Plain-chant dominicain – Dimanche de la Passion – Répons Multiplicati sunt

Dominica in Passione
Ad primas vesperas – Responsorium

MVLTIPLICATI sunt qui tríbulant me, & dicunt : Non est salut illi in Dei ejus : * Exsúrge, Dómine, salvum me fac, Deus meus. Ils se sont multipliés ceux qui me persécutent, et ils disent : II n’y a point de salut pour lui en son Dieu. * Levez-vous, Seigneur ; sauvez-moi, mon Dieu.
(Cf. Psaume III, 2).
V/. Nequándo dicat inimícus meus : Præválui advérsus eum. V/. De peur qu’un jour mon ennemi ne dise : J’ai prévalu contre lui. * Levez-vous, Seigneur ; sauvez-moi, mon Dieu.
(Cf. Psaume XII, 5).

Plain-chant dominicain – Samedi de la IVème semaine de Carême – Office Sitientes, venite ad aquas

Sabbato post Dominicam IV.
in Quadragesimæ
Officium

SITIENTES, veníte ad aquas, dicit Dóminus : et qui non habétis prétium, veníte, et bíbite cum lætítia. Vous qui avez soif, venez aux sources, dit le Seigneur, et vous qui n’avez pas de quoi payer, venez et buvez avec joie.
(Isaïe LV, 1).
V/. Atténdite, pópule meus, legem meam : inclináte aurem vestram in verba oris mei. V/. Mon peuple, écoutez ma loi ; prêtez l’oreille aux paroles de ma bouche.
(Psaume LXXVII, 1).
Glória Patri, & Fílio, & Spirítui Sancto. Sicut erat in princípio, & nunc, & semper, & in sæcula sæculórum. Amen. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Comme il était au commencement, & maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.

Le même office, avec versets supplémentaires (Psaume LXXVII, 2 & 3) :

Plain-chant dominicain – Samedi de la IVème semaine de Carême – Chant de l’epître

Sabbato post Dominicam IV.
in Quadragesimæ
Epistola

Proposition de cantilène, selon le plain-chant dominicain de l’épître :

Léctio Libri Isaíæ Prophétæ

Isaie. XLIX, 8-15

Hæc dicit Dóminus : In témpore plácito exaudívi te, et in die salútis auxiliátus sum tui : et servávi te, et dedi te in fœdus pópuli, ut suscitáres terram, et possidéres hereditátes dissipátas : ut díceres his, qui vincti sunt : Exíte : et his, qui in ténebris : Revelámini. Super vias pascéntur, et in ómnibus planis páscua eórum. Non esúrient neque sítient, et non percútiet eos æstus et sol : quia miserátor eórum reget eos, et ad fontes aquárum potábit eos. Et ponam omnes montes meos in viam, et sémitæ meæ exaltabúntur. Parole du Seigneur : Au temps favorable, je te répondrai, au jour du salut, je viendrai à ton secours. Je t’ai formé, je t’ai établi pour mon alliance avec le peuple, pour relever le pays, pour répartir les terres dévastées, pour dire aux prisonniers : « Sortez », à ceux qui sont dans l’obscurité : « Montrez-vous. » Même sur les chemins, ils pourront paître et dans toutes les terres désolées ils trouveront des pâturages. Ils n’auront plus faim, ils n’auront plus soif, soleil et vent brûlant ne les frapperont plus : car celui qui a pitié d’eux sera leur guide et vers les sources il les conduira. De toutes les montagnes je ferai des routes et mes chemins seront relevés.
Ecce, isti de longe vénient, et ecce illi ab aquilóne et mari, et isti de terra austráli. Laudáte, cæli, et exsúlta, terra, jubiláte, montes, laudem : quia consolátus est Dóminus pópulum suum, et páuperum suórum miserébitur. En voici qui viennent de loin ; en voici du nord et de l’occident, et ceux-là des terres du sud. Cieux, criez de joie, et que la terre exulte ! Montagnes, éclatez en cris de joie ! Car le Seigneur console son peuple, et de ses pauvres il prend pitié.
Et dixit Sion : Derelíquit me Dóminus, et Dóminus oblítus est mei. Numquid oblivísci potest múlier infántem suum, ut non misereátur fílio uteri sui ? et si illa oblíta fúerit, ego tamen non oblivíscar tui, dicit Dóminus omnípotens. Sion disait : « Le Seigneur m’a abandonnée, mon Dieu m’a oubliée. » Une femme peut-elle oublier son petit enfant, ne pas chérir le fils de ses entrailles ? Même s’il s’en trouvait une pour l’oublier, moi, je ne t’oublierai pas. Parole du Seigneur tout-puissant.

Plain-chant dominicain – Samedi de la IVème semaine de Carême – Répons Tibi, Domine, derelictus est

Sabbato post Dominicam IV.
in Quadragesimæ
Responsorium

Tibi, Dómine, derelíctus est pauper : pupíllo tu eris adjútor. C’est à vous, Seigneur, qu’a été laissé le soin du pauvre, vous serez le protecteur de l’orphelin.
(Psaume IX, 14).
V/. Vt quid, Dómine, recessísti longe, déspicis in opportunitátibus, in tribulatióne ? dum supérbit ímpius incénditur pauper. V/. Pourquoi, Seigneur, vous êtes-vous retiré au loin et me dédaignez-vous au temps du besoin et de la tribulation ? Tandis que l’impie s’enorgueillit, le pauvre se consume.
(Psaume IX, 1-2).

Plain-chant dominicain – Samedi de la IVème semaine de Carême – Offertoire Factus est Dominus

Sabbato post Dominicam IV.
in Quadragesimæ
Offertorium

Factus est Dóminus firmaméntum meum, et refúgium meum, et liberátor meus : et sperábo in eum. Le Seigneur est devenu mon ferme appui, mon refuge et mon libérateur ; et j’espérerai en lui.
(Psaume XVII, 3).

Plain-chant dominicain – Samedi de la IVème semaine de Carême – Communion Dominus regit me

Sabbato post Dominicam IV.
in Quadragesimæ
Communio

Dóminus regit me, et nihil mihi déerit : in loco páscuæ ibi me collocávit : super aquam refectiónis educávit me. C’est le Seigneur qui me conduit et rien ne pourra me manquer. Il m’a établi dans un lieu de pâturages, il m’a amené près d’une eau fortifiante.
(Psaume XXII, 1-2).

La même antienne de communion avec les versets du Psaume XXII, ton 2 dominicain :

Dedúxit me super sémitas justítiæ : * propter nomen suum. Il a fait revenir mon âme ; il m’a conduit par les sentiers de la justice, pour son nom.
Nam, et si ambulávero in médio umbræ mortis, non timébo mala : * quóniam tu mecum es. Car quand même je marcherais au milieu de l’ombre de la mort, je ne craindrai aucuns maux, parce que vous êtes avec moi.
Virga tua, et báculus tuus : * ipsa me consoláta sunt. Votre houlette et votre bâton ont été le sujet de ma consolation.
Parásti in conspéctu meo mensam, * advérsus eos, qui tríbulant me. Vous avez préparé une table devant moi contre ceux qui me persécutent.
Impinguásti in óleo caput meum : * et calix meus inébrians quam præclárus est ! Vous avez oint ma tête avec une huile. Que mon calice qui a la force d’enivrer est admirable !
Et misericórdia tua subsequétur me * ómnibus diébus vitæ meæ. Et votre miséricorde me suivra dans tous les jours de ma vie.
Et ut inhábitem in domo Dómini, * in longitúdinem diérum. Afin que j’habite éternellement dans la maison du Seigneur.
Glória Patri, et Fílio, et Spirítui Sancto. * Sicut erat in princípio, et nunc, et semper, * et in sǽcula sæculórum. Amen. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Comme il était au commencement, & maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.

Rit parisien – Répons Adduxi vos per desertum – IVème dimanche de Carême

Dominica IV in Quadragesima
In tertio nocturno, Resp. tertius

Addúxi vos per desértum quadragínta annos, ego Dóminus ; non sunt attríta vestiménta vestra : * Manna de cœlo plui vobis, & oblíti estis me, dicit Dóminus. Je vous ai menés à travers le désert pendant quarante ans, moi, le Seigneur, & vos vêtements ne se sont pas usés : * J’ai fait pleuvoir du ciel pour vous la manne, & vous m’avez oublié, dit le Seigneur.
(Deutéronome XXIX, 5)
V/. Pópule meus, quid feci tibi aut quid moléstus fui ? Respónde mihi. Quia ego edúxi vos de terra Ægypti. V/. Mon peuple, que t’ai-je fait ? Ou en quoi t’ai-je été désagréable ? Réponds-moi.
(Michée VI, 3)
* Manna de cœlo plui vobis, & oblíti estis me, dicit Dóminus. * J’ai fait pleuvoir du ciel pour vous la manne, & vous m’avez oublié, dit le Seigneur.
Glória Patri, & Fílio, & Spirítui Sancto. * Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.

Source : Antiphonaire de Notre-Dame de Paris (c. 1300) – F-Pn lat. 15181 f°222 r°. – Cantus ID : 006529 & 006529a.

Ce répons, le troisième du troisième nocturne du IVème dimanche de Carême dans l’ancien rit parisien, était également repris au cours de la procession qui précédait à Paris la grand-messe de ce dimanche. Son texte est tiré du Deutéronome et son verset, emprunté au prophète Michée, sera repris dans les Impropères du Vendredi saint. Ce répons fait partie du fond ancien du répertoire romano-franc : il figure dans l’Antiphonaire de Compiègne du IXème siècle (le plus ancien témoin complet du cursus romain de l’office divin) comme ultime répons de l’office nocture du IVème dimanche de Carême. Présents dans de très nombreux manuscrits médiévaux un peu partout en Europe, il n’a pas été retenu dans le Bréviaire romain de saint Pie V.