Découverte et restauration de peintures murales du XIIIème siècle à la Cathédrale de Chartres

La découverte en octobre 2010, de peintures murales gothiques datées du début du XIIIème siècle (entre 1200 et 1235) dans un monument aussi étudié et connu qu’est la Cathédrale de Chartres fut une surprise générale pour les services des Monuments Historiques.

Situées dans les roses murées des intrados donnant sur les tours Nord et Sud, ce sont en fait des trompe-l’œil destinés à simuler la présence de vitraux. Bénéficiant de leur situation inaccessible, ces peintures nous sont parvenues dans leur état d’origine, à peine occultées par un badigeon de recouvrement ancien et l’empoussièrement séculaire. Leur restauration est maintenant achevée et intéressera non seulement les historiens et les archéologues, mais également les spécialistes de la musique médiévale, puisque les deux peintures présentent des rois jouant d’instruments de musique.

On trouvera une présentation complète des peintures et des travaux de restauration dans cet article de la revue CeROArt.

Rose du roi David jouant du psaltérion.

Le Roi David est identifiable certes par son sceptre mais surtout par son instrument par excellence, le psaltérion décachorde, lyre à dix cordes, instrument à cordes pincées auquel les psaumes se réfèrent fréquemment, e.g. :

Bonum est confiteri Domino, et psallere nomini tuo, Altissime :
ad annuntiandum mane misericordiam tuam, et veritatem tuam per noctem,
in decachordo psalterio ; cum cantico, in cithara. (Psaume 91, 2-4)

Il est bon de louer le Seigneur et de psalmodier pour ton Nom, ô Très-Haut ;
d’annoncer au matin ta miséricorde, et ta vérité durant la nuit,
avec le psaltérion à dix corde, par un cantique avec la cithare.

Les spéculations sur la façon dont étaient accordées les dix cordes du roi David ont occupé les théoriciens de la musique jusqu’au XVIIème siècle – voyez par exemple L’Harmonie Universelle (1637) du Père Marin Mersenne (1588 † 1648). De ces spéculations découlent en grande part les différents systèmes d’accord des instruments de musique.

Rose d’un roi jouant du rebec.

Le rebec est un instrument à cordes frottées dérivé de la lyra grecque utilisée dans l’empire byzantin. Le rebec est ici encore joué sur les genoux, comme le décrit Jérôme de Moravie dans son Tractatus de Musica, vers 1280. C’est ultérieurement que le jeu à bras sera pratiqué. C’est bien sûr l’ancêtre des violes et des violons.

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