Programme du XVIIIème dimanche après la Pentecôte – saints Serge & Bacchus – ton 1

Saints Serge & Bacchus : icône du VIIème siècle

Saints Serge & Bacchus : icône du VIIème siècle

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 20 octobre 2019 du calendrier grégorien, 7 octobre 2019 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton I de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour les saints martyrs Serge & Bacchus.

Serge était un officier militaire supérieur romain, commandant (primicerius) avec son officier adjoint Bacchus (secundarius) une troupe d’élite composée de Barbares, appelée la Schola Gentilium, sur la frontière orientale de l’Empire, face à l’empire Parthe.

Martyre des saints Serge & Bacchus

Martyre des saints Serge & Bacchus

Aux alentours de l’an 303, durant la persécution de Dioclétien, le co-empereur Maximien en visite en Commagène (petite région au Nord-Est de l’ancien royaume d’Edesse, l’Osrhoène) voulut offrir des libations à Jupiter, mais Serge et Bacchus refusèrent d’y accompagner l’empereur du fait qu’ils étaient chrétiens. Ils confessèrent courageusement leur foi. Bacchus succomba assez rapidement sous la violence de la flagellation & des coups ; Serge subit de longs tourments. Parmi ceux-ci, il fut condamné à courir 18 miles chaussé de sandales dont la semelle intérieure avait été hérissée de pointes acérées. Pendant ce supplice, Bacchus lui apparut et l’encouragea à persévérer, lui disant qu’ils seraient rapidement réunis au ciel. Serge fut décapité à Resafa en Euphratésie de Syrie (à 200 km à l’Est d’Alep).

Leur martyre fut rapidement célèbre dans toute l’Eglise, comme en témoigne la présence de leur fête dans de nombreux martyrologes antiques et la grande vénération qui entoura leur reliques, ainsi que l’intérêt que leur porta plusieurs historiens ecclésiastiques, en particulier Théodoret.

Icône arabe des saints Serge & Bacchus

Icône arabe des saints Serge & Bacchus

Dès la paix de l’Eglise, la tombe des saints Serge & Bacchus dans la ville de Resafa devint rapidement le plus important centre de pèlerinage d’Orient : une magnifique basilique fortifiée fut élevée sur la tombe des martyrs & la ville pris le nom de Sergiopolis. Elle devint siège d’un évêché vers 431 et au début du VIème siècle c’était le siège d’un archevêché métropolitain avec 5 évêques suffragants. Sous le règne de Justinien, la ville était un centre de pèlerinage d’une richesse inouïe ; on y édifia des murailles magnifiques, des citernes et autres bâtiments imposants encore visibles. Une muraille de trois mètres d’épaisseur formant un rectangle de 500 mètres sur 100 mètres fut même construite pour protéger des voleurs les dons magnifiques que faisaient les pèlerins. Le pèlerinage attirait en particulier les tribus arabes chrétiennes du royaume des Ghassanides. La ville fut assiégée en 543 & pillée en 616 par les Perses & déclina après la conquête musulmane, mais le pèlerinage chrétien subsista jusqu’au XIIIème siècle et les ruines encore visibles aujourd’hui sont imposantes.

Corfou - icône des saints Serge, Bacchus & Justine peinte par Michel Damaskenos après la bataille de Lépante de 1571

Corfou – icône des saints Serge, Bacchus & Justine peinte par Michel Damaskenos après la bataille de Lépante de 1571

Serge & Bacchus étaient universellement vénérés dans l’Empire byzantin, et tenus comme protecteurs de l’armée ; l’empereur Justinien (527 † 565) bâtit en leur honneur des basiliques magnifiques à Constantinople et à Saint-Jean d’Acre. Celle de Constantinople, devenue hélas une mosquée après la chute de la Ville, est un chef d’œuvre de l’art byzantin. Sa construction dura de 527 à 536 sous la conduite des architectes Isidore de Millet & Anthemius de Tralles, qui édifièrent ensuite sur son modèle la basilique Sainte-Sophie.

Le monastère Saint-Serge-et-Saint-Bacchus dans la ville araménophone à majorité chrétienne de Maaloula en Syrie remonte au moins au Vème siècle et serait l’un des plus anciens du Moyen-Orient encore en activité. Son église daterait de 313-325 et fut édifiée à l’emplacement d’un ancien temple païen ; cette église serait la plus ancienne du monde encore en activité. Le 4 septembre 2013, ce monastère de Maaloula a été attaqué & incendié par les rebelles islamistes du front al-Nosra, ses icônes (certaines du Xème siècle), de renommée mondiale, ont été brûlées, volées ou détruites, dans l’indifférence générale.

Les saint Serge et Bacchus sont particulièrement vénérés par l’Eglise arménienne, qui fait précéder leur fête de trois jours de jeûne préparatoire.

Leur culte se développa également assez tôt en Occident. Le Sacramentaire Gélasien contient une messe pour leur fête, et 5 lieux de culte leur furent dédiés dans Rome ; le plus ancien fut établi dans le forum romain en 678 par le pape saint Agathon (678 † 681), il fut le siège de l’une des 7 diaconies cardinales de Rome. L’actuelle église des Saints-Serge-&-Bacchus-des-Monts est la paroisse romaine des Ukrainiens catholiques.

Des reliques de saint Serge parvinrent en Gaule dès le VIIème siècle et il existe toujours à Angers un monastère des saints Serge & Bacchus remontant à cette époque avec une abbatiale gothique qui leur est dédiées .

Aux heures
A tierce & à sexte : Tropaire du dimanche, ton 8. Gloire au Père. Tropaire des Martyrs. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche.

A la divine liturgie :

Tropaires des Béatitudes : 6 tropaires du dimanche ton 1 & 4 tropaires de la 3ème du canon des Martyrs, œuvre de saint Théophane le Marqué, l’Hymnographe, métropolite de Nicée (c. 778 † 845) :
1. Du Paradis l’Ennemi fit chasser Adam * lorsqu’il eut mangé le fruit défendu, * mais par la croix le Christ y fit entrer le bon Larron qui lui criait : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Je me prosterne devant ta Passion * et je glorifie ta sainte Résurrection ; * avec Adam & le bon Larron * je te crie : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
3. Librement, Seigneur sans péché, * tu as souffert la croix & la mise au tombeau ; * mais, comme Dieu, tu es ressuscité, * faisant surgir avec toi * Adam qui s’écrie : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
4. Le temple de ton corps, tu l’as relevé * du tombeau le troisième jour ; * avec Adam, ô Christ notre Dieu, * tu as ressuscité le genre humain, * qui chante : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
5. A ton sépulchre se rendirent de bon matin * les Myrrhophores tout en larmes, ô Christ notre Dieu : * elles y trouvèrent un Ange vêtu de blanc, * assis sur la pierre et disant : Que cherchez-vous ? ** Le Christ est ressuscité, ne pleurez plus.
6. Sur la montagne que tu leur avais indiquée * tes Apôtres arrivèrent, Seigneur ; * et, lorsqu’ils te virent, Sauveur, * ils se prosternèrent devant toi ; * vers les nations tu les envoyas ** pour les instruire et baptiser.
7. Le Dieu qui seul connaît * tous les êtres avant leur création, * voyant vos dispositions envers lui, * abondamment vous a pourvus * de sagesse en vos propos, * de connaissance divine et de fermes sentiments, ** bienheureux soldats du Christ.
8. Ayant choisi de lutter * selon les règles, serviteurs du Christ, * après sage réflexion * et par amour du Créateur, * vous avez dédaigné l’éphémère gloire qui se corrompt, * le prince de ce monde et tout ce qui lui appartient, ** victorieux Athlètes martyrs.
9. Maintenant que devant Dieu * vous vous tenez, en la pure application de votre esprit, * comblés par la splendeur de l’au-delà, * et que vous jouissez clairement * de l’ineffable béatitude, saints Martyrs, * de toute épreuve délivrez ** les fidèles qui vous glorifient.
10. Jadis sous l’empire de la mort, * Adam est libre désormais * grâce à ton enfantement, divine Epouse immaculée, * car toi seule, tu as enfanté, * en dépassant la nature et la raison, * par l’union de sa personne avec la chair ** la véritable Vie personnifiée.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 1 : La pierre scellée par les Juifs, * et ton corps très pur gardé par les soldats, * Tu ressuscites le troisième jour, ô Sauveur, * donnant la vie au monde. * C’est pourquoi les vertus célestes te crient, ô Donateur de vie : * « Gloire à ta résurrection, Christ, * Gloire à ton royaume ! ** Gloire à ton économie, seul Ami de l’Homme ! »
2. Tropaire des Martyrs, ton 5 : Ornements de ceux qui ont souffert pour le Christ, * vous qui fûtes les yeux de l’Église du Christ, * illuminez les yeux de nos âmes, * Serge le très-éprouvés et Bacchus le très-glorieux. * Priez le Seigneur, pour que nous fuyions les ténèbres du péché * et que nous devenions participants à la lumière sans déclin ** par vos saintes prières.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion des Martyrs, ton 2 : Avec courage ayant affronté les ennemis, * vous avez fait détruit leur tromperie * et d’en haut ayant reçu la victoire, illustres Martyrs, * d’un même cœur vous vous êtes écriés : ** il est bon et agréable d’habiter avec Dieu.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion du dimanche, ton 1 : Ressuscité du tombeau dans la gloire divine, * tu as ressuscité le monde avec toi ; * la nature humaine te chante comme Dieu, * la mort s’évanouit, * Adam jubile, Seigneur, * & Eve, désormais libérée de ses liens, * proclame dans l’allégresse : ** O Christ, c’est toi qui accordes à tous la résurrection.

Prokimen
1. Du dimanche, ton 1 :
R/. Que ta miséricorde soit sur nous, Seigneur, * selon l’espérance que nous avons mise en toi. (Psaume 32, 22).
V/. Justes, exultez dans le Seigneur, aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1).
[II Corinthiens (§ 188) IX, 6-11.
Or je vous avertis que celui qui sème peu, moissonnera peu ; et que celui qui sème avec abondance, moissonnera aussi avec abondance.
[Des Martyrs : Hébreux (§ 330) XI, 33 – XII, 2..
Puis donc que nous sommes environnés d’une si grande nuée de témoins, dégageons-nous de tout le poids qui nous abat, et des pièges qui nous assiègent, et courons par la patience dans cette carrière qui nous est ouverte.]

Alleluia
Du dimanche, ton 1 :
V/. C’est Dieu qui me donne les vengeances & prosterne les peuples sous moi (Psaume 17, 48).
V/. Il multiplie pour son roi les délivrances et montre de l’amour pour son Christ (Psaume 17, 51).
[Des Martyrs, ton 2 :
V/. Voyez comme il est bon, comme il est doux d’habiter en frères tous ensemble ! (Psaume 133, 1)]

Evangiles
Du dimanche : Luc (§ 17) V, 1-11.
Et ayant ramené leurs barques à bord, ils quittèrent tout, et le suivirent..
[Des Martyrs : Luc (§ 106) XXI, 12-19.
Car je vous donnerai moi-même une bouche et une sagesse à laquelle tous vos ennemis ne pourront résister, et qu’ils ne pourront contredire]

Hymne à la Mère de Dieu pendant l’anaphore
Il est digne en vérité, ton 1.

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
[Des saints : Réjouissez-vous, justes, dans le Seigneur ; aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.]

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