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La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Programme du XXVIIème dimanche après la Pentecôte – après-fête de l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu – saint Alexandre Nevski – ton 2

PresentationAuTempleParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 6 décembre 2015 du calendrier grégorien – 23 novembre 2015 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton II de l’Octoèque. Carême de Noël. Nous sommes aussi en ce jour dans l’après-fête de l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu.

La fête de l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu célébrée le 21 novembre (4 décembre grégorien) constitue l’une des 12 grandes fêtes de l’année liturgique byzantine (la 2nde dans l’ordre du calendrier des 5 grandes fêtes dédiées à la Sainte Vierge). Elle est précédée dans le rit byzantin d’un jour d’avant-fête le 20 novembre et suivie de 4 jours d’après-fête qui se clôturent le 25 novembre.

L’épisode de la présentation au Temple de Jérusalem de la Vierge Marie n’est pas scripturaire mais se trouve dans un apocryphe, le Protoévangile de Jacques. Composé probablement en Egypte avant le milieu du IInd siècle, ce texte est déjà évoqué par saint Justin (mort vers 165) dans le Dialogue avec Tryphon, par saint Clément d’Alexandrie et par Origène qui s’y réfère explicitement dans le Commentaire de saint Matthieu. Quoique contenant beaucoup de récits merveilleux visant à satisfaire la curiosité des fidèles et bien qu’il ait subi de nombreuses et complexes modifications ultérieures, le texte, de par son ancienneté, a pu toutefois recueillir des traditions orales authentiques. Voici le passage du Protoévangile de Jacques relatif à l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu :

Les mois se succédèrent pour la petit fille. Lorsqu’elle eut deux ans, Joachim dit : Menons-la au Temple du Seigneur, afin que s’accomplisse la promesse que nous avons faite, sinon le Tout-Puissant nous avertirait et l’offrande que nous lui ferions serait rejetée. Mais Anne répondit : Attendons la troisième année pour que l’enfant soit en âge de reconnaître son père et sa mère. Et Joachim répondit : Attendons !

Lorsque la petite fille eut trois ans, Joachim dit : Appelez les filles d’Hébreux de race pure, et qu’elles prennent chacune un flambeau, un flambeau qui ne s’éteindra pas. L’enfant ne devra pas retourner en arrière et son cœur ne se fixera pas hors du Temple du Seigneur. Elles obéirent à cet ordre et elles montèrent ensemble au Temple du Seigneur. Et le prêtre accueillit l’enfant et la prit dans ses bras. Il la bénit, en disant : Il a glorifié ton nom, le Seigneur, dans toutes les générations. C’est en toi qu’aux derniers jours il révélera la Rédemption qu’il accorde aux fils d’Israël ! Et il fit asseoir l’enfant sur le troisième degré de l’autel. Et le Seigneur Dieu fit descendre sa grâce sur elle. Et, debout sur ses pieds, elle se mit à danser. Et elle fut chère à toute la maison d’Israël. Les parents redescendirent du Temple, et ils étaient remplis d’admiration, et ils louaient Dieu car l’enfant ne s’était pas retournée en arrière. Et Marie demeurait dans le Temple du Seigneur, semblable à une colombe, et la main d’un Ange la nourrissait.

Ce récit de cette consécration à Dieu de la Vierge Marie est d’ailleurs si conforme à ce que la dévotion chrétienne à toujours ressenti relativement à la vie immaculée de Marie non décrite dans l’Évangile, qu’il a jouit très tôt de la faveur des fidèles. C’est ainsi qu’on voit dans la crypte de Saint-Maximin dans le Var, datant du Vème siècle, une image de la Vierge Marie orante gravée sur une pierre tombale avec l’inscription suivante en mauvais latin : Marie la Vierge servant dans le Temple de Jérusalem.

L’origine de la fête de la Présentation de la Vierge Marie au Temple serait peut-être palestinienne : la vie de saint Jean le Silentiaire, écrite au milieu du VIème siècle par Cyrille de Scythopolis, nous apprend qu’en novembre 543, à Jérusalem, eut lieu la dédicace de la basilique Sainte-Marie-la-Neuve, construite sur ordre de Justinien dans la partie méridionale de la plate-forme qui avait porté le Temple et ses annexes. Il est probable que la date du 21 novembre rappelle le souvenir de cette dédicace. En tous cas, à Constantinople, la fête de la Présentation de Marie est attestée dès le VIIIème siècle, et des homélies de saint André de Crête (mort en 740) lui sont consacrées. En 1166, Michel Comnène la mît au nombre des fêtes où étaient défendues les séances judiciaires. La fête de l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu est l’une des 12 grandes fêtes de l’année liturgique byzantine. Le très beau tropaire de la fête (Ce jour est le prélude de la bienveillance de Dieu) fait une référence à l’Eudoxia du Gloria chanté par les Anges à Noël.

En Occident, l’Angleterre célèbre cette fête un peu avant l’occupation normande, un calendrier hongrois la note au début du XIIIème siècle. Pour le rit romain, l’introduction de cette fête est due aux soins de Philippe de Maizières, envoyé de Pierre II de Lusignan, roi de Chypre et de Jérusalem, à la cour papale d’Avignon. En effet, l’ambassadeur décrivit sous des couleurs si brillantes cette solennité orientale à Grégoire XI, que celui-ci se décida à l’introduire dans le calendrier de la Curie en 1372. Dès 1373, le roi Charles V l’introduit en la chapelle royale de France et, l’année suivante, convie tout le royaume à l’imiter, ce que fit aussi la Navarre. Comme Grégoire XI rentra à Rome après avoir fait célébrer la Présentation, cette fête devint plus importante et, peu à peu, elle fut adoptée un peu partout en Occident. Elle figure au missel romain de 1505 et à rang de fête double dans le bréviaire romain de 1550. Elle fut supprimée par saint Pie V dans le bréviaire de 1568 (la fête n’avait pas de fondement scripturaire ; or l’un des buts de la réforme tridentine était d’enlever des arguments aux protestants dans ce domaine) mais fut rétablie par Sixte-Quint en 1585 comme fête double puis élevée par Clément VIII en 1602 comme double majeur avec un nouvel office.

*

Saint pieux prince Alexandre NevskiNous fêtons aussi en ce jour le saint pieux prince Alexandre Iaroslavitch Nevski (= »de la Néva »), qui prit le nom d’Alexis lorsqu’il devint moine.

À l’une des époques parmi les plus critiques de l’histoire mouvementée de la Russie, saint Alexandre de la Néva brilla par son courage et par ses vertus de chef d’état chrétien. Énergique, vaillant, défenseur de la foi et de la justice, il reçut de Dieu la mission d’offrir sa vie au service de son peuple assailli de toutes parts. Fils de Iaroslav Vsevolodovitch, prince de Pereïaslavl-Zalesski, au nord de Moscou, saint Alexandre naquit en 1220. Dès son plus jeune âge, le prince fut initié au métier des armes et à l’art du gouvernement par son père ; mais il apprit aussi à user de l’un et de l’autre avec sagesse et modération pour la cause de la piété et de la justice, grâce à la fréquentation assidue de l’église et à la méditation des saintes Écritures. Alexandre était si beau, si vaillant et se comportait avec un tel esprit évangélique, qu’il faisait l’admiration même de ses ennemis.

En 1228, âgé de seulement dix ans, il était devenu avec son frère aîné, Théodore, prince de la fière et grande ville de Novgorod. Il fit de bonne heure l’expérience des difficultés du gouvernement, car les habitants de la ville étaient divisés par des luttes fratricides, qui opposaient les riches au pouvoir et les pauvres écrasés par les taxes et la tyrannie des notables. En 1231, cette situation fut aggravée par une famine et un hiver exceptionnellement rigoureux, qui firent de nombreuses victimes. Le jeune prince manifesta alors ses vertus chrétiennes en ouvrant toutes ses réserves et en venant en aide personnellement aux riches comme aux pauvres. Il se fit ainsi aimer de ses sujets et put, peu à peu, imposer son autorité aux habitants qui avaient refusé jusque-là de le reconnaître. Ami du clergé, des moines et des pauvres, il consacrait toute son énergie à la sauvegarde de sa ville menacée.

Saint Alexandre de la NévaDepuis 1223, les Tatares (Mongols), venus des steppes d’Asie centrale, avaient envahi et ravagé d’immenses territoires et, entre 1237 et 1239, ils déferlèrent sur la Russie, massacrant la population et pillant tout ce qui se trouvait sur leur passage. Ils s’emparèrent de Vladimir, mais s’arrêtèrent à environ cent kilomètres de Novgorod pour se diriger vers Kiev qu’ils réduisirent en cendres. Ils se fixèrent ensuite dans la partie sud-est de la Russie, sur un territoire d’une grande importance géo-stratégique, la Horde d’Or, territoire qui contrôlait l’accès à la mer Noire, au Caucase et à l’Asie centrale. Ils soumirent pour plus de deux cents ans les principautés russes à de très lourds tributs, les menaçant constamment de meurtrières invasions en cas de rébellion.

Devenu seul prince de Novgorod à la mort de son frère en 1236, Alexandre eut à affronter un danger plus pressant encore venu d’Occident : le royaume de Suède, celui de Lituanie et les chevaliers teutoniques faisaient en effet converger leurs efforts pour s’emparer des principautés russes affaiblies par l’invasion mongole et par leurs divisions. Le 15 juillet 1240, Alexandre fut contraint de réunir une faible armée pour s’opposer à une massive incursion des Suédois. Mais la veille au soir, les saints princes Boris et Gleb apparurent sur un mystérieux bateau descendant la Neva, en exhortant les rameurs célestes à se hâter pour venir au secours de leur « parent, Alexandre ». Encouragés par cette apparition, le jeune prince et ses hommes infligèrent alors une défaite écrasante à leurs ennemis, c’est ce qui lui valut le surnom d’Alexandre « de la Neva ». Malgré cette victoire, le peuple de Novgorod, à nouveau divisé, expulsa quelque temps après son héros. Mais, lorsque, l’année suivante, les chevaliers teutoniques, qui s’étaient emparés de Pskov, menacèrent de prendre Novgorod, on rappela en hâte Alexandre qui, sans rancune, accourut au secours de son peuple et remporta une nouvelle victoire sur les eaux glacées du lac Peïpous (5 avril 1242). Il fut alors accueilli triomphalement à Novgorod et passa les quatre années suivantes à s’opposer aux incursions répétées des Lituaniens, qu’il repoussa définitivement, en 1245, près de Vitebsk.

Pieux prince Alexandre NevskiÀ la mort de son père, en 1246, Alexandre fut convoqué à la Horde d’Or, auprès du Khan tatare avec les autres princes russes. L’usage voulait qu’en rendant hommage au souverain mongol, on se soumît aussi aux rites païens, sous peine de mort. Alexandre le savait, mais il ne voulait pour rien au monde trahir la sainte foi, aussi se prépara-t-il à la mort. Arrivé devant le Khan, il s’inclina respectueusement devant son suzerain, mais refusa de se soumettre au rite païen, en disant : « Sire, je te rends honneur car Dieu t’a octroyé la souveraineté, cependant je ne peux vénérer les idoles, car je suis chrétien et j’adore le seul Dieu en trois Personnes, le Créateur du ciel et de la terre ! » Le Khan, impressionné par son courage et ayant été mis au courant des exploits du saint prince, ordonna qu’on ne lui fît aucun mal, et il lui offrit une hospitalité pleine d’égards. De là, Alexandre et son frère André furent envoyés auprès du Grand Khan, à Qaraqorum, capitale de l’immense Empire mongol fondée par Gengis Khan, au centre de l’actuelle Mongolie. Alexandre revint à Novgorod en 1251, épuisé et malade après ce long voyage, mais ayant été confirmé prince de Novgorod et de Kiev, et en ayant acquis la confiance des occupants mongols.

En 1260, les tributs exigés par les Mongols augmentèrent à nouveau et ceux qui ne pouvaient pas s’en acquitter étaient pris comme esclaves par les mercenaires chargés du recouvrement des impôts. On enrôlait également de force de nombreux Russes pour servir dans la campagne engagée par le Khan en Perse. Saint Alexandre partit à nouveau en mission à Saraï, obtint l’allégement des taxes et put éviter la conscription obligatoire. Mais, épuisé par le voyage et la maladie, il mourut en route, le 14 novembre 1263, après avoir revêtu le Grand Habit monastique sur son lit de mort, sous le nom d’Alexis.

Saint Alexandre NevskyDe nombreux miracles et apparitions eurent lieu auprès de son tombeau, particulièrement à la veille des grandes victoires des Russes contre les Mongols en 1380, 1552 et 1572. En 1380, à la veille de la grande bataille de Koulikovo, le corps de saint Alexandre fut trouvé intact. Son culte se développa au sein du peuple, et il fut officiellement reconnu lors du Concile de Moscou de 1547. En 1721, à la suite de sa victoire contre la Suède, le tsar Pierre le Grand fit procéder à la translation des reliques de saint Alexandre à Saint-Pétersbourg, dans l’église principale de la laure qui lui avait été dédiée, et il le proclama protecteur du peuple russe.

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du pieux Prince. Et maintenant. Theotokion de l’heure.
Kondakion : du dimanche.
A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de la fête. Et maintenant. Theotokion de l’heure.
Kondakion : du pieux prince.

Tropaires des Béatitudes : 4 tropaires du dimanche, ton 2, 4 tropaires des 4ème & 5ème odes du canon de la fête (œuvre de saint Georges l’Hymnographe, évêque de Nicomédie en Bithynie – IXème siècle) et 4 tropaires de la 6ème ode du canon du pieux Prince :
1. Reprenant la prière du bon Larron, * ô Christ, nous te disons : * Souviens-toi de nous, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Ta croix, nous te l’offrons * pour la rémission de nos péchés : * Seigneur, tu l’as supportée ** par amour pour les hommes.
3. Devant ta Sépulture & ta sainte Résurrection, * Maître, nous nous prosternons : * par elles tu rachetas de la corruption, ** Ami des hommes, le monde entier.
4. Seigneur, l’empire de la Mort * par ta mort fut englouti, * & par ta sainte Résurrection, ** Dieu sauveur, tu as sauvé l’univers.
5. Accueillant en ce jour au milieu d’elle * la Porte infranchissable, la maison de Dieu * fit cesser l’obscure adoration * prescrite par la Loi et s’écria : ** A ceux de la terre est apparue la vérité.
6. La montagne d’ombre dont jadis * Habacuc, l’ayant contemplée, * annonça l’entrée au Saint des saints * a fait fleurir les vertus ** et couvre les confins de l’univers.
7. Sanctuaire glorieux * et offrande sacrée, * la Vierge toute-pure, présentée en ce jour * au Temple du Seigneur, * y est gardée comme il le sait, * pour devenir l’habitation ** du seul Dieu et Roi de l’univers.
8. Zacharie, voyant jadis * la beauté de ton âme, eut foi et s’écria : * Tu es la rédemption * et la joie de l’univers, * notre rappel auprès de Dieu, * car celui que nul espace ne contient ** se montre à moi dans les limites de ton sein.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 2 : Lorsque tu descendis jusqu’en la mort, * ô Vie immortelle, * l’Enfer fut tué par la splendeur de ta divinité. * Lorsque tu relevas les morts des bas-fonds, * toutes les vertus célestes te clamèrent : * Donateur de vie, Christ Dieu, gloire à toi !
2. Tropaire de la fête, ton 4 : Ce jour est le prélude de la bienveillance de Dieu * et le salut des hommes est proclamé. * Dans le Temple de Dieu la Vierge est présentée * pour annoncer à tous les hommes la venue du Christ. * En son honneur, nous aussi, à pleine voix chantons-lui : * Réjouis-toi, ** accomplissement du dessein du Créateur.
3. Tropaire du pieux Prince, ton 4 : Tel le précieux rejeton d’une pieuse racine, * bienheureux Alexandre, le Christ te manifesta * comme un trésor divin de la terre de Russie, * un nouveau thaumaturge, très glorieux et agréable à Dieu. * Et assemblés pour célébrer en ce jour ta mémoire avec foi et amour,* par les psaumes et les chants, * nous glorifions avec joie le Seigneur * qui t’a donné la grâce des guérisons. **Aussi prie-Le de sauver cette cité, et que les fils de la Russie soient sauvés.
4. Kondakion du dimanche, ton 2 : Lorsque tu es ressuscité du tombeau, Sauveur tout-puissant, * l’Enfer à la vue de ce miracle fut saisi de frayeur ; * les morts se sont levés et, te voyant, la création partage ta joie, * Adam s’unit à l’allégresse ; ** et le monde, ô mon Sauveur, te chante pour toujours.
5. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
6. Kondakion du pieux Prince, ton 8 : Nous te vénérons comme une étoile étincelante, * qui se leva en orient et parvint en occident, * enrichissant tout ce pays par des miracles et par la bonté, * illuminant ceux qui vénèrent ta mémoire avec foi, bienheureux Alexandre. * Aussi nous, ton peuple, fêtons en ce jour ta dormition ; * prie afin que ta patrie soit sauvée * ainsi que tous ceux qui accourent à tes reliques et qui t’acclament : ** réjouis-toi soutien de notre cité !
7. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
8. Kondakion de la fête, ton 4 : Le temple très pur du Sauveur, * la très précieuse chambre nuptiale, la Vierge, * le trésor sacré de la gloire de Dieu * est conduite en ce jour dans la maison du Seigneur * elle y introduit avec elle la grâce de l’Esprit Divin ; * les anges de Dieu lui chantent : ** « Elle est un tabernacle céleste ».

Prokimen
Du dimanche, ton 2 :
℟. Ma force & mon chant, c’est le Seigneur ; il fut pour moi le salut (Psaume 117, 14).
℣. Il m’a châtié et châtié, le Seigneur, mais à la mort il ne m’a point livré (Psaume 117, 18).
Du pieux Prince, ton 7 :
℟. Elle a du prix aux yeux du Seigneur, la mort de ses serviteurs (Psaume 115, 5).

Epîtres
Du dimanche : Ephésiens (§ 233) VI, 10-17.
Prenez encore le casque du salut, et l’épée spirituelle qui est la parole de Dieu.
Du pieux Prince : Galates (§ 213) V, 22 – VI, 2.

Alleluia
Du dimanche, ton 2 :
℣. Qu’il te réponde, le Seigneur, au jour d’angoisse, qu’il te protège, le nom du Dieu de Jacob ! (Psaume 19, 1).
℣. Seigneur, sauve le roi, & exauce-nous au jour où nous t’invoquons (Psaume 19, 10).

Evangiles
Du dimanche : Luc (§ 66) XII, 16-21.
Mais Dieu dit à cet homme : Insensé que tu es ! on va te redemander ton âme cette nuit même ; et pour qui sera ce que tu as amassé ?
Du pieux Prince : Matthieu (§ 43) XI, 27-30.

Mégalinaire à la Mère de Dieu, durant l’anaphore, ton 4 :
℣. Les Anges s’émerveillèrent, * devant l’Entrée au Temple de la Vierge ** s’étonnant de voir comme elle avançait 
jusqu’au Saint des saints.
Hirmos : Que de l’arche vivante de Dieu * aucune main profane n’ose s’approcher, * mais que nos lèvres fidèlement redisent sans cesse à la Mère de Dieu * le salut de l’ange Gabriel * et dans l’allégresse lui chantent: * Vierge pure, Dieu t’a élevée ** plus haut que toute créature.

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
Du pieux Prince : La mémoire du juste sera éternelle (Psaume 111, 6). Alleluia, alleluia, alleluia.

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Enregistrement & photos : bénédiction des cierges, procession & sainte messe de la fête de la Purification de la Sainte Vierge (Chandeleur)

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Téléchargez les partitions chantées au cours de cette messe & présentes dans cet enregistrement :

  • Ave gratia plena, antienne de l’ancien rit parisien, tropaire de cette même fête au rit byzantin, anciennement traduit en latin.

Les fichiers MP3 sont téléchargeables ici.

Aux encensements de l'offertoire.
Aux encensements de l’offertoire.
Elévation du Corps du Seigneur.
Elévation du Corps du Seigneur.
Chasuble portée par le célébrant, représentant la Rencontre du Seigneur avec le vieillard Syméon.
Chasuble portée par le célébrant, représentant la Rencontre du Seigneur avec le vieillard Syméon.
Détail de la chasuble portée par le célébrant, représentant la Rencontre du Seigneur avec le vieillard Syméon.
Détail de la chasuble portée par le célébrant, représentant la Rencontre du Seigneur avec le vieillard Syméon.

Programme de la fête de la Purification de la Sainte Vierge au Temple (Chandeleur)

Procession de la Chandeleur (2 février)Saint-Eugène, le lundi 2 février 2015, grand-messe de 19h.

> Catéchisme sur la fête de la Purification

Mais celui qui veut partir ainsi doit venir au temple, venir à Jérusalem, attendre l’Oint du Seigneur, recevoir dans ses mains le Verbe de Dieu, l’embrasser par ses bonnes œuvres qui sont comme les bras de la foi. Alors il s’en ira paisiblement, et ne verra point la mort éternelle, puisqu’il aura vu la Vie. Tu vois que la naissance du Seigneur répand la grâce avec abondance sur toute sorte de personnes, et que le don de prophétie est refusé aux incrédules, mais non aux justes. Voici donc Siméon prophétisant que le Seigneur Jésus-Christ est venu pour la ruine et pour la résurrection d’un grand nombre, pour discerner ce que méritent les bons et les méchants, et pour décerner, juge infaillible, juge équitable, des supplices ou des récompenses, selon la qualité de nos actes.
Homélie de saint Ambroise, évêque, IXème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

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Programme du XXVIème dimanche après la Pentecôte – après-fête de l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu – sainte Catherine – ton 1

PresentationAuTempleParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 7 décembre 2014 du calendrier grégorien – 24 novembre 2014 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton I de l’Octoèque. Nous sommes aussi en ce jour dans l’après-fête de l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu.

La fête de l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu célébrée le 21 novembre (4 décembre grégorien) constitue l’une des 12 grandes fêtes de l’année liturgique byzantine (la 2nde dans l’ordre du calendrier des 5 grandes fêtes dédiées à la Sainte Vierge). Elle est précédée dans le rit byzantin d’un jour d’avant-fête le 20 novembre et suivie de 4 jours d’après-fête qui se clôturent le 25 novembre.

L’épisode de la présentation au Temple de Jérusalem de la Vierge Marie n’est pas scripturaire mais se trouve dans un apocryphe, le Protoévangile de Jacques. Composé probablement en Egypte avant le milieu du IInd siècle, ce texte est déjà évoqué par saint Justin (mort vers 165) dans le Dialogue avec Tryphon, par saint Clément d’Alexandrie et par Origène qui s’y réfère explicitement dans le Commentaire de saint Matthieu. Quoique contenant beaucoup de récits merveilleux visant à satisfaire la curiosité des fidèles et bien qu’il ait subi de nombreuses et complexes modifications ultérieures, le texte, de par son ancienneté, a pu toutefois recueillir des traditions orales authentiques. Voici le passage du Protoévangile de Jacques relatif à l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu :

Les mois se succédèrent pour la petit fille. Lorsqu’elle eut deux ans, Joachim dit : Menons-la au Temple du Seigneur, afin que s’accomplisse la promesse que nous avons faite, sinon le Tout-Puissant nous avertirait et l’offrande que nous lui ferions serait rejetée. Mais Anne répondit : Attendons la troisième année pour que l’enfant soit en âge de reconnaître son père et sa mère. Et Joachim répondit : Attendons !

Lorsque la petite fille eut trois ans, Joachim dit : Appelez les filles d’Hébreux de race pure, et qu’elles prennent chacune un flambeau, un flambeau qui ne s’éteindra pas. L’enfant ne devra pas retourner en arrière et son cœur ne se fixera pas hors du Temple du Seigneur. Elles obéirent à cet ordre et elles montèrent ensemble au Temple du Seigneur. Et le prêtre accueillit l’enfant et la prit dans ses bras. Il la bénit, en disant : Il a glorifié ton nom, le Seigneur, dans toutes les générations. C’est en toi qu’aux derniers jours il révélera la Rédemption qu’il accorde aux fils d’Israël ! Et il fit asseoir l’enfant sur le troisième degré de l’autel. Et le Seigneur Dieu fit descendre sa grâce sur elle. Et, debout sur ses pieds, elle se mit à danser. Et elle fut chère à toute la maison d’Israël. Les parents redescendirent du Temple, et ils étaient remplis d’admiration, et ils louaient Dieu car l’enfant ne s’était pas retournée en arrière. Et Marie demeurait dans le Temple du Seigneur, semblable à une colombe, et la main d’un Ange la nourrissait.

Ce récit de cette consécration à Dieu de la Vierge Marie est d’ailleurs si conforme à ce que la dévotion chrétienne à toujours ressenti relativement à la vie immaculée de Marie non décrite dans l’Évangile, qu’il a jouit très tôt de la faveur des fidèles. C’est ainsi qu’on voit dans la crypte de Saint-Maximin dans le Var, datant du Vème siècle, une image de la Vierge Marie orante gravée sur une pierre tombale avec l’inscription suivante en mauvais latin : Marie la Vierge servant dans le Temple de Jérusalem.

L’origine de la fête de la Présentation de la Vierge Marie au Temple serait peut-être palestinienne : la vie de saint Jean le Silentiaire, écrite au milieu du VIème siècle par Cyrille de Scythopolis, nous apprend qu’en novembre 543, à Jérusalem, eut lieu la dédicace de la basilique Sainte-Marie-la-Neuve, construite sur ordre de Justinien dans la partie méridionale de la plate-forme qui avait porté le Temple et ses annexes. Il est probable que la date du 21 novembre rappelle le souvenir de cette dédicace. En tous cas, à Constantinople, la fête de la Présentation de Marie est attestée dès le VIIIème siècle, et des homélies de saint André de Crête (mort en 740) lui sont consacrées. En 1166, Michel Comnène la mît au nombre des fêtes où étaient défendues les séances judiciaires. La fête de l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu est l’une des 12 grandes fêtes de l’année liturgique byzantine. Le très beau tropaire de la fête (Ce jour est le prélude de la bienveillance de Dieu) fait une référence à l’Eudoxia du Gloria chanté par les Anges à Noël.

En Occident, l’Angleterre célèbre cette fête un peu avant l’occupation normande, un calendrier hongrois la note au début du XIIIème siècle. Pour le rit romain, l’introduction de cette fête est due aux soins de Philippe de Maizières, envoyé de Pierre II de Lusignan, roi de Chypre et de Jérusalem, à la cour papale d’Avignon. En effet, l’ambassadeur décrivit sous des couleurs si brillantes cette solennité orientale à Grégoire XI, que celui-ci se décida à l’introduire dans le calendrier de la Curie en 1372. Dès 1373, le roi Charles V l’introduit en la chapelle royale de France et, l’année suivante, convie tout le royaume à l’imiter, ce que fit aussi la Navarre. Comme Grégoire XI rentra à Rome après avoir fait célébrer la Présentation, cette fête devint plus importante et, peu à peu, elle fut adoptée un peu partout en Occident. Elle figure au missel romain de 1505 et à rang de fête double dans le bréviaire romain de 1550. Elle fut supprimée par saint Pie V dans le bréviaire de 1568 (la fête n’avait pas de fondement scripturaire ; or l’un des buts de la réforme tridentine était d’enlever des arguments aux protestants dans ce domaine) mais fut rétablie par Sixte-Quint en 1585 comme fête double puis élevée par Clément VIII en 1602 comme double majeur avec un nouvel office.

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La sainte mégalomartyre Catherine d'Alexandrie - relique moscovite de la sainteNous fêtons aussi en ce jour la mégalomartyre Catherine d’Alexandrie.

Sainte Catherine, selon le ménologue de l’empereur Basile Ier, était de race royale et avait reçu une éducation d’une rare qualité. L’empereur Maximin II Daïa l’ayant obligée de disputer avec des philosophes païens, non seulement elle les réduisit au silence, mais elle les convertit à la foi véritable, et les associa à son martyre. Catherine fut attachée à une machine composée de plusieurs roues garnies de pointes aigües, mais les cordes de la machine se rompirent sans pouvoir faire souffrir la sainte. Elle fut alors condamnée à la décapitation et acheva son martyre vers l’an 311.

L’absence de sources contemporaines de son martyre a fait douter les critiques modernes de l’existence de sainte Catherine. Toutefois, Eusèbe de Césarée (c. 265 † 339) parle bien d’une vierge d’Alexandrie, qu’il omet de nommer, distinguée par son illustre naissance & par ses richesses, qui possédait un savoir peu commun, laquelle eut le courage de résister à la lubricité du tyran Maximin, qui se faisait un jeu de déshonorer les femmes les plus honorables de cette ville. Baronius (1538 † 1607) et Joseph Assémani (1687 † 1768) ont rapprochés les éléments donnés par Eusèbe avec ceux de la légende de sainte Catherine.

Le corps de sainte Catherine enseveli au sommet du Sinaï par les AngesLe corps de sainte Catherine fut miraculeusement transporté au Mont-Sinaï où au VIIIème siècle, les moines firent la translation de son corps au monastère qui depuis porte son nom. Un sarcophage dans l’église principale du monastère, l’Eglise de la Transfiguration, contient son corps, et deux reliquaires présentent son chef et sa main gauche à la dévotion des fidèles :

De nombreux croisés ayant fait le pèlerinage du Mont-Sinaï (comme en témoignent les blasons gravés dans le réfectoire du monastère), la dévotion envers sainte Catherine se répandit aussi très largement en Occident. En 1028, saint Siméon († 1035), moine du Sinaï, apporta à Rouen une partie des reliques de sainte Catherine, en remerciement de la protection donnée par Richard, duc de Normandie, à son monastère. Ces reliques furent déposées dans l’Abbaye Sainte-Catherine du Mont près de Rouen, où d’importants pèlerinages (dont plusieurs effectués par nos rois) eurent lieu jusqu’à la ruine de ce monastère en 1597.

Avec sainte Marguerite et saint Michel, sainte Catherine est l’une des saintes qui se manifeste à sainte Jeanne d’Arc pour l’appeler à remplir sa mission de libérer la France.

Contrairement à l’Eglise grecque et à l’Eglise romaine, l’Eglise russe célèbre sainte Catherine le 24 novembre et non le 25 novembre (saint Clément étant fêté le 25 novembre en Russie, et le 24 novembre ailleurs). Il semble que l’origine de la permutation en Orient des dates de sainte Catherine et de saint Clément soit liée à la volonté d’associer l’une ou l’autre de ces fêtes à la clôture de la fête de l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu.

Le Monastère de Sainte-Catherine du Mont-Sinaï

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de la Mégalomartyre. Kondakion : du dimanche.
A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de la fête. Kondakion : de la fête.

Tropaires des Béatitudes : quatre tropaires du dimanche, ton 1, quatre tropaires des 7ème et 8ème odes du canon de la fête (œuvre de saint Georges l’Hymnographe, évêque de Nicomédie en Bithynie – IXème siècle), & quatre tropaires de la 6ème ode du canon de la Mégalomartyre (œuvre de saint Théophane le Marqué, métropolite de Nicée – 778 † 845) :
1. Du Paradis l’Ennemi fit chasser Adam * lorsqu’il eut mangé le fruit défendu, * mais par la croix le Christ y fit entrer le bon Larron qui lui criait : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Je me prosterne devant ta Passion * et je glorifie ta sainte Résurrection ; * avec Adam & le bon Larron * je te crie : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
3. Librement, Seigneur sans péché, * tu as souffert la croix & la mise au tombeau ; * mais, comme Dieu, tu es ressuscité, * faisant surgir avec toi * Adam qui s’écrie : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
4. Le temple de ton corps, tu l’as relevé * du tombeau le troisième jour ; * avec Adam, ô Christ notre Dieu, * tu as ressuscité le genre humain, * qui chante : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
5. Qu’en ce jour le monde entier * fasse cortège à la Mère du Roi ; * sur la terre comme au ciel * que la multitude des mortels * s’unisse au chœur des Anges pour chanter : * Dans le Temple est amenée ** la cause de la joie et du salut.
6. La loi de l’Ecriture est dépassée, * comme une ombre elle s’est évanouie ; * les rayons de la grâce ont illuminé * le Temple du Seigneur, * lorsque tu y fus menée, * Vierge et Mère immaculée ** qui pour les siècles es bénie.
7. Anne jadis, menant en la maison de Dieu * son temple immaculé, * dit au Prêtre dans sa foi : * « Reçois la fille qui me fut donnée par Dieu, * pour la conduire maintenant * dans le Temple de ton Créateur ». * Et, joyeuse, elle chantait pour lui : ** « Toutes ses œuvres, bénissez le Seigneur ».
8. A sainte Anne s’adressant alors, * Zacharie prophétisa dans l’Esprit : * « C’est la Mère de la Vie que tu conduis en vérité, * celle que de loin ont annoncée * les divins Prophètes comme la Mère de mon Dieu ! * Mais comment le Temple pourra-t-il la contenir ? * Aussi je m’écrie, émerveillé : ** Toutes ses œuvres, bénissez le Seigneur ».
9. Toi qui rayonnais de l’éclat * de ta splendide virginité, * le Verbe pur et bon, * te voyant tout empourprée * de ton sang de martyre, ** t’a reçue comme épouse dans sa demeure des cieux.
10. Tu fus capable, par la Croix, * de briser la force des tyrans * et de repousser la vanité * de la sagesse d’ici-bas, * illustre Catherine aux pensées sublimes, ** d’où jaillissait la doctrine divinement inspirée.
11. Celui dont la ruse fit rejeter jadis Adam * hors des délices du Paradis, * tu l’as jeté à terre en supportant * avec patience les peines des tourments, * illustre Martyre, et tu as ceint ** la couronne du royaume des cieux.
12. Vierge Mère de Dieu, * supplie mon Juge, ton Fils, * pour qu’à l’heure du jugement * il use de miséricorde envers moi * et me sauve du terrible châtiment ; ** car en toi seule je place mon espoir.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 1 : La pierre scellée par les Juifs, * et ton corps très pur gardé par les soldats, * Tu ressuscites le troisième jour, ô Sauveur, * donnant la vie au monde. * C’est pourquoi les vertus célestes te crient, ô Donateur de vie : * « Gloire à ta résurrection, Christ, * Gloire à ton royaume ! ** Gloire à ton économie, seul Ami de l’Homme ! »
2. Tropaire de la fête, ton 4 : Ce jour est le prélude de la bienveillance de Dieu * et le salut des hommes est proclamé. * Dans le Temple de Dieu la Vierge est présentée * pour annoncer à tous les hommes la venue du Christ. * En son honneur, nous aussi, à pleine voix chantons-lui : * Réjouis-toi, ** accomplissement du dessein du Créateur.
3. Tropaire de la Mégalomartyre, ton 4 : Comme des rayons de soleil, de tes vertus tu éclairas les philosophes incroyants ; * comme la pleine lune pour qui s’avance de nuit, tu dissipas les ténèbres de l’absence de Foi. * La souveraine crut en Dieu grâce à toi, et tu confondis le tyran * Bienheureuse Catherine, comme épouse élue, avec amour tu rejoignis le Christ * Dans la chambre des Cieux, tu retrouvas ton époux resplendissant de beauté * et tu reçus de Sa main la couronne royale. * Puisqu’en Sa présence tu te tiens avec les Anges, ** intercède auprès de Lui pour les fidèles célébrant ta mémoire sacrée.
4. Kondakion du dimanche, ton 1 : Ressuscité du tombeau dans la gloire divine, * tu as ressuscité le monde avec toi ; * la nature humaine te chante comme Dieu, * la mort s’évanouit, * Adam jubile, Seigneur, * & Eve, désormais libérée de ses liens, * proclame dans l’allégresse : ** O Christ, c’est toi qui accordes à tous la résurrection.
5. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
6. Kondakion de la Mégalomartyre, ton 2 : En ce jour, amis des Martyrs, formez un chœur divin * pour glorifier la très-sage Catherine ; * elle a prêché, en effet, sur le stade le Christ * et foulé aux pieds le serpent, ** elle qui méprisa le savoir des rhéteurs.
7. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
8. Kondakion de la fête, ton 4 : Le temple très pur du Sauveur, * la très précieuse chambre nuptiale, la Vierge, * le trésor sacré de la gloire de Dieu * est conduite en ce jour dans la maison du Seigneur * elle y introduit avec elle la grâce de l’Esprit Divin ; * les anges de Dieu lui chantent : ** « Elle est un tabernacle céleste ».

Prokimen
Du dimanche, ton 1 :
℟. Que ta miséricorde soit sur nous, Seigneur, * selon l’espérance que nous avons mise en toi. (Psaume 32, 22).
℣. Justes, exultez dans le Seigneur, aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1).
[De la Mégalomartyre, ton 4 :
℟. Dieu est admirable dans ses saints, lui le Dieu d’Israël (Psaume 67, 36).]

Epîtres
Du dimanche : Ephésiens (§ 229) V, 8-19.
Mais remplissez-vous du Saint-Esprit ; vous entretenant de psaumes, d’hymnes et de cantiques spirituels, chantant et psalmodiant du fond de vos cœurs au Seigneur.
[De la Mégalomartyre : Ephésiens (§ 233) VI, 10-17.
Prenez encore le casque du salut, et l’épée spirituelle qui est la parole de Dieu.]

Alleluia
Du dimanche, ton 1 :
℣. C’est Dieu qui me donne les vengeances & prosterne les peuples sous moi (Psaume 17, 48).
℣. Il multiplie pour son roi les délivrances et montre de l’amour pour son Christ (Psaume 17, 51).
[De la Mégalomartyre, ton 1 :
℣. Les justes ont crié, et le Seigneur les a exaucés ; et il les a délivrés de toutes leurs peines (Psaume 33, 18).]

Evangile
Du dimanche : Luc (§ 71) XIII, 10-17.
Pourquoi donc ne fallait-il pas délivrer de ses liens, en un jour de sabbat, cette fille d’Abraham, que Satan avait tenue ainsi liée durant dix-huit ans ?
[De la Mégalomartyre : Luc (§ 106) XXI, 12-19.
Car je vous donnerai moi-même une bouche et une sagesse à laquelle tous vos ennemis ne pourront résister, et qu’ils ne pourront contredire.]

Mégalinaire à la Mère de Dieu, durant l’anaphore, ton 4 :
℣. Les Anges s’émerveillèrent, * devant l’Entrée au Temple de la Vierge ** s’étonnant de voir comme elle avançait 
jusqu’au Saint des saints.
Hirmos : Que de l’arche vivante de Dieu * aucune main profane n’ose s’approcher, * mais que nos lèvres fidèlement redisent sans cesse à la Mère de Dieu * le salut de l’ange Gabriel * et dans l’allégresse lui chantent: * Vierge pure, Dieu t’a élevée ** plus haut que toute créature.

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
[De la Mégalomartyre : Réjouissez-vous, justes, dans le Seigneur ; aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1).] Alleluia, alleluia, alleluia.

Fichier PDF du livret des choristes.

Programme de la fête de la Purification de la Sainte Vierge au Temple (Chandeleur)

Procession de la Chandeleur (2 février)Saint-Eugène, le dimanche 2 février 2014, grand-messe de 11h.

> Catéchisme sur la fête de la Purification

Mais celui qui veut partir ainsi doit venir au temple, venir à Jérusalem, attendre l’Oint du Seigneur, recevoir dans ses mains le Verbe de Dieu, l’embrasser par ses bonnes œuvres qui sont comme les bras de la foi. Alors il s’en ira paisiblement, et ne verra point la mort éternelle, puisqu’il aura vu la Vie. Tu vois que la naissance du Seigneur répand la grâce avec abondance sur toute sorte de personnes, et que le don de prophétie est refusé aux incrédules, mais non aux justes. Voici donc Siméon prophétisant que le Seigneur Jésus-Christ est venu pour la ruine et pour la résurrection d’un grand nombre, pour discerner ce que méritent les bons et les méchants, et pour décerner, juge infaillible, juge équitable, des supplices ou des récompenses, selon la qualité de nos actes.
Homélie de saint Ambroise, évêque, IXème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

  • Procession d’entrée : Fumant Sabæis – hymne pour la Fête de la Purification – texte de Jean-Baptiste de Santeul, chanoine de Saint-Victor de Paris (Hymni sacri et novi, 1689) – plain-chant composé par l’abbé Pierre Robert (1618 † 1699), maître de chapelle des cathédrales de Senlis, Reims et Paris, et de la Chapelle royale
  • Bénédiction des cierges
  • Distribution des cierges bénis :
    Cantique de Siméon: Nunc dimittis (Luc 2, 29-31) – Faux-bourdon du 8ème ton par Maxime Kovalevski (1903 † 1988)
    Ave gratia plena, antienne de l’ancien rit parisien, tropaire de cette même fête au rit byzantin, anciennement traduit en latin
    Antienne Exsurge, Domine
  • Procession de la Chandeleur : antiennes Adorna thalamum & Responsum accepit – répons Obtulerunt pro eo. L’antienne Adorna thalamum est un des apostiches idiomèles des grandes vêpres de cette fête au rit byzantin, composition de saint Côme de Maïouma († vers 787), introduite par la suite comme antienne processionnelle dans le rit romain.
  • Kyrie IV – Cunctipotens Genitor Deus
  • Gloria IV
  • Credo III
  • Et incarnatus est de la Messe de Minuit pour Noël de Marc-Antoine Charpentier (1643 † 1704), maître de la musique de Marie de Lorraine, duchesse de Guise, du Dauphin, fils de Louis XIV et de la Sainte Chapelle
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Ave Virgo gloriosa – motet à double chœur à la T.S. Vierge – Henri de Villiers, sur un thème de Loyset Compère
  • Sanctus de la Messe de Minuit de Marc-Antoine Charpentier, sur le vieux noël « O Dieu que n’estois-je ne vie »
  • A l’élévation : O salutaris sur le vieux noël « A la venue de Noël » – Henri de Villiers
  • Agnus Dei de la Messe de Minuit de Marc-Antoine Charpentier, sur le vieux noël « A Minuit fut fait un réveil »
  • Pendant la communion : Tantum ergo « Vigilantium » – hymne du Saint Sacrement – texte de Saint Thomas d’Aquin – adaptation & harmonisation : Henri de Villiers
  • Ite missa est IV
  • Au dernier Evangile : Alma Redemptoris Mater
  • Procession de sortie : Sion orne ta chambre nuptiale – Antienne Adorna thalamum de saint Côme de Maïouma – adaptation de Maxime Kovalevsky (1903 † 1988), maître de chapelle à Paris
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    Programme du XXIVème dimanche après la Pentecôte – Clôture de la fête de l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu – Saint Clément – ton 7

    PresentationAuTempleParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 8 décembre 2013 du calendrier grégorien – 25 novembre 2013 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

    Dimanche du ton VII de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour la clôture de la fête l’Entrée au Temple de notre très-sainte Dame la Mère de Dieu.

    La fête de l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu célébrée le 21 novembre constitue l’une des 12 grandes fêtes de l’année liturgique byzantine (la 2nde des 5 grandes fêtes dédiées à la Sainte Vierge). Elle est précédée dans le rit byzantin d’un jour d’avant-fête le 20 novembre et suivie de 4 jours d’après-fête qui se clôturent le 25 novembre.

    L’épisode de la présentation au Temple de Jérusalem de la Vierge Marie n’est pas scripturaire mais se trouve dans un apocryphe, le Protoévangile de Jacques. Composé probablement en Egypte avant le milieu du IInd siècle, ce texte est déjà évoqué par saint Justin (mort vers 165) dans le Dialogue avec Tryphon, par saint Clément d’Alexandrie et par Origène qui s’y réfère explicitement dans le Commentaire de saint Matthieu. Quoique contenant beaucoup de récits merveilleux visant à satisfaire la curiosité des fidèles et bien qu’il ait subi de nombreuses et complexes modifications ultérieures, le texte, de par son ancienneté, a pu toutefois recueillir des traditions orales authentiques. Voici le passage du Protoévangile de Jacques relatif à l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu :

    Les mois se succédèrent pour la petit fille. Lorsqu’elle eut deux ans, Joachim dit : Menons-la au Temple du Seigneur, afin que s’accomplisse la promesse que nous avons faite, sinon le Tout-Puissant nous avertirait et l’offrande que nous lui ferions serait rejetée. Mais Anne répondit : Attendons la troisième année pour que l’enfant soit en âge de reconnaître son père et sa mère. Et Joachim répondit : Attendons !

    Lorsque la petite fille eut trois ans, Joachim dit : Appelez les filles d’Hébreux de race pure, et qu’elles prennent chacune un flambeau, un flambeau qui ne s’éteindra pas. L’enfant ne devra pas retourner en arrière et son cœur ne se fixera pas hors du Temple du Seigneur. Elles obéirent à cet ordre et elles montèrent ensemble au Temple du Seigneur. Et le prêtre accueillit l’enfant et la prit dans ses bras. Il la bénit, en disant : Il a glorifié ton nom, le Seigneur, dans toutes les générations. C’est en toi qu’aux derniers jours il révélera la Rédemption qu’il accorde aux fils d’Israël ! Et il fit asseoir l’enfant sur le troisième degré de l’autel. Et le Seigneur Dieu fit descendre sa grâce sur elle. Et, debout sur ses pieds, elle se mit à danser. Et elle fut chère à toute la maison d’Israël. Les parents redescendirent du Temple, et ils étaient remplis d’admiration, et ils louaient Dieu car l’enfant ne s’était pas retournée en arrière. Et Marie demeurait dans le Temple du Seigneur, semblable à une colombe, et la main d’un Ange la nourrissait.

    Ce récit de cette consécration à Dieu de la Vierge Marie est d’ailleurs si conforme à ce que la dévotion chrétienne à toujours ressenti relativement à la vie immaculée de Marie non décrite dans l’Évangile, qu’il a jouit très tôt de la faveur des fidèles. C’est ainsi qu’on voit dans la crypte de Saint-Maximin dans le Var, datant du Vème siècle, une image de la Vierge Marie orante gravée sur une pierre tombale avec l’inscription suivante en mauvais latin : Marie la Vierge servant dans le Temple de Jérusalem.

    L’origine de la fête de la Présentation de la Vierge Marie au Temple serait peut-être palestinienne : la vie de saint Jean le Silentiaire, écrite au milieu du VIème siècle par Cyrille de Scythopolis, nous apprend qu’en novembre 543, à Jérusalem, eut lieu la dédicace de la basilique Sainte-Marie-la-Neuve, construite sur ordre de Justinien dans la partie méridionale de la plate-forme qui avait porté le Temple et ses annexes. Il est probable que la date du 21 novembre rappelle le souvenir de cette dédicace. En tous cas, à Constantinople, la fête de la Présentation de Marie est attestée dès le VIIIème siècle, et des homélies de saint André de Crête (mort en 740) lui sont consacrées. En 1166, Michel Comnène la mît au nombre des fêtes où étaient défendues les séances judiciaires. La fête de l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu est l’une des 12 grandes fêtes de l’année liturgique byzantine. Le très beau tropaire de la fête (Ce jour est le prélude de la bienveillance de Dieu) fait une référence à l’Eudoxia du Gloria chanté par les Anges à Noël.

    En Occident, l’Angleterre célèbre cette fête un peu avant l’occupation normande, un calendrier hongrois la note au début du XIIIème siècle. Pour le rit romain, l’introduction de cette fête est due aux soins de Philippe de Maizières, envoyé de Pierre II de Lusignan, roi de Chypre et de Jérusalem, à la cour papale d’Avignon. En effet, l’ambassadeur décrivit sous des couleurs si brillantes cette solennité orientale à Grégoire XI, que celui-ci se décida à l’introduire dans le calendrier de la Curie en 1372. Dès 1373, le roi Charles V l’introduit en la chapelle royale de France et, l’année suivante, convie tout le royaume à l’imiter, ce que fit aussi la Navarre. Comme Grégoire XI rentra à Rome après avoir fait célébrer la Présentation, cette fête devint plus importante et, peu à peu, elle fut adoptée un peu partout en Occident. Elle figure au missel romain de 1505 et à rang de fête double dans le bréviaire romain de 1550. Elle fut supprimée par saint Pie V dans le bréviaire de 1568 (la fête n’avait pas de fondement scripturaire ; or l’un des buts de la réforme tridentine était d’enlever des arguments aux protestants dans ce domaine) mais fut rétablie par Sixte-Quint en 1585 comme fête double puis élevée par Clément VIII en 1602 comme double majeur avec un nouvel office.

    *

    Saint hiéromartyr Clément, Pape de Rome - icône du Vieux-LadogaNous fêtons aussi en ce jour le hiéromartyr saint Clément, pape de Rome.

    La plus ancienne liste des évêques de Rome – que nous tenons de saint Irénée de Lyon au IInd siècle dans son Adversus haereses – donne saint Clément de Rome comme le troisième successeur de saint Pierre :

    Ayant donc fondé et édifié l’Eglise, les bienheureux apôtres remirent à Lin la charge de l’épiscopat ; c’est de lui que Paul parle dans ses lettres à Timothée ; il eut Anaclet pour successeur. Après Anaclet, le troisième après les apôtres, Clément obtint l’épiscopat.

    Le canon romain garde le même ordre au memento des vivants : Lin, Clet, Clément.

    Saint Irénée de Lyon rapporte aussi que saint Clément avait connu les bienheureux Apôtres et avait conversé avec eux ; il avait encore dans l’oreille la prédication apostolique et leur souvenir devant les yeux.

    Dans la première moitié du troisième siècle, Origène, décrit Clément comme disciple des apôtres et l’identifie avec ce collaborateur que saint Paul cite dans la lettre aux Philippiens (4, 2-3) : Clément et mes autres collaborateurs dont les noms se trouvent au Livre de vie.

    Telle était aussi l’opinion de l’historien Eusèbe de Césarée, qui date le pontificat de saint Clément de 92 à 101. Eusèbe note :

    La douzième année du règne de Domitien, Anaclet, ayant été évêque des Romains douze ans, a pour successeur Clément que l’apôtre, dans sa lettre aux Philippiens, désigne comme le compagnon de ses labeurs par ces mots : « avec Clément et mes autres collaborateurs dont les noms sont au livre de vie. » Il existe de celui-ci, acceptée comme authentique, une épître longue et admirable. Elle a été écrite au nom de l’église de Rome à celle de Corinthe à propos d’une dissension qui s’était alors élevée à Corinthe. En beaucoup d’Eglises, depuis longtemps et encore de nos jours, on la lit publiquement dans les réunions communes.

    Sous le règne de Trajan (98-117), le pape Clément fut déporté avec 2000 chrétiens au delà du Pont-Euxin, dans les mines proches de Chersonèse de Tauride (dans l’actuelle Crimée, non loin de l’actuelle ville de Sébastopol) et, pour le punir de continuer son apostolat auprès des prisonniers, on lui attacha une ancre au cou avant de le précipiter dans la Mer Noire. La tradition du martyre de saint Clément est rapportée par Rufin, les papes Télesphore (+ 136) Zosime (+ 418) et le sixième concile de Vaison (442), de plus, il n’a jamais été fait mention de son tombeau à Rome. Saint Cyrille et saint Méthode, en mission à Chersonèse, ramenèrent ensuite le corps de saint Clément à Rome.

    On possède donc de saint Clément de Rome une admirable lettre qu’il adresse aux Corinthiens divisés. Comme l’indique à bon droit le pape Benoît XVI dans la catéchèse qu’il consacra à ce saint, Nous pourrions donc dire que cette lettre constitue un premier exercice du Primat romain après la mort de saint Pierre.

    Cette intervention du Pape de Rome dans les affaires de l’église de Corinthe est d’autant plus notable qu’était encore en vie le dernier Apôtre (et Evangéliste), Jean, celui que Jésus aimait, qui gouvernait alors les Eglises d’Asie, après être revenu, à la mort de Domitien, de l’île où il avait été exilé, ce que confirme saint Clément d’Alexandrie. On notera ici que l’Eglise de Corinthe, si proche de l’apôtre Jean qui, aux dires de saint Clément d’Alexandrie, allait sur invitation dans les pays voisins, s’adresse au successeur de Pierre, l’évêque de Rome, ou, du moins, si celui-ci, de son propre chef, intervient dans ses affaires, c’est qu’il représente bien plus que l’évêque d’une église locale. Il suffit d’ailleurs de considérer le texte de la lettre clémentine pour voir que le pape est d’autant plus sûr de son autorité que le ton y est tranquille et serein et que, loin d’expliquer pourquoi il intervient, il se contente de s’excuser de n’avoir pu faire plus tôt son devoir… On notera aussi que les Corinthiens reçurent si bien cette épître romaine que bien des communautés antiques la mettront presque au rang des Ecritures comme le souligne Eusèbe de Césarée : en beaucoup d’Eglises, depuis longtemps et encore de nos jours, on la lit publiquement dans les réunions communes.

    Le pape Clément, en bon disciple des apôtres, s’appuie solidement sur les Ecritures qu’il connaît et manie parfaitement dans de longues citations ; ceci étant, en bon lettré helléniste autant que latin, il ajoute des exemples et des maximes qui relèvent de l’univers antique où affleurent Platon, Sophocle et Cicéron ; enfin, en bon romain, il admire la bonne administration romaine et l’ordre des légions qui la fonde. Clément de Rome est en admiration devant l’harmonie et la beauté de la création, sa prière est lyrique et son verbe délicat et sensible. Certes, il commande sans hésitations mais aussi sans brusquerie, modérant son énergie par une douceur soutenue et, graduellement, par de longs développements il enveloppe ses lecteurs pour les mener patiemment jusqu’à l’acceptation de la correction dont personne ne doit s’irriter.

    Invention des reliques de saint Clément un an après son martyre - les fidèles récupèrent son corps dans la Mer NoireAlors que saint Clément est fêté le 24 novembre par le rit byzantin (et le 23 novembre par le rit romain), les Russes (ainsi que l’Eglise copte d’Egypte) le fêtent le 25 novembre. La dévotion envers saint Clément est importante en Ukraine et en Russie, en raison même du lieu de son martyre en Crimée. Le tropaire et le kondakion employés par les Russes diffèrent aussi de ceux employés dans les livres grecs actuels. Le tropaire russe fait référence aux circonstances de la découverte du corps de saint Clément par ses disciples au fond de la Mer Noire, à 300 mètres du rivage, selon une passion écrite au Vème siècle.

    Ordinairement, saint Pierre d’Alexandrie est également fêté par l’Eglise russe au 25 novembre, mais lorsque ce jour tombe un dimanche, la combinaison de l’office du dimanche avec celui de l’après-fête de l’Entrée au Temple et de celui de saint Clément de Rome fait que la mémoire de saint Pierre d’Alexandrie est omise.

    Aux heures
    A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de la fête. Kondakion : du dimanche.
    A sexte: Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de la fête. Kondakion : de la fête.

    Tropaires des Béatitudes : six tropaires du ton dominical et 4 tropaires de la 9ème ode du 1er canon de la fête, œuvre de saint Georges l’Hymnographe, évêque de Nicomédie en Bithynie – IXème siècle :
    1. Il est beau à voir & bon à manger, * le fruit qui a causé mon trépas ; * mais le Christ est cet arbre de vie * dont je puis manger sans mourir ; * & je crie avec le bon Larron : ** Souviens-toi de moi, Seigneur, dans ton royaume.
    2. Dieu de tendresse, mis en croix, tu effaças * la cédule de l’antique péché d’Adam ; * de l’erreur tu sauvas l’ensemble des mortels : ** aussi nous te chantons, Bienfaiteur & Seigneur.
    3. Sur le croix, Dieu de tendresse, tu clouas nos péchés, * par ta mort tu triomphas de la mort ; * d’entre les morts tu éveillas les trépassés ; ** aussi nous nous prosternons devant ta sainte Résurrection.
    4. Dans les oreilles d’Eve le serpent injecta son venin, * mais le Christ sur l’arbre de la croix * fit jaillir pour le monde la douceur de la vie. ** Souviens-toi de moi, Seigneur, dans ton royaume.
    5. Au sépulchre on te dépose comme un mortel, * ô Christ, universelle Vie, * mais de l’Enfer ayant brisé les verrous, * tu ressuscites le troisième jour * avec gloire & puissance, illuminant le monde entier : ** gloire, Seigneur, à ta sainte Résurrection.
    6. Ressuscité d’entre les morts le troisième jour, * le Seigneur donne aux Disciples sa paix ; * les bénissants, il les envoie et leur dit : ** Amenez tous les hommes au royaume de Dieu.
    7. Ô pure Mère de Dieu, toi qui possèdes * la lumineuse beauté d’une âme pure, * emplie de la céleste grâce de Dieu, * tu ne cesses d’illuminer d’une lumière éternelle * ceux qui te clament : * Tu es en vérité plus élevée que tous, ** ô Vierge pure.
    8. Tes merveilles, pure Mère de Dieu, * ne peuvent s’exprimer en paroles, * car je reconnais que ton corps est inaccessible à l’emprise du péché ; * aussi plein de reconnaissance je te clame : * Tu es en vérité plus élevée que tous, ** ô Vierge pure.
    9. L’ancienne Loi te figurait merveilleusement comme le tabernacle, * le vase de la manne divine, * l’arche admirable, * le voile, le bâton d’Aaron, * le temple indestructible et la porte de Dieu ; * aussi nous enseigne-t-elle à te clamer : * Tu es en vérité plus élevée que tous, ** ô Vierge pure.
    10. David dans ses chants proclamait * et t’appelait fille du Roi, * voyant la beauté des tes vertus, * lorsque tu te tenais à la droite de Dieu * parée de vêtements aux riches couleurs. * Aussi annonça-t-il en clamant : * Tu es en vérité plus élevée que tous, ** ô Vierge pure.

    A la petite entrée :
    1. Tropaire du dimanche, ton 7 : Tu as détruit la mort par ta croix, * ouvert au Larron le Paradis ; * changé en joie les pleurs des myrrophores * et ordonné aux apôtres de prêcher. * Tu es ressuscité, ô Christ Dieu, ** donnant au monde ta grande miséricorde !
    2. Tropaire de la fête, ton 4 : Ce jour est le prélude de la bienveillance de Dieu * et le salut des hommes est proclamé. * Dans le Temple de Dieu la Vierge est présentée * pour annoncer à tous les hommes la venue du Christ. * En son honneur, nous aussi, à pleine voix chantons-lui : * Réjouis-toi, ** accomplissement du dessein du Créateur.
    3. Tropaire du hiéromartyr Clément, ton 4 : Avec les miracles de Dieu tu as glorieusement étonné les extrémités de la terre. * ô saint athlète ; * au-delà des lois de la nature, * tu as fait se retirer les eaux de la mer * au jour honoré de ta mémoire, * pour ceux qui étaient venus avec ferveur à l’église divinement construite, * portant tes précieuses reliques. * Après leur départ, tu as merveilleusement fait reprendre sa place à la mer. * très admirable Clément, ** prie le Christ Dieu afin qu’il sauve nos âmes.
    4. Kondakion du dimanche, ton 7 : Désormais la force de la mort est impuissante à retenir les mortels, * car le Christ est descendu, brisant et détruisant les puissances de la mort ; * l’Enfer est enchaîné, * les Prophètes tous ensemble se réjouissent. * Le Sauveur, disent-ils, est apparu à ceux qui demeurent dans la foi ; ** venez, fidèles, prendre part à la Résurrection.
    5. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
    6. Kondakion du hiéromartyr Clément, ton 2 : Comme un cep de la vigne divine vêtue de sainteté, tu as été manifesté, * exsudant la douceur de la sagesse * par tes supplications, ô très Honorable ; * afin que nous puissions t’offrir telle une robe tissée de pourpre * une hymne noétique ; saint Clément, sauve tes serviteurs !
    7. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    8. Kondakion de la fête, ton 4 : Le temple très pur du Sauveur, * la très précieuse chambre nuptiale, la Vierge, * le trésor sacré de la gloire de Dieu * est conduite en ce jour dans la maison du Seigneur * elle y introduit avec elle la grâce de l’Esprit Divin ; * les anges de Dieu lui chantent : ** « Elle est un tabernacle céleste ».

    Prokimen
    Du dimanche, ton 7 :
    ℟. Le Seigneur donne la puissance à son peuple, le Seigneur bénit son peuple dans la paix (Psaume 28, 11).
    ℣. Rendez au Seigneur, fils de Dieu, rendez au Seigneur la puissance & la gloire (Psaume 28, 1).
    De la Mère de Dieu, ton 3 :
    ℟. Mon âme magnifie le Seigneur, et mon esprit est ravi de joie en Dieu mon Sauveur (Luc 1, 46).

    Epîtres
    Du dimanche : Ephésiens (§ 221) II, 14-22.
    Car c’est par Lui que nous avons accès les uns et les autres auprès du Père dans un même Esprit.
    De la Mère de Dieu : Hébreux (§ 320) IX, 1-7.

    Alleluia
    Du dimanche, ton 7 :
    ℣. Il est bon de rendre grâce au Seigneur, de chanter pour ton Nom, ô Très-Haut, (Psaume 91, 1)
    ℣. de publier au matin ton amour, ta fidélité au long des nuits (Psaume 91, 2).
    De la Mère de Dieu :
    ℣. Écoute, ma fille, regarde et tends l’oreille (Psaume 44, 1).

    Evangiles
    Du dimanche : Luc (§ 71) XIII, 10-17.
    Pourquoi donc ne fallait-il pas délivrer de ses liens, en un jour de sabbat, cette fille d’Abraham, que Satan avait tenue ainsi liée durant dix-huit ans ?
    De la Mère de Dieu : Luc (§ 54) X, 38-42 ; XI, 27-28.

    Mégalinaire à la Mère de Dieu, durant l’anaphore, ton 4 :
    ℣. Les Anges s’émerveillèrent, * devant l’Entrée au Temple de la Vierge ** s’étonnant de voir comme elle avançait 
jusqu’au Saint des saints.
    Hirmos : Que de l’arche vivante de Dieu * aucune main profane n’ose s’approcher, * mais que nos lèvres fidèlement redisent sans cesse à la Mère de Dieu * le salut de l’ange Gabriel * et dans l’allégresse lui chantent: * Vierge pure, Dieu t’a élevée ** plus haut que toute créature.

    Verset de communion
    Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
    Des saints : La mémoire du juste sera éternelle (Psaume 111, 6). Alleluia, alleluia, alleluia.

    Programme de la fête de la Purification de la Sainte Vierge au Temple

    Saint-Eugène, le samedi 2 février 2013, messe de 9h30 (répétition pour les choristes à 9h).

    > Catéchisme sur la fête de la Purification

    Mais celui qui veut partir ainsi doit venir au temple, venir à Jérusalem, attendre l’Oint du Seigneur, recevoir dans ses mains le Verbe de Dieu, l’embrasser par ses bonnes œuvres qui sont comme les bras de la foi. Alors il s’en ira paisiblement, et ne verra point la mort éternelle, puisqu’il aura vu la Vie. Tu vois que la naissance du Seigneur répand la grâce avec abondance sur toute sorte de personnes, et que le don de prophétie est refusé aux incrédules, mais non aux justes. Voici donc Siméon prophétisant que le Seigneur Jésus-Christ est venu pour la ruine et pour la résurrection d’un grand nombre, pour discerner ce que méritent les bons et les méchants, et pour décerner, juge infaillible, juge équitable, des supplices ou des récompenses, selon la qualité de nos actes.

    Homélie de saint Ambroise, évêque, IXème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

    • Procession d’entrée : Fumant Sabæis – hymne pour la Fête de la Purification – texte de Jean-Baptiste de Santeul, chanoine de Saint-Victor de Paris (Hymni sacri et novi, 1689) – plain-chant composé par l’abbé Pierre Robert (1618 † 1699), maître de chapelle des cathédrales de Senlis, Reims et Paris, et de la Chapelle royale
    • Bénédiction des cierges
    • Distribution des cierges bénis :
      Cantique de Siméon: Nunc dimittis (Luc 2, 29-31) – Faux-bourdon du 8ème ton par Maxime Kovalevski (1903 † 1988)
      Ave gratia plena, antienne de l’ancien rit parisien, tropaire de cette même fête au rit byzantin, anciennement traduit en latin
      Antienne Exsurge, Domine
    • Procession de la Chandeleur : antiennes Adorna thalamum & Responsum accepit – répons Obtulerunt pro eo. L’antienne Adorna thalamum est un des apostiches idiomèles des grandes vêpres de cette fête au rit byzantin, composition de saint Cosmas de Maïouma († vers 787), introduite par la suite comme antienne processionnelle dans le rit romain.
    • Kyrie IV – Cunctipotens Genitor Deus
    • Gloria IV
    • Trait : Cantique de Siméon: Nunc dimittis (Luc 2, 29-31) – Faux-bourdon du 8ème ton par Maxime Kovalevski (1903 † 1988)
    • Credo III
    • Et incarnatus est de la Messe de Minuit pour Noël de Marc-Antoine Charpentier (1643 † 1704), maître de la musique de Marie de Lorraine, duchesse de Guise, du Dauphin, fils de Louis XIV et de la Sainte Chapelle
    • Pendant les encensements de l’offertoire : Stupete gentes – hymne pour la Fête de la Purification – texte de Jean-Baptiste de Santeul – plain-chant de Nicolas-Antoine Lebègue (1631 † 1701), organiste de Saint-Merry et du roi à Versailles – traduction extraite du Missel de Paris latin-français de 1764.
    • Sanctus de la Messe de Minuit de Marc-Antoine Charpentier, sur le vieux noël « O Dieu que n’estois-je ne vie »
    • Après la Consécration : O salutaris Hostia d’après Alexis V. Kastorsky (1869 † 1944), chantre de la chapelle impériale de Saint-Pétersbourg – adaptation Henri de Villiers
    • Agnus Dei de la Messe de Minuit de Marc-Antoine Charpentier, sur le vieux noël « A Minuit fut fait un réveil »
    • Pendant la communion : In festo Purificationis – motet pour la Chandeleur (H. 318) – Marc-Antoine Charpentier
    • Ite missa est IV
    • Au dernier Evangile : Alma Redemptoris Mater
    • Procession de sortie : Sion orne ta chambre nuptiale – Antienne Adorna thalamum de saint Cosmas de Maïouma – adaptation de Maxime Kovalevsky (1903 † 1988), maître de chapelle à Paris

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    Programme du XXVème dimanche après la Pentecôte – Fête de la Présentation – ton 8

    Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 4 décembre 2011 du calendrier grégorien – 21 novembre 2011 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

    Dimanche du ton VIII de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour l’Entrée au Temple de notre très-sainte Dame la Mère de Dieu. L’épisode de la présentation au Temple de Jérusalem de la Vierge Marie n’est pas scripturaire mais se trouve dans un apocryphe, le Protoévangile de Jacques. Composé probablement en Egypte avant le milieu du IInd siècle, ce texte est déjà évoqué par saint Justin (mort vers 165) dans le Dialogue avec Tryphon, par saint Clément d’Alexandrie et par Origène qui s’y réfère explicitement dans le Commentaire de saint Matthieu. Quoique contenant beaucoup de récits merveilleux visant à satisfaire la curiosité des fidèles et bien qu’il ait subi de nombreuses et complexes modifications ultérieures, le texte, de par son ancienneté, a pu toutefois recueillir des traditions orales authentiques. Voici le passage du Protoévangile de Jacques relatif à l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu :

    Les mois se succédèrent pour la petit fille. Lorsqu’elle eut deux ans, Joachim dit : Menons-la au Temple du Seigneur, afin que s’accomplisse la promesse que nous avons faite, sinon le Tout-Puissant nous avertirait et l’offrande que nous lui ferions serait rejetée. Mais Anne répondit : Attendons la troisième année pour que l’enfant soit en âge de reconnaître son père et sa mère. Et Joachim répondit : Attendons !

    Lorsque la petite fille eut trois ans, Joachim dit : Appelez les filles d’Hébreux de race pure, et qu’elles prennent chacune un flambeau, un flambeau qui ne s’éteindra pas. L’enfant ne devra pas retourner en arrière et son cœur ne se fixera pas hors du Temple du Seigneur. Elles obéirent à cet ordre et elles montèrent ensemble au Temple du Seigneur. Et le prêtre accueillit l’enfant et la prit dans ses bras. Il la bénit, en disant : Il a glorifié ton nom, le Seigneur, dans toutes les générations. C’est en toi qu’aux derniers jours il révélera la Rédemption qu’il accorde aux fils d’Israël ! Et il fit asseoir l’enfant sur le troisième degré de l’autel. Et le Seigneur Dieu fit descendre sa grâce sur elle. Et, debout sur ses pieds, elle se mit à danser. Et elle fut chère à toute la maison d’Israël. Les parents redescendirent du Temple, et ils étaient remplis d’admiration, et ils louaient Dieu car l’enfant ne s’était pas retournée en arrière. Et Marie demeurait dans le Temple du Seigneur, semblable à une colombe, et la main d’un Ange la nourrissait.

    Ce récit de cette consécration à Dieu de la Vierge Marie est d’ailleurs si conforme à ce que la dévotion chrétienne à toujours ressenti relativement à la vie immaculée de Marie non décrite dans l’Évangile, qu’il a jouit très tôt de la faveur des fidèles. C’est ainsi qu’on voit dans la crypte de Saint-Maximin dans le Var, datant du Vème siècle, une image de la Vierge Marie orante gravée sur une pierre tombale avec l’inscription suivante en mauvais latin : Marie la Vierge servant dans le Temple de Jérusalem.

    L’origine de la fête de la Présentation de la Vierge Marie au Temple serait peut-être palestinienne : la vie de saint Jean le Silentiaire, écrite au milieu du VIème siècle par Cyrille de Scythopolis, nous apprend qu’en novembre 543, à Jérusalem, eut lieu la dédicace de la basilique Sainte-Marie-la-Neuve, construite sur ordre de Justinien dans la partie méridionale de la plate-forme qui avait porté le Temple et ses annexes. Il est probable que la date du 21 novembre rappelle le souvenir de cette dédicace. En tous cas, à Constantinople, la fête de la Présentation de Marie est attestée dès le VIIIème siècle, et des homélies de saint André de Crête (mort en 740) lui sont consacrées. En 1166, Michel Comnène la mît au nombre des fêtes où étaient défendues les séances judiciaires. La fête de l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu est l’une des 12 grandes fêtes de l’année liturgique byzantine. Elle comporte un jour d’avant-fête et quatre jours d’après-fête. Le très beau tropaire de la fête (Ce jour est le prélude de la bienveillance de Dieu) fait une référence à l’Eudoxia du Gloria chanté par les Anges à Noël.

    En Occident, l’Angleterre célèbre cette fête un peu avant l’occupation normande, un calendrier hongrois la note au début du XIIIème siècle. Pour le rit romain, l’introduction de cette fête est due aux soins de Philippe de Maizières, envoyé de Pierre II de Lusignan, roi de Chypre et de Jérusalem, à la cour papale d’Avignon. En effet, l’ambassadeur décrivit sous des couleurs si brillantes cette solennité orientale à Grégoire XI, que celui-ci se décida à l’introduire dans le calendrier de la Curie en 1372. Dès 1373, le roi Charles V l’introduit en la chapelle royale de France et, l’année suivante, convie tout le royaume à l’imiter, ce que fit aussi la Navarre. Comme Grégoire XI rentra à Rome après avoir fait célébrer la Présentation, cette fête devint plus importante et, peu à peu, elle fut adoptée un peu partout en Occident. Elle figure au missel romain de 1505 et à rang de fête double dans le bréviaire romain de 1550. Elle fut supprimée par saint Pie V dans le bréviaire de 1568 (la fête n’avait pas de fondement scripturaire ; or l’un des buts de la réforme tridentine était d’enlever des arguments aux protestants dans ce domaine) mais fut rétablie par Sixte-Quint en 1585 comme fête double puis élevée par Clément VIII en 1602 comme double majeur avec un nouvel office.

    A la divine liturgie de saint Jean Chrysostome

    A la petite entrée :
    1. Tropaire du dimanche, ton 8 : Du ciel tu descendis, ô Dieu de miséricorde, * trois jours dans le tombeau tu souffris de demeurer * pour nous délivrer de nos péchés ; * notre Vie & notre Résurrection, Seigneur, gloire à toi.
    2. Tropaire de la fête, ton 4 : Aujourd’hui est le prélude de la bienveillance de Dieu * et déjà s’annonce le salut du genre humain. * Dans le Temple de Dieu la Vierge est présentée * pour annoncer à tous les hommes la venue du Christ. * En son honneur, nous aussi, à pleine voix chantons-lui : * Réjouis-toi, * ô Vierge en qui se réalise le plan du Créateur.
    3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
    4. Kondakion du dimanche, ton 8 : Ressuscité du tombeau, * tu as éveillé les morts & ressuscité Adam, * Eve danse de joie en ta Résurrection, * les confins de la terre célèbrent ton éveil d’entre les morts, * ô Dieu de miséricorde.
    5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    6. Kondakion de la fête, ton 4 : Le très-saint temple du Sauveur, * sa chambre nuptiale de grand prix, * la Vierge, trésor sacré de la gloire de Dieu, * en ce jour est présentée au Temple du Seigneur ; * elle y apporte la grâce du Saint-Esprit * & devant elle les Anges de Dieu chantent * Voici le tabernacle des cieux.
    Prokimen
    Du dimanche, ton 8 :
    ℟. Prononcez des vœux et accomplissez-les pour le Seigneur, notre Dieu (Psaume 75, 12).
    ℣. Dieu est connu en Judée, en Israël son Nom est grand (Psaume 75, 2).
    De la Mère de Dieu, ton 3 :
    ℟. Mon âme magnifie le Seigneur, et mon esprit est ravi de joie en Dieu mon Sauveur (Luc 1, 46).
    Alleluia
    Du dimanche, ton 8 :
    ℟. Venez, crions de joie pour le Seigneur, acclamons le Dieu qui nous sauve (Psaume 94, 1).
    ℣. Allons devant lui en actions de grâces, au son des musiques, acclamons-le (Psaume 94, 2).
    De la Mère de Dieu :
    ℣. Écoute, ma fille, regarde et tends l’oreille (Psaume 44, 1).
    Mégalinaire à la Mère de Dieu, durant l’anaphore, ton 4 :
    Les Anges s’émerveillèrent, * devant l’Entrée au Temple de la Vierge * s’étonnant de voir comme elle avançait 
jusqu’au Saint des saints.
    Que de l’arche vivante de Dieu * aucune main profane n’ose s’approcher, * mais que nos lèvres fidèlement redisent sans cesse à la Mère de Dieu * le salut de l’ange Gabriel * et dans l’allégresse lui chantent: * Vierge pure, Dieu t’a élevée * plus haut que toute créature.
    Verset de communion
    Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
    De la Mère de Dieu : J’élèverai la coupe du salut, j’invoquerai le nom du Seigneur (Psaume 115, 13). Alleluia, alleluia, alleluia.

    Quam pulchre graditur, la « Marseillaise de Saint-Sulpice »

    En cette belle fête de la Présentation de la Vierge au Temple, nous vous proposons la musique et le texte d’une hymne de cette fête, composition naguère très célèbre.

    Quam pulchre graditur fut composée dans la première moitié du XVIIIème siècle par Urbain Robinet, docteur en théologie, qui avait été élève à Saint-Sulpice vers 1706. Cette hymne fut accueillie par la suite par plusieurs bréviaires diocésains français pour les vêpres de la Présentation, cet office étant dépourvu d’hymne propre au Bréviaire romain. Elle constitue du reste toujours l’hymne des vêpres de la Présentation dans le propre de Paris (sa musique ci-après est tirée des Offices propres du diocèse de Paris approuvés par Sa Sainteté le Pape Pie XI et publiés par ordre de Son Eminence le Cardinal Dubois, archevêque de Paris en 1923). L’hymne est surtout célèbre pour avoir servi à la touchante cérémonie de renouvellement des promesses cléricales le 21 novembre en la fête de la Présentation, cérémonie instituée par les Sulpiciens et diffusée par la suite dans de nombreux séminaires. Elle était chantée avec ferveur et entrain par les membres du clergé, d’où son sobriquet de « Marseillaise de Saint-Sulpice » ou de « Marseillaise de la Sainte Vierge ».

    La musique en est évidemment ternaire (il faut penser les épisèmes verticaux de la notation de 1923 comme des notes longues).

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    Quam pulchre graditur filia principis,
    Templi cum properat limina tangere !
    Praeludit meliori
    Quam mox offeret hostiam.
    Qu’elle est belle la démarche de la fille du prince, se hâtant de toucher au parvis du Seigneur ! Elle prélude, en s’immolant elle-même, au sacrifice plus précieux qu’elle offrira bientôt.
    E matris gremio, Numinis in sinum
    Infans non dubiis passibus advolat;
    Virgo Numinis ara,
    Aris victima sistitur.
    Encore enfant, elle accourt, non d’un pas incertain, des bras de sa Mère dans le sein de Dieu ; et cette Vierge, dont le cœur est un autel consacré à la Divinité, se présente devant les autels comme victime.
    Sponso membra Deo mollia devovet;
    Cordis Virginei dedicat intima
    Verbo debita Mater,
    Verbo viscera consecrat.
    En prenant Dieu pour son Époux, elle lui voue son tendre corps ; elle lui dédie l’intérieur de son cœur virginal, et consacre déjà son propre sein au Verbe, dont elle doit être la Mère.
    Tecum cuncta Deo prodiga dum voves,
    Numen, Virgo fui pectoris incola,
    Quanto foenore pensat
    Terras qua bona despicis !
    O Vierge qui vouez à Dieu toutes choses avec vous, de quel accroissement de grâces le Dieu qui habite dans votre cœur ne paye-t-il pas les biens que vous lui sacrifiez ?
    Quid nos illa queant improba gaudia?
    Cur nos jam pigeat vincula rumpere?
    Dux est Virgo sacerdos :
    Fas sit quo properat sequi !
    Pourquoi de misérables joies nous retiennent-elles ? Pourquoi différer encore de rompre tous nos liens ? Vierge et prêtre, elle nous ouvre la voie : qu’il nous soit donné de marcher à sa suite !
    Ergo nunc tua gens se tibi consecrat;
    Ergo nostra manes portio tu Deus,
    Qui de Virgine natus,
    Per nos sape renasceris.
    C’en est donc fait, ô Dieu, votre tribu se consacre à vous seul ; donc vous demeurez notre unique partage, vous qui, né de la Vierge, daignez chaque jour renaître à notre voix.
    Sit laus summa Patri, summaque Filio;
    Sit par, sancte, tibi gloria, Spiritus !
    Si nos intus aduris,
    Puro corde litabimur. Amen.
    Gloire suprême au Père, gloire suprême au Fils, égale gloire à vous, Esprit-Saint ! si vous nous enflammez intérieurement, nous offrirons d’un cœur pur le divin sacrifice.

    Un tropaire grec dans la liturgie latine du 2 février

    Le 2 février, les Eglises d’Orient & d’Occident célèbrent la Purification de la Sainte Vierge & la Présentation de Jésus au Temple, 40 jours après sa Nativité. En Orient, cette fête reçoit aussi le nom d’Hypapante ou « Rencontre du Seigneur » (l’expression Occursum Domini, qui en est l’équivalent latin, a également été en usage en Occident), terme qui rappelle la sainte rencontre entre l’Enfant Jésus & le vieillard Syméon.

    Les ménées grecs utilisent pour cette fête le tropaire apolytikion suivant :
    Χαῖρε κεχαριτωμένη Θεοτόκε Παρθένε· ἐκ σοῦ γὰρ ἀνέτειλεν ὁ Ἥλιος τῆς δικαιοσύνης, Χριστὸς ὁ Θεὸς ἡμῶν, φωτίζων τοὺς ἐν σκότει. Εὐφραίνου καὶ σὺ Πρεσβύτα δίκαιε, δεξάμενος ἐν ἀγκάλαις τὸν ἐλευθερωτὴν τῶν ψυχῶν ἡμῶν, χαριζόμενος ἡμῖν καὶ τὴν Ἀνάστασιν.

    En voici une traduction française :
    Je vous salue, pleine de grâce, Vierge Mère de Dieu : de vous en effet s’est levé le soleil de justice, le Christ notre Dieu, illuminant ceux qui sont dans les ténèbres ; et vous, juste vieillard, soyez dans la joie, car vous avez reçu dans vos bras le libérateur de nos âmes, celui qui nous donne la résurrection.

    Ce tropaire a été traduit au haut Moyen-Age en latin et fut aussi chanté en Occident. S’il ne figure plus dans les livres romains actuels, on le rencontre dans quasiment tous les manuscrits médiévaux, il avait été conservé dans beaucoup de livres diocésains français & il subsiste toujours aujourd’hui dans le rit dominicain.

    En voici le texte & la musique, tiré des Variæ preces de Solesmes, 1901, p.103 :

    Dans le rit dominicain, ce tropaire est la première antienne chantée à la première station de la procession de la chandeleur. La voici, tirée du processional de 1913 :

    Il intéressant de noter que, tant en Orient qu’en Occident, l’antienne est toujours chantée dans le Ier ton. L’incise Χριστὸς ὁ Θεὸς ἡμῶν n’a pas été rendue dans le texte latin, peut-être n’est-elle pas primitive en grec, son ajout plus tardif a sans doute voulu préciser le sens du texte.

    Pour mémoire, voici le texte slavon du tropaire de la Sainte Rencontre :