Vous êtes chanteurs ou instrumentistes et vous souhaitez vous engager au service de la liturgie traditionnelle, n’hésitez pas à nous rejoindre !

La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Programme du dimanche des Myrrophores – ton 2

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 29 avril 2012 du calendrier grégorien – 16 avril 2012 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Le dimanche de la troisième semaine de Pâques, l’Eglise byzantine honore les saintes femmes Myrrophores (porteuses de myrrhe), qui ont embaumé le corps du Seigneur, ainsi que ceux qui contribuèrent à son ensevelissement : Joseph d’Arimathie et Nicodème. Ce dimanche constitue donc une synaxe de tous les témoins de l’ensevelissement et de la résurrection du Christ (comme la synaxe de la Mère de Dieu suit le jour de Noël ou la synaxe de Jean le Baptiste suit la Théophanie). L’évangile de la divine liturgie de ce jour est tiré de Marc 15, 43 à 16, 8, et relate l’ensevelissement & la résurrection du Christ. Il constitue une dérogation dans la lecture continue de l’évangile de saint Jean pendant le temps pascal. L’origine de cette fête est Constantinopolitaine (à l’origine, à Jérusalem, Marc 15, 43 – 16, 8 était précisément l’évangile du jour de Pâques – on y lisait Jean 2, 1-11 le troisième dimanche de Pâques).

Joseph d’Arimathie était membre du Sanhédrin (Luc 23, 50 – Marc 15, 43). En cette qualité, il a dû prendre part au jugement qui a condamné Jésus, « mais il n’avait pas donné son assentiment à leur décision & à leur acte, car c’était un homme bon & juste » (Luc 23, 51). Il s’était fait disciple de Notre Seigneur (Matthieu 27, 57), mais en secret, par crainte des Juifs (Jean 19, 38). Il était riche (Matthieu 27, 57), notable & grand (Marc 15, 43), aussi la liturgie byzantine le désigne sous l’appellation du « noble Joseph ». Il était originaire d’Arimathie (aujourd’hui Rentis, au Nord-Est de Lydda), mais devait habiter Jérusalem puisqu’il s’y était fait tailler son tombeau dans le roc, à la manière des riches.

Quoique craintif de se déclarer pour Jésus au milieu du Sanhédrin, Joseph ose entreprendre la démarche auprès de Pilate pour ensevelir le corps de Jésus. D’après la coutume juive, les corps des suppliciés devaient être jetés dans des fosses communes qui étaient la propriété des tribunaux. Aussi Joseph s’adresse-t-il à Pilate, car la loi romaine concédait le cadavre d’un supplicié aux amis ou aux parents qui le réclamaient. Pilate, étonné de ce que Jésus fut décédé si tôt, ne fit pas de difficulté pour accorder à Joseph la faveur de rendre les derniers devoirs aux corps du Christ.

Joseph descendit donc le corps de Jésus de la Croix, aidé vraisemblablement par les quelques disciples encore présents, probablement saint Jean, mais surtout Nicodème, explicitement nommé (Jean 19, 39). Comme Joseph, Nicodème fait partie du Sanhédrin (Jean 3, 1). Pendant que Joseph faisait les démarches auprès de Pilate, Nicodème avait dû aller acheter précipitamment les aromates nécessaires à l’ensevelissement, en se souciant semble-t-il de la quantité plus que de la qualité : environ 100 livres (soit 32 kg 700) d’une mixture de myrrhe & d’aloès.

Le corps de Jésus, descendu de la Croix, a probablement d’abord été lavé. On y versa les aromates et on l’enveloppa dans un suaire propre (Matthieu 27, 59) avec plusieurs autres linges (bandelettes & pièces de linceuls cf. Jean 19, 40 – Luc 23, 53 – Marc 15, 46 – Matthieu 27, 58). Les saintes femmes durent prêter main forte à Joseph & Nicodème pour la toilette funéraire, mais celle-ci dû être faite à la hâte et de façon incomplète, car le crépuscule approchait et l’on entrait dans le grand Sabbat de la Pâques où tout travail de ce genre était prohibé.

Jésus n’ayant pas de tombeau, Joseph lui céda le sien (Matthieu 27, 60) : un tombeau aristocratique tout neuf qui venait d’être taillé dans le roc, dans un enclôt tout près du Golgotha. Le corps de Jésus fut placé sur la banquette de pierre et Joseph roula la grande pierre prévue pour servir de fermeture au tombeau.

Les saintes femmes qui avaient aidé à la toilette funèbre observèrent soigneusement où on avait placé le corps de Jésus : elles étaient décidées à accomplir à nouveau la toilette funèbre plus dignement et plus complètement, avec des onguents de grand prix, très tôt le dimanche matin, une fois le Sabbat de Pâques passé.

Dans la tradition orientale, ces saintes femmes myrrophores sont les suivantes :

1. Marie Madeleine (Marie de Magdala) (la seule mentionnée par Jean 20, 1), de qui Jésus avait chassé sept démons, la première arrivée au tombeau le dimanche matin (peut-être parce que les autres avaient été retardées par l’achat de nouvelles aromates),
2. Marie de Jacques, femme de Cléophas (ou Clopas dit aussi Alphée) et mère de Jacques le Mineur et de Joseph (ou Joset), sœur de la Sainte Vierge (en réalité sa belle-sœur, Cléophas étant frère de Joseph) et donc tante de Jésus (cf. Jean 19, 25). Ses quatre fils Jacques, Joseph, Simon & Jude sont les cousins germains de Jésus, que l’évangile, à la manière sémite, désigne sous le nom de « frères » du Seigneur.
3. Salomé (ou Marie Salomé), femme de Zébédée et mère des apôtres Jacques le Majeur & Jean l’Evangéliste, vraisemblablement eux aussi de la parenté de la Sainte Vierge et de saint Joseph.
Ces trois myrrophores sont spécialement mentionnées par les 4 évangiles (Matthieu 27, 56 et 28, 1 – Marc 15, 40 et 16,1 – Luc 24, 10 – Jean 19, 25). Cependant, elles n’étaient pas les seules (cf. Luc 24, 10 : « celles qui leur firent ce rapport étaient Marie-Madeleine, Jeanne & Marie, mère de Jacques, et les autres qui étaient avec elles »), et la tradition leur associe les suivantes :
4. Jeanne, femme de Chusa qui était intendant d’Hérode Antipas (citée nommément donc par Luc 24, 10).
5. Suzanne, citée parmi les femmes qui accompagnaient Jésus et l’assistaient de leurs biens (Luc 8, 3).
6. & 7. Marthe & Marie, les deux sœurs de Lazare.

La tradition iconographique leur associe également la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu, qui, ayant assisté avec saint Jean à la mort de son fils, dût être présente lors de la déposition de la croix et des cérémonies de l’ensevelissement, conduites par Joseph d’Arimathie assisté de Nicodème.

Les femmes myrrophores furent parmi les premières à suivre Jésus et soutenaient la troupe apostolique de leurs services & de leurs ressources. Elles lui furent fidèles jusqu’au bout, malgré l’échec apparent, au pied de la Croix, tandis que les disciples se tenaient loin. En récompense de la constance inébranlable de leur amour et de leur fidélité, c’est à elles qu’est confiée la première annonce de la résurrection.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 2 : Lorsque tu t’es abaissé jusqu’à la mort, toi l’immortelle vie, tu as terrassé les enfers par l’éclat de ta divinité. Lorsque tu as ressuscité les défunts de dessous la terre, toutes les puissances des cieux ce sont écriées : « O Christ, qui donnes la vie, notre Dieu, gloire à toi ! »

2. Tropaire de Joseph d’Arimathie, ton 2 : Le noble Joseph, ayant descendu de la croix ton corps immaculé, l’enveloppa d’un linceul blanc avec des aromates et le coucha avec soin dans un tombeau neuf ; mais tu es ressuscité le troisième jour, Seigneur, faisant au monde grande miséricorde.

3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion des Myrrophores, ton 2 : Ayant dit aux Myrrophores « Réjouissez-vous », tu as fait cesser par ta Résurrection, ô Christ Dieu, les gémissements d’Eve, notre première mère. Mais à tes apôtres tu as donné l’ordre de prêcher : « Le Sauveur est ressuscité du tombeau ».
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion de Pâques, ton 8 : Lorsque tu gisais dans le tombeau, Seigneur immortel, tu as brisé la puissance de l’Enfer, et tu es ressuscité victorieusement, ô Christ notre Dieu, ordonnant aux Myrrophores de se réjouir, visitant tes Apôtres et leur donnant la paix, toi qui nous sauves en nous accordant la résurrection.
Prokimen
Des Myrrophores, ton 6 :
℟. Sauve, Seigneur ton peuple * et béni ton héritage.
℣. Vers Toi, Seigneur, j’appelle : mon Dieu, ne sois pas sourd envers moi.
Epître : Actes des Apôtres (§ 16) VI, 1-7
Alleluia
Des Myrophores, ton 8 :
℣. Tu aimes ton pays, Seigneur, tu fais revenir les captifs de Jacob.
℣. Amour et Vérité se rencontrent, Justice et Paix s’embrassent.
Evangile : Marc (§ 69) XV, 43 à XVI, 8
A la commémoraison de la Très-Sainte Mère de Dieu durant l’anaphore eucharistique
L’ange chanta à la Pleine de grâce : Réjouis-toi, Vierge très pure, je répète, réjouis-toi ! Ton Fils en vérité est ressuscité après trois passés dans le tombeau ; et Il a redressé les morts : fidèles, soyez dans l’allégresse !
Resplendis, resplendis, nouvelle Jérusalem, car sur toi la gloire du Seigneur s’est levée. Réjouis-toi et exulte, Sion, et toi, Mère de Dieu très pure, réjouis-toi, car ton Fils est ressuscité ! Alléluia !
Verset de communion
De Pâques : Recevez le corps du Christ, goûtez à la source immortelle.

Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux (Psaume 148, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.

Programme du IInd dimanche après Pâques – Dimanche du Bon Pasteur

Saint-Eugène, le dimanche 22 avril 2012, grand’messe de 11h.

Ce second dimanche de Pâques est aussi appelé dimanche de Misericordia (du 1er mot de l’introït) ou – le plus souvent – sous le nom populaire de dimanche du Bon Pasteur, en raison de l’évangile qui y est lu (Jean 10, 11-16) et qui est repris par le second Alleluia et l’antienne de communion du jour :

Ego sum pastor bonus : et cognósco meas et cognóscunt me meæ. Je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis et mes brebis me connaissent.

Dès l’antiquité, à Rome, la messe stationnale du pape a lieu en ce jour à Saint-Pierre du Vatican, auprès de la tombe du Prince des Apôtres qui a été le premier pasteur du peuple chrétien après Notre Seigneur, que saint Pierre précisément appelle, dans l’épître qui est lue ce jour à la messe :

Pastórem et epíscopum animárum vestrárum, Le Pasteur et l’Evêque de vos âmes.

« La dévotion à Jésus Rédempteur sous les traits du Bon Pasteur pénétra de bonne heure dans le cœur des premiers fidèles. Abercius, dans son inscription funéraire, parle du Bon Pasteur qui, de ses yeux toujours vigilants, regarde son troupeau. A la fin de l’âge apostolique, Hermas donne précisément le nom du Pasteur à son écrit apocalyptique sur la pénitence, sujet alors si discuté. A Rome, l’église située sur le Viminal, près de laquelle les Pontifes fixent leur résidence temporaire, est dédiée au bon Pasteur, dont l’image, au dire de Tertullien, ornait les calices et les coupes eucharistiques. La représentation du bon Pasteur est si familière aux peintres et aux sculpteurs des catacombes que nous la trouvons reproduite à profusion dans les arcosolia et sur les sarcophages. Bien plus, à une époque où le spiritualisme de l’art chrétien antique avait encore en horreur les statues, on fait une exception en faveur de celle du bon Pasteur, dont plusieurs exemplaires importants nous ont été conservés. » (Bienheureux cardinal Schuster, archevêque de Milan, in Liber Sacramentorum).

  • Procession d’entrée : Tristes erant Apostoli – hymne des vêpres des Apôtres et Evangélistes au temps pascal, texte attribué à saint Ambroise (IVème siècle), mise en musique de Charles de Courbes (1622), organiste de Saint-Sauveur à Paris
  • A l’aspersion : reprise de l’antienne Vidi aquam sur un faux-bourdon de Mgr Louis Lazare Perruchot (1852 † 1931), maître de chapelle de Saint-François-Xavier à Paris et de la cathédrale de Monaco
  • Kyriale : Messe I Lux & Origo
  • Credo de la messe royale du Ier ton d’Henry du Mont (1610 † 1684), organiste de Saint-Paul et de la reine, maître de la chapelle du roi Louis XIV
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Orgue
  • Après la Consécration : O salutaris sur le ton de Salve festa dies
  • Pendant la communion : Surrexit Pastor bonus, petit motet à deux voix et instrument extrait des Cantica Sacra (1652) d’Henry du Mont (1610 † 1684), maître de la chapelle du roi Louis XIV, organiste de Saint-Paul et du duc d’Anjou
  • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite missa est I
  • Au dernier Evangile : Regina cœli – mise en polyphonie d’après Charles de Courbes (1622)
  • Procession de sortie : Cantilène pascale O filii et filiæ – mélodie du XIIIème siècle, paroles de Jehan Tisserant (XVème siècle), harmonisation Henri de Villiers
  • Télécharger le livret de cette messe au format PDF.

    Programme du dimanche de Thomas – ton 1

    Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 22 avril 2012 du calendrier grégorien – 9 avril 2012 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

    Huit jours après Pâques, le rit byzantin (comme le rit romain) célèbre la confirmation de la Résurrection à l’incrédule Apôtre Thomas et sa magnifique profession de foi dès qu’il eut reconnu son Rédempteur. L’évangile (Jean 20, 19-31) nous dit en effet que cet événement eut lieu huit jour après Pâques et que cela arriva alors que toutes les portes du lieu où ils se trouvaient étaient closes. Aussi ce dimanche s’appelle-t-il dans la tradition byzantine le Dimanche de Thomas, mais aussi le Dimanche des portes fermées : les portes de l’iconostase, qui étaient restées grandes ouvertes pendant toute la Semaine du Renouveau afin de signifier la pleine ouverture de la grâce lors de la résurrection du Christ, sont à nouveau fermées (précisément avant none dites devant les vêpres de ce dimanche, hier soir). On l’appelle aussi le dimanche de l’Antipâques (Antipascha).

    A la petite entrée :
    1. Tropaire de la fête, ton 7 : Le sépulcre étant scellé, * toi qui es la Vie, Tu t’es levé du tombeau, ô Christ Dieu, * et les portes étant fermées, * Tu t’es présenté devant tes disciples, toi, la Résurrection de tous, * et par eux Tu as renouvelé en nous l’Esprit de Vérité, ** dans ta grande miséricorde.

    2. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    3. Kondakion de la fête, ton 8 : Voulant s’assurer de ta résurrection, Thomas toucha de sa main ton côté vivifiant, ô Christ Dieu ; * aussi, lorsque Tu entras, les portes étant fermées, * il te clama avec les autres apôtres : ** Tu es mon Seigneur et mon Dieu.
    Prokimen
    De la fête, ton 3 :
    ℟. Il est grand, notre Seigneur, tout-puissant, à son intelligence point de mesure.
    ℣. Louez le Seigneur, car il est bon de chanter notre Dieu, car il est doux de le louer.
    Epître : Actes des Apôtres (§ 14) V, 12–20
    Alleluia
    De la fête, ton 8 :
    ℣. Venez, crions de joie pour le Seigneur, acclamons le Dieu qui nous sauve (Psaume 94, 1).
    ℣. Allons devant lui en actions de grâces, au son des musiques, acclamons-le (Psaume 94, 2).
    Evangile : Jean (§ 65) XX, 19-31
    A la commémoraison de la Très-Sainte Mère de Dieu durant l’anaphore eucharistique
    L’ange chanta à la Pleine de grâce : Réjouis-toi, Vierge très pure, je répète, réjouis-toi ! Ton Fils en vérité est ressuscité après trois passés dans le tombeau ; et Il a redressé les morts : fidèles, soyez dans l’allégresse !
    Resplendis, resplendis, nouvelle Jérusalem, car sur toi la gloire du Seigneur s’est levée. Réjouis-toi et exulte, Sion, et toi, Mère de Dieu très pure, réjouis-toi, car ton Fils est ressuscité ! Alléluia !
    Verset de communion
    De la fête : Loue, Jérusalem, le Seigneur, loue ton Dieu, Sion. (Psaume 147, 2). Alleluia, alleluia, alleluia.

    Photos de la Grande Semaine byzantine 2012

    Quelques photos de la Semaine Sainte à la paroisse byzantine catholique de la Très-Sainte-Trinité :

    Dans le rit byzantin, à la fin des vêpres du Vendredi Saint, on procède au cours d’une touchante cérémonie à la mise au tombeau symbolique d’une représentation du Christ en son Suaire (en grec : Ἐπιτάφιος, epitáphios, en slavon : Плащаница, plachtchanitsa). Pendant la procession de la mise au tombeau, tandis que le clergé porte le Suaire, le chœur chante sur une mélodie tragiquement émouvante l’une des pièces les plus célèbres de la Semaine Sainte, le tropaire du Noble Joseph :

    Le noble Joseph descendit * de l’arbre de la croix ton corps sacré * l’entoura d’un linceul pur * le couvrit de parfums ** et l’ensevelit dans un sépulcre neuf.

    La Vigile Pascale dans le rit byzantin est toujours célébrée dans la journée du Samedi Saint (comme dans le rit romain jusqu’à la réforme de la Semaine Sainte de 1955). Il s’agit d’un office de vêpres (comme dans le rit romain avant 1955) sur lequel se greffe la divine liturgie, avec l’anaphore eucharistique de saint Basile le Grand. Comme dans tous les rits d’Orient & d’Occident, de nombreuses prophéties & cantiques de l’Ancien Testament sont lues avant l’épître & l’évangile du jour. Dans le rit byzantin, ces prophéties sont au nombre de 15 (dont le livre de Jonas en entier) et on chante le cantique de Moïse après la lecture du passage de la Mer Rouge (comme dans le rit romain) et celui des 3 Enfants dans la fournaise (comme dans les vigiles des samedis des Quatre-Temps du rit romain).

    Chant de l’évangile de la résurrection devant le sépulchre à la vigile pascale byzantine. Comme dans le rit romain, le changement de la couleur liturgique des ornements, passant des couleurs sombres de la pénitence pour celles lumineuses & éclatantes des fêtes se fait entre les prophéties et l’épître, tandis que le chœur chante le répons : « Ressuscite, ô Dieu & juge la terre » (Psaume 82, 8).

    L’anaphore eucharistique de saint Basile le Grand a cédé le pas devant celle, un peu plus récente et plus courte, de saint Jean Chrysostome, mais est restée en usage les dimanches de Carême (sauf aux Rameaux) et aux trois grandes vigiles : Pâques, Noël & l’Epiphanie.

    Dans la tradition russe, on chante les matines de Pâques dans la nuit. C’est le moment proprement festif par lequel l’Eglise byzantine célèbre la résurrection de son Seigneur. Cet office fut autrefois célébré très joyeusement en Occident également, jusqu’à sa suppression pure & simple lors de la réforme de la Semaine Sainte de 1955. En Orient (comme autrefois en Occident), la liturgie marque par une grande procession lors de ces matines le moment de la résurrection. A la suite des matines, on chante l’Heure pascale (petite heure intégralement chantée, qui se substitue à prime ou à tierce pendant toute la Semaine de Pâques), puis vient la divine liturgie du jour de Pâques (célébrée donc très tôt dans la nuit), où l’on emploie le canon eucharistique de saint Jean Chrysostome.

    Toutes les photos de la Grande Semaine byzantine 2012 sur la page Facebook de la paroisse russe byzantine de Paris.

    Programme du Ier dimanche après Pâques – Dimanche in albis ou de Quasimodo

    La Résurrection par Tassel

    Saint-Eugène, le dimanche 15 avril 2012, grand’messe de 11h.
    Pas de répétition le samedi 14 avril, mais raccord ordinaire avant la messe le dimanche à 10h30.

  • Avant la messe : Fantasia allegra (3ème Livre de Ricercari, 1595) – Andrea Gabrieli (c. 1533 † c. 1585), organiste de Saint-Marc de Venise
  • Procession d’entrée : improvisation sur Quasi modo
  • A l’aspersion : reprise de l’antienne Vidi aquam sur un faux-bourdon de Mgr Louis Lazare Perruchot (1852 † 1931), maître de chapelle de Saint-François-Xavier à Paris et de la cathédrale de Monaco
  • Kyriale : Messe I Lux & Origo
  • Credo de la messe royale du Ier ton d’Henry du Mont (1610 † 1684), organiste de Saint-Paul et de la reine, maître de la chapelle du roi Louis XIV
  • Pendant les encensements de l’offertoire : improvisation sur O Filiii
  • Après la Consécration : O salutaris de l’Abbé du Gué, maître de chapelle de Saint-Germain-L’Auxerrois (1768 -1780) puis de Notre-Dame de Paris (1780 – 1790)
  • Pendant la communion : Ad cœnam Agni providi – hymne du temps pascal à vêpres, texte de saint Nicetas de Remesiana (Vème siècle) – plain-chant et alternances d’orgue – versets de Jehan Titelouze (1563 † 1633), organiste de la cathédrale de Rouen
  • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite missa est I
  • Au dernier Evangile : Regina cœli – mise en polyphonie d’après Charles de Courbes (1622)
  • Procession de sortie : Cantilène pascale O filii et filiæ – mélodie du XIIIème siècle, paroles de Jehan Tisserant (XVème siècle), harmonisation Henri de Villiers
  • Télécharger le livret de cette messe au format PDF.
    Télécharger le livret des chants des dimanches de la Septuagésime aux Rameaux au format PDF.

    Bénédiction des œufs de Pâques

    Dans l’ancienne discipline de l’abstinence quadragésimale, la consommation des œufs, comme de toute nourriture d’origine animale, était suspendue pendant tout le Carême et reprenait donc à Pâques. Beau symbole de la vie, l’œuf devint tout naturellement un symbole de la résurrection du Christ chez les chrétiens. Dès le IVème siècle, en Orient, les chrétiens apportaient des œufs à l’église à Pâques pour les faire bénir.

    Comme l’apparition de la Benedictio ovorum (bénédiction des œufs de Pâques) dans les livres liturgiques latins semble dater du XIIème siècle, il se pourrait que la large diffusion de cet usage en Occident soit une conséquence directe des Croisades. On sait ainsi que le roi Edouard Ier d’Angleterre (1239 † 1307), qui avait pris la Croix le 24 juin 1268 et participé aux VIIIème & IXème croisades, avait fait recouvrir de feuilles d’or 450 œufs pour Pâques 1290, qu’il fit distribuer comme présents aux membres de la famille royale & aux familiers de sa cour. Très tôt, comme en Orient, les œufs sont peints et décorés en Occident (Rabelais y fait même allusion). La couleur qui revient le plus souvent dans les textes à partir du XVIème siècle est le rouge mais on note aussi le vert, le noir ou le bleu. La Satyre Ménippée, rédigée à l’occasion de la tenue des états généraux convoqués à Paris le 26 janvier 1593 par le duc de Mayenne, chef de la Ligue hostile à Henri IV, dans le but d’élire un roi catholique, indique qu’on avait interdit la vente des œufs de Pâques dans les rues de Paris (une chose bénite ne se vend pas).

    Ce Samedi Saint, pendant que les femmes de la Schola Sainte Cécile répétaient pour leur concert du lundi de Pâques à Luxeuil, les chantres se sont mis à la réalisation des œufs de Pâques. En voici le résultat :

    Bénédiction des œufs de Pâques à Paris

    Les œufs ont été bénis à la fin de la Vigile Pascale & distribués aux paroissiens de Saint-Eugène – Sainte-Cécile.

    Voici l’oraison de la bénédiction des œufs de Pâques au Rituel Romain, titre VIII, chapitre 14, inchangée depuis le XIIème siècle :

    Subvéniat, quæsumus, Dómine, tuæ bene†dictiónis grátia huic ovórum creatúræ : ut cibus salúbris fiat fidélibus tuis, in tuárum gratiárum actióne suméntis, ob resurrectiónem Dómini Jesus Christi : Qui tecum vivit & regnat in sæcula sæculórum. Amen.

    Que vienne, Seigneur, la grâce de ta bénédiction sur cette créature que sont les œufs. Qu’elle soit un aliment salutaire à tes fidèles, qui les consommeront pour te rendre grâce de la résurrection de notre Seigneur Jésus-Christ. Qui avec toi vit & règne pour les siècles des siècles.

    Petit reportage photo sur la réalisation des œufs sur la page Facebook de la Schola Sainte Cécile.

    Programme du dimanche de Pâques

    Saint-Eugène, le dimanche 8 avril 2012, grand’messe de 11h.

    Schola Sainte Cécile & ensemble de cuivres Hexactus

  • Procession d’entrée : Air pour la Paix, de Jean-Baptiste de Lully (1633 † 1687), maître de la musique du roi Louis XIV
  • A l’aspersion : reprise de l’antienne Vidi aquam sur un faux-bourdon de Mgr Louis Lazare Perruchot (1852 † 1931), maître de chapelle de Saint-François-Xavier à Paris et de la cathédrale de Monaco
  • Kyrie & Gloria : de la Messe pour le Samedy de Pasques (H. 8) de Marc-Antoine Charpentier (1643 † 1704), maître de la musique de la Sainte Chapelle
  • Hæc dies – polyphonie de Ludovico Grossi da Viadana (1564 † 1627), maître de chapelle de la cathédrale de Mantoue
  • Prose Victimæ paschali laudes : harmonisation du rythme traditionnel par Mgr Jehan Revert, maître de chapelle émérite de Notre-Dame de Paris
  • Credo de la messe royale du Ier ton d’Henry du Mont (1610 † 1684), maître de la chapelle du roi Louis XIV, organiste de Saint-Paul et du duc d’Anjou
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Prélude pour O filii (H. 511) de Marc-Antoine Charpentier – Cantilène pascale O filii et filiæ – mélodie du XIIIème siècle, paroles de Jehan Tisserant (XVème siècle), harmonisation Henri de Villiers
  • Pendant la communion : Dextera Domini – offertoire pour le jour de Pâques sur le texte de l’offertoire de l’ancien rit parisien – César Franck (1822 † 1890), organiste & maître de chapelle de la basilique Sainte-Clotilde – Psaume 117, 16-17
  • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite missa est pascal
  • Au dernier Evangile : Symphonie devant Regina cœli (H. 509) de Marc-Antoine Charpentier
    Regina cœli – mise en polyphonie d’après Charles de Courbes (1622)
  • Procession de sortie : « La Résurrection » – Cantate de Pâques du chanoine Nicolas-Mammès Couturier (1840 † 1911), maître de chapelle de la cathédrale de Langres
  • Télécharger le livret de cette messe au format PDF.

    Programme de la Vigile pascale

    Résurrection de la cathédrale de Fribourg

    Saint-Eugène, le Samedi Saint 7 avril 2012, vigile pascale de 21h00.
    Répétition pour les choristes à 16h30.

  • Traits en plain-chant
  • Au retours des fonts baptismaux: Tibi laus perennis, Auctor – « l’hymne du retour des fonts » des manuscrits de l’antique liturgie parisienne – texte de saint Venance Fortunat (c. 535 † c. 601), évêque de Poitiers.
  • Kyrie & Gloria : Messe pour le Samedy de Pasques (H. 8) de Marc-Antoine Charpentier (1643 † 1704), maître de la musique de la Sainte Chapelle
  • Offertoire : O filii et filiæ – offertoire d’orgue pour le Samedy de Pâques – Jean-François d’Andrieu (1682 † 1738), organiste de Saint-Barthélémy et du Roi à Versailles
  • Sanctus & Benedictus : Messe pour le Samedy de Pasques (H. 8) de Marc-Antoine Charpentier
  • Pendant la communion : Regina cœli de Giovanni Battista Riccio († c. 1621), organiste de Saint-Jean-L’Evangéliste à Venise
  • Au dernier évangile : Regina cœli – mise en polyphonie d’après Charles de Courbes (1622)
  • Procession de sortie : Cantilène pascale O filii et filiæ – mélodie du XIIIème siècle, paroles de Jehan Tisserant (XVème siècle), harmonisation Henri de Villiers.
  • Télécharger le livret de cette messe au format PDF.

    Photos du Vendredi Saint 2012 à Saint-Eugène

    Chant du premier trait (Habacuc 3, 1-3), par les Chantres.

    Dómine, audívi audítum tuum, et tímui : * considerávi ópera tua, et expávi. ℣. In médio duórum animálium innotescéris : dum appropinquáverint anni, cognoscéris : * dum advénerit tempus, ostendéris. ℣. In eo, dum conturbáta fúerit ánima mea : * in ira, misericórdiæ memor eris. ℣. Deus a Líbano véniet, * et Sanctus de monte umbróso et condénso. ℣. Opéruit cælos majéstas ejus : * et laudis ejus plena est terra.

    Seigneur, j’ai entendu ta voix, et j’ai crains ; j’ai considéré tes œuvres, et j’ai eu peur. ℣. Tu t’es manifesté entre deux animaux quand les années furent accomplies, et quand viendra le temps, tu te montreras. ℣. Alors mon âme sera troublée, au jour de ta colère, tu auras mémoire de ta miséricorde. ℣. Dieu viendra du Liban, le Saint de la montagne ombragée et boisée. ℣. Sa majesté a couvert les cieux, et de sa louange la terre est pleine.

    Les Grandes Oraisons Catholiques.

    Orémus et pro ómnibus episcopis, Presbyteris, Diacónibus, Subdiacónibus, Acólythis, Exorcístis, Lectóribus, Ostiáriis, Confessóribus, Virgínibus, Víduis : et pro omni pópulo sancto Dei.

    Prions aussi pour tous les évêques, les prêtres, les diacres, les sous-diacres, les acolytes, les exorcistes, les lecteurs, les portiers, les chantres, les vierges, les veuves, et pour tout le saint peuple de Dieu.

    Les Grandes Oraisons Catholiques.

    Omnípotens sempitérne Deus, cujus Spíritu totum corpus Ecclésiæ sanctificátur et régitur : exáudi nos pro univérsis ordínibus supplicántes ; ut grátiæ tuæ múnere ab ómnibus tibi grádibus fidéliter serviátur.

    Dieu tout-puissant et éternel, par l’Esprit de qui tout le corps de l’Eglise est sanctifié et régi, exauce nos supplications pour tous les ordres, afin que par le don de ta grâce, on te serve fidèlement à tous les degrés.

    Album photos de cette messe sur la page Facebook de la Schola Sainte Cécile.

    Crédit photo : Constance C. de J. & Fanny B., à qui vont tous nos remerciements pour ces photographies qui nous permettront de garder mémoire d’une émouvante & magnifique cérémonie.