La bénédiction liturgique des raisins le jour de la Transfiguration

Bénédiction des raisins le jour de la Transfiguration en Grèce

« Lorsque vous serez entré dans le pays dont le Seigneur, votre Dieu, doit vous mettre en possession, que vous en serez devenu maître, et que vous y serez établi, vous prendrez les prémices de tous les fruits de votre terre ; et les ayant mis dans un panier, vous irez au lieu que le Seigneur, votre Dieu, aura choisi pour y faire invoquer son nom. »
Deutéronome XXVI, 1-2.

A l’instar de l’Ancienne Loi, les toutes premières communautés chrétiennes, dès les temps apostoliques, offraient à l’église les « prémices du pressoir, de l’aire et des troupeaux », ainsi qu’en témoigne le plus ancien document chrétien en dehors du Nouveau Testament, la Didachè (Didachè XIII, 2-3, dispositions reprises par les Constitutions Apostoliques VII, 29).

Certes la bénédiction des prémices produits par le labeur des chrétiens s’est maintenue au cours des âges sous diverses formes, mais l’Eglise a entouré plus précisément d’une attention toute particulière l’oblation liturgique des premiers épis de blé et des premiers raisins, car ce sont les matières mêmes du mystère eucharistique. Dès les origines, les prémices du blé et de la vigne étaient reçus à l’autel et sanctifiés par une bénédiction solennelle prononcée durant l’action liturgique.

Nous allons envisager ici la seule bénédiction liturgique des raisins, traditionnellement réalisée le 6 août tant en Occident qu’en Orient.

La bénédiction des prémices du raisin en Occident

On trouve la bénédiction des prémices des raisins fixée au 6 août dans le Sacramentaire grégorien (VI-VIIèmes siècles). Cette bénédiction a lieu au cours de la messe du jour, qui n’est pas alors celle de la Transfiguration (cette fête n’entrera tardivement au Missel romain qu’en 1457) mais celle de la fête de saint Sixte II, 24ème pape qui avait été décapité en 258. Comme d’autres bénédictions très anciennes, la bénédiction du raisin – Benedictio uvæ – se place à la fin du canon eucharistique :

Intra quorum nos consórtium , non æstimátor mériti, sed véniæ, quæsumus, largítor admítte. Per Christum Dóminum nostrum. Pour nous admettre dans leur compagnie, ne pèse pas la valeur de nos actes, mais accorde-nous largement ton pardon. Par le Christ notre Seigneur.
Benedic, Dómine, et hos fructus novos uvæ, quos tu, Dómine, rore cœli, et inundantia pluviárum, et temporum serenitate atque tranquillitate, ad maturitatem perducere dignatus es, et dedisti eos ad usus nostros, cum gratiarum actione percipi, in nomine Domini nostri Jesu Christi. Bénis aussi, Seigneur, ces fruits nouveaux de la vigne, que toi, Seigneur, par la rosée du ciel, et l’abondance des pluies, et par la sérénité et la tranquillité des temps, tu as daigné faire parvenir à maturité, et les as donnés pour notre usage, afin de les recevoir avec action de grâces.
Per quem hæc ómnia, Dómine, semper bona creas, sanctíficas, vivíficas, benedícis, & præstas nobis. Par qui, Seigneur, tu ne cesses de créer tous ces biens, de les sanctifier, de les vivifier, de les bénir et de nous en faire don.

Le Sacramentaire gélasien, plus ancien que le grégorien, s’il ne contient pas de bénédiction spéciale dans le cours de la messe de saint Sixte au 6 août, donne néanmoins vers la fin de l’ouvrage une formule de bénédiction des raisins et des fèves qui – mis à part des variantes textuelles – est substantiellement la même oraison :

Oratio ad fruges novas benedicendas.

Benedic, Dómine, hos fructus novos uvæ sive fabæ, quos tu, Dómine, per rorem cœli, et inundantiam pluviárum, et tempora serena atque tranquilla ad maturitatem perducere dignatus es, ad percipiendum nobis cum gratiarum actione, in nomine Domini nostri Jesu Christi. Per quem hæc ómnia, Dómine, semper bona creas, sanctíficas, vivíficas, benedícis, & præstas nobis.

De part sa conclusion, l’on voit que cette bénédiction s’effectuait au même endroit du canon de la messe.

En Italie à l’époque des Pères de l’Eglise, la bénédiction du raisin partageait le même privilège que celle des fèves de se faire à l’autel même. Cet honneur dû aux fèves s’explique peut-être par le fait que celles-ci constituaient alors la base de la nourriture ordinaire des habitants de la Péninsule italique. Le Liber Pontificalis fait remonter au pape Eutychien (275-283) l’interdiction de bénir les fruits sur l’autel même, à l’exception des raisins et des fèves : « Hic constituit fruges super altare tantum fabæ et uvæ benedici ». La bénédiction des fèves se faisait à l’Ascension : le Sacramentaire gélasien redonne au cours de la messe de cette fête la même oraison de bénédiction des prémices que ci-dessus – mais uniquement pour les fèves et non pour les raisins.

Du Sacramentaire grégorien, la bénédiction des raisins du 6 août fut transmise dans les différents livres liturgiques de toute l’Europe médiévale. On distribuait le raisin béni après la messe du 6 août aux fidèles, à l’instar du pain béni qui se faisait chaque dimanche et fête.

La date du 6 août consacrée pour la bénédiction des prémices du raisin commence alors à susciter des tentatives d’explications. Certains auteurs vont attribuer l’origine de son institution au pape saint Sixte II lui-même (à tord manifestement : cette bénédiction est sans doute tout à fait aussi ancienne en Orient, comme on va le voir ci-après ; or le martyre de Sixte II au 6 août n’y a trouvé aucun écho liturgique, si ce n’est une simple mention au Martyrologe de Nicomédie). Certaines régions d’Europe établissent alors saint Sixte comme patron des vignerons.

A partir du IXème siècle, la fête de la Transfiguration commence progressivement à se répandre dans différents en Occident, avant tout dans les milieux monastiques. Il s’agit d’une importation de la fête du rit byzantin, qui célèbre en effet la Transfiguration le 6 août, 40 jours avant l’Exaltation de la Sainte Croix (14 septembre) ; l’origine de cette fête demeure toutefois obscure, il est possible qu’elle fut créée par saint Grégoire l’Illuminateur en Arménie au début du IVème siècle, avant de se répandre dans l’Empire d’Orient au Vème siècle. Avec la diffusion progressive de cette fête en Occident au 6 août, on tente alors d’établir un lien entre la bénédiction des prémices du raisin et la Transfiguration. Le premier à le faire semble être Sicard de Crémone (c. 1155 † 1215) dans son Mitrale, explication reprise par Durand de Mende au XIVème siècle dans son Rationale divinorum officium (Livre VII, chapitre XXII) :

« C’est pourquoi en ce même jour, la Transfiguration se rapportant à l’état qui doit être celui des fidèles après la résurrection, on consacre le sang du Seigneur avec du vin nouveau, s’il est possible d’en avoir, afin de signifier ce qui est dit dans l’Évangile : Je ne boirai plus de ce fruit de la vigne, jusqu’à ce que je le boive nouveau avec vous dans le royaume de mon Père (Matthieu XXVI, 29). Si l’on ne peut s’en procurer, qu’on pressure au moins dans le calice un peu de raisin arrive à maturité, ou qu’on bénisse des grappes qui soient partagées au peuple. »
Sicard de Crémone (c. 1155 † 1215), Mitrale, IX, XXXVIII.

On verra que cette pieuse coutume de célébrer la messe avec du vin nouveau le 6 août existe également en Orient. Martène indique qu’elle était toujours vivace à Poitiers de son temps. Elle subsista dans les propres de certains diocèses occidentaux jusqu’au XXème siècle.

En 1457, le pape Calixte III inscrit au 6 août du calendrier de l’Eglise de Rome la fête de la Transfiguration, en action de grâces pour l’éclatante victoire de Belgrade contre les Turcs obtenue le 6 août 1456. Saint Sixte devient dès lors une simple mémoire, ses oraisons s’ajoutant à celles de la nouvelle fête de la Transfiguration. Dans certains diocèses, on décida néanmoins de dire deux messes le 6 août, l’une de la Transfiguration, l’autre de saint Sixte, et c’est au cours de celle-ci que continuait d’avoir lieu la bénédiction solennelle du raisin.

Le Rituale romanum publié en 1614 par le pape Paul V ne contient pas la benedictio uvæ ; il est vrai que le dessein du pape, en éditant cet ouvrage, était de donner un manuel bref, essentiellement axé sur la discipline des sacrements, alors battue en brèche par les Protestants. Néanmoins de nombreux rituels diocésains continuèrent de maintenir l’antique tradition de la bénédiction des raisins le 6 août. En voici deux exemples, tirés des livres de Reims et de Verdun, qui montrent qu’on la pratiquait toujours à la fin du canon, comme dans l’Antiquité :

Bénédiction du raisin nouveau - Rituel de Reims de 1677.

Bénédiction du raisin nouveau – Rituel de Reims de 1677.

Bénédiction des raisins le jour de la Transfiguration - rituel de Verdun 1787.

Bénédiction des raisins le jour de la Transfiguration – rituel de Verdun de 1787.

On remarquera qu’au cours des âges, le texte du Sacramentaire grégorien s’est quelque peu poli (l’inundantia(m) pluviarum devenant abundantia pluviarum, le double Domine du début est éliminé, etc.)

L’antique bénédiction romaine des prémices des raisins finit toutefois par revenir dans les livres romains, insérée dans le pléthorique Appendix du Rituale Romanum qui se développa entre le XVIIème et le XXème siècle. On la trouvera au numéro 38 de cette partie de ce livre liturgique.

La bénédiction des prémices du raisin en Orient

La formule dont nous avons tracé l’usage en Occident depuis le Sacramentaire gélasien jusqu’aux plus récentes éditions du Rituale Romanum se retrouve à l’identique de façon tout à fait remarquable dans l’Eglise byzantine.

En voici le texte grec :

Εὐχὴ εὶς μετάληψιν σταφυλῆς τῆ ς΄ Αὐγούστου

Εὐλόγησον, Κύριε, τὸν καρπὸν τοῦτον τῆς ἀμπέλου τὸν νέον, ὃν διὰ τῆς τοῦ ἀέρος εὐκρασίας, καὶ τῶν σταγόνων τῆς βροχῆς, καὶ τῆς τῶν καιρῶν γαλήνης εἰς ταύτην τὴν ὡριμοτάτην στάσιν ἐλθεῖν ηὐδόκησας, ἵνα ᾖ ἐν ἡμῖν τοῖς ἐξ αὐτοῦ τοῦ γεννήματος τῆς ἀμπέλου μεταλαμβάνουσιν εἰς εὐφροσύνην, καὶ τοῖς προσενέγκασι δῶρον εἰς ἐξιλασμὸν ἁμαρτιῶν, διὰ τοῦ ἱεροῦ καὶ ἁγίου Σώματος καὶ Αἵματος τοῦ Χριστοῦ σου· μεθ᾿ οὗ εὐλογητὸς εἶ, σὺν τῷ παναγίῳ καὶ ἀγαθῷ καὶ ζωοποιῷ σου Πνεύματι, νῦν καὶ ἀεὶ καὶ εἰς τοὺς αἰῶνας τῶν αἰώνων. Ἀμήν.

Les deux versions latines – gélasiennes et grégoriennes – présentent un nombre sensible de variantes pour exprimer les mêmes idées ; il est probable qu’il s’agisse de deux traductions légèrement différentes de la prière grecque, qui parait certainement plus ancienne.

Comme en Occident, la bénédiction des raisins se fait en Orient le 6 août, vers la fin de la divine liturgie de la Transfiguration, après la prière de l’ambon. Elle est précédée de l’usuelle invitation du diacre « Prions le Seigneur », à laquelle le chœur répond « Kyrie eleison ».

En Orient, l’ancien usage veut qu’on s’abstienne de consommer tout raisin avant sa bénédiction le 6 août. Cette règle était déjà prescrite dans le Typicon de Saint-Sabas (Vème-VIIème siècles) et demeure toujours observée dans certaines régions de Grèce ou de Russie.

La bénédiction des raisins dans le rit byzantin ne se fait que le jour de la fête le 6 août et n’est pas répétée durant les 7 jours d’après-fête ni à la clôture de celle-ci le 13 août.

En Russie, où le raisin était un met impossible à produire en raison du climat, l’usage se prit de bénir des pommes le jour de la Transfiguration en place du raisin, au point que le nom populaire de la Transfiguration devint la fête du « Sauveur des pommes ». De nos jours, les fidèles apportent toujours des pommes en ce jour, mais aussi du raisin et des autres fruits qu’il est plus aisé de trouver désormais dans les commerces. Voici quelques images des bénédictions de la Transfiguration :

Si les rituels Syriaques contiennent une bénédiction pour les raisins, celle-ci n’est pas affectée à un jour liturgique particulier.

Les Arméniens bénissent quant à eux les raisins en la fête de l’Assomption. Cette date est probablement plus favorable à l’obtention des prémices de ces fruits dans les montagnes arméniennes.

Chez les Arméniens, la coutume voulant qu’on ne mange pas de raisin jusqu’à sa bénédiction reste encore très vivace. Voici à ce sujet un discours du catholicos Karékine Ier (1932 † 1999) :

« Si tu manges un grain de raisin avant la fête de l’Assomption de la Sainte Vierge Marie, tu n’auras certes pas commis de péché mortel et tu n’iras pas en enfer… Si tu n’en goûtes pas jusqu’à ce jour, où l’Eglise bénit ce raisin, tu ne seras pas en décalage d’un iota par rapport à la marche de ce monde. Mais si, non seulement tu décides de ne pas en manger, mais, qui plus est, tu ne ressens pas de gêne en annonçant à ton ami ou ton voisin, que c’est par amour de la tradition de ta Patrie, que tu n’en goûtes pas, alors c’est ta Nation qui résonne en toi, sous l’inspiration de ta conscience nationale et de la conservation de ta tradition. Sois certain, que tu ne seras pas méprisé par les autres, tu ne peux que gagner du respect de la part d’un entourage cultivé… N’oublie jamais que, pour nous qui vivons loin de la mère patrie, nos traditions spécifiques représentent la terre de notre patrie dans notre vie. »

Conclusion

La bénédiction des prémices du raisin le 6 août est un exemple frappant d’unité entre l’Orient et l’Occident, alors même que les uns célébraient la Transfiguration et les autres la saint Sixte. Il est fort possible que notre bénédiction du raisin au 6 août soit antérieure à ces deux fêtes, ce qui laisse envisager une très grande ancienneté de cet usage chrétien. En effet, le texte commun de la bénédiction des raisins ne présente aucune relation ni avec la Transfiguration orientale, ni avec la fête de saint Sixte occidentale, et les diverses tentatives de fournir une explication rationnelle de cette coutume à cette date paraissent des constructions a postériori. Peut-être est-on là en présence d’un usage de la primitive Eglise de Jérusalem à cette date du 6 août, dans une Palestine où le raisin arrive à maturité plus tôt en raisin du climat.

Voici donc une antique tradition à revivifier, comme l’incitait l’an passé Father Z sur ce célèbre blog américain.

Laissons le mot de la fin à J. Parisot qui étudia en profondeur cette question en 1899 :

« Bien que, suivant le principe formulé par saint Grégoire, l’unité de la foi n’ait pas à souffrir de la diversité des usages, il est constant qu’à côté des innovations liturgiques survenues au cours des siècles, maintes pratiques subsistent, communes à l’Orient et à l’Occident, et que l’on doit faire remonter, sinon au temps de l’unité liturgique primitive, du moins à l’époque où la nature des relations ecclésiastiques permettait des emprunts réciproques. Ce n’est donc pas seulement par l’accord sur les points essentiels du dogme et des formules sacramentelles que s’affirme l’unité chrétienne, mais souvent par la conformité, maintenue en dépit des divisions dogmatiques et politiques, de traditions accessoires, dont on vient de voir un remarquable exemple ».
J. Parisot, La bénédiction liturgique des raisins, Revue de l’Orient chrétien IV (1899), p. 363.

Bénédiction du pain en l’honneur de sainte Agathe

Le martyre de sainte Agathe de CataneNée vers 231 en Sicile, probablement à Catane, sainte Agathe y confessa sa foi au Christ et y reçut la palme du martyre à l’âge de 20 ans, après avoir subi de nombreuses tortures parmi lesquelles l’arrachement de ses seins à l’aide de tenailles est resté célèbre.

Citée au canon de la messe romaine, sainte Agathe est l’une des plus célèbres vierges martyres de la chrétienté occidentale, également célébrée dans les Eglises orientales.

Dès le IVème siècle, on l’honore un peu partout : le pape saint Damase compose une hymne en son honneur, saint Ambroise de Milan et le saint pape Gélase écrivent des préfaces particulières pour le jour de sa fête, saint Jérôme en fait mention dans son martyrologe et saint Augustin en parle dans ses ouvrages. Le pape Symmaque (498-514) lui édifie une basilique à Rome. Sainte Agathe figure dans le calendrier de Carthage du VIème siècle et dans tous les martyrologes latins et grecs.

Sainte Agathe - Francisco de Zurbarán - Musée Fabre - MontpellierLors d’une éruption de l’Etna, les habitants de Catane étaient allés chercher le voile qui recouvrait le tombeau de sainte Agathe pour le porter en procession autour de la cité, et la coulée de lave s’arrêta aux portes de la ville. Depuis, saint Agathe est invoquée contre le fléau du feu.

En France, au Moyen-Age, on la place au nombre des saints auxiliaires. Voici comment des vers du XVème siècle la célèbrent :

Saint Blaise, glorieux martyr,
Avec madame sainte Agathe,
Garde mon âme au départir
Du corps, que l’enfer ne l’abatte.

Ou encore d’autres vers du XIIIème siècle :

Sainte Agathe, vierge pucelle,
Qui souffris en ta mamelle,
Tu y souffris pour Dieu amour,
Prie pour moi notre Seignour.

Et d’autres encore :

Sainte Agathe, vierge piteuse,
Qui souffris peine douloureuse
Pour Jésus-Christ en ta poitrine,
Prie Dieu qu’il me donne son amour fine.

Pain de la sainte Agathe à Mons en ProvenceDans certaines régions de France s’est conservée jusqu’à nos jours l’ancienne coutume (déjà attestée au moins au XIVème siècle) de bénir des pains en l’honneur sainte Agathe le jour de sa fête le 5 février. En Provence, ces pains ont la forme de petits seins ! 🙂

La bénédiction particulière au jour de sainte Agathe ne s’est pas conservée dans le Rituale Romanum de 1614, qui se veut un ouvrage synthétique allant à l’essentiel. On la trouve néanmoins dans les rituels antérieurs et elle a été conservée dans beaucoup de rituels diocésains ultérieurs. Au XVIIIème siècle, on bénit le jour de la sainte Agathe du pain et de l’eau, puis du pain seulement dans les livres du XIXème siècle. Les livres plus anciens mentionnent beaucoup plus d’aliments.

Nous donnons ci-dessous cette bénédiction telle qu’elle figure dans le fameux Sacerdotale Romanum de 1579, ancêtre du Rituale Romanum de 1614. Il est tout à fait significatif de voir que cet ouvrage conserve l’antique usage de bénir de nombreux biens, non pas hors de la messe mais à l’intérieur même de celle-ci, à la fin du canon. Cet usage semble avoir été général autrefois et explique parfaitement ces paroles du canon qui concluaient de fait autrefois les diverses bénédictions des offrandes des fidèles :

Per quem hæc omnia, Domine, semper bona creas, santificas, vivificas, benedicis, et præstas nobis.
Par qui vous ne cessez, Seigneur, de créer tous ces biens, de les sanctifier, des les vivifier, de les bénir et de nous les accorder.

Sainte Agathe portant ses seins arrachésLa disparition de l’usage de bénir les offrandes (qui étaient apportées au moment de l’offertoire au sanctaire par les fidèles) à ce moment précis du canon rend un peu obscur le sens des paroles de cette prières, devenues quelque peu hors contexte : le pluriel hæc omnia et le sens général des paroles s’appliquent mal aux seuls oblats eucharistiques. Les trois signes de croix que fait le prêtre à ce moment du canon sont un souvenir des trois signes de croix qu’il traçait sur toutes les offrandes pour les bénir.

Le Sacerdotale Romanum de 1579 indique qu’on bénissait non seulement des pains, mais aussi des fruits, des cierges, de l’eau, du vin, de l’huile et d’autres dons (de l’argent vraisemblablement, ce qui correspond assez bien à la liste des 7 dons traditionnels qu’apportaient à l’offertoire les premiers chrétiens dans l’ancienne Gaule et qui étaient ensuite consommés au cours d’agapes fraternelles).

Voici le texte de Sacerdotale Romanum de 1579 :

Benedictio panis, & aqua in festo S. Agatha,

contra periculum ignis

Bénédiction du pain & de l’eau en la fête de sainte Agathe,

contre le péril du feu.

Sacerdos existens in canone missæ, ad locum illum : Per quem hæc omnia Dómine semper bona creas etc., vertens se ad populum, benedicit panem hoc modo : Le prêtre étant parvenu dans le canon de la messe aux paroles : Par qui vous ne cessez, Seigneur, de créer tous ces biens etc., se tourne alors vers le peuple et bénit le pain de cette façon :
Primo dicat Psalmus LXI. D’abord il dit le Psaume XXIII.
Deus, misereátur nostri, et benedícat nobis : * illúminet vultum suum super nos, et misereátur nostri. Que Dieu ait pitié de nous, et nous comble de ses bénédictions : qu’il répande sur nous la lumière de son visage, et qu’il fasse éclater sur nous sa miséricorde :
Ut cognoscámus in terra viam tuam, * in ómnibus géntibus salutáre tuum. Afin que nous connaissions, votre voie sur la terre, et que le salut que vous procurez soit connu de toutes les nations.
Confiteántur tibi pópuli, Deus : * confiteántur tibi pópuli omnes. Que tous les peuples, ô Dieu ! publient vos louanges ; que tous les peuples vous louent, vous rendent grâces.
Læténtur et exsúltent gentes : * quóniam júdicas pópulos in æquitáte, et gentes in terra dírigis. Que les nations se réjouissent et soient transportées de joie ; parce que vous jugez les peuples dans l’équité, et que vous conduisez dans la droiture les nations sur la terre.
Confiteántur tibi pópuli, Deus, confiteántur tibi pópuli omnes : * terra dedit fructum suum. Que les peuples, ô Dieu ! publient vos louanges ; que tous les peuples vous louent : la terre a donné son fruit.
Benedícat nos Deus, Deus noster, benedícat nos Deus : * et métuant eum omnes fines terræ. Que Dieu, que notre Dieu nous bénisse ; que Dieu nous comble de ses bénédictions ; et qu’il soit craint jusqu’aux extrémités de la terre.
Glória Patri, et Fílio, * et Spirítui Sancto. Gloire au Père, et au Fils, et au Saint Esprit.
Sicut erat in princípio, et nunc, et semper, * et in sæcula sæculórum. Amen. Comme il était au commentcement, et maintenant, et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
Kýrie, éleison. Christe, éleison. Kýrie, éleison. Seigneur, ayez pitié. Christ, ayez pitié. Seigneur, ayez pitié.
Pater noster. Notre Père.
Secreto usque ad En secret jusqu’à
V/. Et ne nos indúcas in tentatiónem. V/. Et ne nous laissez pas succomber à la tentation.
R/. Sed líbera nos a malo. R/. Mais délivrez-nous du mal.
V/. Adjutórium nostrum in nómine Dómini. V/. Notre secours est dans le Nom du Seigneur.
R/. Qui fecit cælum et terram. R/. Lui qui fit ciel et terre.
V/. Sit nomen Dómini benedíctum. V/. Que le nom du Seigneur soit béni.
R/. Ex hoc nunc & usque in sæculum. R/. Dès maintenant & jusque dans les siècles.
V/. Ora pro nobis beáta Agatha. V/. Priez pour nous, bienheureuse Agathe.
R/. Ut digni efficiámur promissiónibus Christi. R/. Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.
V/. Dómine exáudi oratiónem meam. V/. Seigneur, exaucez ma prière.
R/. Et clamor meus ad te véniat. R/. Et que mon cri parvienne jusqu’à vous.
V/. Dóminus vobíscum. V/. Le Seigneur soit avec vous.
R/. Et cum spíritu tuo. R/. Et avec ton esprit.
Orémus. Prions.
Dómine Jesu Christe, Fílii Dei vivi, qui es Panis vivus, qui de cœlo descendísti, benedic, & sanctífica hos panes, fructus, cereos, aquam, vinum, oleum & cetera hic posita in honorem Beátæ Agathæ Virginis, & Martyris, ut, ubicumque contra ignem comburentem missa, vel posita fuerit, illico ignis evanescat, & penitus extinguatur. Qui vivis, & regnas, cum Deo Patre in unitáte Spíritus Sancti Deus : per ómnia sæcula sæculórum. Seigneur Jésus-Christ, Fils du Dieu vivant, qui êtes le Pain vivant qui est descendu du ciel, bénissez & sanctifiez ces pains, ces fruits, ces cierges, cette eau, ce vin, cette huile et ces autres dons ici déposés en l’honneur de la Bienheureuse Agathe, Vierge & Martyre, afin qu’en quelque lieu où il seront envoyés ou posés contre un feu consumant, qu’aussitôt ce feu s’évanouisse et s’éteigne tout à fait. Vous qui vivez & régnez, avec Dieu le Père en l’unité du Saint-Esprit, Dieu pour les siècles des siècles.
R/. Amen. R/. Amen.
Benedictio Dei omnipotentis Patris, & Fílii, & SpíritusSancti, per intercessiónem Beátæ Agathæ Vírginis, & Martyris tuæ, descéndat & maneat super hos panes, & super omnes ex eis gustantes. Que la bénédiction de Dieu tout-puissant, Père, & Fils, & SaintEsprit, par l’intercession de la Bienheureuse Agathe Vierge & Martyre, descende & demeure sur ces pains, et sur tous ceux qui y goûteront.
R/. Amen. R/. Amen.
Aspergantur aqua benedicta. On asperge d’eau bénite.
Postea dicat : Ensuite il dit :
Per quem hæc omnia Domine semper bona creas… Par qui vous ne cessez, Seigneur, de créer tous ces biens…

Bénédiction des relevailles

Louis-Nicolas Lemasle - Relevailles de la duchesse de Berry tenant le futur Henri V.

Louis-Nicolas Lemasle – Relevailles de la duchesse de Berry dans l’église de Vernouillet – Madame la duchesse de Berry tient son cierge des relevailles et son fils, le petit duc de Bordeaux, futur Henri V .

« Secúndum legem Móysi, tulérunt Jesum in Jerusalem, ut sísterent eum Dómino. »
Luc II, 22

La bénédiction des relevailles est aujourd’hui très négligée en France (je ne l’ai vue qu’une seule fois pratiquée à Saint-Eugène par Mgr Batut). Pourtant, il s’agit d’un rite d’une simple mais grande beauté, qui célèbre le don de la vie, le don de l’enfant et la beauté de la maternité. Face aux développements de la culture de mort dans notre pays, ce rite très ancien dans l’Eglise, pratiqué également depuis les origines chrétiennes dans les Eglises orientales, gagnerait à être de nouveau célébré et promu dans nos familles. C’est en effet une « bénédiction » que de donner la vie, et la mère mérite d’être bénie et célébrée après l’épreuve de la grossesse et de l’accouchement, et pour la fortifier dans l’exercice de sa maternité qui devra accompagner l’éducation de son enfant.

Traditionnellement, la bénédiction des relevailles a lieu 40 jours après la naissance de l’enfant, à l’imitation de la Sainte Vierge venue au Temple de Jérusalem pour la cérémonie de la purification selon la loi de Moïse et la présentation de l’Enfant Jésus (cf. Lévitique XII et Luc II, 22-24) :

Et le temps de la purification de Marie étant accompli, selon la loi de Moïse, ils le portèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon qu’il est écrit dans la loi du Seigneur : Tout enfant mâle premier-né sera consacré au Seigneur ; et pour donner ce qui devait être offert en sacrifice, selon qu’il est écrit dans la loi du Seigneur, deux tourterelles, ou deux petits de colombe.

La mère tient un cierge allumé pendant toute la cérémonie, cierge qui rappelle ceux de la fête de la chandeleur. Le prêtre va la chercher à la porte de l’église et l’y introduit après avoir chanté le psaume XXIII, psaume de majesté et de gloire. L’usage de ce psaume rappelle l’entrée solennelle du Christ à Jérusalem et est utilisé traditionnellement pour l’entrée dans l’église à l’issue de la procession des Rameaux.

Voici la bénédiction des relevailles du Rituale Romanum, titre VII, chapitre 3.

De benedictione mulieris post partum.

Bénédiction des femmes après qu’elles aient enfanté.

Si qua puerpera post partum, juxta piam ac laudabilem consuetudinem, ad Ecclesiam venire voluerit, pro incolumitate sua Deo gratias actura, petieritque a Sacerdote benedicti-onem, ipse superpelleceo et stola alba indutus, cum ministro aspersorium deferente, ad fores ecclesiæ accedat, ubi illam foris ad limina genuflectentem et candelam accensam in manu tenentem, aqua benedicta aspergat, deinde dicat : Si quelque mère ayant enfanté souhaite, selon la pieuse et louable coutume, venir à l’Eglise rendre grâce à Dieu de son heureuse délivrance, et demande la bénédiction du prêtre, celui-ci, revêtu d’un surplis et d’une étole blanche, accompagné d’un ministre qui porte l’aspersoir, va aux portes de l’église où elle l’attend à genoux, ayant en main un cierge allumé, il l’asperge d’eau bénite et dit ensuite :
V/. Adjutórium nostrum in nómine Dómini. V/. Notre secours est dans le Nom du Seigneur.
R/. Qui fecit cælum et terram. R/. Lui qui fit ciel et terre.
Antiphona. Hæc accípiet benedicti-ónem a Dómino. Antienne. C’est celle-là qui recevra du Seigneur la bénédiction.
Psalmus XXIII. Psaume XXIII.
Dómini est terra, et plenitúdo ejus ; * orbis terrárum, et univérsi, qui hábitant in eo. Au Seigneur appartient la terre, et tout ce qu’elle contient, toute la terre et tous ceux qui l’habitent.
Quia ipse super mária fundávit eum : * et super flúmina præparávit eum. Car c’est lui qui l’a fondée au-dessus des mers, et établie au-dessus des fleuves.
Quis ascéndet in montem Dómini, * aut quis stabit in loco sancto ejus ? Qui est-ce qui montera sur la montagne du Seigneur ? ou qui s’arrêtera dans son lieu saint ?
Innocens mánibus, et mundo corde, * qui non accépit in vano ánimam suam, nec jurávit in dolo próximo suo. Celui dont les mains sont innocentes et le cœur pur ; qui n’a point pris son âme en vain, ni fait un serment faux à son prochain.
Hic accípiet benedictiónem a Dómino : * et misericórdiam a Deo salutári suo. C’est celui-là qui recevra du Seigneur la bénédiction, et miséricorde de Dieu, son Sauveur.
Hæc est generátio quæréntium eum, * quæréntium fáciem Dei Jacob. Telle est la race de ceux qui le cherchent, de ceux qui cherchent à voir la face du Dieu de Jacob.
Attóllite portas, príncipes, vestras, et elevámini portæ æternáles : * et introíbit Rex glóriæ. Levez vos portes, ô princes ! et vous, portes éternelles, levez-vous, afin de laisser entrer le Roi de gloire.
Quis est iste Rex glóriæ ? * Dóminus fortis, et potens ; Dóminus potens in prœlio. Qui est ce Roi de gloire ? Le Seigneur fort et puissant, le Seigneur puissant dans les combats.
Attóllite portas, príncipes, vestras, et elevámini portæ æternáles : * et introíbit Rex glóriæ. Levez vos portes, ô princes ! et vous, portes éternelles, levez-vous, afin de laisser entrer le Roi de gloire.
Quis est iste Rex gloriæ ? * Dóminus virtútum, ipse est Rex gloriæ. Qui est ce Roi de gloire ? Le Seigneur des armées est lui-même ce Roi de gloire.
Glória Patri, et Fílio, * et Spirítui Sancto. Gloire au Père, et au Fils, et au Saint Esprit.
Sicut erat in princípio, et nunc, et semper, * et in sæcula sæculórum. Amen. Comme il était au commentcement, et maintenant, et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
Antiphona. Hæc accípiet benedictiónem a Dómino, et miseri-córdiam a Deo salútari suo : quia hæc est generátio quæréntium Dóminum. Antienne. C’est celle-là qui recevra du Seigneur la bénédiction, et miséri-corde de Dieu, son Sauveur, car telle est la race de ceux qui le cherchent.
Deinde, porrigens ad manum mulieris extremam partem stolæ, ex humero sinistro pendentem, eam introducit in ecclesiam, dicens : Ensuite, plaçant l’extrémité de son étole, laquelle pend de son épaule gauche, sur la main de la femme, il l’introduit dans l’église en disant :
Ingrédere in templum Dei, adóra Fílium beátæ Maríæ Vírginis, qui tibi fecunditátem tríbuit prolis. Entre dans le temple de Dieu, adore le Fils de la bienheureuse Vierge Marie, qui t’a donné la fécondité d’être mère.
Et ipsa, ingressa, genuflectit coram Altari et orat, gratias agens Deo de beneficiis sibi collatis ; tunc Sacerdos dicit : Et elle, étant entrée, va s’agenouiller devant l’autel et prie, rendant grâces à Dieu des bienfaits qu’il lui a accordés ; alors le prêtre dit :
Kýrie, éleison. Christe, éleison. Kýrie, éleison. Seigneur, ayez pitié. Christ, ayez pitié. Seigneur, ayez pitié.
Pater noster. Notre Père.
secreto usque ad En secret jusqu’à
V/. Et ne nos indúcas in tentatiónem. V/. Et ne nous laissez pas succomber à la tentation.
R/. Sed líbera nos a malo. R/. Mais délivrez-nous du mal.
V/. Salvam fac ancíllam tuam, Dómine. V/. Sauvez votre servante, Seigneur.
R/. Deus meus, sperántem in te. R/. Mon Dieu, elle espère en vous.
V/. Mitte ei, Dómine, auxílium de sancto. V/. Envoyez-lui, Seigneur, votre aide depuis votre sanctuaire.
R/. Et de Sion tuére eam. R/. Et de Sion, protègez-la.
V/. Nihil profíciat inimícus in ea. V/. Que l’ennemi n’ait aucune prise sur elle.
R/. Et fílius iniquitátis non appónat nocére ei. R/. Et que le fils d’iniquité n’ose point lui nuir.
V/. Dómine exáudi oratiónem meam. V/. Seigneur, exaucez ma prière.
R/. Et clamor meus ad te véniat. R/. Et que mon cri parvienne jusqu’à vous.
V/. Dóminus vobíscum. V/. Le Seigneur soit avec vous.
R/. Et cum spíritu tuo. R/. Et avec ton esprit.
Orémus. Prions.
Omnípotens sempitérne Deus, qui per beátæ Maríæ Vírginis partum fidélium pariéntium dolóres in gáudium vertísti: réspice propítius super hanc fámulam tuam, ad templum sanctum tuum pro gratiárum actióne lætam accedéntem, et præsta; ut post hanc vitam, ejúsdem beátæ Maríæ méritis et intercessióne, ad ætérnæ beatitúdinis gáudia cum prole sua perveníre mereátur. Per Christum Dóminum nostrum. Dieu éternel & tout-puissant, qui par la maternité de la bienheureuse Vierge Marie avez changé en joie les douleurs des fidèles qui deviennent mères : jetez un regard de bonté sur votre servante, qui, pleine de joie, vient dans votre saint temple pour rendre grâces ; faites qu’après cette vie, par les mérites et l’intercession de la bienheureuse Marie, elle obtienne, ainsi que son enfant, la joie de la béatitude éternelle. Par le Christ notre Seigneur.
R/. Amen. R/. Amen.
Deinde illam aspergit iterum aqua benedicta, dicens : Ensuite il l’asperge à nouveau d’eau bénite, en disant :
Pax et benedíctio Dei omnipoténtis, Patris, et Fílii, † et Spíritus Sancti, descéndat super te, et máneat semper. Que la paix & la bénédiction de Dieu tout-puissant, Père, & Fils, † & Saint-Esprit, descende sur toi et toujours y demeure.
R/. Amen. R/. Amen.

Même si le Rituale Romanum ne le précise pas, il est d’usage que le prêtre célèbre ensuite la sainte messe pour la mère, qui y assiste.

Enrique Melida y Alinari : une messe de relevailles en Espagne

Enrique Melida y Alinari : une messe de relevailles en Espagne

Certains rituels médiévaux prévoyaient que la bénédiction des relevailles puissent être pontificale. Voici la rubrique de l’ancien pontifical d’Evreux :

Primo induat se episcopus more duplicis festi in loco sibi praeparato, et impositis capa cum mitra acceptoque baculo pastorali procedat ad ostium ecclesiae, praecedentibus ipsum aqua benedicta et duobus ceroferariis. L’évêque s’habille d’abord comme au fêtes doubles à un lieu approprié, et ayant reçu la chape avec la mitre, et la crosse, il va à la porte de l’église, précédé d’un ministre portant l’eau bénite et de deux céroféraires.

On a discuté du fait que la bénédiction de la mère puisse être faite même si l’enfant était mort en couche, sans avoir reçu le baptême (ce qui de fait s’est pratiqué : les rituels diocésains indiquaient qu’il fallait alors omettre les paroles cum prole sua dans l’oraison). Dans certaines provinces françaises, on pu a également pratiquer autrefois de curieuses relevailles par procuration, lorsque la mère était morte en couches.

Quelques coutumes françaises

Dans les anciens rituels diocésains français, le prêtre posait le bout de son étole sur la tête de la mère et lisait alors l’évangile de Luc de la messe de la Purification (Luc II, 22-32), comme on peut le voir sur le tableau des relevailles de la duchesse de Berry en haut de cet article, ou encore sur cette gravure des relevailles en Bretagne (O. Perrin, Galerie des mœurs, usages et costumes des Bretons de l’Armorique, Paris, 1808) :

Les relevailles en Bretagne

La mère tient son cierge devant le prêtre assisté du bedeau, la sage femme, agenouillée derrière elle, tient son enfant. Un pauvre espère l’aumône que la mère ne manquera pas de lui donner.

Assez souvent, les hommes de la famille étaient exclus de la cérémonie des relevailles, à laquelle ne participait que la mère, la sage-femme et la marraine de l’enfant. Dans certaines régions, l’assistance était élargie, mais restait en général féminine : parentes et amies de l’accouchée, toutes étaient là pour participer à cet heureux événement. La sage-femme et la marraine se rendaient au matin chez l’accouchée pour l’accompagner à l’église. En Provence, le petit cortège qu’elles formaient avait son rituel : l’accoucheuse portait l’enfant en faisant reposer la tête de celui-ci sur son bras droit. La mère marchait du côté de la tête de son enfant. La marraine, elle, se plaçait du côté des pieds du nouveau-né. Suivaient ensuite les autres femmes, par ordre de parenté.

Dans beaucoup de région, la mère portait un pain (confectionné la veille), qui était béni après la messe, pour être consommé au cours du grand festin que donnait ensuite la famille (le terme de relevailles en français du XVIIème siècle désigne aussi bien le banquet familial que la cérémonie elle-même.

Souhaitons que cette belle cérémonie qui célèbre la mère ayant donné la vie soit de nouveau largement pratiquée dans notre pays.

Relevailles à Poughkeepsie en 1953

Bénédiction d’une maison en la vigile de la Circoncision du Seigneur

Andrea Mantegna, la Circoncision de Notre Seigneur, 1464Il existait autrefois trois bénédictions des maisons particulières pour le temps de Noël : l’une célébrée en la vigile de Noël, la seconde en la vigile de la Circoncision & la troisième en la vigile de l’Epiphanie. Ces trois bénédictions présentaient la même structure :

  • un Magnificat chanté avec antienne doublée, pendant lequel le prêtre asperge puis encense la maison,
  • le Pater,
  • des versets appropriés conduisant à l’oraison du jour
  • le chant d’un répons tiré de l’office du jour.

Le Rituale Romanum de Paul V de 1614 – dont on fêtait cette année le IVème centenaire – ne contenait pas ces trois bénédictions spéciales au temps de la Nativité, car la volonté du Pape était alors d’éditer un manuel minimaliste, axé sur la théologie des sacrements (afin de mettre en pratique les enseignements du concile de Trente) et ne contenant que le strict essentiel qui était universellement pratiqué. Le Rituel de Paul V ne connait que la bénédiction des maisons le Samedi Saint et une autre commune à tous les temps de l’année. Par ailleurs, Paul V indiquait que son Rituel n’était nullement obligatoire et le Pape laissait subsister les nombreux autres ouvrages propres à des diocèses ou des ordres religieux.

Au cours du XIXème siècle, de nombreuses augmentations furent faites au Rituale Romanum, au point que l’appendice qui se constitua progressivement devint aussi long que le reste de l’ouvrage. Parmi ces augmentations fut insérée la bénédiction des maisons pour l’Epiphanie (Appendicis / De Benedictionibus / Benedictiones non reservatæ / 6. Benedictio domorum in festo Epiphaniæ), en y ajoutant à la fin la bénédiction commune du rituel de Paul V. Cependant, les bénédictions pour Noël & pour la Circoncision ne furent pas reprises par les éditions typiques modernes.

Voici celle pour la vigile de la Circoncision, tirée d’une vaste compilation de rituels anciens, la Collectio sive Apparatus Absolutionum, Benedictiones, Conjurationum, Exorcismorum, Rituum, & Ceremoniarum Ecclesiasticorum, & administrationis Sacramentorum publiée à Rome en 1753 sous la direction du R.P. Bernard Sannig. L’antienne du Magnificat Magnum hæreditátis Mystérium, du 2nd ton, est celle des secondes vêpres de la fête. Le répons Verbum caro factum est est le 7ème des matines de Noël et le 8ème des matines du dimanche dans l’octave de Noël.

Benedictio Domus in Vigilia Circumcisionis Domini.

Bénédiction d’une maison en la vigile de la Circoncision du Seigneur.

Sacerdos ingrediens Domum dicat. Le prêtre, entrant dans la maison, dit :
V/. Pax huic Dómui. V/. Paix à cette maison
R/. Et ómnibus habitántibus in ea. R/. Et à tous ses habitants.
Antiphona. Magnum * hæreditátis Mystérium, Templum Dei factus est Uterus nesciéntis virum ; non est pollútus ex ea carnem assúmens : omnes gentes vénient dicéntes : Glória tibi, Dómine. Alleluia. Antienne. O grand mystère de l’hérédité divine ! Le sein d’une vierge est devenu le temple de Dieu ; celui qui d’elle a pris chair n’a contracté aucune souillure ; toutes les nations viendront et diront : Gloire à vous, Seigneur.
Magníficat * ánima mea Dóminum. Mon âme glorifie le Seigneur.
Et exsultavit spíritus meus * in Deo salutári meo. Et mon esprit est rempli de joie en Dieu mon Sauveur.
Quia respéxit humilitátem ancíllæ suæ : * ecce enim ex hoc beátam me dicent omnes generatiónes. Parce qu’il a regardé la bassesse de sa servante ; car désormais toute la postérité m’appellera bienheureuse.
Quia fecit mihi magna qui potens est : * et sanctum nomen ejus. Parce que celui qui est tout-puissant a fait en moi de grandes choses ; et son nom est saint.
Et misericórdia ejus a progénie in progénies * timéntibus eum. Et sa miséricorde se répand de race en race sur ceux qui le craignent.
Fecit poténtiam in bráchio suo : * dispérsit supérbos mente cordis sui. Il a déployé la force de son bras : il a détruit les desseins que les superbes méditaient en leur cœur.
Depósuit poténtes de sede, * et exaltávit húmiles. Il a renversé les grands de leur trône ; & il a élevé les humbles & les petits.
Esurientes implévit bonis : * et dívites dimísit inánes. Il a comblé de biens ceux qui souffraient la faim ; & il a privé de tout les riches.
Suscépit Israel púerum suum, * recordátus misericórdiæ suæ. Il a pris la défense d’Israël son serviteur, se ressouvenant de sa miséricorde.
Sicut locútus est ad patres nostros, * Abraham et sémini ejus in sæcula. Ainsi qu’il l’a promis à nos Pères, à Abraham, & à sa postérité pour toujours.
Glória Patri, et Fílio, * et Spirítui Sancto. Gloire au Père, et au Fils, et au Saint Esprit.
Sicut erat in princípio, et nunc, et semper, * et in sæcula sæculórum. Amen. Comme il était au commentcement, et maintenant, et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
Aspergitur, & incensatur Domus. Pendant le Magnificat, le prêtre asperge d’eau bénite puis encense la maison.
Antiphona. Magnum hæreditátis Mystérium, Templum Dei factus est Uterus nesciéntis virum ; non est pollútus ex ea carnem assúmens : omnes gentes vénient dicéntes : Glória tibi, Dómine. Alleluia. Antienne. O grand mystère de l’hérédité divine ! Le sein d’une vierge est devenu le temple de Dieu ; celui qui d’elle a pris chair n’a contracté aucune souillure ; toutes les nations viendront et diront : Gloire à vous, Seigneur.
Pater noster. Notre Père.
secreto usque ad En secret jusqu’à
V/. Et ne nos indúcas in tentatiónem. V/. Et ne nous laissez pas succomber à la tentation.
R/. Sed líbera nos a malo. R/. Mais délivrez-nous du mal.
V/. Vocátum est nomen ejus Jesus. V/. On l’appellera du nom de Jésus.
R/. Omne genu flectatur cœlestium, terrestrium, & infernórum. R/. Tout genou fléchira, au ciel, sur terre, & aux enfers.
V/. Dómine exáudi oratiónem meam. V/. Seigneur, exaucez ma prière.
R/. Et clamor meus ad te véniat. R/. Et que mon cri parvienne jusqu’à vous.
V/. Dóminus vobíscum. V/. Le Seigneur soit avec vous.
R/. Et cum spíritu tuo. R/. Et avec votre esprit.
Orémus. Prions.
Deus, qui salútis ætérnæ, beátæ Maríæ virginitáte fecúnda, humáno géneri prǽmia præstitísti : tríbue, quǽsumus ; ut ipsam pro nobis intercédere sentiámus, per quam merúimus auctórem vitæ suscípere, Dóminum nostrum Iesum Christum, Fílium tuum : Qui tecum vivit & regnat in unitáte Spíritu Sancto Deus, per ómnia sæcula sæculórum. Dieu, qui, en rendant féconde la virginité de la bienheureuse Marie, avez procuré à l’humanité le salut éternel, accordez-nous, nous vous en supplions, de ressentir la puissante intercession de celle par laquelle nous avons reçu l’auteur de la vie Notre-Seigneur Jésus-Christ, votre Fils, qui vivez & règnez en l’unité du Saint Esprit, Dieu pour tous les siècles des siècles.
Responsorium. Répons.
R/. Verbum caro factum est, & habitávit in nobis, et vidimus glóriam ejus, glóriam quasi Unigéniti a Patre * plenum grátiæ, & veritátis. R/. Le Verbe s’est fait chair, & il a habité parmi nous, & nous avons vu sa gloire, gloire telle que le Fils unique devait la recevoir du Père, plein de grâce & de vérité.
V/. In princípio erat Verbum, & Verbum erat apud Deum, & Deus erat Verbum. V/ Au commencement était le Verbe, & le Verbe était auprès de Dieu, & le Verbe était Dieu.
* plenum grátiæ, & veritátis. * plein de grâce, & de vérité.

Bénédictions de saint Blaise contre les maux de gorge

Saint Blaise guérissant un enfant qui s'étouffait avec une arête« Apprends, misérable, que je suis le serviteur de Notre Seigneur Jésus-Christ et que je n’adore pas les démons ! »
Saint Blaise au préfet Agricolaüs. Actes du martyre.

Réputé pour ses dons de thaumaturge, saint Blaise avait en particulier sauvé la vie à un enfant qu’une arête, prise dans le gosier, étouffait. Pour cette raison, il est invoqué pour guérir les maux de gorge. Le rituel romain prévoit le 3 février une bénédiction spéciale de deux cierges en son honneur, cierges que le prêtre impose ensuite sur la gorge des fidèles qui le désirent et qui pour cela viennent s’agenouiller après la messe devant l’autel. C’est de coutume que les deux cierges croisés sur la gorge des fidèles soient reliés par un ruban rouge. Normalement, les cierges sont allumés, mais l’on peut s’en abstenir. En Europe centrale, il existe en certains lieux un support en forme de croix qui permet de tenir les cierges allumés tout en recueillant la cire qui s’écoule. Une seconde bénédiction des aliments pour soigner les maux de gorges, qu’on trouvait dans beaucoup d’anciens rituels, a été introduite dans le Rituel romain en 1883 (avec quelques modifications dans le texte de l’oraison).

A Sébaste, en Arménie, la passion de saint Blaise, évêque et martyr. Ce grand thaumaturge subit, sous le préfet Agricolaüs, une longue flagellation ; attaché à un poteau où on lui déchira le corps avec des peignes de fer, il fut ensuite enfermé dans un horrible cachot, puis on le jeta dans un lac d’où il sortit sain et sauf ; enfin, sur l’ordre du même juge, il eut la tête tranchée, et avec lui deux enfants subirent le même sort. Auparavant, sept femmes qui avaient recueilli les gouttes de sang qui coulaient de son corps furent à ce signe reconnues comme chrétiennes et, après avoir enduré de cruels tourments, furent elles-mêmes mises à mort par le glaive. Martyrologe romain, au 3 février.

 

Benedictio Candelarum

in Festo S. Blasii Episcopi et Martyris

 

 

Bénédiction des Cierges

en la Fête de St Blaise Évêque et Martyr

 

V/. Adjutórium nostrum in nómine Dómini.

V/. Notre secours est dans le nom du Seigneur.

R/. Qui fecit cœlum et terram. R/. Qui a fait ciel & terre.
V/. Dóminus vobíscum. V/. Le Seigneur est avec vous.
R/. Et cum spíritu tuo. R/. Et avec ton esprit.
Orémus. Prions.
Omnípotens et mitíssime Deus, qui ómnium mundi diversitátes solo verbo creásti et hóminum reformatiónem illud idem Verbum, per quod facta sunt ómnia, incarnári voluísti : qui magnus es et imménsus, terríbilis atque laudábilis, ac fáciens mirabília : pro cujus fídei confessióne gloriósus Martyr et Póntifex Blásius, diversórum tormentórum généra non pavéscens, martyrii palmam felíciter est adéptus : quique eídem, inter céteras grátias, hanc prærogatívam contulísti, ut quoscúmque gútturis morbos tua virtúte curáret ; majestátem tuam supplíciter exorámus, ut non inspéctu reátus nostri, sed ejus placátus méritis et précibus, hanc ceræ creatúram bene†dícere ac sancti†ficáre tua venerábili pietáte dignéris, tuam grátiam infúndendo ; ut omnes, quorum colla per eam ex bona fide tacta fúerint, a quocúmque gútturis morbo, ipsíus passiónis méritis, liberéntur, et in Ecclésia sancta tua sani et hílares tibi gratiárum réferant actiónes, laudéntque nomen tuum gloriósum, quod est benedíctum in sæcula sæculórum. Per Dóminum nostrum Jesum Christum Fílium tuum, qui tecum vivit et regnat in unitáte Spíritus Sancti Deus, per ómnia sæcula sæculórum. Dieu tout-puissant et très doux, par votre seul Verbe vous avez créé les multiples choses de ce monde, et vous avez voulu que ce même Verbe, par qui toutes choses ont été faites, prenne chair pour racheter l’humanité ; vous qui êtes grand et immense, redoutable et louable, qui faites merveilles, vous pour qui le glorieux Blaise, Martyr & Pontife a fait confession de sa foi, sans craindre toutes sortes de tourments et en accueillant dans la joie la palme du martyre, en vertu du pouvoir – entre autres dons – que vous lui avez accordé de guérir toutes les affections de la gorge, nous supplions votre majesté : que, sans tenir compte de notre péché mais seulement de ses mérites et de ses prières, vous daignez en votre grande bonté bénir et sanctifier ces créatures de cires et y répandre votre grâce. Que tous ceux dont le cou sera – avec foi – touché par elles, soient libérés de toute maladie de la gorge, par les mérites de la passion de votre Martyr ; que, guéris et joyeux, ils reviennent vous rendre grâce dans votre Eglise sainte, et qu’ils louent votre nom glorieux, qui est béni dans les siècles des siècles. Par Notre Seigneur Jésus-Christ, votre Fils, qui avec vous vit & règne en l’unité du Saint Esprit, Dieu pour les siècles des siècles.
R/. Amen. R/. Amen.

Et aspergantur aqua benedicta.
Deinde Sacerdos duos cereos in modum crucis aptatos apponit sub mento gutturi singulorum, qui benedicendi sunt, ipsis ante Altare genuflectentibus, dicens :

Et on les asperge d’eau bénite.
Ensuite, le Prêtre appose deux cierges disposés en forme de croix sous le menton de chacun de ceux qui doivent être bénis, à genoux devant l’autel, en disant :

Per intercessiónem sancti Blásii, Epíscopi et Mártyris, líberet te Deus a malo gútturis, et a quólibet álio malo. In nómine Patris, et Fílii, et Spíritus Sancti. Que par l’intercession de saint Blaise, Evêque et Martyr, Dieu te libère du mal de gorge et de tout autre mal, au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.
 

Benedictio panis, vini, aquæ et fructuum

contra gutturis ægritudinem

in Festo S. Blasii Episcopi et Martyris

Approbata a S. R. C. die 25 Sept. 1883

 

Bénédiction du pain, du vin, de l’eau et des fruits

contre le mal de gorge

en la Fête de St Blaise Évêque et Martyr

Approuvée par la S.C.R. le 25 sept. 1883

V/. Adjutórium nostrum in nómine Dómini. V/. Notre secours est dans le nom du Seigneur.
R/. Qui fecit cœlum et terram. R/. Qui a fait ciel & terre.
V/. Dóminus vobíscum. V/. Le Seigneur est avec vous.
R/. Et cum spíritu tuo. R/. Et avec ton esprit.
Orémus. Prions.
Salvátor mundi Deus, qui hodiérnam diem beatíssími Blásii martýrio consecrásti, quique eídem inter céteras grátias, hanc prærogatívam contulísti, ut, quoscúmque gútturis morbos tua virtúte curáret : ineffábilem misericórdiam tuam supplíciter exorámus, et pétimus ; ut hos panes, vinum, aquam et fructus, quæ plebs fidélis tibi devóte hódie ad sanctificándum áttulit, tua pietáte benedícere et sanctificáre dignéris : ut, qui ex his gustáverint, ab omni gútturis plaga, et quavis ália ánimæ et córporis infirmitáte, méritis et intercessióne eiúsdem beáti Blásii Mártyris tui atque Pontíficis, plenam recípiant sanitátem : Qui vivis et regnas Deus in sǽcula sæculórum. Dieu, Sauveur du monde, qui avez consacré ce jour par le martyre du très bienheureux Blaise, et lui avez accordé cette prérogative, parmi d’autres grâces, de guérir toutes les maladies de la gorge : Nous prions en suppliant votre miséricorde ineffable, et nous vous demandons de daigner bénir et sanctifier par votre piété ces pains, ce vin, cette eau et ces fruits que votre peuple fidèle vous a apportés aujourd’hui dévotement pour être bénits ; pour que tous ceux qui en goûteront soient libérés de toute plaie de la gorge, et de toute autre infirmité de l’âme et du corps et qu’ils reçoivent une bonne santé, par les mérites et l’intercession de ce même bienheureux Blaise, votre Martyr et Pontife : vous qui vivez et régnez, Dieu, pour les siècles des siècles.
R/. Amen. R/. Amen.
Et aspergantur aqua benedicta. Et ils sont aspergés d’eau bénite.