Cérémonial Parisien 1662 – Du temps de l’Avent, et des fêtes occurrentes

Pour une meilleure connaissance à titre documentaire de l’ancien rit parisien, et en commençant par le temps de l’Avent, nous publierons les différents chapitres du Cæremoniale Parisiense publié en 1662 par le chanoine Martin Sonnet, avec une traduction française et quelques notes explicatives.

Martin Sonnet - Le temps de l'Avent

PARS TERTIA.
De Tempore Adventus, & Festis
in eo occurrentibus.
CAPVT PRIMVM.
TROISIEME PARTIE.
Du Temps de l’Avent, & des fêtes
qui y surviennent.
CHAPITRE PREMIER.
Rorate cœli desuper, & nubes pluant iustum : aperiatur terra, & germinet salvatorem.
Esaiæ cap. 45. v. 8.
Répandez, ô cieux, votre rosée, et vous nuées, faites pleuvoir le Juste.
Isaïe chap. 45. v. 8.
ADVENTUS Domini semper inchoatur Dominica proximiore festo sancti Andreæ, vel ipso die S. Andreæ si occurrat in Dominica. Huius temporis Officium partim lætitiæ est, & ideo dicitur Alleluya, in Dominicis, & in Antiphonis : partim mœroris, & ideo omittitur Hymnus Te Deum, & Hymnus Angelicus Gloria in excelsis. L’Avent du Seigneur est toujours commencé le dimanche le plus proche de la fête de saint André, ou le jour même de saint André, s’il tombe le dimanche. L’office de ce temps est en partie [un temps] de joie, et pour cette raison on dit l’Alléluia, les dimanches et dans les antiennes, en partie [un temps] d’affliction, et pour cette raison on omet l’hymne Te Deum, et l’hymne angélique Gloria in excelsis.
Jusque là, tout est commun avec le rit romain. Comme le note incidemment Sonnet et comme le pratique le rit romain, l’Alleluia n’est chanté à la messe que le dimanche, il est de ce fait omis lorsque la messe dominicale est reprise en semaine.
2. Dominica prima Adventus, Initium est anni Ecclesiastici & omnium Festorum vel Officiorum, quare est duplex maius & Dominica primæ Classis, ideoque quodlibet Festum in ea occurentes transfertur semper, & habet primas & secundas Vesperas super Festum S. Andreæ Sabbato vel Feria secunda occurens. 2. Le premier dimanche de l’Avent est le commencement de l’année ecclésiastique & de toutes les fêtes et offices, c’est pourquoi il est double majeur et dimanche de première classe, et c’est pour cette raison qu’on transfère toute fête qui y surviendrait, et qu’il possède des premières et secondes fêtes, qui surpassent [celles] de la fête de saint André qui surviendrait un samedi ou un lundi.
Dans le Missel romain de saint Pie V, le premier dimanche de l’Avent est un dimanche semi-double de première classe. Tant au romain qu’au parisien, ce dimanche ne possédait pas réellement de premières vêpres complètes : depuis le haut Moyen-Age, on chantaient en effet d’abord les antiennes fériales du samedi soir puis l’Avent ne commençait véritablement qu’à partir du capitule. La réforme de saint Pie X de 1911 a modifié cet usage antique et universel en reprenant les antiennes des laudes pour les cinq psaumes de ces nouvelles premières vêpres (lesdits psaumes étant aussi modifiés). Contrairement au parisien, dans les rubriques romaines tridentines, les vêpres du premier dimanche de l’Avent cédaient face à celles de saint André tombant un samedi ou un lundi, on faisait alors mémoire du dimanche, et ce jusqu’aux réformes de 1955 (le rit romain suit depuis lors ce que faisait autrefois Paris).
3. Per totum Adventum Color albus, in omnibus Dominicis & Feriis, in Festis vero Color conveniens : prout notatur in Missali Parisiensi cap. 18. de coloribus paramentorum. 3. Pour tout l’Avent [on use de] la couleur blanche pour tous les dimanches et féries, mais pour les fêtes [on use] de la couleur convenable, selon ce qui est noté dans le Missel parisien au chapitre 18 : de la couleur des parements.
Cet usage parisien du blanc pendant l’Avent – à la place du violet que notent les livres romains – pourra vivement surprendre. Un élément de réponse se déduit de l’observation suivante : le Processionnal parisien utilise la grande antienne Missus est Angelus Gabriel pour la procession qui précède la grand-messe dominicale, dès le premier dimanche de l’Avent et pour les trois suivants. L’Avent parait dès lors conçu dans son ensemble comme une vaste célébration des mystères de l’Annonciation et de l’Incarnation, d’où Paris a probablement déduit la couleur blanche pour tout ce temps liturgique.
4. Vesperæ in Sabbato cantantur graviter eodem plane modo, quo & in Festis Solemnibus : cæteri Ritus observantur tam ad Vesperas, Matutinum cum Laudibus, quam ad Missam, ut in Festis Duplicibus maioribus. Hymni Vesperarum, Matutini, & Laudum cantantur graviter, similiter & Responsoria brevia horarum per totum Adventum. 4. Les vêpres du samedi sont chantées gravement, de la même façon intelligible qu’aux fêtes solennelles. Les autres rites sont observés, tant aux vêpres, aux matines avec les laudes, qu’à la messe, comme aux fêtes doubles majeures. Les hymnes des vêpres, matines et laudes sont chantés gravement, et de même les répons brefs des heures pendant tout l’Avent.
C’est une tradition constante dans l’Eglise latine de chanter plus lentement et plus gravement les offices les plus solennels.
Les premières vêpres du dimanche, chantées le samedi soir, sont ici indiquées comme les offices les plus solennels de l’Avent parisien. Cette dignité leur vient de la plus haute antiquité, lorsqu’il n’y avait encore pas encore de secondes vêpres, et que tous les jours liturgiques s’ouvraient la veille par l’office des vêpres. Les autres offices de l’Avent parisien sont chantés selon une dignité moindre. Ces deux degrés d’offices sont marqués par de menus détails : des sonneries de cloches différentes (5 sonneries solennelles / 3 sonneries), le nombre de cierges sur l’autel (douze cierges / six cierges), l’ornement du célébrant (il porte une étole / il n’en porte pas), l’usage de la polyphonie, du contrepoint et des faux-bourdons (les premier, troisième et cinquième psaumes, l’hymne et le Magnificat peuvent se chanter en musique ou en faux-bourdon, et le répons en contrepoint / le Magnificat seul est chanté en faux-bourdon), la façon d’entonner les antiennes (par les chanoines, les prêtres, les bénéficiers, les chapelains ou les chantres / par les chantres et les bénéficiers), le chant des répons (par quatre chantres en chape/par deux choristes), les encensements (par le célébrant et un prêtre assistant puis par deux thuriféraires, le peuple et la nef sont encensés / par le célébrant puis par un seul thuriféraire, le peuple et la nef ne sont pas encensés), le collectaire (on le présente au célébrant / on ne le présente pas), les stations (on en fait une en l’honneur de la Sainte Vierge / on n’en fait pas).
5. Ad Completorium, post Orationem Antiphonæ Alma, quæ dicitur etiam ad Laudes usque ad Purificationem inclusive, cantatur sexdecies NOEL, sub cantu Conditor, Celebrante antera inchoante, ut in Directio Chori Parisiensis habetur. Quod observatur quotidie usque ad diem vigesimum tertium Decembris inclusive, tam in officio de tempore quam de Sanctis. Hodie sero clauduntur Nuptiæ. A complies, après l’oraison de l’antienne Alma, qu’on dit de même à laudes jusqu’à la Purification incluse, on chante seize NOEL, sous le chant de Conditor, le célébrant l’ayant précédemment entonné, comme on le trouve dans le Directoire de chœur parisien. Ce qui s’observe chaque jour jusqu’au 23 décembre inclus, tant à l’office du temps qu’à celui des saints.
Le chant de seize Noël sur le ton de l’hymne de l’Avent, Conditor alme siderum, représente un vieux témoignage de la simplicité des sentiments des chanoines et probablement un souvenir des danses sacrées qu’ils accomplissaient dans les chœurs des cathédrales françaises au Moyen-Age. Voici comment ce chant pour le moins curieux est noté et rythmé dans le Directorium Chori Parisiensis édité en 1656 par les soins du même chanoine Martin Sonnet et qui précise que Noël est une contraction d’Emmanuel, ce qui signifie Dieu avec nous :
Noel Noel : aux complies parisiennes du Temps de l'Avent
Le Cæremoniale Parisiense ne le précise pas, mais le Directorium Chori Parisiensis indique que tout le clergé chante aussi à la fin des laudes, après l’oraison de l’antienne de la Sainte Vierge, trois NOEL (et non seize) en « fleurtis » (ou chant sur le livre, c’est à dire une polyphonie improvisée), en contrepoint ou en polyphonie à quatre voix. Il indique que quelques églises chantent à complies de la même façon trois NOEL au lieu des seize NOEL chantés sur le chant ci-dessus.
6. Ad Matutinum, prima Lectio (quæ est Præfatio S. Hieronimi Presbyteri ad Paulam & Eustichium in Translationem Esaiæ ex Hebraica veritate, quæ etiam sic incipit. Nemo cum Prophetas versibus viderit esse descriptos, &c, cantatur ad aliqua dignitate, vel ab antiquo Canonico, vel antiquo Sacerdote ad aquilam Chori ; Hæc prima Lectio habetur in sacris ante Prophetiam Esaiæ : pro secunda autem Lectione cantabuntur duæ priores Lectiones Breviarii de initio Esaiæ Prophetæ ad modum unius, more solito, ut fit un Ecclesia Metropolitana Parisiensi. 6. A matines, la première leçon (qui est la Préface de saint Jérôme, prêtre, à Paule et Eustochium, de la traduction d’Isaïe faite depuis la vérité hébraique, et qui commence ainsi : Il ne faut pas s’imaginer que les livres des Prophètes sont écrits, etc… Elle est chantée par quelque dignité, ou par un ancien chanoine, ou un ancien prêtre, à l’aigle du chœur ; cette première leçon est mise dans les Livres Sacrés avant le Prophète Isaïe. Mais pour la seconde leçon, on chante les deux premières leçons du bréviaire, le début du Prophète Isaïe, comme une seule, selon l’habitude, ainsi qu’il est fait dans l’Eglise Métropolitaine des Parisiens.
Traditionnellement, le Prophète Isaïe est lu aux matines du temps de l’Avent, dans le rit romain et ses dérivés, en commençant la lecture du début du livre au trois premières leçons du premier nocturne du premier dimanche de l’Avent. Si le Bréviaire parisien découpe ces trois premières leçons exactement comme le romain (première leçon : Isaïe I, 1-3, seconde leçon : Isaïe I, 4-6, troisième leçon : Isaïe I, 7-9), le Cérémonial témoigne de l’usage qui s’était introduit (à Notre-Dame du moins, et manifestement dans les autres églises du diocèse) de chanter d’abord la Préface au Livre d’Isaïe, souvent présente dans les éditions imprimées de la Vulgate en tête du livre de ce prophète, et qui est une lettre de saint Jérôme à sainte Paule et à sa fille sainte Eustochium. Conséquemment à l’introduction de cette nouvelle lecture, la seconde leçon réunit les six versets des deux anciennes premières leçons d’Isaïe en une seule (Isaïe I, 1-6).
7. Primum Responsorium, Aspiciens a longe cantatur à D. Cantore vel ab antiquo Canonico, vel antiquiore Sacerdote in stallo dignitatis, & sub finem primæ Lectionis illud annuntiat chorista eiusdem lateris Sacerdoti cantaturo. Hoc responsorium cantatur solemniter lentè & mensura gravi, ac etiam tres eius versus, Qui regnaturus. Qui regis, & Tollite portas, cum Gloria Patri. Deinde repetitur idem responsorium ab eodem Sacerdote. Reliqua de more. Nonum Responsorium tamen, Lætentur Cœli, reintonatur à celebrante post Gloria Patri, annuntiatumprius eidem Celebranti à Chorista eiusdem lateris, quod in reiteratione cantatur solemniter, lentè & mensura gravi loco Te Deum. Hoc semper observatur quotiescumque omisso Te Deum, eius loco reincipitur nonum Responsorium post Gloria Patri : in omnibus Dominicis, nempe Adventus, & à Dominica Septuagesimæ usque ad Pascha in Officio de tempore, & in Festo Ss. Innocentium, nisi in Dominica acciderit. 7. Le premier des répons, Aspiciens a longe, est chanté par Monsieur le Chantre, ou par un ancien chanoine, ou par un prêtre plus ancien dans une stalle de dignité, et vers la fin de la première leçon, le choriste [placé] du même côté que le prêtre qui doit chanter le lui annonce. Ce répons est chanté solennellement, lentement et d’une mesure grave, et de même ses trois versets Qui regnaturus, Qui regis, & Tollite portas, avec le Gloria Patri. Ensuite ce même répons est répété par le même prêtre. Le reste selon l’habitude. Le neuvième répons cependant, Lætentur Cœli, est ré-entonné par le célébrant après le Gloria Patri, cela lui ayant été d’abord annoncé par le choriste qui est de son côté, cette répétition est chantée solennellement, lentement et d’une mesure grave, à la place du Te Deum. Cela s’observe toujours toutes les fois que le Te Deum est omis, et qu’à sa place on ré-entonne le neuvième répons après le Gloria Patri : à savoir tous les dimanches de l’Avent, et du dimanche de la Septuagésime jusqu’à Pâques à l’office du temps, et en la fête des Saints Innocents, sauf si elle tombe un dimanche.
Pièce célèbre de tout le répertoire grégorien, le célébrissime répons Aspiciens a longe, premier des neuf répons des matines du premier dimanche de l’Avent, est tout particulièrement remarquable avec ses quatre versets et ses différentes réclames, son chant est de ce fait entouré de la plus grande solennité.
Contrairement au rit romain, l’usage parisien a conservé le neuvième répons pour toutes les matines des dimanches et fêtes (les livres romains ont fait disparaître les neuvièmes répons et ont mis à sa place le Te Deum. L’usage parisien a gardé la disposition primitive : le neuvième répons est suivi du Te Deum). En raison de la suppression du Te Deum les jours de pénitence, le Cérémonial parisien demande que la dernière reprise du répons soit lente, afin de tenir lieu du Te Deum.
Notons que le neuvième répons du rit parisien pour le premier dimanche de l’Avent (Lætentur Cœli) n’existe plus au premier dimanche de l’Avent dans les livres romains tridentins.
8. Hora Nona Matutina in Choro sanctæ ac Metropolitanæ Parisiensis Ecclesiæ, D. Canonicus Theologus sermocinaturus est. 8. A neuf heures du matin dans le chœur de l’Eglise sainte et métropolitaine des Parisiens, M. le Chanoine Théologal prêchera.
Le IIIème Concile de Latran, Xème concile œcuménique tenu en 1179, avait institué dans chaque chapitre de cathédrale la fonction de chanoine théologal, qui avait pour mission d’instruire le clergé & les enfants pauvres, en particulier en prêchant et en enseignant publiquement la théologie et l’Ecriture Sainte dans l’église cathédrale.
9. In Missa maiori, Diaconus & Subdiaconus utuntur Dalmatica & Tunica, more solito, quia est duplex, quod observatur in omnibus aliis Dominicis Adventus, quæ sunt duplices. 9. A la grand’messe, le diacre et le sous-diacre usent de la dalmatique et de la tunique, comme d’habitude, parce que [ce dimanche] est double, ce qu’on observe pour tous les autres dimanches de l’Avent, qui sont doubles.
Contrairement au rit romain qui utilise les chasubles pliées comme vêtement du diacre et du sous-diacre pendant l’Avent, le rit parisien conserve les dalmatique et tunique habituelles. La raison évoquée est la grande dignité dans le rang des fêtes des quatre dimanches du temps de l’Avent. Comme on le verra ci-après, les chasubles pliées sont en usage lors des féries de semaine du temps de l’Avent.
10. In Dominicis & Feriis Adventus dicuntur tres Orationes, secunda de Beata, Deus qui de Beata Maria. Tertia pro Ecclesia Ecclesiæ tuæ. In Festis autem secunda Oratio de Adventu. Tertia de Beata, & omittitur, Ecclesiæ tuæ. Non dicitur Gloria in excelsis, per totum Adventum : In Dominicis dicitur Credo, in Feriis non dicitur. In Missa de tempore Adventus, dicitur semper Benedicamus Domino 10. Les dimanches et féries de l’Avent, on dit trois oraisons, le seconde de la Bienheureuse [Vierge Marie], Deus qui de Beata Maria, la troisième pour l’Eglise Ecclesiæ tuæ. Mais les [jours de] fêtes, la seconde est de l’Avent, la troisième de la Bienheureuse [Vierge Marie], et l’on omet Ecclesiæ tuæ. On ne dit pas le Gloria in excelsis pour tout l’Avent ; mais les dimanches, on dit le Credo, que l’on ne dit pas les féries. A la messe du temps de l’Avent, on dit toujours Benedicamus Domino.
Les règles ici énoncées sont rigoureusement les mêmes que celles qui étaient dans les éditions tridentines des livres romains.
Selon l’ancien usage remontant au moins au Moyen-Age, on ajoutait très souvent d’autres oraisons aux trois oraisons de la messe du jour, savoir la collecte, la secrète et la postcommunion. Tout cela fut aboli par les nouvelles rubriques de 1960 et par le Missel romain de 1962, vraisemblablement pour rechercher des gains de temps sur la durée totale de la messe. On regrettera la suppression de ces anciennes oraisons car elles orientaient la prière des fidèles sur des intentions de prières souvent concrètes et précises. La disparition de ces intentions de prières particulières créa un appel d’air que l’on tenta maladroitement de combler bien plus tard par la création des prières dites universelles.
A la fin de la messe, l’Ite missa est remplacé par Benedicamus Domino comme à chaque fois que le Gloria in excelsis Deo n’est pas chanté à la messe.
11. Feria secunda post Dominicam primam Adventus, & aliis Feriis usque ad Nativitatem Domini, Per totum Adventum dicuntur preces feriales ad omnes horas flexis gentibus. Ad Benedictus & ad Magnificat cantantur Antiphonæ propriæ capitula & Responsoria Brevia horarum dicuntur ut in Psalterio, tempore Adventus. Ad minores horas tantum dicuntur Antiphonæ Dominicæ præcedentis per Hebdomadam quarta prætermissa, quando fit de Feria, nisi assignentur propriæ. Non cantatur Officium parvum usque post Purificationem, nec fiunt Commemorationes communes de Cruce, de Ss. & de pace ab hac die usque post octavam Epiphaniæ, & in majori Missa, non cantatur Alleluya, nec versus ejusdem : Diaconus & Subdiaconus in minoribus Ecclesiis non utuntur Dalmatica nec Tunica, sed Albis, manipulis & stola induti ministrant : In magnis autem Ecclesiis Collegiatis & Parochialibus, in quibus magnus & notabilis est Canonicorum, Beneficiatorum, & Sacerdotum Officiariorum numerus, Diaconus & Subdiaconus utuntur Planetis transversus super humeros & stola latiori, more Ecclesiæ Metropolitanæ : quam planetam Subdiaconus antequam de altari accipiat librum Epistolarum ad cantandum Epistolam decenter deponit in cornu Altaris a parte Epistolæ, & cantata Epistola, depositoque libro super Altare eam resumit, ut prius. 11. Le lundi après le premier dimanche de l’Avent, & aux autres féries jusqu’à la Nativité du Seigneur, pendant tout l’Avent on dit les prières fériales à toutes les heures en fléchissant les genoux. Au Benedictus & au Magnificat on chante les antiennes propres, le capitule et le répons bref des heures comme au Psautier, au temps de l’Avent. Aux petites heures seulement on dit les antiennes du dimanche précédent, en négligeant de le faire pour la quatrième semaine, lorsqu’on fait [l’office de] la férie, si il n’en est pas assigné de propres. On ne chante pas le Petit Office [de la Sainte Vierge] jusqu’après la Purification, ni ne fait les commémoraisons communes de la Croix, des Saints et de la paix, depuis ce jour jusqu’après l’octave de l’Epiphanie, et à la grand’messe, on ne chante ni l’Alléluia ni son verset ; le diacre et le sous-diacre, dans les plus petites églises, n’usent point de la dalmatique ni de la tunique, mais ils servent revêtus en aubes, manipules et étole ; mais dans les grandes églises collégiales ou paroissiales, dans lesquelles grand et notable est le nombre des chanoines, bénéficiers et prêtres officiants, le diacre et le sous-diacre utilisent les chasubles transverses sur les épaules & l’étole large, à la façon de l’Eglise métropolitaine : le sous-diacre – avant de recevoir le livre des épîtres pour chanter l’épître – dépose convenablement ladite chasuble au coin de l’autel du côté de l’épître, et, l’épître chantée et le livre déposé sur l’autel, il la remet comme auparavant.

A suivre…