Henry du Mont – Alleluia Hæc dies

Henry du Mont (1610 † 1684), sous-maître de la chapelle royale, maître de la musique de la Reine, organiste de Saint-Paul & du duc d’Anjou.
Alleluia Hæc dies – petit motet à deux voix pour Pâques
2 voix égales (SB – transcription pour TB & ST) & violon et basse continue.
3 pages.

Ce petit motet pour le jour de Pâques est tiré des fameux Cantica Sacra, véritables petits bijoux publiés par Henry du Mont chez Ballard en 1652, qui furent réédités en 1662.

Alleluia Hæc dies est composé d’un joyeux refrain Alleluia, qui alterner avec deux versets extraits du psaume CXVII, le 24ème et le 1er ; ces deux versets sont ceux choisis par la liturgie comme texte du graduel de la messe de la Résurrection, le jour de Pâques (le verset Hæc dies sert également de verset d’Alleluia à la messe du Samedi in Albis). Ce petit motet peut donc se chanter le jour de Pâques, mais également durant toute son octave jusqu’au Dimanche in Albis (le second verset « quoniam in æternum misericordia ejus » étant bien adapté à la thématique de la miséricorde qui est attribuée récemment à ce dimanche).

Voici le texte de ce petit motet et sa traduction française :

℟. Allelúia. ℟. Alleluia.
℣. Hæc dies, quam fecit Dóminus : exsultémus et lætémur in ea. ℣. Voici le jour que fit le Seigneur : exultons et réjouissons-nous en lui.
℣. Confitémini Dómino, quóniam bonus : quóniam in ætérnum misericórdia ejus. ℣. Confessez le Seigneur, car il est bon : car éternelle est sa miséricorde.

Nous vous proposons la partition d’Henry du Mont dans sa tonalité originelle de Fa Majeur pour Superius et Bassus, mais aussi pour Tenor et Bassus, ainsi que dans une transposition un ton plus haut en Sol Majeur pour Superius et Tenor.

Les premières mesures de cette partition :

Alleluia Hæc dies - petit motet d'Henry du Mont pour Pâques

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Alleluia Hæc dies d'Henry du Mont - Cantica Sacra - édition de 1652

Alleluia Hæc dies d’Henry du Mont – Cantica Sacra – édition de 1652

Trait de la Septuagésime – faux-bourdon parisien du VIIIème ton

Trait de la Septuagésime en faux-bourdon parisien.
De profundis clamavi ad te Domine.
3 voix d’hommes (TTB).
1 page.

Ce trait de la Septuagésime est réalisé en faux-bourdon parisien (édition de 1739) pour les chœurs qui ne pourraient pas le chanter pour diverses raisons dans le plain-chant grégorien ordinaire.

Dans le rit romain, l’Alleluia cesse d’être chanté depuis la fin des premières vêpres du dimanche de la Septuagésime jusqu’à la vigile pascale où il retentit, joyeux de la joie de la résurrection. A la messe de même, le dimanche et aux fêtes, l’alleluia qui précède l’évangile est remplacé par le trait.

Le nom qu’on donne à cette pièce (tractus en latin) parait se référer à la façon de l’exécuter, d’un trait, sans aucun principe d’alternance ni de reprise. Les traits appartiennent donc aux chants en directané, un style plus antique que les chants responsoriaux ou antiphonés et qui parait issu des pratiques cantorales de la Synagogue. Les traits n’existent que dans deux tons : ceux du 2nd ton sont moins nombreux dans le répertoire de la liturgie romaine que ceux du VIIIème ton.

Le trait de la Septuagésime est tiré du Psaume CXXIX dont il reprend les quatre premiers versets. Signe d’antiquité, le texte suit ici la première version du Psautier réalisée par saint Jérôme (Versio Romana) et non la seconde version de saint Jérôme (Versio Gallicana) utilisée à l’office divin depuis le IXème siècle.

Voici le texte de ce trait de la Septuagésime en faux-bourdon, ainsi qu’une traduction française :

De profúndis clamávi ad te, Dómine :
Dómine, exáudi vocem meam.
Des profondeurs, j’ai crié vers toi, Seigneur, Seigneur, exauce ma voix.
℣. Fiant aures tuæ intendéntes in oratiónem servi tui. ℣. Que tes oreilles soient attentives à la prière de ton serviteur.
℣. Si iniquitátes observáveris Dómine : Dómine, quis sutinébit ? ℣. Si tu tiens compte des iniquités, Seigneur, Seigneur, qui subsistera ?
℣. Quia apud te propitiátio est, et propter legem tuam sustínui te, Dómine. ℣. Car près de toi est le pardon, et, à cause de ta loi j’ai espéré en toi, Seigneur.

Les premières mesures de cette partition :

Trait de la Septuagésime en faux-bourdon parisien

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Attende Domine – Harmonisation du chanoine Gaston Roussel

Attende Domine – supplication pour le temps du Carême
Chanoine Gaston Roussel (1913 † 1985), maître de chapelle de la cathédrale de Versailles, chapelain de la Chapelle royale de Versailles, curé de Saint-Louis du Port-Marly
.
4 voix mixtes (SATB).
2 pages.

Attende Domine est un plain-chant musical créé au début XIXème siècle. Il s’agit d’une supplication pour le temps du Carême. Un peu sur le modèle du Rorate cœli de l’Avent qui lui est antérieur, il comprend un cours refrain – Atténde Dómine, et miserére, quia peccávimus tibi – repris entre des versets plus longs. Il est passé – en raison de sa grande popularité – dans les livres de Solesmes au XXème siècle, mais au prix de deux modifications : il fut privé de son rythme original du plain-chant gallican, et ses versets français primitifs, inspirés de l’Ecriture, furent remplacés par le texte d’un ancien rythme litanique versifié de la liturgie hispanique (il s’agit des Preces de l’office de sexte du mercredi de la cinquième semaine de Carême dans le rit mozarabe), sur lesquels les moines de Solesmes composèrent une nouvelle mélodie.

Le chanoine Roussel a harmonisé le refrain Attende à quatre parties, en confiant le chant liturgique à la basse et en gardant le rythme traditionnel du plain-chant parisien (les versets mozarabes ne sont pas harmonisés). Ce chœur est du reste très typique de son écriture.

Voici le plain-chant d’Attende Domine avec le rythme traditionnel parisien pour le refrain et le chant reçu pour les versets mozarabes :

Attende Domine - plain-chant parisien

Attende Domine - plain-chant parisien - versets 2 & 3

Attende Domine - plain-chant parisien - versets 4 & 5

Voici le texte latin et sa traduction française :

℟.  Atténde Dómine, et miserére, quia peccávimus tibi. ℣.   Ecoutez, Seigneur, et ayez pitié, car nous avons péché contre vous.
℣.  Ad te Rex summe,
Omnium Redémptor,
Oculos nostros
Sublevámus flentes :
Exáudi Christe,
Supplicántum preces.
℣.   Vers vous, roi suprême,
rédempteur de tous,
nous élevons nos yeux
baignés de larmes :
exaucez, ô Christ,
nos prières suppliantes.
℣.  Déxtera Patris,
Lapis anguláris,
Via salútis,
Jánua cœléstis,
Ablue nostri
Máculas delícti.
℣.   Dextre du Père,
Pierre angulaire,
Voie du salut,
Porte du ciel,
lavez-nous
des taches de nos fautes.
℣.  Rogámus, Deus,
Tuam majestátem :
Auribus sacris
Gémitus exáudi :
Crímina nostra
Plácidus indúlge.
℣.   Nous implorons, ô Dieu,
votre majesté :
que vos oreilles sacrées
exaucent nos gémissements.
Pardonnez-nous nos crimes
dans votre bonté.
℣.   Tibi fatémur
Crímina admíssa :
Contríto corde
Pándimus occúlta :
Tua, Redémptor,
Píetas ignóscat.
℣.   Ces crimes, nous les reconnaissons :
d’un cœur contrit,
nous mettons à nu devant vous
nos misères cachées :
ô Rédempteur,
que votre tendresse pardonne.
℣.   Innocens captus,
Nec repúgnans ductus,
Téstibus falsis
Pro ímp(i)is damnátus :
Quos redemísti,
Tu consérva Christe.
℣.   Innocent captif,
emmené sans résistance,
condamné par de faux témoins
pour des méchants:
ceux que vous avez rachetés,
gardez-les, ô Christ.

Les premières mesures de cette partition :
Attende Domine - harmonisation du chanoine Gaston Roussel

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AttendeDomine-Roussel

Henri de Villiers (harm.) – Or nous dites Marie – Noël du XVème siècle

Henri A. de Villiers (arrangements & harmonisations) .
Or nous dites Marie. Noël du XVème siècle. Texte traditionnel & de l’Abbé Simon-Joseph Pellegrin (1663 + 1745).
4 voix mixtes (SATB), 2 solistes (ST), 2 dessus instrumentaux et basse continue.
12 pages.

Ce fameux noël du XVème siècle est à l’origine une contrefaçon d’une chanson plus ancienne encore :

Hélas je l’ay perdue
Celle que j’aymoie tant !
J’en ay perdu la veue,
Dont j’ay le cueur dollent.
.

Or nous dites Marie : modèle profane Hélas je l'aie perdue - BNF fr. 12744 (n°108)

Or nous dites Marie : modèle profane Hélas je l’aie perdue – BNF fr. 12744 (n°108)

Comme tous les plus anciens noëls de France, Or nous dites Marie est donc formée en reprenant le thème d’une chanson à la mode, la christianisant avec de nouvelles paroles. Ce Noël eut un très grand succès par la suite. Marc-Antoine Charpentier l’utilise pour le matériel thématique sur lequel est construit le Christe eleison de sa fameuse Messe de minuit pour Noël, ainsi que dans ses Noëls pour les instruments. Lebègue, Balbastre, d’Andrieu en ont laissé des versions pour orgue.

Notre partition utilise partiellement le texte traditionnel de la fin du XVème, le complétant pour ses strophes en vieux français devenu trop obscur par quelques uns des nouveaux textes réécrits au XVIIIème sur cette mélodie par l’Abbé Simon-Joseph Pellegrin (1663 + 1745). Nous notons en caractère gras le texte traditionnel, le texte de Pellegrin est donc en maigre :

1.Chantons, je vous en prie
Par exaltation,
En l’honneur de Marie
Pleine de grand renom.
Pour tout l’humain lignage
Jeter hors de péril
Fut transmis un message
A la Vierge de prix.

2. Quelle lumière brille ?
C’est l’ange Gabriel,
Pour une sainte fille,
Il a quitté le Ciel :
Or nous dites, Marie,
Que vous dit Gabriel
Quand vous porta nouvelle
Du grand Dieu éternel.

3. Gabriel :
« Vierge pleine de grâce
Ton Dieu réside en toi,
Ta vertu seule efface
L’éclat du plus grand Roi :
Heureuse entre les femmes,
Il a béni ton fruit,
Et le salut des âmes
Par toi sera produit. »

4. Marie :
« Je ne sais que répondre ;
Dit-elle avec frayeur,
« Tout sert à me confondre :
Que prétend le Seigneur ?
Se peut-il qu’il consomme
Ses grands desseins sur moi ?
Je ne connais point d’homme,
Et m’en fais une loi. »

5. Chacun de nous soupire
Après ce cher Enfant ;
Son nom du noir Empire
Doit être triomphant ;
On lui rendra les armes
Jusqu’au fond des Enfers ;`
Il tarira nos larmes,
Il brisera nos fers.

Les premières mesures de cette partition :

Or nous dites Marie - début avec la simphonie instrumentale

Le début du premier chœur :

Or nous dites Marie - début du premier chœur

Notre matériel comprend le conducteur, la partition du chœur, celle des deux dessus instrumentaux et celle de la basse continue.

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Jean-Baptiste Geoffroy, Quam pulchra es

R.P Jean-Baptiste Geoffroy, s.j. (1601 † 1675), maître de musique de la maison professe des Jésuites à Paris.
Quam pulchra es – Motet en l’honneur de la Sainte Vierge
4 voix mixtes (SATB), basse continue et théorbe.
2 pages – Si bémol majeur (ton original : Ut majeur).

Né en 1601 dans le diocèse de Clermont, Jean-Baptiste Geoffroy entre dans la Compagnie de Jésus le 27 octobre 1621 et y fait sa profession religieuse le 22 avril 1640. Il devient maître de musique de la maison professe des Jésuites à Paris, dont l’église est l’église Saint-Louis (actuelle paroisse Saint-Paul – Saint-Louis), construite à partir de 1627, dont la dédicace fut célébrée en 1676.

Ce motet à la Sainte Vierge conviendra tout particulièrement à la fête de l’Immaculée Conception. Il est fait de plusieurs citations du Cantique des Cantiques qui sont en effet cités par l’office liturgique de cette fête.

Ce motet forme le numéro 34 d’une vaste collection, Musica sacra, ad varias ecclesiæ preces, à 4. vocibus. In plerisque ab unica, vel duabus, cum organo. Pars altera que Jean-Baptiste Geoffroy a fait publier à Paris chez Robert III Ballard en 1661. Ce motet est typique de la production de Jean-Baptiste Geoffroy : la musique reste toujours simple, car il s’agit vraisemblablement d’une production destinée aux Collèges tenus par les Jésuites et à leurs Missions, principalement celles de Nouvelle France. La structure de la composition vise elle aussi la simplicité : chaque verset est écrit sur le même modèle et alterne avec le retour régulier du refrain -, et à la modularité : un dessus solo peut lancer chaque phrase que le chœur à 4 voix répète.

Voici le texte de ce motet, et une traduction française :

℣. Quam pulchra es amíca mea, ô pulchérrima mulíerum ! ℣. Que vous êtes belle, mon amie, ô la plus belle des femmes !
℟. Tota pulchra es, et mácula non est in te. ℟. Vous êtes toute belle, et il n’est point de tache en vous.
℣. Vulnerásti cor meum soror mea sponsa, ô pulchérrima mulíerum ! ℣. Vous avez blessé mon cœur, ma sœur, mon épouse, ô la plus belle des femmes !
℣. Vox tua dulcis, et fácie decóra, ô pulchérrima mulíerum ! ℣. Votre voix est douce, & votre face est belle, ô la plus belle des femmes !

Nous proposons cette partition transposée en Si bémol majeur ou en La majeur (la basse continue en partie séparée en Si bémol majeur) ; son ton originel est en Ut majeur.

Les premières mesures de cette partition :

Quam pulchra est - motet en l'honneur de la Sainte Vierge - Jean-Baptiste Geoffroy

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Edition originale du Quam pulchra es. Ballard, 1661.

Edition originale du Quam pulchra es, partie du Superius. Ballard, 1661.