Constitution apostolique Anglicanorum cœtibus

Annoncée il y a quelques jours, la Constitution apostolique Anglicanorum cœtibus, datée du 4 novembre dernier, a été publiée sur le site du Vatican aujourd’hui à midi (ainsi que Normes complémentaires d’applications). Ce texte va désormais régir la réception au sein de l’Eglise des communautés anglicanes et épiscopaliennes ayant demandé leur retour dans la barque de Pierre. Les points principaux juridiques en avaient été abordés par S.E. le cardinal Levada fin octobre, avec en particulier la mise en place d’ordinariats personnels spéciaux (d’évêques volants non territoriels, un peu comme les actuels évêques aux armées dont relèvent les militaires). On pourra être très surpris que les Normes complémentaires (Article 11, § 1.) laissent entendre qu’un ancien évêque anglican marié semble pouvoir être nommé ordinaire (en effet, le célibat épiscopal est une donnée antique en vigueur dans l’Eglise universelle tant en Orient qu’en Occident, les orthodoxes y sont fort attachés).

Outre la création d’ordinariats personnels, on notera le point III de cette constitution :

« III. Sans exclure des célébrations liturgiques selon le rit romain, l’Ordinariat a la faculté de célébrer la Sainte Eucharistie et les autres Sacrements, la Liturgie des Heures et les autres célébrations liturgiques selon les livres propres à la tradition Anglicane, qui ont été approuvés par le Saint Siège, ceci afin de maintenir les traditions liturgiques, spirituelles et pastorales de la Communion Anglicane au sein de l’Eglise Catholique, comme un don précieux pour nourrir la foi des membres de l’Ordinariat et comme un trésor à partager. »

Ainsi donc s’officialise au sein de l’Eglise d’Occident l’existence d’un nouveau rit à côté de ceux déjà existants (romain, ambrosien, mozarabe, lyonnais, dominicain, etc…).

Les communautés anglicanes actuelles suivent de fait – de façon quelque peu anarchique – un certain nombre de livres (et de traditions) liturgiques. Certaines suivent toujours le Book of Common Prayer, selon plusieurs recensions (la version historique de 1662, la version révisée de 1927, celle très modernistes de l’Alternative Service Book de 1980 et ses successeurs Common Worship de l’an 2000) ; certaines utilisent le missel romain de Paul VI en anglais ou en latin, d’autres le missel traditionnel de saint Pie V en latin mais aussi en anglais classique, d’autres enfin les livres liturgiques du vénérable rit de Sarum (l’antique liturgie médiévale romano-normande en usage à Salisbury et dans la majeure partie de l’Angleterre avant la réforme protestante). Il sera intéressant de suivre les prochaines approbations des livres liturgiques anglicans par le Siège Apostolique. On peut espérer que l’intérêt pour le rit de Sarum ne baissera pas dans le mouvement actuel. Pourquoi pas demain des livres de Sarum approuvés Rome ?

Pour qui s’intéresserait au rit et au chant de Sarum, je recommande cet extraordinaire travail d’une très grande qualité mis en ligne sous l’égide de l’Institut grégorien du Canada :
Music of the Sarum Office.

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