Chant mozarabe – Pacem meam do vobis – commun de la messe mozarabe

Pacem meam do vobis : Ad pacem ordinaire de la messe mozarabe

Pacem meam do vobis, pacem meam comméndo vobis, non sicut mundus dat pacem, do vobis. Je vous donne ma paix, je vous laisse ma paix, non comme le monde donne la paix, je vous la donne moi. (Jean 14, 27)
V/. Novum mandatum do vobis ut diligátis vos ínvicem. V. Je vous donne un commandement nouveau : de vous aimer les uns les autres. (Jean 13, 34)
V/. Glória et honor Patri et Fílio et Spíritui Sancto, in sæcula sæculórum. Amen. V/. Gloire & honneur au Père & au Fils & au Saint-Esprit, dans les siècles des siècles. Amen.

Dans le rit mozarabe, comme dans toutes les liturgies orientales et la plupart des liturgies occidentales, le baiser de paix se place à l’offertoire avant le canon eucharistique, conformément aux paroles de Notre Seigneur :

Si donc, lorsque vous présentez votre offrande à l’autel, vous vous souvenez que votre frère a quelque chose contre vous, laissez-là votre don devant l’autel, et allez vous réconcilier auparavant avec votre frère, et puis vous reviendrez offrir votre don. (Matthieu, 5, 23-24)

Seules l’ancienne liturgie des Eglises d’Afrique et la liturgie romaine divergent très tôt sur ce point et placent le baiser de paix avant la communion, après la consécration des saintes espèces, en insistant sur le fait que la paix est reçue par le sang versé du Christ (le calice contenant le précieux Sang est d’abord baisé par le célébrant et de là la paix se propage). Il s’agit d’une toute autre perspective.

La liturgie ambrosienne synthétise les deux usages et connait un double baiser de paix (à l’offertoire, selon la tradition antique commune et avant la communion, selon la tradition romano-africaine).

Il était aussi très courant jusqu’à naguère dans les Eglises de France de présenter l’instrument de paix à l’offertoire en particulier aux messes des morts, y compris celles célébrées dans le rit romain (alors que le baiser de paix est interdit stricto sensu aux messes des morts dans ce rit) : cette pieuse coutume est de fait un antique souvenir de l’ancien rit des Gaules supprimé par Charlemagne, lequel connaissait le baiser de paix à l’offertoire comme dans le rit mozarabe. C’était admirable de voir que cet usage avait perduré dans notre pays et traversé les âges jusqu’aux dernières années du XXème siècle.

Dans le rit mozarabe, le baiser de paix est accompagné d’un chant, dit « Ad pacem ». La plupart du temps, il s’agit du beau texte des paroles de Notre Seigneur dans l’évangile de Jean, dont le chant est donné ci-dessus. Quelques rares grandes fêtes ont un texte propre différent.

La plupart des rits chrétiens ont fortement atténué l’accompagnement rituel du baiser de paix, et celui-ci est tombé en général en désuétude. Son souvenir n’est plus en général évoqué que par un texte très bref (par exemple : Pax Domini sit semper vobiscum dans le rit romain, Aimons-nous les uns les autres, afin que dans un même esprit nous confessions : Le Père, le Fils et le Saint Esprit, Trinité consubstantielle et indivisible dans le rit byzantin). Dans le rit mozarabe en revanche, le rite de la paix s’est intégralement conservé depuis l’antiquité et n’a pas disparu en chemin (en raison probablement de l’isolement très fort du rit hispanique durant la domination arabe) ; la messe mozarabe comporte toujours une oraison qui varie à chaque messe, l’oratio ad pacem, plusieurs monitions diaconales et ce chant de l’antienne Ad pacem, le tout se place juste avant le dialogue de la préface eucharistique.

Le chant de l’antienne Pacem meam do vobis s’apparente au VIIIème ton grégorien, le chœur reprend l’intégralité de l’antienne après le verset & la doxologie.

Source : Cantoral mozarabe n° II de la Chapelle du Corpus Christi de la cathédrale de Tolède, folios XIII v° et XIV r°.

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