Pèlerinage en Angleterre : Abbaye de Farnborough

Farnborough : Messe solennelle de Requiem pour la famille impériale (LLMMII Napoleon III, Eugenie, Prince Imperial) 

L’Abbaye Saint-Michel de Farnborough fut fondée en 1881 par l’impératrice Eugénie qui avait choisi cette abbaye pour abriter les corps de son époux Napoléon III (mort en exil en Angleterre en 1873) et de son fils le Prince impérial Louis-Napoléon (mort tragiquement en 1879 au cours d’une embuscade lors de la guerre anglo-zouloue).

L’Impératrice choisit elle-même en 1895 les moines bénédictins de Solesmes pour remplacer les Prémontrés français initialement installés dans le monastère.

L’aspect gothique flamboyant de l’abbaye est dû à l’architecte français Gabriel-Hyppolite Destailleurs. L’orgue provient de la célèbre facture française Cavaillé-Coll et fut placé derrière le maître-autel de l’abbatiale.

Dans la crypte de l’Abbatiale reposent les corps de Napoléon III et du Prince impérial Louis-Napoléon de part et d’autre de l’autel. La dépouille de l’Impératrice Eugénie fut placée au dessus de cet autel. Morte le 11 juillet 1920 au Palais de Liria à Madrid, elle fut inhumée quelques temps après à Farnborough.

Le père Abbé Dom Cuthbert Brogan, élu en 2006, a reçu la Schola et les grands-clercs de Saint Eugène avec une grande bienveillance, le jeudi 22 août 2019 au cours de notre pèlerinage en Angleterre. Il a célébré la messe de Requiem à l’intention de la famille impériale. Les moines de l’Abbaye avaient tenu à célébrer en utilisant les mêmes ornements sacerdotaux noirs qui avaient été utilisés il y 99 ans pour les funérailles de l’impératrice, ainsi que le drap mortuaire impérial et ses décors héraldiques. Rappelons que l’impératrice Eugénie est la marraine de notre église Saint-Eugène Sainte-Cécile.

Les ornements ont été dessinés dans un esprit de renouveau des formes gothiques typiques des recherches liturgiques intenses activement menées au début du XXème à l’Abbaye de Farnborough, alors gouvernée par un grand liturgique, dom Fernand Cabrol, abbé de 1903 à 1937. Avec la collaboration de dom Henri Leclerc, il rédigea et publia le fameux Dictionnaire d’archéologie chrétienne et de liturgie, ouvrage encyclopédique d’une qualité inégalée à ce jour.

Le site web de l’Abbaye de Farnborough.

Pèlerinage en Angleterre : Messe en rit romain & Vêpres selon l’usage de Sarum au Collège de Balliol

Le prêtre pendant le chant de l'Evangile par le diacre. Messe en rit romain, vêpres en rit de Sarum.

Le prêtre pendant le chant de l’Evangile par le diacre. Chapelle de Balliol College, Université d’Oxford, Angleterre.

La Schola Sainte Cécile a eu la grande joie de chanter la messe solennelle – en rit romain – de la fête de saint Bernard de Clairvaux le 20 août 2019, ainsi que le lendemain 21 août 2019, les vêpres de l’Octave de l’Assomption selon l’ancien usage de Sarum dans la magnifique chapelle du Collège de Balliol au cours de son pèlerinage en Angleterre. Le collège de Balliol – l’un des 38 collèges qui composent la prestigieuse université d’Oxford – a été fondé vers 1263 par Jean de Balliol († 1268), seigneur de Ballieul (en Picardie) et de Barnard Castle (dans le comté de Durham), important baron anglo-normand dont le fils Jean devint roi d’Ecosse.

La chapelle actuelle est au moins la troisième du collège. Elle est l’œuvre de l’architecte William Butterfield en 1857. Cet architecte a réalisé ou restauré de nombreuses églises, pour lesquelles il a été fortement inspiré par le « mouvement d’Oxford« . Cette influence est patente à Balliol, tant cette église témoigne des idées de « re-catholicisation » de l’Anglicanisme développées alors pour le Bienheureux John Henry Newman et ses amis oxoniens. L’intérieur de la chapelle construite par Butterfield est richement décoré en ce sens : sculptures de pierre, décoration d’albâtre, de laiton, incrustations de marbres, stalles, tribune et buffet d’orgue en noyer, autel majestueux revêtu d’un somptueux antependium en argent, vitraux ornés de figures du Christ et des saints (récupérés pour beaucoup des précédentes chapelles qui s’étaient succédées sur le lieu).

Messe de la fête de saint Bernard à Balliol College :

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L’Eglise de Salisbury brille comme le soleil dans son orbe parmi les Eglises du monde entier par son service divin et par ceux qui le célèbrent, et, en répandant ses rayons partout, elle corrige les défauts des autres.
Gilles, évêque de Bridport, c.1256.

Le rit de Sarum était au moment de la Réforme protestante l’usage le plus suivi en Angleterre. Originaire du diocèse de Salisbury (Sarum en latin), il se structura au moment de la conquête normande lorsque Guillaume le Conquérant établit son conseiller saint Osmond, comte de Séez, comme évêque de Salisbury. Il semble que saint Osmond ait accommodé les usages des diocèses normands avec les usages anglo-saxons antérieurs ; on note en effet de nombreuses parentés et ressemblances entre l’usage de Sarum et les usages diocésains, non seulement normands, mais plus largement français (comme l’usage de Paris). Le faste et le sérieux avec lesquels les chanoines de Salisbury célébraient les saints offices firent que le rit de Sarum s’étendit progressivement en dehors des limites de son diocèse d’origine : il fut adopté par les universités d’Oxford et de Cambridge, par toutes les chapelles royales d’Angleterre, la célèbre cathédrale de Winchester et même par celle de Canterbury, au point d’être célébré dans quasiment tous les diocèses anglais à la veille de la Réforme (à l’exception notable du Nord du pays qui utilisait le rit d’York). N’ayant jamais été formellement canoniquement aboli, il connut même encore quelques éditions postérieures à la Réforme protestante et à la suppression du culte catholique en Angleterre, la dernière étant celle du Manuale de Sarum en 1604 par des Jésuites anglais exilés en France au Collège anglais de Douai. Lors de la restauration de la hiérarchie catholique en 1850, le Bienheureux Pape Pie IX offrit aux évêques de restaurer l’usage de Sarum en Angleterre, mais ceux-ci – par commodité et en raison d’études scientifiques alors peu poussées – préférèrent adopter le rit romain pour leurs diocèses. Le mouvement d’Oxford initié par le Bienheureux John Henry Newman s’intéressa beaucoup à la redécouverte des anciens usages de Sarum et on nota ici et là des célébrations selon les anciens livres anglais, une des dernières en date étant la messe pontificale en rit de Sarum que célébra en l’an 2000 Mgr Mario Conti, alors évêque catholique d’Aberdeen, pour le 500ème anniversaire de la fondation du Collège Royal de l’université de sa ville épiscopale.

Les premières vêpres de l’octave de l’Assomption que nous avons chantées selon l’usage de Sarum présentent des parentés notables avec les mêmes premières vêpres de l’octave de l’Assomption que nous avions chantées l’an passée selon l’usage de Verceil (dit « rit eusébien« ). On notera les cinq psaumes sous la même antienne – une structure archaïque de l’office romain, également souvent conservée par le rit parisien, qui eut tendance à disparaître avec l’apparition du bréviaire au XIIIème siècle (on utilisa alors les antiennes des laudes pour les vêpres, ce qui permettaient de supprimer les antiennes propres que cet office possédait, et donc de réduire la taille du livre en abrégeant l’office, d’où le nom de bréviaire).

L’octave de l’Assomption dans les livres de Sarum est classée comme fête semi-double avec invitatoire triple, le chœur étant régi par deux « recteurs du chœur ». Le célébrant officie depuis sa stalle et ne prendra la chape que pour le Magnificat. Un clerc (en cape noire tenant un seul cierge) vient lui présenter le livre à sa place pour le capitule.

Après le capitule, un répons est chanté par deux chantres qui se revêtent de chape pour cela. Pendant qu’ils chantent le verset de ce répons, c’est le seul moment possible pour tous de s’assoir (le coutumier de Sarum est resté fidèle à l’usage antique de chanter quasiment l’intégralité de tous les offices debout ; il tolère qu’un membre du chœur puisse s’assoir à matines s’il est fatigué, à condition que ses deux voisins de stalles restent debout !).

Chant du répons des vêpres, selon l'usage de Sarum.

Chant du répons des vêpres, selon l’usage de Sarum.

Parmi les nombreuses rubriques propres de cet office, on notera celle – très belle – qui veut que le célébrant se prosterne et baise le sol devant l’autel avant que de l’encenser durant le Magnificat.

Prosternation du célébrant au pied de l'autel avant l'encensement du Magnificat, selon l'usage de Sarum.

Prosternation du célébrant au pied de l’autel avant l’encensement du Magnificat, selon l’usage de Sarum.

La fin de cet office de vêpres présente un trait d’archaïsme peu commun : les vêpres se terminent par premier Benedicamus Domino chanté par deux chantres. Puis, comme le 22 août voit la mémoire de la fête des saints martyrs Timothée et Symphorien (qui y avait leur place, antérieurement à l’apparition de l’octave de l’Assomption), on en chante l’antienne, suivie du verset et de leur oraison. Et ce second office de vêpres très abrégé se termine logiquement par un second Benedicamus Domino chanté cette fois par un seul chantre. (Dans le même ordre d’idée, il faut se souvenir que le Fidélium ánimæ per misericórdiam Dei requiéscant in pace ajouté par saint Pie V à la fin des heures de l’office romain est une abréviation de l’office des morts et un rappel de l’époque où celui-ci doublait les heures de l’office canonique).

Chant du premier Benedicamus Domino par les deux recteurs du chœur, selon l'usage de Sarum

Chant du premier Benedicamus Domino par les deux recteurs du chœur, selon l’usage de Sarum

Après avoir chanté la sainte messe et les vêpres dans le rit ambrosien à maintes reprises depuis 2003, la sainte messe dans le rit mozarabe à Tolède en 2013, les vêpres en rit eusébien en 2018, après avoir à de nombreuses reprises chanté les vêpres en rit parisien ou les offices du rit byzantin, de chanter chaque mois la sainte messe dans le rit dominicain, nous avons donc eu la joie d’explorer cette année les splendeurs de l’Angleterre médiévale avec le rit de Sarum et de témoigner ainsi de la symphonie des liturgies de l’Eglise catholique, qui telle l’Epouse du Psaume XLIV, est parée de joyaux divers, circumdata varietate.

Photos de la solennité de Saint Pierre et Saint Paul – Adieu à l’abbé Iborra

Adieu à l'Abbé Iborra : le clergé, les clercs et les choristes après la messe.

Adieu à l’Abbé Iborra : le clergé, les clercs et les choristes après la messe.

Te laudámus, o Regnátor,
O pastórum, Christe, Pastor,
Summis in Princípibus.
Nous te louons, ô Souverain, ô Christ, Pasteur des pasteur, en la personne de ces premiers pasteurs.
Tibi memor gratulétur,
Et concéssis gloriétur
Pia plebs paréntibus.
Que le peuple fidèle te rende grâces et te glorifie pour les avoir reçus comme pères.
His ambóbus orbis cessit,
His ambóbus nox recéssit
Pulsa lumináribus.
Tous deux ont subjugué le monde, tous deux ont dissipé les ténèbres par les lumières de la foi.
Athlétæ férvidi
Debéllant númina :
Torréntes límpidi
Manant in flúmina.
Athlètes intrépides, ils abattent les idoles ; torrents limpides, ils arrosent le champ de l’Eglise.
Séquence du propre de Paris pour la fête de saint Pierre & saint Paul, texte de Simon Gourdan (1646 † 1729), chanoine de Saint-Victor (extraits).

 

La solennité des saints Apôtres Pierre et Paul voyait ce dimanche 30 juin dernier la dernière messe solennelle de notre vicaire parmi nous, M. l’Abbé Eric Iborra. Qu’il nous soit permis de le remercier encore ici vivement pour ces douze années fructueuses de ministère apostolique à Saint-Eugène – Sainte-Cécile, et en particulier pour son amitié envers notre Schola Sainte Cécile.

La Schola Sainte Cécile interpréta à cette occasion, à la demande de l’Abbé, la messe Ad Majorem Dei Gloriam d’André Campra, publiée en 1699 et vraisemblablement composée lorsque ce maître de chapelle dirigeait la musique de Notre-Dame de Paris, avant de finir à la Chapelle royale.

A la fin de la messe fut chanté un Te Deum d’actions de grâces, puis la Schola accompagnait le retour du clergé à la sacristie par le chœur final du grand motet Quam dilecta (psaume LXXXIII) de Michel Richard de Lalande (1657 † 1726), maître de la chapelle des rois Louis XIV et Louis XV :

Non privábit bonis eos, qui ambulant in innocéntia : Il ne privera pas de biens ceux qui marchent dans l’innocence.
Dómine virtútum, beátus homo, qui sperat in te. Seigneur des Armées, bienheureux l’homme qui espère en vous.

Enfin, un déjeuner rassemblait 200 paroissiens dans un restaurant à proximité de notre paroisse. Cette messe coïncidait également avec le 30ème anniversaire d’ordination sacerdotale de Monsieur l’Abbé Eric Iborra.

Vidéo de cette messe :

Fête-Dieu 2019 : messe, vêpres et procession

Lauda, Sion, Salvatórem,
Lauda ducem et pastórem
In hymnis et cánticis.
Loue, Sion, ton Sauveur,
Loue ton chef et ton pasteur
Par des hymnes et des cantiques.
Sit laus plena sit sonóra,
Sit jucúnda, sit decóra
Mentis jubilátio.
Que ta louange soit pleine et sonore,
Qu’elle soit belle et délicieuse,
Une jubilation pour nos âmes.

Pour la Fête-Dieu de cette année 2019, notre paroisse de Saint-Eugène a eu la grâce de recevoir M. l’Abbé Martial Merlin venu y célébrer une première messe après son ordination sacerdotale (son chant de la préface selon le ton solemnior fut particulièrement admirable).

La solennité des vêpres fut relevée par un quatuor de cuivres anciens qui relevèrent chacune des 6 antiennes par un neume tiré des œuvres de Claudin de Sermisy. Ils soutinrent également la Schola Sainte Cécile qui recréait pour la première fois depuis le XVIIème siècle un Dixit Dominus du premier ton à quatre parties composé par Guillaume Bouzignac.

Grande première cette année : le quatuor de cuivre marcha avec la procession et soutint avec grande efficacité et beauté son chant dans les rues du quartier.

Arrivée au second reposoir, la procession fut accueillie cette année par un orchestre de cordes qui jouèrent les symphonies composées par Marc-Antoine Charpentier pour le reposoir de la Fête-Dieu. Ces symphonies comprennent d’admirables variations sur le thème en plain-chant du Pange lingua.

De retour à l’église, la Schola Sainte Cécile fut accompagnée par cet ensemble de cordes pour chanter en musique le salut solennel du Très-Saint Sacrement. Les grands motets versaillais Quam dilecta et Pange lingua composés par Michel-Richard de Lalande pour la chapelle royale de France sous Louis XIV résonnèrent sous les voutes de Saint-Eugène.

Retrouvez en images et vidéos les belles cérémonies de la Fête-Dieu 2019 :

Vidéo de la sainte messe :

Vidéo des vêpres et du salut :

Procession de la Fête-Dieu – Imagerie d’Epinal du XIXème siècle

Procession de la Fête-Dieu - Imagerie d'Epinal

Imagerie d’Epinal : Procession de la Fête-Dieu

Nous poursuivons notre série iconographique annuelle sur les processions de la Fête-Dieu en vous offrant aujourd’hui – octave de la Fête-Dieu 2019 -, une imagerie d’Epinal représentant cette cérémonie telle qu’elle se pratiquait avec solennité en France au XIXème siècle.

En tête de procession marche le Suisse de la paroisse, portant, selon l’usage, ses trois armes : la masse, la hallebarde et l’épée.

La procession s’ouvre ensuite par la croix accompagnée des deux chandeliers des acolytes. Des enfants de chœur remplissent ces fonctions et sont suivis de quatre enfants de chœur semant des pétales de fleurs sur le chemin que doit emprunter le Très-Saint Sacrement. Ils sont suivis – selon l’usage romain – des deux thuriféraires assistés d’un porte-navette (ou naviculaire) – les usages diocésains français employaient jusqu’à douze thuriféraires pour la procession de la Fête-Dieu (cf. les photos de la Fête-Dieu à Langres publiées sur ce blog). Notez que selon les usages français courants au XIXème siècle, ces dix enfants de chœur portent sur leur surplis une ceinture nouée (usage parisien) & un petit camail, ainsi qu’une calotte sur leur tête.

Viennent ensuite dix fillettes chargées elles aussi de semer des pétales de fleur sur le chemin de la procession, en l’honneur de l’Eucharistie. Elles sont habillées uniformément, une écharpe en bandoulière, et une guirlande de roses sur leur robe.

Deux bannières de confrérie suivent. L’une dédiée à un saint diacre (saint Vincent ou saint Laurent ?) est tenue par un ecclésiastique.

Vient ensuite, après la bannière de la Sainte Vierge, un groupe de jeunes filles qui appartiennent manifestement à la confrérie des Enfants de Marie. Cette pieuse association de fidèles fut créée en 1837 et eut une importance considérable sur la rechristianisation de la France et le développement d’une piété profonde tout au long du XIXème siècle. Vêtues de blanc comme des mariées, portant leur médaille au bout d’un ruban bleu et tenant des cierges en l’honneur du Saint Sacrement (conformément aux rubriques liturgiques des livres romains), ces Enfants de Marie tiennent sur un voile constellé d’étoiles une statue dorée de la Sainte Vierge et des petits manuels leur permettent de chanter les hymnes de l’Eglise.

Entre deux arcs de triomphe provisoires qui ont été dressés, faits de verdures et ornés de croix, d’anges, de fleurs et de blasons aux chiffres de Jésus et de la Vierge Marie, arrive le dais qui protège le Saint Sacrement.

Le dais est précédé d’une troisième bannière (de la Madone), d’un groupe d’ecclésiastiques et de deux chantres en chapes qui chantent les hymnes liturgiques sur leurs processionnaux.

Le dais lui-même est porté par quatre sous-diacres ou induts revêtus de tuniques rouge (couleur classique de la Fête-Dieu dans la plupart des usages diocésains français anciens).

Sous le dais, l’ostensoir en forme de soleil est porté par un évêque (un familier en habit lui tient sa soutane à traîne). L’évêque est suivi de deux curés ou chanoines en camail et des autorités civiles et militaires.

Les couleurs de cette image d’Epinal ayant été mises à la main au cas par cas et varient légèrement d’un exemplaire à un autre, on ne pourra en tirer de conclusions liturgiques particulières (les soutanes bleues d’enfants de chœur sont attestées au XIXème siècle ; si le rouge est la couleur normale de la Fête-Dieu dans beaucoup d’usages diocésains, dont Paris, les deux chapes vertes, dont celle du célébrant et le voile huméral rose sont plus étonnants). La nature populaire de l’imagerie d’Epinal n’appelle pas non plus en soi une extraordinaire exigence de précisions rubricales.

Au delà de sa relative naïveté, cette imagerie d’Epinal nous brosse néanmoins un touchant tableau des fastes liturgiques qui mobilisaient alors toutes les forces d’une paroisse pour l’organisation de cette procession triomphale de Jésus-Eucharistie passant au milieu de son peuple.

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Dans cette série :