Fêtes patronales de saint Eugène et sainte Cécile 2019 : photos et vidéos

Les deux fêtes patronales des deux saints patrons de notre paroisse sont à huit jours de distance : saint Eugène est en fêté le 15 novembre et sainte Cécile le 22 novembre, jour octave de saint Eugène. Comme chaque année, notre paroisse déploie les fastes de la liturgie pour louer Dieu et honorer nos saints patrons, les solennités de ces deux fêtes étant reportées au dimanche qui suit.

Fêtes patronales 2019
Dimanche 17 novembre : sainte messe de la solennité de saint Eugène, évêque et martyr

Fêtes patronales 2019 - Sainte messe de la solennité de saint Eugène - à l'offertoire.

Sainte messe de la solennité de saint Eugène – à l’offertoire.

Véritas mea et misericórdia mea cum ipso : et in nómine meo exaltábitur cornu ejus.
Offertoire de la messe de saint Eugène (Psaume LXXXVIII, 25)
Ma vérité et ma miséricorde lui sont acquises, et en mon nom croîtra sa vigueur.
Fêtes patronales 2019 - Sainte messe de la solennité de saint Eugène - aux encensements de l'offertoire.

Sainte messe de la solennité de saint Eugène – aux encensements de l’offertoire.

Súscipe, sancte Pater, omnípotens ætérne Deus, hanc immaculátam hóstiam. Reçois, Père saint. Dieu éternel et tout-puissant, cette offrande sans tache.
Fêtes patronales 2019 - Sainte messe de la solennité de saint Eugène - à l'élévation du Corps du Seigneur.

Sainte messe de la solennité de saint Eugène – à l’élévation du Corps du Seigneur.

Benedíctus qui venit in nómine Dómini.
Hósanna in excélsis.
Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur.
Hosanna dans les hauteurs !
Fêtes patronales 2019 - Sainte messe de la solennité de saint Eugène -  communion du célébrant.

Sainte messe de la solennité de saint Eugène – communion du célébrant.

Percéptio Córporis tui, Dómine Iesu Christe, quod ego indígnus súmere præsúmo, non mihi provéniat in iudícium et condemnatiónem : sed pro tua pietáte prosit mihi ad tutaméntum mentis et córporis, et ad medélam percipiéndam. Si j’ose recevoir ton Corps malgré mon indignité, Seigneur Jésus-Christ, que cela n’entraîne pour moi ni jugement ni condamnation, mais par ta miséricorde me serve de sauvegarde et de remède pour l’âme et pour le corps.
Fêtes patronales 2019 - Sainte messe de la solennité de saint Eugène -  bénédiction finale.

Sainte messe de la solennité de saint Eugène – bénédiction finale.

Pláceat tibi, sancta Trinitas, obséquium servitútis meæ : et præsta ; ut sacrifícium, quod óculis tuæ maiestátis indígnus óbtuli, tibi sit acceptábile, mihíque et ómnibus, pro quibus illud óbtuli, sit, te miseránte, propitiábile. Agrée, Trinité sainte, l’hommage de ton serviteur : ce sacrifice que malgré mon indignité j’ai présenté aux regards de ta Majesté, rende-le digne de te plaire et capable, par l’effet de ta miséricorde, d’attirer ta faveur sur moi-même et tous ceux pour qui je l’ai offert.

Retrouvez toute cette messe de nos fêtes patronales en vidéo sur YouTube, au cours de laquelle la Schola Sainte Cécile chantait la Missa Ad Majorem Dei Gloriam d’André Campra (1660 † 1744), maître de chapelle de Notre-Dame de Paris et du roi Louis XV à la Chapelle royale :

Fêtes patronales 2019
Dimanche 17 novembre 2019 : secondes vêpres de saint Eugène, évêque et martyr et salut du Très-Saint Sacrement

Fêtes patronales 2019 - Secondes vêpres de la solennité de saint Eugène - encensements des reliques de saint Eugène pendant le chant du Magnificat.

Secondes vêpres de la solennité de saint Eugène – encensements des reliques de saint Eugène pendant le chant du Magnificat.

Qui vult veníre post me, abneget semetípsum, et tollat crucem suam, et sequátur me. Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à soi-même, qu’il porte sa croix, & me suive.
Fêtes patronales 2019 - Secondes vêpres de la solennité de saint Eugène - au début du salut du Très-Saint Sacrement.

Secondes vêpres de la solennité de saint Eugène – au début du salut du Très-Saint Sacrement.

O salutáris Hóstia,
Quæ cœli pandis óstium :
Bella premunt hostília,
Da robur, fer auxílium.
Ô victime salutaire,
Qui nous ouvres la porte du ciel,
L’ennemi nous livre la guerre,
Donne-nous force, porte-nous secours.
Fêtes patronales 2019 - Secondes vêpres de la solennité de saint Eugène - au salut du Très-Saint Sacrement.

Secondes vêpres de la solennité de saint Eugène – au salut du Très-Saint Sacrement.

O vere digna Hóstia,
Spes única fidélium :
In te confídit Fráncia,
Da pacem, serva lílium.
Ô vraiment digne Hostie
Unique espoir des fidèles,
En toi se confie la France,
Donne-lui la paix, conserve le lys.
Fêtes patronales 2019 - Secondes vêpres de la solennité de saint Eugène - au salut du Très-Saint Sacrement.

Secondes vêpres de la solennité de saint Eugène – au salut du Très-Saint Sacrement.

Uni trinóque Dómino
Sit sempitérna glória :
Qui vitam sine término
Nobis donet in pátria. Amen.
Au Seigneur un et trine
Soit la gloire sempiternelle ;
Qu’il nous donne dans la patrie
La vie qui n’aura point de terme. Amen.

Retrouvez toutes ces vêpres et le salut du Très-Saint Sacrement de nos fêtes patronales en vidéo sur YouTube :

Fêtes patronales 2019
Vendredi 22 novembre 2019 : sainte messe de la fête de sainte Cécile, vierge et martyre – Messe ordinaire des Paroisses pour les festes solennelles de François Couperin

Comme nous y invite la première antienne de l’office de sainte Cécile – Cantantibus organis, pour le jour même de la fête de sainte Cécile, notre organiste nous avait proposé une expérience unique pour ces fêtes patronales 2019 : chanter la sainte messe en plain-chant avec les alternances d’orgue de la Messe des Paroisses de François Couperin, la plus célèbre des messes d’orgue du répertoire. Imprimée à Paris en 1690 alors que Couperin n’a que 22 ans, cette œuvre témoigne à la fois de son talent précoce et de la synthèse qu’il a su faire de l’art liturgique des maîtres parisiens de l’orgue qui l’ont précédé.

Fêtes patronales 2019 - Sainte messe de la fête de sainte Cécile - Messe des Paroisses de François Couperin.

Sainte messe de la fête de sainte Cécile – Messe des Paroisses de François Couperin.

Depuis le Moyen-Age (certains prétendent depuis la Grande Peste qui avait dépeuplé les chœurs des églises), l’usage s’était introduit que l’orgue – les dimanches et jours de fêtes – alternât avec les chantres du chœur les différents versets de certaines parties de l’office et de la messe. Le jeu de l’orgue figurait alors le chant liturgique.

Cet usage a été parfaitement codifié au Concile de Trente (1542-1563) et par les livres liturgiques qui en sont issus, en particulier par le Cérémonial des Evêques publié en 1600 par Clément VIII. Pour Paris, le Cérémonial parisien de 1662 sera encore plus précis sur les moments et temps où l’alternance d’orgue doit se pratiquer.

Fêtes patronales 2019 - Sainte messe de la fête de sainte Cécile - Messe des Paroisses de François Couperin.

Sainte messe de la fête de sainte Cécile – Messe des Paroisses de François Couperin.

Voici quelques unes des dispositions prévues par les cérémoniaux :

  • l’orgue figure toujours les versets impairs, les chantres chantent les versets pairs,
  • à la messe, l’alternance se fait pour le Kyrie, Gloria, Sanctus, Agnus Dei. L’orgue figure en outre l’Offertoire et la réponse Deo gratias à l’Ite missa est, le Credo en revanche ne doit pas être alterné,
  • le premier verset est régulièrement construit par l’organiste sur le plain-chant, cité en valeurs longue à la basse (cette technique reprend l’usage des polyphonies vocales improvisées appelées « Chant sur le livre ») – l’organiste est plus libre de composer/improviser les autres versets à sa guise (en s’inspirant plus ou moins librement du plain-chant) – le dernier verset est le plus souvent un plein jeu de l’orgue,
  • un chantre dans le chœur doit proclamer à haute voix le texte du verset que l’orgue figure,
  • toute alternance d’orgue est supprimée les jours de pénitence (Avent, Carême, Quatre-Temps, vigiles des fêtes) et aux offices et messes des morts : l’orgue est considéré comme l’instrument par excellence de la joie.
Fêtes patronales 2019 - Sainte messe de la fête de sainte Cécile - Messe des Paroisses de François Couperin.

Sainte messe de la fête de sainte Cécile – Messe des Paroisses de François Couperin.

La Messe des Paroisses de François Couperin est conçue pour alterner avec le plain-chant de la Messe IV Cunctipotens, gardée par toutes les traditions diocésaines comme la messe par excellence des fêtes les plus solennelles, ce que nous avons bien sûr suivi pour ces fêtes patronales 2019. Il s’agit d’une magnifique et lente contemplation de la messe et d’une offrande musicale à Dieu qui s’unit au Saint Sacrifice.

Si on voit parfois en concert le plain-chant donné en alternance avec la Messe des Paroisses, jouer l’intégralité de la partition de Couperin dans une messe véritable est une expérience unique à l’époque contemporaine.

Retrouvez toute cette messe de nos fêtes patronales en vidéo sur YouTube, chantée en plain-chant avec l’intégrale des alternances d’orgue de la Messe des Paroisses de François Couperin :

Fêtes patronales 2019
Dimanche 24 novembre 2019 : sainte messe de la solennité de sainte Cécile, vierge et martyre – Messe du Sacre de Louis XVI par François Giroust

Chaque année, nous célébrons nos fêtes patronales en offrant à Dieu la plus belle louange possible : votre schola travaille ce répertoire plusieurs mois à l’avance et convoque des amis musiciens pour l’occasion.

Pour fêter notre patronne sainte Cécile, patronne des musiciens, la Schola Sainte Cécile a interprété cette année, avec orchestre, la messe à 5 voix Gaudete in Domino semper. Cette messe fut composée en urgence en quelques jours par François Giroust, maître de la chapelle royale, pour être jouée au sacre de Louis XVI en la cathédrale de Reims le dimanche de la Trinité, 11 juin 1775. Elle est transfigurée de part en part de l’allégresse rayonnante du sacre.

Fêtes patronales 2019 - Sainte messe de la solennité de sainte Cécile - Messe du Sacre de Louis XVI de François Giroust.

Sainte messe de la solennité de sainte Cécile – Messe du Sacre de Louis XVI de François Giroust.

Loquébar de testimóniis tuis in cons-péctu regum, et non confundébar : et meditábar in mandátis tuis, quæ diléxi nimis Je te rendrai témoignage en face des rois, et je ne serai pas confondue ; et je méditerai tes commandements, que j’aime par-dessus tout.
Fêtes patronales 2019 - Sainte messe de la solennité de sainte Cécile - Messe du Sacre de Louis XVI de François Giroust. A la fraction du pain.

Sainte messe de la solennité de sainte Cécile – Messe du Sacre de Louis XVI de François Giroust. A la fraction du pain.

Hæc commíxtio et consecrátio Córporis et Sánguinis Dómini nostri Iesu Christi, fiat accipiéntibus nobis in vitam ætérnam. Amen. Que ce mélange et consécration du Corps et du Sang de notre Seigneur Jésus-Christ, que nous allons recevoir, nous serve pour la vie éternelle. Ainsi soit-il.
Fêtes patronales 2019 - Sainte messe de la solennité de sainte Cécile - Messe du Sacre de Louis XVI de François Giroust. La schola et les instrumentistes après la messe.

Sainte messe de la solennité de sainte Cécile – Messe du Sacre de Louis XVI de François Giroust. La schola et les instrumentistes après la messe.

La sainte messe fut suivie de la bénédiction des instruments de musique par M. le Chanoine Guelfucci, curé.

Retrouvez toute cette messe de nos fêtes patronales en vidéo sur YouTube, avec la Messe du Sacre de Louis XVI composée par François Giroust :

Fêtes patronales 2019
Dimanche 24 novembre 2019 : secondes vêpres de la solennité de sainte Cécile, vierge et martyre et salut du Très-Saint Sacrement

Fêtes patronales 2019 - Secondes vêpres de la solennité de sainte Cécile.

Secondes vêpres de la solennité de sainte Cécile.

Cantántibus órganis, Cæcília Dómino decantábat dicens : Fiat cor meum immaculátum, ut non confúndar. Tandis que résonnent les chants des instruments, Cécile chantait au Seigneur, disant : « Que mon cœur soit pur, afin que je ne sois pas confondue ».
Fêtes patronales 2019 - Secondes vêpres de la solennité de sainte Cécile - aux encensements du Magnificat.

Secondes vêpres de la solennité de sainte Cécile – aux encensements du Magnificat.

Virgo gloriósa semper Evangélium Christi gerébat in péctore suo, et non diébus neque nóctibus, a collóquiis divínis et oratióne cessábat. La vierge glorieuse portait toujours l’évangile du Christ sur son cœur, et ne cessait de passer jour et nuit en colloques divins & en prière.
Fêtes patronales 2019 - Secondes vêpres de la solennité de sainte Cécile - aux encensements du Magnificat.

Secondes vêpres de la solennité de sainte Cécile – aux encensements du Magnificat.

Quia fecit mihhi magna qui potens est : et sanctum nomen ejus. Car il a fait en moi de grandes choses, lui qui est tout-puissant, & de qui le nom est saint.
Fêtes patronales 2019 - Secondes vêpres de la solennité de sainte Cécile - au salut du Très-Saint Sacrement.

Secondes vêpres de la solennité de sainte Cécile – au salut du Très-Saint Sacrement.

Ave verum Corpus natum de María Vírgine. Je te salue, ô vrai Corps, né de la Vierge Marie.
Fêtes patronales 2019 - Secondes vêpres de la solennité de sainte Cécile - au salut du Très-Saint Sacrement.

Secondes vêpres de la solennité de sainte Cécile – au salut du Très-Saint Sacrement.

Tantum ergo Sacraméntum
Venerémur cérnui :
Et antíquum documéntum
Novo cedat rítui :
Præstet fides suppleméntum
Sénsuum deféctui.
Un si auguste sacrement
Adorons-le front contre terre
Et que l’ancienne alliance
Fasse place au rite nouveau.
Que la foi supplée
A la faiblesse de nos sens.
Fêtes patronales 2019 - Secondes vêpres de la solennité de sainte Cécile - bénédiction du Très-Saint Sacrement.

Secondes vêpres de la solennité de sainte Cécile – bénédiction du Très-Saint Sacrement.

Genitóri, Genitóque
Laus et jubilátio :
Salus, honor, virtus quoque
Sit et benedíctio :
Procedénti ab utróque
Compar sit laudátio. Amen.
Au Père et au Fils
Soit Louange et jubilation,
Salut, honneur, puissance
Et bénédiction;
A Celui qui procède de l’un et de l’autre
Soit égale louange. Amen.

Retrouvez toutes ces vêpres et le salut du Très-Saint Sacrement de nos fêtes patronales en vidéo sur YouTube :

Nous terminons cet article, faible écho de la beauté des liturgies que nous avons eu la grâce de vivre au cours de ces fêtes patronales 2019, en remerciant vivement nos chers pasteurs Monsieur le Chanoine Guelfucci, curé, et Monsieur l’Abbé Grodziski, vicaire, les grands clercs, les choristes, Fanny pour les photos, les techniciens de la régie d’Ite missa est pour les enregistrements, et tout particulièrement Monsieur le Curé de la paroisse Saint-Paul – Saint-Louis qui a prêté à notre paroisse ces magnifiques ornements conçus au XIXème siècles pour l’ancien rit parisien.

Pèlerinage en Angleterre : Abbaye de Farnborough

Farnborough : Messe solennelle de Requiem pour la famille impériale (LLMMII Napoleon III, Eugenie, Prince Imperial) 

L’Abbaye Saint-Michel de Farnborough fut fondée en 1881 par l’impératrice Eugénie qui avait choisi cette abbaye pour abriter les corps de son époux Napoléon III (mort en exil en Angleterre en 1873) et de son fils le Prince impérial Louis-Napoléon (mort tragiquement en 1879 au cours d’une embuscade lors de la guerre anglo-zouloue).

L’Impératrice choisit elle-même en 1895 les moines bénédictins de Solesmes pour remplacer les Prémontrés français initialement installés dans le monastère.

L’aspect gothique flamboyant de l’abbaye est dû à l’architecte français Gabriel-Hyppolite Destailleurs. L’orgue provient de la célèbre facture française Cavaillé-Coll et fut placé derrière le maître-autel de l’abbatiale.

Dans la crypte de l’Abbatiale reposent les corps de Napoléon III et du Prince impérial Louis-Napoléon de part et d’autre de l’autel. La dépouille de l’Impératrice Eugénie fut placée au dessus de cet autel. Morte le 11 juillet 1920 au Palais de Liria à Madrid, elle fut inhumée quelques temps après à Farnborough.

Le père Abbé Dom Cuthbert Brogan, élu en 2006, a reçu la Schola et les grands-clercs de Saint Eugène avec une grande bienveillance, le jeudi 22 août 2019 au cours de notre pèlerinage en Angleterre. Il a célébré la messe de Requiem à l’intention de la famille impériale. Les moines de l’Abbaye avaient tenu à célébrer en utilisant les mêmes ornements sacerdotaux noirs qui avaient été utilisés il y 99 ans pour les funérailles de l’impératrice, ainsi que le drap mortuaire impérial et ses décors héraldiques. Rappelons que l’impératrice Eugénie est la marraine de notre église Saint-Eugène Sainte-Cécile.

Les ornements ont été dessinés dans un esprit de renouveau des formes gothiques typiques des recherches liturgiques intenses activement menées au début du XXème à l’Abbaye de Farnborough, alors gouvernée par un grand liturgique, dom Fernand Cabrol, abbé de 1903 à 1937. Avec la collaboration de dom Henri Leclerc, il rédigea et publia le fameux Dictionnaire d’archéologie chrétienne et de liturgie, ouvrage encyclopédique d’une qualité inégalée à ce jour.

Le site web de l’Abbaye de Farnborough.

Pèlerinage en Angleterre : Messe en rit romain & Vêpres selon l’usage de Sarum au Collège de Balliol

Le prêtre pendant le chant de l'Evangile par le diacre. Messe en rit romain, vêpres en rit de Sarum.

Le prêtre pendant le chant de l’Evangile par le diacre. Chapelle de Balliol College, Université d’Oxford, Angleterre.

La Schola Sainte Cécile a eu la grande joie de chanter la messe solennelle – en rit romain – de la fête de saint Bernard de Clairvaux le 20 août 2019, ainsi que le lendemain 21 août 2019, les vêpres de l’Octave de l’Assomption selon l’ancien usage de Sarum dans la magnifique chapelle du Collège de Balliol au cours de son pèlerinage en Angleterre. Le collège de Balliol – l’un des 38 collèges qui composent la prestigieuse université d’Oxford – a été fondé vers 1263 par Jean de Balliol († 1268), seigneur de Ballieul (en Picardie) et de Barnard Castle (dans le comté de Durham), important baron anglo-normand dont le fils Jean devint roi d’Ecosse.

La chapelle actuelle est au moins la troisième du collège. Elle est l’œuvre de l’architecte William Butterfield en 1857. Cet architecte a réalisé ou restauré de nombreuses églises, pour lesquelles il a été fortement inspiré par le « mouvement d’Oxford« . Cette influence est patente à Balliol, tant cette église témoigne des idées de « re-catholicisation » de l’Anglicanisme développées alors pour le Bienheureux John Henry Newman et ses amis oxoniens. L’intérieur de la chapelle construite par Butterfield est richement décoré en ce sens : sculptures de pierre, décoration d’albâtre, de laiton, incrustations de marbres, stalles, tribune et buffet d’orgue en noyer, autel majestueux revêtu d’un somptueux antependium en argent, vitraux ornés de figures du Christ et des saints (récupérés pour beaucoup des précédentes chapelles qui s’étaient succédées sur le lieu).

Messe de la fête de saint Bernard à Balliol College :

*

L’Eglise de Salisbury brille comme le soleil dans son orbe parmi les Eglises du monde entier par son service divin et par ceux qui le célèbrent, et, en répandant ses rayons partout, elle corrige les défauts des autres.
Gilles, évêque de Bridport, c.1256.

Le rit de Sarum était au moment de la Réforme protestante l’usage le plus suivi en Angleterre. Originaire du diocèse de Salisbury (Sarum en latin), il se structura au moment de la conquête normande lorsque Guillaume le Conquérant établit son conseiller saint Osmond, comte de Séez, comme évêque de Salisbury. Il semble que saint Osmond ait accommodé les usages des diocèses normands avec les usages anglo-saxons antérieurs ; on note en effet de nombreuses parentés et ressemblances entre l’usage de Sarum et les usages diocésains, non seulement normands, mais plus largement français (comme l’usage de Paris). Le faste et le sérieux avec lesquels les chanoines de Salisbury célébraient les saints offices firent que le rit de Sarum s’étendit progressivement en dehors des limites de son diocèse d’origine : il fut adopté par les universités d’Oxford et de Cambridge, par toutes les chapelles royales d’Angleterre, la célèbre cathédrale de Winchester et même par celle de Canterbury, au point d’être célébré dans quasiment tous les diocèses anglais à la veille de la Réforme (à l’exception notable du Nord du pays qui utilisait le rit d’York). N’ayant jamais été formellement canoniquement aboli, il connut même encore quelques éditions postérieures à la Réforme protestante et à la suppression du culte catholique en Angleterre, la dernière étant celle du Manuale de Sarum en 1604 par des Jésuites anglais exilés en France au Collège anglais de Douai. Lors de la restauration de la hiérarchie catholique en 1850, le Bienheureux Pape Pie IX offrit aux évêques de restaurer l’usage de Sarum en Angleterre, mais ceux-ci – par commodité et en raison d’études scientifiques alors peu poussées – préférèrent adopter le rit romain pour leurs diocèses. Le mouvement d’Oxford initié par le Bienheureux John Henry Newman s’intéressa beaucoup à la redécouverte des anciens usages de Sarum et on nota ici et là des célébrations selon les anciens livres anglais, une des dernières en date étant la messe pontificale en rit de Sarum que célébra en l’an 2000 Mgr Mario Conti, alors évêque catholique d’Aberdeen, pour le 500ème anniversaire de la fondation du Collège Royal de l’université de sa ville épiscopale.

Les premières vêpres de l’octave de l’Assomption que nous avons chantées selon l’usage de Sarum présentent des parentés notables avec les mêmes premières vêpres de l’octave de l’Assomption que nous avions chantées l’an passée selon l’usage de Verceil (dit « rit eusébien« ). On notera les cinq psaumes sous la même antienne – une structure archaïque de l’office romain, également souvent conservée par le rit parisien, qui eut tendance à disparaître avec l’apparition du bréviaire au XIIIème siècle (on utilisa alors les antiennes des laudes pour les vêpres, ce qui permettaient de supprimer les antiennes propres que cet office possédait, et donc de réduire la taille du livre en abrégeant l’office, d’où le nom de bréviaire).

L’octave de l’Assomption dans les livres de Sarum est classée comme fête semi-double avec invitatoire triple, le chœur étant régi par deux « recteurs du chœur ». Le célébrant officie depuis sa stalle et ne prendra la chape que pour le Magnificat. Un clerc (en cape noire tenant un seul cierge) vient lui présenter le livre à sa place pour le capitule.

Après le capitule, un répons est chanté par deux chantres qui se revêtent de chape pour cela. Pendant qu’ils chantent le verset de ce répons, c’est le seul moment possible pour tous de s’assoir (le coutumier de Sarum est resté fidèle à l’usage antique de chanter quasiment l’intégralité de tous les offices debout ; il tolère qu’un membre du chœur puisse s’assoir à matines s’il est fatigué, à condition que ses deux voisins de stalles restent debout !).

Chant du répons des vêpres, selon l'usage de Sarum.

Chant du répons des vêpres, selon l’usage de Sarum.

Parmi les nombreuses rubriques propres de cet office, on notera celle – très belle – qui veut que le célébrant se prosterne et baise le sol devant l’autel avant que de l’encenser durant le Magnificat.

Prosternation du célébrant au pied de l'autel avant l'encensement du Magnificat, selon l'usage de Sarum.

Prosternation du célébrant au pied de l’autel avant l’encensement du Magnificat, selon l’usage de Sarum.

La fin de cet office de vêpres présente un trait d’archaïsme peu commun : les vêpres se terminent par premier Benedicamus Domino chanté par deux chantres. Puis, comme le 22 août voit la mémoire de la fête des saints martyrs Timothée et Symphorien (qui y avait leur place, antérieurement à l’apparition de l’octave de l’Assomption), on en chante l’antienne, suivie du verset et de leur oraison. Et ce second office de vêpres très abrégé se termine logiquement par un second Benedicamus Domino chanté cette fois par un seul chantre. (Dans le même ordre d’idée, il faut se souvenir que le Fidélium ánimæ per misericórdiam Dei requiéscant in pace ajouté par saint Pie V à la fin des heures de l’office romain est une abréviation de l’office des morts et un rappel de l’époque où celui-ci doublait les heures de l’office canonique).

Chant du premier Benedicamus Domino par les deux recteurs du chœur, selon l'usage de Sarum

Chant du premier Benedicamus Domino par les deux recteurs du chœur, selon l’usage de Sarum

Après avoir chanté la sainte messe et les vêpres dans le rit ambrosien à maintes reprises depuis 2003, la sainte messe dans le rit mozarabe à Tolède en 2013, les vêpres en rit eusébien en 2018, après avoir à de nombreuses reprises chanté les vêpres en rit parisien ou les offices du rit byzantin, de chanter chaque mois la sainte messe dans le rit dominicain, nous avons donc eu la joie d’explorer cette année les splendeurs de l’Angleterre médiévale avec le rit de Sarum et de témoigner ainsi de la symphonie des liturgies de l’Eglise catholique, qui telle l’Epouse du Psaume XLIV, est parée de joyaux divers, circumdata varietate.

Photos de la solennité de Saint Pierre et Saint Paul – Adieu à l’abbé Iborra

Adieu à l'Abbé Iborra : le clergé, les clercs et les choristes après la messe.

Adieu à l’Abbé Iborra : le clergé, les clercs et les choristes après la messe.

Te laudámus, o Regnátor,
O pastórum, Christe, Pastor,
Summis in Princípibus.
Nous te louons, ô Souverain, ô Christ, Pasteur des pasteur, en la personne de ces premiers pasteurs.
Tibi memor gratulétur,
Et concéssis gloriétur
Pia plebs paréntibus.
Que le peuple fidèle te rende grâces et te glorifie pour les avoir reçus comme pères.
His ambóbus orbis cessit,
His ambóbus nox recéssit
Pulsa lumináribus.
Tous deux ont subjugué le monde, tous deux ont dissipé les ténèbres par les lumières de la foi.
Athlétæ férvidi
Debéllant númina :
Torréntes límpidi
Manant in flúmina.
Athlètes intrépides, ils abattent les idoles ; torrents limpides, ils arrosent le champ de l’Eglise.
Séquence du propre de Paris pour la fête de saint Pierre & saint Paul, texte de Simon Gourdan (1646 † 1729), chanoine de Saint-Victor (extraits).

 

La solennité des saints Apôtres Pierre et Paul voyait ce dimanche 30 juin dernier la dernière messe solennelle de notre vicaire parmi nous, M. l’Abbé Eric Iborra. Qu’il nous soit permis de le remercier encore ici vivement pour ces douze années fructueuses de ministère apostolique à Saint-Eugène – Sainte-Cécile, et en particulier pour son amitié envers notre Schola Sainte Cécile.

La Schola Sainte Cécile interpréta à cette occasion, à la demande de l’Abbé, la messe Ad Majorem Dei Gloriam d’André Campra, publiée en 1699 et vraisemblablement composée lorsque ce maître de chapelle dirigeait la musique de Notre-Dame de Paris, avant de finir à la Chapelle royale.

A la fin de la messe fut chanté un Te Deum d’actions de grâces, puis la Schola accompagnait le retour du clergé à la sacristie par le chœur final du grand motet Quam dilecta (psaume LXXXIII) de Michel Richard de Lalande (1657 † 1726), maître de la chapelle des rois Louis XIV et Louis XV :

Non privábit bonis eos, qui ambulant in innocéntia : Il ne privera pas de biens ceux qui marchent dans l’innocence.
Dómine virtútum, beátus homo, qui sperat in te. Seigneur des Armées, bienheureux l’homme qui espère en vous.

Enfin, un déjeuner rassemblait 200 paroissiens dans un restaurant à proximité de notre paroisse. Cette messe coïncidait également avec le 30ème anniversaire d’ordination sacerdotale de Monsieur l’Abbé Eric Iborra.

Vidéo de cette messe :

Fête-Dieu 2019 : messe, vêpres et procession

Lauda, Sion, Salvatórem,
Lauda ducem et pastórem
In hymnis et cánticis.
Loue, Sion, ton Sauveur,
Loue ton chef et ton pasteur
Par des hymnes et des cantiques.
Sit laus plena sit sonóra,
Sit jucúnda, sit decóra
Mentis jubilátio.
Que ta louange soit pleine et sonore,
Qu’elle soit belle et délicieuse,
Une jubilation pour nos âmes.

Pour la Fête-Dieu de cette année 2019, notre paroisse de Saint-Eugène a eu la grâce de recevoir M. l’Abbé Martial Merlin venu y célébrer une première messe après son ordination sacerdotale (son chant de la préface selon le ton solemnior fut particulièrement admirable).

La solennité des vêpres fut relevée par un quatuor de cuivres anciens qui relevèrent chacune des 6 antiennes par un neume tiré des œuvres de Claudin de Sermisy. Ils soutinrent également la Schola Sainte Cécile qui recréait pour la première fois depuis le XVIIème siècle un Dixit Dominus du premier ton à quatre parties composé par Guillaume Bouzignac.

Grande première cette année : le quatuor de cuivre marcha avec la procession et soutint avec grande efficacité et beauté son chant dans les rues du quartier.

Arrivée au second reposoir, la procession fut accueillie cette année par un orchestre de cordes qui jouèrent les symphonies composées par Marc-Antoine Charpentier pour le reposoir de la Fête-Dieu. Ces symphonies comprennent d’admirables variations sur le thème en plain-chant du Pange lingua.

De retour à l’église, la Schola Sainte Cécile fut accompagnée par cet ensemble de cordes pour chanter en musique le salut solennel du Très-Saint Sacrement. Les grands motets versaillais Quam dilecta et Pange lingua composés par Michel-Richard de Lalande pour la chapelle royale de France sous Louis XIV résonnèrent sous les voutes de Saint-Eugène.

Retrouvez en images et vidéos les belles cérémonies de la Fête-Dieu 2019 :

Vidéo de la sainte messe :

Vidéo des vêpres et du salut :