La Schola en concert le 19 juin : Orient & Occident, retrouver la source oubliée

La Schola a Saint-André du Quirinal

Orient & Occident, retrouver la source oubliée

Le chant de la liturgie chrétienne :
Pérennité des ses principes dans la diversité de ses manifestations

Plain-chants & polyphonies ambrosiens, grégoriens & byzantins-russe.

Concert dans le cadre de l’année de la Russie en France

samedi 19 juin 2010
19:00 – 20:00

Paroisse Saint-Eugène – Sainte-Cécile
4, rue du Conservatoire
Paris, 75009

Entrée libre.

Ce concert est dédié à la mémoire du compositeur & liturgiste Maxime Kovalevsky (Saint-Pétersbourg, 1903 † Paris, 13 juin 1988)

Maxime Kovalevsky fut selon Nicolas Lossky, « le meilleur compositeur de chant liturgique au XXe siècle (…) Il a laissé une œuvre tout à fait considérable et exceptionnelle de qualité, tant liturgique que musicale et la théologie lui était naturelle ».(Essai sur une théologie de la musique liturgique, Cerf, 2003, p.95).

Au cours de ses travaux et recherches, Maxime Kovalevsky a cherché à dégager les principes intemporels communs des différentes traditions liturgiques des rits tant orientaux qu’occidentaux.

Maxime Kovalevsky identifie 7 principes organisateurs du chant liturgique chrétien, mais laissons-lui la parole pour les présenter :

« Les documents historiques & les témoignages des premiers Pères sont concordants pour affirmer que, sans hésitation, dès les premiers siècles, l’Eglise est amenée à assigner des buts précis à sa musique : exprimer des démarches intérieures de l’homme sans intermédiaire mécanique, soutenir, préciser et sanctifier la parole, libérer les participants du culte des contingences du monde extérieur pour les rendre disponible à l’action de la grâce, favoriser l’assimilation et la remémoration de l’enseignement. Ces buts imposeront tout naturellement le choix des matériaux mis en oeuvre dans l’élaboration de la musique liturgique chrétienne. Examinons-les un à un.

Expression : Seule la voix humaine (le souffle-esprit) est jugée capable d’exprimer directement l’être intérieur, la «pensée du cœur». La musique sera donc purement vocale, sans aucune intervention d’instruments. L’église reste intraitable sur ce point jusqu’au IXe siècle en Occident, et jusqu’à nos jours en Orient.

Soutien : Seule une cantilène ou une mélodie organiquement née du texte et épousant les rythmes subtils du souffle porteur des paroles et de la pensée est à même de soutenir et d’enrichir le langage. Le chant sera donc composé à partir d’inflexions de la voix et d’un rythme qui se crée au fur et à mesure du développement du discours musical, et non à partir de notes (sons discontinus préétablis) et de rythmes calculés d’avance.

Précision : Seule une cantilène fixant traditionnellement les accents logiques et emphatiques de la phrase assure la transmission rigoureuse d’une pensée orale à travers les siècles. D’où l’obligation de cantiler les textes sacrés en éliminant des offices le parler courant.

Sanctification : Seul un chant traditionnel peut donner au langage la dignité et le poids nécessaires pour énoncer dans une assemblée la parole divine ou exprimer la prière collective. Il se crée ainsi un style se distinguant nettement des styles profanes. Il sera «formulaire» pour réveiller par des associations constantes, dans les couches profondes de la conscience, la part de sacré qui y est déjà assimilée.

Libération : Quant au célébrant, seul un certain type d’exécution de la cantilation lui permet de se libérer de sa propre individualité afin de ne pas l’imposer aux fidèles. D’où la nécessité d’utiliser des formules simples mais souples et sévèrement sélectionnées, et de ne pas s’en écarter. Quant aux fidèles, seul un certain type de chant oral leur permet de se libérer des soucis quotidiens et des états passionnels. (Déposons tous les soucis de ce monde, dit le chant d’offertoire de la liturgie byzantine.) Ce chant, tout en évitant les associations de pensée avec le monde extérieur, ne doit en aucun cas avoir un caractère envoûtant, voire magique. Il ne doit ni exciter ni bercer, mais tenir en éveil. D’où le choix d’un rythme libre, ni syncopé ni régulier, et de modes ne contenant pas d’attractions contraignantes.

Assimilation et mémorisation : Un enseignement oral, tel qu’il est donné par la liturgie, ne peut facilement être assimilé, mémorisé et transmis, que s’il est élaboré en un nombre limité de formules agençables en combinaisons nombreuses et variées. La rencontre, dans une nouvelle combinaison, d’une formule déjà connue et aimée, entraîne des associations intérieures qui assurent la cohésion générale de la doctrine et sa plus profonde compréhension. La musique suivra dans ce sens le texte sacré : elle ne sera pas construite à partir de notes isolées ou de mélodies déjà faites; elle sera, elle aussi, formulaire, construite à partir de «cellules musicales» plus ou moins développées, unies entre elles en ensembles cohérents, conçus non comme des pièces indépendantes, mais comme des membres de ces grands corps vivants que sont l’office et l’année liturgique. »
Maxime Kovalevsky, Retrouver la Source oubliée, Paris, 1984, p. 191-194.

Au travers de pièces issues des traditions romaines, ambrosiennes ou byzantines-russes, la Schola Sainte Cécile vous propose d’illustrer ces principes organisateurs du chant liturgique sacré. Ces chants d’Orient et d’Occident sont tous a capella, soutenus par le seul souffle de l’être humain (son « esprit » au sens biblique).Tant en Orient qu’en Occident, les pièces sont organisées depuis le IVème siècle en 8 tons ecclésiastiques, qui diffèrent radicalement dans leur conception de la construction musicale profane. Le principe de l’alternance entre plusieurs chœurs, ou entre un soliste ou un groupe de chantres et l’ensemble du chœur, construit un discours organisé, une « symphonie » au sens premier du terme, à l’image des échanges de la vie divine trinitaire.

Ce sera en particulier pour la Schola Sainte Cécile l’occasion de présenter une partie du programme qu’elle a donné à Rome lors des magnifiques cérémonies ambrosiennes qu’elle a eu l’honneur de chanter début mai et de remercier ainsi ses mécènes et amis qui l’ont soutenu financièrement dans ce déplacement.

PROGRAMME :
Dixit Dominus du Ier ton, avec alternances polyphoniques en plain-chant musical
Magnificat du Vème ton d’Henry du Mont
Procession ambrosienne avec les 12 Kyrie eleison
Plain-chant ambrosien : Hallelujah Diffusa est gratia
Credo ambrosien
O felix anima de Carissimi
Plain-chant ambrosien Transitorium Angeli circumdederunt altare (anciennement traduit de la liturgie syriaque en latin)
Pannichyde : office des défunts de la liturgie byzantine russe
Messe Exultate Deo du IVème ton de François Cosset, complétée par Sébastien de Brossard

L’évènement sur Facebook !

A l’issue du concert, vous pourrez piqueniquer sur le parvis de l’église, où des tables et des boutiques provisoires seront dressées dans le cadre du Marché Sainte-Cécile.

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