Le Patriarche Cyrille de Moscou ému par les protestations des Parisiens

Patriarche Cyrille de MoscouDans une entrevue donnée aux chaînes Rossia 1 et Rossia 24 le 5 mai dernier à l’occasion de l’ouverture le 24 juillet prochain des festivités du 1025ème anniversaire du baptême de la Russie, Sa Sainteté le Patriarche Cyrille de Moscou & de toutes les Russies a déclaré :

Les défis auxquels font face les chrétiens catholiques et orthodoxes sont déterminés par la société de consommation effrénée dont l’influence est extrêmement délétère. Oui, nous versons continuellement des larmes de crocodile au sujet de la corruption, de la criminalité. Mais ce n’est pas par là qu’il faut commencer ! Ce ne sont en aucun cas les moyens liés à la force publique qui peuvent vaincre le péché, or la corruption et la criminalité sont les résultats du péché. Et nous voyons ce qui se produit aujourd’hui : la société « émancipée » de consommation ne peut parvenir à réfréner les vices humains et s’y refuse. C’est « faites ce que vous voulez ! ». Qui plus est, les vices sont légalisés, sont justifiés par la législation. Tout cela, en fin de compte, amène à la destruction de la personnalité humaine, à une crise invraisemblable, qui à tour de rôle enflamme les domaines de l’économie, des finances, de l’écologie, de la politique. Je n’énumérerai pas tous les problèmes, il y a la légalisation des « unions » de même sexe, l’euthanasie, et on parle déjà de la possibilité de légaliser la pédophilie ; notre Église a déjà parlé de tout cela il y a des années. Et il n’y a plus de fin à tout cela, comme il n’y a plus de fin au péché dans l’âme de l’homme. Aussi, il faut répondre à ces défis. Bien sûr, nous avons été agréablement surpris, même émus par les protestations de milliers et de milliers de Parisiens contre les légalisations d’unions de même sexe, contre la suppression des mots « père » et « mère », contre la possibilité d’adoption d’enfants orphelins par ces soi-disant « familles ». Ce fut pour nous tous une manifestation inattendue, la manifestation d’une profond sentiment religieux.

Le Patriarche a également évoqué, dans ce cadre, les relations entre l’Eglise catholique et l’Eglise orthodoxe russe :

Nous sommes prêts à dialoguer et à coopérer et nous espérons que le nouveau Pape y est également ouvert. Le temps de notre divergence et de nos flottements dans l’analyse des problèmes importants de la société doit prendre fin. Ce processus a commencé sous le pape Benoît XVI et nous espérons beaucoup que cette bonne tendance se développera et s’améliorera. Du temps de Benoit XVI les relations entre les deux Eglises se sont considérablement améliorées. Nous sommes ouverts au dialogue et à la collaboration.

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