Plain-chant dominicain – Messe votive de la Sainte Vierge de Noël à la Purification – Cantilène de l’épître

De Sancta Maria in Sabbato
A Nativitate Domini usque ad Purificationem

Proposition de cantilène de l’épître, selon les règles du plain-chant dominicain (cf. Processionarium juxta ritum S. Ordinis Prædicatorum Apostolica auctoritate approbatum Reverendissimi in Christo Patris Fratris Hyacinthi Mariæ Cormier, Rome, 1913, pp. 414-424 & How to sing plain chant by Fr. James Harrison, o.p., chiefly for the use of Dominican Choirs, Ditchling, 1920, 73-77) :

Epître de la messe votive de la sainte Vierge de Noël à la Purification - cantilène dominicaine

Léctio Epístolæ beáti Pauli Apóstoli ad Titum.

Tite. II, 11-15

Caríssime : Appáruit grátia Dei Salvatóris nostri ómnibus homínibus, erúdiens nos, ut, abnegántes impietátem et sæculária desidéria, sóbrie et juste et pie vivámus in hoc saeculo, exspectántes beátam spem et advéntum glóriæ magni Dei et Salvatóris nostri Jesu Christi : qui dedit semetípsum pro no-bis : ut nos redímeret ab omni iniquitáte, et mundáret sibi pópulum acceptábilem, sectatórem bonórum óperum.
Hæc lóquere et exhortáre : in Christo Jesu, Dómino nostro.
Fils bien-aimé, voici manifestée à tous les hommes la grâce de Dieu, notre Sauveur. Elle nous enseigne à rejeter l’impiété et les convoitises du monde, pour vivre avec me-sure, justice et piété, dans le siècle d’ici-bas, attendant l’espérance bienheureuse et la manifestation de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur, Jésus, le Christ ; lui qui s’est donné pour nous, afin de nous racheter de tout péché et de purifier un peuple qui lui appartienne, un peuple ardent à faire le bien.
C’est ainsi que tu dois prêcher et exhorter, dans le Christ Jésus, notre Seigneur.

Livret téléchargeable.

Templa panduntur – hymne de sainte Geneviève en usage à Saint-Etienne-du-Mont

Templa panduntur - hymne de l'office nocturne de sainte Geneviève propre à Saint-Etienne-du-Mont

Templa panduntur - hymne de l'office nocturne de sainte Geneviève propre à Saint-Etienne-du-Mont

Templa panduntur – Cette hymne du Ier ton de l’office nocturne de la fête de sainte Geneviève le 3 janvier est tirée de l’office propre de l’église paroissiale parisienne de Saint-Etienne-du-Mont, laquelle jouxtait l’ancienne abbatiale de Sainte-Geneviève, ruinée à la révolution. Ce propre fut publié au XVIIème siècle : un volume noté (sans date) et un texte latin imprimé avec une traduction française « chez Prault Père, Quai de Gêvres, au Paradis, et à la Maîtrise des Enfants de Chœur de S. Etienne » en 1777. La même hymne se retrouve au propre de la toute nouvelle basilique Sainte-Geneviève en 1765, alors qu’elle est toujours en construction (la première pierre fut posée par le roi Louis XV le 6 septembre 1764). Il est probable que cette hymne fut aussi antérieurement en usage à l’Abbaye de Sainte-Geneviève des Chanoines réguliers de la Congrégation de France (Génovéfains).

L’auteur de l’hymne Templa panduntur ne nous est pas connu. Il n’est pas impossible qu’il puisse être le P. Pinchon, chanoine régulier de l’Abbaye de Sainte-Geneviève au XVIIIème siècle, qui composa les textes des hymnes Gallicæ custos et Cœlo receptam plaudite Cœlites passées dans le Bréviaire de Mgr de Vintimille en 1736.

En voici le texte et une traduction du XVIIIème siècle (avec quelques corrections de détails apportées à cette traduction au XIXème siècle) :

Templa pandúntur ; facilis clientum
Audiat festos Genovefa cantus,
Quæ vigil templo solidas amabat
Ducere noctes.
Le temple s’ouvre ; que nos vœux soient reçus favorablement par Geneviève qui aimait passer les nuits entières à y prier.
Hostis extincta stygiu lucerna,
Nocte pergentem cohibere tentet ;
Luditur : sacro rediviva flatu
Flamma resurgit.
En vain l’esprit infernal veut-il l’arrêter, en éteignant la lumière qui éclaire ses pas durant la nuit ; elle se rit de sa malice : un souffle miraculeux ranime la lampe qu’il avait éteinte.
Molle dum mactat, sibi dura, corpus,
Curat ægrotos ope, veste nudos ;
Seque defaudat, seges unde major
Crescat egenis.
Dure à elle-même, tandis qu’elle immole son corps à la pénitence, elle fournit des secours aux malades, des habits à ceux qui sont nus ; elle retranche de son nécessaire pour donner plus abondamment aux indigents.
Integram vitæ scelerata mordent
Ora ; Germani siluere jussu :
Mox et insontem potiore signo
Sentiet orbis.
Des bouches envenimées s’ouvrent pour la décrier ; Germain leur impose silence, et bientôt le plus éclatant miracle atteste à l’univers son innocence.
Numinis vindex patiens vocari
Hunnus, algentem fugit acer arcton,
Et Parisinis truculentus instat
Attila muris.
Attila, le roi des Huns, regardé de tous et se regardant lui-même comme le fléau de Dieu, accourt avec rapidité des régions glacées du nord ; il s’avance plein de fureur, et menace Paris d’une ruine prochaine.
Palluit civis, prece Virgo pugnat :
Barbarus ponit fera corda prædo :
It tremor castis ; fugat impotentes
Agna leones.
Le citoyen tremble ; Geneviève combat par la prière et déjà le barbare conquérant s’adoucit, la terreur se répand dans son camp, et une innocente brebis met en fuite ces lions furieux.
Efficax Hunni prohibere turmas,
Diva, ne blando superemur hoste ;
Cordis insanos, quibus æstuamus,
Pelle furores.
Vous avez le pouvoir d’arrêter les bataillons des Huns : ô sainte Patronne, que l’ennemi du salut ne triomphe pas de nous par ses artifices ; éloignez les passions furieuses qui bouillonnent dans notre cœur.
Summa laus Patri, genitoque Verbo,
Et tibi compar utriusque nexus,
Qui tuo, victor, sata nocte monstra
Lumine terres. Amen.
Gloire soit au Père ; gloire soit au Fils ; gloire à l’Esprit saint qui, par sa lumière, met en fuite les monstres qu’enfante l’esprit des ténèbres. Amen.

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L’hymne Templa panduntur
Edition du XVIIIème siècle des offices propres de Saint-Etienne-du-Mont
(Bibliothèque Sainte-Geneviève Delta 65154 Res) :

Templa panduntur - hymne de l'office nocturne de sainte Geneviève propre à Saint-Etienne-du-Mont

[Noveritis 2021] Publication de la date de Pâques & de celles des fêtes mobiles de l’année 2021 le jour de l’Epiphanie

La publication de la date de Pâques dans le Pontificale Romanum.

Dans le rit romain, le jour de l’Epiphanie (dont la solennité est obligatoirement reportée en France au dimanche qui suit – sauf lorsque le 6 janvier tombe un dimanche), le diacre fait selon la tradition la publication de la date de Pâques après le chant de l’évangile.

RIT ROMAIN

En voici le chant pour 2021, réalisé par nos soins :

Noveritis Romanum 2021 : proclamation de la date de Pâques et des fêtes mobiles

En voici le texte & la traduction pour 2021 :

Novéritis, fratres caríssimi, quod annuénte Dei misericórdia, sicut de Nativitáte Dómini nostri Jesu Christi gavísi sumus, ita et de Resurrectióne ejúsdem Salvatóris nostri gáudium vobis annuntiámus.

Vous avez su, Frères très chers, par la miséricorde de Dieu qui nous a été annoncée, que nous avons été comblés par la Nativité de Notre Seigneur Jésus-Christ, ainsi de même nous vous annonçons la joie qui nous sera procurée par la Résurrection de notre même Sauveur.

Die trigésima prima Januárii erit Domínica in Septuagésima.

Le 31 janvier sera le dimanche de la Septuagésime.
Décima séptima Februárii dies Cínerum, et inítium jejúnii sacratíssimæ Quadragésimæ. Le 17 février sera le jour des Cendres et le début du jeûne très sacré du Carême.
Quarta Aprílis sanctum Pascha Dómini nostri Jesu Christi cum gáudio celebríbitis. Le 4 avril sera la sainte Pâque de Notre Seigneur Jésus-Christ, que vous célèbrerez avec joie.
Décima tértia Máii erit Ascénsio Dómini nostri Jesu Christi. Le 13 mai sera l’Ascension de Notre Seigneur Jésus-Christ.
Vigésima tértia ejúsdem Festum Pentecóstes. Le 23 du même mois sera la fête de la Pentecôte.
Tértia júnii Festum sacratíssimi Córporis Christi. Le 3 juin sera la fête du Très Saint Corps du Christ.
Vigésima octáva Novémbris Domínica prima Advéntus Dómini nostri Jesu Christi, cui est honor et glória, in sæcula sæculórum. Amen.

Le 28 novembre sera le premier dimanche de l’Avent de Notre Seigneur Jésus-Christ, à qui est l’honneur et la gloire, dans les siècles des siècles. Amen.

Livret PDF imprimable à l’attention du clergé.

RIT PARISIEN

Voici le chant de l’ancien usage de Paris, pour 2021 :

Noverit Parisiense 2021 - proclamation de la date de Pâques : 4 avril 2021

En voici le texte & la traduction pour 2021 :

Novérit cáritas vestra, fratres caríssimi, quod, annuénte Dei & Dómini nostri Jesu Christi misericórdia, die quarrta mensis Aprílis Pascha Dómini celebrábimus.

Votre charité saura, Frères très chers, que, par la miséricorde de Dieu & de notre Seigneur Jésus-Christ qui nous a été annoncée, le 4 avril nous célèbrerons la Pâque de Seigneur.

 

RIT AMBROSIEN

Voici le chant pour le rit ambrosien, pour 2021 :

Noverit Ambrosianum 2021 - proclamation de la date de Pâques : 4 avril 2021

En voici le texte & la traduction pour 2021 :

Novérit cháritas vestra, fratres charíssimi, quod, annuénte Dei & Dómini nostri Jesu Christi misericórdia, die quarta, mensis Aprílis, Pascha Dómini cum gáudio celebrábimus. ℟. Deo grátias.

Votre charité saura, Frères très chers, que, par la miséricorde de Dieu & de notre Seigneur Jésus-Christ qui nous a été annoncée, le 4 avril, nous célèbrerons avec joie la Pâque de Seigneur. ℟. Rendons grâces à Dieu.

Annus novus in gaudio – versus pour l’année nouvelle – tradition du Puy

Annus novus in gaudio - versus pour la nouvelle année

Annus novus in gaudio - versus pour l'an nouveau

Annus novus in gaudio - versus pour l'année nouvelle

Annus novus in gaudio - versus pour le nouvel an

Annus novus in gáudio
Agátur in princípio,
Magna sit exultátio
In cantóris tripúdio.
L’année nouvelle, qu’on la passe dans la joie dès son commencement. Que grande soit l’exultation, par la danse du chantre.
℟. Ad hæc solémnia
Concúrrunt omnia
Voce sonántia,
Cantóris grátia
Et vitæ spátia,
Per quem lætítia
Fit in Ecclésia.
℟. Que pour cette solennité, toutes choses concourent, la voix sonore, la grâce du chantre et la durée de la vie, par qui la joie advient dans l’Eglise.
Anni novi princípium
Vox célebret psalléntium,
Et cantórem egrégium
Hymnus extóllat ómnium.
Que la voix de ceux qui psalmodient célèbre le commencement de l’année nouvelle et que l’hymne de tous exalte le chantre excellent.
Anno novo in cántica
Reciténtur orgánica,
Tota sonet ars música
In cantóris preséntia.
Que pour l’année nouvelle on chante des organums dans des cantiques. Que tout l’art de la musique résonne en présence du chantre.
Annum novum celebrántes,
Exultántes et lætántes
Et cantórem venerántes
Gaudeámus congaudéntes.
Célébrant l’année nouvelle, exultant et nous réjouissant, et admirant le chantre, soyons dans la joie ensemble.
Anne nove, sit titúlis
Hódie ineffábilis,
Et tu, cantor mirábilis
Esto per sæcla stábilis.
Année nouvelle, soit aujourd’hui un titre ineffable. Et toi, chantre admirable, soit affermis pour les siècles.

Au Moyen-Age, la cathédrale du Puy célébrait – à l’instar de beaucoup d’autres diocèses de France – un office de la fête de la Circoncision (i.e, l’octave de Noël, célébrée le 1er janvier) tout à fait particulier, enrichi de nombreuses pièces versifiées. Cet office est décrit dans un manuscrit qui remonte pour le fond au moins au XIVème siècle et pour la forme au XVIème siècle, provenant de la cathédrale et redécouvert en 1885 ; il fut magnifiquement étudié par le célèbre chanoine Ulysse Chevalier en 1894 (Prosolarium ecclesiae aniciensis – Office en vers de la Circoncision en usage dans l’église du Puy).

Parmi les pièces spéciales de cet office du 1er janvier, on trouve ce curieux chant à la gloire du pré-chantre de la cathédrale : Annus novus in gaudio, dont les incipits de chaque strophe déroulent non sans humour les déclinaisons latines : Annus novus, Anni novi, Anno novo, Annum novum, Anne nove.

Il peut être décrit comme versus (chant versifié avec refrain) ou encore comme conduit (chant pour conduire l’officiant en procession). Et de fait, il est marqué dans le manuscrit du Puy pour conduire l’officiant vers le lieu où doit être chanté le capitule, pendant les premières vêpres de la Circoncision (le 31 décembre au soir, donc).

Voici la musique notée dans ce manuscrit du Puy (Officium circumcisionis secundum Amicetensem ritum (Office de la Circoncision selon le rit du Puy) – Bibliothèque municipale de Grenoble, manuscrit F-G : Ms 4413 Rés., f. 1 r° – 3 v°) :

Annus novus in gaudio - conduit du nouvel an

De fait, la pièce est plus ancienne encore, car on la relève déjà parmi les conduits en usage à Saint-Martial de Limoges (cf. BnF, latin 1139, manuscrit des XI-XIIèmes siècles) – la musique en est similaire à celle du Puy. Voici Annus novus in gaudio dans ce manuscrit (Prosaire-tropaire de Saint-Martial de Limoges du XIème siècle (Bibliothèque nationale de France, manuscrit latin 1139, f. 36 v° – 37 r°) :

Annus novus in gaudio - conduit du nouvel an - manuscrit de Saint-Martial de Limoges

Les textes des deux manuscrits sont très proches et ne se distinguent principalement par des inversions ou déplacements de vers. Pour notre édition, nous avons suivi la leçon du manuscrit de Saint-Martial de Limoges, plus ancien. En revanche la musique suit celle du manuscrit du Puy (plus tardive, mais écrite avec portée et non in campo aperto, le manuscrit de Saint-Martial suppose une restitution plus hasardeuse).

Voici quelques enregistrements de ce très sympathique versus médiéval :

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Henry du Mont – Kyrie – Messe royale du IInd ton

Messe royale du IInd ton d'Henry du Mont - Kyrie

Messe royale du IInd ton d’Henry du Mont – Livret PDF téléchargeable

Kyrie eleison.
Christe eleison.
Kyrie eleison.
Seigneur, aie pitié.
Christ, aie pitié.
Seigneur, aie pitié.

Cette partition est extraite du Propre de Paris de 1925, édition établie sur la première édition originale de 1669, et suivant fidèlement le rythme et les altérations voulues par le compositeur.

Messe royale du IInd ton d’Henry du Mont :

Voyez aussi :

Messe royale du Ier ton d’Henry du Mont :

Messe royale du VIème ton d’Henry du Mont :