillet fut la première grande fête mariale à Constantinople, plus ancienne même que l’institution de la fête de la Dormition au 15 août, mais elle annonçait déjà cette célébration, car il s’agissait d’une pièce d’étoffe que la Mère de Dieu aurait laissé aux apôtres au moment de mourir. La célébrité tant du sanctuaire que de la fête de la Déposition du précieux vêtement, devenue très grande, suscita l’introduction de cette fête du 2 juillet en Occident sous le nom de fête de la Visitation de la Sainte Vierge.

Déposition aux Blachernes du vêtement de la Mère de Dieu.

Déposition aux Blachernes du vêtement de la Mère de Dieu.

L’église des Blachernes (où était également conservée la relique du saint Suaire, maintenant à Turin) conservait toujours les précieuses reliques des vêtements de Marie après le sac de la ville par les Croisés, en l’an 1204. En effet, le pèlerin russe Etienne de Novgorod, visitant Constantinople vers l’an 1350, en témoigne : « Nous sommes arrivés aux Blachernes, où se trouve la robe sur un autel dans un reliquaire scellé. » Reconstruite après un incendie en 1070, l’église fut définitivement détruite par un incendie accidentel en 1434. A la fin du XIVème siècle, une part du vêtement de la Vierge des Blachernes fut offerte à saint Denys, archevêque de Souzdal et transférée de Constantinople en Russie. La sainte Robe de la Mère de Dieu, qui avait tant de fois sauvé Constantinople, accomplit le même miracle à Moscou assiégée par les Tatars le 2 juillet 1451. En souvenir de cette délivrance miraculeuse, saint Jonas de Moscou fit construire au Kremlin l’église de la Déposition du vêtement de la Mère de Dieu. Reconstruite après un incendie en 1484-1486, cette église fut la cathédrale principale des métropolites et patriarches de Moscou jusqu’à la construction de la cathédrale des Douze Apôtres sous le patriarche Nikon.

A noter que 3 autres vêtements de la Vierge conservés en Occident furent offerts à Charlemagne par l’empereur byzantin. Le premier des trois resta à Aix-la-Chapelle, mais en 876 l’empereur Charles II le Chauve offrit le second à la cathédrale de Chartres et le troisième à l’Abbaye Saint-Corneille de Compiègne.

A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de la Mère de Dieu. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche.
A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de la Mère de Dieu. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : de la Mère de Dieu.

Tropaires des Béatitudes : Six tropaires du dimanche, ton 6, & quatre tropaires de la 3ème ode du canon de la Mère de Dieu, œuvre de saint Joseph l’Hymnographe (816 † 886) :
1. Souviens-toi de moi, Dieu Sauveur, * quand tu entreras dans ton royaume, ** seul Ami des hommes, sauve-moi.
2. Adam fut séduit par l’arbre défendu, * mais par celui de la Croix tu as sauvé * le bon Larron s’écriant : ** Dans ton royaume, Seigneur, souviens-toi de moi.
3. Ayant brisé les portes & les verrous de l’Enfer, * tu as ressuscité, Source de vie, * Sauveur, tous ceux qui s’écrient : ** Gloire à ta sainte Résurrection.
4. Souviens-toi de moi, Seigneur * qui par ta sépulture triomphas de la mort * & comblas de joie l’univers, ** Dieu de tendresse, par ta Résurrection.
5. Les Myrophores venues au tombeau * entendirent l’Ange proclamer : * Il est vraiment ressuscité, ** le Christ qui illumine le monde entier.
6. Le Christ qui fut cloué * sur le bois de la croix * & sauva le monde de l’erreur, ** chantons-le tous d’un même chœur.
7. Chantons la Mère de notre Dieu, * cette porte du ciel, * et vénérons avec amour * son Vêtement sacré * qui pour notre sanctification ** fait jaillir les grâces de Dieu.
8. Du vêtement de l’immortalité * par ton virginal enfantement * tu as revêtu ceux que la corruption * avait mis à nu et tu leur as donné * comme inviolable trésor ** ton Vêtement sacré.
9. Celui qui enveloppe tout le ciel * de nuages, Vierge immaculée, * tu l’as entouré de ton Vêtement ; * et, nous prosternant devant lui, * avec foi nous te glorifions, ** toi le refuge de nos âmes.
10. Ton divin temple est devenu * un lieu où * les infirmes sont guéris gratuitement, * car il possède ton Vêtement * comme source d’où jaillit ** l’intarissable flot des guérisons.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 6 : Devant ton sépulcre les Puissances des cieux, * autant que les soldats furent frappés d’effroi ; * et Marie Madeleine se tenait près du tombeau, * cherchant ton corps immaculé ; * mais tu brisas l’Enfer sans te laisser vaincre par lui, * tu rencontras la Vierge et nous donnas la vie. * Ressuscité d’entre les morts, ** Seigneur, gloire à toi.
2. Tropaire du vêtement de la Mère de Dieu, ton 8 : Mère de Dieu toujours-vierge, protection des mortels, * à ta ville tu donnas comme une enceinte fortifiée * la Robe et la Ceinture de ton corps immaculé * échappant à la corruption en vertu de ton enfantement virginal, * car en toi la nature et le temps sont renouvelés; * c’est pourquoi nous te prions de pacifier notre vie ** et d’accorder à nos âmes la grande miséricorde.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion du dimanche, ton 6 : De sa main vivifiante le Seigneur source-de-vie, * le Christ notre Dieu, * a fait surgir tous les morts des ténèbres de l’Enfer, * accordant la résurrection à tout le genre humain ; * il est vraiment notre Sauveur, ** notre vie, notre résurrection et le Dieu de l’univers.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion du vêtement de la Mère de Dieu, ton 4 : Comme voile d’immortalité, * Vierge comblée de grâce par Dieu, * tu as donné aux croyants * le Vêtement avec lequel * tu couvrais ton corps sacré, * divine protection des mortels ; * avec amour nous célébrons comme fête sa Déposition * et nous chantons avec foi : ** Réjouis-toi, ô Vierge, fierté des chrétiens.

Prokimen
Du dimanche, ton 6 :
R/. Sauve, Seigneur ton peuple, et béni ton héritage (Psaume 27, 9).
V/. Vers Toi, Seigneur, j’appelle : mon Dieu, ne reste pas silencieux en face de moi (Psaume 27, 1).
[De la Mère de Dieu, ton 3 :
R/. Mon âme magnifie le Seigneur, et mon esprit est ravi de joie en Dieu mon Sauveur (Luc 1, 46).]

Epîtres
Du dimanche : Romains (§ 116) XV, 1-7.
Que chacun de vous tâche de satisfaire son prochain dans ce qui est bon, et qui peut l’édifier.
[De la Mère de Dieu : Hébreux (§ 320) IX, 1-7.
Après le second voile était le tabernacle, appelé, le Saint des saints.]

Alleluia
Du dimanche, ton 6 :
V/. Ton amour, Seigneur, à jamais je le chante, d’âge en âge ma parole annonce ta fidélité (Psaume 88, 2).
V/. Car j’ai dit : l’amour est bâti à jamais, aux cieux tu as fondé ta fidélité (Psaume 88, 3).
[De la Mère de Dieu, ton 8 :
V/. Ecoute, ma fille, regarde et tends l’oreille. (Psaume 44, 11).]

Evangiles
Du dimanche : Matthieu (§ 33) IX, 27-35.
Or Jésus allant de tous côtés dans les villes et dans les villages, enseignait dans leurs synagogues, et prêchait l’Évangile du royaume, guérissant toutes sortes de langueurs et de maladies.
[De la Mère de Dieu : Luc (§ 54) X, 38-42 ; XI, 27-28.
Jésus lui dit : Mais plutôt heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la pratiquent !]

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
De la Mère de Dieu : J’élèverai la coupe du salut, j’invoquerai le nom du Seigneur (Psaume 115, 13). Alleluia, alleluia, alleluia.

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Portrait d’église, histoire de retable : la Sainte-Trinité de Peisey-Nancroix – le baroque savoyard (8)

Peisey-Nancroix : église de la Trinité.

Peisey-Nancroix : église de la Trinité.

Remaniée à plusieurs reprises et finalement reconstruite car trop petite, l’église de la Sainte-Trinité de Peisey-Nancroix est achevée par la construction du clocher en 1699. Conçue selon le plan classique de l’église-halle, elle abrite sept retables réalisés entre 1690 et 1710. Le retable majeur a longtemps été attribué à Jacques Clérant mais il est en fait l’œuvre de Jacques-Antoine Todesco et Jean-Baptiste Gualaz comme il est indiqué dans le prix-fait que l’on a retrouvé.

Peisey-Nancroix : retable du maître-autel.

Peisey-Nancroix : retable du maître-autel.

Ce retable est un extraordinaire résumé de la foi catholique et une représentation de ses grands mystères.

Au niveau inférieur, celui de la prédelle, les deux représentations de l’Annonciation et de la Visitation évoquent l’Incarnation.

Peisey-Nancroix : retable du maître-autel : l'Annonciation.

Peisey-Nancroix : retable du maître-autel : l’Annonciation.

Au centre, Dieu le Père et le Fils à sa droite tiennent le globe terrestre sous la colombe du Saint-Esprit. Le mystère de la Sainte Trinité est ainsi donné à contempler à tous les fidèles.

Peisey-Nancroix : église de la Trinité, le retable majeur : le Père et le Fils.

Peisey-Nancroix : église de la Trinité, le retable majeur : le Père et le Fils.

Le tabernacle à double structure est couronné d’un temple à coupole soutenu par deux anges agenouillés. La partie de la réserve est ornée d’une Pietà et plus haut dans une niche l’Ecce Homo. Au sommet du dôme, le Christ victorieux de la mort sort du tombeau. Saint Pierre et saint Paul, inséparables colonnes de l’Eglise, occupent les niches latérales.

La partie centrale du retable composée d’un baldaquin couvre la tabernacle et la Sainte Trinité. Elle est soutenue par quatre anges posés sur des tiers de colonnes lisses avec des ornements en relief. L’art baroque est un art en mouvement et les sculpteurs ont non seulement froissé et fait flotter les vêtements mais encore les décrochements de tout l’ensemble, en particulier les brisures des lignes de l’entablement et des bases du fronton curviligne donnent des facilités aux jeux d’ombre et de lumière pour animer la façade brillant de tout son or.

Le prix-fait donne une description du retable et des conditions de sa réalisation :

… à tache et prix-fait à hon[ora]ble Jacques-Antoine, fils de feu Jean-Pierre Todesco et à hon[ora]ble Jean-Baptiste, fils de feu Pierre Gualaz, tous deux maistre sculpteurs. Le dit Todesco de le paroisse d’Alpes le dit Gualoz de la paroisse de Campertogie, tous deux du diocèse de Novarre ici présents et acceptants pour eux et les leurs et sous la clause solidaire de l’un pour l’autre chascun d’eux ses principal et le tout sans division ni discution au bénéfice de laquelle ils renoncent par serment, à savoir en premier lieu de faire le retable du maistre autel de l’esglise parrocialle du dit Peysey de l’hauteur et longueur du vide du cœur de ladite église et à la forme du dessein signé par le sieur Marion, curé dudit lieu, et par lesdites parties et moy notaire, saufs et bien entendu qu’en place de certains ornements qu’estiment portés par le dit dessein de faire aux deux costés de l’autel, les dits magisters prix-lactaires y feront une porte de chaque côté panaux et une rose dorée sur chaque panau et feront une croix doré avec son crucifix dessus l’autel et un cadre autour du devant d’autel en sculpture et doré.

Peisey-Nancroix, église de la Trinité : attique du retable majeur.

Peisey-Nancroix, église de la Trinité : attique du retable majeur.

Item les dits magisters lèveront le pied d’extal qui est sur le ciboire pour que les anges supportant le tabernacle soient immédiatement au dessus et au-dessus du dit tabernacle les dits prix-lactaires feront une Saincte Trinité en sculpture en sculpture au milieu d’une gloire en nuage, teste de chérubins et anges, lesdits nuages argent et grasti, le reste en or sauf les nudités et chevellure…au dessus du dôme, en place du crucifix, y feront enfant Jésus embrasssant sa croix en or et sa croix dorée…. »

Le luxe de décoration de toute l’église n’a pas son pareil dans toute la vallée. Six autres retables ornent l’église : le retable de Saint Antoine l’Ermite, le retable de Saint Jean-Baptiste, le retable de la porte du Ciel, le retable des âmes du purgatoire, le retable de Notre-Dame du Rosaire, Le retable de Notre-Dame des 7 douleurs.

Le Baroque savoyard