Vous êtes chanteurs ou instrumentistes et vous souhaitez vous engager au service de la liturgie traditionnelle, n’hésitez pas à nous rejoindre !

La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Un site pour apprendre à dire la messe traditionnelle

Saluons le lancement hier soir d’un site américain qui promet beaucoup :

Sancta Missa

Ce site s’adresse en priorité aux prêtres désireux d’apprendre à dire la messe selon le rit traditionnel. Mais les laïcs peuvent bien entendu y perfectionner leurs connaissances de la liturgie ancienne.

Conçus sous forme de tutoriaux, vidéos & photographies détaillent chaque moment de l’ordo missæ. Pour le moment, seule la messe basse (celle du dimanche de la Trinité en l’occurence) est ainsi exposée. Gageons que ce site offrira bientôt des vidéos de la messe haute.

On y trouve aussi le Missel Romain en format PDF. Le site semble envisager de mettre le Fortescue en ligne (LE manuel de référence en langue anglaise pour apprendre les cérémonies).

Sancta Missa est un site réalisé par les chanoines réguliers de saint Jean Cantius.

La sainte messe à la cathédrale d’Amiens (XIXème siècle)

Merci à Monsieur l’Abbé Meissonnier, fssp, décidément très riche en formidables images de la liturgie.

Voici une magnifique représentation XIXème du chœur de la cathédrale d’Amiens :

Le sanctuaire est loin du chœur & on distingue assez mal le clergé qui est à l’autel en ornements verts, mais le célébrant & ses ministres ne me paraissent pas en chapes mais bien en chasuble, dalmatique & tunique (les chapes tomberaient plus bas). Il s’agirait donc d’un tableau de la messe (& non des vêpres) célébrée au maître-autel de la cathédrale d’Amiens.

Examinons maintenant quelques détails de ce tableau, aux fins de mieux voir ce qu’il y a de remarquable pour la liturgie & la musique sacrée dans ce chœur liturgique.

Au centre du chœur, le lutrin. A l’origine se terme désignait l’espace occupé par les chantres. Il finit par se restreindre au pupitre sur lequel est posé les grands livres de chœur. On voit parfaitement le grand graduel en plein dans l’axe central.

Deux chantres en chapes vertes se tiennent sur leurs tabourets de chantres (on devine la présence de ceux-ci dans le drapé des chapes). L’usage des chapes, non seulement aux vêpres mais encore à la messe, est un usage immémorial en France. Lors de la prise des livres romains au XIXème siècle, la plupart des évêques français donnèrent des indults pour que cet usage soit perpétué. Notons encore que les deux chantres-chapiers portent le chapeau pointu français. Ils portent l’insigne de leur dignité, le bâton cantoral. Ici, ceux-ci semblent se terminer en forme de curieux trident ; on distingue mal, mais sans doute faut-il voir une statuette d’un saint patron entourée d’une construction. Depuis la fin de la Renaissance, une petite chapelle en bois doré contenant la statuette d’un saint termine usuellement le bâton cantoral français. Notons que le bâton est l’insigne du chantre depuis la primitive église, que cet usage a été observé longtemps tant en Occident qu’en Orient. Les nombreux chantres des églises d’Ethiopie arborent toujours de nos jours cet insigne liturgique. Enfin, on le sait, le bâton cantoral est l’ancêtre de la baguette du chef d’orchestre.

Les chantres se tiennent sur une petite estrade en bois. En général, les commentateurs liturgiques admettent que cette petite estrade n’est là que pour isoler de façon pratique du froid du pavé. Pour ma part, j’y vois au contraire la permanence historique du béma syro-byzantin. Cette petite estrade d’Amiens (le lutrin proprement dit, au sens primitif) a même la forme arrondie du béma syrien. Le béma est un héritage de la liturgie synagogale conservé par les premiers chrétiens. Dans les antiques églises de Syrie, le béma est une estrade sur laquelle se déroule l’essentiel de la messe des catéchumènes : les chantres & les ministres y psalmodient, les lectures y sont chantées sur des pupitres toujours tournés vers l’autel (& non vers le peuple). Encore utilisé dans le rit chaldéen, il survit dans le rit byzantin principalement pour les offices pontificaux. La distinction entre le béma=chœur & le sanctuaire, claire aux origines, à eu tendance à s’effacer au cours des âges en Occident (au détriment de la conception trinitaire classique de la liturgie à l’époque patristique : sanctuaire/chœur/nef).

Quatre clercs entourent les deux chantres-chapiers. Leurs surplis ne semblent pas comporter de manches, ce qui est d’usage chez les chantres-choristes. Notez leurs positions respectives, assez surprenantes autour des chapiers. Nous n’avons pas ici une troupe groupée n’importe comment au lutrin.

Huit enfants de chœurs en soutanes rouges (& calottes & chaussures aussi rouges !) se tiennent de part & d’autre. C’est un chiffre usuel des petits chantres de nos maîtrises déjà sous l’Ancien Régime. Ils tiennent dans la polyphonie les parties de dessus & bas dessus (soprani & alti). Notons leurs aubes & leurs ceintures. Il s’agit d’enfants d’aube, ils ne portent pas de surplis (précision aimablement apportée par Monsieur Philippe Guy).

Sa Grandeur l’évêque d’Amiens assiste à la messe solennelle à sa cathèdre, en haut du chœur côté évangile (la place la plus noble au chœur selon les règles romaines, mais qui ne sont pas toujours celles observées en France, où l’évêque trône souvent à l’entrée du chœur, près du jubé). Sous son dais, on aperçoit ses armes. Monsieur d’Amiens est en camail bleu, couleur traditionnelle des soutanes des évêques de France.

Vous avez observé cet instrument étrange, chaque côté du chœur en est pourvu. Il s’agit du serpent, instrument de musique déjà en usage à la cathédrale de Sens au XIVème siècle. A quoi servait le serpent ? Tout simplement à accompagner le chant grégorien, en réalisant à vue une ligne de basse. L’accompagnement du plain-chant à l’orgue est encore une nouveauté au XIXème siècle. A Paris, Saint-Etienne-du-Mont fut alors la première paroisse à accompagner le chant liturgique par l’orgue, cette nouveauté suscita alors moult scandales & polémiques. Avec la suppression des chantres au début du XXème siècle (au détriment du sens global de l’action liturgique), & leur remplacement par des chorales de laïcs amateurs (il faut le dire, bien souvent peu doués), le soutien de l’orgue de chœur se révéla le plus souvent nécessaire. Une abondante production d’accompagnements harmoniques du chant grégorien (qui aurait été inouïe dans les siècles précédents) accompagna ce mouvement.

Chaque serpentiste est ici accompagné d’un choriste. Un pupitre tournant est de part & d’autre posé devant eux avec le graduel.

Notez que les chanoines d’Amiens (j’en compte quinze: camails & calottes noirs, rabats) semblent chanter par cœur, ce qui était de règle dans les grandes églises de France.

On remarquera aussi la suspension eucharistique au-dessus du maître-autel, au centre de la gloire. Les suspensions eucharistiques permettaient de conserver le Très-Saint Sacrement, le plus souvent dans une colombe. C’est un usage antique, plus ancien que le tabernacle. Notez aussi que le sanctuaire se décale légèrement vers la gauche, comme dans beaucoup d’églises françaises, afin de figurer l' »inclinato capite » du Christ sur la Croix.

Si vous observez bien, vous remarquerez que les différents acteurs de cette liturgie fonctionnent sans raideur ni caporalisme : regardez les bras des enfants de chœur, les attitudes des chanoines ! Pourtant, une impression de noble grandeur & de parfaite ordonnance ne laisse pas de se dégager de ce tableau. Une épiphanie du sacré est ici presque tangible, à la fois extraordinaire & pourtant si naturelle.

*

Quelques unes de mes interrogations à l’analyse de ce tableau restent sans réponses ou hésitantes (n’ayant pas sous la main pour l’heure de livres liturgiques ni de documentation pour Amiens) :
– que font les deux petits clercs en noir (& non en rouge) qui remontent le chœur avec des plateaux (porteraient-ils les nappes de communion ?),
– j’ai l’impression (de par la parfaite symétrie des dispositions du chœur) que la scène se déroule pendant le chant d’une pièce de l’ordinaire, peut-être l’Agnus Dei (cf.supra).

J’espère qu’un internaute pourra m’éclairer ! 🙂

Henri de Villiers

Programme du Xème dimanche après la Pentecôte

Abbaye d


Saint-Eugène, le dimanche 5 août 2007, grand’messe de 11h.

  • Propre grégorien du jour – Kyriale : Missa XI Orbis factor
  • Procession d’entrée: Orgue
  • Credo I
  • Pendant les encensements de l’offertoire : chant du Dirigatur du IInd ton – faux-bourdon parisien (édition de 1739)
  • Après la Consécration : O salutaris (à la discrétion du chef de chœur, selon les effectifs présents)
  • Pendant la communion : Panis angelicus du 5ème ton, en plain-chant musical – tradition de Langres
  • Prière pour la France, faux-bourdon parisien du 4ème ton (d’après l’édition de 1739)
  • Ite missa est XI
  • Après le dernier Evangile : Inviolata
  • Procession de sortie : Reine de France, priez pour nous, cantique d’Aloys Martin Kunc (1832 † 1895), maître de chapelle des cathédrales d’Auch puis de Toulouse
  • Sainte Marthe

    A Tarascon, dans la Gaule Narbonnaise, sainte Marthe, vierge, hôtesse de notre Sauveur, sœur de sainte Marie Madeleine et de saint Lazare.

    Martyrologe romain, au 29 juillet.

    reliquaire de sainte Marthe

    Reliquaire de sainte Marthe à Tarascon.
    Crédit photographique : Abbé Meissonnier, fssp, juillet 2007.

    Ce magnifique reliquaire n’est que la copie XIXème, en cuivre doré, de celui en or offert par Louis XI à l’insigne collégiale royale Sainte Marthe de Tarascon.

    Louis XI qui avait une grande dévotion pour sainte Marthe lui offrit un superbe buste reliquaire en or massif de 25 kg où l’on plaça son crâne. Qu’est-il devenu ? « en 1793, le conseil municipal contraint d’envoyer à la monnaie de Marseille l’argenterie de l’église, s’efforça d’en excepter le buste d’or, mais il fut obligé de céder aux ordres du district. Personne à ce moment-là ne pensa à retirer du reliquaire le chef de la sainte ni un autre ossement considérable renfermé dans un reliquaire en forme de bras, et ces deux reliques furent perdues par suite d’une imprévoyance. »

    De reliques, il ne reste aujourd’hui à Tarascon que des fragments d’os et un reliquaire qui n’est que la copie de celui offert par Louis XI. En revanche, le bras gauche et la main de Marthe avaient été offerts au prieuré royal de Notre Dame de Cassan au XVème siècle. On peut les vénérer encore aujourd’hui à l’église de Roujan.

    Pie XII au trône, le cardinal Dante étant cérémoniaire

    Pie XII & le cardinal Dante

    Henri, cardinal Dante (1884 † 1967) a été avec une extrême longévité cérémoniaire papal (depuis 1914) puis préfet des cérémonies pontificales (de 1947 à sa mort).
    Il a été ainsi cérémoniaire lors des couronnements des papes Benoît XV, Pie XI, Pie XII, Jean XXIII & Paul VI.
    Archevêque titulaire de Carpasia, il a reçu le sacre épiscopal des mains de Jean XXIII lui-même le 21 septembre 1962.

    Nommé pro-secrétaire (1959) puis secrétaire (1960) de la Sacrée Congrégation des Rites, il a assisté au Second Concile du Vatican, mais il a désapprouvé les réformes liturgiques subséquentes.

    Paul VI l’a créé cardinal-prêtre de Sainte-Agathe-des-Goths au consistoire de février 1965. Pour l’anecdote, pendant la cérémonie, le pape s’est trompé & a imposé au cardinal Dante une barette qui n’était pas la sienne, beaucoup trop grande pour lui & qui recouvrait ses oreilles ! 😉

    Le cardinal Dante avait conservé jusqu’à sa mort une allure athlétique. Grand sportif, il avait contribué à la création de l’équipe de Rome de football. Il était aussi alpiniste.

    Source : Wikipedia.

    Programme du IXème dimanche après la Pentecôte

    Eglise paroissiale Steinhausen en Baviere


    Saint-Eugène, le dimanche 29 juillet 2007, grand’messe de 11h.

  • Propre grégorien du jour – Kyriale : Missa XI Orbis factor
  • Procession d’entrée: Regnavit Dominus, hymne litanique du poète Sedulius (Vème siècle) – mélodie du XIIIème siècle
  • Credo I
  • Pendant les encensements de l’offertoire : chant du Dirigatur du VIème ton royal – faux-bourdon de Notre-Dame de Paris
  • Après la Consécration : O salutaris (à la discrétion du chef de chœur, selon les effectifs présents)
  • Pendant la communion : Adoro te supplex – hymne au T. S. Sacrement de saint Thomas d’Aquin – alternances polyphoniques de la tradition de Langres
  • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite missa est XI
  • Après le dernier Evangile : Salve Regina
  • Procession de sortie : O Vierge Marie – cantique en forme de litanies de Charles Bordes (1863 † 1909), maître de chapelle de Saint-Gervais
  • Notes de lecture – Ante Altaria

    Ante Altaria par Matthieu Smyth

    Matthieu Smyth
    Ante altaria
    les rites antiques de la messe dominicale
    en Gaule, en Espagne & en Italie du Nord
    Paris, Cerf, 2007.

    Ante Altaria – Matthieu Smith – 23,75 €

    Un grand merci à Marc B********* qui m’a fait cadeau de cet ouvrage. Comment pouvait-il savoir qu’il touchait un de mes sujets de prédilection ? 😉

    Dans Ante altaria, Matthieu Smyth s’attache à reconstruire l’ordo de la liturgie dominicale dans l’Occident non romain, plus spécialement en Gaule, en Espagne & en Italie du Nord, avec des incursions dans l’Irlande celtique & l’Afrique du Nord chrétienne.

    L’évidente parenté des rits gallicans, hispaniques, celtiques & dans une moindre mesure ambrosien, avait depuis longtemps frappés les savants liturgistes. C’est cette proximité historique rituelle que Matthieu Smyth expose ici. En cours d’ouvrage, sa démonstration finit par se centrer surtout sur l’ordo de l’ancien rit des Gaules, les parallèles avec le rit mozarabe, celtique ou ambrosien – souvent plus documentés – ne sont souvent effectués que pour corroborer tel point de l’ordo missæ gallican supprimé par Pépin le Bref & Charlemagne.

    Ce travail de reconstruction & d’exposition est parfaitement conduit & rejoint même sur des points de détail inattendus les travaux de Mgr Jean de Saint-Denys. L’analyse de l’anaphore gallicane est tout particulièrement remarquable. Matthieu Smyth identifie dans le Post sanctus gallican la présence archaà¯que d’un récit non scripturaire de l’institution, du type Qui formam sacrificii instituit (« Lui qui, instituant la forme de ce sacrifice éternel, s’est offert lui-même le premier comme hostie & enseigna en premier à l’offrir » Missale Gothicum 514 ). Smyth y voit la subsistance d’une rédaction primitive du canon antérieure au récit de l’institution. Serait-ce le chaînon manquant entre les anaphores archaïques d’Addaï & Mari, ou de Saint Marc, et celles postérieures à Nicée ?

    L’auteur souligne à bon droit les originalités de l’ordo missæ gallican (place des diptyques à l’offertoire, baiser de paix avant le canon), montrant par là même que sa structure archaà¯que confère une meilleure clarté d’ensemble dans l’enchaînement des diverses parties de la messe. C’est aussi à ma connaissance le premier auteur à souligner (& à démontrer !) l’extrême concision de la liturgie gallicane antique, là où tous stigmatisent d’ordinaire le caractère ampoulé des formulations liturgiques.

    L’auteur souligne à juste titre la forte influence orientale (& syrienne en particulier) sur les liturgies de la sphère d’influence gallicane. On regrettera qu’il ne tente pas de s’interroger sur la nature des liens historiques ayant pu fonder cette influence. L’auteur oppose ainsi de façon quasi constante les liturgies du « groupe » gallican au rit de Rome (mobilisant, sans trop le dire (sinon incidemment) la vieille typologie « liturgie de type antiochien » & « liturgie de type alexandrin »). A force de le lire, on a tout de même un peu l’impression que Rome se retrouve dans un superbe isolement loin de la symphonie de tous les autres rits occidentaux, qui harmonieusement s’influencent les uns les autres. Rome n’est pas un hapax : ainsi, il me semble qu’il y a une communauté d’origine forte entre les liturgies des différentes Eglises d’Italie (& d’Afrique) au IVème siècle. De plus, l’influence de Rome sur la Gaule & au delà a commencé bien avant Charlemagne.

    Bon, il y a un point dans cet ouvrage qui m’agace souverainement, mais je m’y attendais 😉 . L’auteur juge les deux lettres de saint Germain de Paris comme des apocryphes rédigés en Bourgogne vers 750, suivant en cela le préjugé assez commun sur ces deux ouvrages (bon c’est déjà un progrès sur l’opinion commune de ne pas les faire espagnols mais bien gaulois). Ces deux lettres sont en effet fondamentales pour la connaissance & la compréhension de l’ancien rit des Gaules, car saint Germain y décrit assez précisément la liturgie en usage. Du reste, l’auteur les utilise abondamment tout au long de son exposition, témoignant de l’intérêt majeur de ces deux lettres quand beaucoup leur accorde un rôle totalement marginal. Pour Matthieu Smyth, « Germain décrit déjà une liturgie romano-franque profondément hybride » (p. 32). Pour ma part, je ne trouve dans les lettres de saint Germain aucune trace évidente de romanité, bien au contraire. De plus, en cours de lecture, Matthieu Smyth montre dans le détail que la plupart des éléments dont parle Germain sont déjà bien établis au VIème siècle, corroborés par d’autres sources plus anecdotiques. Comme le sujet me passionne, j’ai le projet de donner prochainement sur ce blog le texte latin des deux lettres de saint Germain, une traduction française & mes commentaires point par point.

    L’auteur conclut son livre par un excursus très intéressant sur le chant gallican. On y parle beaucoup bien sûr de l’hybridation des répertoires gallicans & romain lors de la renaissance carolingienne, thèse devenue aujourd’hui très commune. Au passage, Smyth y reprend la thèse à mon avis contestable de dom Jean Claire selon laquelle « le chant prétendu vieux-romain n’est qu’une adaptation – un « remodelage idiomatique » au goût des chantres romains – du répertoire hybride romano-franc ayant reflué sur la Rome affaiblie du haut Moyen à‚ge » (page 159-160). Or une simple comparaison des formules musicales du vieux-romain, de l’ambrosien & du grégorien montre combien celles du grégorien paraissent évoluées en regard de l’extrême archaïsme modal du vieux-romain & de l’ambrosien. D’autre part, Smyth admet lui-même que les pièces n’appartenant pas au répertoire romain primitif (il cite le Trisaghion du Vendredi Saint, l’introït des morts Rogamus te & l’offertoire des morts Domine Jesu Christe) ont été reçues telles quelles dans le chant vieux-romain, sans adaptation mélodique : c’est assez ruiner la thèse qu’il expose. Dans ce dernier chapitre sur le chant, je retiens surtout son analyse très intéressante de la série des offertoires grégoriens non psalmiques à fort caractères sacrificiels, dont il devine une origine gallicane (ou plutôt hispanique).

    Avant de conclure, voici encore quelques remarques plus anecdotiques mais plus « Tradiland ». L’auteur envisage les rits qu’il décrit avec l’arrière plan pratique du nouveau rit moderne actuel. Ainsi, il emploie la terminologie moderne de prière universelle (absente de l’histoire liturgique). Curieusement, il refuse aux litanies byzantines entre l’évangile & la grande entrée le caractère d’oratio fidelis (p. 152) alors que page 70 il reconnaît que c’est avant tout une prière diaconale. Dans le même ordre d’idées, il voit une concélébration (p. 88) là où il n’y en a pas (l’évêque célèbre entouré de son presbyterium) pour ensuite reconnaître page 103 : « L’évêque entame alors la grande prière de louange qui consacre le pain & le vin (comme aujourd’hui encore en Orient, la concélébration ne donnait pas lieu à un chœur parlé clérical) ». C’est assez dire le caractère inouï & anti-traditionnel des concélébrations modernes, qui n’ont jamais été pratiquées nulle part. Enfin, un tradi s’amusera du choix du titre de l’ouvrage par l’auteur : Ante altaria & non Post altaria ! 😀 L’auteur reconnaît l’usage de l’orientation de la prière, montre clairement que le prêtre célébrait devant l’autel (p. 103) & non derrière celui-ci. Il se trompe en revanche en parlant d’une prétendue pratique inverse à Rome (si certains autels papaux paraissent « versus populum », c’est bien justement pour obéir à la loi universelle de la prière vers l’Orient ; les rares autels romains se retrouvant ainsi certes face au peuple mais surtout vers l’Orient, le sont pour des raisons historiques dues aux conditions de constructions de certaines basiliques, mais ce n’est pas la règle des autels romains. Certes, les autels de Gaule semblent plus proches de la muraille que dans les basiliques romaines).

    En conclusion, un exercice fort intéressant de liturgie comparée, bien maîtrisé par l’auteur (même si, à force de comparer des rits parfois très différents, certains passages en perdent parfois en clarté) qui intéressera les passionnés de l’histoire liturgique.

    Henri de Villiers

    Programme du VIIIème dimanche après la Pentecôte

    Eglise paroissiale Steinhausen en Baviere


    Saint-Eugène, le dimanche 22 juillet 2007, grand’messe de 11h.

    • Propre grégorien du jour – Kyriale : Missa XI Orbis factor
    • Procession d’entrée: Pater superni luminis – hymne des vêpres de sainte Marie-Madeleine
    • Credo I
    • Pendant les encensements de l’offertoire : chant du Dirigatur du IVème ton – faux-bourdon parisien (édition de 1739)
    • Après la Consécration : O salutaris d’Alfred Desenclos (1912 † 1971)
    • Pendant la communion : Mulier quae erat in civitate peccatrix (Luc, VII, 37-38) – antienne des 2ndes vêpres de sainte Marie Madeleine, & Magnificat du 8ème ton (faux-bourdon parisien)
    • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
    • Ite missa est XI
    • Après le dernier Evangile : Inviolata
    • Procession de sortie : Salve Regina – paraphrase française des Frères des Ecoles chrétiennes