Programme de la solennité de la Fête-Dieu

Saint-Eugène, le dimanche 6 juin 2021, grand’messe de 11h.
Vêpres, procession & salut solennel du Très-Saint Sacrement à 16h45.

> Catéchisme sur la Fête-Dieu

Dans l’année liturgique, la fête de l’Eucharistie est célébrée le Jeudi Saint. Toutefois, en raison de l’entrée à la suite du Christ dans les souffrances de la Passion, les fastes liturgiques ne peuvent être complètement déployés ce jour-là. Aussi l’Eglise a-t-elle reporté la célébration glorieuse du sacrement de l’Eucharistie au jeudi qui suit la Trinité. Le mérite de l’institution de la fête de l’Eucharistie (c’est son nom dans les missels médiévaux) à cette date revient à sainte Julienne de Cornillon. A partir de 1209, cette religieuse & mystique liégeoise reçut la vision fréquente de la lune en laquelle une partie restait sombre et ne rayonnait pas. « Le Seigneur lui fit comprendre la signification de ce qui lui était apparu. La lune symbolisait la vie de l’Eglise sur terre, la ligne opaque représentait en revanche l’absence d’une fête liturgique, pour l’institution de laquelle il était demandé à Julienne de se prodiguer de façon efficace : c’est-à-dire une fête dans laquelle les croyants pouvaient adorer l’Eucharistie pour faire croître leur foi, avancer dans la pratique des vertus et réparer les offenses au Très Saint Sacrement » (Benoît XVI). Répondant aux demandes de sainte Julienne, l’évêque de Liège fit célébrer la première Fête-Dieu en sa ville en 1246. La providence appela ensuite l’archidiacre de Liège à siéger sur le trône de saint Pierre sous le nom d’Urbain IV, lequel institua la Fête du Corps du Christ pour l’Église d’Occident par la bulle Transiturus de hoc mundo le 11 août 1264. A la demande du pape, saint Thomas d’Aquin fut chargé de la composition de l’office et de la messe de la nouvelle fête (pour la messe, il centonisa des textes nouveaux sur les airs liturgiques les plus en faveurs de son temps, et pour l’office, il remania celui qui était déjà en cours dans certains monastères cisterciens des Flandres). La procession avec le Saint-Sacrement, pratiquée ici & là dès le XIème siècles aux Rameaux et au petit matin de Pâques, se fit ensuite volontiers à la Fête-Dieu, et elle était généralisée partout en Occident au XVème siècle. En général la procession se faisait après la messe le jour même de la fête, et après les vêpres chaque jour de l’octave.

La Fête-Dieu n’étant plus fériée en France, la solennité en est transférée dans notre pays au dimanche qui suit, dans son octave.

A la sainte messe :

  • Procession d’entrée : Lauda Sion Salvatorem – plain-chant d’Amiens
  • Introït – Cibavit eos (ton ii.)
  • Kyrie IV – Cunctipotens Genitor Deus
  • Gloria IV
  • Epître : I Corinthiens XI, 23-29 : Et ayant rendu grâces, le rompit, et dit : Prenez et mangez : ceci est mon corps, qui sera livré pour vous : faites ceci en mémoire de moi.
  • Graduel – Oculi omnium (ton vii.)
  • Alleluia – Caro mea (ton vii.)
  • Sequence – Lauda Sion (ton vii.)
  • Evangile : Jean VI, 6, 56-59 : Celui qui mange ma chair, et boit mon sang, a la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour : car ma chair est véritablement une nourriture, et mon sang est véritablement un breuvage.
  • Credo III
  • Et incarnatus de la Missa syllabica de Jean de Bournonville (1585 † 1632), maître de chapelle de la Sainte Chapelle de Paris
  • Offertoire – Sacerdotes Domini (ton iv.)
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Panis angelicus, motet d’Henry du Mont (1610 † 1684), maître de chapelle du roi Louis XIV, organiste de Saint Paul
  • Sanctus de la Messe à 4 chœurs de Marc-Antoine Charpentier (1643 † 1704), maître de la musique de Marie de Lorraine, duchesse de Guise, du Dauphin, fils de Louis XIV et de la Sainte Chapelle – (Version simple – cette messe à quatre chœurs sera chantée dans toute son ampleur le 20 juin prochain à 11h)
  • A l’élévation : Benedictus de la Messe à 4 chœurs de Marc-Antoine Charpentier – (Version simple – cette messe à quatre chœurs sera chantée dans toute son ampleur le 20 juin prochain à 11h)
  • Agnus Dei de la Messe à 4 chœurs de Marc-Antoine Charpentier – (Version simple – cette messe à quatre chœurs sera chantée dans toute son ampleur le 20 juin prochain à 11h)
  • Pendant la communion : Benedicam Dominum – Psaume XXXIII – Lambert Pietkin (1612 † 1696), maître de chapelle de la cathédrale de Liège
  • Communion – Quotiescumque (ton vii.)
  • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite missa est IV
  • Après le dernier Evangile : Inviolata
  • Procession de sortie : Loué soit à tout instant – Cantique de Saint Louis Marie Grignon de Montfort (1673 † 1716), docteur de l’Eglise

Aux secondes vêpres

  • Motet d’exposition : O salutaris de l’abbé du Gué, maître de chapelle de Saint-Germain-L’Auxerrois (1768 -1780) puis de Notre-Dame de Paris (1780 – 1790)
  • Secondes vêpres du Très-Saint Sacrement

A la procession de la Fête-Dieu

  • Première partie de la procession : hymne Pange lingua
  • Au reposoir : Tantum ergo
  • Seconde partie de la procession : Lauda Sion – Texte de saint Thomas d’Aquin composé sur le modèle de la séquence Laudes Crucis d’Adam de Saint-Victor – mélodie d’Ernest Mazingue, organiste de Saint-Etienne de Lille (XIXème siècle)
  • Au salut du Très-Saint Sacrement

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    Programme des messes d’exposition & de reposition des Quarante-Heures

    Les Quarante-Heures à Saint-Eugène - Sancta missa coram Sanctissimum Sacramentum. Saint-Eugène, février 2020.Saint-Eugène, le dimanche 14 février 2021, messe solennelle de 19h.

    > Les Quarante-Heures : histoire & liturgie.

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    Après la messe d’exposition, adoration silencieuse du Très-Saint Sacrement sans interruption, de jour comme de nuit, jusqu’à la messe de reposition mardi matin.

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    Saint-Eugène, le mardi 16 février 2021, messe de 7h30.

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    Programme de la fête de l’Assomption de la B. V. Marie

    L'Assomption de la Vierge par Guillaume CourtoisLe samedi 15 août 2020, grand’messe de 11h. Secondes vêpres de l’Assomption & procession du vœu de Louis XIII, suivies du salut du Très-Saint Sacrement à 17h (attention l’horaire habituel des vêpres est avancé en raison de la procession du Vœu).

    > Catéchisme sur la fête de l’Assomption

    La fête de l’Assomption de la Vierge est sans doute la plus ancienne des fêtes mariales et est universellement célébrée par les Eglises d’Orient & d’Occident. Il est probable que son institution fut faite au début du Vème siècle à Jérusalem (la fête est attestée dans le lectionnaire de 415-417) et de là se soit diffusée partout ailleurs. Dans l’Empire d’Orient, un net décret de l’empereur Maurice (582 † 602) en imposa la célébration. Rome reçut la célébration de la fête sous le pontificat du pape Théodore (642 † 649), qui était d’origine constantinopolitaine (aussi retrouvait-on, avant les réformes de 1951, le même évangile à Rome qu’à Byzance pour la messe de la fête). Vers l’an 700, le Pape d’origine syrienne saint Serge Ier ordonne 4 grandes processions en l’honneur de Marie, aux 4 grandes fêtes mariales de l’Annonciation, de l’Assomption, de la Nativité & de la Purification de la Sainte Vierge. Il convient de citer ici l’oraison composée par saint Serge Ier par laquelle débutait cette procession de l’Assomption, en raison de sa remarquable formulation :

    Veneranda nobis, Domine, hujus est diei festivitas, in qua sancta Dei Genetrix mortem subiit temporalem, nec tamen mortis nexibus deprimi potuit, quæ Filium tuum, Dominum nostrum, de se genuit incarnatum.
    Vénérable est pour nous, Seigneur, la fête qui commémore ce jour en lequel la sainte Mère de Dieu subit la mort temporelle, mais néanmoins ne put être retenue par les liens de la mort, elle qui avait engendré de sa substance votre Fils, notre Seigneur incarné.

    La magnifique procession romaine qui précédait la messe de l’Assomption disparut hélas du rit romain lors de l’exil à Avignon, du moins dans l’usage de la Curie, duquel est issu le Missel romain actuel. Cependant, la France en conserve un lointain souvenir avec la procession dite du vœu de Louis XIII. En effet, par lettres patentes du 10 février 1638, le pieux roi déclarait consacrer à Marie sa personne, son état, sa couronne, ses sujets et demandait l’instauration à cet effet d’une procession solennelle après les secondes vêpres de l’Assomption. On y chante d’ordinaire les litanies de la Sainte Vierge et le psaume 19 sur le ton royal. Plusieurs indices rendent probable que le fameux ton psalmique néo-gallican appelé « ton royal » (qu’on a longtemps cru être de la composition du roi Louis XIII mais que l’on trouve déjà dans des manuels de procession de la Ligue sous le règne d’Henri III) ait été employé à Notre-Dame de Paris dès la première procession de 1638. Il figure depuis parmi les pièces les plus fameuses & les plus traditionnelles du répertoire de la cathédrale.

    A la messe :

    IIndes vêpres de la fête de l’Assomption.

    • Procession du vœu de Louis XIII selon le propre de Paris :
      • Litanies de la Sainte Vierge
      • A la station à l’autel de la Sainte Vierge, chant du Sub tuum præsidium
      • Retour au chœur au chant de l’Exaudiat – Psaume 19, sur le ton royal, faux-bourdon traditionnel à Paris depuis le XVIIème siècle
    • Au salut du Très-Saint Sacrement :
      • Motet d’exposition : Adoro te supplex, Vème ton
      • A la Bienheureuse Vierge Marie : Exaltata est, du IVème ton (antienne de l’Antiphonaire de Notre-Dame de Paris du XIIIème s. pour le premier nocturne l’Assomption & antique psalmodie ornée du psaume XLIV)
      • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Tu es pastor ovium du Ier ton
      • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo du Vème ton « Moderne »
      • Chant d’action de grâces : In voce exultationis, VIème ton (antienne de Antiphonaire de Notre-Dame de Paris du XIIIème s. pour le second nocturne de la Fête-Dieu & psaume CXVI)

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    Iconographie, avec les 9 leçons des nocturnes du bréviaire traditionnel de cette fête, sur notre page Facebook

    Ave Rex noster – une antienne parisienne pour la procession des Rameaux

    Dominica Palmarum
    In Processione, Antiphona ad adorandam Crucem

    Antienne parisienne pour les Rameaux : Ave Rex noster

    Ave, * Rex noster, Fili David, Redémptor mundi, quem prophétæ prædixérunt Salvatórem dómui Israel esse ventúrum. Te enim ad salutárem víctimam Pater misit in mundum, quem exspectábant omnes sancti ab orígine mundi. Et nunc : « Hosanna Fílio David : Benedíctus qui venit in nómine Dómini : Hosánna in excélsis ». Salut, notre Roi, Fils de David, Rédempteur du monde, que les prophètes prédirent être le Sauveur de la maison d’Israël qui doit venir. C’est toi en effet que le Père envoya dans le monde comme victime salutaire, qu’attendaient tous les saints depuis l’origine du monde. Et maintenant : « Hosanna au Fils de David ; béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, Hosanna dans les hauteurs. »

    Source : Missel Parisien de l’ancien fond de Notre-Dame de Paris (c. 1225) – F-Pn lat. 1112 f°75 r° (CAO n°1543).

    L’antienne Ave Rex noster, qui n’a pas été retenue parmi les pièces chantées à la procession des Rameaux par le Missel de Saint Pie V de 1570, n’est pas propre à Paris : elle se rencontre au cours de la cérémonie du dimanche des Rameaux dans de très nombreux usages diocésains ou d’ordres religieux (on la retrouve ainsi chez les Cisterciens, les Carmes et les Dominicains – à Tolède, le chantre qui l’entonnait portait un sceptre en honneur de la royauté du Christ[1]).

    Au rit parisien, après le chant de l’évangile des Rameaux (ou après le sermon qui le suit, s’il y a lieu), on chante cette antienne Ave Rex noster. Ce chant au cours des âges à donné lieu à une cérémonie touchante, accompagnant la salutation du Messie comme notre roi.

    Pendant ce chant en effet, le célébrant, ses ministres, et le reste du clergé selon son rang, puis le peuple, tous viennent adorer deux à deux la croix. Celle-ci est soit la croix hosannière, édifiée pour cette cérémonie le plus souvent dans le cimetière, soit la croix de procession (ou même parfois à la croix de la poutre de gloire à l’entrée du chœur de certaines églises).

    Cette adoration se déroule de la façon suivante : on s’incline profondément devant la croix, puis on se met à genoux pour l’embrasser, en jetant à son pied une petite branche de son rameau, à l’imitation du peuple de Jérusalem jetant des Rameaux sous les pas du Sauveur entrant dans la Ville. On se retire en s’inclinant à nouveau une seconde fois. Certaines Semaines Saintes notent qu’on répète l’antienne Ave Rex noster autant de fois que nécessaire pendant toute cette adoration[2].

    Cette cérémonie est décrite dans le Cérémonial parisien du Cardinal de Noailles de 1703, Chapitre VII, 9 (De Dominica Palmarum :

    Post concionem, vel ubi non habetur, post evangelium, cantatur antiphona Ave Rex noster, tuncque celebrans, ministri, ac reliqui de clero per ordinem, & populus, prostrati crucem osculantur, & ad ejus pedem projiciunt surculum rami, profunde inclinantes ante & post.

    Au Moyen-Age, dans les endroits où l’on avait coutume de porter une hostie consacrée à la procession des Rameaux[3], c’était le corps du Christ qui était adoré au moment de l’antienne Ave Rex noster, au lieu de la croix.

    Au travers de ce petit exemple aujourd’hui oublié de cette antienne des Rameaux, on admirera le génie des liturgies médiévales qui associaient habilement le chant des textes liturgiques à des gestes profonds, apte à marquer soutenir la foi des peuples.

    Ave Rex noster - Missel parisien de Saint-Louis de Poissy, c. 1325.

    Ave Rex noster – Missel Parisien de Saint-Louis de Poissy, c. 1325.

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    Programme des messes d’exposition & de reposition des Quarante-Heures

    Machine des Quarante-Heures pour le Vatican conçue par le Bernin - gravure de DesprezSaint-Eugène, le dimanche 23 février 2020, messe solennelle de 19h.

    > Les Quarante-Heures : histoire & liturgie.

    • Messe votive du Très-Saint Sacrement – Propre grégorien
    • Procession d’entrée : Lauda Sion Salvatorem – extraits de la Prose du T. S. Sacrement – texte de Saint Thomas d’Aquin, mélodie d’Ernest Mazingue, organiste de Saint-Etienne de Lille (XIXème siècle) – Harmonisation d’Olivier Willemin, organiste de Sainte-Rosalie
    • Kyriale VIII – De Angelis
    • Epître : I Corinthiens XI, 23-29 : Et ayant rendu grâces, le rompit, et dit : Prenez et mangez : ceci est mon corps, qui sera livré pour vous : faites ceci en mémoire de moi.
    • Graduel – Oculi omnium (ton vii.)
    • Evangile : Jean VI, 6, 56-59 : Celui qui mange ma chair, et boit mon sang, a la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour : car ma chair est véritablement une nourriture, et mon sang est véritablement un breuvage.
    • Credo III
    • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
    • Ite missa est VIII
    • Après le dernier Evangile : Ave Regina cœlorum
    • Procession du Saint Sacrement des Quarante-Heures : Pange lingua – texte de Saint Thomas d’Aquin – plain-chant grégorien
    • Litanie des saints – Psaume 69 – prières et oraisons des Quarante-Heures

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    Après la messe d’exposition, adoration silencieuse du Très-Saint Sacrement sans interruption, de jour comme de nuit, jusqu’à la messe de reposition mardi matin.

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    Saint-Eugène, le mardi 25 février 2020, messe de 7h30.

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