Photos de la solennité de Saint Pierre et Saint Paul – Adieu à l’abbé Iborra

Adieu à l'Abbé Iborra : le clergé, les clercs et les choristes après la messe.

Adieu à l’Abbé Iborra : le clergé, les clercs et les choristes après la messe.

Te laudámus, o Regnátor,
O pastórum, Christe, Pastor,
Summis in Princípibus.
Nous te louons, ô Souverain, ô Christ, Pasteur des pasteur, en la personne de ces premiers pasteurs.
Tibi memor gratulétur,
Et concéssis gloriétur
Pia plebs paréntibus.
Que le peuple fidèle te rende grâces et te glorifie pour les avoir reçus comme pères.
His ambóbus orbis cessit,
His ambóbus nox recéssit
Pulsa lumináribus.
Tous deux ont subjugué le monde, tous deux ont dissipé les ténèbres par les lumières de la foi.
Athlétæ férvidi
Debéllant númina :
Torréntes límpidi
Manant in flúmina.
Athlètes intrépides, ils abattent les idoles ; torrents limpides, ils arrosent le champ de l’Eglise.
Séquence du propre de Paris pour la fête de saint Pierre & saint Paul, texte de Simon Gourdan (1646 † 1729), chanoine de Saint-Victor (extraits).

 

La solennité des saints Apôtres Pierre et Paul voyait ce dimanche 30 juin dernier la dernière messe solennelle de notre vicaire parmi nous, M. l’Abbé Eric Iborra. Qu’il nous soit permis de le remercier encore ici vivement pour ces douze années fructueuses de ministère apostolique à Saint-Eugène – Sainte-Cécile, et en particulier pour son amitié envers notre Schola Sainte Cécile.

La Schola Sainte Cécile interpréta à cette occasion, à la demande de l’Abbé, la messe Ad Majorem Dei Gloriam d’André Campra, publiée en 1699 et vraisemblablement composée lorsque ce maître de chapelle dirigeait la musique de Notre-Dame de Paris, avant de finir à la Chapelle royale.

A la fin de la messe fut chanté un Te Deum d’actions de grâces, puis la Schola accompagnait le retour du clergé à la sacristie par le chœur final du grand motet Quam dilecta (psaume LXXXIII) de Michel Richard de Lalande (1657 † 1726), maître de la chapelle des rois Louis XIV et Louis XV :

Non privábit bonis eos, qui ambulant in innocéntia : Il ne privera pas de biens ceux qui marchent dans l’innocence.
Dómine virtútum, beátus homo, qui sperat in te. Seigneur des Armées, bienheureux l’homme qui espère en vous.

Enfin, un déjeuner rassemblait 200 paroissiens dans un restaurant à proximité de notre paroisse. Cette messe coïncidait également avec le 30ème anniversaire d’ordination sacerdotale de Monsieur l’Abbé Eric Iborra.

Vidéo de cette messe :

Fête-Dieu 2019 : messe, vêpres et procession

Lauda, Sion, Salvatórem,
Lauda ducem et pastórem
In hymnis et cánticis.
Loue, Sion, ton Sauveur,
Loue ton chef et ton pasteur
Par des hymnes et des cantiques.
Sit laus plena sit sonóra,
Sit jucúnda, sit decóra
Mentis jubilátio.
Que ta louange soit pleine et sonore,
Qu’elle soit belle et délicieuse,
Une jubilation pour nos âmes.

Pour la Fête-Dieu de cette année 2019, notre paroisse de Saint-Eugène a eu la grâce de recevoir M. l’Abbé Martial Merlin venu y célébrer une première messe après son ordination sacerdotale (son chant de la préface selon le ton solemnior fut particulièrement admirable).

La solennité des vêpres fut relevée par un quatuor de cuivres anciens qui relevèrent chacune des 6 antiennes par un neume tiré des œuvres de Claudin de Sermisy. Ils soutinrent également la Schola Sainte Cécile qui recréait pour la première fois depuis le XVIIème siècle un Dixit Dominus du premier ton à quatre parties composé par Guillaume Bouzignac.

Grande première cette année : le quatuor de cuivre marcha avec la procession et soutint avec grande efficacité et beauté son chant dans les rues du quartier.

Arrivée au second reposoir, la procession fut accueillie cette année par un orchestre de cordes qui jouèrent les symphonies composées par Marc-Antoine Charpentier pour le reposoir de la Fête-Dieu. Ces symphonies comprennent d’admirables variations sur le thème en plain-chant du Pange lingua.

De retour à l’église, la Schola Sainte Cécile fut accompagnée par cet ensemble de cordes pour chanter en musique le salut solennel du Très-Saint Sacrement. Les grands motets versaillais Quam dilecta et Pange lingua composés par Michel-Richard de Lalande pour la chapelle royale de France sous Louis XIV résonnèrent sous les voutes de Saint-Eugène.

Retrouvez en images et vidéos les belles cérémonies de la Fête-Dieu 2019 :

Vidéo de la sainte messe :

Vidéo des vêpres et du salut :

Procession de la Fête-Dieu – Imagerie d’Epinal du XIXème siècle

Procession de la Fête-Dieu - Imagerie d'Epinal

Imagerie d’Epinal : Procession de la Fête-Dieu

Nous poursuivons notre série iconographique annuelle sur les processions de la Fête-Dieu en vous offrant aujourd’hui – octave de la Fête-Dieu 2019 -, une imagerie d’Epinal représentant cette cérémonie telle qu’elle se pratiquait avec solennité en France au XIXème siècle.

En tête de procession marche le Suisse de la paroisse, portant, selon l’usage, ses trois armes : la masse, la hallebarde et l’épée.

La procession s’ouvre ensuite par la croix accompagnée des deux chandeliers des acolytes. Des enfants de chœur remplissent ces fonctions et sont suivis de quatre enfants de chœur semant des pétales de fleurs sur le chemin que doit emprunter le Très-Saint Sacrement. Ils sont suivis – selon l’usage romain – des deux thuriféraires assistés d’un porte-navette (ou naviculaire) – les usages diocésains français employaient jusqu’à douze thuriféraires pour la procession de la Fête-Dieu (cf. les photos de la Fête-Dieu à Langres publiées sur ce blog). Notez que selon les usages français courants au XIXème siècle, ces dix enfants de chœur portent sur leur surplis une ceinture nouée (usage parisien) & un petit camail, ainsi qu’une calotte sur leur tête.

Viennent ensuite dix fillettes chargées elles aussi de semer des pétales de fleur sur le chemin de la procession, en l’honneur de l’Eucharistie. Elles sont habillées uniformément, une écharpe en bandoulière, et une guirlande de roses sur leur robe.

Deux bannières de confrérie suivent. L’une dédiée à un saint diacre (saint Vincent ou saint Laurent ?) est tenue par un ecclésiastique.

Vient ensuite, après la bannière de la Sainte Vierge, un groupe de jeunes filles qui appartiennent manifestement à la confrérie des Enfants de Marie. Cette pieuse association de fidèles fut créée en 1837 et eut une importance considérable sur la rechristianisation de la France et le développement d’une piété profonde tout au long du XIXème siècle. Vêtues de blanc comme des mariées, portant leur médaille au bout d’un ruban bleu et tenant des cierges en l’honneur du Saint Sacrement (conformément aux rubriques liturgiques des livres romains), ces Enfants de Marie tiennent sur un voile constellé d’étoiles une statue dorée de la Sainte Vierge et des petits manuels leur permettent de chanter les hymnes de l’Eglise.

Entre deux arcs de triomphe provisoires qui ont été dressés, faits de verdures et ornés de croix, d’anges, de fleurs et de blasons aux chiffres de Jésus et de la Vierge Marie, arrive le dais qui protège le Saint Sacrement.

Le dais est précédé d’une troisième bannière (de la Madone), d’un groupe d’ecclésiastiques et de deux chantres en chapes qui chantent les hymnes liturgiques sur leurs processionnaux.

Le dais lui-même est porté par quatre sous-diacres ou induts revêtus de tuniques rouge (couleur classique de la Fête-Dieu dans la plupart des usages diocésains français anciens).

Sous le dais, l’ostensoir en forme de soleil est porté par un évêque (un familier en habit lui tient sa soutane à traîne). L’évêque est suivi de deux curés ou chanoines en camail et des autorités civiles et militaires.

Les couleurs de cette image d’Epinal ayant été mises à la main au cas par cas et varient légèrement d’un exemplaire à un autre, on ne pourra en tirer de conclusions liturgiques particulières (les soutanes bleues d’enfants de chœur sont attestées au XIXème siècle ; si le rouge est la couleur normale de la Fête-Dieu dans beaucoup d’usages diocésains, dont Paris, les deux chapes vertes, dont celle du célébrant et le voile huméral rose sont plus étonnants). La nature populaire de l’imagerie d’Epinal n’appelle pas non plus en soi une extraordinaire exigence de précisions rubricales.

Au delà de sa relative naïveté, cette imagerie d’Epinal nous brosse néanmoins un touchant tableau des fastes liturgiques qui mobilisaient alors toutes les forces d’une paroisse pour l’organisation de cette procession triomphale de Jésus-Eucharistie passant au milieu de son peuple.

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Dans cette série :

Photos des vêpres stationnales de Pâques (Propre de Paris)

Le Christ étant ressuscité d’entre les morts ne mourra plus, et la mort n’aura plus d’empire sur lui. Car quant à ce qu’il est mort, il est mort seulement une fois pour le péché ; mais quant à la vie qu’il a maintenant, il vit pour Dieu, alléluia.

R/. Celui que vous cherchez qui était mort, désormais est vivant,
et la vie des hommes est ressuscitée avec lui, alléluia.
V. Louez celui qui a été crucifié dans la chair,
et glorifiez celui qui a été mis dans le sépulchre pour vous,
& adorez le ressuscité d’entre les morts. * Alléluia

Je suis, moi, * l’Alpha & l’Oméga, le premier et le dernier, le commencement & la fin, celui qui est avant le début du monde, et dans les siècles des siècles, je vis à jamais. Je suis mort & fut enseveli, je suis ressuscité, je suis avec vous ; voyez, car c’est bien moi, et il n’y a d’autre Dieu que moi, * alléluia. V/. Je suis, moi, votre rédemption, je suis, moi, votre Roi, je vous ressusciterai, moi, au dernier jour, * alléluia.

Sur l’office si particulier des triples vêpres stationnales de Pâques, célébrées selon le propre de Paris.

Télécharger le fichier PDF des vêpres de Pâques.

Photos de la messe des Présanctifiés et de l’office des Ténèbres 2019

Messe des présanctifiés :

Pange lingua gloriósi
Prælium certáminis,
Et super Crucis trophæum
Dic triúmphum nóbilem,
Qualiter Redémptor orbis
Immolátus vícerit.
Chante ô ma langue, les lauriers
De ce glorieux combat !
Du trophée de la Croix,
Célèbre le noble triomphe :
Comment le Rédempteur du monde,
En s’immolant, remporte la victoire.
De paréntis Protoplásti
Fraude Factor cóndolens,
Quando pomi noxiális
Mors(u) in mortem córruit,
Ipse lignum tunc notávit
Damna lign(i) ut sólveret.
Dès la faute du premier père,
Le créateur prit pitié
À le voir sombrer dans la mort
En mordant au fruit funeste :
Dès lors lui-même choisit le bois
Pour réparer les pertes causées par le bois.

Sur la messe des Présanctifiés.

Office de Ténèbres du Samedi Saint :

A la fin duquel fut chanté, cette année encore, le Miserere d’Allegri tandis que l’église est plongée dans les Ténèbres.

Ex Tractátu sancti Augustíni Epíscopi super Psalmos.

In Psalmum 63. ad 7. versum.

Du Traité de S. Augustin, Evêque, sur les Psaumes.

Dans le Psaume 63.

Accédet homo ad cor altum, et exaltábitur Deus. Illi dixérunt : Quis nos vidébit ? Defecérunt scrutantes scrutatiónes, consília mala. Accéssit homo ad ipsa consília, passus est se tenéri ut homo. Non enim tenerétur nisi homo, aut viderétur nisi homo, aut cæderétur nisi homo, aut crucifigerétur, aut morerétur nisi homo. Accéssit ergo homo ad illas omnes passiónes, quæ in illo nihil valérent, nisi esset homo. Sed si ille non esset homo, non liberarétur homo. Accéssit homo ad cor altum, id est, cor secrétum, objíciens aspéctibus humánis hóminem, servans intus Deum : celans formam Dei, in qua æquális est Patri, et ófferens formam servi, qua minor est Patre. L’homme pénètrera dans la profondeur du cœur, & Dieu sera exalté. Ils ont dit : Qui nous verra ? Ils se sont épuisés en recherchant des inventions, & de mauvais conseils. L’homme est entré dans ces conseils ; il a permis d’être saisi comme un homme, car il n’a pu être pris, que comme un homme ; on ne le verrait, que comme un homme ; on ne le déchirerait de coups, que comme homme ; on ne le crucifierait, & il ne mourrait pas, s’il n’était homme. C’est donc l’homme qui est entré dans toutes ces passions, qui n’auraient aucune prise sur lui, s’il n’était homme. Mais s’il n’était homme, l’homme ne serait point racheté. L’homme a pénétré dans la profondeur du cœur, en présentant à leurs yeux son humanité, & en leur cachant sa divinité ; leur cachant la forme de Dieu, par laquelle il est égal au Père ; & présentant la forme de serviteur, par laquelle il est inférieur à son Père.

Sur l’office des Ténèbres.