Fête-Dieu à Paris en 1830 – Sortie de procession par Turpin de Crissé

Fete-Dieu a Paris 1830

Un grand merci à M. l’Abbé Meissonnier, fssp, qui m’a envoyé hier soir ce magnifique tableau dû au talent du comte Lancelot Théodore Turpin de Crissé (1782 † 1859). Sauf erreur de ma part, il s’agirait de la sortie de la procession de la Fête-Dieu de l’église royale de Saint-Germain l’Auxerrois en 1830.

Remarquons :

  • l’admirablement ordonnancement général de la procession,
  • les ornements liturgiques rouges & non blancs (depuis l’origine de la Fête-Dieu à Paris, la couleur liturgique employée a été constamment le rouge),
  • les 40 (!) enfants de chœur portent la ceinture rouge sur le surplis & la calotte rouge ; deux sont acolytes, tous les autres portent un cierge, comme le demandent les règles liturgiques de la procession de la Fête-Dieu (tous les fidèles d’ailleurs devraient porter un cierge ; on voit une petite fille avec un cierge, quelques autres au loin derrière le dais),
  • le dais est porté par des clercs (& non d’éminents laïcs) ce qui est plus conforme aux règles ; ces clercs ne sont pas toutefois induts de chapes ou de dalmatiques,
  • outre le célébrant, tous les autres prêtres présents portent également la chasuble rouge (cela est très fidèle aux rubriques de la procession du Très-Saint Sacrement),
  • le porte-croix est en chape,
  • derrière le porte-croix marchent 6 chantres-chapiers, portant le turlututu, l’ancien chapeau pointu des chantres (le second à gauche le tien en ses mains),
  • derrière les chantres marchent des ecclésiastiques & chantres, puis un second groupe de chantres avec les surplis sans manches (usuels pour les chantres),
  • tous les ecclésiastiques portent la calotte noire (les deux premiers chapiers semblent porter le col oratorien),
  • la longueur des surplis des petits comme des grands clercs,
  • les bannières sont tenues par les rubans,
  • des jeunes filles jettent des pétales de roses sur deux rangs de part & d’autre du passage de la procession,
  • la troupe présente les armes,
  • le suisse avec sa masse & sa hallebarde, arbore un baudrier magnifique,
  • les deux thuriféraires semblent curieusement manquer.
  • Voici une vue générale du tableau de Turpin de Crissé :

    Fete-Dieu a Paris 1830

    Remarquons les tapisseries qui bordent le chemin de la procession, les armes pleines de France au portail & les deux bannières fleudelysées, qui firent scandale dans la France louis-philipparde. L’actuelle mairie du Ier arrondissement avec son beffroi n’est pas encore contruite.

    Je trouve ce tableau très touchant : beaucoup de grâce ainsi chez les enfants de Marie groupés autour de la bannière de la sainte Vierge. C’est un beau témoignage des fastes de la vie liturgique parisienne quelques années avant l’abandon du rit propre au diocèse.

    Si vous avez d’autres images de Fête-Dieu, n’hésitez pas à me les faire parvenir ! 😉

    Office des chantres à Rouen à la messe

    Voici une très intéressante description liturgique sur les fonctions du chœur à la messe. Elle m’a été envoyée par Philippe G**, éminent liturgiste & néanmoins ami 😉 mais je n’ai pas les références de l’ouvrage d’où il avait tiré ce chapitre (manifestement un cérémonial de Rouen du XIXème siècle).

    Ils témoignent d’un sens liturgique du chantre & du chœur (comme acteurs de la divine liturgie) bien révolu hélas dans nos messes d’aujourd’hui.

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    Chapitre XVI – Des cérémonies du chœur à la messe solennelle.

    Le choeur est dirigé par le Chantre, ou par deux clercs en chapes, des stalles hautes ou basses suivant la qualité de l’office.
    1. Aux fêtes doubles et au dessus, il est dirigé par le Chantre, qui entonne au Célébrant l’hymne Gloria in excelsis, voir ci-dessus chapitre IV.
    2. Aux semi-doubles et dimanches le choeur est dirigé par deux clercs des stalles basses, ce qui est également observé aux vigiles de la Nativité, de l’Epiphanie, de l’Ascension de Notre Seigneur, de l’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie et de la Toussaint, aux vigiles pendant les octaves et au Jeudi Saint.
    3. Aux simples et féries il est dirigé par un clerc des stalles basses.

    Le Chantre ou les chefs de choeur entonnent l’introà¯t avec son psaume, le Gloria Patri, Kyrie, la séquence, l’offertoire, le Sanctus, l’Agnus et la communion. Ils entonnent également et in terra et Patrem, le Gloria in excelsis et le Credo ayant été entonnés par le célébrant. Si l’on touche l’orgue, ils entonnent seulement l’introà¯t comme ci-dessus, le Patrem et la communion.

    Ils déambulent dans le choeur la tête couverte lorsqu’on chante le Kyrie (peu après que le célébrant soit monté à l’autel), le Gloria in excelsis, la séquence, le Credo, l’offertoire, le Sanctus et l’Agnus sauf s’ils doivent s’agenouiller avec le choeur ou être encensés.

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