Si le rit romain – à Rome même – n’utilise que le recto tono sans aucune modulation (sauf pour le point d’interrogation) pour le chant de l’épître par le sous-diacre, les usages en France furent plus variés.
Nous présentons ici la cantilène parisienne traditionnellement en usage dans l’ancien rit parisien. Sa forme très simple, proche du recto tono romain, signale sa grande antiquité. Le chant ne connait que trois modulations :
- A la médiante, la voix s’abaisse d’une tierce mineure sur la syllabe qui précède le second accent tonique avant la ponctuation.
- A la cadence finale, la voix s’élève d’une tierce mineure sur le second accent tonique avant le point qui conclut la phrase.
- La formule finale de la cantilène parisienne comprend un mouvement un peu moins simple : la voix s’abaisse d’une tierce inférieure sur la syllabe qui précède le troisième accent tonique avant le point final, puis, sur la troisième syllabe avant la fin, fait le mouvement sol-la-do pour revenir à la dominante qui conclut le chant.
Comme ces modulations sont très simples, avec un peu de pratique, le sous-diacre n’a réelleemnt pas besoin d’une notation musicale avec des notes sur une portée. Les anciens épistoliers parisiens ont un système pratique beaucoup plus simple : le texte des épîtres est surmonté des signes V – lorsque la voix s’abaisse – et Λ – lorsque la voix s’élève. La formule finale est marquée par un V suivie d’un *.
Nous suivons, pour l’établissement de l’épître de saint Denys selon la cantilène parisienne, les indications données par le Directorium Parisiense de 1656, publié par Martin Sonnet, chanoine de Notre-Dame, sous le pontificat de Jean-François Paul de Gondi, cardinal de Retz (Caput IV De modo cantandi Epistolas, Prophetias et Evangelia).
Vous pouvez télécharger le livret PDF noté à l’attention des sous-diacres qui voudraient employer ce ton parisien de l’épître de la saint Denys.
| In diébus illis : Stans Paulus in médio Areopági, ait : Viri Atheniénses, per ómnia quasi superstitiosióres vos vídeo. Prætériens enim et videns simulácra vestra, invéni et aram, in qua scriptum erat : Ignóto Deo.
Quod ergo ignorántes cólitis, hoc ego annúntio vobis. Deus, qui fecit mundum et ómnia, quæ in eo sunt, hic cæli et terræ cum sit Dóminus, non in manufáctis templis hábitat, nec mánibus humánis cólitur índigens áliquo, cum ipse det ómnibus vitam et inspiratiónem et ómnia : fecítque ex uno omne genus hóminum inhabitáre super univérsam fáciem terræ, defíniens statúta témpora et términos habitatiónis eórum, qu.rere Deum, si forte attréctent eum aut invéniant, quamvis non longe sit ab unoquóque nostrum. In ipso enim vívimus et movémur et su-mus : sicut et quidam vestrórum poëtárum dixérunt : Ipsíus enim et genus sumus. Genus ergo cum simus Dei, non debémus æstimáre auro aut argénto aut lápidi, sculptúræ artis et cogitatiónis hóminis Divínum esse símile. Et témpora quidem huius ignorántia despíciens Deus, nunc annúntiat homínibus, ut omnes úbique poeniténtiam agant, eo quod státuit diem, in quo judicatúrus est orbem in æquitáte, in viro, in quo státuit, fidem præbens ómnibus, súscitans eum a mórtuis. Cum audíssent autem resurrectiónem mortuórum, quidam quidem irridébant, quidam vero dixérunt : Audiámus te de hoc íterum. Sic Paulus exívit de médio eórum. Quidam vero viri adhæréntes ei, credidérunt : in quibus et Dionýsius Areopagíta, et múlier nómine Dámaris, et álii cum eis. |
En ces jours-là : Paul, étant donc au milieu de l’Aréopage, leur dit : « Seigneur Athéniens, il me semble qu’en toutes choses, vous êtes religieux jusqu’à l’excès. Car ayant regardé en passant les statues de vos dieux, j’ai trouvé même un autel sur lequel il est écrit : Au dieu inconnu.
C’est donc ce Dieu que vous adorez sans le connaître, que je vous annonce. Dieu qui a fait le monde et tout ce qui est dans le monde, étant le Seigneur du ciel & de la terre, n’habite point dans les temples bâtis par les hommes. Il n’est point honoré par les ouvrages de la main des hommes, comme s’il avait besoin de ses créatures, lui qui donne à tous la vie, la respiration et toutes choses. Il a fait naître d’un seul toute la race des hommes, et il leur a donné pour demeure toute l’étendue de la terre, ayant marqué l’ordre des saisons et les bornes de l’habitation de chaque peuple, afin qu’ils cherchassent Dieu, et qu’ils tâchassent de le trouver comme avec la main et à tâtons, quoiqu’il ne soit pas loin de chacun de nous. Car c’est en lui que nous avons la vie, le mouvement et l’être ; et comme quelques-uns de vos poètes ont dit : Nous sommes même les enfants et la race de Dieu. Puisque donc nous sommes les enfants et la race de Dieu, nous ne devons pas croire que la divinité soit semblable à de l’or, à de l’argent, ou à de la pierre, dont l’art et l’industrie des hommes ont fait des figures. Mais Dieu, étant en colère contre ces temps d’ignorance, fait maintenant annoncer à tous les hommes et en tous lieux qu’ils fassent pénitence, parce qu’il a arrêté un jour où il doit juger le monde selon la justice, par celui qu’il a destiné à en être le juge, ce dont il a donné à tous les hommes une preuve certaine, en le ressuscitant d’entre les morts. » Mais lorsqu’ils entendirent parler de la résurrection des morts, quelques-uns s’en moquèrent, et les autres dirent : « Nous t’entendrons une autre fois sur ce point. » Ainsi Paul sortit de leur assemblée. Quelques-uns néanmoins se joignirent à lui, et embrassèrent la foi, entre lesquels fut Denys l’Aréopagite, et une femme nommée Damaris, et d’autres avec eux. |



