[Noveritis 2020] Publication de la date de Pâques & de celles des fêtes mobiles de l’année 2020 le jour de l’Epiphanie

La publication de la date de Pâques dans le Pontificale Romanum.

Dans le rit romain, le jour de l’Epiphanie (dont la solennité est obligatoirement reportée en France au dimanche qui suit – sauf lorsque le 6 janvier tombe un dimanche), le diacre fait selon la tradition la publication de la date de Pâques après le chant de l’évangile.

RIT ROMAIN

En voici le chant pour 2020, réalisé par nos soins :

Noveritis Romanum 2020 : proclamation de la date de Pâques et des fêtes mobiles

En voici le texte & la traduction pour 2020 :

Novéritis, fratres caríssimi, quod annuénte Dei misericórdia, sicut de Nativitáte Dómini nostri Jesu Christi gavísi sumus, ita et de Resurrectióne ejúsdem Salvatóris nostri gáudium vobis annuntiámus.

Vous avez su, Frères très chers, par la miséricorde de Dieu qui nous a été annoncée, que nous avons été comblés par la Nativité de Notre Seigneur Jésus-Christ, ainsi de même nous vous annonçons la joie qui nous sera procurée par la Résurrection de notre même Sauveur.

Die nona Februárii erit Domínica in Septuagésima.

Le 9 février sera le dimanche de la Septuagésime.
Vigésima sexta ejúsdem dies Cínerum, et inítium jejúnii sacratíssimæ Quadragésimæ. Le 26 du même mois sera le jour des Cendres et le début du jeûne très sacré du Carême.
Duodécima Aprílis sanctum Pascha Dómini nostri Jesu Christi cum gáudio celebríbitis. Le 12 avril sera la sainte Pâque de Notre Seigneur Jésus-Christ, que vous célèbrerez avec joie.
Vigésima prima Máii erit Ascénsio Dómini nostri Jesu Christi. Le 21 mai sera l’Ascension de Notre Seigneur Jésus-Christ.
Trigésima prima ejúsdem Festum Pentecóstes. Le 31 du même mois sera la fête de la Pentecôte.
Vndécima Júnii Festum sacratíssimi Córporis Christi. Le 11 juin sera la fête du Très Saint Corps du Christ.
Vigésima nona Novémbris Domínica prima Advéntus Dómini nostri Jesu Christi, cui est honor et glória, in sæcula sæculórum. Amen.

Le 29 novembre sera le premier dimanche de l’Avent de Notre Seigneur Jésus-Christ, à qui est l’honneur et la gloire, dans les siècles des siècles. Amen.

Livret PDF imprimable à l’attention du clergé.

RIT PARISIEN

Voici le chant de l’ancien usage de Paris, pour 2020 :

Noverit Parisiense 2020 - proclamation de la date de Pâques : 12 avril 2020

En voici le texte & la traduction pour 2020 :

Novérit cáritas vestra, fratres caríssimi, quod, annuénte Dei & Dómini nostri Jesu Christi misericórdia, die duodécima mensis Aprílis Pascha Dómini celebrábimus.

Votre charité saura, Frères très chers, que, par la miséricorde de Dieu & de notre Seigneur Jésus-Christ qui nous a été annoncée, le 12 avril nous célèbrerons la Pâque de Seigneur.

 

RIT AMBROSIEN

Voici le chant pour le rit ambrosien, pour 2020 :

Noverit Ambrosianum 2020 - proclamation de la date de Pâques : 12 avril 2020

En voici le texte & la traduction pour 2020 :

Novérit cháritas vestra, fratres charíssimi, quod, annuénte Dei & Dómini nostri Jesu Christi misericórdia, die duodécima, mensis Aprílis, Pascha Dómini cum gáudio celebrábimus. R/. Deo grátias.

Votre charité saura, Frères très chers, que, par la miséricorde de Dieu & de notre Seigneur Jésus-Christ qui nous a été annoncée, le 12 avril, nous célèbrerons avec joie la Pâque de Seigneur. R/. Rendons grâces à Dieu.

Virgo decus Patriæ – prose de sainte Geneviève en usage à Saint-Etienne-du-Mont

Virgo decus Patriæ - séquence de sainte Geneviève propre à Saint-Etienne-du-Mont

Virgo decus Patriæ - séquence de sainte Geneviève propre à Saint-Etienne-du-Mont

Virgo decus Patriæ – Cette prose ou séquence de la messe de la fête de sainte Geneviève du 3 janvier est tirée du propre de l’église paroissiale parisienne de Saint-Etienne-du-Mont, laquelle jouxtait l’ancienne abbatiale de Sainte-Geneviève, ruinée à la révolution. Ce propre fut publié au XVIIème siècle : un volume noté (sans date) et un texte latin imprimé avec une traduction française « chez Prault Père, Quai de Gêvres, au Paradis, et à la Maîtrise des Enfants de Chœur de S. Etienne » en 1777. Il est probable que cette séquence fut aussi en usage à pareille époque à l’Abbaye voisine des Génovéfains. Le reste du diocèse ne possédait plus de séquence pour la messe de sainte Geneviève depuis la suppression de l’antique prose Genovefæ solemnitas d’Adam de Saint-Victor (encore présente de le Missel parisien de Mgr de Gondy de 1602) dans le Missel parisien de Mgr de Vintimille de 1755 (la vieille séquence d’Adam de Saint-Victor fut réintégrée au propre du diocèse de Paris lorsque celui-ci pris les livres romains à la fin du XIXème siècle).

L’auteur de la prose Virgo decus Patriæ ne nous est pas connu. Il n’est pas impossible qu’il puisse être le P. Pinchon, chanoine régulier de l’Abbaye de Sainte-Geneviève au XVIIIème siècle, qui composa les textes des hymnes Gallicæ custos et Cœlo receptam plaudite Cœlites passées dans le Bréviaire de Mgr de Vintimille en 1736.

En voici le texte et une traduction du XVIIIème siècle (avec quelques corrections de détails apportées à cette traduction au XIXème siècle) :

Virgo decus pátriæ,
Spes salúsque Gálliæ,
Cara sponso Vírgini.
O Geneviève, vous êtes la gloire de notre patrie, l’espérance & le salut de la France, l’objet de la tendresse de Jésus-Christ votre époux.
Dei ductus lúmine,
Gérmanus ex ómine
te consécrat númini.
Guidé par une lumière divine et une inspiration prophétique, Germain vous consacre à votre Dieu.
Plebi dum placas Deum,
In te virus ímpium
Livor edax éxplicat.
Tandis que vous n’êtes occupée qu’à attirer les faveurs de Dieu sur votre peuple, l’envie distille sur vous son poison.
Dépulsis calúmniis,
Missis et eulógiis,
Póntifex te víndicat.
Mais le saint Pontife repousse la calomnie, et venge votre innocence en vous envoyant des eulogies (qui sont un signe de communion).
Hvnnvs ferox úlulet,
Parisios ádvolet ;
Mox repéllis fúrias.
Qu’un conquérant barbare fasse entendre ses hurlements, qu’il vole vers Paris ; vous rendez sa fureur impuissante.
Fame cives péreant,
Tabe carnes árdeant ;
Clades sistis nóxias.
Que la famine exerce ses ravages, qu’un feu brûlant dévore ses malheureuses victimes : vous arrêtez tous ces fléaux.
Mvtvs voces élicit,
Surdus audit, áspicit
Cæcus, claudus ámbulat.
Vous commandez ! et le muet parle, le sourd entend, l’aveugle voit, le boiteux marche.
Mors tuis et nútibus
Súbditur, corpóribus
Fremens dæmon éxulat.
La mort elle-même reconnaît votre empire ; et le démon, frémissant de rage, sort du corps des possédés.
Æstvs agros tórreat,
Imbre tellus mádeat,
Præsens fers auxílium.
Si une chaleur excessive brûle nos campagnes, si des pluies trop abondantes les inondent, aussitôt vous portez le secours nécessaire.
Per te menti cáritas,
Córpori sit sánitas ;
Sit perénne gáudium. Amen.
Que par vous la charité règne dans nos cœurs ; que nous jouissions en cette vie de la santé du corps, et dans le ciel des joies éternelles. Amen.

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La séquence Virgo decus Patriæ
Edition du XVIIIème siècle des offices propres de Saint-Etienne-du-Mont
(Bibliothèque Sainte-Geneviève Delta 65154 Res) :

Virgo decus Patriæ - séquence de sainte Geneviève propre à Saint-Etienne-du-Mont

Virgo decus Patriæ - séquence de sainte Geneviève propre à Saint-Etienne-du-Mont

Cælitum consors – Hymne parisienne de la fête de sainte Geneviève

Cælitum consors - Hymne de sainte Geneviève

Cælitum consors - Hymne de sainte Geneviève

Cælitum consors est une hymne en l’honneur de sainte Geneviève dont le texte fut écrit par le R. P. Denis Pétau, s.j. (1583 † 1652), l’un des plus célèbres théologiens et philologues français du XVIIème siècle. Elle entra dans le Bréviaire de Paris, qui n’employait jusqu’alors que les hymnes du commun des Vierges non martyres pour la fête de sainte Geneviève, en 1680, lors des réformes de Mgr François de Harlay de Champvallon (1625 † 1695). Elle sert alors pour les Ières et IIndes vêpres, ainsi que pour les nocturnes. Elle conserve sa place aux Ières vêpres & aux nocturnes dans le bréviaire de Mgr de Vintimille de 1736, qui ajoute une nouvelle hymne – Cœlo receptam plaudite Cœlites – aux IIndes vêpres. En voici le texte latin avec une belle traduction versifiée dûe à Charles Coffin (1676 † 1749), recteur de l’Université de Paris :

Cælitum consors, patriæque vindex,
Prósperum Francis jubar : ô tuórum
Vota suprémi, Genovéfa, perfer
Regis ad aurem.
O Compagne des Saints ! gloire de la patrie,
Bel astre de la France, & soutien de la Foi,
Daignez porter nos vœux, Vierge de Dieu chérie,
Au trône du grand Roi.
Cujus ætérnis opulénta donis
Sponsa, cœlestes thálamos adísti,
Dum suo numquam caritúra lampas.
Ardet olívo.
De ses dons enrichie, épouse bien aimée,
Vous entrez triomphante en son brillant palais :
De son feu toujours pur, votre lampe enflammée,
Ne s’éteindra jamais.
Primus ætátis superánte captum
Impetu gliscens pietátis ardor
Imbuit pectus, tenerísque raptim
Crevit ab annis.
Une piété rare, & surpassant votre âge,
Vous embrasa pour lui de la plus vive ardeur ;
Et croissant chaque jour, son amour sans partage
Remplit tout votre cœur.
Quid dapis parcum laticísque corpus
Eloquar, duro dómitum cubíli,
Sæре & insomnes sólitum precándo
Dúcere noctes.
Aux jeûnes, au travail vous vous livrez entière.
La nuit, vos yeux veillans attendent le soleil ;
Et sur un ais très-dur, votre douce prière,
Vous tient lieu de sommeil.
Quam tuis virgo précibus remótæ
Obtinent gentes, pátriæ salútem
Confer ; offénsi tumidásque flecte
Núminis iras.
Ce que tant d’étrangers, dont vous êtes la mère,
Obtiennent par vos soins, Vierge obtenez-le nous.
Lorsque le Dieu vengeur nous frappe en sa colère,
Désarmez son courroux.
Nostra te summum célebrent Paréntem,
Ora te summo génitum Parénte,
Par sit ambórum tibi laus per omne
Spíritus, ævum. Amen.
Que nos bouches s’ouvrant pour chanter vos louanges,
Père, Fils, Esprit Saint, vous célèbrent tous trois :
Et qu’avec Geneviève, aux cantiques des Anges,
Nous unissions nos voix.

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Cælitum consors - Hymne de sainte Geneviève - Antiphonaire parisien manuscrit de 1698 (BnF Latin 10497)

Cælitum consors – Hymne de sainte Geneviève – Antiphonaire parisien manuscrit de 1698 (BnF Latin 10497)

Cælitum consors - Hymne de sainte Geneviève - Antiphonaire & graduel  à l'usage des diocèses qui suivent le rit parisien, Dijon 1827)

Cælitum consors – Hymne de sainte Geneviève – Antiphonaire & graduel à l’usage des diocèses qui suivent le rit parisien, Dijon 1827)

Festa nunc solemnia – Motet à sainte Cécile en plain-chant musical jésuite

Festa nunc solemnia - motet à sainte Cécile en plain-chant musical

Ce motet à sainte Cécile est extrait de l’Appendix ad Graduale Romanum sive cantiones aliquot sacræ, quæ ante, sub & post Missam sæpe cantari solent dans l’édition publiée à Amsterdam en 1769. Cet ouvrage fut publié manifestement par un membre de la Compagnie de Jésus, Cornelis Stichter, la première fois sous ce titre probablement à Utrecht en 1690. Il dut connaître un fort succès car les rééditions en furent nombreuses tout au long du XVIIIème siècle, mais avec une notable évolution du choix des pièces d’une réédition à une autre. Il est difficile d’estimer la part potentiellement composée par les Jésuites dans les pièces de cet ouvrage. En effet cet appendice au graduel romain recueille – outre les pièces strictement liturgiques – diverses traditions locales hollandaises et plus largement rhénanes et flamandes, puisant parfois plus loin, par exemple au Directorium Chori de l’Oratoire de Paris composé par le R.P. Bourgoing. On trouve de semblables ouvrages édités également par les Jésuites dans les Pays-Bas espagnols à la même période.

Voici le texte de ce motet à sainte Cécile avec une traduction française sur le latin :

Festa nunc solémnia,
Celebrat Ecclésia, Alleluia,
Vírginis perfúlgidæ,
Mártyris Cæcíliæ, Alleluia, Alleluia.
L’Eglise célèbre maintenant
Cette fête solennelle, alléluia,
Le martyre de Cécile,
Vierge très lumineuse, alléluia, alléluia.
In benesonántibus
Cymbalis et fístulis, Alleluia,
Deo dat Cæcília
Laudes & præcónia, Alleluia, Alleluia.
Par les cymbales retentissantes
Et les flûtes de pan, alléluia,
Cécile donne à Dieu
louanges et éloges, alléluia, alléluia.
Cánite Archángeli,
Atque omnes Angeli, Alleluia,
Collaudáte cœlites
Jésulum unánimes, Alleluia, Alleluia.
Chantez, Archanges,
Et tous les Anges, alléluia,
Louez tous de concert, habitants des cieux,
L’Enfant-Jésus, alléluia, alléluia.
Io : gaude pláudito
Cánite Altíssimo, Alleluia,
In Cordis & Organo,
Benedicámus Dómino, Alleluia, Alleluia.
Allez, réjouis-toi en battant des bains ;
Chantez pour le Très-Haut, alléluia,
Par les cordes et l’orgue,
Bénissons le Seigneur, alléluia, alléluia.

La musique est bien sûr rythmée sur un rythme ternaire. Notez une irrégularité dans la versification de la quatrième et dernière strophe : Benedicamus Domino comportant un pied de trop, le chant doit transformer la première note – longue – en deux brèves.

Télécharger le même motet en fichier PDF, prêt à être imprimé pour votre chœur.

Christus vincit – Laudes regiæ – ton de la cathédrale de Reims

Christus vincit - Laudes carolingiennes - ton de la cathédrale de Reims

Christus vincit - Laudes carolingiennes - ton de la cathédrale de Reims

Christus vincit - Laudes carolingiennes - ton de la cathédrale de Reims

Christus vincit - Laudes carolingiennes - ton de la cathédrale de Reims

Christus vincit de la cathédrale de Reims – Fichier PDF téléchargeable.

V/. & R/. Christus vincit, Christus regnat, Christus ímperat ! Le Christ vainc, le Christ règne, le Christ gouverne !
V/. Exáudi Christe ! Exauce nous, ô Christ.
R/. Domino Francisco a Deo decréto, Apostólico & sanctíssimo Papæ vita.
V/. Salvátor mundi. R/. Tu illum ádjuva.
V/. Sancte Petre. R/. Tu illum ádjuva.
V/. Sancte Paule. R/. Tu illum ádjuva.
A notre maître François, qui par décret de Dieu est pape apostolique et très-saint, vie !
Sauveur du monde, viens à son aide !
Saint Pierre, viens à son aide !
Saint Paul, viens à son aide !
V/. Exáudi Christe ! Exauce nous, ô Christ.
R/. Gállia, salus, vita & felícitas!
V/. Redémptor mundi. R/. Tu illam ádjuva.
V/. Sancta Maria. R/. Tu illam ádjuva.
V/. Sancte Michael. R/. Tu illam ádjuva.
V/. Sancta Iohánna. R/. Tu illam ádjuva.
V/. Sancta Therésia. R/. Tu illam ádjuva.
A la France, salut, vie & félicité !
Rédempteur du monde, viens à son aide !
Sainte Marie, viens à son aide !
Saint Michel, viens à son aide !
Sainte Jeanne d’Arc, viens à son aide !
Sainte Thérèse, viens à son aide
V/. Exáudi Christe ! Exauce nous, ô Christ.
R/. DominoDómino Michaeli archiepíscopo nostro, salus perpétua.
V/. Sancte Dionysie. R/. Tu illum ádjuva.
V/. Sancta Genovéfa. R/. Tu illum ádjuva.
V/. Sancte Marcelle. R/. Tu illum ádjuva.
A Monseigneur Michel, notre archevêque, salut perpétuel.
Saint Denis, viens à son aide !
Sainte Geneviève, viens à son aide !
Saint Marcel, viens à son aide !
V/. Exáudi Christe ! Exauce nous, ô Christ.
R/. Omnibus judícibus & cuncto exercítui Francórum vita et victória.
V/. Sancte Martíne. R/. Tu illos ádjuva.
V/. Sancte Mauríci. R/. Tu illos ádjuva.
A tous les juges et à toute l’armée française, vie et victoire.
Saint Martin, viens à leur aide !
Sainte Jeanne, viens à leur aide !
V/. Christus vincit, Christus regnat, Christus ímperat ! Le Christ vainc, le Christ règne, le Christ gouverne !
R/. Lux, via et vita nostra. Notre lumière, notre chemin et notre vie !
V/. Christus vincit, Christus regnat, Christus ímperat ! Le Christ vainc, le Christ règne, le Christ gouverne !
R/. Rex regum ! Roi des rois !
V/. Christus vincit, Christus regnat, Christus ímperat ! Le Christ vainc, le Christ règne, le Christ gouverne !
R/. Glória nostra ! Notre gloire !
V/. Christus vincit, Christus regnat, Christus ímperat ! Le Christ vainc, le Christ règne, le Christ gouverne !
R/. Ipsi soli impérium, glória & potéstas per immortália sæcula sæculórum. Amen. A lui seul l’empire, la gloire & la puissance pour l’immortalité des siècles des siècles. Amen.
V/. Ipsi soli honor, laus & jubilátio per infínita sæcula sæculórum. Amen. A lui seul l’honneur, la louange & la jubilation pour l’infinité des siècles des siècles. Amen.
R/. Ipsi soli virtus, fortítudo & victória per ómnia sæcula sæculórum. Amen. A lui seul l’empire, la gloire & la puissance pour l’immortalité des siècles des siècles. Amen.
V/. Christe audi nos. Christ, écoute-nous.
R/. Kyrie eleison. Seigneur, aie pitié.
V/. Christe eleison. Christ, aie pitié.
R/. Kyrie eleison. Seigneur, aie pitié.

Ces laudes royales étaient chantées non seulement à Reims mais dans toute la France, en Germanie, en Angleterre et même en Dalmatie. Elles étaient usuellement réservées autrefois aux cérémonies pontificales. Leur place traditionnelle se situe entre le chant des collectes et celui de l’épître, au début de la messe. Leur forme assez originale entremêle des acclamations triomphales (Christus vincit, Christus regnat, Christus ímperat ! – Le Christ vainc, le Christ règne, le Christ gouverne ! – Exaudi Christe ! – Exauce nous, ô Christ) avec des invocations litaniques à différents saints. On prie Dieu et on invoque les saints pour le Pape, le souverain, l’évêque du lieu, quelquefois pour la reine, ainsi que pour l’armée et ses chefs.

Ces Laudes regiæ – appelées aussi Acclamations carolingiennes, Laudes impériales, laudes épiscopales – dérivent d’acclamations impériales antiques : une lettre de saint Grégoire le Grand mentionne ainsi que l’empereur Phokas fut acclamé en l’an 603 par le clergé et tout le sénat dans la basilique Julienne par ces termes : « Exaudi, Christe ! Phocæ Augusto et Leontiæ Augustæ vita ! »

Des acclamations similaires furent chantées au couronnement du bienheureux empereur Charlemagne comme empereur romain d’Occident le jour de Noël 800 : « Carolo piisimo Augusto a Deo coronato, magno, pacifico imperatori vita et victoria ! » Le psautier gallican, dit de Charlemagne (F-BnF Latin 13159, ff. 163 r° – 164 r°) du VIIIème donne toutefois le texte complet de ces acclamations carolingiennes, commençant par Christus vincit, très proche des différentes versions qui nous sont parvenues par la suite, et Charles n’y est encore acclamé que comme roi des Francs et des Lombards. Son texte est donc antérieur au couronnement de Charlemagne à la Noël 800 et a dû être rédigé entre 795 et 800.


Plus ancien texte des Laudes regiæ :
Psautier dit de Charlemagne, c. 795-800.
C’est aussi la plus ancienne mention du Christus vincit, Christus regnat, Christus imperat.
(un cri de guerre de l’armée de Charlemagne ?
A l’imitation du IC XC NIKA grec ?)

Elles furent probablement chantées au sacre de son fils l’empereur Louis le Pieux, qui fut sacré par le Pape Etienne IV justement dans la cathédrale de Reims le 5 octobre 816, ce qui fut le premier sacre de l’histoire réalisé dans cette ville.

Par la suite, ces acclamations furent chantées non seulement aux sacres des rois de France mais encore aux couronnements de nombreux souverains européens, ainsi qu’à ceux des papes. A la messe du couronnement d’un pape, elles étaient alternées entre les diacres à l’autel et des secrétaires en chapes au milieu du chœur. Comme ailleurs, elles se placent entre la collecte et le chant de l’épître. Ces laudes papales ne commencent pas par Christus vincit (ce qui est une disposition fort primitive et antérieure à l’époque carolingienne). Voici par exemple comment elles furent chantées lors du couronnement du pape saint Jean XXIII dans la basilique vaticane :

La plupart des cathédrales de France les chantaient aux messes pontificales, au moins au principales fêtes de l’année. Celles de la cathédrale de Reims étaient fameuses. A Laon, l’évêque donnait de l’argent à ceux qui les avaient chantées. A Orléans, les enfants du chœur de la cathédrale les chantaient presque tous les jours de l’année avant la messe haute. Le clergé de la cathédrale Saint-Maurice de Vienne faisait chanter les acclamations par deux chevaliers qui faisait fonctions de chantres, entre la collecte et l’épître et à nouveau une version abrégée pendant la communion des fidèles. A Lyon aussi, ces laudes étaient chantées par six chevaliers, ou avocats, ou consuls capitouls. A Tours, c’était le cellerier qui remplissait cet office. A Elne et à Châlons, c’était le grand chantre, à Soissons, deux prêtres, à Laon et Rouen, deux chanoines, à Orléans, le sous-doyen du chapitre et le chefcier, à Paris – où on les appelait Triumphus, deux ou trois sous-diacres auxquels les enfants de chœur répondaient. Il existe de nombreuses versions, tant par le texte que par la musique, de ces acclamations, dont les paroles s’adaptaient naturellement au gré des circonstances. Un manuscrit messin nous conserve même une version traduite en grec des laudes qui durent être chantées à Metz entre le milieu de 879 et le commencement de 881.

Cette version de la cathédrale de Reims que nous publions nous est connue par un manuscrit du XVIIIème siècle (collection particulière). Nous avons bien évidemment adapté ce texte pour l’usage de notre paroisse parisienne.