Programme du IIIème dimanche après la Pentecôte – saints Onuphre le Grand & Pierre l’Athonite – ton 2

Saint Onuphre le GrandParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 25 juin 2017 du calendrier grégorien – 12 juin 2017 du calendrier julien, divine liturgie de 9h15.

Dimanche du ton II de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour notre Vénérable Père Onuphre le Grand.

Le prénom Onuphre (en grec Ὀνούφριος, en latin Onuphrius, en copte Unnufer) vient de l’égyptien ancien wnn nfr (« éternellement beau ou bon »). Il a donné en italien Onofrio, en portugais et en espagnol Onofre et en anglais Humphrey.

Saint Onuphre le Grand vécut en Basse Thébaïde au IVème siècle. Sa vie nous nous est connue par le récit que fit le moine Paphnuce, lequel enquêtait sur la vie des solitaires du désert égyptien. Saint Onuphre dut naître sous le règne de Dioclétien et entra tout jeune au monastère d’Abage situé près d’Hermopolis Magna (Khemenou des anciens Egyptiens, près de l’actuelle El-Ashmounein, en Moyenne-Egypte). Ce cénobium comptait alors une centaine de moines et où l’on observait le silence entre les offices. Animé du désir de conformer sa vie à celles du prophète Elie et de saint Jean-Baptiste, et selon le cursus déjà classique à l’époque du passage à la vie érémitique après une expérience de vie en communauté, Onuphre quitta son monastère pour vivre la vie de solitaire au désert. Ne sachant vers où se diriger, il aperçut une lumière qui allait devant pour le conduire, ce qui le rendit perplexe. Il entendit une voix qui le tira de cette incertitude :

Ne crains rien, c’est ton ange gardien qui t’éclaire en ton entreprise, que Dieu a fort agréable.

Saint Onuphre le GrandCette lumière le guida jusqu’à un ermite que le grand âge rendait vénérable, et auprès duquel il apprit les bases de la vie érémitique. Puis ce vieillard le conduisit jusqu’à une caverne à quatre jours de marche dans le désert, où une source et un dattier lui fournirent toute sa pitance pendant les soixante-dix ans qu’il passa là en prière sans voir personne. Lorsque le moine Paphnuce le rencontra à la fin de sa vie, celui-ci douta tout d’abord si c’était un homme ou une bête : ses vêtements étant depuis longtemps tombés en poussière, Onuphre n’était plus couvert que de ses cheveux et de ses poils, fort longs, ayant seulement autour des reins un tortillon de feuillage (comme nous le représentent la plupart des icônes). Paphnuce recueillit les nombreuses expériences et combats spirituels de l’ermite, et le lendemain de leur rencontre, Onuphre lui tint ce discours :

Ne craignez point, mon frère Paphnuce, car Notre Seigneur, qui est miséricordieux, vous a ici envoyé pour enterrer mon corps ; j’achève aujourd’hui le cours de ma vie et m’en vais au lieu de repos. Si vous allez en Egypte, avertissez les moines de ce que je vous ai dit & des grandes miséricordes que j’ai reçues de Dieu, en la bonté duquel je me confie, et qui ne refusera jamais ses faveurs à ceux qui se recommandent à lui, me prenant pour leur intercesseur, comme je l’en ai supplié ».

Ayant donné sa bénédiction à Paphnuce, Onuphre expira. C’était un 12 juin, vraisemblablement sous l’empereur Valens (364 – 378).

Monastère de Saint-Onuphre - Jérusalem

Monastère de Saint-Onuphre – Jérusalem

Saint Onuphre fut très tôt honoré en Orient comme en Occident. Un monastère qui lui est dédié est situé à Jérusalem dans la vallée de la Géhenne, sur le lieu que la tradition rapporte être le champ du Potier (ou Champ du Sang – Akeldama, acheté par le Sanhédrin avec les 30 deniers de Judas Iscariote pour la sépulture des étrangers). Les chapelles des cimetières byzantins sont d’ailleurs souvent dédiées à saint Onuphre. Antoine, archevêque de Novgorod, témoigne que de son temps (1200), la relique du chef de saint Onuphre était conservée dans l’église de Saint-Acindinus. A Rome, le titre cardinalice de Saint-Onuphre (Sant’Onofrio) est une belle église du Trastevere construite en 1439 sur le site d’un ancien hermitage de Hiéronymites. En Occident, saint Onuphre est le patron des tisserands (puisqu’il avait perdu ses vêtements et n’était plus vêtu que de ses cheveux et d’une ceinture de branchages !). Saint Onuphre est devenu co-patron de la ville de Palerme en 1650.

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Saint Pierre l'AthoniteNous fêtons également en ce jour un second ermite, notre Vénérable Père Pierre l’Athonite.

Pierre l’Athonite vécut en ascète sur la Montagne Sainte au cours du IXème siècle. Sa vie appartient à la « préhistoire » encore mal connue du monachisme athonite, dont l’histoire proprement dite commence par la chrysobulle de l’empereur Basile Ier de 885 donnant la Sainte Montagne aux moines. La sainteté de Pierre, avérée par les nombreux miracles qu’il accomplit par ses reliques une fois mort, fut si évidente qu’un office en son honneur fut très tôt composé : le canon de matines est en effet de la main de saint Joseph l’Hymnographe, qui mourut en 886. Sa Vie, reprenant deux documents plus anciens, fut mise en forme entre 970 et 980 par un moine de l’Athos du nom de Nicolas et fut reprise au XIVème siècle par saint Grégoire Palamas dans son Discours sur la vie admirable et angélique de Pierre, qui est un éloge de la vie hésychaste.

Voici la vie de Pierre, racontée par le moine Nicolas. Notre saint fut d’abord soldat de la cinquième Schole dans l’armée impériale. Au cours d’une campagne contre les Arabes musulmans, il fut fait prisonnier et enfermé dans une prison à Samarra, au Nord de Bagdad, ville que le calife abbasside Al-Mutasim venait de reconstruire pour devenir la capitale du califat en 836. En méditant sur son sort, Pierre parvint à la conclusion qu’il avait été justement puni, car, ayant promis dans sa jeunesse de devenir moine, il n’avait pas tenu ses engagements. Il adresse alors ses prières à saint Nicolas, lui promettant que s’il venait à être libéré, il irait se faire tonsurer à Rome (il est vrai que l’Orient était alors infecté par l’hérésie iconoclaste jusqu’à la mort de l’empereur Théophile en 842). Libéré après avoir reçu trois apparitions de saint Nicolas dans sa prison, il tint parole et reçut à Rome la tonsure monastique des mains du pape lui-même.

Saint Pierre l'AthoniteDurant son voyage de retour vers l’Orient, Pierre accomplit son premier miracle en guérissant par ses prières une famille entière à l’article de la mort. Surtout, il reçut une apparition de la Vierge Marie qui lui prédit le sort merveilleux qui sera réservé au Mont-Athos et l’engage à aller s’établir en ce lieu. Ce qu’il fait en se retirant dans une grotte, où il va vivre cinquante-trois ans, sans voir un seul être humain. Privé de tout, il est constamment attaqué et tenté par le demon, mais sort vainqueur de cette rude lutte avec l’aide de la Mère de Dieu et revêt le manteau de l’impassibilité (hesychia). Au bout de ces cinquante trois ans de prière continuelle, un chasseur découvre Pierre et lui promet de revenir l’année suivante. Or lorsque l’homme revient accompagné de son frère et de deux moines, ils trouvent saint Pierre l’Athonite mort. Ayant transporté son corps tout d’abord au couvent de Klementos (futur Monastère d’Iviron), l’un des tous premiers monastères de l’Athos, les deux moines, devant le grand nombre de miracles qui s’accomplissaient, choisissent de voler les reliques et de s’enfuir avec elles de l’Athos. Mais ils n’exploitèrent pas longtemps leur trésor : arrivé dans une petite ville de Thrace du nom de Photokomi, les miracles y furent si abondants que l’évêque de la contrée obligea les deux voleurs à déposer le corps du saint dans sa cathédrale.

Il est vraisemblable que d’autres moines avaient précédé Pierre sur le Mont-Athos depuis l’Antiquité. Cependant, armé de la promesse de la Mère de Dieu d’en faire son jardin, on peut le regarder à bon droit comme le fondateur du mouvement monastique de la Sainte Montagne, toujours florissant. Son office a disparu des livres liturgiques grecs mais se conserve dans les Ménées russes.

Saint Pierre l'Athonite - fresque du monastère de Chevetogne (Belgique)

Saint Pierre l’Athonite – fresque du monastère de Chevetogne (Belgique)

Aux heures
A tierce & à sexte : Tropaire du dimanche, ton 2. Gloire au Père. Tropaire des Vénérables Pères. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche seulement.

Tropaires des Béatitudes : 4 tropaires du dimanche, 4 tropaires de la 3ème ode du canon de Pierre, œuvre de saint Joseph l’Hymnographe (816 † 886), & 4 tropaires de la 6ème ode du canon d’Onuphre :
1. Reprenant la prière du bon Larron, * ô Christ, nous te disons : * Souviens-toi de nous, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Ta croix, nous te l’offrons * pour la rémission de nos péchés : * Seigneur, tu l’as supportée ** par amour pour les hommes.
3. Devant ta Sépulture & ta sainte Résurrection, * Maître, nous nous prosternons : * par elles tu rachetas de la corruption, ** Ami des hommes, le monde entier.
4. Seigneur, l’empire de la Mort * par ta mort fut englouti, * & par ta sainte Résurrection, ** Dieu sauveur, tu as sauvé l’univers.
5. Ayant mis à mort les passions sur la terre, * ô Vénérable, * tu vivifias ton âme par les commandements divins, ** et reçus la vie et l’éclat éternels.
6. Sur la terre tu fus fait concitoyen des choeurs d’en haut, * ô très bienheureux, * demeurant dans la paix spirituelle ** et contemplant la beauté divine.
7. Caché dans les montagnes, * tu te tins à l’écart du commerce des hommes, * et tu fis voler ton esprit tout entier jusqu’à la beauté céleste, ** en exultant de joie.
8. Te reconnaissant comme le palais qui abrita l’essence ineffable, ô Vierge, * nous te glorifions comme cela t’est dû, ** car nous fûmes sauvés par ton enfant, ô toute Immaculée.
9. Encerclé par l’abîme de mes péchés, * j’invoque l’abîme insondable de ta compassion : ** de la fosse, mon Dieu, relève-moi.
10. Poussé par les souffles de l’Esprit, * tu abordas, vénérable Père, au calme port, ** ayant secoué le poids de la chair dans la tempérance.
11. Divinisé par divine inclination, * tu devins un ange sur terre, Onuphre bienheureux, ** ayant imité la vie de Jean et d’Elie.
12. Entravé par mes fautes et déchiré par les passions, * je te prie délivre-moi du mal, ** ô Vierge qui mis au monde notre joie.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 2 : Lorsque tu descendis jusqu’en la mort, * ô Vie immortelle, * l’Enfer fut tué par la splendeur de ta divinité . * Lorsque tu relevas les morts des bas-fonds, * toutes les vertus célestes te clamèrent : * Donateur de vie, Christ Dieu, gloire à toi !
2. Tropaire des Vénérables Pères, ton 4 : Dieu de nos Pères, * qui nous traite depuis toujours selon ta mansuétude, * ne retire point de nous ta miséricorde, * mais, par leurs prières, ** gouverne notre vie dans la paix. (MP3)
3. Kondakion du Vénérable Père Onuphre, ton 3 : Illuminé par le rayonnement de l’Esprit Très-Saint, * ô divinement sage, * tu as abandonné tous les tumultes de la vie, * et, en arrivant au désert, ô Vénérable Père, tu as réjoui le Dieu & Créateur de toutes choses, * c’est pourquoi il te glorifie, ô Bienheureux, le Christ ** le grand donateur des biens.
4. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
5. Kondakion du Vénérable Père Pierre, ton 2 : T’étant soustrait de l’humaine société, tu as habité dans des grottes de pierre & des ravins profonds, * suivant ton désir divin, & par amour, Pierre, de ton Seigneur, * duquel tu as reçu la couronne. ** Prie sans relâche pour que nous soyons sauvés.
6. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
7. Kondakion du dimanche, ton 2 : Tu es ressuscité du tombeau, tout-puissant Sauveur : * l’enfer, voyant ce prodige, est saisi de stupeur, * & les morts ressuscitent. * A cette vue, la création se réjouit avec toi ; * Adam s’unit à l’allégresse ** et le monde, ô mon Sauveur, te chante pour toujours.

Prokimen
Du dimanche, ton 2 :
R/. Ma force & mon chant, c’est le Seigneur ; il fut pour moi le salut (Psaume 117, 14).
V/. Il m’a châtié et châtié, le Seigneur, mais à la mort il ne m’a point livré (Psaume 117, 18).
[Des Vénérables Pères, ton 7 :
R/. Elle a du prix aux yeux du Seigneur, la mort de ses serviteurs (Psaume 115, 5).]

Epîtres
Du dimanche : Romains (§ 88) V, 1-10.
Or cette espérance n’est point trompeuse, parce que l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné.
[Des Vénérables Pères : Galates (§ 213) V, 22 – VI, 2.]

Alleluia
Du dimanche, ton 2 :
V/. Qu’il te réponde, le Seigneur, au jour d’angoisse, qu’il te protège, le nom du Dieu de Jacob ! (Psaume 19, 1).
V/. Seigneur, sauve le roi, & exauce-nous au jour où nous t’invoquons (Psaume 19, 10).
[Des Vénérables Pères, ton 6 :
V/. Bienheureux l’homme qui craint le Seigneur, et qui a une grande affection pour ses commandements (Psaume 111, 1).]

Evangiles
Du dimanche : Matthieu (§ 18) VI, 22-33.
Pourquoi aussi vous inquiétez-vous pour le vêtement ? Considérez comment croissent les lis des champs : ils ne travaillent point, ils ne filent point : et cependant je vous déclare que Salomon même dans toute sa gloire n’a jamais été vêtu comme l’un d’eux.
[Des Vénérables Pères : Matthieu (§ 43) XI, 27-30.]

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
[Des Vénérable Pères :Réjouissez-vous, justes, dans le Seigneur ; aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.]

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Programme du dimanche de tous les saints qui ont illuminé la terre de Russie – ton 1

Tous les saints qui ont illuminé la terre de Russie (Toussaint russe)Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 18 juin 2017 du calendrier grégorien – 5 juin 2017 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

LE SECOND DIMANCHE APRES LA PENTECOTE
MEMOIRE DE TOUS LES SAINTS QUI ONT ILLUMINE LA TERRE DE RUSSIE

Le second dimanche après la Pentecôte, une semaine après avoir fêté tous les saints, l’Eglise russe célèbre une Toussaint russe.

Cette célébration vit le jour au XVIème siècle sous le saint métropolite Macaire de Moscou & de toutes les Russies mais fut abandonnée au siècle suivant lors des réformes du Patriarche Nikon. Cette fête fut restaurée à la suite du concile local de Moscou le 26 août 1918.

L’initiateur de la restauration de cette fête fut un professeur de l’Université de Saint-Pétersbourg, Boris Touraev. Il fut du reste le co-auteur avec le hiéromoine Athanase Sakharov de la première édition de l’office parue en 1918. Une seconde édition de cet office parut en 1956 et fut publiée par le Patriarcat de Moscou. Une révision de cet office fut effectuée en 2002 et fut intégrée aux Ménées du mois de mai (elle présente quelque variante avec la version de 1956, en particulier pour le prokimenon de la liturgie).

Curiosité liturgique, les différents stichères des vêpres ou des matines, ainsi que les tropaires des odes du canon du jour à matines énumèrent les noms d’un très grand nombre de saints russes. Des formules spéciales pour les prières de la litie énumèrent de même de longues listes de saints russes.

L’office de tous les saints qui ont illuminé la terre de Russie se combine avec celui du dimanche, ton 1. Les lectures de la liturgie, qui s’ajoutent à celle du IInd dimanche après la Pentecôte, reprennent celles du dimanche de tous les saints de la semaine précédente.

Par les prières de ta Mère immaculée et de tous les saints, Christ notre Dieu, aie pitié de nous et sauve-nous, dans ton unique bonté & ton amour pour les hommes. Amen.

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche, ton 1. Gloire au Père. Tropaire des saints russes. Et maintenant. Theotokion de tierce. Kondakion : du dimanche.
A sexte : Tropaire du dimanche, ton 1. Gloire au Père. Tropaire des saints russes. Et maintenant. Theotokion de sexte. Kondakion : de tous les saints de Russie.

Tropaires des Béatitudes : 6 tropaires du dimanche, ton 1 & 4 tropaires propres à la fête de tous les saints de Russie, ton 8 :
1. Du Paradis l’Ennemi fit chasser Adam * lorsqu’il eut mangé le fruit défendu, * mais par la croix le Christ y fit entrer le bon Larron qui lui criait : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Je me prosterne devant ta Passion * et je glorifie ta sainte Résurrection ; * avec Adam & le bon Larron * je te crie : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
3. Librement, Seigneur sans péché, * tu as souffert la croix & la mise au tombeau ; * mais, comme Dieu, tu es ressuscité, * faisant surgir avec toi * Adam qui s’écrie : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
4. Le temple de ton corps, tu l’as relevé * du tombeau le troisième jour ; * avec Adam, ô Christ notre Dieu, * tu as ressuscité le genre humain, * qui chante : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
5. A ton sépulchre se rendirent de bon matin * les Myrrophores tout en larmes, ô Christ notre Dieu : * elles y trouvèrent un Ange vêtu de blanc, * assis sur la pierre et disant : Que cherchez-vous ? ** Le Christ est ressuscité, ne pleurez plus.
6. Sur la montagne que tu leur avais indiquée * tes Apôtres arrivèrent, Seigneur ; * et, lorsqu’ils te virent, Sauveur, * ils se prosternèrent devant toi ; * vers les nations tu les envoyas ** pour les instruire et baptiser.
7. Nous avons pas hérité de notre terre par l’épée, * mais par ta droite, et ta dextre élevée, et la lumière de ta face ; * et par les larmes de tes saints, leurs luttes et leur sueur, leur sang et leur enseignement, ** notre patrie est fermement établie.
8. Lorsque nous nous sommes détournés loin de toi et n’avons pas accompli tes commandements, * alors tu nous as mis de côté et nous as humiliés ; * et nous sommes devenus la moindre parmi toutes les nations. * Mais aie pitié de nous, ô Dieu notre Sauveur, ** par les prières des saints.
9. O tout-Sainte Trinité, fais nous revenir d’exil, * guéris notre maladie et notre chagrin, * et élève notre esprit de la paresse et du sommeil du péché, * que nous soyons dignes de nos pères et frères ** qui par leurs luttes ont glorifié ton nom dans notre pays.
10. Rassemble les dispersés, * fais revenir ceux qui ont été séparés, * fais revenir ceux qui se sont éloignés de la foi orthodoxe, * réconforte les pleurs et la tristesse, * et guéris la dissolution de notre terre tourmentée, * O toi qui es pleine de grâce, * suppliant Dieu en notre nom ** avec les saints qui sont nos compatriotes.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 1: La pierre scellée par les Juifs, * et ton corps très pur gardé par les soldats, * Tu ressuscites le troisième jour, ô Sauveur, * donnant la vie au monde. * C’est pourquoi les vertus célestes te crient, ô Donateur de vie : * « Gloire à ta résurrection, Christ, * Gloire à ton royaume ! ** Gloire à ton économie, seul Ami de l’Homme ! »
2. Tropaire de tous les saints qui ont illuminé la terre de Russie, ton 8: Comme le bon fruit de tes salutaires semailles * la terre de Russie t’offre, Seigneur, * tous les Saints qui sur elle ont resplendi ; * à leur prière & par celle qui t’enfanta * garde les fidèles de son Eglise dans une profonde paix, * Dieu de miséricorde.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion de tous les saints qui ont illuminé la terre de Russie, ton 3: En ce jour, le chœur de tous les Saints * qui sur la terre de Russie furent agréables à Dieu * se tient parmi nous invisiblement et prie pour nous ; * avec eux les Anges glorifient le Seigneur * et pour cette fête exultent les autres Saints de l’Eglise du Christ, * intercédant tous ensemble auprès du Dieu d’avant les siècles.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion du dimanche, ton 1: Ressuscité du tombeau dans la gloire divine, * tu as ressuscité le monde avec toi ; * la nature humaine te chante comme Dieu, * la mort s’évanouit, * Adam jubile, Seigneur, * & Eve, désormais libérée de ses liens, * proclame dans l’allégresse : ** O Christ, c’est toi qui accordes à tous la résurrection.

Prokimen
Du dimanche, ton 1 :
R/. Que ta miséricorde soit sur nous, Seigneur, * selon l’espérance que nous avons mise en toi. (Psaume 32, 22).
V/. Justes, exultez dans le Seigneur, aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1).
Des saints russes, ton 4 :
R/. Pour les saints qui sont sur sa terre, le Seigneur a rendu merveilleuse toutes ses volontés (Psaume 15, 3).

Epître
Du dimanche : Romains (§ 81) II, 10-16.
Dieu jugera par Jésus-Christ, selon l’Évangile que je prêche, tout ce qui est caché dans le cœur des hommes.
Des saints russes : Hébreux (§ 330) XI, 33 – XII, 2..
Puis donc que nous sommes environnés d’une si grande nuée de témoins, dégageons-nous de tout le poids qui nous abat, et des pièges qui nous assiègent, et courons par la patience dans cette carrière qui nous est ouverte.

Alleluia
Du dimanche, ton 1 :
V/. C’est Dieu qui me donne les vengeances & prosterne les peuples sous moi. (Psaume 17, 48)
V/. Il multiplie pour son roi les délivrances et montre de l’amour pour son Christ. (Psaume 17, 51)
Des saints russes :
V/. O Dieu ! nous avons entendu de nos oreilles, et nos pères nous l’ont annoncé. (Psaume 46, 1)

Evangile
Du dimanche : Matthieu (§ 9) IV, 18-23.
Et il leur dit : Suivez-moi, et je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes.
Des saints russes : Matthieu (§ 38) X, 32-33, 37-38; XIX, 27-30..
Quiconque donc me confessera et me reconnaîtra devant les hommes, je le reconnaîtrai aussi moi-même devant mon Père qui est dans les cieux.

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
Des saints russes : Le Seigneur a mis sa complaisance dans son peuple ; et il élèvera ceux qui sont doux, et les sauvera. (Psaume 149, 4) Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme du dimanche de tous les saints – ton 8

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 11 juin 2017 du calendrier grégorien – 29 mai 2017 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

LE DIMANCHE DE TOUS LES SAINTS
ВСЕХ СВЯТЫХ

Le Ier dimanche après la Pentecôte, le rit byzantin célèbre la fête de tous les saints.

De même que c’est la dédicace du Panthéon en basilique Sainte-Marie-des-Martyrs au VIème siècle qui est à l’origine de la fête de tous les saints dans le rit romain, de même c’est la dédicace de l’église de Tous les Saints par l’empereur Léon VI le Sage (886 † 912) à Constantinople, près de l’église des Douze Apôtres, qui est à l’origine de la fête de ce dimanche dans le rit byzantin. Pour la petite histoire, cette église fut construite par Léon VI le Sage afin d’abriter les reliques de son épouse Théophanô, morte ascète au couvent des Blachernes en odeur de sainteté. Par ses reliques s’accomplissaient des miracles, mais l’empereur répugna à dédier la nouvelle église à sa première épouse.

Le Synaxaire de Nicéphore Calliste Xanthopoulos (XIVème siècle) explique que la fixation de la fête de tous les saints au dimanche qui suit la Pentecôte exprime que l’Esprit-Saint est la source de toute sainteté. Il fait aussi remarquer que le cycle pascal se conclut par cette fête, ayant démarré par le récit de la création et de l’expulsion d’Adam au dimanche de la Tyrophagie ; puis, au travers de la croix, de la passion, de la résurrection, de la descente du Saint-Esprit et de la révélation de la Trinité, le cycle mobile du Triode a exposé le plan d’amour de Dieu pour sauver l’homme : l’économie du salut, laquelle voit sa conclusion naturelle par la sanctification des disciples du Christ.

L’office de tous les saints se combine avec celui du dimanche, ton 8.

Par les prières de ta Mère immaculée et de tous les saints, Christ notre Dieu, aie pitié de nous et sauve-nous, dans ton unique bonté & ton amour pour les hommes. Amen.

Aux heures
A tierce & à sexte : Tropaire du dimanche, ton 8. Gloire au Père. Tropaire de tous les saints. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion de tous les saints.

Tropaires des Béatitudes : 4 tropaires du dimanche, ton 8 & 4 tropaires de la 6ème ode du canon de tous les saints :
1. Souviens-toi de nous, Christ Sauveur du monde, * comme sur la croix tu t’es souvenu du bon Larron, * & rends-nous dignes, seul Seigneur compatissant, ** d’avoir tous notre part en ton royaume, dans les cieux.
2. Adam, écoute, avec Eve, réjouis-toi, * car celui qui jadis vous dépouilla tous les deux * & dont la ruse nous rendit captifs ** est anéanti par la Croix du Christ.
3. Sur l’arbre de la croix, Sauveur, tu acceptas d’être cloué * pour sauver Adam de la malédiction méritée sous l’arbre défendu * et lui rendre la ressemblance à ton image, Dieu de bonté, ** ainsi que le bonheur d’habiter le Paradis.
4. En ce jour le Christ est ressuscité du tombeau, * à tout fidèle accordant l’incorruptible vie ; * aux Myrrophores il donne l’annonce de la joie ** après ses Souffrances & sa divine Résurrection.
5. Comme pierre précieuse & choisie, * comme pierre d’angle en Sion, * les Saints, ô Christ, t’ont découvert * & sur ce roc inébranlable ils ont assis * l’édifice de leurs pierres choisies.
6. Les gouttes de ton sang, ô mon Dieu, * avec l’eau jaillissant de ton côté * ont fait surgir un monde nouveau * & convoqué auprès de toi * la divine assemblée de tous les Saints.
7. Pieusement nous chantons * la divine assemblée des Martyrs * rayonnante de grâce & de splendeur * dans leurs habits de sang vermeil * & la pourpre de leurs rudes combats.
8. Tous ensemble, nous te chantons * comme la Mère de Dieu en vérité : * grâce à toi la nature féminine fut affermie ; * pour le Christ elle a combattu * & s’est illustrée par toutes sortes de vertus.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 8 : Tu es descendu du lieu très-haut, toi qui es compatissant. * Tu as souffert l’ensevelissement durant trois jours, * pour nous libérer des passions. * Notre vie et notre résurrection, Seigneur, gloire à toi !
2. Tropaire de tous les saints, ton 4 : Parée du sang de tes martyrs du monde entier * comme de pourpre et de lin, * ton Église te clame par leur intercession, ô Christ Dieu : * « Étends ta compassion sur tes fidèles ; ** accorde la paix à ton peuple et à nos âmes la grande miséricorde. »
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
4. Kondakion de tous les saints, ton 8 : Comme prémices de la nature, à Toi qui fais pousser la création, * le monde entier t’offre, Seigneur, les martyrs théophores ; * garde ton Église dans une paix profonde, par leurs supplications ** et par les prières de la Mère de Dieu, ô Très- miséricordieux.

Prokimena
Du dimanche, ton 8 :
R/. Rendez hommage et faites offrande au Seigneur notre Dieu. (Psaume 75, 12)
V/. Dieu est connu en Judée, en Israël grand est son nom. (Psaume 75, 1)
De tous les saints, ton 4 :
R/. Dieu est admirable dans ses saints, le Dieu d’Israël. (Psaume 76, 36)

Epître :
Du dimanche de tous les saints : Hébreux (§ 330) XI, 33 – XII, 2..
Puis donc que nous sommes environnés d’une si grande nuée de témoins, dégageons-nous de tout le poids qui nous abat, et des pièges qui nous assiègent, et courons par la patience dans cette carrière qui nous est ouverte.

Alleluia
De tous les saints, ton 4 :
V/. Par la Parole du Seigneur, les cieux ont été affermis, et par l’Esprit de sa bouche, toute leur puissance.
V/. Depuis les cieux, le Seigneur a regardé, il a vu tous les fils des hommes.

Evangile :
Du dimanche de tous les saints :
Matthieu (§ 38) X, 32-33, 37-38 ; XIX, 27-30..
Quiconque donc me confessera et me reconnaîtra devant les hommes, je le reconnaîtrai aussi moi-même devant mon Père qui est dans les cieux.

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux (Psaume 148, 1).
De tous les saints : Réjouissez-vous, justes, dans le Seigneur ; aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1). Alléluia, alléluia, alléluia.

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Programme de la sainte Pentecôte

Fête patronale de la Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité:

  • le samedi 3 juin 2017 du calendrier grégorien – 21 mai 2017 du calendrier julien, vigile de toute la nuit (grandes vêpres & matines) à 18h.
  • le dimanche 4 juin 2016 du calendrier grégorien – 22 mai 2017 du calendrier julien, divine liturgie de saint Jean Chrysostome de 9h15 (précédée des heures de tierce & sexte à 8h55).
  • Après la liturgie, diaporama dans les locaux paroissiaux de l’association EEChO (Enjeux de l’Etude du Christianisme des Origines : « de la Pentecôte juive à la Pentecôte apostolique »
  • Pique-nique paroissial organisé ensuite dans les jardins de l’Abbaye de La Source.
  • Vers 15h, vêpres de l’agenouillement (fin du temps pascal).

 

La Pentecôte est l’une des douze grandes fêtes de l’année. Le cinquantième jour après Pâques célèbre la descente du Saint-Esprit sur les disciples au Cénacle, à l’heure de Tierce.

L’Eglise de Jérusalem, au témoignage de la pèlerine Egérie au IVème siècle, célébrait à la Pentecôte non seulement la descente du Saint-Esprit – en se rendant à Sion à la troisième heure – mais également l’Ascension en se rendant au Mont des Oliviers pour les vêpres. A la suite du second Concile œcuménique, la fête de l’Ascension fut célébrée à la fin du IVème siècle au quarantième jour. Cependant, comme l’atteste le Lectionnaire arménien au début du Vème siècle, la station au Mont des Oliviers fut maintenue à Jérusalem à la dixième heure où l’on faisait trois prières solennelles d’agenouillement après des lectures, ce qui est l’origine des actuelles vêpres de l’agenouillement au soir de la Pentecôte. Cet agenouillement solennel à la clôture du temps pascal rappelle que – conformément au dernier canon du Ier concile de Nicée de 325 -, les chrétiens ne doivent pas s’agenouiller lorsqu’ils célèbrent la résurrection du Christ, savoir les dimanches et durant tout le temps de la cinquantaine pascale.

Dans le rit byzantin, la fête de la Pentecôte est également celle de la Très-Sainte Trinité, l’Esprit-Saint nous faisans adorer en vérité un seul Dieu en trois personnes par la révélation qu’il nous fait de la vie divine.

De ce fait, c’est donc la fête patronale de la paroisse catholique russe de Paris, dont l’église est dédiée à la Très-Sainte Trinité.

Par les prières de tes Apôtres, Christ notre Dieu, aie pitié de nous. Amen.

VIGILE DE LA PENTECOTE : GRANDES VEPRES & MATINES – SAMEDI 3 JUIN A 18h

Evangile de matines :
De la fête : Jean (§ 65) XX, 19-23.
Ayant dit ces mots, il souffla sur eux, et leur dit : Recevez le Saint-Esprit.

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DIVINE LITURGIE – DIMANCHE 4 JUIN A 9h15

Aux heures
Tropaire de la fête. Gloire au Père. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : de la fête.

Les psaumes des typiques ainsi que les Béatitudes, au début de la liturgie dominicale, sont remplacées par les trois antiennes suivantes :

Première antienne, ton 2 – Psaume XVIII
V/. Les cieux racontent la gloire de Dieu, * et l’œuvre de ses mains, le firmament l’annonce.
R/. Par les prières de la Mère de Dieu, * Sauveur, sauve-nous.
V/. Le jour au jour proclame la Parole, * et la nuit à la nuit annonce la connaissance.
R/. Par les prières de la Mère de Dieu, * Sauveur, sauve-nous.
V/. Leur son a retenti par toute la terre, * et leur parole jusqu’aux extrémités du monde.
R/. Par les prières de la Mère de Dieu, * Sauveur, sauve-nous.
V/. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit, * Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
R/. Par les prières de la Mère de Dieu, * Sauveur, sauve-nous.

Seconde antienne, ton 2 – Psaume XIX
V/. Que le Seigneur t’exauce au jour de la tribulation, * que le Nom du Dieu de Jacob te protège.
R/. Sauve-nous, Consolateur, Dieu bon, * nous qui te chantons : « Alléluia ! »
V/. Que du sanctuaire, il t’envoie son secours, * et que de Sion il t’apporte son soutien.
R/. Sauve-nous, Consolateur, Dieu bon, * nous qui te chantons : « Alléluia ! »
V/. Qu’il te donne selon ton cœur * et qu’il accomplisse tous tes desseins.
R/. Sauve-nous, Consolateur, Dieu bon, * nous qui te chantons : « Alléluia ! »
V/. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit, * Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
Fils unique & Verbe de Dieu, qui es immortel & qui, pour notre salut, as voulu t’incarner de la sainte Mère de Dieu & toujours Vierge Marie, qui, sans changer, t’es fait homme, as été crucifié, Christ-Dieu, et par ta mort as vaincu la mort, l’un de la sainte Trinité, glorifié avec le Père et le Saint-Esprit, sauve-nous.

Troisième antienne, ton 8 – Psaume XX
V/. Seigneur, en ta force le roi se réjouit ; * et pour ton salut, il exulte grandement.
R/. Béni es-tu, Christ, notre Dieu, * qui a rendu très-sages des pécheurs, * leur envoyant le Saint-Esprit, * & qui par eux, pris au filet le monde entier, ** Ami des hommes, gloire à toi.
V/. Tu lui as accordé ce que son cœur désirait ; * tu ne lui a pas refusé ce que souhaitaient ses lèvres.
R/. Béni es-tu, Christ, notre Dieu, * qui a rendu très-sages des pécheurs, * leur envoyant le Saint-Esprit, * & qui par eux, pris au filet le monde entier, ** Ami des hommes, gloire à toi.
V/. Car tu l’as prévenu de bénédictions pleines de douceur, * tu as posé sur sa tête une couronne de pierres précieuses.
R/. Béni es-tu, Christ, notre Dieu, * qui a rendu très-sages des pécheurs, * leur envoyant le Saint-Esprit, * & qui par eux, pris au filet le monde entier, ** Ami des hommes, gloire à toi.

A la petite entrée :
1. Isodikon de la fête : Sois exalté, Seigneur, dans ta puissance, nous chanterons et jouerons des psaumes pour tes grandes œuvres.
2. Tropaire de la Pentecôte, ton 8 : Béni es-tu, Christ, notre Dieu, * qui a rendu très-sages des pécheurs, * leur envoyant le Saint-Esprit, * & qui par eux, pris au filet le monde entier, ** Ami des hommes, gloire à toi.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
4. Kondakion de la Pentecôte, ton 8 : Lorsque Tu descendis pour confondre les langues, * Tu dispersas les nations, ô Très-Haut ; * mais lorsque Tu distribuas les langues de feu, * Tu nous appelas tous à l’unité. ** Aussi d’une seule voix glorifions-nous le très saint Esprit.

A la place du Trisaghion :
R/. Vous tous qui avez été baptisés en Christ, * vous avez revêtu le Christ. * Alléluia. (3 fois)

Prokimenon :
De la fête, ton 8 :
R/. Leur son a retenti par toute la terre, et leur parole jusqu’aux extrémités du monde (Psaume 18, 5).
V/. Les cieux racontent la gloire de Dieu, et l’œuvre de ses mains, le firmament l’annonce (Psaume 18, 2).

Epître :
De la fête : Actes des Apôtres (§ 3) II, 1-11.
Aussitôt ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et ils commencèrent à parler diverses langues, selon que le Saint-Esprit leur mettait les paroles en la bouche.

Alleluia :
De la fête, ton 1 :
V/. Par la Parole du Seigneur, les cieux ont été affermis, et par l’Esprit de sa bouche, toute leur puissance.
V/. Depuis les cieux, le Seigneur a regardé, il a vu tous les fils des hommes.

Evangile :
De la fête : Jean (§ 27) VII, 37-52 ; VIII, 12.
Ce qu’il entendait de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui : car l’Esprit n’avait pas encore été donné, parce que Jésus n’était pas encore glorifié.

A la commémoraison de la Très-Sainte Mère de Dieu durant l’anaphore eucharistique (de la fête)
Mégalynaire : Les Apôtres, contemplant la descente du Consolateur, étaient frappés d’admiration, lorsque, sous la forme de langues de feu, leur apparut le Saint-Esprit.
Hirmos : Réjouis-toi, Reine, tu as la gloire d’être Vierge et Mère. Les langues les plus habiles et les plus éloquentes ne peuvent discourir ni te chanter dignement. Toute intelligence est impuissante à comprendre ton enfantement. Aussi te glorifions-nous d’une même voix.

Verset de communion
De la Pentecôte : Ton Esprit bon me conduira dans la terre de rectitude (Psaume 142, 10). Alléluia, alléluia, alléluia.

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VEPRES DE L’AGENOUILLEMENT – DIMANCHE 4 JUIN VERS 15h

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Programme de l’Ascension

Ascension du SeigneurParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le jeudi 25 mai 2017 du calendrier grégorien – 12 mai 2017 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Le jeudi de la sixième semaine, quarantième jour après Pâques, on célèbre la fête de l’Ascension de notre Seigneur Jésus-Christ, qui est survenue en ce jour (Actes I, 3). Primitivement, l’Ascension était célébrée le dimanche de la Pentecôte, avec la descente du Saint-Esprit, unissant ainsi en une seule fête les mystères de la glorification du Christ ; cette disposition première est attestée par Eusèbe de Césarée (en 332 et vers 335-340) et semble l’être également par le récit du pèlerinage à Jérusalem d’Egérie (vers 383). L’institution d’une fête propre au quarantième jour après Pâques, distincte de la Pentecôte, paraît remonter au dernier quart du IVème siècle – probablement après le premier Concile œcuménique de Constantinople de 381 qui défendit la divinité de l’Esprit-Saint – et il est possible que saint Grégoire de Nysse – dont on possède l’homélie pour l’Ascension de 388 – en fusse, sinon l’initiateur – du moins l’un des premiers propagateurs.

L’Ascension est l’une des 12 grandes fêtes de l’année liturgique byzantine.

Aux heures
Tropaire de la fête. Gloire au Père. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion de la fête.

Première antienne, Psaume 46, ton 2
Tous les peuples, battez des mains, * acclamez Dieu en cris de joie.
Refrain : Par les prières de la Mère de Dieu, Sauveur, sauve-nous.
Car le Seigneur est le Très-Haut, le redoutable, * le Roi grand sur toute la terre.
Il nous soumet les nations, * il met les peuples sous nos pieds.
Dieu monte dans l’acclamation, * le Seigneur, aux éclats du cor.
Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit. Et maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.

Seconde antienne, Psaume 47, ton 2
Grand est notre Dieu & louable hautement, * dans la cité de notre Dieu sur sa sainte montagne.
Refrain : Sauve-nous, Fils de Dieu, monté aux cieux dans la gloire, nous qui te chantons : Alléluia !
Le mont Sion * du côté de l’Aquilon, est la cité du grand Roi.
Dieu, du milieu de ses remparts, * s’est révélé son protecteur.
Car voici les rois de la terre se réunissent * pour se liguer contre elle.
Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit. Et maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen. (et tropaire de l’empereur Justinien)

Troisième antienne, Psaume 48, ton 4
Ecoutez ceci, tous les peuples, * prêtez l’oreille, tous les habitants de l’univers.
Tropaire, ton 4 : Tu t’es élevé dans la gloire, * Christ notre Dieu, * ayant par la promesse du Saint-Esprit * rempli de joie tes disciples affermis par ta bénédiction ; ** car tu es le Fils de Dieu, le libérateur du monde.
Gens de la terre & fils des hommes, * riches & pauvres, tous ensembles.
Ma bouche dira la sagesse, * et le murmure de mon cœur, l’intelligence.
Je prêterai l’oreille aux sentences inspirées, * je vais développer mon thème sur la harpe.

A la petite entrée :
1. Isodikon de la fête : Dieu se lève au milieu des acclamations, * le Seigneur est monté aux éclats du cor.
2. Tropaire de la fête, ton 4 : Tu t’es élevé dans la gloire, * Christ notre Dieu, * ayant par la promesse du Saint-Esprit * rempli de joie tes disciples affermis par ta bénédiction ; ** car tu es le Fils de Dieu, le libérateur du monde.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
4. Kondakion de la fête, ton 6 : Ayant accompli ton dessein de salut pour nous, * et uni ce qui est sur terre à ce qui est aux cieux, * Tu T’es élevé dans la gloire, Christ notre Dieu, * sans nullement nous quitter, mais en demeurant inséparable de nous * et clamant à ceux qui T’aiment : ** Je suis avec vous et personne ne prévaudra contre vous.

Prokimen
De la fête, ton 7 :
R/. Le Seigneur s’est élevé au-dessus des cieux, * & sa gloire s’étend sur toute la terre.
V/. Mon cœur est prêt, ô Dieu, mon cœur est prêt, je veux chanter pour toi.

Epître :
De l’Ascension : Actes des Apôtres (§ 1) I, 1-12.
Hommes de Galilée, pourquoi vous arrêtez-vous à regarder au ciel ? Ce Jésus, qui en se séparant de vous s’est élevé dans le ciel, viendra de la même manière que vous l’y avez vu monter.

Alleluia
De la fête, ton 2 :
V/. Dieu se lève au milieu des acclamations, le Seigneur aux éclats du cor. (Psaume 46, 6)
V/. Tous les peuples, battez des mains, acclamez Dieu en cris de joie. (Psaume 46, 2)

Evangile :
De l’Ascension : Luc (§ 114) XXIV, 36-53.
Après cela il les mena dehors, vers Béthanie ; et ayant levé les mains, il les bénit ; et en les bénissant, il se sépara d’eux, et fut enlevé au ciel. Pour eux, après l’avoir adoré, ils s’en retournèrent à Jérusalem remplis de joie. Et ils étaient sans cesse dans le temple, louant et bénissant Dieu. Amen !

A la commémoraison de la Très-Sainte Mère de Dieu durant l’anaphore eucharistique
Magnifie, ô mon âme, magnifie * celui qui monta corporellement, * dans sa divine gloire, * de la terre jusqu’au ciel, * le Christ notre Source de vie.
Dépassant notre esprit et notre entendement, * tu mis au monde et dans le temps * le Seigneur intemporel : * Mère de Dieu, d’une même voix et d’un seul cœur, * nous les fidèles, nous te magnifions.

Verset de communion
De la fête : Dieu monte parmi l’acclamation, le Seigneur aux éclats du cor. (Psaume 46, 6). Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme du dimanche de l’Aveugle-né – manne de saint Jean – ton 5

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 21 mai 2017 du calendrier grégorien – 8 mai 2017 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

La lecture de l’évangile de l’Aveugle-né au VIème dimanche de Pâques est d’origine constantinopolitaine ; l’hymnographie de ce dimanche est donc essentiellement d’origine constantinopolitaine, comme le Pentecostaire en général. Dans la tradition de Jérusalem, on lisait ce dimanche l’évangile de Jean II, 12-25 : Jésus chassant les marchants du temple & annonçant sa résurrection le troisième jour. Cet évangile est lu dans la tradition de Constantinople le vendredi de la Semaine Lumineuse.

Dans la tradition occidentale, et plus spécialement provençale, l’Aveugle-né, devenu disciple du Christ après sa guérison, quitta la Judée après la Pentecôte et arriva à Marseille avec un groupe de disciples parmi lesquels figuraient Lazare & Maximin, Marthe & Marie-Madeleine. Il est connu dans la tradition provençale sous le nom de Sidoine, et sous le surnom de Restitut, qui fait allusion au miracle du Seigneur lui ayant restitué la vue.

Saint Sidoine Restitut fut le second évêque d’Aix après saint Maximin, ayant d’abord été évêque de Saint-Paul-Trois-Châteaux.

*

Nous fêtons aussi en ce jour le miracle de la manne qu’exsudait le tombeau du saint Apôtre & Evangéliste Jean le Théologien à Ephèse.

Saint Jean l’Evangéliste (dont le repos est fêté le 26 septembre dans l’Eglise byzantine) est le rédacteur du IVème évangile. Jean résida principalement à Ephèse après la Pentecôte, où il aurait composé son évangile, selon le témoignage de saint Irénée qui avait rencontré saint Polycarpe de Smyrne, disciple de saint Jean. Au témoignage de Tertullien (et aussi de saint Jérôme), Jean fut emmené à Rome pendant la persécution de Domitien (95) où il fut plongé dans de l’huile bouillante, dont il sortit miraculeusement saint et sauf (ce miracle est commémoré par l’Eglise romaine le 6 mai, en la fête de « saint Jean près la Porte Latine ») ; saint Jean fut ensuite exilé sur l’île de Patmos où il reçut la Révélation (l’Apocalypse). Après la mort de Domitien, Jean retourna à Ephèse où il s’endormit dans le Seigneur vers l’an 100 à un âge très avancé.

Tombeau de saint Jean à Ephèse.

Selon les témoignages antiques, son tombeau à Ephèse exsudait une manne ou cendre, laquelle avait la propriété de guérir de nombreux malades (comme le font les tombeaux de saint Nicolas ou encore de saint Dimitri de Thessalonique). L’existence de cette manne ou cendre de saint Jean est déjà rapportée par saint Augustin (354 † 430) (In Joannis Evangelium tractatus 124, 2 – Patrologie latine 35, 1970-1971), qui évoque « le jaillissement d’une poussière » qui « monte des profondeurs jusqu’à la surface du tombeau » ou encore par saint Grégoire de Tous :

Et maintenant son sépulcre vomit, aujourd’hui encore, de la manne semblable à de la farine : les bienheureuses reliques qui en sont tirées, répandues dans le monde entier, apportent la santé aux malades.
(Saint Grégoire de Tours, Miraculum liber I, De gloria martyrum 29)

Au VIème siècle toujours, l’écrivain Ephrem d’Antioche rapporte ceci :

On l’avait, en effet, enterré sur son ordre, disent-ils, dans un endroit déterminé et, quand on le rechercha aussitôt après, on ne put le retrouver, mais on ne découvrit que la matière sanctifiante qui émanait du lieu où on l’avait mis un instant et où nous puisons comme à une source de sainteté cette myrrhe de sanctification.
(Ephrem d’Antioche, Réponse à Anatolius le Scholastique, in Photius, Bibliotheca, cod. 229)

Au IXème siècle, Paschase Radbert confirme l’existence encore de la manne de saint Jean à son époque :

Ce que la plupart affirment aussi à propos du bienheureux Jean l’Evangéliste, son serviteur, vierge auquel la Vierge a été confiée par le Christ : à savoir que dans son tombeau, on ne trouve, dit-on, rien d’autre que de la manne & qu’on la voit même jaillir.
Paschase Radbert, Lettre du bienheureux Jérôme à Paula et Eustochium. Sur l’Assomption de la sainte Vierge Marie, 10.

La chronique du catalan Ramon Muntaner, écrite de 1325 à 1332, est sans doute l’un des derniers témoins qui en parle très précisément :

Dans cedit lieu d’Ephèse est le tombeau dans lequel monseigneur saint Jean l’Evangéliste se plaça quand il eut pris congé du peuple ; et puis on vit un nuage comme de feu, dans lequel, croit-on, il monta en corps et en âme. Et cela parait bien par le miracle que l’on voit chaque année à ce même tombeau. (…) A l’heure des vêpres, il commence à sortir de ce monument – situé au pied de l’autel, celui-ci comporte quatre angles et une belle plaque de marbre placée au-dessus, qui a bien douze paumes de long et cinq de large, et est percée en son milieu par neuf trous fort petits – et de chacun de ces neuf trous, quand on commence (…) à dire les vêpres de saint Jean, il sort une manne ressemblant à du sable, qui s’élève bien à une paume au-dessus de la pierre, et qui s’en écoule comme un petit jet d’eau. (…) Et cela continue toute la nuit, et puis tout le jour de saint Jean, jusqu’à ce que le soleil soit couché. Et ainsi la quantité de cette manne est telle, lorsque le soleil s’est couché & que cette manne a cessé de sortir, que dans l’ensemble il y a bien trois quarterades de Barcelonne. Et cette manne est merveilleusement bonne pour beaucoup de choses.
Ramon Muntaner, Chronique 206.

Le synaxaire byzantin note pour la date du 8 mai :

1. Mémoire du saint Apôtre & Evangéliste, celui que Jésus aimait & qui s’était penché sur sa poitrine, le vierge Jean le Théologien, c’est-à-dire cérémonie des rosalia & récolte de la manne.
2. Le même jour, on célèbre la synaxe de la sainte poussière qui sort de son tombeau. (…) Et chaque année, le huitième jour de mai, sur un signe de l’Esprit Saint, le tombeau dans lequel on enterra le grand Apôtre & Evangéliste Jean lorsqu’il s’apprêtait à mourir fait jaillir et distribue une sainte poussière, que les gens du lieu appellent manne. Les fidèles qui s’y rendent la prennent et s’en servent pour se libérer de toute sorte de maux, pour la guérison de leurs âmes, pour la vigueur de leur corps, tout en rendant gloire à Dieu et en honorant son serviteur & théologien Jean.

Ce texte nous apprend donc que la manne exsudait du tombeau de saint Jean principalement le 8 mai et qu’on pratiquait alors sur ce tombeau la cérémonie des rosalia, coutume antique qui consistait à couvrir de roses le tombeau d’un saint.

Les archéologues ont retrouvé – non seulement à Ephèse mais dans des lieux parfois fort éloignés, comme en Egypte – des petites ampoules de terre cuite représentant l’Evangéliste, qui devaient contenir cette manne et devaient être distribuées aux pèlerins, mais aussi des petites cuillères marquées du nom de saint Jean et de sa manne, qui devaient servir à la distribuer aux malades.

Le tombeau de saint Jean se trouve dans les faubourgs d’Ephèse (à Agios Theológos – Άγιος Θεολόγος – aujourd’hui Selçuk). Un martyrium fut édifié au-dessus de ce tombeau sous Constantin, puis une première basilique de plus de 80 m de long fut construite par Théodose et utilisée aux conciles d’Ephèse de 431 & 449. En mauvais état au VIème siècle, Justinien la fait reconstruire, de 535 à 540, encore plus grande, sur un plan basilical en trois nefs. De dimensions considérables (130 m de long sur 65 de large), le bâtiment fut longtemps l’un des plus grands sanctuaires de la Chrétienté, ses ruines toujours imposantes en témoignent encore de nos jours. L’archéologie a confirmé que la chambre funéraire sous l’autel date des Ier-IInd siècles et qu’elle est située dans une nécropole romaine qui continua à être utilisée aux IIIème & IVème siècles.

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de l’Apôtre. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion de l’Apôtre.
A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de l’Apôtre. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion de l’Aveugle-né.

Tropaires des Béatitudes : 4 tropaires du dimanche, ton 5, 4 tropaires de la 3ème ode du canon du Triode fleuri (de l’Aveugle-Né) & 4 tropaires de la 6ème ode du canon de l’Apôtre, œuvre de saint Théophane le Marqué, l’Hymnographe, métropolite de Nicée (c. 778 † 845) :
1. Le bon Larron sur la croix * eut foi en ta divinité, ô Christ ; * il te confessa d’un cœur sincère en s’écriant : ** De moi, Seigneur, en ton royaume souviens-toi.
2. Sur le bois de la croix * pour nous les hommes tu fis fleurir la vie * et se flétrir la malédiction de l’arbre défendu : ** Sauveur & Créateur, nous te chantons d’un même chœur.
3. Par ta mort, ô Christ, * tu as brisé la force de la mort, * ressuscitant tous les morts depuis Adam, ** qui te chantent comme vrai Dieu & Sauveur du genre humain.
4. Venues à ton sépulchre, Sauveur, * les saintes Femmes te cherchaient * pour embaumer la Source de vie, ** mais un Ange leur apparut pour leur dire : Il est ressuscité, le Seigneur !
5. Seigneur qui fus crucifié entre deux larrons, * délivre du brigandage des passions * ceux qui chantent d’une même voix * ta Crucifixion & ta sainte Résurrection.
6. Au sépulchre on déposa ton corps sans vie, * ô Christ qui donnes vie à tous les morts ; * mais, Seigneur & Verbe, tu es ressuscité * et, par ta puissance divine, tu as vidé tous les tombeaux.
7. O Christ, après ta résurrection, * tu dis à tes amis : Demeurez à Jérusalem * jusqu’à ce que vous soyez revêtus * de la force d’en-haut et d’une invincible protection.
8. Formant de la boue, tu enduisis les yeux * de l’Aveugle-né auquel tu accordas la vue * et qui chanta, Verbe de Dieu, * ton ineffable puissance ayant sauvé l’univers.
9. L’abîme de mes fautes, la houle du péché * me troublent et me poussent violemment * vers le gouffre du désespoir ; * tends vers moi ta puissante main * et comme Pierre sur les flots ** sauve-moi, ô divin Nautonier.
10. D’avance en figure Isaïe * a vu la braise du feu divin * qui, purifiant ses lèvres, lui permit * de commencer sa prophétie ; * et toi, tu reposas, bienheureux Jean, ** sur la poitrine du Verbe incarné.
11. Le Verbe, Fils unique, siégeant * dans le sein du Père, tu l’as vu * en son corps, bienheureux Jean, * et, comme à son disciple bien-aimé, * il t’exposa que personne jamais ** n’a vu Dieu de façon incorporelle.
12. Vierge Mère de Dieu toute-digne de nos chants * qui enfantas le reflet de la splendeur paternelle, * veuille répandre sur mon âme ta clarté, * car, en possédant ta grâce, * les véritables adorateurs ** ont repoussé les bavardages des rhéteurs.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 5 : Fidèles, chantons et adorons le Verbe * coéternel au Père et à l’Esprit. * Il est né de la Vierge pour notre salut, * Il a daigné dans sa chair monter sur la Croix et supporter la mort, * afin de ressusciter les morts ** par sa glorieuse Résurrection.
2. Tropaire de l’Apôtre, ton 2 : Apôtre bien-aimé du Christ Dieu, * hâte-toi de délivrer un peuple sans défense, * car Celui qui t’a permis de te reposer sur sa poitrine, * t’accueillera tombant à ses pieds afin d’intercéder pour nous ; * prie-Le, ô Théologien, * de dissiper les sombres nuages de l’incroyance ** et implore-Le de nous accorder la paix et la grande miséricorde.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion de l’Apôtre, ton 2 : Qui dira la grandeur de ta vie virginale ? * Tu es une source de miracles, tu dispenses les guérisons * et tu intercèdes pour nos âmes, ** car tu es le Théologien et l’ami du Christ.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion de l’Aveugle-né, ton 4 : Les yeux de mon âme étant aveugles, * je viens à toi, ô Christ, * comme l’aveugle de naissance, * et avec repentir je te clame : ** pour ceux des ténèbres tu es la suprême clarté.

Prokimen
De l’Aveugle-né, ton 8 :
R/. Rendez hommage et faites offrande au Seigneur notre Dieu.
V/. Dieu est connu en Judée, en Israël grand est son nom.
De l’Apôtre, ton 8 :
R/. Par toute la terre a retenti leur message, & leur parole jusqu’aux limites du monde (Psaume 18, 5).

Epîtres :
De l’Aveugle-né : Actes des Apôtres (§ 38) XVI, 16-34.
Croyez au Seigneur Jésus, et vous serez sauvé, vous et votre famille.
De l’Apôtre : I Jean (§ 68) I, 1–7.
Le Verbe de vie, qui était dès le commencement, que nous avons entendu, que nous avons vu de nos yeux, que nous avons regardé avec attention, et que nous avons touché de nos mains, car la Vie s’est rendue visible.

Alleluia
De l’Aveugle-né, ton 8 :
V/. Regarde vers moi et aie pitié de moi.
V/. Selon ta parole dirige mes pas.
De l’Apôtre, ton 1 :
V/. Les cieux rendent grâce pour tes merveilles, Seigneur, pour ta fidélité, dans l’assemblée des saints (Psaume 88, 6).

Evangile :
De l’Aveugle-né : Jean (§ 34) IX, 1-38.
Après avoir dit cela, il cracha à terre, et ayant fait de la boue avec sa salive, il oignit de cette boue les yeux de l’aveugle.
De l’Apôtre : Jean (§ 61) XIX, 25–27 & XXI, 24–25.
Puis il dit au disciple : Voilà votre mère. Et depuis cette heure-là, ce disciple la prit chez lui.

A la commémoraison de la Très-Sainte Mère de Dieu durant l’anaphore eucharistique
L’ange chanta à la Pleine de grâce : Réjouis-toi, Vierge très pure, je répète, réjouis-toi ! Ton Fils en vérité est ressuscité après trois passés dans le tombeau ; et Il a redressé les morts : fidèles, soyez dans l’allégresse !
Resplendis, resplendis, nouvelle Jérusalem, car sur toi la gloire du Seigneur s’est levée. Réjouis-toi et exulte, Sion, et toi, Mère de Dieu très pure, réjouis-toi, car ton Fils est ressuscité ! Alléluia !

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux.
De l’Apôtre : Par toute la terre a retenti leur message, & leur parole jusqu’aux limites du monde (Psaume 18, 5). Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme du dimanche de la Samaritaine – ton 4

Le Christ rencontre la SamaritaineParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 14 mai 2017 du calendrier grégorien – 1er mai 2017 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

L’origine de la célébration de la Samaritaine au IVème dimanche de Pâques est constantinopolitaine ; l’hymnographie de ce dimanche est donc essentiellement d’origine constantinopolitaine, comme du reste l’essentiel du Pentecostaire, et plus spécialement d’origine Studite (Joseph le Studite, archevêque de Thessalonique, est l’auteur du canon de la Samaritaine, lequel, à vrai dire, ne chante celle-ci que dans le 4ème tropaire de chaque ode).

Selon la tradition byzantine, la Samaritaine, reçut ultérieurement le baptême, portant le nom de Photine. Ses sept enfants et elle furent martyrisés sous l’empereur Néron.

Au VIème siècle, l’empereur Justinien fit transporter avec grand honneur depuis Sichar jusqu’à Constantinople la margelle du puits et la pierre où le Christ s’était assis pour parler à la Samaritaine, et les fit placer devant le narthex de Sainte-Sophie qu’il avait faite construire.

Par les prières de ta sainte martyre Photine, Christ notre Dieu, aie pitié de nous. Amen.

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Ce dimanche suit aussi le mercredi de la mi-Pentecôte, la moitié du temps pascal : la mi-Pentecôte est l’écho glorieux de la mi-Carême. Cette fête a dû être célébrée dès la fin du IVème siècle : le Cappadocien saint Amphiloque d’Iconium prononce une homélie à cette occasion dans laquelle il remarque : « Le Seigneur est médiateur (mesitès) ; médiane aussi est la fête (mesè kai hè heortè). Car le milieu est toujours assuré par les extrémités. »

La célébration du mercredi de la mi-Pentecôte est attesté en Occident (saint Pierre Chrysologue prononce une homélie pour cette fête à Ravenne au Vème siècle), mais cette fête ne s’est maintenue par la suite qu’en Orient. Le thème de la sagesse et de l’enseignement doctrinal développé par les textes liturgiques byzantins de la mi-Pentecôte sont à relier à la tradition de tenir en ce jour (ou dans son octave) les synodes ou conciles provinciaux (le 5ème canon du concile de Nicée de l’an 325 demande que l’un des deux synodes provinciaux annuels ait lieu avant l’Ascension). L’évangile de la mi-Pentecôte (Jean VII, 14-30) montre justement Jésus enseignant dans le Temple « au milieu de la fête » (même s’il s’agissait ici plus vraisemblablement de la fête des Tabernacles et non de celle de la Cinquantaine pascale). Cet évangile est le préambule au magnifique discours sur l’eau vive (Jean VII, 37-52), qui sera lu dans le rit byzantin à la Pentecôte, mais que le tropaire et le kondakion de la mi-Pentecôte chantent d’ores et déjà. La mi-Pentecôte est précédée elle-même du dimanche du paralytique de la Piscine probatique et suivie du dimanche de la Samaritaine : le rit byzantin, par cette admirable catéchèse liturgique autour de l’eau comme symbole de la vie donnée par l’Esprit Saint, prépare déjà les fidèles à la fête de la Pentecôte.

La fête de la mi-Pentecôte est dotée d’une octave dans le rit byzantin, c’est pourquoi l’on reprend ses tropaire et kondakion le dimanche de la Samaritaine.

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Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche, ton 4. Gloire au Père. Tropaire de la mi-Pentecôte. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion de la Samaritaine.
A sexte : Tropaire du dimanche, ton 4. Gloire au Père. Tropaire de la mi-Pentecôte. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion de la Mi-Pentecôte.

Tropaires des Béatitudes : 4 tropaires du dimanche, ton 4, 4 tropaires de la 3ème ode du 2 canon de la Samaritaine (œuvre de saint Théodore Studite (759 † 826), archevêque de Thessalonique) & 4 tropaires de la 6ème ode du 2nd canon du Triode fleuri (de la mi-Pentecôte, œuvre de Saint André de Crète, évêque de Gortyne (c. 660 † 740)) :

1. A cause de l’arbre défendu * Adam fut exilé du Paradis, mais par l’arbre de la croix le Larron y entra ; * car l’un, goûtant de son fruit, méprisa le commandement du Créateur, * l’autre, partageant ta crucifixion, confessa ta divinité : ** Souviens-toi de moi dans ton royaume.
2. Seigneur exalté sur la Croix, * tu as brisé la puissance de la mort, * effaçant la cédule écrite contre nous ; * accorde-nous la repentance du Larron * et donne à tes fidèles serviteurs, ô Christ notre Dieu, * de te crier comme lui : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
3. D’un coup de lance, sur la croix * tu as déchiré la cédule écrite contre nous ; * et, compté parmi les morts, tu as enchaîné le prince de l’Enfer, * délivrant tous les hommes des liens de la mort * par ta Résurrection, dont la lumière a brillé sur nous ; * Seigneur ami des hommes, nous te crions : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
4. Crucifié & ressuscité du tombeau, * Dieu tout-puissant, le troisième jour, * avec toi, seul Immortel, tu ressuscitas le premier homme, Adam ; * donne-moi, Seigneur, de prendre aussi la voie du repentir * afin que, de tout mon cœur * & dans l’ardeur de ma foi, je te crie : ** Souviens-toi de moi, Sauveur, en ton royaume.
5. Verbe, tu fus mis en croix selon ton bon vouloir, * et les rochers se fendirent en te voyant, * l’entière création trembla d’effroi, ** comme d’un songe les morts s’éveillèrent des tombeaux.
6. Les âmes des justes, ô Verbe, te voyant * descendre avec ton âme aux Enfers, * échappèrent aux liens qui depuis les siècles les retenaient ** et chantèrent ta puissance qui dépasse tout esprit.
7. Pourquoi ce trouble, pourquoi, ô Femmes, cherchez-vous * avec la myrrhe le Seigneur dans le tombeau ? * Il est debout, et le monde avec lui s’est réveillé, ** disait aux Myrrhophores un Ange resplendissant.
8. Prince de vie & source d’immortalité, * près de la source tu t’es assis, * comblant la Samaritaine, en ta bonté, ** des ondes de sagesse qu’elle implorait de toi.
9. Toi qui embrasses tout l’univers, * Jésus, tu vins dans le Temple & tu enseignas * aux foules ta parole de vérité, ** au milieu de la fête, comme dit l’Evangéliste saint Jean.
10. Ouvrant tes lèvres, Seigneur, * au monde tu annonças le Père intemporel * et l’Esprit de sainteté, ** leur demeurant consubstantiel même après l’incarnation.
11. L’œuvre du Père, tu l’accomplis, * ta parole fut par tes œuvres confirmée, * tu fis des guérisons & des miracles, Sauveur, ** redressant le Paralytique, purifiant les lépreux et ressuscitant les morts.
12. Le Fils intemporel est entré dans le temps, * il s’est fait homme en assumant notre condition ; * au milieu de la fête il enseignait en disant : ** Courrez vers la source intarisable où l’on puise la vie.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 4 : Ayant appris de l’Ange la prédication lumineuse de la Résurrection, * et le terme de l’ancestrale condamnation, * les femmes disciples du Seigneur * dirent, pleine de fierté, aux apôtres : * « Renversée est la mort ! * Le Christ Dieu est ressuscité, ** donnant au monde sa grande miséricorde ! »

2. Tropaire de la Mi-Pentecôte, ton 8 : Au milieu de la fête, * abreuve mon âme assoiffée des eaux de la piété, * car, ô Sauveur, Tu as clamé à tous : * Celui qui a soif, qu’il vienne à Moi et qu’il boive. ** Source de notre vie, ô Christ Dieu, gloire à Toi !
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion de la Samaritaine, ton 8 : Par sa foi, la Samaritaine, venue au puits * vit en Toi l’eau de la Sagesse ; * s’en étant abondamment abreuvée, ** elle reçut en héritage le Royaume d’en haut, car elle est digne d’être glorifiée.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion de la Mi-Pentecôte, ton 4 : Au milieu de la fête prescrite par la Loi, * Créateur & Maître de toutes choses, * Tu as dit à ceux qui se tenaient auprès de Toi, ô Christ-Dieu : * Venez puiser l’eau de l’immortalité. * Aussi nous prosternons-nous devant Toi * et disons-nous avec foi : * Accorde-nous ta compassion, ** car Tu es la source de notre vie.

Prokimen
Du dimanche de la Samaritaine, ton 3 :
R/. Sonnez pour notre Dieu, sonnez ; sonnez pour notre Roi, sonnez ! (Psaume 46, 7).
V/. Tous les peuples, battez des mains, acclamez Dieu par vos cris de joie ! (Psaume 46, 2).

Epître :
Du dimanche de la Samaritaine : Actes des Apôtres (§ 28) XI, 19-26 & 29-30.
Mais Saul se fortifiait de plus en plus, et confondait les Juifs qui demeuraient à Damas, leur prouvant que Jésus était le Christ.

Alleluia
Du dimanche de la Samaritaine, ton 4 :
V/. Va, chevauche pour la cause de la vérité, de la piété & de la justice (Psaume 44, 5).
V/. Tu aimes la justice, tu hais l’impiété (Psaume 44, 8).

Evangile :
Du dimanche de la Samaritaine : Jean (§ 12) IV, 5-42.
Jésus lui répondit : Quiconque boit de cette eau, aura encore soif : au lieu que celui qui boira de l’eau que je lui donnerai, n’aura jamais soif.

A la commémoraison de la Très-Sainte Mère de Dieu durant l’anaphore eucharistique
L’ange chanta à la Pleine de grâce : Réjouis-toi, Vierge très pure, je répète, réjouis-toi ! Ton Fils en vérité est ressuscité après trois passés dans le tombeau ; et Il a redressé les morts : fidèles, soyez dans l’allégresse !
Resplendis, resplendis, nouvelle Jérusalem, car sur toi la gloire du Seigneur s’est levée. Réjouis-toi et exulte, Sion, et toi, Mère de Dieu très pure, réjouis-toi, car ton Fils est ressuscité ! Alléluia !

Verset de communion
De Pâques : Recevez le corps du Christ, goûtez à la source immortelle.
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux (Psaume 148, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.

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