Vous êtes chanteurs ou instrumentistes et vous souhaitez vous engager au service de la liturgie traditionnelle, n’hésitez pas à nous rejoindre !

La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Programme de la Vigile pascale

Vigile pascale - gravures de PicardSaint-Eugène, le Samedi Saint 19 avril 2025, vigile pascale de 15h.
Répétition pour les choristes à 10h. Atelier de décoration des œufs de Pâques à 11h30.

A l’heure de None (trois heures de l’après-midi), l’Évêque se rend avec tout le clergé à l’Église, et c’est à ce moment que commence la Veille du Samedi saint. »
Dom Guéranger, l’Année liturgique.

Conçu de nouveau dans l’eau fécondée par le Saint-Esprit, le fils d’Adam, né pour la mort, renaît à la vie par le Christ. Hâtons-nous donc de rompre notre jeûne solennel ; car le Christ notre Pâque a été immolé. Non seulement nous sommes conviés au festin du corps de l’Agneau, mais nous devons encore nous enivrer de son sang. Ce breuvage n’est point imputé à crime pour ceux qui le boivent, mais il est en eux le principe du salut. Nourrissons-nous aussi de celui qui est l’Azyme ; car l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole de Dieu. Le Christ est le pain descendu du ciel, bien supérieur à celui qui pleuvait du ciel dans la manne, et dont Israël fit son festin pour mourir ensuite. Celui dont ce corps sacré est l’aliment devient possesseur de l’éternelle vie.

Les choses anciennes ont disparu, tout est devenu nouveau : le couteau de la circoncision mosaïque est émoussé, et le rude tranchant de la pierre employée par Josué est hors d’usage. C’est au front et non en secret, que le peuple du Christ reçoit sa marque glorieuse ; c’est par un bain et non par une blessure, par le Chrême et non par le sang.

Il convient donc, en ce soir de la résurrection de notre Seigneur et Sauveur, d’allumer un flambeau dont la blancheur flatte les regards, dont le parfum réjouisse l’odorat, dont l’éclat illumine, dont la matière ne cause pas de dégoût, dont la flamme n’exhale pas une noire fumée. Quoi, en effet, de plus convenable, de plus joyeux, que de célébrer les veilles de la nuit en l’honneur de celui qui est la fleur de Jessé, avec des torches dont la matière est empruntée aux fleurs ? La Sagesse a chanté, parlant d’elle-même : Je suis la fleur des champs et le lis des vallons. La cire n’est point une sueur arrachée au pin par le feu ; elle n’est point une larme enlevée au cèdre par les coups répétés de la hache ; sa source est mystérieuse et virginale ; et si elle éprouve une transformation, c’est en prenant la blancheur de la neige. Devenue liquide par la fusion, sa surface est unie comme le papyrus ; pareille à l’âme innocente, aucune division ne vient la briser, et sa substance, toujours pure, descend en ruisseaux pour devenir l’aliment de la flamme. »

Extrait de la liturgie du Samedi Saint dans le rit ambrosien.

Pour en savoir plus sur la liturgie du Samedi Saint (Vigile pascale) et son horaire antique après None (15h de l’après-midi).

A la vigile pascale :

  • Procession de sortie : Cantilène pascale O filii et filiæ – mélodie du XIIIème siècle, paroles de Jehan Tisserant (XVème siècle), harmonisation Henri de Villiers.
  • Télécharger le livret de cette messe au format PDF.

    Programme du Jeudi Saint

    La Cène - gravure tirée d'un canon pontificalSaint-Eugène, le jeudi 28 mars 2024, messe solennelle de 20h30, suivie de la procession au reposoir, du dépouillement des autels & du Mandatum, puis de l’office des Ténèbres vers 23h. Répétition à 19h30 pour l’ensemble de la schola (habillement à partir de 19h15 pour les chantres).

    La messe du Jeudi Saint a une importance toute particulière, puisqu’il s’agit de la solennité commémorative de la dernière Cène, laquelle se trouve être aussi la première messe.

    A Rome, la station est aujourd’hui en l’Archibasilique du Très-Saint-Sauveur (Saint-Jean de Latran), l’église cathédrale du Pape, père de la chrétienté.

    Procession du Très-Saint Sacrement au tombeau, après la messe du Jeudi Saint - gravure de PicardLa liturgie de cette messe est tout à fait saisissante et touchante, elle présente en effet une double impression, de joie et de tristesse. C’est tout d’abord une impression de joie qui domine le début de la messe. L’autel est orné ; la croix du maître-autel est voilée de blanc ; le prêtre monte à l’autel en ornements blancs ; l’orgue fait entendre ses accents éclatants ; on chante le joyeux Gloria qu’on n’a pas entendu depuis longtemps ; pendant le Gloria, on sonne, pour la dernière fois, les cloches. Ensuite, les cloches & les orgues se taisent. Sur cette fête joyeuse, qui est consacrée à l’institution du Sacrement de l’autel, s’étend soudain alors un voile de profonde tristesse : l’Eglise participe alors à la déréliction & à l’agonie de son Maître au Jardin des Oliviers.

    A la messe de la Cène

    Office des Ténèbres du Vendredi Saint

    Chant des Ténèbres du Vendredi Saint à la suite, après une courte pause (vers 23h)

    • Chant des Lamentations de Jérémie sur l’ancien ton parisien (Sacerdotal de Bournonville, XVIème
    • Répons de Ténèbres du Padre Martini

    Télécharger le livret de la messe au format PDF.
    Télécharger le livret de l’office de Ténèbres du Vendredi Saint au format PDF.
    Télécharger le livret des leçons de Ténèbres du second jour selon le chant de Paris au format PDF.

    Programme du Mercredi Saint

    Ecce Homo par MuraSaint-Eugène, le mercredi 16 avril 2025, messe solennelle de 19h. Office de Ténèbres du Jeudi Saint (chanté dans la nuit du mercredi au jeudi) à 21h

    La sainte Église débute dans l’Introït par la glorification du saint Nom de Jésus, si outragé aujourd’hui par les hommes infâmes qui le prononcent avec tant de haine, dans l’odieux complot qu’ils ourdissent contre celui auquel il fut imposé, par ordre du ciel, pour annoncer notre salut. Ce Nom béni signifie Sauveur ; nous voici dans les jours où il doit recevoir toute sa signification.
    Dom Guéranger, l’Année liturgique

    A la sainte messe :

    • Kyrie parisien des féries de pénitence
    • Prophétie : Isaïe LXII, 11 & LXIII, 1-7 : J’ai regardé autour de moi, et il n’y avait personne pour m’aider ; j’ai cherché, et je n’ai point trouvé de secours
    • Epître : Isaïe LIII, 1-12 : Et cependant il a été percé de plaies pour nos iniquités ; il a été brisé pour nos crimes. Le châtiment qui devait nous procurer la paix est sur lui, et nous avons été guéris par ses meurtrissures.
    • Passion selon Luc : Luc XXII, 1 à XXIII, 53 : Et il leur dit : J’ai souhaité avec ardeur de manger cette pâque avec vous, avant de souffrir. – Répons de la Synagogue en polyphonie : Henri de Villiers
    • Pendant les encensements de l’offertoire : Ecce vidimus eum (Cf. Matthieu, XXVI, 58 – Isaïe LIII, 2-4) – troisième répons du premier nocturne des Ténèbres du Jeudi Saint – polyphonie du Padre Giovanni Baptista Martini, o.f.m. (1704 †1784), maître de chapelle et organiste du couvent franciscain de Bologne
    • Sanctus XVIII
    • Après la Consécration : O Salutaris sur le ton de Vexilla Regis prodeunt, d’après Antoine de Bertrand
    • Agnus Dei XVIII
    • Pendant la communion : Una hora (Matthieu XXVI, 40 – Luc XXII, 46) – second répons du troisième nocturne des Ténèbres du Jeudi Saint – polyphonie du Padre Martini
    • Benedicamus Domino XVIII
    • Au dernier Evangile : Ave Regina cœlorum
    • Procession de sortie : Stabat Mater

    Chandelier de TénèbresA l’office des Ténèbres :

    Pour une description de l’office de Ténèbres, on pourra ce reporter à cet article.

    Télécharger le livret de cette messe au format PDF.
    Télécharger le livret de cet office de Ténèbres du Jeudi Saint au format PDF.
    Télécharger le livret des leçons de Ténèbres du premier jour selon le chant de Paris au format PDF.

    Programme du Mardi Saint

    Agonie du Christ au Mont des Oliviers - Matthias Stom.Saint-Eugène, le mardi 15 avril 2025, grand’messe de 19h.

    L’Église lit aujourd’hui, à la Messe, le récit de la Passion selon saint Marc. Dans l’ordre des temps, l’Évangile de saint Marc fut écrit après celui de saint Matthieu : c’est la raison pour laquelle cette Passion vient au second rang. Elle est plus courte que celle de saint Matthieu, dont elle semble le plus souvent l’abrégé ; mais on y trouve certains détails qui sont propres à cet Évangéliste, et attestent les remarques d’un témoin oculaire. On sait que saint Marc était disciple de saint Pierre, et que ce fut sous les yeux du Prince des Apôtres qu’il écrivit son Évangile.

    A Rome, la Station est aujourd’hui dans l’Église de Sainte-Prisque, qui fut la maison où habitèrent les deux époux Aquila et Prisca, auxquels saint Paul envoie ses salutations dans son Épître aux Romains. Plus tard, au IIIème siècle, le Pape saint Eutychien y transporta, à cause de la similitude du nom, le corps de sainte Prisque, vierge romaine et martyre.
    Dom Guéranger, l’Année liturgique

    A la sainte messe :

    • Kyrie parisien des féries de pénitence
    • Epître : Jérémie XI, 5-10 : Pour moi, j’étais comme un agneau plein de douceur, qu’on porte pour en faire une victime ; et je n’avais point su les entreprises qu’ils avaient formées contre moi en disant : Mettons du bois dans son pain, exterminons-le de la terre des vivants, et que son nom soit effacé de la mémoire des hommes.
    • Passion selon Marc : Marc XIV, 1 à XV, 46 : Jésus lui répondit : Je le suis ; et vous verrez un jour le Fils de l’homme assis à la droite de la majesté de Dieu, et venant sur les nuées du ciel. – Répons de la Synagogue en polyphonie : Henri de Villiers
    • Pendant les encensements de l’offertoire : Tristis est anima mea (Matthieu 26, 38 & 45) – second répons du premier nocturne des Ténèbres du Jeudi Saint – polyphonie du Padre Giovanni Baptista Martini, o.f.m. (1704 †1784), maître de chapelle et organiste du couvent franciscain de Bologne
    • Sanctus XVIII
    • Après la Consécration : O Salutaris sur le ton de Vexilla Regis prodeunt, d’après Antoine de Bertrand
    • Agnus Dei XVIII
    • Pendant la communion : Eram quasi agnus innocens (Matthieu, 26, 24 & 23) – premier répons du troisième nocturne des Ténèbres du Jeudi Saint – polyphonie du Padre Martini
    • Benedicamus Domino XVIII
    • Au dernier Evangile : Ave Regina cœlorum

    Télécharger le livret de cette messe au format PDF.

    Programme du Lundi Saint

    L'Onction de Béthanie avant la Passion - évangile du Lundi SaintSaint-Eugène, le lundi 14 avril 2025, grand’messe de 19h.

    Le temps où le Sauveur avait résolu de souffrir approchait ; il se rapprocha donc aussi du lieu où il devait accomplir la mystérieuse économie de sa passion : « Jésus donc, six jours avant la Pâque, vint à Béthanie. » Il se rend d’abord à Béthanie, puis à Jérusalem ; à Jérusalem pour y souffrir, à Béthanie pour que la résurrection de Lazare s’imprimât plus profondément dans la mémoire de tous ; et c’est pour cela que l’Evangéliste ajoute : « Où était mort Lazare, qu’il avait ressuscite. »
    Bienheureux Alcuin d’York

    En nous disant que Marthe servait à table, l’Evangéliste nous fait entendre que ce repas avait lieu dans sa maison. Mais considérez la foi de cette femme ; elle ne charge pas les femmes de service de servir à table, elle veut elle-même remplir cet office. L’Evangéliste nous donne encore une preuve évident la résurrection de Lazare, en ajoutant : « Lazare était un de ceux qui étaient assis à table avec lui. »
    Saint Théophilacte, évêque

    Quant à Marie, elle ne s’occupe point du service ordinaire, elle est tout entière à l’honneur qu’elle veut rendre à son divin Maître, et elle s’approche de lui non comme d’un homme, mais comme d’un Dieu: « Or, Marie prit une livre de parfum de nard pur, d’un grand prix, le répandit sur les pieds de Jésus, et les essuya avec ses cheveux ».
    Saint Jean Chrysostome, évêque

    A la sainte messe :

    • Kyrie parisien des féries de pénitence
    • Epître : Isaïe L, 5-10 : J’ai abandonné mon corps à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m’arrachaient le poil de la barbe : je n’ai point détourné mon visage de ceux qui me couvraient d’injures et de crachats.
    • Evangile : Jean XII, 1-9 : Mais Marie ayant pris une livre d’huile de parfum de vrai nard, qui était de grand prix, elle le répandit sur les pieds de Jésus, et les essuya avec ses cheveux ; et toute la maison fut remplie de l’odeur de ce parfum.
    • Pendant les encensements de l’offertoire : Ecce vidimus eum (Cf. Matthieu, XXVI, 58) – troisième répons du premier nocturne des Ténèbres du Jeudi Saint – polyphonie du Padre Giovanni Baptista Martini, o.f.m. (1704 †1784), maître de chapelle et organiste du couvent franciscain de Bologne
    • Sanctus XVIII
    • Après la Consécration : O Salutaris sur le ton de Vexilla Regis prodeunt, d’après Antoine de Bertrand
    • Agnus Dei XVIII
    • Pendant la communion : Eram quasi agnus innocens (Matthieu, 26, 24 & 23) – premier répons du troisième nocturne des Ténèbres du Jeudi Saint – polyphonie du Padre Martini
    • Benedicamus Domino XVIII
    • Au dernier Evangile : Ave Regina cœlorum

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    Horaires de la Semaine Sainte à la paroisse byzantine russe catholique de la Très-Sainte Trinité

    La lumineuse résurrection du Christ

    La Semaine Sainte ou Grande Semaine est le sommet de l’année liturgique et nous fait revivre les mystères de notre Rédemption. Nous sommes heureux de vous accueillir à cette occasion pour prier avec nous à l’un ou l’autre de nos offices célébrés dans le rit byzantin et partager avec vous la grande joie de Pâques, vous êtes les bienvenus !

    Cette année, les calendriers julien et grégorien voient le décalage maximum possible : cinq semaines !

    Voici les horaires des offices célébrés à la Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité 39, rue François Gérard – 75016 Paris (avec leurs équivalents latins entre parenthèses) :

    13 avril – ENTREE DU SEIGNEUR A JERUSALEM
    9h : matines avec bénédiction et distribution des rameaux puis liturgie de saint Jean Chrysostome, célébrée par le Père Ihor (matines et messe du dimanche des Rameaux)

    14 avril – GRAND & SAINT LUNDI
    12h : typiques & vêpres

    15 avril – GRAND & SAINT MARDI
    12h : typiques & vêpres

    16 avril – GRAND & SAINT MERCREDI
    12h : typiques & vêpres

    18 avril – GRAND & SAINT VENDREDI
    11h30 : vêpres de l’ensevelissement du Christ (vêpres du Vendredi Saint), célébrées par le Père Ihor

    La coïncidence des calendriers latin et russe, dans les circonstances que nous connaissons en ce moment, ne permet pas qu’un prêtre soit disponible pour venir célébrer avec nous la nuit pascale, ni la plupart des offices de la Grande Semaine.
    Tout en le regrettant, nous sommes encouragés à prier avec constance pour que notre petit troupeau retrouve bientôt un pasteur.

    La messe chrismale : de la catéchèse sacramentelle à la célébration ecclésiologique. Tradition, réforme et rupture

    Nous remercions M. l’Abbé Herman, professeur de liturgie, de nous partager cet article.

    Introduction

    Frontispice du Pontificale Romanum de Jean Burchard, édition de 1511. La messe chrismale n'existe pas alors.
    Frontispice du Pontificale Romanum de Jean Burchard, édition de 1511. La consécration du saint Chrême et la bénédiction des autres huiles se fait dans la messe pontificale in Cœna Domini.

    Parmi les rituels liturgiques majeurs de l’année, la messe chrismale occupe aujourd’hui une place majeure dans la vie liturgique des diocèses. On la présente comme l’une des manifestations les plus significatives de la plénitude du sacerdoce de l’évêque et du lien intime qui l’unit à ses prêtres[1]. Elle est le moment où l’Église sanctifie les huiles destinées aux sacrements et, dans sa version postconciliaire, où le lien entre le sacerdoce ministériel, le peuple de Dieu et le mystère pascal est publiquement manifesté. Les prêtres y renouvellent solennellement les promesses de leur ordination, et l’évêque y incarne visiblement l’unité du presbyterium.

    Toutefois, il convient de rappeler que le terme « messe chrismale » n’est apparu qu’avec la réforme de 1955. Jusqu’alors, la liturgie romaine ne comportait qu’une seule célébration le Jeudi saint : la messe in Cœna Domini, au cours de laquelle l’évêque procédait à la bénédiction des huiles. Les sources anciennes, comme le Sacramentaire Gélasien[2], présentent plusieurs formulaires liturgiques liés à ce jour, mais, comme l’a démontré Hermann Schmidt, il ne s’agissait pas de messes distinctes, mais d’un seul ensemble rituel[3]. Le Sacramentaire Grégorien[4], un siècle plus tard, ne propose qu’un seul formulaire pour la bénédiction des huiles[5]. L’Ordo romanus I confirme cette tradition d’un rite unique[6] qui se maintiendra avec des enrichissements symboliques notables, admirablement décrits par Durand de Mende dans son Rational ou Manuel des Divins Offices[7] et reprise dans le pontifical romain de 1595[8], jusqu’à la réforme du XXe siècle.

    L’intention de Pie XII, dans la réforme de 1955 (Maxima Redemptionis nostræ mysteria[9]), était de faire de cette messe une catéchèse sacramentelle. En isolant la bénédiction des huiles du cadre de la messe du soir, le pape voulait souligner que toute grâce sacramentelle découle du Sacrifice du Christ. Toutefois, cette réforme, bien que respectueuse de la structure canonique traditionnelle, a ouvert la voie à des évolutions plus radicales. Avec la réforme postconciliaire, la messe chrismale est devenue une célébration ecclésiologique, centrée non plus sur la grâce sacramentelle, mais sur la communion entre l’évêque, ses prêtres et le peuple.

    Le rite traditionnel : une articulation eucharistique forte

    Pontificale Romanum de Jean Burchard, édition de 1497 : la préface consécratoire du saint Chrème dans la forme traditionnelle héritée de saint Grégoire le Grand.
    Pontificale Romanum de Jean Burchard, édition de 1497 : la préface consécratoire du saint Chrème dans la forme traditionnelle héritée de saint Grégoire le Grand. Elle a lieu dans la messe de la Cène de l’évêque le Jeudi Saint.

    Dans le rite traditionnel, tel qu’il a été codifié au sein du Pontificale Romanum de 1595, la bénédiction des saintes huiles ne constitue pas une célébration indépendante, mais s’inscrit avec solennité au cœur de la messe in Cœna Domini. Loin d’être un ajout marginal, elle est profondément intégrée à l’offrande eucharistique. Cette insertion manifeste une vérité liturgique et théologique fondamentale : toute sanctification dans l’Église, y compris celle des instruments sacramentels, découle directement du sacrifice du Christ rendu présent à l’autel.

    Les trois bénédictions – de l’huile des catéchumènes, de l’huile des infirmes et du saint chrême – s’articulent autour du Canon romain. Cette structuration n’est pas arbitraire : elle exprime que le mystère de la Croix et de l’Eucharistie est la source unique de toute grâce. En bénissant les huiles dans le cadre du sacrifice eucharistique, l’Église confesse que le Christ, prêtre et victime, communique sa vie divine à travers les sacrements que ces huiles servent à conférer.

    Le rite lui-même est d’une richesse symbolique remarquable. Il comprend :

    • le souffle du ministre sur les huiles, évoquant l’action vivifiante de l’Esprit Saint à la création et à la résurrection ;
    • les onctions dans le vase du chrême, marquant l’intimité du lien entre l’huile et la grâce sanctifiante ;
    • l’encensement des vases sacrés, qui signifie la montée de la prière et la consécration de ce qui est destiné à Dieu ;
    • le chant solennel du O Redemptor, hymne théologique et contemplative qui magnifie l’œuvre rédemptrice du Christ dans les sacrements ;
    • et la triple acclamation Fiat, reprise par le clergé, signe liturgique d’un assentiment communautaire à l’invocation du Paraclet.

    L’épiclèse qui précède la consécration du saint chrême – Emitte, quaesumus, Domine, Spiritum Sanctum Paraclitum – établit un lien explicite avec la Pentecôte : l’huile chrismale est sanctifiée par l’Esprit, comme les Apôtres le furent dans le Cénacle. Ce lien montre que le ministère sacramentel de l’Église continue l’œuvre du Christ dans la puissance de l’Esprit Saint, à travers le sacrifice eucharistique. La liturgie ancienne conserve ainsi une cohérence mystagogique profonde, enracinée dans la théologie du mystère pascal.

    La réforme de 1955 : un tournant catéchétique

    Pontificale Romanum de Clément VIII - édition parisienne de 1683. Il n'existe pas de messe chrismale.
    Pontificale Romanum de Clément VIII – édition parisienne de 1683. La consécration des saintes huiles se fait au cours de la Messe de la Cène, au cœur du mystère de la Rédemption, qui célèbre l’institution de la divine Eucharistie, de laquelle découle tous les autres sacrements du salut. Il n’existe pas de messe chrismale.

    La réforme liturgique promulguée par Pie XII en 1955 introduit une modification significative de la tradition : elle détache la bénédiction des huiles de la messe in Coena Domini et institue une messe distincte, dite messe chrismale, célébrée le matin du Jeudi saint. Cette nouveauté rompt avec l’antique coutume romaine où l’unité du sacrifice eucharistique et de la consécration des huiles témoignait de manière symbolique que les sacrements tirent leur efficacité du mystère de la Croix.

    Toutefois, malgré cette autonomie nouvelle de la messe chrismale, la structure interne de la célébration demeure proche du modèle tridentin : les bénédictions des huiles continuent d’être insérées à la fin du Canon romain et après la communion. Ce maintien partiel de la structure vise à préserver la signification sacramentelle des gestes, tout en les rendant plus intelligibles à l’assemblée des fidèles, désormais davantage impliquée dans la vie liturgique.

    La finalité de cette réforme n’est plus d’abord de manifester la dépendance des sacrements à l’Eucharistie, mais de mettre en lumière la diversité et la beauté de la vie sacramentelle de l’Église, dans une visée plus pédagogique que mystagogique. Il s’agit de faire apparaître clairement, dans une optique pastorale, le lien entre les huiles et les différents sacrements qu’elles servent à conférer : baptême, confirmation, ordination, onction des malades.

    Néanmoins, cette réforme entraîne une simplification notable des rites :

    • les gestes riches et symboliques sont en grande partie réduits ou modifiés ;
    • les oraisons traditionnelles, longues, typiquement théologiques et souvent denses, cèdent la place à des textes plus brefs, au vocabulaire plus accessible, mais parfois moins évocateur ;
    • l’ensemble de la liturgie gagne en clarté, mais perd la densité mystique qui caractérisait le Pontifical tridentin.

    Tableau comparatif synthétique

    Élément Pontifical tridentin Réforme de 1955
    Structure Insertion dans la messe du Jeudi saint Messe autonome le matin du Jeudi saint
    Position des bénédictions Fin du Canon et après la communion Idem : fin du Canon et post Communion
    Gestes liturgiques Nombreux, riches de symboles, hérités du Moyen Âge Réduction importante des gestes et formules
    Oraisons Théologiques, longues, profondément mystagogiques Brèves, plus accessibles, à visée catéchétique
    Finalité principale Montrer que le sacrifice est source de toute grâce Souligner la diversité des sacrements et leur unité dans l’Église

    La réforme postconciliaire : une célébration ecclésiologique recentrée sur le ministère

    La réforme liturgique promulguée en 1969, dans le sillage du Concile Vatican II, apporte une transformation profonde de la messe chrismale, tant dans sa structure que dans sa théologie. L’intention pastorale qui la sous-tend est claire : faire de cette célébration une manifestation visible de l’unité du presbyterium autour de l’évêque, en insistant davantage sur la dimension communautaire et ministérielle du sacerdoce. Mais ce recentrage entraîne un glissement théologique significatif : la messe chrismale cesse d’être une théophanie eucharistique de la grâce sacramentelle, pour devenir avant tout une mise en scène ecclésiologique du ministère.

    La messe chrismale est désormais conçue comme une célébration autonome, pouvant être anticipée à un autre jour de la Semaine sainte, ce qui rompt avec l’antique intégration liturgique au Jeudi saint, jour du mystère sacerdotal par excellence. Les bénédictions des huiles, la plupart du temps, ne sont plus insérées dans le Canon de la messe, ni situées après la communion, possibilité toujours offerte par les rubriques, mais déplacées à un moment distinct, après l’homélie, sous la forme d’un « rite des huiles » détaché de la prière eucharistique. Cette modification n’est pas simplement fonctionnelle, elle fait courir le danger de dissocier les sacrements de l’autel qui en est pourtant la source ontologique.

    Une innovation majeure s’ajoute à cette restructuration : le renouvellement solennel des promesses sacerdotales par les prêtres. Cet élément, totalement absent de la tradition liturgique antérieure, constitue une nouveauté radicale introduite sans précédent historique ni enracinement rituel. Son insertion dans la liturgie s’inscrit dans une perspective postconciliaire de valorisation du ministère presbytéral, perçu comme participation collégiale à la mission de l’évêque.

    Bien que ce geste ne soit pas le cœur de la célébration, il en devient un moment fort, souvent mis en valeur dans la pratique pastorale contemporaine. Il marque un basculement : la liturgie ne célèbre plus uniquement l’action du Christ dans ses sacrements, mais aussi l’engagement subjectif des ministres eux-mêmes.

    Ce recentrage a des conséquences visibles dans le déroulement du rite. La liturgie de la parole est enrichie de textes à portée catéchétique, soulignant la mission prophétique, sacerdotale et royale du peuple de Dieu, tandis que les bénédictions des huiles, bien que conservant des structures anciennes, sont simplifiées dans leur mise en œuvre. Le souffle, les onctions dans les vases, les acclamations comme le Fiat, le chant du O Redemptor : tous ces gestes sont soit abrégés, soit rendus facultatifs, soit tout simplement omis. La densité symbolique et théologique du rite s’en trouve appauvrie.

    En somme, la réforme postconciliaire déplace le centre de gravité de la messe chrismale : de l’union sacramentelle des huiles au sacrifice eucharistique, on passe à une célébration de l’Église ministérielle et de la communion presbytérale. L’attention ne se porte plus d’abord sur l’origine du sacrement – le Christ prêtre offrant son sacrifice – mais sur la structure humaine de l’Église et la vie pastorale de ses ministres. La messe chrismale devient alors le miroir d’une Église qui se contemple elle-même, plutôt que d’une Église qui reçoit tout de son Seigneur par l’autel.

    Tableau comparatif tripartite

    Élément Rite traditionnel Réforme de 1955 Réforme post-Vatican II
    Position des bénédictions Canon ou après communion Canon et post communion Avant la prière universelle
    Consécration du chrême Souffles, Fiat, chant, épiclèse Épiclèse abrégée Geste fonctionnel, symbolisme atténué
    Oraison catéchumènes Exorcistique, claire Atténuée Disparition du combat spirituel
    Oraison malades Pardon, Esprit consolateur Sobre Ton psychologique
    Oraison chrême Christologie dense Conserve le ton christique Accent sur le peuple sacerdotal
    Finalité liturgique Grâce sacramentelle Catéchèse sacramentelle Communion ecclésiale

    Une surcharge rituelle étrangère à la tradition

    Au-delà de ces modifications proprement liturgiques, la messe chrismale est devenue un condensé de l’ecclésiologie conciliaire : fête du peuple de Dieu, expression de la communion entre l’évêque et ses prêtres, renouveau des ministères, et, dans certains diocèses, même renouvellement des promesses diaconales.

    Mgr Léon Gromier, chanoine de la basilique Saint-Pierre de Rome
    Mgr Léon Gromier, chanoine de la basilique Saint-Pierre de Rome

    Parmi les voix critiques les plus éclairées concernant cette mutation, celle de Mgr Léon Gromier mérite une attention particulière. Cérémoniaire pontifical et grand connaisseur des rites romains, Mgr Gromier dénonça avec fermeté la réforme de la Semaine sainte de 1955, qu’il qualifia de « subversion de la tradition romaine sous prétexte de restauration »[10].

    Concernant la messe chrismale, il pointait une double contradiction : d’une part, la dislocation du lien entre le sacrifice eucharistique et la consécration des huiles, et d’autre part, l’introduction de structures nouvelles sans fondement traditionnel. Il critiquait notamment l’idée d’une messe distincte pour la bénédiction des huiles, affirmant que « jamais dans la tradition romaine, on n’a séparé la chrismation du cœur même du Sacrifice de la messe »[11]. Pour lui, toute tentative de faire de cette messe un événement ecclésial autonome risquait de transformer un acte de sanctification sacramentelle en une manifestation institutionnelle, perdant ainsi le sens profond du rite.

    Annibale Bugnini, artisan de la réforme liturgique sous Pie XII
    Annibale Bugnini, artisan de la réforme liturgique

    Annibale Bugnini justifie cette transformation :

    L’idée de faire de la messe chrismale une ‘fête sacerdotale’ fut une intuition du pape… Un élément nouveau et séduisant vint s’y ajouter en 1965 : la concélébration eucharistique…[12]

    Dans cette optique, la messe chrismale fut repensée comme une célébration collective du ministère ordonné. Selon Bugnini, la liturgie devait devenir l’image vivante du mystère de l’Église et rendre visible la communion du presbyterium autour de l’évêque. Ainsi, les éléments strictement sacramentels furent peu à peu entourés de symboles nouveaux, principalement orientés vers la mise en valeur de l’unité ecclésiale et de l’identité du clergé diocésain.

    Ce changement s’est accompagné d’une véritable surcharge rituelle et symbolique. Les bénédictions des huiles sont insérées dans un développement liturgique complexe, incluant désormais : le renouvellement des promesses sacerdotales, les éventuels engagements des diacres, des processions avec les huiles, des acclamations chantées par l’assemblée, des présentations en style narratif des ministères dans le diocèse, et des gestes d’hommage collectif à l’évêque. Loin de constituer un enrichissement homogène, cette accumulation de signes crée une concurrence symbolique, dans laquelle le mystère sacramentel est souvent éclipsé par la célébration de l’ecclésiologie conciliaire.

    Bugnini lui-même en décrit la réception contrastée :

    Les liturgistes les plus sévères accueillirent le fait avec mauvaise volonté. Ils se résignaient à contrecœur à dire adieu à la liturgie, vieille de plusieurs siècles, qui brodait la Missa chrismatis autour de la consécration des huiles.[13]

    L’introduction du renouvellement des promesses sacerdotales, rite, nous le rappelons, totalement inédit dans la tradition romaine, renforça cette orientation communautaire et affective.

    Bugnini affirme :

    Le renouvellement des engagements sacerdotaux en ce jour particulier est un geste fort, attendu, presque nécessaire, pour réaffirmer publiquement le lien entre le prêtre et son évêque, et la fidélité à leur mission.[14]

    Dans plusieurs diocèses, cette pratique est étendue aux diacres, qui renouvellent eux aussi leurs engagements liturgiques. Ce développement, non prévu par les rubriques, brouille la hiérarchie des ordres et tend à transformer un rite sacerdotal en simple fête de la communauté chrétienne locale. Le sens sacramentel se trouve ainsi enfoui sous une avalanche de gestes et de discours pastoraux.

    À cela s’ajoute le contenu des homélies épiscopales, souvent éloignées de toute explication doctrinale sur les sacrements et leur efficacité. Beaucoup d’évêques choisissent d’orienter leur prédication vers des bilans pastoraux, des appels à l’unité diocésaine ou des exhortations communautaires, reléguant ainsi la dimension sacramentelle à l’arrière-plan. La messe chrismale devient alors un exercice de communication ecclésiale, parfois politique, au détriment de la mystagogie et de la catéchèse liturgique.

    Cette surcharge nuit gravement à la lisibilité sacramentelle du rite. Ce qui devait être une catéchèse sacramentelle, selon l’intention de Pie XII, devient une célébration institutionnelle et identitaire. Le rite, au lieu de manifester la dépendance des sacrements envers le sacrifice du Christ, tend à exprimer avant tout une auto-célébration de l’Église locale et de ses ministres. La parole liturgique se fragmente en discours multiples, souvent anecdotiques ou circonstanciels, perdant de vue l’unité profonde de l’action sacrée centrée sur le Christ et sa Croix.

    Bugnini insiste lui-même sur ce tournant :

    Il valait la peine de sacrifier une préférence traditionnelle […] afin de mettre en lumière la communion visible du presbyterium autour de son évêque, dans une liturgie pleinement adaptée aux temps nouveaux.[15]

    Cette déclaration résume la logique de la réforme : abandonner la symbolique sacramentelle héritée de siècles de tradition pour faire place à une nouvelle rhétorique liturgique, fondée non plus sur le mystère, mais sur la visibilité ecclésiale du rite : au lieu d’une pédagogie de la grâce, on assiste à une emphase sur la communion affective, parfois au détriment de la doctrine. La parole liturgique se fragmente en discours multiples, souvent anecdotiques ou circonstanciels, perdant de vue l’unité profonde de l’action sacrée centrée sur le Christ et sa Croix.

    L’urgence de retrouver la source

    Le pape saint Alexandre consacre le saint Chrême le Jeudi Saint (pas de messe chrismale)
    Le pape saint Alexandre consacre le saint Chrême. Miniature vers 1300-1310 in Abrégé des histoires divines. Selon la tradition médiévale rappelée par ce manuscrit, le pape saint Alexandre, cinquième successeur de saint Pierre de 105 à 115, aurait institué le rit de la consécration des saintes Huiles le Jeudi Saint.

    Le glissement de la messe chrismale, d’une épiphanie sacramentelle centrée sur le sacrifice du Christ vers une célébration communautaire à fonction identitaire, reflète une évolution profonde de la théologie liturgique contemporaine. Ce déplacement n’est pas purement formel, mais touche au cœur même de la liturgie : sa finalité, son langage, et sa structure théologique.

    Alors que Pie XII, dans une volonté claire de réforme pédagogique, souhaitait offrir aux fidèles une liturgie profondément eucharistique et catéchétique, les réformes postconciliaires ont progressivement substitué à cette logique une conception horizontale de la liturgie. Celle-ci se présente désormais comme une manifestation de la communion ecclésiale, centrée sur l’évêque et son presbyterium, au détriment de la catéchèse des sacrements.

    Josef Ratzinger — futur Benoît XVI — notait avec justesse :

    Ce qui était autrefois tourné vers Dieu s’est peu à peu replié sur la communauté. L’autocélébration de la communauté a remplacé l’acte d’adoration.[16]

    Ce repli s’exprime particulièrement dans la messe chrismale moderne, où la prédication épiscopale ne porte plus sur la nature et la puissance des sacrements, mais sur des préoccupations pastorales, des bilans diocésains ou des appels à la synodalité. L’évêque devient moins le ministre sacramentel du Christ que l’animateur visible d’une communauté en chemin.

    Le liturgiste Mgr Klaus Gamber, dans ses écrits prophétiques, dénonçait déjà cette évolution :

    Au lieu de s’interroger sur le développement organique de la liturgie, on a introduit de nouveaux rites nés dans les bureaux, coupés de toute tradition vivante, orientés davantage vers une idéologie que vers la foi.[17]

    Ainsi, ce que Pie XII avait conçu comme une liturgie catéchétique, centrée sur la grâce sacramentelle dérivant de l’unique sacrifice du Christ, a été peu à peu transformé en manifestation symbolique d’une communion ecclésiale conçue avant tout comme visible, participative et ministérielle. L’effacement progressif du lien entre Eucharistie et sacrements, la dilution du langage théologique dans les oraisons, et l’inflation des gestes symboliques fondés sur une ecclésiologie horizontale ont vidé le rite de sa densité mystagogique.

    Il est temps de redonner à la messe chrismale sa portée originelle : celle d’un acte sacramentel inséré dans le sacrifice du Christ, source de toute onction et de toute sanctification. Le rite traditionnel en offre une expression sobre, majestueuse, doctrinalement rigoureuse et spirituellement féconde. Le restaurer, ce n’est pas revenir en arrière : c’est rétablir un lien vital entre les sacrements et leur source eucharistique, entre l’action liturgique et la rédemption du monde.

    Servir la vérité liturgique, c’est honorer le mystère pascal du Christ, célébré dans son Église avec fidélité, sobriété et foi.

    Bibliographie

    1. Sources liturgiques et historiques

    G DURAND, Rationale divinorum officiorum, éd. A. Davril & T. Thibodeau, Turnhout, Brepols, 1995.
    Pontificale Romanum (éd. 1595-1596), rééd. Libreria Editrice Vaticana.
    Sacramentaire Gélasien, éd. H. Wilson, The Gelasian Sacramentary, Oxford, 1894.
    Sacramentaire Grégorien, éd. Dag Norberg, Paris, CNRS, 1985.
    Ordo Romanus I, éd. M. Andrieu, Les ordines romani du haut Moyen Âge, vol. III, Louvain, 1951.

    2. Études historiques et critiques

    H. SCHMIDT, Die Formularien der Chrisammesse in den alten römischen Sacramentarien , Ephemerides Liturgicae, t. 71, 1957, p. 733-736.
    L. GROMIER, Commentaires sur la réforme de la Semaine Sainte, in : Ephemerides Liturgicae (divers articles, années 1951-1962).Ephemerides Liturgicae (divers articles, années 1951-1962).
    A. BUGNINI, La réforme de la liturgie 1948-1975, trad. fr. P.-M. Gy, Cerf, 1998.
    K. GAMBER, La Réforme liturgique en question, trad. fr., DMM, 1992.
    J.-F. Thomas, La liturgie : art sacré, théologie et vie mystique, Via Romana, 2017.

    3. Théologie liturgique et mystagogie

    J. LECLERCQ, La Semaine Sainte dans la liturgie romaine, Solesmes, 1951.
    L. BOUYER, Le Mystère pascal, Cerf, 1945.
    P. GUERANGER, L’Année liturgique. Le Temps de la Passion et la Semaine Sainte, Solesmes.
    J. RATZINGER (Benoît XVI), L’esprit de la liturgie, trad. fr., Ad Solem, 2001.
    J. HANI, Le symbolisme du culte chrétien, L’Âge d’Homme, 1995.

    Voir aussi : le La réforme de la Semaine Sainte de 1955 – 5ème partie – La messe du Jeudi Saint & le Mandatum

    **********

    Notes de cet article sur la messe chrismale

    Notes :    (↵ reviens au texte)

    1. Institutio Generalis Missalis Romani, citée par G. TORNAMBE, « Évolution des rites de la Missa chrismatis« , Revue des sciences religieuses, 90/1 (2016), p. 81–103.
    2. Sacramentarium Gelasianum, éd. H.A. Wilson. Oxford : Clarendon Press, 1894
    3. H. SCHMIDT, « Formularia liturgica Feria V in Cena Domini : Considerationes criticæ », Ephemerides Liturgicæ, 71 (1957), p. 733–736.
    4. Sacramentarium Gregorianum, éd. L.C. Mohlberg. Rome : Herder, 1960
    5. H. SCHMIDT, OP.CIT.
    6. M. ANDRIEU, Les Ordines Romani du Moyen-Age, I-V, Spicilegium Sacrum Lovaniense 11, 23, 24, 28, 29 ), Louvain, 1931-1961.
    7. Rational ou Manuel des Divins Offices de Guillaume Durand, évêque de Mende au treizième siècle, ou, Raisons mystiques et historiques de la liturgie catholique, 4 vol. , Nabu Press, 2010
    8. Pontificale Romanum, editio Clementina (1595–1596).
    9. Maxima Redemptionis nostræ mysteria, décret de la Sacrée Congrégation des Rites, Rome, Vatican, 16 novembre 1955.
    10. L. GROMIER, Conférence sur la réforme de la Semaine Sainte, prononcée à Paris, 1960. Reproduit dans Una Voce, n° 117, 1981, p. 3.
    11. Ibid.
    12. A. BUGNINI, La riforma liturgica (1948-1975), Edizioni Liturgiche, Roma, 1983, p. 334.
    13. Ibid., p. 335.
    14. Ibid., p. 336
    15. Ibid., p. 337.
    16. J. RATZINGER, L’esprit de la liturgie, Ad Solem, 2001, p. 91.
    17. K. GAMBER, La réforme de la liturgie romaine, Sainte-Madeleine, 1992, p. 67).

    Programme du dimanche des Rameaux

    Michel Corneille l'Ancien, la distribution des RameauxSaint-Eugène, le dimanche 13 avril 2025, messe solennelle de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

    > Catéchisme sur la Semaine Sainte

    « Le dimanche des Rameaux est la porte d’entrée monumentale qui nous introduit dans les saints mystères de Pâques. » (Dom Pius Parsch).

    Le diable fut donc trompé par sa propre malignité ; il fit souffrir au Fils de Dieu un supplice qui est devenu le remède de tous les enfants des hommes. Il répandit le sang innocent qui devait être le prix de la réconciliation du monde, et notre breuvage. Le Seigneur souffrit le genre de mort qu’il avait librement choisi, conformément à ses desseins. Il permit à des hommes furieux de porter sur lui leurs mains impies, et, en accomplissant un crime énorme, elles ont servi à l’exécution des desseins du Rédempteur. La tendresse de son amour était si grande, même envers ses meurtriers, que, suppliant son Père du haut de la croix, il lui demanda non pas de le venger, mais de leur pardonner.
    Homélie de saint Léon, pape, VIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au second nocturne.

    A la sainte messe :

    IIndes vêpres du dimanche des Rameaux. Au salut du Très-Saint Sacrement :

    • Magnificat du VIIIème ton de Claudin de Sermisy (1490 † 1562), sous-maître de la chapelle royale, chanoine de la Sainte Chapelle
    • Motet d’exposition : O salutaris hostia, sur le ton de l’hymne de la Passion Vexilla Regis prodeunt
    • A la Bienheureuse Vierge Marie : Stabat Mater dolorosa – complainte de la Très Sainte Vierge au pied de la Croix du Sauveur – texte de Jacques de Todi († 1306), plain-chant (versets impairs) et alternances de Marc-Antoine Charpentier (1643 † 1704), maître de la Sainte Chapelle : « Stabat Mater pour des religieuses » (H. 15) (versets pairs)
    • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Oremus pro Pontifice nostro Francisco.
    • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo, sur le ton de l’hymne de la Passion Pange lingua
    • Supplication finale : Antique litanie qui concluait autrefois l’office des Ténèbres

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    Programme du dimanche des Rameaux – Entrée du Seigneur à Jérusalem

    Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 13 avril 2025 du calendrier grégorien – 31 mars 2025 du calendrier julien, matines puis divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h.

    Le dimanche des Rameaux – ou l’Entrée du Seigneur à Jérusalem, selon la terminologie des livres liturgiques byzantins – est une fête du Seigneur, l’une des 12 grandes fêtes de l’année liturgique byzantine. Sa célébration supprime donc l’office habituel du dimanche dans l’Octoèque. En raison du caractère festif de ce jour, c’est l’un des très rares jours où l’usage du poisson est autorisé au cours du grand Carême byzantin.

    La bénédiction des rameaux se fait après l’évangile de matines et la distribution de ceux-ci pendant les stichères du psaume 50 et le canon de la fête.

    Evangile de matines
    De la fête : Matthieu (§ 83), XXI, 1-11, 15-17.
    Une grande multitude de peuple étendit aussi ses vêtements le long du chemin ; les autres coupaient des branches d’arbres, et les jetaient par où il passait.

    [Aux heures
    A tierce & à sexte : 1er tropaire de la fête. Gloire au Père. 2nd tropaire de la fête. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : de la fête.]

    A LA DIVINE LITURGIE DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME
    Première antienne, Psaume 114, ton 2
    J’ai aimé, car le Seigneur entend la voix de ma prière.
    ℟. Par les prières de la Mère de Dieu, Sauveur, sauve-nous.
    Car il a incliné vers moi son oreille, et je l’invoquerai tous les jours de ma vie.
    Les douleurs de la mort m’ont environné et les périls de l’enfer sont venus sur moi.
    J’ai trouvé la tribulation et la douleur et j’ai invoqué le Nom du Seigneur.
    Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit. Et maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.

    Seconde antienne, Psaume 115, ton 2
    J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé ; et je me suis profondément humilié.
    ℟. Sauve-nous, ô Fils de Dieu, qui trônes sur un ânon, nous qui te chantons : Alléluia !
    Que rendrai-je au Seigneur pour tout ce qu’il m’a donné ?
    Je prendrai le calice du salut et j’invoquerai le Nom du Seigneur.
    J’acquitterai mes vœux au Seigneur, devant tout son peuple.
    Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit. Et maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.

    Troisième antienne, Psaume 117, ton 1
    Confessez le Seigneur car il est bon, car éternelle est sa miséricorde.
    Tropaire, ton 1 : Avant ta Passion * tu t’es fait le garant de notre commune résurrection, * en ressuscitant Lazare d’entre les morts, ô Christ Dieu. * C’est pourquoi nous aussi comme les enfants portant les symboles de la victoire, * nous te chantons, à toi le vainqueur de la mort : * « Hosanna au plus haut des cieux, ** béni soit celui qui vient au nom du Seigneur. »
    Que la maison d’Israël le dise : il est bon, car éternelle est sa miséricorde.
    Que la maison d’Aaron le dise : il est bon, car éternelle est sa miséricorde.
    Que tous ceux qui craignent le Seigneur le disent : il est bon, car éternelle est sa miséricorde.

    A la petite entrée :
    1. Isodikon de la fête : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! * Soyez béni de la maison du Seigneur, le Seigneur est Dieu, et il nous est apparu.
    2. Tropaire de la fête, ton 1 : Avant ta Passion * tu t’es fait le garant de notre commune résurrection, * en ressuscitant Lazare d’entre les morts, ô Christ Dieu. * C’est pourquoi nous aussi comme les enfants portant les symboles de la victoire, * nous te chantons, à toi le vainqueur de la mort : * « Hosanna au plus haut des cieux, ** béni soit celui qui vient au nom du Seigneur. »
    3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
    4. Autre tropaire de la fête, ton 4 : Ensevelis avec toi par le baptême, ô Christ notre Dieu, * nous avons été rendus dignes de la vie immortelle par ta résurrection * et nous te clamons cette louange : * « Hosanna au plus haut des cieux, ** béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur ».
    5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    6. Kondakion de la fête, ton 6 : Porté sur un trône dans le ciel et par un ânon sur la terre, ô Christ Dieu, * tu as reçu la louange des anges * et le chant des enfants qui Te clament : ** Béni sois-tu, Toi qui viens rappeler Adam.

    Prokimen
    De la fête, ton 4 :
    ℟. Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! * Le Seigneur est Dieu & il nous est apparu. (Psaume 117, 26-27).
    ℣. Rendez grâce au Seigneur, car il est bon, car éternel est son amour. (Psaume 117, 1).

    Epître
    De la fête : Philippiens (§ 247) IV, 4-9.
    Réjouissez-vous dans le Seigneur, je vous le répète, réjouissez-vous dans le Seigneur.

    Alleluia
    De la fête, ton 1 :
    ℣. Chantez au Seigneur un cantique nouveau, car le Seigneur a fait des merveilles. (Psaume 97, 1)
    ℣. Toutes les extrémités de la terre ont vu le salut de notre Dieu. (Psaume 97, 3)

    Evangile
    De la fête : Jean (§ 41), XII, 1-18.
    Une grande multitude de Juifs ayant su qu’il était là, y vinrent, non-seulement pour Jésus, mais aussi pour voir Lazare, qu’il avait ressuscité d’entre les morts.

    Mégalinaire à la Mère de Dieu durant l’anaphore :
    Le Seigneur est Dieu et il nous est apparu. Convoquez une fête et venez vous réjouir, faisons au Christ un triomphe de nos palmes, de nos branches et de nos chants, l’acclamant : « Béni soit Celui qui vient au Nom du Seigneur, notre Sauveur ! »

    Verset de communion
    De la fête : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Le Seigneur est Dieu & il nous est apparu. (Psaume 117, 26-27) Alleluia, alleluia, alleluia.

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    Programme du dimanche de Pâques – la lumineuse résurrection du Christ

    La sainte & lumineuse résurrection du ChristParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le samedi
    4 mai 2024 du calendrier grégorien – 22 avril 2024 du calendrier julien, vêpres & liturgie de saint Basile ( = vigile pascale) à 10h, office nocturne à 21h – procession de la résurrection et matines de Pâques à 21h30, suivies de [l’heure pascale & de] la divine liturgie de Pâques de saint Jean Chrysostome.

    L’office du matin – avec ses 15 lectures précédant l’épître et l’évangile – correspond à la vigile pascale du rit romain avec ses 12 prophéties d’avant les réformes de Pie XII. Les ornements aux couleurs sombres du Carême sont changés en ornements blancs entre l’épître et l’évangile de la résurrection qui comprend l’intégralité du dernier chapitre de saint Matthieu (Matthieu XXVIII, 1-20 – seuls les 7 premiers versets sont cantilés à la vigile pascale latine).

    Au cours du bref office de la nuit – qui garde encore le caractère triste de la Semaine Sainte -, l’Epitaphios (Плащаница – ou suaire : représentation du Christ au tombeau) est enlevé avec discrétion (nul n’a vu ni su le moment exact de la résurrection) par le clergé, tandis que le chœur chante la 9ème ode du canon du samedi saint :

    Ne pleure pas, O Mère, bien que tu aies vu gisant dans le tombeau, * le Fils que tu avais conçu sans semence, * car je ressusciterai et serai glorifié * et dans ma gloire divine ** j’exalterai pour l’Eternité ceux qui t’aiment et chantent ta gloire.

    Ensuite commence véritablement la fête de la Résurrection par la procession pascale du clergé & des fidèles qui font le tour de l’église. Cette procession figure la venue des myrrophores et des disciples au tombeau, y recevant la joyeuse annonce de la résurrection (elle existait aussi dans les rits occidentaux, mais les réformes du XXème siècle ont tendu à la supprimer – seul le rit dominicain la conserve dans sa splendeur primitive). Le clergé & le peuple entrent ensuite dans l’église inondée de lumière après avoir chanté le tropaire pascal, qui sera chanté de très nombreuses fois au cours de la nuit pascale :

    Le Christ est ressuscité des morts, par la mort, il a vaincu la mort, à ceux qui sont dans les tombeaux il a donné la vie !

    Démarrent alors les joyeuses matines de la résurrection, au cours desquelles est chanté le canon pascal composé par saint Jean Damascène, sommet de la poésie liturgique byzantine. Voici les hirmi de ce célèbre canon :

    Première ode : Jour de la Résurrection ! peuples rayonnons de joie ! Pâque du Seigneur ! Pâque ! de la mort à la vie & de la terre au ciel, le Christ-Dieu nous a conduits, chantant l’hymne de la victoire.

    Troisième ode : Venez, buvons le breuvage nouveau, non pas la source qu’un miracle fit jaillir du rocher stérile, mais le Christ, la source incorruptible qui jaillit du tombeau, en qui nous avons la puissance.

    Quatrième ode : En cette divine veillée, que le héraut de Dieu, Habacuc se tienne au milieu de nous, et qu’il nous montre l’ange de lumière disant d’une voix claire : C’est aujourd’hui le salut du monde car le Christ est ressuscité, comme Tout-Puissant.

    Cinquième ode : Veillons jusqu’à la pointe du matin et en guise d’onguents, offrons une hymne au Seigneur, & nous verrons le Christ, Soleil de justice, se lever pour donner à tous la vie.

    Sixième ode : Tu es descendu jusqu’aux tréfonds de la terre, et tu as brisé les verrous éternels qui en retenaient les captifs, ô Christ, & le troisième jour, comme Jonas de la baleine, tu es sorti du tombeau.

    Septième ode : Celui qui libéra les enfants de la fournaise, devenu homme, souffrit comme mortel ; & par sa passion il revêt ce qui était mortel de la splendeur de l’incorruptibilité ; lui, le seul béni, le Dieu de nos pères & le très glorieux.

    Huitième ode : Voici le jour illustre & saint, roi & seigneur des dimanches, fête des fêtes & solennité des solennités, en qui nous bénissons le Christ dans tous les siècles.

    Neuvième ode : Resplendis, resplendis, Nouvelle Jérusalem, car la gloire du Seigneur sur toi s’est levée, danse maintenant & exulte, Sion ; et toi, réjouis-toi, Mère de Dieu très pure, en la résurrection de ton Fils.

    A l’issue des matines, le clergé et les fidèles se donnent le baiser de paix pascal & l’homélie pascale de saint Jean Chrysostome est lue.

    Suit ensuite la divine liturgie du jour de Pâques. Notons que le prokimen byzantin de ce jour glorieux est le même que le graduel du rit romain ou encore de leur équivalent dans la liturgie éthiopienne, ce qui semble dénoter une très haute antiquité pour le répons qui accompagne l’épître du jour de Pâques :

    Voici le jour que fit le Seigneur, exultons & réjouissons-nous en lui ! (Psaume 117, 4)

    Les différents rits d’Orient et d’Occident depuis une haute antiquité ont réservé la lecture de l’évangile de Jean durant le temps pascal. Le rit byzantin commence donc sa lecture en ce jour de la Résurrection par le Prologue de saint Jean. Selon la tradition russe, celui-ci est chanté en grec et en slavon, ainsi qu’en un grand nombre d’autres langues pour signifier l’universalité du salut qu’offre à l’humanité la résurrection du Christ :

    Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu.

    Le souhait pascal rententira de nombreuses fois durant la nuit pascale et pendant tout le temps pascal, les chrétiens se salueront ainsi :

    Христо́с воскре́се! – Вои́стину воскре́се!
    Le Christ est ressuscité ! En vérité il est ressuscité !

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