Marc-Antoine Charpentier – Pour la feste de l’Epiphanie (H. 395)

Marc-Antoine Charpentier (1643 † 1704), maître de la musique de Marie de Lorraine, duchesse de Guise, du Dauphin, fils de Louis XIV, des Jésuites & de la Sainte Chapelle.
Pour la feste de l’Epiphanie (H. 395).
3 voix mixtes (SSB), 2 dessus instrumentaux & basse continue.
12 pages.

Ce motet pour la fête de l’Epiphanie (6 janvier) a sans doute été composé pour la messe du Dauphin, lorsque Charpentier était maître de sa chapelle ; l’effectif – à deux dessus & une basse chantante, accompagnés par deux dessus instrumentaux & une basse continue – est en effet caractéristique des moyens dont disposait le compositeur pour la messe basse quotidienne du fils de Louis XIV.

Le texte du motet met en musique l’évangile de la fête de l’Epiphanie : Matthieu II, 1-12, avec quelques rares aménagements textuels pour en renforcer la dramaturgie.

En voici le texte et une traduction :

Cum natus esset Jesus in Béthleem Judæ in diebus Heródis Regis, ecce Magi ab Oriénte venérunt Jerosólymam, dicéntes :

Lorsque fut né Jésus à Bethléem de Judée aux jours du roi Hérode, voici que des Mages d’Orient vinrent à Jérusalem, disant :
Ubi est qui natus est Rex Judæórum, ubi est, ubi est ? Vídimus enim stellam ejus ab Oriénte & venímus adoráre eum. Ubi est qui natus est Rex Judæórum, ubi est, ubi est ? Quis dicet nobis ubi est ? Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Où est-il ? Où est-il ? Nous avons vu en effet son étoile en Orient & nous sommes venus l’adorer. Où est le roi des Juifs qui vient de naître ?Qui nous dira où il est ?
Audiens autem Heródes rex valde turbátus est. Et cóngregans Príncipes Sacerdótum, & Scribas pópuli, sciscitabátur ab eis ubi Christus nascerétur. At illi dixérunt : in Béthleem Judæ. Et clam vocátis Magis, sic eos interrogábat : Et le roi Hérode en ayant été averti fut grandement troublé. Et rassemblant les princes des prêtres & les scribes du peuple, il s’enquit d’eux du lieu où le Christ devait naître. Et ils lui dirent : « En Bethléem de Judée ». Puis ayant en secret fait appeler les Mages, il les interrogea :
« Quod signum vidístis super natum regem ? » « Quel signe avez-vous vu au-dessus du roi qui est né ? »
« Stellam vídimus fulgéntem, cujus splendor illúminat mundum. Inde quid inferéndum, hoc signum magni regis est. » « Nous avons vu son étoile se mettre à briller, sa splendeur illumine le monde. De là nous avons déduit que c’est le signe d’un grand roi. »
« Ite, ite in Béthleem et cum invenéritis púerum, renuntiáte mihi, ut ego véniens adórem illum. » «  Allez, allez à Bethléem et quand vous aurez trouvé l’enfant, faites-le moi savoir, afin que moi aussi je vienne l’adorer ».
Qui cum audissent regem, abiérunt. Et ecce stella, quam víderant in Oriénte, antecedébat eos, usque dum véniens staret supra ubi erat puer. Ayant entendu le roi, ils s’en allèrent. Et voici que l’étoile, qu’ils avaient vue en Orient, les précédait, jusqu’à ce qu’elle vînt s’arrêter au-dessus du lieu où était l’enfant.
Et intrántes domum invenérunt púerum cum matre ejus, & procidéntes adoravérunt eum. Et entrant dans la maison, ils trouvèrent l’enfant avec sa mère, & se prosternant, ils l’adorèrent.

L’œuvre est écrite en ré mineur, qui est classifié comme « grave & dévot » dans le tableau des énergies des modes de Charpentier. Après un court prélude des dessus instrumentaux, les trois chanteurs alternent successivement récits & chœurs.

L’œuvre peut être comparée au motet pour la Circoncision (In Cicumcisione Domini H. 316).

Nous vous offrons aussi, outre la partition générale, une partie séparée pour les deux dessus instrumentaux.

Les premières mesures de cette partition :

Marc-Antoine Charpentier - Pour la feste de l'Epiphanie H 395

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