Requiem solennel pour Mgr Amodeo

Ce samedi 10 novembre 2012, en l’ancienne abbaye bénédictine de Saint-Victor de Meda (au Nord de Milan, en Lombardie) avait lieu le requiem solennel pour le serviteur de Dieu Mgr Angelo Amodeo (1932 † 2012), chanoine du chapitre métropolitain de Milan, défenseur passionné du rit ambrosien traditionnel, prêtre d’une grande générosité, bonté et humilité, retourné à Dieu le 14 septembre dernier en la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix, 5ème anniversaire de l’entrée en vigueur du motu proprio Summorum Pontificum. Mgr Amodeo avait été ordonné prêtre en 1957. Excellent musicien, grand connaisseur du chant ambrosien, il avait enseigné celui-ci au séminaire de Milan.

Le rit ambrosien – ou rit milanais – est le vénérable rit en usage dans l’archidiocèse de Milan ainsi que dans plusieurs dizaines de paroisses des diocèses voisins. Il a été organisé par saint Ambroise de Milan au IVème siècle et a conservé nombre d’éléments antiques, parmi lesquels son chant. Ancien rit italien, il partage certes de nombreuses similitudes avec le rit romain, mais également avec le rit byzantin et avec l’ancien rit des Gaules tel qu’il était pratiqué avant sa suppression par Charlemagne.

Le catafalque pour Mgr Amodeo dans l’ancienne abbatiale, dédiée aux saints Aymon & Vermond.

Avant la messe sont chantées les matines et laudes des défunts. Pareil usage est également prévu au rit romain mais hélas est devenu bien oublié de nos jours (dans le rit byzantin, c’est la messe de requiem qui est tombée de l’usage courant, les matines des morts sont en revanche usuellement chantées (« Pannychide »)). L’office des morts ambrosien est très proche de l’office des morts romain. Les matines – sans invitatoire – comportent 3 nocturnes de 3 psaumes suivis de 3 leçons et de 2 répons (contrairement à l’office romain, la dernière leçon de chaque nocturne n’est pas suivie d’un répons). Les antiennes ne sont pas doublées et les psaumes se terminent sans doxologie ni Requiem æternam.

Début de la messe de requiem en rit ambrosien, après le chant des matines & des laudes.

Chant de la première oraison. Le diacre & le sous-diacre ne se tiennent pas comme au rit romain derrière le célébrant mais de part et d’autre aux coins de l’autel.

Chant de l’épître par le sous-diacre, face à l’Orient.

Chant de l’évangile par le diacre, face au Nord.

Offertoire de la messe ambrosienne.

Imposition de l’encens à l’offertoire.

Après le Sanctus et le début du canon, le prêtre interromp celui-ci pour procéder au lavabo avant la consécration.

Consécration du Corps du Seigneur.

Consécration du Sang du Seigneur.

Communion du clergé.

Si l’office et la messe sont relativement proches du rit romain, l’absoute qui suit la messe dans le rit ambrosien est très différente de celle du rit romain. Le chœur commence par chanter un longue suite d’antiennes et de répons, puis le psaume 50 Miserere est chanté. C’est alors que le célébrant impose l’encens.

Lorsque le chœur arrive au chant du verset Asperges me, le célébrant asperge le corps du défunt ou sa représentation puis l’encense.

L’absoute se conclut par le chant d’une litanie où l’assemblée confie le défunt à l’intercession des saints du ciel. Ce moment est particulièrement émouvant et le chant ambrosien de cette litanie d’une grande beauté.

Cette cérémonie solennelle a été chantée par un chœur remarquable qui a non seulement assuré le plain-chant des nombreux répons et antiennes ambrosiens de l’office & de la messe des morts, mais également de magnifiques polyphonies. Le chœur a chanté l’O vos omnes de Victoria pendant les prières au bas de l’autel, l’O Jesu Christe attribué à van Berchem pendant l’offertoire, le Sanctus, Benedictus & Agnus Dei de la messe D’ung aultre amer de Josquin des Prés ; l’Agnus Dei ne fait pas partie de la messe ambrosienne, sauf à la messe de requiem où il sert de chant de communion (Transitus). Après 3 heures d’offices (déroulés sans qu’on ne sente l’heure passer), des agapes ont réunis les amis de Mgr Amodeo dans l’ancienne salle capitulaire de cette magnifique abbaye bénédictine du XVIème siècle.

La Schola Sainte Cécile avait eu l’honneur de chanter plusieurs fois en 2003 et en 2010 la sainte messe dans le rit ambrosien traditionnel célébrée par Mgr Amodeo (cf. Messe ambrosienne à Sainte-Marie-sur-La-MinerveVêpres & Complies solennelles ambrosiennes à Saint-André-au-QuirinalMesse ambrosienne au Panthéon pour les 25 ans du rétablissement du rit ambrosien traditionnel).

Laisser un commentaire