Programme de la solennité de la Fête-Dieu

Comte Lancelot Théodore Turpin de Crissé (1782 † 1859) : sortie de la procession de la Fête-Dieu de l’église royale de Saint-Germain l’Auxerrois en 1830Saint-Eugène, le dimanche 19 juin 2022, grand’messe de 11h. Vêpres à 15h30 puis procession jusqu’à l’église Saint-Roch (reposoir à Notre-Dame-des-Victoires).

> Catéchisme sur la Fête-Dieu

Dans l’année liturgique, la fête de l’Eucharistie est célébrée le Jeudi Saint. Toutefois, en raison de l’entrée à la suite du Christ dans les souffrances de la Passion, les fastes liturgiques ne peuvent être complètement déployés ce jour-là. Aussi l’Eglise a-t-elle reporté la célébration glorieuse du sacrement de l’Eucharistie au jeudi qui suit la Trinité. Le mérite de l’institution de la fête de l’Eucharistie (c’est son nom dans les missels médiévaux) à cette date revient à sainte Julienne de Cornillon. A partir de 1209, cette religieuse & mystique liégeoise reçut la vision fréquente de la lune en laquelle une partie restait sombre et ne rayonnait pas. « Le Seigneur lui fit comprendre la signification de ce qui lui était apparu. La lune symbolisait la vie de l’Eglise sur terre, la ligne opaque représentait en revanche l’absence d’une fête liturgique, pour l’institution de laquelle il était demandé à Julienne de se prodiguer de façon efficace : c’est-à-dire une fête dans laquelle les croyants pouvaient adorer l’Eucharistie pour faire croître leur foi, avancer dans la pratique des vertus et réparer les offenses au Très Saint Sacrement » (Benoît XVI). Répondant aux demandes de sainte Julienne, l’évêque de Liège fit célébrer la première Fête-Dieu en sa ville en 1246. La providence appela ensuite l’archidiacre de Liège à siéger sur le trône de saint Pierre sous le nom d’Urbain IV, lequel institua la Fête du Corps du Christ pour l’Église d’Occident par la bulle Transiturus de hoc mundo le 11 août 1264. A la demande du pape, saint Thomas d’Aquin fut chargé de la composition de l’office et de la messe de la nouvelle fête (pour la messe, il centonisa des textes nouveaux sur les airs liturgiques les plus en faveurs de son temps, et pour l’office, il remania celui qui était déjà en cours dans certains monastères cisterciens des Flandres). La procession avec le Saint-Sacrement, pratiquée ici & là dès le XIème siècles aux Rameaux et au petit matin de Pâques, se fit ensuite volontiers à la Fête-Dieu, et elle était généralisée partout en Occident au XVème siècle. En général la procession se faisait après la messe le jour même de la fête, et après les vêpres chaque jour de l’octave.

La Fête-Dieu n’étant plus fériée en France, la solennité en est transférée dans notre pays au dimanche qui suit, dans son octave.

A la sainte messe

Aux secondes vêpres

  • Motet d’exposition : O salutaris de l’abbé du Gué, maître de chapelle de Saint-Germain-L’Auxerrois (1768 -1780) puis de Notre-Dame de Paris (1780 – 1790)
  • Secondes vêpres du Très-Saint Sacrement – les antiennes sont relevées par un quatuor de cuivres sur des versets de Claudin de Sermisy (1490 † 1562), sous-maître de la chapelle royale, chanoine de la Sainte Chapelle
  • Magnificat du Vème ton de Claudin de Sermisy

A la procession de la Fête-Dieu
Première partie, jusqu’à Notre-Dame-desVictoires

  • Hymne Pange lingua
  • Antienne Lauda Jerusalem du Chanoine Noël Darros († 1954), maître de chapelle de Lourdes – versets du psaume 147, psalmodie du Vème ton de l’Oratoire
  • Benedictus qui venit – cantique du Chanoine Darros – versets du Benedictus (Luc, I-vv. 68 – 79), psalmodie du VIème ton
  • Lauda Sion – Texte de saint Thomas d’Aquin composé sur le modèle de la séquence Laudes Crucis d’Adam de Saint-Victor – mélodie d’Ernest Mazingue, organiste de Saint-Etienne de Lille (XIXème siècle)

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Comte Lancelot Théodore Turpin de Crissé (1782 † 1859) : sortie de la procession de la Fête-Dieu de l’église royale de Saint-Germain l’Auxerrois en 1830 (détail)

Programme de la solennité de la Fête-Dieu

Turpin de Crissé, la procession de la Fête-DieuSaint-Eugène, le dimanche 6 juin 2021, grand’messe de 11h. Vêpres, procession & salut solennel du Très-Saint Sacrement à 16h45.

> Catéchisme sur la Fête-Dieu

Dans l’année liturgique, la fête de l’Eucharistie est célébrée le Jeudi Saint. Toutefois, en raison de l’entrée à la suite du Christ dans les souffrances de la Passion, les fastes liturgiques ne peuvent être complètement déployés ce jour-là. Aussi l’Eglise a-t-elle reporté la célébration glorieuse du sacrement de l’Eucharistie au jeudi qui suit la Trinité. Le mérite de l’institution de la fête de l’Eucharistie (c’est son nom dans les missels médiévaux) à cette date revient à sainte Julienne de Cornillon. A partir de 1209, cette religieuse & mystique liégeoise reçut la vision fréquente de la lune en laquelle une partie restait sombre et ne rayonnait pas. « Le Seigneur lui fit comprendre la signification de ce qui lui était apparu. La lune symbolisait la vie de l’Eglise sur terre, la ligne opaque représentait en revanche l’absence d’une fête liturgique, pour l’institution de laquelle il était demandé à Julienne de se prodiguer de façon efficace : c’est-à-dire une fête dans laquelle les croyants pouvaient adorer l’Eucharistie pour faire croître leur foi, avancer dans la pratique des vertus et réparer les offenses au Très Saint Sacrement » (Benoît XVI). Répondant aux demandes de sainte Julienne, l’évêque de Liège fit célébrer la première Fête-Dieu en sa ville en 1246. La providence appela ensuite l’archidiacre de Liège à siéger sur le trône de saint Pierre sous le nom d’Urbain IV, lequel institua la Fête du Corps du Christ pour l’Église d’Occident par la bulle Transiturus de hoc mundo le 11 août 1264. A la demande du pape, saint Thomas d’Aquin fut chargé de la composition de l’office et de la messe de la nouvelle fête (pour la messe, il centonisa des textes nouveaux sur les airs liturgiques les plus en faveurs de son temps, et pour l’office, il remania celui qui était déjà en cours dans certains monastères cisterciens des Flandres). La procession avec le Saint-Sacrement, pratiquée ici & là dès le XIème siècles aux Rameaux et au petit matin de Pâques, se fit ensuite volontiers à la Fête-Dieu, et elle était généralisée partout en Occident au XVème siècle. En général la procession se faisait après la messe le jour même de la fête, et après les vêpres chaque jour de l’octave.

La Fête-Dieu n’étant plus fériée en France, la solennité en est transférée dans notre pays au dimanche qui suit, dans son octave.

A la sainte messe :

  • Procession d’entrée : Lauda Sion Salvatorem – plain-chant d’Amiens
  • Introït – Cibavit eos (ton ii.)
  • Kyrie IV – Cunctipotens Genitor Deus
  • Gloria IV
  • Epître : I Corinthiens XI, 23-29 : Et ayant rendu grâces, le rompit, et dit : Prenez et mangez : ceci est mon corps, qui sera livré pour vous : faites ceci en mémoire de moi.
  • Graduel – Oculi omnium (ton vii.)
  • Alleluia – Caro mea (ton vii.)
  • Sequence – Lauda Sion (ton vii.)
  • Evangile : Jean VI, 6, 56-59 : Celui qui mange ma chair, et boit mon sang, a la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour : car ma chair est véritablement une nourriture, et mon sang est véritablement un breuvage.
  • Credo III
  • Et incarnatus de la Missa syllabica de Jean de Bournonville (1585 † 1632), maître de chapelle de la Sainte Chapelle de Paris
  • Offertoire – Sacerdotes Domini (ton iv.)
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Panis angelicus, motet d’Henry du Mont (1610 † 1684), maître de chapelle du roi Louis XIV, organiste de Saint Paul
  • Sanctus de la Messe à 4 chœurs de Marc-Antoine Charpentier (1643 † 1704), maître de la musique de Marie de Lorraine, duchesse de Guise, du Dauphin, fils de Louis XIV et de la Sainte Chapelle – (Version simple – cette messe à quatre chœurs sera chantée dans toute son ampleur le 20 juin prochain à 11h)
  • A l’élévation : Benedictus de la Messe à 4 chœurs de Marc-Antoine Charpentier – (Version simple – cette messe à quatre chœurs sera chantée dans toute son ampleur le 20 juin prochain à 11h)
  • Agnus Dei de la Messe à 4 chœurs de Marc-Antoine Charpentier – (Version simple – cette messe à quatre chœurs sera chantée dans toute son ampleur le 20 juin prochain à 11h)
  • Pendant la communion : Benedicam Dominum – Psaume XXXIII – Lambert Pietkin (1612 † 1696), maître de chapelle de la cathédrale de Liège
  • Communion – Quotiescumque (ton vii.)
  • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite missa est IV
  • Après le dernier Evangile : Inviolata
  • Procession de sortie : Loué soit à tout instant – Cantique de Saint Louis Marie Grignon de Montfort (1673 † 1716), docteur de l’Eglise

Aux secondes vêpres

  • Motet d’exposition : O salutaris de l’abbé du Gué, maître de chapelle de Saint-Germain-L’Auxerrois (1768 -1780) puis de Notre-Dame de Paris (1780 – 1790)
  • Secondes vêpres du Très-Saint Sacrement

A la procession de la Fête-Dieu

  • Première partie de la procession : hymne Pange lingua
  • Au reposoir : Tantum ergo
  • Seconde partie de la procession : Lauda Sion – Texte de saint Thomas d’Aquin composé sur le modèle de la séquence Laudes Crucis d’Adam de Saint-Victor – mélodie d’Ernest Mazingue, organiste de Saint-Etienne de Lille (XIXème siècle)

Au salut du Très-Saint Sacrement

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Programme de la solennité de la Fête-Dieu

Saint-Eugène, le dimanche 14 juin 2020, grand’messe de 11h.
Vêpres, procession & salut solennel du Très-Saint Sacrement à 16h.

> Catéchisme sur la Fête-Dieu

Dans l’année liturgique, la fête de l’Eucharistie est célébrée le Jeudi Saint. Toutefois, en raison de l’entrée à la suite du Christ dans les souffrances de la Passion, les fastes liturgiques ne peuvent être complètement déployés ce jour-là. Aussi l’Eglise a-t-elle reporté la célébration glorieuse du sacrement de l’Eucharistie au jeudi qui suit la Trinité. Le mérite de l’institution de la fête de l’Eucharistie (c’est son nom dans les missels médiévaux) à cette date revient à sainte Julienne de Cornillon. A partir de 1209, cette religieuse & mystique liégeoise reçut la vision fréquente de la lune en laquelle une partie restait sombre et ne rayonnait pas. « Le Seigneur lui fit comprendre la signification de ce qui lui était apparu. La lune symbolisait la vie de l’Eglise sur terre, la ligne opaque représentait en revanche l’absence d’une fête liturgique, pour l’institution de laquelle il était demandé à Julienne de se prodiguer de façon efficace : c’est-à-dire une fête dans laquelle les croyants pouvaient adorer l’Eucharistie pour faire croître leur foi, avancer dans la pratique des vertus et réparer les offenses au Très Saint Sacrement » (Benoît XVI). Répondant aux demandes de sainte Julienne, l’évêque de Liège fit célébrer la première Fête-Dieu en sa ville en 1246. La providence appela ensuite l’archidiacre de Liège à siéger sur le trône de saint Pierre sous le nom d’Urbain IV, lequel institua la Fête du Corps du Christ pour l’Église d’Occident par la bulle Transiturus de hoc mundo le 11 août 1264. A la demande du pape, saint Thomas d’Aquin fut chargé de la composition de l’office et de la messe de la nouvelle fête (pour la messe, il centonisa des textes nouveaux sur les airs liturgiques les plus en faveurs de son temps, et pour l’office, il remania celui qui était déjà en cours dans certains monastères cisterciens des Flandres). La procession avec le Saint-Sacrement, pratiquée ici & là dès le XIème siècles aux Rameaux et au petit matin de Pâques, se fit ensuite volontiers à la Fête-Dieu, et elle était généralisée partout en Occident au XVème siècle. En général la procession se faisait après la messe le jour même de la fête, et après les vêpres chaque jour de l’octave.

La Fête-Dieu n’étant plus fériée en France, la solennité en est transférée dans notre pays au dimanche qui suit, dans son octave.

A la sainte messe :

Aux secondes vêpres

  • Motet d’exposition : O salutaris de l’abbé du Gué, maître de chapelle de Saint-Germain-L’Auxerrois (1768 -1780) puis de Notre-Dame de Paris (1780 – 1790)
  • Secondes vêpres du Très-Saint Sacrement
    • Faux-bourdons parisiens pour les autres psaumes et le Magnificat
    • Alternances polyphoniques de l’hymne Pange lingua : alternances polyphoniques : faux-bourdon de la tradition de l’Eglise de Langres

    A la procession de la Fête-Dieu
  • Première partie de la procession : hymne Pange lingua
  • Au reposoir : Tantum ergo
  • Seconde partie de la procession : Lauda Sion – Texte de saint Thomas d’Aquin composé sur le modèle de la séquence Laudes Crucis d’Adam de Saint-Victor – mélodie d’Ernest Mazingue, organiste de Saint-Etienne de Lille (XIXème siècle)
  • Au salut du Très-Saint Sacrement

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Fête-Dieu 2019 : messe, vêpres et procession

Lauda, Sion, Salvatórem,
Lauda ducem et pastórem
In hymnis et cánticis.
Loue, Sion, ton Sauveur,
Loue ton chef et ton pasteur
Par des hymnes et des cantiques.
Sit laus plena sit sonóra,
Sit jucúnda, sit decóra
Mentis jubilátio.
Que ta louange soit pleine et sonore,
Qu’elle soit belle et délicieuse,
Une jubilation pour nos âmes.

Pour la Fête-Dieu de cette année 2019, notre paroisse de Saint-Eugène a eu la grâce de recevoir M. l’Abbé Martial Merlin venu y célébrer une première messe après son ordination sacerdotale (son chant de la préface selon le ton solemnior fut particulièrement admirable).

La solennité des vêpres vit le renfort d’un quatuor de cuivres anciens qui relevèrent chacune des 6 antiennes par un neume tiré des œuvres de Claudin de Sermisy. Ils soutinrent également la Schola Sainte Cécile qui recréait pour la première fois depuis le XVIIème siècle un Dixit Dominus du premier ton à quatre parties composé par Guillaume Bouzignac.

Grande première cette année : le quatuor de cuivre marcha avec la procession et soutint avec grande efficacité et beauté son chant dans les rues du quartier.

Arrivée au second reposoir, la procession fut accueillie cette année par un orchestre de cordes qui jouèrent les symphonies composées par Marc-Antoine Charpentier pour le reposoir de la Fête-Dieu. Ces symphonies comprennent d’admirables variations sur le thème en plain-chant du Pange lingua.

De retour à l’église, la Schola Sainte Cécile fut accompagnée par cet ensemble de cordes pour chanter en musique le salut solennel du Très-Saint Sacrement. Les grands motets versaillais Quam dilecta et Pange lingua composés par Michel-Richard de Lalande pour la chapelle royale de France sous Louis XIV résonnèrent sous les voutes de Saint-Eugène.

Retrouvez en images et vidéos les belles cérémonies de la Fête-Dieu 2019 :

Vidéo de la sainte messe :

Vidéo des vêpres et du salut :

Procession de la Fête-Dieu – Imagerie d’Epinal du XIXème siècle

Procession de la Fête-Dieu - Imagerie d'Epinal

Imagerie d’Epinal : Procession de la Fête-Dieu

Nous poursuivons notre série iconographique annuelle sur les processions de la Fête-Dieu en vous offrant aujourd’hui – octave de la Fête-Dieu 2019 -, une imagerie d’Epinal représentant cette cérémonie telle qu’elle se pratiquait avec solennité en France au XIXème siècle.

En tête de procession marche le Suisse de la paroisse, portant, selon l’usage, ses trois armes : la masse, la hallebarde et l’épée.

La procession s’ouvre ensuite par la croix accompagnée des deux chandeliers des acolytes. Des enfants de chœur remplissent ces fonctions et sont suivis de quatre enfants de chœur semant des pétales de fleurs sur le chemin que doit emprunter le Très-Saint Sacrement. Ils sont suivis – selon l’usage romain – des deux thuriféraires assistés d’un porte-navette (ou naviculaire) – les usages diocésains français employaient jusqu’à douze thuriféraires pour la procession de la Fête-Dieu (cf. les photos de la Fête-Dieu à Langres publiées sur ce blog). Notez que selon les usages français courants au XIXème siècle, ces dix enfants de chœur portent sur leur surplis une ceinture nouée (usage parisien) & un petit camail, ainsi qu’une calotte sur leur tête.

Viennent ensuite dix fillettes chargées elles aussi de semer des pétales de fleur sur le chemin de la procession, en l’honneur de l’Eucharistie. Elles sont habillées uniformément, une écharpe en bandoulière, et une guirlande de roses sur leur robe.

Deux bannières de confrérie suivent. L’une dédiée à un saint diacre (saint Vincent ou saint Laurent ?) est tenue par un ecclésiastique.

Vient ensuite, après la bannière de la Sainte Vierge, un groupe de jeunes filles qui appartiennent manifestement à la confrérie des Enfants de Marie. Cette pieuse association de fidèles fut créée en 1837 et eut une importance considérable sur la rechristianisation de la France et le développement d’une piété profonde tout au long du XIXème siècle. Vêtues de blanc comme des mariées, portant leur médaille au bout d’un ruban bleu et tenant des cierges en l’honneur du Saint Sacrement (conformément aux rubriques liturgiques des livres romains), ces Enfants de Marie tiennent sur un voile constellé d’étoiles une statue dorée de la Sainte Vierge et des petits manuels leur permettent de chanter les hymnes de l’Eglise.

Entre deux arcs de triomphe provisoires qui ont été dressés, faits de verdures et ornés de croix, d’anges, de fleurs et de blasons aux chiffres de Jésus et de la Vierge Marie, arrive le dais qui protège le Saint Sacrement.

Le dais est précédé d’une troisième bannière (de la Madone), d’un groupe d’ecclésiastiques et de deux chantres en chapes qui chantent les hymnes liturgiques sur leurs processionnaux.

Le dais lui-même est porté par quatre sous-diacres ou induts revêtus de tuniques rouge (couleur classique de la Fête-Dieu dans la plupart des usages diocésains français anciens).

Sous le dais, l’ostensoir en forme de soleil est porté par un évêque (un familier en habit lui tient sa soutane à traîne). L’évêque est suivi de deux curés ou chanoines en camail et des autorités civiles et militaires.

Les couleurs de cette image d’Epinal ayant été mises à la main au cas par cas et varient légèrement d’un exemplaire à un autre, on ne pourra en tirer de conclusions liturgiques particulières (les soutanes bleues d’enfants de chœur sont attestées au XIXème siècle ; si le rouge est la couleur normale de la Fête-Dieu dans beaucoup d’usages diocésains, dont Paris, les deux chapes vertes, dont celle du célébrant et le voile huméral rose sont plus étonnants). La nature populaire de l’imagerie d’Epinal n’appelle pas non plus en soi une extraordinaire exigence de précisions rubricales.

Au delà de sa relative naïveté, cette imagerie d’Epinal nous brosse néanmoins un touchant tableau des fastes liturgiques qui mobilisaient alors toutes les forces d’une paroisse pour l’organisation de cette procession triomphale de Jésus-Eucharistie passant au milieu de son peuple.

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Dans cette série :