Vous êtes chanteurs ou instrumentistes et vous souhaitez vous engager au service de la liturgie traditionnelle, n’hésitez pas à nous rejoindre !

La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Programme du XXIème dimanche après la Pentecôte – Saint Hiérothée – ton 4

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 17 octobre 2010 du calendrier grégorien – 4 octobre 2010 du calendrier julien, divine liturgie de 9h15.

Dimanche du ton IV de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour la fête de saint Hiérothée, qui, comme saint Denis, fut l’un des Athéniens converti par saint Paul à la suite de son fameux discours sur l’Aréopage (cf. Actes des Apôtres, chapitre 17). Il devint premier évêque d’Athènes et mourut martyr. Le martyrologe romain le fête également au 4 octobre.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 4 : Recevant de l’Ange la joyeuse nouvelle * de la Résurrection de leur Seigneur * et détournant l’ancestrale condamnation, * les saintes Femmes se firent gloire d’annoncer aux Apôtres : * le Christ a triomphé de la mort, * il est ressuscité, notre Dieu, * pour donner au monde la grâce du salut.
2. Tropaire de saint Hiérothée, ton 4 (tropaire commun aux disciples de Paul) : Maître en douceur, sobre en tout * et de noble conscience, comme prêtre revêtu, au Vase d’élection tu as puisé * les ineffables vérités ; * tu as gardé la foi, et comme lui, * mené ta course à bonne fin ; * pontife & martyr, saint Hierothée, * prie le Christ notre Dieu * de sauver nos âmes.
3. Premier kondakion de saint Hiérothée, ton 8 : Comme évêque d’Athènes nous te célébrons, * nous qui avons connu d’ineffables mystères grâce à toi, * théologien divinement inspiré, bienheureux Hiérothée ; * intercède pour que nous soyons sauvés de tout malheur, * afin que nous puissions te dire à haute voix : * réjouis-toi Père sage-en-Dieu.
4. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
5. Second kondakion de saint Hiérothée, ton 4 : Tel une colonne inébranlable, Hiérothée, * tu ne t’es pas épouvanté des menaces des démons, * mais tu as ruiné leur grande séduction, * tel un roc de gloire et de grand prix. * C’est pourquoi le Seigneur, de sa droite principe de vie et divine, * t’as couronné, courageux : * prie-le pour nous tous.
6. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
7. Kondakion du dimanche, ton 4 : Mon Sauveur & mon libérateur * a ressuscité tous les mortels, * les arrachant par sa force divine aux chaînes du tombeau ; * il a brisé les portes de l’Enfer * et en maître souverain il est ressuscité le troisième jour.
Prokimen
Du dimanche, ton 4 :
℟. Que tes œuvres sont grandes, Seigneur ! Toutes, avec sagesse tu les fis (Psaume 103, 24).
℣. Bénis le Seigneur, mon âme ! Seigneur, mon Dieu, tu es si grand ! (Psaume 103, 1).
Alleluia
Du dimanche, ton 4 :
℣. Va, chevauche pour la cause de la vérité, de la piété & de la justice (Psaume 44, 5).
℣. Tu aimes la justice, tu hais l’impiété (Psaume 44, 8).
Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.

Programme du XXème dimanche après la Pentecôte – Saint Callistrate – ton 3

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 10 octobre 2010 du calendrier grégorien – 27 septembre du calendrier julien, divine liturgie de 9h15.

Dimanche du ton III de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour la fête des saints Callistrate, Gymnasios et leurs 48 compagnons, tous soldats, qui reçurent la palme du martyre à Rome lors de la persécution de Dioclétien. Callistrate – dont le nom grec signifie « beau soldat » – est un soldat originaire de Carthage, chrétien & soldat comme son père. Un de leurs aïeuls avait été soldat en Palestine sous l’autorité du procurateur Ponce Pilate & avait assisté aux évènements de notre Rédemption. Dénoncé comme chrétien, Callistrate subit différents tourments avant d’être jeté à la mer cousu dans un sac en cuir, mais par le secours divin, il en sortit sain et sauf et fut ramené au rivage par des dauphins ; ce que voyant, 49 soldats de ses compagnons d’armes se convertirent à la foi chrétienne, et devinrent avec lui ses compagnons dans le martyre. Ils furent tous jetés en prison, Callistrate profita de ce temps pour les catéchiser. Les 50 furent plongés pieds et mains liés dans une piscine profonde. Les 49 néophytes considérèrent cette immersion comme leur baptême. Cependant des signes grandioses – une colonne de lumière et un tremblement de terre qui renversa l’idole la plus proche – accompagnèrent cette nouvelle épreuve et interrompirent le supplice. Les 50 soldats furent en définitive passés par le fil de l’épée dans leur prison & découpés en morceaux, mais – comme le sang des martyrs est semence de chrétiens – ce supplice inique entraîna la conversion de 135 autres soldats qui pieusement ensevelirent leur restes. Callistrate et ses compagnons sont des martyrs romains, mais leur culte se répandit à Byzance où une partie de leurs reliques avait était apportée et était vénérée au monastère de sainte Epicharite. Le martyrologe romain les fête le 26 septembre tandis que le synaxaire arménien les vénère le 28 juin.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 3 : Que les cieux se réjouissent, * que la terre exulte d’allégresse, * car le Seigneur a fait merveille * par la force de son bras, * terrassant la mort par sa propre mort * et devenant d’entre les morts le premier-né : * du sein de l’Enfer il nous a tous sauvés, * accordant au monde la grâce du salut.
2. Tropaire des saints martyrs, ton 4 : Tes Martyrs, Seigneur, * pour le combat qu’ils ont mené ont reçu la couronne d’immortalité de toi, notre Dieu ; * animés de ta force, ils ont terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons ; ** par leurs prières sauve nos âmes.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion du saint martyr Callistrate & de ses compagnons, ton 4 : Vous avez enduré de multiples blessures, et vous avez clairement recherché les couronnes de Dieu, priez pour nous, ô Saints, le Christ ; par la mémoire que nous faisons de votre grande fête, nous glorifions votre passion, ô Callistrate et ses compagnons, parce que vous guidez votre troupeau & votre peuple, car vous êtes le soutien des croyants.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion du dimanche, ton 3 : Du tombeau tu es ressuscité * en ce jour, ô Dieu de miséricorde, * nous arrachant aux portes de la mort ; * en ce jour Adam tressaille d’allégresse et Eve danse de joie, * et tous ensemble les Patriarches & les Prophètes chantent inlassablement * la force & la puissance de ta divinité.
Prokimen
Du dimanche, ton 3 :
℟. Sonnez pour notre Dieu, sonnez ; sonnez pour notre Roi, sonnez ! (Psaume 46, 7).
℣. Tous les peuples, battez des mains, acclamez Dieu par vos cris de joie ! (Psaume 46, 2).
Alleluia
Du dimanche, ton 3 :
℣. En toi, Seigneur, j’ai mon abri ; sur moi pas de honte à jamais (Psaume 30, 2).
℣. Sois pour moi un Dieu qui me défend, un lieu fort qui me sauve (Psaume 30, 3).
Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.

Jerusalem et Sion filiæ – Prose parisienne de la Dédicace – Offices notés complets de Paris – 1899

Cette prose est due au célèbre hymnographe parisien Adam de Saint-Victor (c. 1112 † c. 1192), préchantre de la cathédrale de Paris, principal auteur du répertoire parisien des séquences dont il a renouvelé le genre en leur conférant une ampleur musicale et une richesse spirituelle par les images théologiques abordées. Ce répertoire victorin s’est très vite diffusé dans toute l’Europe Occidentale, on en chantait les séquences dès le XIIIème siècle à Palerme, Zagreb, Aix-la-Chapelle ou Dublin. Les livres parisiens modernes contiennent deux chants pour cette prose, celui d’Adam de Saint-Victor, et celui recomposé au XVIIIème siècle par l’Abbé d’Haudimont, maître de chapelle de la cathédrale de Châlons-sur-Saône puis de Notre-Dame de Paris et de Saint-Germain L’Auxerrois (avant 1790). La mélodie d’Haudimont, quoique récente, est, avouons-le d’une grande réussite musicale et fut immédiatement très populaire à Paris. Elle figure sur l’enregistrement historique « Grandes heures liturgiques à Notre-Dame de Paris », sous la direction de Mgr Revert, maître de chapelle de Notre-Dame, où l’on peut entendre le contre-chant des voix de dessus sur le dernier vers de chaque strophe, contre-chant devenu traditionnel à Paris.

La prose de la dédicace chantée par la Schola Sainte Cécile à Notre-Dame de Paris le 29 mai 2013 :

Comme l’admirable poésie d’Adam de Saint-Victor recèle de vrais trésors théologiques par la vision de l’Eglise qui y est développée, nous en donnons une traduction française tirée du Missel parisien de Mgr de Vintimille du Luc à l’usage des laïcs de 1738.

JERUSALEM et Sion fíliæ,
Cœtus omnis fidélis cúriæ,
Melos pangant jugis lætítiæ.
Allelúia.
Filles de Jérusalem et de Sion, saints habitants des demeures célestes, chantez de concert un cantique de joie. Alléluia.
CHRISTUS enim norma justítiæ
Matrem nostram despónsat hódie,
Quam de lacu traxit misériæ
Ecclésiam.
C’est en ce jour que Jésus-Christ, le modèle de toute justice, prend pour épouse l’Eglise notre mère, qu’il a tirée de l’abîme de misère où elle était plongée.
HANC sánguinis et aquæ múnere,
Dum pénderet in crucis árbore,
De próprio prodúxit látere
Deus homo.
C’est du côté ouvert de l’Homme-Dieu attaché sur la Croix qu’elle est sortie ; le sang précieux, & l’eau mystérieuse qui coulèrent de cette source sacrée, lui furent donnés alors pour la laver et la sanctifier.
FORMARETUR ut sic Ecclésia,
Figurátur in prima fémina,
Quæ de costis Adæ est édita
Mater Eva.
La formation de l’Eglise par Jésus-Christ avait été figurée par celle d’Eve, cette mère commune du genre humain, qui fut tirée d’une des côtes d’Adam notre premier père.
EVA fuit novérca pósteris ;
Hæc est mater elécti géneris,
Vitæ portus, ásylum míseris,
Et tutéla.
Eve a donné la mort à ses enfants ; mais l’Eglise est une mère qui donne la vie aux siens : elle est pour eux un port de salut : elle est leur asile, et leur solide appui.
HÆC est cymba qua tuti véhimur ;
Hoc ovíle quo tecti cóndimur ;
Hæc cólumna, qua firmi nítimur
Veritátis.
Elle est cette barque sur laquelle nous voguons sûrement à travers les écueils du siècle ; cette bergerie où nous sommes à l’abri des attaques de l’ennemi : elle est la colonne de vérité, sur laquelle nous sommes appuyés comme sur un fondement inébranlable.
O sólemnis festum lætítiæ,
Quo únitur Christus Ecclésiæ,
In quo nostræ salútis núptiæ
Celebrántur.
Quelle doit être notre joie et notre reconnaissance dans cette auguste solennité, où nous célébrons l’union de Jésus-Christ avec son Eglise, union sainte par laquelle s’opère le grand ouvrage de notre salut !
JUSTIS inde solvúntur præmia,
Lapsis autem donátur vénia,
Et sanctórum augéntur gáudia
Angelórum.
Par cette union mystérieuse les justes entrent en possession des récompenses éternelles, les pécheurs obtiennent le pardon de leurs crimes, les Anges même sentent augmenter leur joie.
AB æterno fons sapiéntiæ,
Intúitu solíus grátiæ,
Sic prævídit in rerum série
Hæc futúra.
Ces merveilles sont l’effet de la sagesse suprême de Dieu, qui par le seul motif de sa miséricorde, en a prévu l’accomplissement de toute éternité.
CHRISTUS jungens nos suis núptiis,
Recréatos veris delíciis,
Intéresse fáciat gáudiis
Electórum. Amen.
Que Jésus-Christ notre Sauveur, dont nous devenons les enfants par l’union qu’il contracte avec l’Eglise notre mère, nous fasse goûter les vraies délices, et participer dans le ciel aux joies éternelles des Elus. Amen.

>>> MP3 de cette prose par la Schola Sainte Cécile lors de la messe en rit traditionnel du 17 juin 2008 (enregistrement pris par un fidèle assez loin depuis la nef).

Programme du XIXème dimanche après la Pentecôte – Après-fête de l’Exaltation de la sainte Croix – Saint Eustathe – ton 2

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 3 octobre 2010 du calendrier grégorien – 20 septembre du calendrier julien, divine liturgie de 9h15.

Dimanche du ton II de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour :
– l’après-fête de l’universelle Exaltation de la précieuse & vivifiante Croix, laquelle célèbre la restitution de la vraie Croix et sa réinstallation à Jérusalem en 627, la précieuse relique étant rendue par les Perses à l’Empereur Héraclius à la suite de sa victoire de Ninive,
– la fête du saint mégalomartyr Eustathe, de son épouse Théopistè et de leurs fils Agapios & Théopistos, qui reçurent les palmes du martyre vers l’an 117.

A la divine liturgie

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 2 : Lorsque tu es descendu vers la mort, immortelle Vie, * l’Enfer fut renversé par la splendeur de ta divinité * et, lorsque tu ressuscitas les morts * qui gisaient au fond du tombeau, * tous les Anges dans les cieux se mirent à chanter : * Gloire à toi, Source de vie, ô Christ notre Dieu.
2. Tropaire de l’universelle Exaltation de la précieuse & vivifiante Croix, ton 1 : Sauve, Seigneur, ton peuple, * et bénis ton héritage, * accorde aux chrétiens orthodoxes * la victoire sur les ennemis, * et sauvegarde les tiens ** par ta Croix.
3. Tropaire du saint mégalomartyr Eustathe, de son épouse Théopistè et de leurs fils Agapios & Théopistos, ton 4 : Tes Martyrs, Seigneur, * pour le combat qu’ils ont mené ont reçu la couronne d’immortalité de toi, notre Dieu ; * animés de ta force, ils ont terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons ; ** par leurs prières sauve nos âmes.
4. Kondakion du dimanche, ton 2 : Lorsque tu es ressuscité du tombeau, Sauveur tout-puissant, * l’Enfer à la vue de ce miracle fut saisi de frayeur ; * les morts se sont levés et, te voyant, la création partage ta joie, * Adam s’unit à l’allégresse ; * et le monde, ô mon Sauveur, te chante pour toujours.
5. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
6. Kondakion du saint mégalomartyr Eustathe, de son épouse Théopistè et de leurs fils Agapios & Théopistos, ton 2 : Imitant les souffrances du Christ * et buvant son calice avec foi, * Eustathe, tu communias à sa gloire, dont tu devins l’héritier, ** ayant reçu du Dieu de tous la divine rémission.
8. Kondakion de l’universelle Exaltation de la précieuse & vivifiante Croix, ton 4 : Toi qui t’es volontairement élevé sur la Croix, * au nouveau peuple appelé de ton nom * accorde tes miséricordes ô Christ Dieu ; * donne ta force aux chrrétiens orthodoxes, * donne-leur la victoire sur l’Ennemi ; que ton alliance leur soit une arme de paix, ** une invincible victoire.

Prokimen
1. De l’universelle Exaltation de la précieuse & vivifiante Croix, ton 7 :
℟. Exaltez le Seigneur notre Dieu, prosternez-vous devant son marchepied, car il est saint (Psaume 98, 5).
℣. Le Seigneur règne, que les peuples tremblent ; il siège sur les Chérubins, que la terre vacille (Psaume 98, 1).
2. Des saints martyrs, ton 4 :
℟. Le Seigneur a rendu merveilleuses toutes ses volontés dans les saints qui sont sur sa terre (Psaume 15, 3).

Alleluia
1. De l’universelle Exaltation de la précieuse & vivifiante Croix, ton 1 :
℣. Rappelle-toi ton peuple, que tu as acquis dès l’origine, que tu rachetas, tribu de ton héritage (Psaume 73, 2).
℣. Dieu est notre roi dès l’origine, auteur du salut au cœur du monde (Psaume 73, 12).
2. Des saints martyrs, ton 4 :
℣. Les justes crient, le Seigneur les écoute, et de toutes leurs angoisses il les délivre (Psaume 33, 18).

Versets de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1)
De l’universelle Exaltation de la précieuse & vivifiante Croix : Sur nous s’est levée la lumière de ta face, Seigneur (Psaume 4, 7). Alleluia, alleluia, alleluia.

Programme du XVIIIème dimanche après la Pentecôte – Dédicace de l’Anastasis (Saint-Sépulcre) & avant-fête de l’Exaltation de la sainte Croix – ton 1


Dédicace de l’Anastasis par Maxime III
en présence de saint Constantin & sainte Hélène

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 26 septembre 2010 (13 septembre du calendrier julien), divine liturgie de 9h15.

Dimanche du ton I de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour :
– la dédicace de la basilique de l’Anastasis (autrement dit le Saint-Sépulcre), construite par l’empereur Constantin, dédicace ayant eu lieu en l’an 335,
– l’avant-fête (vigile) de l’universelle Exaltation de la précieuse & vivifiante Croix,
– la fête du saint hiéromartyr Corneille le Centurion, premier gentil converti à la vraie foi, qui fut par la suite évêque.

A la divine liturgie

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 1 : Malgré les scellés posés sur le tombeau * et les soldats gardant ton corps immaculé, * tu es ressuscité le troisième jour, * donnant la vie au monde, Dieu sauveur, * et du haut des cieux les Anges te chantèrent comme à la Source de la vie : * « Gloire à ta Résurrection, ô Christ, * gloire à ta royauté, * gloire à ton œuvre de salut, Seigneur ami des hommes.
2. Tropaire de la dédicace de l’Anastasis, ton 4 : Semblable à la splendeur des fondements du ciel, * tu as rendu la beauté de la sainte demeure terrestre de ta gloire, Seigneur, * affermis-la pour les siècles des siècles * et reçois les prières que nous T’y adressons sans cesse par l’intercession de la Mère de Dieu, ** Toi la vie et la résurrection de tous.
3. Tropaire de l’avant-fête de l’universelle Exaltation de la précieuse & vivifiante Croix, ton 4 : Nous t’offrons, Seigneur le signe de la vivifiante Croix * que malgré notre indignité tu nous donnas, dans ta bonté ; * sauvegarde notre pays et tout le peuple chrétien * par les prières de la Mère de Dieu, seul Ami des hommes.
4. Tropaire du saint hiéromartyr Corneille le Centurion, ton 4 : Dans les œuvres de justice ayant d’abord excellé, * tu as accueilli la lumière de la foi ; * des Apôtres tu partageas les peines en vérité * et par tes exploits tu leur fus associé ; * à tous tu as prêché l’incarnation du Christ notre Dieu ; * bienheureux Corneille, implore-le * de nous sauver, nous qui vénérons ta mémoire en ce jour.
5. Kondakion du saint hiéromartyr Corneille le Centurion, ton 4 : L’Eglise du Christ t’a reçu * comme prémices des nations ; * de tes œuvres inspirées par la vertu * tu la fis briller splendidement, * saint Corneille, pontife & martyr.
6. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
7. Kondakion de la dédicace de l’Anastasis, ton 4 : L’Eglise s’est montrée comme un ciel aux mille feux * illuminant l’ensemble des croyants ; * nous y chantons : Seigneur, affermis ce temple saint.
8. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
9. Kondakion du dimanche, ton 1 : Ressuscité du tombeau dans la gloire divine, * tu as ressuscité le monde avec toi ; * la nature humaine te chante comme Dieu, * la mort s’évanouit, * Adam jubile, Seigneur, * & Eve, désormais libérée de ses liens, * proclame dans l’allégresse : * O Christ, c’est toi qui accordes à tous la résurrection.
Prokimen
1. Du dimanche, ton 1 :
℟. Que ta miséricorde soit sur nous, Seigneur, * selon l’espérance que nous avons mise en toi. (Psaume 32, 22).
℣. Justes, exultez dans le Seigneur, aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1).
2. De la dédicace de l’Anastasis, ton 4 :
℟. A ta demeure convient la sainteté, Seigneur, pour la suite des jours (Psaume 92, 5).
Versets de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1)
De la dédicace de l’Anastasis

Programme du XVIIème dimanche après la Pentecôte – Commémoraison du miracle à Colosses de l’Archange Michel – ton 8

Miracle de Colosses de l'Archange saint Michel
Le saint Archange Michel arrêtant les flots de son bâton, saint Archippe debout dans une attitude de prière, les mains levés vers le Ciel d’où l’Archistratège est venu manifester la puissance et la protection de Dieu. Icône de Novgorod du XVème siècle.
Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 19 septembre 2010 (6 septembre du calendrier julien), divine liturgie de 9h15.

Dimanche du ton VIII de l’Octoèque avec mémoire du miracle opéré au IVème siècle par une apparition de saint Michel Archange, qui, à la prière de saint Archippe, détourna dans un trou les flots de deux rivières que les païens avaient dévoyées pour engloutir la communauté chrétienne de Colosses en Asie Mineure. Dans la liturgie byzantine, l’archange saint Michel est appelé l’archistratège, i.e. le chef des milices célestes.

A la divine liturgie

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 8 : Du ciel tu descendis, ô Dieu de miséricorde, * trois jours dans le tombeau tu souffris de demeurer * pour nous délivrer de nos péchés ; * notre Vie & notre Résurrection, Seigneur, gloire à toi.
2. Tropaire de saint Michel archange, ton 4 : Archistratège des célestes armées, * malgré notre indignité, nous te prions * de nous protéger par tes prières et nous garder * à l’ombre des ailes de ta gloire immatérielle, * nous qui nous prosternons devant toi & te supplions instamment : * délivre-nous de tout danger, * grand Prince des Puissances d’en-haut.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion de saint Michel archange, ton 2 : Archistratège de Dieu, serviteur de sa gloire, * guide des mortels et chef des Anges, obtiens-nous * ce qui est utile à nos âmes & la grâce du salut.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion du dimanche, ton 8 : Ressuscité du tombeau, * tu as éveillé les morts & ressuscité Adam, * Eve danse de joie en ta Résurrection, * les confins de la terre célèbrent ton éveil d’entre les morts, * ô Dieu de miséricorde.

Des prie-Dieu en pierre : symbolique du pavé des églises chrétiennes


Vue panoramique partielle de l’immense mosaïque qui constitue le pavement de la cathédrale d’Otrante, sur la côte sud-est de l’Italie.

DES PRIE-DIEU EN PIERRE
par Mgr Marco Agostini
(Mgr Agostini appartenient à la deuxième section de la secrétairerie d’état, il est cérémoniaire pontifical et passionné de liturgie et d’art sacré – article paru dans « L’Osservatore Romano » du 20 août 2010).

Le soin apporté par l’architecture ancienne et moderne, jusqu’au milieu du XXe siècle, au pavement des églises est impressionnant. En plus des mosaïques et des fresques pour les murs, on trouve aussi, pour les pavements, de la peinture en pierre, des marqueteries, des tapis de marbre.

Je pense par exemple au « tessellatum » multicolore de la basilique Saint-Zénon à Vérone ou de l’hypogée de Santa-Maria-in-Stelle près de cette ville, ou à celui, vaste et raffiné, des basiliques de Théodore à Aquilée, de Sainte-Marie à Grado, de Saint-Marc à Venise, ou à celui, mystérieux, de la cathédrale d’Otrante. À l’opus tessulare cosmatesque brillant d’or des basiliques romaines Sainte-Marie-Majeure, Saint-Jean-de-Latran, Saint-Clément, Saint-Laurent-hors-les-Murs, Sainte-Marie-d’Aracoeli, Sainte-Marie-in-Cosmedin, Sainte-Marie-du-Transtévère, de l’ensemble épiscopal de Tuscania ou de la Chapelle Sixtine au Vatican.

Et aussi aux marqueteries de marbre de Saint-Etienne-le-Rond, de Saint-Georges-au-Vélabre, de Sainte-Constance, de Sainte-Agnès, à Rome, à celles de la basilique Saint-Marc à Venise, du baptistère de Saint-Jean et de l’église San-Miniato-al-Monte à Florence, ou à l’incomparable « opus sectile » de la cathédrale de Sienne, ou aux panneaux de marbre blanc, noir et rouge de Sainte-Anastasie à Vérone, ou encore aux pavements de la grande chapelle de l’évêque Giberti ou des chapelles (XVIIIe siècle) de la Vierge du Peuple et du Saint-Sacrement, toujours à la cathédrale de Vérone, et, surtout, à l’étonnant et précieux tapis de pierre de la basilique Saint-Pierre au Vatican.


Pavement de la cathédrale de Sienne – XVème-XVIème siècles.

À vrai dire il n’y a pas que les chrétiens à s’être intéressés au pavement : on est impressionné par les sols en mosaïque des villas grecques d’Olynthe ou de Pella en Macédoine, par ceux de la villa impériale romaine du Casale à Piazza Armerina en Sicile, ceux des villas d’Ostie ou de la maison du Faune à Pompéi, ou par la somptuosité des scènes du Nil au sanctuaire de la Fortuna Primigenia à Palestrina. Mais aussi par les pavements en « opus sectile » de la curie sénatoriale du Forum à Rome, par les fragments provenant de la basilique de Junius Bassus, toujours à Rome, ou par les incrustations de marbre de la « domus » d’Amour et Psyché à Ostie.

L’intérêt des Grecs et des Romains pour le pavement n’apparaît pas de manière évidente dans les temples, mais dans les villas, les thermes et les autres lieux publics où la famille ou la société civile se réunissait. Même la mosaïque de Palestrina ne se trouvait pas dans un lieu de culte au sens strict. La cella du temple païen n’était occupée que par la statue du dieu et le culte avait lieu à l’extérieur, devant le temple, autour de l’aire sacrificielle. C’est pourquoi les intérieurs n’étaient presque jamais décorés.

Le culte chrétien est au contraire un culte intérieur. Institué dans la belle pièce du cénacle, ornée de tapis, à l’étage supérieur d’une maison d’amis et propagé initialement dans l’intimité du foyer domestique puis dans la « domus ecclesiæ », le culte chrétien a transformé la maison en église quand il a pris une dimension publique. La basilique Saint-Martin-des-Monts est construite sur une « domus ecclesiæ » et elle n’est pas la seule dans ce cas. Les églises n’ont jamais été le lieu d’un simulacre, mais la maison de Dieu chez les hommes, le tabernacle de la présence réelle du Christ dans le très saint sacrement, la maison commune de la famille chrétienne. Même le plus humble des chrétiens, le plus pauvre, était maître et seigneur dans l’église en tant que membre du corps mystique du Christ qu’est l’Église : il marchait sur des pavements précieux, il profitait des mosaïques et des fresques des murs, des peintures sur les autels, il sentait le parfum de l’encens, il était réjoui par la musique et le chant, il voyait la splendeur des ornements portés pour la gloire de Dieu, il goûtait le don ineffable de l’eucharistie qui lui était donnée dans des calices d’or, il marchait en procession en ayant la sensation de faire partie de l’ordre qui est l’âme du monde.


Pavement en mosaïque d’une église paléo-chrétienne en Jordanie.

Loin d’être un étalage de luxe, les pavements des églises étaient l’endroit où l’on marche mais ils avaient aussi d’autres fonctions. Ils n’étaient sûrement pas faits pour être recouverts par des bancs : ces derniers ont été introduits à une époque relativement récente, quand on a voulu aménager les nefs des églises pour permettre d’écouter commodément de longs sermons. Les pavements des églises devaient être bien visibles : dans les figures, les entrelacs géométriques, la symbolique des couleurs, ils conservent la mystagogie chrétienne, les indications processionnelles de la liturgie. Ils constituent un monument à la base, aux racines.


Pavement en céramique de l’église Saint-Michel de Capri.

Ces pavements sont principalement destinés à ceux qui vivent la liturgie et y évoluent, à ceux qui s’agenouillent devant l’épiphanie du Christ. S’agenouiller c’est répondre à l’épiphanie donnée par grâce à une seule personne. Celui qui est touché par l’éclat de la vision se prosterne à terre et, de là, il voit davantage que tous ceux qui sont restés debout autour de lui. Ceux-ci, en adorant, ou en reconnaissant qu’ils sont pécheurs, voient des reflets dans les pierres précieuses, dans les tesselles d’or dont sont parfois composés les pavements anciens, la lumière du mystère qui rayonne depuis l’autel et la grandeur de la miséricorde divine.


Pavement en marbre de l’église du Val-de-Grâce, à Paris.

Il est émouvant de penser que ces pavements si beaux sont faits pour les genoux des fidèles : un tapis de pierre durable pour la prière chrétienne, pour l’humilité ; un tapis aussi bien pour les riches que pour les pauvres, un tapis pour les pharisiens et pour les publicains, mais qui est surtout apprécié par ces derniers.

Aujourd’hui les prie-Dieu ont disparu de beaucoup d’églises et on tend à retirer les balustrades auxquelles on pouvait s’appuyer pour la communion à genoux. Or, dans le Nouveau Testament, le geste de s’agenouiller est fait à chaque fois que la divinité du Christ apparaît à un homme : on pense aux Mages, à l’aveugle-né, à l’onction de Béthanie, à Marie-Madeleine dans le jardin au matin de Pâques.

Jésus lui-même dit à Satan, qui voulait lui imposer une génuflexion mal à propos, que l’on ne doit fléchir le genou que pour Dieu. Satan nous demande encore aujourd’hui de choisir entre Dieu et le pouvoir, entre Dieu et la richesse, et il nous tente encore plus en profondeur. Mais ainsi on ne rendra gloire à Dieu pour rien ; ceux qui ont favorisé le pouvoir, ceux dont le cœur a été lié par un acte, ceux-là s’agenouilleront.

Un bon entraînement pour vaincre l’idolâtrie dans la vie est de recommencer à s’agenouiller à la messe, ce qui est d’ailleurs l’une des formes d’actuosa participatio dont parle le dernier Concile. Cela permet aussi de se rendre compte de la beauté des pavements (au moins ceux qui sont anciens) de nos églises. Devant certains d’entre eux, on est tenté de se déchausser, comme le fit Moïse devant Dieu qui lui parlait depuis le buisson ardent.

Source : Chiesa, Pourquoi la communion à genoux ?