Programme du dimanche des 318 saints Pères du Concile de Nicée – ton 6

Dimanche des 318 saints Pères du Concile de Nicée en 325Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 31 mai 2020 du calendrier grégorien – 18 mai 2020 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Ce VIIème dimanche de Pâques, dimanche après l’Ascension, le rit byzantin commémore les 318 saints Pères du premier concile œcuménique de Nicée, tenu l’an 325.

La fête des 318 saints Pères du premier Concile œcuménique de Nicée est attestée au dimanche qui suit l’Ascension dans le Typikon de la Grande Eglise de Constantinople du IXème siècle. Le choix de cette date correspond plus ou moins à celle de l’ouverture de ce premier Concile, lequel s’est en effet tenu du 20 mai au 25 août 325. Sa fixation au dimanche qui suit l’Ascension s’est établie assez naturellement, puisque, comme le rappelle le Synaxaire de Nicéphore Calliste Xanthopoulos, « le Fils de Dieu est devenu homme en vérité, et l’homme parfait est monté au cieux comme Dieu et s’est assis à la droite de sa grandeur dans les cieux », les Pères conciliaires « l’ont proclamé ainsi, le confessant consubstantiel et partageant le même honneur que le Père ». Cette commémoraison avait semble-t-il primitivement été fixée au 29 mai (Ménologue de Basile) ; elle se célèbre le 9 novembre chez les Coptes & le 21 février chez les Syriens.

Réunis par l’Empereur Constantin lui-même pour régler les désordres graves provoqués par l’hérésie d’Arius, les 318 Pères du Concile se répartissaient entre 232 évêques & 86 prêtres, diacres & moines. Le pape saint Sylvestre Ier, déjà âgé, est représenté par Ossius de Cordoue et par deux légats. Arius et ses partisans sont excommuniés, le Concile déclare que le Fils est bien consubstantiel & coéternel au Père, dans une célèbre confession de la foi qui, complétée au Concile de Constantinople, deviendra notre Credo ou Symbole de Nicée-Constantinople.

Voici le texte de la confession des Pères à Nicée :

Nous croyons en un seul Dieu, Père tout-puissant, Créateur de toutes choses visibles et invisibles ; et en un seul Seigneur Jésus-Christ, Fils unique de Dieu, engendré du Père, c’est-à-dire, de la substance du Père. Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu ; engendré et non fait, consubstantiel au Père ; par qui toutes choses ont été faites au ciel et en la terre. Qui, pour nous autres hommes et pour notre salut, est descendu des cieux, s’est incarné et s’est fait homme ; a souffert, est ressuscité le troisième jour, est monté aux cieux, et viendra juger les vivants et les morts. Nous croyons aussi au Saint-Esprit.

Le Concile décide d’uniformiser la célébration de la date de Pâques au premier dimanche après la première pleine lune qui suit l’équinoxe de printemps (le 21 mars). Il pose les premiers éléments juridiques des patriarcats de Rome, Alexandrie & Constantinople. Le dernier canon du Concile demande de supprimer les agenouillements les jours où l’on célèbre la résurrection à savoir les dimanches et durant la cinquantaine pascale.

Par les prières des trois cent dix-huit Pères saints & théophores, Christ notre Dieu, aie pitié de nous.

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche, ton 6. Gloire au Père. Tropaire des Pères. Et maintenant. Theotokion de tierce. Kondakion : des Pères.
A sexte : Tropaire du dimanche, ton 6. Gloire au Père. Tropaire de la fête (Ascension). Et maintenant. Theotokion de sexte. Kondakion : de la fête.

A la divine liturgie :

Tropaires des Béatitudes : 4 tropaires du dimanche, ton 6, 4 tropaires de la 4ème ode du 1er canon de la fête (Ascension) & 4 tropaires de 6ème ode du canon des Pères :
1. Souviens-toi de moi, Dieu Sauveur, * quand tu entreras dans ton royaume, ** seul Ami des hommes, sauve-moi.
2. Adam fut séduit par l’arbre défendu, * mais par celui de la Croix tu as sauvé * le bon Larron s’écriant : ** Dans ton royaume, Seigneur, souviens-toi de moi.
3. Ayant brisé les portes & les verrous de l’Enfer, * tu as ressuscité, Source de vie, * Sauveur, tous ceux qui s’écrient : ** Gloire à ta sainte Résurrection.
4. Souviens-toi de moi, Seigneur * qui par ta sépulture triomphas de la mort * & comblas de joie l’univers, ** Dieu de tendresse, par ta Résurrection.
5. Roi des Anges, dans la gloire tu montas * pour nous envoyer d’auprès du Père le Paraclet ; * c’est pourquoi nous te chantons : ** Gloire à ton Ascension, ô Christ.
6. Quand vers son Père le Sauveur fut élevé * corporellement, * les Anges furent pris d’étonnement, * & se mirent à chanter : ** Gloire à ton Ascension, ô Christ.
7. L’une & l’autre les Puissances se disaient : Elevez les portes pour le Christ notre Seigneur ; * il est le Roi que nous chantons ** avec le Père & l’Esprit, d’un même chœur.
8. La Vierge a mis au monde sans douleurs, * mais elle est Mère & Vierge en même temps ; * c’est elle que nous chantons allègrement : ** Réjouis-toi, ô Mère de Dieu.
9. Il ne put rester caché * à l’ineffable justice de Dieu, * le semeur de zizanie * au nom signifiant la belliqueuse fureur ; * car, ayant imité Judas, ** il mourut déchiré comme lui.
10. L’auguste assemblée des Pères saints, * Seigneur, t’a proclamé * comme le Fils unique & le Reflet * que l’être du Père fait briller * & comme le Fils ** avant tous les siècles engendré.
11. Le ventre qui avait produit * le flot imbuvable & fangeux * des hérésies contraires à la piété * fut « déchiré par le milieu », * labouré soigneusement ** par l’intercession des Pères saints.
12. De tous les prophètes le plus grand, * Moïse d’avance t’a montrée * comme l’arche & le vase d’or, * comme la table sainte & le chandelier, * en images figurant le Très-Haut, ** Vierge & Mère, prenant chair de ton sein.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 6 : Les vertus angéliques sur ton tombeau, * les gardes pétrifiés de crainte, * Marie près de ton sépulcre cherchait ton corps très pur ; * Toi, Tu captives l’enfer sans être séduit. * Tu vas à la rencontre de la Vierge, ** Tu donnes la Vie, ô Ressuscité des morts, gloire à toi !
2. Tropaire de la fête, ton 4 : Tu t’es élevé dans la gloire, * Christ notre Dieu, * ayant par la promesse du Saint-Esprit * rempli de joie tes disciples affermis par ta bénédiction ; ** car tu es le Fils de Dieu, le libérateur du monde.
3. Tropaire des Pères, ton 8 : Sois glorifié par-dessus tout, Christ notre Dieu, * toi qui as établi nos Pères pour illuminer la terre ; * et par eux, vers la vraie foi, tu nous as tous guidés. ** Très miséricordieux, gloire à Toi.
4. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
5. Kondakion des Pères, ton 8 : La prédication des apôtres et la doctrine des pères * ont donné à l’Église l’unité de la foi ; * portant la tunique de la vérité, * tissée par la théologie qui vient d’en haut, ** elle confirme et glorifie le grand mystère de la piété.
4. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
5. Kondakion de l’Ascension, de saint Romain le Mélode, ton 6 : Ayant accompli ton dessein de salut pour nous, * et uni ce qui est sur terre à ce qui est aux cieux, * tu t’es élevé dans la gloire, Christ notre Dieu, * sans nullement nous quitter, mais en demeurant inséparable de nous * et clamant à ceux qui t’aiment : ** Je suis avec vous et personne ne prévaudra contre vous.

Prokimen :
Des Pères, ton 4 :
℟. Béni sois-tu, Seigneur, Dieu de nos Pères, & vénérable, & que ton nom soit glorifié éternellement. (Daniel, 3, 26)
℣. Car tu es juste en tout ce que tu nous as fait. (Daniel, 3, 27)

Epître :
Du 7ème dimanche de Pâques : Actes des Apôtres (§ 44) XX, 16-18A, 28-36.
Prenez donc garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau sur lequel le Saint-Esprit vous a établis évêques, pour gouverner l’Église de Dieu, qu’il a acquise par son propre sang.

Alleluia :
Des Pères, ton 1 :
℣. Le Dieu des dieux, le Seigneur, parle. Il appelle la terre du lever du soleil à son couchant.
℣. Assemblez devant lui ses fidèles, qui scellèrent son alliance en sacrifiant. (Psaume 49, 1 & 5)

Evangile :
Du 7ème dimanche de Pâques : Jean (§ 56) XVII, 1-13.
Père ! l’heure est venue ; glorifiez votre Fils, afin que votre Fils vous glorifie.

A la commémoraison de la Très-Sainte Mère de Dieu durant l’anaphore eucharistique (de la fête) :
Mégalinaire : Magnifie, * mon âme, * celui qui s’est élevé de la terre jusqu’au ciel, ** le Christ Source de vie.
Hirmos : Dépassant notre esprit et notre entendement, Mère de Dieu, * tu mis au monde et dans le temps * celui qui est intemporel : * nous les fidèles, d’un seul cœur ** nous te magnifions.

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux.
Des Pères : Réjouissez-vous, justes, dans le Seigneur ; aux cœurs droits convient la louange. Alleluia, alleluia, alleluia.

Après la communion
Le tropaire d’action de grâces ordinaire « Nous avons vu la Lumière véritable » étant omis jusqu’à la Pentecôte, on chante à sa place le tropaire de l’Ascension, ton 4 :
Tu t’es élevé dans la gloire, * Christ notre Dieu, * ayant par la promesse du Saint-Esprit * rempli de joie tes disciples affermis par ta bénédiction ; ** car tu es le Fils de Dieu, le libérateur du monde.

Télécharger le livret des choristes pour ce dimanche.

Programme de l’Ascension

Ascension du SeigneurParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le jeudi 28 mai 2020 du calendrier grégorien – 15 mai 2020 du calendrier julien, tierce & sexte à 11h40, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 12h.

Le jeudi de la sixième semaine, quarantième jour après Pâques, on célèbre la fête de l’Ascension de notre Seigneur Jésus-Christ, qui est survenue en ce jour (Actes I, 3). Primitivement, l’Ascension était célébrée le dimanche de la Pentecôte, avec la descente du Saint-Esprit, unissant ainsi en une seule fête les mystères de la glorification du Christ ; cette disposition première est attestée par Eusèbe de Césarée (en 332 et vers 335-340) et semble l’être également par le récit du pèlerinage à Jérusalem d’Egérie (vers 383). L’institution d’une fête propre au quarantième jour après Pâques, distincte de la Pentecôte, paraît remonter au dernier quart du IVème siècle – probablement après le premier Concile œcuménique de Constantinople de 381 qui défendit la divinité de l’Esprit-Saint – et il est possible que saint Grégoire de Nysse – dont on possède l’homélie pour l’Ascension de 388 – en fusse, sinon l’initiateur – du moins l’un des premiers propagateurs.

L’Ascension est l’une des 12 grandes fêtes de l’année liturgique byzantine.

Aux heures
Tropaire de la fête. Gloire au Père. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion de la fête.

A la divine liturgie :

Première antienne, Psaume 46, ton 2
Tous les peuples, battez des mains, * acclamez Dieu en cris de joie.
Refrain : Par les prières de la Mère de Dieu, Sauveur, sauve-nous.
Car le Seigneur est le Très-Haut, le redoutable, * le Roi grand sur toute la terre.
Il nous soumet les nations, * il met les peuples sous nos pieds.
Dieu monte dans l’acclamation, * le Seigneur, aux éclats du cor.
Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit. Et maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.

Seconde antienne, Psaume 47, ton 2
Grand est notre Dieu & louable hautement, * dans la cité de notre Dieu sur sa sainte montagne.
Refrain : Sauve-nous, Fils de Dieu, monté aux cieux dans la gloire, nous qui te chantons : Alléluia !
Le mont Sion * du côté de l’Aquilon, est la cité du grand Roi.
Dieu, du milieu de ses remparts, * s’est révélé son protecteur.
Car voici les rois de la terre se réunissent * pour se liguer contre elle.
Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit. Et maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen. (et tropaire de l’empereur Justinien)

Troisième antienne, Psaume 48, ton 4
Ecoutez ceci, tous les peuples, * prêtez l’oreille, tous les habitants de l’univers.
Tropaire, ton 4 : Tu t’es élevé dans la gloire, * Christ notre Dieu, * ayant par la promesse du Saint-Esprit * rempli de joie tes disciples affermis par ta bénédiction ; ** car tu es le Fils de Dieu, le libérateur du monde.
Gens de la terre & fils des hommes, * riches & pauvres, tous ensembles.
Ma bouche dira la sagesse, * et le murmure de mon cœur, l’intelligence.
Je prêterai l’oreille aux sentences inspirées, * je vais développer mon thème sur la harpe.

A la petite entrée :
1. Isodikon de la fête : Dieu se lève au milieu des acclamations, * le Seigneur est monté aux éclats du cor.
2. Tropaire de la fête, ton 4 : Tu t’es élevé dans la gloire, * Christ notre Dieu, * ayant par la promesse du Saint-Esprit * rempli de joie tes disciples affermis par ta bénédiction ; ** car tu es le Fils de Dieu, le libérateur du monde.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
4. Kondakion de la fête, ton 6 : Ayant accompli ton dessein de salut pour nous, * et uni ce qui est sur terre à ce qui est aux cieux, * Tu T’es élevé dans la gloire, Christ notre Dieu, * sans nullement nous quitter, mais en demeurant inséparable de nous * et clamant à ceux qui T’aiment : ** Je suis avec vous et personne ne prévaudra contre vous.

Prokimen
De la fête, ton 7 :
℟. Le Seigneur s’est élevé au-dessus des cieux, * & sa gloire s’étend sur toute la terre.
℣. Mon cœur est prêt, ô Dieu, mon cœur est prêt, je veux chanter pour toi.

Epître :
De l’Ascension : Actes des Apôtres (§ 1) I, 1-12.
Hommes de Galilée, pourquoi vous arrêtez-vous à regarder au ciel ? Ce Jésus, qui en se séparant de vous s’est élevé dans le ciel, viendra de la même manière que vous l’y avez vu monter.

Alleluia
De la fête, ton 2 :
℣. Dieu se lève au milieu des acclamations, le Seigneur aux éclats du cor. (Psaume 46, 6)
℣. Tous les peuples, battez des mains, acclamez Dieu en cris de joie. (Psaume 46, 2)

Evangile :
De l’Ascension : Luc (§ 114) XXIV, 36-53.
Après cela il les mena dehors, vers Béthanie ; et ayant levé les mains, il les bénit ; et en les bénissant, il se sépara d’eux, et fut enlevé au ciel. Pour eux, après l’avoir adoré, ils s’en retournèrent à Jérusalem remplis de joie. Et ils étaient sans cesse dans le temple, louant et bénissant Dieu. Amen !

A la commémoraison de la Très-Sainte Mère de Dieu durant l’anaphore eucharistique
Magnifie, ô mon âme, magnifie * celui qui monta corporellement, * dans sa divine gloire, * de la terre jusqu’au ciel, * le Christ notre Source de vie.
Dépassant notre esprit et notre entendement, * tu mis au monde et dans le temps * le Seigneur intemporel : * Mère de Dieu, d’une même voix et d’un seul cœur, * nous les fidèles, nous te magnifions.

Verset de communion
De la fête : Dieu monte parmi l’acclamation, le Seigneur aux éclats du cor. (Psaume 46, 6). Alleluia, alleluia, alleluia.

Télécharger le livret des choristes pour cette fête.

Programme du dimanche de l’Aveugle-né – saints Cyrille & Méthode – ton 5

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 24 mai 2020 du calendrier grégorien – 11 mai 2020 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h15, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 8h30.

La lecture de l’évangile de l’Aveugle-né au VIème dimanche de Pâques est d’origine constantinopolitaine ; l’hymnographie de ce dimanche est donc essentiellement elle aussi d’origine constantinopolitaine, comme le Pentecostaire en général. Dans la tradition de Jérusalem, on lisait ce dimanche l’évangile de Jean II, 12-25 : Jésus chassant les marchands du temple & annonçant sa résurrection le troisième jour. Cet évangile est lu dans la tradition de Constantinople le vendredi de la Semaine Lumineuse.

Dans la tradition occidentale, et plus spécialement provençale, l’Aveugle-né, devenu disciple du Christ après sa guérison, quitta la Judée après la Pentecôte et arriva à Marseille avec un groupe de disciples parmi lesquels figuraient Lazare & Maximin, Marthe & Marie-Madeleine. Il est connu dans la tradition provençale sous le nom de Sidoine, et sous le surnom de Restitut, qui fait allusion au miracle du Seigneur lui ayant restitué la vue.

Saint Sidoine Restitut fut le second évêque d’Aix après saint Maximin, ayant d’abord été évêque de Saint-Paul-Trois-Châteaux.

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Saint Cyrille et saint MéthodeCe 11 mai voit également la fête des saints égaux aux Apôtres Cyrille et Méthode, évangélisateurs des Slaves, copatrons de l’Europe.

Laissons la parole au Pape Benoît XVI, qui présenta la vie de ces deux saints dans une de ses catéchèses :

Chers frères et sœurs,

Je voudrais parler aujourd’hui des saints Cyrille et Méthode, frères de sang et dans la foi, appelés apôtres des slaves. Cyrille naquit à Thessalonique, du magistrat de l’empire Léon en 826/827 : il était le plus jeune de sept enfants. Dans son enfance, il apprit la langue slave. A l’âge de quatorze ans, il fut envoyé à Constantinople pour y être éduqué et fut le compagnon du jeune empereur Michel III. Au cours de ces années, il fut initié aux diverses matières universitaires, parmi lesquelles la dialectique, ayant comme maître Photios. Après avoir refusé un brillant mariage, il décida de recevoir les ordres sacrés et devint « bibliothécaire » auprès du Patriarcat. Peu après, désirant se retirer dans la solitude, il alla se cacher dans un monastère, mais il fut bientôt découvert et on lui confia l’enseignement des sciences sacrées et profanes, une fonction qu’il accomplit si bien qu’elle lui valut le surnom de « philosophe ». Entre-temps, son frère Michel (né aux alentours de 815), après une carrière administrative en Macédoine, abandonna le monde vers 850 pour se retirer dans la vie monastique sur le mont Olympe en Bithynie, où il reçut le nom de Méthode (le nom monastique devait commencer par la même lettre que le nom de baptême) et devint higoumène du monastère de Polychron.

Les saints égaux aux Apôtres Cyrille & MéthodeAttiré par l’exemple de son frère, Cyrille aussi décida de quitter l’enseignement et de se rendre sur le mont Olympe pour méditer et prier. Quelques années plus tard, cependant (vers 861), le gouvernement impérial le chargea d’une mission auprès des khazars de la Mer d’Azov, qui demandèrent que leur soit envoyé un homme de lettres qui sache dialoguer avec les juifs et les sarrasins. Cyrille, accompagné de son frère Méthode, s’arrêta longuement en Crimée, où il apprit l’hébreu. Là, il rechercha également le corps du Pape Clément I, qui y avait été exilé. Il trouva sa tombe, et lorsque son frère reprit le chemin du retour, il porta avec lui les précieuses reliques. Arrivés à Constantinople, les deux frères furent envoyés en Moravie par l’empereur Michel III, auquel le prince moldave Ratislav avait adressé une requête précise : « Notre peuple – lui avait-il dit – depuis qu’il a rejeté le paganisme, observe la loi chrétienne ; mais nous n’avons pas de maître qui soit en mesure de nous expliquer la véritable foi dans notre langue ». La mission connut très vite un succès insolite. En traduisant la liturgie dans la langue slave, les deux frères gagnèrent une grande sympathie auprès du peuple.

Mosaïque des saints Cyrille & MéthodeToutefois, cela suscita à leur égard l’hostilité du clergé franc, qui était arrivé précédemment en Moravie et qui considérait le territoire comme appartenant à sa juridiction ecclésiale. Pour se justifier, en 867, les deux frères se rendirent à Rome. Au cours du voyage, ils s’arrêtèrent à Venise, où eut lieu une discussion animée avec les défenseurs de ce que l’on appelait « l’hérésie trilingue » : ceux-ci considéraient qu’il n’y avait que trois langues dans lesquelles on pouvait licitement louer Dieu : l’hébreu, le grec et le latin. Bien sûr, les deux frères s’opposèrent à cela avec force. A Rome, Cyrille et Méthode furent reçus par le Pape Adrien II, qui alla à leur rencontre en procession, pour accueillir dignement les reliques de saint Clément. Le Pape avait également compris la grande importance de leur mission exceptionnelle. A partir du milieu du premier millénaire, en effet, les slaves s’étaient installés en très grand nombre sur ces territoires placés entre les deux parties de l’Empire romain, orientale et occidentale, qui étaient déjà en tension entre elles. Le Pape comprit que les peuples slaves auraient pu jouer le rôle de pont, contribuant ainsi à maintenir l’union entre les chrétiens de l’une et l’autre partie de l’Empire. Il n’hésita donc pas à approuver la mission des deux Frères dans la Grande Moravie, en acceptant l’usage de la langue slave dans la liturgie. Les livres slaves furent déposés sur l’autel de Sainte-Marie de Phatmé (Sainte-Marie-Majeure) et la liturgie en langue slave fut célébrée dans les Basiliques Saint-Pierre, Saint-André, Saint-Paul.

Malheureusement, à Rome, Cyrille tomba gravement malade. Sentant la mort s’approcher, il voulut se consacrer entièrement à Dieu comme moine dans l’un des monastères grecs de la Ville (probablement près de Sainte-Praxède) et prit le nom monastique de Cyrille (son nom de baptême était Constantin). Il pria ensuite avec insistance son frère Méthode, qui entre-temps avait été consacré évêque, de ne pas abandonner la mission en Moravie et de retourner parmi ces populations. Il s’adressa à Dieu à travers cette invocation : « Seigneur, mon Dieu…, exauce ma prière et conserve dans la fidélité le troupeau auquel tu m’avais envoyé… Libère-les de l’hérésie des trois langues, rassemble-les tous dans l’unité, et rends le peuple que tu as choisi concorde dans la véritable foi et dans la droite confession ». Il mourut le 14 février 869.

Saint Cyrille & saint MéthodeFidèle à l’engagement pris avec son frère, Méthode revint en 870 en Moravie et en Pannonie (aujourd’hui la Hongrie), où il retrouva à nouveau la violente aversion des missionnaires francs qui l’emprisonnèrent. Il ne perdit pas courage et lorsqu’il fut libéré en 873, il se prodigua activement dans l’organisation de l’Église, en suivant la formation d’un groupe de disciples. Ce fut grâce à eux si la crise qui se déchaîna à la mort de Méthode, qui eut lieu le 6 avril 885, put être surmontée : persécutés et mis en prison, certains de ces disciples furent vendus comme esclaves et conduits à Venise, où ils furent rachetés par un fonctionnaire constantinopolitain, qui leur permit de repartir dans les pays des slaves balkaniques. Accueillis en Bulgarie, ils purent poursuivre la mission commencée par Méthode, en diffusant l’Évangile dans la « terre de la Rus’ ». Dieu, dans sa mystérieuse providence, utilisait ainsi la persécution pour sauver l’œuvre des saints frères. De cette dernière, il reste également la documentation littéraire. Il suffit de penser à des œuvres telles que l’Évangéliaire (épisodes liturgiques du Nouveau Testament), le Psautier, différents textes liturgiques en langue slave, auxquels travaillèrent les deux frères. Après la mort de Cyrille, on doit à Méthode et à ses disciples, entre autres, la traduction de toute l’Écriture Sainte, le Nomocanon et le Livre des Pères.

Saints Cyrille & MéthodeVoulant à présent résumer brièvement le profil spirituel des deux frères, on doit tout d’abord remarquer la passion avec laquelle Cyrille aborda les écrits de saint Grégoire de Nazianze, apprenant à son école la valeur de la langue dans la transmission de la Révélation. Saint Grégoire avait exprimé le désir que le Christ parle à travers lui : « Je suis le serviteur du Verbe, c’est pourquoi je me mets au service de la Parole ». Voulant imiter Grégoire dans ce service, Cyrille demanda au Christ de vouloir parler en slave à travers lui. Il introduit son œuvre de traduction par l’invocation solennelle : « Écoutez, ô vous tous les peuples slaves, écoutez la Parole qui vint de Dieu, la Parole qui nourrit les âmes, la Parole qui conduit à la connaissance de Dieu ». En réalité, déjà quelques années avant que le prince de Moravie ne demande à l’empereur Michel III l’envoi de missionnaires dans sa terre, il semble que Cyrille et son frère Méthode, entourés d’un groupe de disciples, travaillaient au projet de recueillir les dogmes chrétiens dans des livres écrits en langue slave. Apparut alors clairement l’exigence de nouveaux signes graphiques, plus proches de la langue parlée : c’est ainsi que naquit l’alphabet glagolitique qui, modifié par la suite, fut ensuite désigné sous le nom de « cyrillique » en l’honneur de son inspirateur. Ce fut un événement décisif pour le développement de la civilisation slave en général. Cyrille et Méthode étaient convaincus que chaque peuple ne pouvait pas considérer avoir pleinement reçu la Révélation tant qu’il ne l’avait pas entendue dans sa propre langue et lue dans les caractères propres à son alphabet.

C’est à Méthode que revient le mérite d’avoir fait en sorte que l’œuvre entreprise avec son frère ne soit pas brusquement interrompue. Alors que Cyrille, le « Philosophe », avait tendance à la contemplation, il était plutôt porté vers la vie active. C’est grâce à cela qu’il put établir les présupposés de l’affirmation successive de ce que nous pourrions appeler « l’idée cyrillo-méthodienne » : celle-ci accompagna les peuples slaves pendant les diverses périodes historiques, favorisant le développement culturel, national et religieux. C’est ce que reconnaissait déjà le Pape Pie xi dans la Lettre apostolique Quod Sanctum Cyrillum, dans laquelle il qualifiait les deux frères : « fils de l’Orient, byzantins de patrie, grecs d’origine, romains par leur mission, slaves par leurs fruits apostoliques ». Le rôle historique qu’ils jouèrent a ensuite été officiellement proclamé par le Pape Jean-Paul II qui, dans la Lettre apostolique Egregiae virtutis viri, les a déclarés copatrons de l’Europe avec saint Benoît. En effet, Cyrille et Méthode constituent un exemple classique de ce que l’on indique aujourd’hui par le terme d’ »inculturation » : chaque peuple doit introduire dans sa propre culture le message révélé et en exprimer la vérité salvifique avec le langage qui lui est propre. Cela suppose un travail de « traduction » très exigeant, car il demande l’identification de termes adaptés pour reproposer, sans la trahir, la richesse de la Parole révélée. Les deux saints Frères ont laissé de cela un témoignage significatif au plus haut point, vers lequel l’Église se tourne aujourd’hui aussi, pour en tirer son inspiration et son orientation.

Aux heures
Tropaire du dimanche, ton 5. Gloire au Père. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion de l’Aveugle-né.

Tropaires des Béatitudes : 4 tropaires du dimanche, ton 5, 4 tropaires de la 3ème ode du canon du Triode fleuri (de l’Aveugle-Né) & 4 tropaires de la 6ème ode du canton des Egaux aux Apôtres :
1. Le bon Larron sur la croix * eut foi en ta divinité, ô Christ ; * il te confessa d’un cœur sincère en s’écriant : ** De moi, Seigneur, en ton royaume souviens-toi.
2. Sur le bois de la croix * pour nous les hommes tu fis fleurir la vie * et se flétrir la malédiction de l’arbre défendu : ** Sauveur & Créateur, nous te chantons d’un même chœur.
3. Par ta mort, ô Christ, * tu as brisé la force de la mort, * ressuscitant tous les morts depuis Adam, ** qui te chantent comme vrai Dieu & Sauveur du genre humain.
4. Venues à ton sépulchre, Sauveur, * les saintes Femmes te cherchaient * pour embaumer la Source de vie, ** mais un Ange leur apparut pour leur dire : Il est ressuscité, le Seigneur !
5. Seigneur qui fus crucifié entre deux larrons, * délivre du brigandage des passions * ceux qui chantent d’une même voix ** ta Crucifixion & ta sainte Résurrection.
6. Au sépulchre on déposa ton corps sans vie, * ô Christ qui donnes vie à tous les morts ; * mais, Seigneur & Verbe, tu es ressuscité ** et, par ta puissance divine, tu as vidé tous les tombeaux.
7. O Christ, après ta résurrection, * tu dis à tes amis : Demeurez à Jérusalem * jusqu’à ce que vous soyez revêtus ** de la force d’en-haut et d’une invincible protection.
8. Formant de la boue, tu enduisis les yeux * de l’Aveugle-né auquel tu accordas la vue * et qui chanta, Verbe de Dieu, ** ton ineffable puissance ayant sauvé l’univers.
9. « La nature de Dieu est comme les profondeurs de la mer : * insondable par l’esprit et indescriptible par les mots », * disais-tu aux enfants d’Agar (aux musulmans), ô très sage Cyrille, * « Et ceux qui cherchent à traverser son étendue sans le saint Évangile sont condamnés à se noyer, * car ils ne savent pas comment crier à Toi comme Pierre, disant : ** O mon Timonier, sauve-moi !
10. Plongés au plus profond de l’abîme de leurs faux enseignements, * les enfants d’Agar ont secrètement tenté de t’empoisonner. * Mais Celui qui a dit dans l’Évangile : * « S’ils boiront quelque chose de mortel, cela ne leur fera aucun mal », t’a préservé indemne * et t’a ramené avec honneur dans la ville impériale ; * mais en y recevant des louanges dignes de l’empereur et du patriarche, * dans ton humilité, tu as crié : ** « Comme Pierre, ô mon Timonier, Tu m’as sauvé ! »
11. Le Saint-Esprit a dit en ce temps-là : * « Séparez-moi Barnabas et Saul pour l’œuvre à laquelle je les ai appelés » * et, comme eux, ô vénérables Pères, il a voulu vous envoyer dans les pays slaves ; * et, illuminés par la lumière de vos enseignements, * les gens qui étaient assis dans l’ombre des ténèbres crièrent à haute voix : ** « Comme Pierre, ô notre Timonier, Tu nous as sauvés ! »
12. L’abîme absolu du péché m’a englobé et assailli de tremblements, * je crains de me noyer dans le déluge éternel ; * mais je t’offre ma prière, ô Toute-Pure : * Aie pitié de mon âme misérable, et étends ta main, ô bienveillante, * et comme ton Fils et Sauveur a sauvé une fois Pierre, ** sauve-moi, ô ma Dame !

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 5 : Fidèles, chantons et adorons le Verbe * coéternel au Père et à l’Esprit. * Il est né de la Vierge pour notre salut, * Il a daigné dans sa chair monter sur la Croix et supporter la mort, * afin de ressusciter les morts ** par sa glorieuse Résurrection.
2. Tropaire des Egaux aux Apôtres, ton 4 : Vous qui des Apôtres avez partagé le genre de vie * & des pays slaves vous êtes montrés les docteurs, * Cyrille & Méthode, sages-en-Dieu, * priez le Maître universel * d’affermir tous les peuples slaves * dans la vraie foi & dans l’unité, ** de donne la paix au monde & de sauver nos âmes.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion des Egaux aux Apôtres, ton 3 : Honorons ces deux saints illuminateurs * qui par leur traduction des Ecritures sacrées * ont fait jaillir la connaissance de Dieu * comme une source inépuisable jusqu’à ce jour, * Cyrille & Méthode que nous disons bienheureux, ** puisque pour nos âmes ils intercèdent avec ferveur devant le Trône du Très-Haut.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion de l’Aveugle-né, ton 4 : Les yeux de mon âme étant aveugles, * je viens à toi, ô Christ, * comme l’aveugle de naissance, * et avec repentir je te clame : ** pour ceux des ténèbres tu es la suprême clarté.

Prokimen
De l’Aveugle-né, ton 8 :
℟. Rendez hommage et faites offrande au Seigneur notre Dieu.
℣. Dieu est connu en Judée, en Israël grand est son nom.
Des Egaux aux Apôtres, ton 7 :
℟. Elle a du prix aux yeux du Seigneur, la mort de ses serviteurs (Psaume 115, 5).

Epîtres :
De l’Aveugle-né : Actes des Apôtres (§ 38) XVI, 16-34.
Croyez au Seigneur Jésus, et vous serez sauvé, vous et votre famille.
Des Egaux aux Apôtres : Hébreux (§ 318), VII, 26 – VIII, 2.
Car il était bien raisonnable que nous eussions un pontife comme celui-ci, saint, innocent, sans tache, séparé des pécheurs, et plus élevé que les cieux.

Alleluia
De l’Aveugle-né, ton 8 :
℣. Regarde vers moi et aie pitié de moi.
℣. Selon ta parole dirige mes pas.
Des Egaux aux Apôtres :
℣. Que tes prêtres soient revêtus de justice, et que tes saints tressaillent de joie. (Psaume 131, 9)

Evangiles :
De l’Aveugle-né : Jean (§ 34) IX, 1-38.
Après avoir dit cela, il cracha à terre, et ayant fait de la boue avec sa salive, il oignit de cette boue les yeux de l’aveugle.
Des Egaux aux Apôtres : Matthieu (§ 11) V, 14-19.
Celui donc qui violera l’un de ces moindres commandements, et qui apprendra aux hommes à les violer, sera regardé dans le royaume des cieux comme le dernier ; mais celui qui fera et enseignera, sera grand dans le royaume des cieux.

A la commémoraison de la Très-Sainte Mère de Dieu durant l’anaphore eucharistique
L’ange chanta à la Pleine de grâce : Réjouis-toi, Vierge très pure, je répète, réjouis-toi ! Ton Fils en vérité est ressuscité après trois passés dans le tombeau ; et Il a redressé les morts : fidèles, soyez dans l’allégresse !
Resplendis, resplendis, nouvelle Jérusalem, car sur toi la gloire du Seigneur s’est levée. Réjouis-toi et exulte, Sion, et toi, Mère de Dieu très pure, réjouis-toi, car ton Fils est ressuscité ! Alléluia !

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux.
Des Egaux aux Apôtres : Réjouissez-vous, justes, dans le Seigneur ; aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme du dimanche de la Samaritaine – ton 4

Le Christ rencontre la SamaritaineParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 17 mai 2020 du calendrier grégorien – 4 mai 2020 du calendrier julien – la divine liturgie n’est plus assurée publiquement en raison de l’épidémie, les textes ici publiés le sont pour nourrir la prière des fidèles avec la prière liturgique de l’Eglise.

L’origine de la célébration de la Samaritaine au IVème dimanche de Pâques est constantinopolitaine ; l’hymnographie de ce dimanche est donc essentiellement d’origine constantinopolitaine, comme du reste l’essentiel du Pentecostaire, et plus spécialement d’origine Studite (Joseph le Studite, archevêque de Thessalonique, est l’auteur du canon de la Samaritaine, lequel, à vrai dire, ne chante celle-ci que dans le 4ème tropaire de chaque ode).

Selon la tradition byzantine, la Samaritaine, reçut ultérieurement le baptême, portant le nom de Photine. Ses sept enfants et elle furent martyrisés sous l’empereur Néron.

Au VIème siècle, l’empereur Justinien fit transporter avec grand honneur depuis Sichar jusqu’à Constantinople la margelle du puits et la pierre où le Christ s’était assis pour parler à la Samaritaine, et les fit placer devant le narthex de Sainte-Sophie qu’il avait faite construire.

Par les prières de ta sainte martyre Photine, Christ notre Dieu, aie pitié de nous. Amen.

*

Ce dimanche suit aussi le mercredi de la mi-Pentecôte, la moitié du temps pascal : la mi-Pentecôte est l’écho glorieux de la mi-Carême. Cette fête a dû être célébrée dès la fin du IVème siècle : le Cappadocien saint Amphiloque d’Iconium prononce une homélie à cette occasion dans laquelle il remarque : « Le Seigneur est médiateur (mesitès) ; médiane aussi est la fête (mesè kai hè heortè). Car le milieu est toujours assuré par les extrémités. »

La célébration du mercredi de la mi-Pentecôte est attesté en Occident (saint Pierre Chrysologue prononce une homélie pour cette fête à Ravenne au Vème siècle et le rit ambrosien l’a connue), mais cette fête ne s’est maintenue par la suite qu’en Orient. Le thème de la sagesse et de l’enseignement doctrinal développé par les textes liturgiques byzantins de la mi-Pentecôte sont à relier à la tradition de tenir en ce jour (ou dans son octave) les synodes ou conciles provinciaux (le 5ème canon du concile de Nicée de l’an 325 demande que l’un des deux synodes provinciaux annuels ait lieu avant l’Ascension). L’évangile de la mi-Pentecôte (Jean VII, 14-30) montre justement Jésus enseignant dans le Temple « au milieu de la fête » (même s’il s’agissait ici plus vraisemblablement de la fête des Tabernacles et non de celle de la Cinquantaine pascale). Cet évangile est le préambule au magnifique discours sur l’eau vive (Jean VII, 37-52), qui sera lu dans le rit byzantin à la Pentecôte, mais que le tropaire et le kondakion de la mi-Pentecôte chantent d’ores et déjà. La mi-Pentecôte est précédée elle-même du dimanche du paralytique de la Piscine probatique et suivie du dimanche de la Samaritaine : le rit byzantin, par cette admirable catéchèse liturgique autour de l’eau comme symbole de la vie donnée par l’Esprit Saint, prépare déjà les fidèles à la fête de la Pentecôte. Cette catéchèse théologico-liturgique complétait celle de ceux baptisés à Pâques et à la Pentecôte.

La fête de la mi-Pentecôte est dotée d’une octave dans le rit byzantin, c’est pourquoi l’on reprend ses tropaire et kondakion le dimanche de la Samaritaine.

*
Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche, ton 4. Gloire au Père. Tropaire de la mi-Pentecôte. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion de la Samaritaine.
A sexte : Tropaire du dimanche, ton 4. Gloire au Père. Tropaire de la mi-Pentecôte. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion de la Mi-Pentecôte.

Tropaires des Béatitudes : 4 tropaires du dimanche, ton 4, 4 tropaires de la 3ème ode du 2 canon de la Samaritaine (œuvre de saint Théodore Studite (759 † 826), archevêque de Thessalonique) & 4 tropaires de la 6ème ode du 2nd canon du Triode fleuri (de la mi-Pentecôte, œuvre de Saint André de Crète, évêque de Gortyne (c. 660 † 740)) :
1. A cause de l’arbre défendu * Adam fut exilé du Paradis, mais par l’arbre de la croix le Larron y entra ; * car l’un, goûtant de son fruit, méprisa le commandement du Créateur, * l’autre, partageant ta crucifixion, confessa ta divinité : ** Souviens-toi de moi dans ton royaume.
2. Seigneur exalté sur la Croix, * tu as brisé la puissance de la mort, * effaçant la cédule écrite contre nous ; * accorde-nous la repentance du Larron * et donne à tes fidèles serviteurs, ô Christ notre Dieu, * de te crier comme lui : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
3. D’un coup de lance, sur la croix * tu as déchiré la cédule écrite contre nous ; * et, compté parmi les morts, tu as enchaîné le prince de l’Enfer, * délivrant tous les hommes des liens de la mort * par ta Résurrection, dont la lumière a brillé sur nous ; * Seigneur ami des hommes, nous te crions : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
4. Crucifié & ressuscité du tombeau, * Dieu tout-puissant, le troisième jour, * avec toi, seul Immortel, tu ressuscitas le premier homme, Adam ; * donne-moi, Seigneur, de prendre aussi la voie du repentir * afin que, de tout mon cœur * & dans l’ardeur de ma foi, je te crie : ** Souviens-toi de moi, Sauveur, en ton royaume.
5. Verbe, tu fus mis en croix selon ton bon vouloir, * et les rochers se fendirent en te voyant, * l’entière création trembla d’effroi, ** comme d’un songe les morts s’éveillèrent des tombeaux.
6. Les âmes des justes, ô Verbe, te voyant * descendre avec ton âme aux Enfers, * échappèrent aux liens qui depuis les siècles les retenaient ** et chantèrent ta puissance qui dépasse tout esprit.
7. Pourquoi ce trouble, pourquoi, ô Femmes, cherchez-vous * avec la myrrhe le Seigneur dans le tombeau ? * Il est debout, et le monde avec lui s’est réveillé, ** disait aux Myrrhophores un Ange resplendissant.
8. Prince de vie & source d’immortalité, * près de la source tu t’es assis, * comblant la Samaritaine, en ta bonté, ** des ondes de sagesse qu’elle implorait de toi.
9. Toi qui embrasses tout l’univers, * Jésus, tu vins dans le Temple & tu enseignas * aux foules ta parole de vérité, ** au milieu de la fête, comme dit l’Evangéliste saint Jean.
10. Ouvrant tes lèvres, Seigneur, * au monde tu annonças le Père intemporel * et l’Esprit de sainteté, ** leur demeurant consubstantiel même après l’incarnation.
11. L’œuvre du Père, tu l’accomplis, * ta parole fut par tes œuvres confirmée, * tu fis des guérisons & des miracles, Sauveur, ** redressant le Paralytique, purifiant les lépreux et ressuscitant les morts.
12. Le Fils intemporel est entré dans le temps, * il s’est fait homme en assumant notre condition ; * au milieu de la fête il enseignait en disant : ** Courrez vers la source intarisable où l’on puise la vie.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 4 : Ayant appris de l’Ange la prédication lumineuse de la Résurrection, * et le terme de l’ancestrale condamnation, * les femmes disciples du Seigneur * dirent, pleine de fierté, aux apôtres : * « Renversée est la mort ! * Le Christ Dieu est ressuscité, ** donnant au monde sa grande miséricorde ! »
2. Tropaire de la Mi-Pentecôte, ton 8 : Au milieu de la fête, * abreuve mon âme assoiffée des eaux de la piété, * car, ô Sauveur, Tu as clamé à tous : * Celui qui a soif, qu’il vienne à Moi et qu’il boive. ** Source de notre vie, ô Christ Dieu, gloire à Toi !
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion de la Samaritaine, ton 8 : Par sa foi, la Samaritaine, venue au puits * vit en Toi l’eau de la Sagesse ; * s’en étant abondamment abreuvée, ** elle reçut en héritage le Royaume d’en haut, car elle est digne d’être glorifiée.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion de la Mi-Pentecôte, ton 4 : Au milieu de la fête prescrite par la Loi, * Créateur & Maître de toutes choses, * Tu as dit à ceux qui se tenaient auprès de Toi, ô Christ-Dieu : * Venez puiser l’eau de l’immortalité. * Aussi nous prosternons-nous devant Toi * et disons-nous avec foi : * Accorde-nous ta compassion, ** car Tu es la source de notre vie.

Prokimen
Du dimanche de la Samaritaine, ton 3 :
℟. Sonnez pour notre Dieu, sonnez ; sonnez pour notre Roi, sonnez ! (Psaume 46, 7).
℣. Tous les peuples, battez des mains, acclamez Dieu par vos cris de joie ! (Psaume 46, 2).

Epître :
Du dimanche de la Samaritaine : Actes des Apôtres (§ 28) XI, 19-26 & 29-30.
Mais Saul se fortifiait de plus en plus, et confondait les Juifs qui demeuraient à Damas, leur prouvant que Jésus était le Christ.

Alleluia
Du dimanche de la Samaritaine, ton 4 :
℣. Va, chevauche pour la cause de la vérité, de la piété & de la justice (Psaume 44, 5).
℣. Tu aimes la justice, tu hais l’impiété (Psaume 44, 8).

Evangile :
Du dimanche de la Samaritaine : Jean (§ 12) IV, 5-42.
Jésus lui répondit : Quiconque boit de cette eau, aura encore soif : au lieu que celui qui boira de l’eau que je lui donnerai, n’aura jamais soif.

A la commémoraison de la Très-Sainte Mère de Dieu durant l’anaphore eucharistique
L’ange chanta à la Pleine de grâce : Réjouis-toi, Vierge très pure, je répète, réjouis-toi ! Ton Fils en vérité est ressuscité après trois passés dans le tombeau ; et Il a redressé les morts : fidèles, soyez dans l’allégresse !
Resplendis, resplendis, nouvelle Jérusalem, car sur toi la gloire du Seigneur s’est levée. Réjouis-toi et exulte, Sion, et toi, Mère de Dieu très pure, réjouis-toi, car ton Fils est ressuscité ! Alléluia !

Verset de communion
De Pâques : Recevez le corps du Christ, goûtez à la source immortelle.
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux (Psaume 148, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme du dimanche du Paralytique – ton 3

La guérison du paralytique - Musée byzantin d'Athènes - Grèce - XIXème siècleParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 10 mai 2020 du calendrier grégorien – 27 avril 2020 du calendrier julien – la divine liturgie n’est plus assurée publiquement en raison de l’épidémie, les textes ici publiés le sont pour nourrir la prière des fidèles avec la prière liturgique de l’Eglise.

Après avoir fêté l’Apôtre Thomas le IInd dimanche de Pâques, les femmes Myrrophores avec Nicodème et Joseph d’Arimathie le IIIème dimanche de Pâques, la liturgie byzantine propose à l’édification des fidèles les trois dimanches qui suivent des épisodes de la vie du Christ s’étant déroulés au cours des Cinquante Jours, la Pentecôte hébraïque :

  • la guérison du Paralytique à la piscine de Bethesda,
  • la conversion de la Samaritaine,
  • la guérison de l’Aveugle-né.

L’origine de la célébration de la guérison du Paralytique au IVème dimanche de Pâques est constantinopolitaine ; dans la tradition de Jérusalem, l’évangile de ce jour était lu le dimanche suivant.

L’hymnographie de ce dimanche est donc essentiellement d’origine constantinopolitaine, comme du reste l’essentiel du Pentecostaire.

Aux heures
A tierce & à sexte : Tropaire du dimanche, ton 3. Gloire au Père. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion de la fête (du Paralytique).

A la divine liturgie :
Tropaires des Béatitudes : 4 tropaires du dimanche, ton 3, & 4 tropaires de la 6ème ode du canon du Triode fleuri :
1. Adam, notre premier père, ayant transgressé ton commandement, * ô Christ, tu l’as chassé du Paradis ; * mais, compatissant, tu fis entrer le bon Larron * te confessant sur la croix et criant : * Souviens-toi de moi, Sauveur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Pour notre faute, tu nous condamnas * à la malédiction de la mort, Seigneur source-de-vie ; * mais, souffrant dans ton corps, Maître sans péché, * tu fis revivre les morts qui s’écrièrent : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
3. Ressuscité d’entre les morts, tu nous sauvas de nos passions, * Seigneur, par ta sainte Résurrection ; * et, Sauveur, tu as détruit toute la puissance de la mort ; * c’est pourquoi nous, les fidèles, te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
4. Par ta sépulture de trois jours tu éveillas, * Dieu, les morts qu’aux Enfers tu vivifias ; * et, dans ta bonté, tu fus la source de l’immortelle vie * pour nous tous, fidèles, qui sans cesse te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
5. Elevé de ton plein gré sur le bois de la croix, * au sépulchre déposé comme mort, * ô Christ, tu donnes vie à tous les morts de l’Hadès, ** & tu ressuscites comme Dieu tout-puissant.
6. Lorsque l’Hadès te rencontra au plus profond, * irrité, il dut te rendre ses prisonniers, * qui jamais ne cesseront de chanter, ** Dieu sauveur, ta merveilleuse Résurrection.
7. Lorsque les Disciples du Seigneur * virent le Christ surgi du tombeau, * ils adorèrent la Vie de l’univers ** d’un cœur allègre, plein d’enthousiasme & d’amour.
8. Depuis de nombreuses années, * il gisait sur son lit de douleur : * par ta parole il fut guéri & glorifia, ** Source de vie, ta miséricorde infinie.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 3 : Que les Célestes soient en liesse ! * Que les terrestres se réjouissent ! * Car le Seigneur a établi son Règne par son bras, * terrassant la mort par la mort, * Lui le Premier-Né d’entre les morts. * Il nous libère du ventre de l’enfer, ** et offre au monde la grande miséricorde.
2. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
3. Kondakion du Paralytique, ton 3 : Relève, Seigneur, mon âme cruellement paralysée par toutes sortes de péchés * & d’actions insensées, * par ta divine sollicitude, * de même que jadis Tu as relevé le paralytique, * afin que sauvé, je te clame : ** Ô Christ compatissant, gloire à ta puissance.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion de Pâques, ton 8 : Tu es descendu dans le tombeau, ô Immortel, * mais Tu as détruit la puissance des enfers * et Tu es ressuscité en vainqueur, ô Christ-Dieu. * Aux femmes myrrhophores Tu as annoncé : Réjouissez-vous ! ** & à Tes Apôtres Tu as donné la paix.

Prokimen
Du Paralytique, ton 1 :
℟. Sur nous, Seigneur, soit ton amour, ainsi qu’en toi fut notre espoir ! (Psaume 32, 22).
℣. Justes, exultez dans le Seigneur, aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1).

Epître :
Du Paralytique : Actes des Apôtres (§ 23) IX, 32-42.
Alors Pierre ayant fait sortir tout le monde, se mit à genoux et en prière : et se tournant vers le corps, il dit : Tabitha, levez-vous. Elle ouvrit les yeux ; et ayant vu Pierre, elle se mit sur son séant.

Alleluia
Du Paralytique, ton 5 :
℣. Ton amour, Seigneur, à jamais je le chante, d’âge en âge ma parole annonce ta fidélité (Psaume 88, 2).
℟. Car j’ai dit : l’amour est bâti à jamais, aux cieux tu as fondé ta fidélité (Psaume 88, 3).

Evangile :
Du Paralytique : Jean (§ 14) V, 1-15.
Depuis, Jésus trouva cet homme dans le temple, et lui dit : Vous voyez que vous êtes guéri ; ne péchez plus à l’avenir, de peur qu’il ne vous arrive quelque chose de pis.

A la commémoraison de la Très-Sainte Mère de Dieu durant l’anaphore eucharistique
L’ange chanta à la Pleine de grâce : Réjouis-toi, Vierge très pure, je répète, réjouis-toi ! Ton Fils en vérité est ressuscité après trois passés dans le tombeau ; et Il a redressé les morts : fidèles, soyez dans l’allégresse !
Resplendis, resplendis, nouvelle Jérusalem, car sur toi la gloire du Seigneur s’est levée. Réjouis-toi et exulte, Sion, et toi, Mère de Dieu très pure, réjouis-toi, car ton Fils est ressuscité ! Alléluia !

Versets de communion
De Pâques : Recevez le corps du Christ, goûtez à la source immortelle.
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux (Psaume 148, 1).

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