Fête de la Présentation de la Mère de Dieu au Temple de Jérusalem

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le lundi 4 décembre 2017 du calendrier grégorien – 21 novembre 2017 du calendrier julien, tierce & sexte à 11h40, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 12h.

La fête de l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu, célébrée le 21 novembre (4 décembre grégorien), constitue l’une des 12 grandes fêtes de l’année liturgique byzantine (la 2nde dans l’ordre du calendrier des 5 grandes fêtes dédiées à la Sainte Vierge). Elle est précédée dans le rit byzantin d’un jour d’avant-fête le 20 novembre et suivie de 4 jours d’après-fête qui se clôturent le 25 novembre.

L’épisode de la présentation au Temple de Jérusalem de la Vierge Marie n’est pas scripturaire mais se trouve dans un apocryphe, le Protoévangile de Jacques. Composé probablement en Egypte avant le milieu du IInd siècle, ce texte est déjà évoqué par saint Justin (mort vers 165) dans le Dialogue avec Tryphon, par saint Clément d’Alexandrie et par Origène qui s’y réfère explicitement dans le Commentaire de saint Matthieu. Quoique contenant beaucoup de récits merveilleux visant à satisfaire la curiosité des fidèles et bien qu’il ait subi de nombreuses et complexes modifications ultérieures, le texte, de par son ancienneté, a pu toutefois recueillir des traditions orales authentiques. Voici le passage du Protoévangile de Jacques relatif à l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu :

Les mois se succédèrent pour la petit fille. Lorsqu’elle eut deux ans, Joachim dit : Menons-la au Temple du Seigneur, afin que s’accomplisse la promesse que nous avons faite, sinon le Tout-Puissant nous avertirait et l’offrande que nous lui ferions serait rejetée. Mais Anne répondit : Attendons la troisième année pour que l’enfant soit en âge de reconnaître son père et sa mère. Et Joachim répondit : Attendons !

Lorsque la petite fille eut trois ans, Joachim dit : Appelez les filles d’Hébreux de race pure, et qu’elles prennent chacune un flambeau, un flambeau qui ne s’éteindra pas. L’enfant ne devra pas retourner en arrière et son cœur ne se fixera pas hors du Temple du Seigneur. Elles obéirent à cet ordre et elles montèrent ensemble au Temple du Seigneur. Et le prêtre accueillit l’enfant et la prit dans ses bras. Il la bénit, en disant : Il a glorifié ton nom, le Seigneur, dans toutes les générations. C’est en toi qu’aux derniers jours il révélera la Rédemption qu’il accorde aux fils d’Israël ! Et il fit asseoir l’enfant sur le troisième degré de l’autel. Et le Seigneur Dieu fit descendre sa grâce sur elle. Et, debout sur ses pieds, elle se mit à danser. Et elle fut chère à toute la maison d’Israël. Les parents redescendirent du Temple, et ils étaient remplis d’admiration, et ils louaient Dieu car l’enfant ne s’était pas retournée en arrière. Et Marie demeurait dans le Temple du Seigneur, semblable à une colombe, et la main d’un Ange la nourrissait.

Ce récit de cette consécration à Dieu de la Vierge Marie est d’ailleurs si conforme à ce que la dévotion chrétienne à toujours ressenti relativement à la vie immaculée de Marie, qu’il a jouit très tôt de la faveur des fidèles. C’est ainsi qu’on voit dans la crypte de Saint-Maximin dans le Var, datant du Vème siècle, une image de la Vierge Marie orante gravée sur une pierre tombale avec l’inscription suivante en bas latin : Marie la Vierge servant dans le Temple de Jérusalem.

L’origine de la fête de la Présentation de la Vierge Marie au Temple au 21 novembre serait peut-être palestinienne : la vie de saint Jean le Silentiaire, écrite au milieu du VIème siècle par Cyrille de Scythopolis, nous apprend qu’en novembre 543, à Jérusalem, eut lieu la dédicace de la basilique Sainte-Marie-la-Neuve, construite sur ordre de Justinien dans la partie méridionale de la plate-forme qui avait porté le Temple et ses annexes. Il est probable que la date du 21 novembre rappelle le souvenir de cette dédicace. En tous cas, à Constantinople, la fête de la Présentation de Marie est attestée dès le VIIIème siècle, et des homélies de saint André de Crête (mort en 740) lui sont consacrées. En 1166, Michel Comnène la mît au nombre des fêtes où étaient défendues les séances judiciaires. La fête de l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu figure parmi les 12 grandes fêtes de l’année liturgique byzantine. Le très beau tropaire de la fête (Ce jour est le prélude de la bienveillance de Dieu) fait une référence à l’Eudoxia du Gloria chanté par les Anges à Noël.

En Occident, l’Angleterre célèbre cette fête un peu avant l’occupation normande, un calendrier hongrois la note au début du XIIIème siècle. Pour le rit romain, l’introduction de cette fête est due aux soins de Philippe de Maizières, envoyé de Pierre II de Lusignan, roi de Chypre et de Jérusalem, à la cour papale d’Avignon. En effet, l’ambassadeur décrivit sous des couleurs si brillantes cette solennité orientale à Grégoire XI, que celui-ci se décida à l’introduire dans le calendrier de la Curie en 1372. Dès 1373, le roi Charles V l’introduisit en la chapelle royale de France et, l’année suivante, convia tout le royaume à l’imiter, ce que fit aussi la Navarre. Comme Grégoire XI rentra à Rome après avoir fait célébrer la Présentation, cette fête devint plus importante et, peu à peu, elle fut adoptée un peu partout en Occident. Elle figure au missel romain de 1505 et à rang de fête double dans le bréviaire romain de 1550. Elle fut supprimée par saint Pie V dans le bréviaire de 1568 (la fête n’avait pas de fondement scripturaire ; or l’un des buts de la réforme tridentine était d’enlever des arguments aux protestants dans ce domaine) mais fut rétablie par le pape Sixte Quint en 1585 comme fête double puis élevée par Clément VIII en 1602 comme double majeur avec un nouvel office.

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Aux heures
A tierce & à sexte : Tropaire de la fête. Gloire au Père. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion de la fête.

A LA DIVINE LITURGIE DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME

Tropaires des Béatitudes, ton 4 : 4 tropaires de la 3ème ode & 4 tropaires de la 6ème odes du premier canon de la fête (œuvre de saint Georges l’Hymnographe, évêque de Nicomédie en Bithynie – IXème siècle) :
1. En ce jour le Temple est devenu * le charmant séjour où l’on prépare la Fiancée ; * comme une chambre il a reçu le lit nuptial de la Divinité, ** la Vierge toute-pure, la plus belle des créatures.
2. David, prenant la direction du chœur, * exulte et danse avec nous : * il t’appelle Reine, ô Vierge immaculée, * vêtue de brocarts et te tenant ** dans le Temple en présence du Roi notre Dieu.
3. De celle en qui le genre humain * connut jadis la transgression * est issue la tige d’où fleurit * notre immortelle restauration, ** la Mère de Dieu présentée au Temple en ce jour.
4. Les Anges exultent dans le ciel : * avec eux la multitude des humains * en ce jour s’avance devant toi, * portant des lampes, Vierge pure, et proclamant ** tes merveilles en la maison de notre Dieu.
5. Celui qui par son verbe porte l’univers, * des Justes exauce l’oraison : * dans sa bonté les délivrant de la stérilité, ** il leur donna la Cause de notre joie.
6. Le Seigneur, voulant que soit connu * parmi toutes les nations son salut, * a choisi en l’humanité la Vierge inépousée ** comme signe pour réconcilier et recréer le genre humain.
7. Comme demeure de la grâce où sont gardés, * Vierge toute-pure, les trésors * de l’ineffable plan de Dieu pour le salut, * tu savoures dans le Temple les délices immaculées.
8. Lorsqu’il te reçut, telle un diadème royal, * divine Epouse, le Temple resplendit * et céda la place aux biens supérieurs, ** voyant qu’en toi s’accomplissaient les prophéties.

A la petite entrée :
1. Tropaire de la fête, ton 4 : Aujourd’hui est le prélude de la bienveillance de Dieu * et le salut des hommes est proclamé. * Dans le Temple de Dieu la Vierge est présentée * pour annoncer à tous les hommes la venue du Christ. * En son honneur, nous aussi, à pleine voix chantons-lui : * Réjouis-toi, ** accomplissement du dessein du Créateur.
2. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
3. Kondakion de la fête, ton 7 : Le très-saint temple du Sauveur, * sa chambre nuptiale de grand prix, la Vierge, * trésor sacré de la gloire de Dieu, * en ce jour est présentée dans la maison du Seigneur ; * elle y apporte la grâce de l’Esprit divin * aussi les Anges de Dieu proclament * Voici le tabernacle céleste.

Prokimen
De la fête, ton 3 :
R/. Mon âme magnifie le Seigneur, et mon esprit est ravi de joie en Dieu mon Sauveur (Luc 1, 46).
V/. Parce qu’il a regardé la bassesse de sa servante : car désormais je serai appelée bienheureuse dans la suite de tous les siècles (Luc I, 48)

Epître
De la fête : Hébreux (§ 320) IX, 1-7.
Après le second voile était le tabernacle, appelé, le Saint des saints.

Alleluia
De la fête, ton 8 :
V/. Ecoute, ma fille, regarde et tends l’oreille (Psaume 44, 11).
V/. Ton visage sera prié par les riches du peuple (Psaume 44, 13).

Evangile
De la fête : Luc (§ 54) X, 38-42 ; XI, 27-28.
Jésus lui dit : Mais plutôt heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la pratiquent !

Mégalinaire à la Mère de Dieu, durant l’anaphore, ton 4 :
Les Anges s’émerveillèrent, * devant l’Entrée au Temple de la Vierge * s’étonnant de voir comme elle avançait 
jusqu’au Saint des saints.
Que de l’arche vivante de Dieu * aucune main profane n’ose s’approcher, * mais que nos lèvres fidèlement redisent sans cesse à la Mère de Dieu * le salut de l’ange Gabriel * et dans l’allégresse lui chantent: * Vierge pure, Dieu t’a élevée * plus haut que toute créature.

Verset de communion
De la Mère de Dieu : J’élèverai la coupe du salut, j’invoquerai le nom du Seigneur (Psaume 115, 13). Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme du XXVIème dimanche après la Pentecôte – avant-fête de l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu – saint Grégoire le Décapolite – ton 1

Présentation au Temple de la Sainte ViergeParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 3 décembre 2017 du calendrier grégorien – 20 novembre 2017 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton I de l’Octoèque. Ce dimanche coïncide avec l’avant-fête de la Présentation (ou Entrée) de la Très-Sainte Vierge Marie au Temple de Jérusalem. La divine liturgie de cette grande fête sera célébrée lundi 4 décembre grégorien (/21 novembre julien) à 12h à la paroisse de la Très-Sainte-Trinité.

La fête de l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu célébrée le 21 novembre (4 décembre grégorien) constitue l’une des 12 grandes fêtes de l’année liturgique byzantine (la 2nde dans l’ordre du calendrier des 5 grandes fêtes dédiées à la Sainte Vierge). Elle est précédée dans le rit byzantin d’un jour d’avant-fête le 20 novembre et suivie de 4 jours d’après-fête qui se clôturent le 25 novembre.

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Saint Grégoire le Décapolite - miniature du XI-XIIe siècle - Mont-Athos

Saint Grégoire le Décapolite – miniature du XI-XIIe siècle – Mont-Athos.

Nous fêtons aussi en ce jour notre vénérable Père saint Grégoire le Décapolite.

Saint Grégoire vit le jour à la fin du VIIIème siècle dans une des villes de la Décapole d’Isaurie, appelée Irénopolis. Il était apparenté au patriarche de Constantinople Euthyme (qui siégea de 907 à 912). Grâce à es parents Serge & Marie, le jeune garçon reçut une éducation élémentaire mais, dès l’âge de huit ans, il manifesta nettement sa préférence pour l’étude des saintes Ecritures et la fréquentation des offices.

Parvenu adulte, ses parents cherchèrent à le marier, mais Grégoire s’enfuit de la maison familiale et se rendit dans un monastère à la tête duquel se trouvait l’évêque d’Irénopolis exilé à cause de la persécution iconoclaste. Quelques années passèrent et, après la mort de son père, sa mère finit par le retrouver. Elle ne s’opposa pas à sa vocation, toutefois elle lui demanda de rejoindre son frère, qui était moine dans un monastère voisin. Grégoire obéit, mais il ne put rester dans cet établissement, car l’higoumène était hérétique iconoclaste. Il se rendit alors dans un autre monastère, dirigé par son oncle maternel Syméon. Au bout de 14 ans de vie cénobitique, il obtint de son supérieur l’autorisation de se retirer dans une grotte des environs pour s’y consacrer à la vie érémitique. Là il subit les assauts des tentations des démons, mais y reçut également des extases consolantes.

Il reçoit le commandement divin de quitter sa sainte solitude pour devenir pèlerin et prêcher la foi véritable & la vénération des saintes icônes, alors que l’Empire était ravagé par le second iconoclasme, pourtant déjà condamné par le second Concile œcuménique de Nicée tenu l’an 787. Commence alors une longue série de pérégrinations

Saint Grégoire le Décapolite - icône russe XVIIème-XVIIIème siècle.

Saint Grégoire le Décapolite – icône russe XVIIème-XVIIIème siècle.

Grégoire se rendit d’abord à Éphèse, où il passa l’hiver dans un monastère. Le printemps venu, il embarqua sur un bateau en partance pour Constantinople, où il voulait se rendre car la capitale impériale était le foyer principal de l’iconoclasme politique. Mais il ne put atteindre que l’île de Proconnèse, dans l’archipel des Princes. Ne pouvant entrer dans la capitale par suite des édits impériaux chassant les moines orthodoxes, le saint partit pour la ville d’Énos en Thrace et de là parvint à Thessalonique, après avoir échappé à une bande de brigands slaves à proximité de Christoupolis (l’actuelle Kavala). Se joignant à un moine qui était en partance pour Rome, il parvint à Corinthe par voie de terre. De là, il s’embarqua pour l’Italie et atteignit Reggio de Calabre puis Rome. Cependant, après avoir chassé un démon d’un possédé, il fut sollicité par la foule qui le vénérait comme un saint. Il s’enfuit alors à Syracuse, où il établit sa retraite dans une tour abandonnée près du port. Là, il convertit même une prostituée qui exerçait sa triste profession à proximité, et la convainquit de devenir moniale et de transformer sa maison de débauche en monastère. Il prit une nouvelle fois la route de l’exil volontaire pour fuir la gloire des hommes, mais ne put cependant rester à Otrante où il s’était arrêté, car l’évêque y était gagné à l’hérésie, aussi s’embarqua-t-il pour Thessalonique. Il s’installa dans l’église abandonnée de Saint-Mennas. C’est alors que saint Joseph l’Hymnographe devint son disciple. D’autres disciples vinrent se joindre à eux, et cette communauté devint un centre de rayonnement de la vraie foi et de la grâce de Dieu, par le grand nombre de miracles que saint Grégoire y accomplissait, grâce au don de clairvoyance que Dieu lui avait accordé, gagnant son surnom de νέος θαυματουργός (Le Nouveau Thaumaturge). On possède de cette époque un sermon qu’il prononça concernant la conversion d’un musulman au christianisme.

Saint Grégoire le Décapolite - ménologue de Basile II

Saint Grégoire le Décapolite – ménologue de Basile II.

Vers la fin de sa vie, il fut atteint gravement de maladies mais put enfin se rendre à Constantinople et séjourner quelque temps au sein de la fameuse communauté monastique du Mont Olympe de Bithynie, ce haut lieu de la vie monastique et de la défense de l’Orthodoxie. De retour à Byzance, il s’installa avec Joseph dans l’église de Saint-Antipas, située près de Saint-Mocios, et rendit visite dans sa prison à saint Syméon, son père spirituel, qui avait subi de nombreuses persécutions pour la défense des saintes icônes. Tourmenté encore pendant une année par la maladie, saint Grégoire prédit, douze jours à l’avance, le moment de son trépas. Il s’endormit dans la paix le 20 novembre 842, quelques mois avant le rétablissement définitif de la vénération des saintes icônes et le triomphe de l’Orthodoxie.

Vers 850, son disciple saint Joseph l’Hymnographe transféra ses reliques dans le monastère qu’il fondait près de l’église des Saints-Apôtres, monastère qu’il dédia à saint Barthélémy et à saint Grégoire le Décapolite. Il composa aussi le canon de matines en son honneur.

Après la conquête de Constantinople par les Turcs en 1453, les reliques de saint Grégoire le Décapolite furent transportées en Valachie. En 1498, le boyard Barbu Craiovescu les racheta pour une somme considérable, afin de les placer dans l’église principale du monastère de Bistritsa qu’il fonda près de la ville de Râmnicu Vâlcea, dans la province d’Olténie, où elles sont restées jusqu’à nos jours.

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du vénérable Père Grégoire. Et maintenant. Théotokion de l’heure. Kondakion du dimanche.
A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de l’avant-fête. Et maintenant. Théotokion de l’heure. Kondakion de l’avant-fête.

Tropaires des Béatitudes : six tropaires du dimanche, ton 1, & quatre tropaires de la 3ème ode du canon de l’avant-fête (œuvre de saint Théophane le Marqué, métropolite de Nicée – 778 † 845) :
1. Du Paradis l’Ennemi fit chasser Adam * lorsqu’il eut mangé le fruit défendu, * mais par la croix le Christ y fit entrer le bon Larron qui lui criait : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Je me prosterne devant ta Passion * et je glorifie ta sainte Résurrection ; * avec Adam & le bon Larron * je te crie : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
3. Librement, Seigneur sans péché, * tu as souffert la croix & la mise au tombeau ; * mais, comme Dieu, tu es ressuscité, * faisant surgir avec toi * Adam qui s’écrie : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
4. Le temple de ton corps, tu l’as relevé * du tombeau le troisième jour ; * avec Adam, ô Christ notre Dieu, * tu as ressuscité le genre humain, * qui chante : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
5. A ton sépulchre se rendirent de bon matin * les Myrrophores tout en larmes, ô Christ notre Dieu : * elles y trouvèrent un Ange vêtu de blanc, * assis sur la pierre et disant : Que cherchez-vous ? ** Le Christ est ressuscité, ne pleurez plus.
6. Sur la montagne que tu leur avais indiquée * tes Apôtres arrivèrent, Seigneur ; * et, lorsqu’ils te virent, Sauveur, * ils se prosternèrent devant toi ; * vers les nations tu les envoyas ** pour les instruire et baptiser.
7. Les jeunes filles précédant * la Vierge avec leurs lampes allumées * préfigurent ce qui doit arriver ; * car d’elle naîtra la clarté * de la connaissance mettant fin aux ténèbres de l’erreur.
8. Imitant par sa prière son homonyme de jadis, * Anne accomplit son vœu * et t’offre au sanctuaire, Tout-immaculée * qui de la plus sainte des façons ** dois concevoir et enfanter.
9. Le soleil a déployé ses rayons, en voyant * la nuée de la lumière déployée par volonté divine * entrer dans le sanctuaire de Dieu, * car la rémission va pleuvoir d’elle ** pour ceux que leurs péchés ont rendus stériles.
10. Le Dieu qui par amour a demeuré * en toi, ô Vierge tout-immaculée, * me divinise, moi qui par ruse du serpent * fus dérobé jadis en goûtant le fruit défendu, ** et me rend les incorruptibles délices du Paradis.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 1 : La pierre scellée par les Juifs, * et ton corps très pur gardé par les soldats, * Tu ressuscites le troisième jour, ô Sauveur, * donnant la vie au monde. * C’est pourquoi les vertus célestes te crient, ô Donateur de vie : * « Gloire à ta résurrection, Christ, * Gloire à ton royaume ! ** Gloire à ton économie, seul Ami de l’Homme ! »
2. Tropaire de l’avant-fête, ton 4 : Anne annonce maintenant la joie à tous, * en portant le fruit qui dissipe toute tristesse, celle qui seule fut toujours Vierge. * En accomplissement de son vœu, * elle présente aujourd’hui dans la joie au Temple du Seigneur ** celle qui est le véritable temple de Dieu le Verbe et la Mère très pure.
3. Tropaire du Vénérable Père Grégoire, ton 3 : Tu fus un modèle d’abstinence, * illuminant tout avec l’Esprit divin, * tu as achevé la course de la foi orthodoxe, * ayant illuminé le monde par ton enseignement, * et dénoncé les pensées des hérétiques ; * Vénérable Père Grégoire, ** prie le Christ-Dieu, afin qu’il nous accorde la grande miséricorde.
4. Kondakion du dimanche, ton 1 : Ressuscité du tombeau dans la gloire divine, * tu as ressuscité le monde avec toi ; * la nature humaine te chante comme Dieu, * la mort s’évanouit, * Adam jubile, Seigneur, * & Eve, désormais libérée de ses liens, * proclame dans l’allégresse : ** O Christ, c’est toi qui accordes à tous la résurrection.
5. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
6. Kondakion du vénérable Père Grégoire, ton 3 : L’Église te reconnaît comme un rayon de soleil, * rayonnant des beautés des vertus et des rais de guérisons, * illuminant tout, ô favori du Christ ; * Par conséquent, nous célébrons ta mémoire honorable et nous honorons tes luttes, ** Père béni entre tous, sage Grégoire.
7. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
8. Kondakion de l’avant-fête, ton 4 : Aujourd’hui l’univers entier, plein d’allégresse * en l’heureuse fête de la Mère de Dieu, s’écrie : ** Voici le tabernacle céleste.

Prokimen
Du dimanche, ton 1 :
R/. Que ta miséricorde soit sur nous, Seigneur, * selon l’espérance que nous avons mise en toi. (Psaume 32, 22).
V/. Justes, exultez dans le Seigneur, aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1).
[Du vénérable Père Grégoire, ton 7 :
R/. Elle a du prix aux yeux du Seigneur, la mort de ses serviteurs (Psaume 115, 5).]

Epîtres
Du dimanche : Ephésiens (§ 229) V, 8-19.
Mais remplissez-vous du Saint-Esprit ; vous entretenant de psaumes, d’hymnes et de cantiques spirituels, chantant et psalmodiant du fond de vos cœurs au Seigneur.
[Du vénérable Père Grégoire : Galates (§ 213) V, 22 – VI, 2.
Les fruits de l’esprit sont la charité, la joie, la paix, la patience, l’humanité, la bonté, la longanimité, la douceur, la foi, la modestie, la continence, la chasteté. Il n’y a point de loi contre ceux qui vivent de la sorte.]

Alleluia
Du dimanche, ton 1 :
V/. C’est Dieu qui me donne les vengeances & prosterne les peuples sous moi (Psaume 17, 48).
V/. Il multiplie pour son roi les délivrances et montre de l’amour pour son Christ (Psaume 17, 51).
[Du vénérable Père Grégoire, ton 6 :
V/. Bienheureux l’homme qui craint le Seigneur, et qui a une grande affection pour ses commandements (Psaume 111, 1).]

Evangiles
Du dimanche : Luc (§ 66) XII, 16-21.
Mais Dieu dit à cet homme : Insensé que tu es ! on va te redemander ton âme cette nuit même ; et pour qui sera ce que tu as amassé ?
[Du vénérable Père Grégoire : Matthieu (§ 43) XI, 27-30.
Prenez mon joug sur vous, et apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos de vos âmes.]

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
[Du vénérable Père Grégoire : La mémoire du juste sera éternelle (Psaume 111, 6).] Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme de la fête de la Purification de la Sainte Vierge au Temple (Chandeleur)

Procession de la Chandeleur (2 février)Saint-Eugène, le jeudi 2 février 2017, procession & messe solennelle de 19h.

> Catéchisme sur la fête de la Purification

Mais celui qui veut partir ainsi doit venir au temple, venir à Jérusalem, attendre l’Oint du Seigneur, recevoir dans ses mains le Verbe de Dieu, l’embrasser par ses bonnes œuvres qui sont comme les bras de la foi. Alors il s’en ira paisiblement, et ne verra point la mort éternelle, puisqu’il aura vu la Vie. Tu vois que la naissance du Seigneur répand la grâce avec abondance sur toute sorte de personnes, et que le don de prophétie est refusé aux incrédules, mais non aux justes. Voici donc Siméon prophétisant que le Seigneur Jésus-Christ est venu pour la ruine et pour la résurrection d’un grand nombre, pour discerner ce que méritent les bons et les méchants, et pour décerner, juge infaillible, juge équitable, des supplices ou des récompenses, selon la qualité de nos actes.
Homélie de saint Ambroise, évêque, IXème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

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Un apostiche idiomèle de Côme le Moine dans la liturgie latine du 2 février

Le 2 février, les Eglises d’Orient & d’Occident célèbrent la Purification de la Sainte Vierge & la Présentation de Jésus au Temple, 40 jours après sa Nativité. En Orient, cette fête reçoit aussi le nom d’Hypapante ou « Rencontre du Seigneur » (l’expression Occursum Domini, qui en est l’équivalent latin, a également été en usage en Occident), terme qui rappelle la sainte rencontre entre l’Enfant Jésus & le vieillard Syméon. Nous avons précédemment présenté que le tropaire grec de la fête s’était retrouvé dans les antiennes processionnelles de cette fête en Occident. Une autre antienne de la procession latine de la Chandeleur, Adorna thalamum, possède elle aussi une origine orientale.

A la fin de l’office de vêpres de cette fête, les livres liturgiques grecs (Ménée de février) en effet, assignent aux apostiches (chants qui accompagnent le retour en procession du clergé dans le chœur, après une station au narthex de l’église), trois idiomèles (pièces possédant une mélodie propre) composés dans le VIIème ton par Côme le Moine.

Voici le texte grec du premier de ces apostiches idiomèles :

Κατακόσμησον τὸν νυμφῶνά σου Σιών, καὶ ὑπόδεξαι τὸν Βασιλέα Χριστόν, ἄσπασαι τὴν Μαριάμ, τὴν ἐπουράνιον πύλην· αὕτη γὰρ θρόνος Χερουβικὸς ἀνεδείχθη, αὕτη βαστάζει τὸν Βασιλέα τῆς δόξης, νεφέλη φωτὸς ὑπάρχει ἡ Παρθένος, φέρουσα ἐν σαρκὶ Υἱὸν πρὸ Ἑωσφόρου, ὃν λαβὼν Συμεὼν ἐν ἀγκάλαις αὐτοῦ ἐκήρυξε λαοῖς, Δεσπότην αὐτὸν εἶναι, ζωῆς καὶ τοῦ θανάτου, καὶ Σωτῆρα τοῦ κόσμου.

Cette composition liturgique de l’office grec fut repris dans la liturgie romaine du 2 février, afin d’y devenir l’une des antiennes accompagnant la procession de la Chandeleur. Voici le texte latin :

Adórna thálamum tuum, Sion, et súscipe Regem Christum : ampléctere Maríam, quæ est cæléstis porta : ipsa enim portat Regem glóriæ novi lúminis : subsístit Virgo, addúcens mánibus Fílium ante lucíferum génitum : quem accípiens Símeon in ulnas suas, prædicávit pópulis, Dóminum eum esse vitæ et mortis, et Salvatórem mundi.

En voici une traduction française :
Sion, orne ta chambre nuptiale, et reçois le Christ-Roi ; accueille avec amour Marie, qui est la porte du ciel ; car elle tient dans ses bras le Roi de gloire, celui qui est la lumière nouvelle ; debout, la Vierge offre de ses propres mains son Fils engendré avant l’aurore ; Siméon le reçoit dans ses bras et annonce aux peuples le Maître de la vie et de la mort, et le Sauveur du monde.

Dans le rit romain, Adorna thalamum se présente comme une grande antienne processionnelle, un type un peu particulier de chants qui étaient exécutés à deux chœurs alternés. Du reste, les reprises mélodiques internes de la pièce, chantée dans un VIème ton à la tournure inhabituelle (une transcription du chant grec ?), suggèrent fortement les alternances entre deux chœurs. Voici une proposition de restitution de ces alternances antiphonées :

Ant-06-AdornaThalamum

Adorna thalamum figure déjà dans l’un des plus ancien témoin du graduel grégorien, l’Antiphonaire du Mont-Blandin (f°. 95, v°). Dans cet antiphonaire de la messe, cette antienne (tout comme le tropaire Χαῖρε κεχαριτωμένη Θεοτόκε Παρθέν / Ave gratia plena Dei Genitrix Virgo) est transcrite à la fois en grec et en latin, suggérant que la pièce a pu être chantée primitivement en Occident dans les deux langues. Le grec est rendu phonétiquement en caractère latin (témoignage intéressant du reste pour comprendre comment pouvait être prononcé le grec liturgique par des gosiers barbares latinisés du Nord des Gaules).

Voici le découpage de ce texte bilingue dans le manuscrit du Mont-Blandin :

Chathacosmyso thon niphona su Sion Adorna thalamum tuum, Sion,
coe ipodexe ton basileon Christon et suscipe Regem Christum
aspase thyn Mariam amplectere Mariam
thyn epuranion phylyn quae est caelestis porta
authy bastazi thon Basileon thys doxis ipsa enim portat regem gloriae
nephyli photos yparchy parthenos novo lumine subsistit Virgo
ferusa en chersin Yon proeosforu adducens in manibus filium ante luciferum
on labon Symeon en anchales autu quem accipiens Simeon in ulnis suis
ekyrixen lais praedicavit populis
despotyn authon ene Dominum eum esse
Zois ce thanatu vitae et mortis
ce Sothyra tu chosmu et salvatorem mundi
Adorna thalamum bilingue - antiphonaire du Mont-Blandin.

Adorna thalamum bilingue : grec & latin – antiphonaire du Mont-Blandin.

L’antiphonaire du Mont-Blandin est l’un des témoins les plus anciens et plutôt complet des textes liturgiques grégoriens chantés à la messe. On le date du début du IXème siècle.

Or Côme le Moine auquel les Ménées grecs attribuent la paternité de notre antienne est régulièrement identifié comme étant saint Côme (ou Cosmas) le Mélode, appelé aussi saint Côme de Maïouma (ou de Jérusalem, ou l’Hymnographe).

Né vers 675, saint Côme de Maïouma était un orphelin damascène de pauvre extraction qui fut adopté par Serge, le père de saint Jean Damascène. Les deux enfants reçurent leur instruction du moine Côme de Sicile. Les deux frères de lait devinrent moines vers 726 à la laure de Saint-Sabbas près de Jérusalem. Tous deux furent les hymnographes les plus brillants & les plus célèbres de la liturgie grecque. Saint Côme devint évêque de Maïouma, petite ville qui était alors le port de Gaza. Il y mourut vers 760.

Quarante années seulement sépareraient la mort de l’auteur grec de l’antienne qu’on retrouve dans le manuscrit de l’abbaye du Mont-Blandin, témoin fidèle de la liturgie romaine telle qu’elle fut synthétisée et adaptée à la cour carolingienne. Une si brève période pose problème et diverses solutions peuvent être envisagées :

1ère hypothèse : L’attribution de l’apostiche Κατακόσμησον τὸν νυμφῶνά σου faite par les Ménées grecs à Côme le Moine est fausse et la pièce est plus ancienne (les deux autres apostiches idiomèles suivant ont pu être composés ultérieurement sur le modèle de Κατακόσμησον τὸν νυμφῶνά σου par Côme le Moine, d’où l’attribution commune des trois pièces).
2nde hypothèse : Côme le Moine dont il est fait allusion n’est pas saint Côme de Maïouma mais un autre hymnographe inconnu qui serait plus ancien, ou alors son précepteur Côme de Sicile, qui aurait été aussi hymnographe. Cette hypothèse est avancée par le cardinal Pitra.
3ème hypothèse : Il convient de repousser la date de rédaction de l’Antiphonaire du Mont-Blandin, des alentours de l’an 800 à la fin du IXème. Dominique Gatté a montré que les quelques neumes qu’il contient (sur le debut de l’introït Ad te levavi, longtemps pensés comme un ajout ultérieur, seraient bien de la même encre que le texte du manuscrit. Or la notation musicale avec neumes semble apparaître après 850. Soit notre manuscrit est l’unique témoin antérieur à cette date de l’existence de la notation neumatique, soit il est effectivement postérieur à 850.
4ème hypothèse enfin : Notre antienne est bien de saint Côme de Maïouma dont l’activité hymnographique a pu commencer dès les années 720 lorsqu’il devient moine à Saint-Sabbas. Son introduction dans la liturgie romaine du 2 février, comme celle du tropaire Ave plena gratia, aurait pu être le fait du pape saint Grégoire III, lequel était de Syrie. Grégoire semble né vers 690, et régna sur le trône de saint Pierre de 731 à 741. Saint Grégoire III est le 5ème des papes syriens des VIIème – VIIIème siècles. Cette concentration de Syriens sur le siège de Rome est une conséquence de l’exil de nombreux chrétiens syriens réfugiés à Rome à partir de la conquête musulmane de la Syrie (634-638). Le Liber pontificalis loue son bilinguisme latin-grec dans le chant des psaumes et son habilité aux célébrations liturgiques (la notice sur ce pape rapporte aussi qu’il ajouta quelques mots au canon romain pour l’usage exclusif d’un oratoire de Saint-Pierre). Grégoire III lutta courageusement contre l’iconoclasme que promouvait l’empereur de Constantinople, Léon III (et rejoignait de ce fait le même combat que menait en Orient son compatriote syrien saint Jean Damascène). Ce pape entretint des relations fructueuses avec Charles Martel, aussi son œuvre fut telle tenue en grande estime par les Carolingiens ultérieurs (les lettres de saint Grégoire III à Charles Martel furent collectées par ordre de Charlemagne dans le Codex epistolaris Carolinus). Tous ses éléments pourraient rendre plausible la réception dans la liturgie de Rome d’œuvres d’hymnographes syriens, & leur diffusion dans l’espace carolingien.

Quoiqu’il en soit de ces hypothèses, il demeure qu’Adorna thalamum est toujours chantée aujourd’hui encore – & au moins 1200 ans après sa composition – à la même fête du 2 février dans les rits grecs & latins, accompagnant dans un cas comme dans l’autre un mouvement de procession. Qu’en la chantant, nous soyons incités à prier pour la bonne marche de la réunion des deux Eglises, celle de l’Orient & celle de l’Occident.

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Pour mémoire, voici le texte slavon de cet apostiche idiomèle :

Adorna thalamum en slavon

Programme du XXIVème dimanche après la Pentecôte – Fête de la Présentation – ton 7

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 4 décembre 2016 du calendrier grégorien – 21 novembre 2016 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton VII de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour l’Entrée au Temple de notre très-sainte Dame la Mère de Dieu.

La fête de l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu, célébrée le 21 novembre (4 décembre grégorien), constitue l’une des 12 grandes fêtes de l’année liturgique byzantine (la 2nde dans l’ordre du calendrier des 5 grandes fêtes dédiées à la Sainte Vierge). Elle est précédée dans le rit byzantin d’un jour d’avant-fête le 20 novembre et suivie de 4 jours d’après-fête qui se clôturent le 25 novembre.

L’épisode de la présentation au Temple de Jérusalem de la Vierge Marie n’est pas scripturaire mais se trouve dans un apocryphe, le Protoévangile de Jacques. Composé probablement en Egypte avant le milieu du IInd siècle, ce texte est déjà évoqué par saint Justin (mort vers 165) dans le Dialogue avec Tryphon, par saint Clément d’Alexandrie et par Origène qui s’y réfère explicitement dans le Commentaire de saint Matthieu. Quoique contenant beaucoup de récits merveilleux visant à satisfaire la curiosité des fidèles et bien qu’il ait subi de nombreuses et complexes modifications ultérieures, le texte, de par son ancienneté, a pu toutefois recueillir des traditions orales authentiques. Voici le passage du Protoévangile de Jacques relatif à l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu :

Les mois se succédèrent pour la petit fille. Lorsqu’elle eut deux ans, Joachim dit : Menons-la au Temple du Seigneur, afin que s’accomplisse la promesse que nous avons faite, sinon le Tout-Puissant nous avertirait et l’offrande que nous lui ferions serait rejetée. Mais Anne répondit : Attendons la troisième année pour que l’enfant soit en âge de reconnaître son père et sa mère. Et Joachim répondit : Attendons !

Lorsque la petite fille eut trois ans, Joachim dit : Appelez les filles d’Hébreux de race pure, et qu’elles prennent chacune un flambeau, un flambeau qui ne s’éteindra pas. L’enfant ne devra pas retourner en arrière et son cœur ne se fixera pas hors du Temple du Seigneur. Elles obéirent à cet ordre et elles montèrent ensemble au Temple du Seigneur. Et le prêtre accueillit l’enfant et la prit dans ses bras. Il la bénit, en disant : Il a glorifié ton nom, le Seigneur, dans toutes les générations. C’est en toi qu’aux derniers jours il révélera la Rédemption qu’il accorde aux fils d’Israël ! Et il fit asseoir l’enfant sur le troisième degré de l’autel. Et le Seigneur Dieu fit descendre sa grâce sur elle. Et, debout sur ses pieds, elle se mit à danser. Et elle fut chère à toute la maison d’Israël. Les parents redescendirent du Temple, et ils étaient remplis d’admiration, et ils louaient Dieu car l’enfant ne s’était pas retournée en arrière. Et Marie demeurait dans le Temple du Seigneur, semblable à une colombe, et la main d’un Ange la nourrissait.

Ce récit de cette consécration à Dieu de la Vierge Marie est d’ailleurs si conforme à ce que la dévotion chrétienne à toujours ressenti relativement à la vie immaculée de Marie non décrite dans l’Évangile, qu’il a jouit très tôt de la faveur des fidèles. C’est ainsi qu’on voit dans la crypte de Saint-Maximin dans le Var, datant du Vème siècle, une image de la Vierge Marie orante gravée sur une pierre tombale avec l’inscription suivante en mauvais latin : Marie la Vierge servant dans le Temple de Jérusalem.

L’origine de la fête de la Présentation de la Vierge Marie au Temple serait peut-être palestinienne : la vie de saint Jean le Silentiaire, écrite au milieu du VIème siècle par Cyrille de Scythopolis, nous apprend qu’en novembre 543, à Jérusalem, eut lieu la dédicace de la basilique Sainte-Marie-la-Neuve, construite sur ordre de Justinien dans la partie méridionale de la plate-forme qui avait porté le Temple et ses annexes. Il est probable que la date du 21 novembre rappelle le souvenir de cette dédicace. En tous cas, à Constantinople, la fête de la Présentation de Marie est attestée dès le VIIIème siècle, et des homélies de saint André de Crête (mort en 740) lui sont consacrées. En 1166, Michel Comnène la mît au nombre des fêtes où étaient défendues les séances judiciaires. La fête de l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu figure parmi les 12 grandes fêtes de l’année liturgique byzantine. Le très beau tropaire de la fête (Ce jour est le prélude de la bienveillance de Dieu) fait une référence à l’Eudoxia du Gloria chanté par les Anges à Noël.

En Occident, l’Angleterre célèbre cette fête un peu avant l’occupation normande, un calendrier hongrois la note au début du XIIIème siècle. Pour le rit romain, l’introduction de cette fête est due aux soins de Philippe de Maizières, envoyé de Pierre II de Lusignan, roi de Chypre et de Jérusalem, à la cour papale d’Avignon. En effet, l’ambassadeur décrivit sous des couleurs si brillantes cette solennité orientale à Grégoire XI, que celui-ci se décida à l’introduire dans le calendrier de la Curie en 1372. Dès 1373, le roi Charles V l’introduit en la chapelle royale de France et, l’année suivante, convie tout le royaume à l’imiter, ce que fit aussi la Navarre. Comme Grégoire XI rentra à Rome après avoir fait célébrer la Présentation, cette fête devint plus importante et, peu à peu, elle fut adoptée un peu partout en Occident. Elle figure au missel romain de 1505 et à rang de fête double dans le bréviaire romain de 1550. Elle fut supprimée par saint Pie V dans le bréviaire de 1568 (la fête n’avait pas de fondement scripturaire ; or l’un des buts de la réforme tridentine était d’enlever des arguments aux protestants dans ce domaine) mais fut rétablie par le pape Sixte Quint en 1585 comme fête double puis élevée par Clément VIII en 1602 comme double majeur avec un nouvel office.

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Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de la fête. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche.
A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de la fête. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : de la fête.

A LA DIVINE LITURGIE DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME

Première antienne, Psaumes 47 & 86, ton 2
Grand est le Seigneur, & digne de toute louange, dans la cité de notre Dieu, sur sa montagne sainte (Psaume 47, 2).
R/. Par les prières de la Mère de Dieu, Sauveur, sauve-nous.
On a dit de toi des choses glorieuses, ô cité de Dieu (Psaume 86, 3).
Dieu sera connu dans ses maisons (Psaume 47, 4).
Ce que nous avons entendu, nous l’avons vu dans la cité du Seigneur (Psaume 47, 9).
Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit. Et maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.

Seconde antienne, Psaumes 45, 95, 117 & 64, ton 2
Le Très-Haut a sanctifié son tabernacle (Psaume 45, 5).
R/. Sauve-nous, ô Fils de Dieu, par les prières de la Mère de Dieu, nous qui te louons : Alléluia !
La sainteté & la splendeur sont dans son sanctuaire (Psaume 95, 6).
C’est là la porte du Seigneur, les justes entreront par elle (Psaume 117, 20).
Saint est ton temple, admirable en justice (Psaume 64, 5).
Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit. Et maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.

Troisième antienne, Psaume 44, ton 4
Tous les riches d’entre le peuple vous offriront leurs humbles prières (Psaume 44, 13).
Tropaire, ton 4 : Aujourd’hui est le prélude de la bienveillance de Dieu * et le salut des hommes est proclamé. * Dans le Temple de Dieu la Vierge est présentée * pour annoncer à tous les hommes la venue du Christ. * En son honneur, nous aussi, à pleine voix chantons-lui : * Réjouis-toi, ** accomplissement du dessein du Créateur.
Toute la gloire de celle qui est la fille du Roi lui vient du dedans, au milieu des franges d’or (Psaume 44, 14).
Des vierges seront amenées au Roi après elle ; et l’on vous présentera celles qui sont ses plus proches (Psaume 44, 15).
Elles seront présentées avec des transports de joie : on les conduira jusque dans le temple du Roi. (Psaume 44, 16).

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 7 : Tu as détruit la mort par ta croix, * ouvert au Larron le Paradis ; * changé en joie les pleurs des myrrophores * et ordonné aux apôtres de prêcher. * Tu es ressuscité, ô Christ Dieu, ** donnant au monde ta grande miséricorde !
2. Tropaire de la fête, ton 4 : Aujourd’hui est le prélude de la bienveillance de Dieu * et le salut des hommes est proclamé. * Dans le Temple de Dieu la Vierge est présentée * pour annoncer à tous les hommes la venue du Christ. * En son honneur, nous aussi, à pleine voix chantons-lui : * Réjouis-toi, ** accomplissement du dessein du Créateur.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion du dimanche, ton 7 : La puissance de la mort ne peut plus retenir les hommes, * car le Christ est descendu pour briser et détruire sa force. * Les enfers sont enchaînés, * les prophètes en chœur se réjouissent et disent : * Le Sauveur est apparu aux croyants. ** Venez, fidèles, prendre part à la Résurrection.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion de la fête, ton 7 : Le très-saint temple du Sauveur, * sa chambre nuptiale de grand prix, la Vierge, * trésor sacré de la gloire de Dieu, * en ce jour est présentée dans la maison du Seigneur ; * elle y apporte la grâce de l’Esprit divin * aussi les Anges de Dieu proclament * Voici le tabernacle céleste.

Prokimen
Du dimanche, ton 7 :
R/. Le Seigneur donne la puissance à son peuple, le Seigneur bénit son peuple dans la paix (Psaume 28, 11).
V/. Rendez au Seigneur, fils de Dieu, rendez au Seigneur la puissance & la gloire (Psaume 28, 1).
De la fête, ton 3 :
R/. Mon âme magnifie le Seigneur, et mon esprit est ravi de joie en Dieu mon Sauveur (Luc 1, 46).

Epîtres
Du dimanche : Ephésiens (§ 221) II, 14-22.
Car c’est par Lui que nous avons accès les uns et les autres auprès du Père dans un même Esprit.
De la fête : Hébreux (§ 320) IX, 1-7.
Après le second voile était le tabernacle, appelé, le Saint des saints.

Alleluia
Du dimanche, ton 7 :
V/. Il est bon de rendre grâce au Seigneur, de chanter pour ton Nom, ô Très-Haut, (Psaume 91, 1)
V/. de publier au matin ton amour, ta fidélité au long des nuits (Psaume 91, 2).
De la fête, ton 8 :
V/. Ecoute, ma fille, regarde et tends l’oreille (Psaume 44, 11).

Evangiles
Du dimanche : Luc (§ 66) XII, 16-21.
Mais Dieu dit à cet homme : Insensé que tu es ! on va te redemander ton âme cette nuit même ; et pour qui sera ce que tu as amassé ?
De la fête : Luc (§ 54) X, 38-42 ; XI, 27-28.
Jésus lui dit : Mais plutôt heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la pratiquent !

Mégalinaire à la Mère de Dieu, durant l’anaphore, ton 4 :
Les Anges s’émerveillèrent, * devant l’Entrée au Temple de la Vierge * s’étonnant de voir comme elle avançait 
jusqu’au Saint des saints.
Que de l’arche vivante de Dieu * aucune main profane n’ose s’approcher, * mais que nos lèvres fidèlement redisent sans cesse à la Mère de Dieu * le salut de l’ange Gabriel * et dans l’allégresse lui chantent: * Vierge pure, Dieu t’a élevée * plus haut que toute créature.

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
De la Mère de Dieu : J’élèverai la coupe du salut, j’invoquerai le nom du Seigneur (Psaume 115, 13). Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme de la solennité de la Purification de la Sainte Vierge au Temple

Jean Jouvenet (1644+1717) - la Purification de la Sainte Vierge et la Présentation de Jésus au Temple - 1692Saint-Eugène, le dimanche 7 février 2016, grand’messe de 19h. Secondes vêpres à 17h30.

> Catéchisme sur la fête de la Purification

Et certes il mérite bien d’être appelé juste, ce vieillard qui avait moins en vue son avantage que celui de la nation. Car tout en désirant d’être dégagé des liens d’tm corps fragile, il ne perdit pas l’espoir de contempler le Sauveur promis, estimant heureux les yeux qui le verraient. Il le prit lui-même entre ses bras, et bénissant Dieu, il dit : « C’est maintenant, Seigneur, que, selon votre parole, vous laissez votre serviteur s’en aller en paix ». Vois comme ce juste pour qui la masse de son corps est une prison, souhaite d’en être délivré, afin de pouvoir commencer d’être avec Jésus-Christ ; car se voir dégagé des liens du corps et être avec Jésus-Christ est beaucoup plus avantageux.
Homélie de saint Ambroise, évêque, VIIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

  • Bénédiction des cierges
  • Distribution des cierges bénis :
    Cantique de Siméon: Nunc dimittis (Luc 2, 29-31) – Faux-bourdon du 8ème ton par Maxime Kovalevski (1903 † 1988)

  • Kyriale IV – Cunctipotens Genitor Deus
  • Credo III
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Diffusa est gratia, motet à la Bienheureuse Vierge Marie de Giovanni Maria Nanini (1540 † 1607), maître de chapelle de Saint-Louis des Français puis de la Chapelle Sixtine
  • A l’élévation : O salutaris géorgien – Sur l’air de « Shen Khar Venakhi » – « Tu es la vigne » – chant géorgien de l’école de Kakhétie – adaptation : Henri de Villiers
  • Pendant la communion : Ave maris stella – hymne des fêtes de la Sainte-Vierge, à vêpres – extrait des Vespro della Beata Vergine (1610) de Claudio Monteverdi (1567 † 1643), maître de chapelle à Mantoue puis de Saint-Marc de Venise (d’autres extraits des Vêpres de la Vierge de Monteverdi seront chantées à Vêpres à 17h30)
  • Ite missa est IV
  • Au dernier Evangile : Ave regina cœlorum

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Programme de la fête de la Purification de la Sainte Vierge au Temple (Chandeleur)

Procession de la Chandeleur (2 février)Saint-Eugène, le mardi 2 février 2016, procession & messe solennelle de 19h.

> Catéchisme sur la fête de la Purification

Mais celui qui veut partir ainsi doit venir au temple, venir à Jérusalem, attendre l’Oint du Seigneur, recevoir dans ses mains le Verbe de Dieu, l’embrasser par ses bonnes œuvres qui sont comme les bras de la foi. Alors il s’en ira paisiblement, et ne verra point la mort éternelle, puisqu’il aura vu la Vie. Tu vois que la naissance du Seigneur répand la grâce avec abondance sur toute sorte de personnes, et que le don de prophétie est refusé aux incrédules, mais non aux justes. Voici donc Siméon prophétisant que le Seigneur Jésus-Christ est venu pour la ruine et pour la résurrection d’un grand nombre, pour discerner ce que méritent les bons et les méchants, et pour décerner, juge infaillible, juge équitable, des supplices ou des récompenses, selon la qualité de nos actes.
Homélie de saint Ambroise, évêque, IXème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

  • Procession d’entrée : Fumant Sabæis – hymne pour la Fête de la Purification – texte de Jean-Baptiste de Santeul, chanoine de Saint-Victor de Paris (Hymni sacri et novi, 1689) – plain-chant composé par l’abbé Pierre Robert (1618 † 1699), maître de chapelle des cathédrales de Senlis, Reims et Paris, et de la Chapelle royale
  • Bénédiction des cierges
  • Distribution des cierges bénis :
    Cantique de Siméon: Nunc dimittis (Luc 2, 29-31) – Faux-bourdon du 8ème ton par Maxime Kovalevski (1903 † 1988)
    Ave gratia plena, antienne de l’ancien rit parisien, tropaire de cette même fête au rit byzantin, anciennement traduit en latin
    Antienne Exsurge, Domine
  • Procession de la Chandeleur : antiennes Adorna thalamum & Responsum accepit – répons Obtulerunt pro eo. L’antienne Adorna thalamum est un des apostiches idiomèles des grandes vêpres de cette fête au rit byzantin, composition de saint Côme de Maïouma († vers 787), introduite par la suite comme antienne processionnelle dans le rit romain.
  • Kyrie de la Messe de Minuit pour Noël (H. 9) de Marc-Antoine Charpentier (1643 † 1704) maître de la musique de la Sainte Chapelle
    • Kyrie sur le vieux noël « Joseph est bien marié »
    • Christe sur le vieux noël « Or nous dites Marie »
    • Kyrie sur le vieux noël « Une jeune pucelle de noble cœur »
  • Gloria de la Messe de Minuit pour Noël (H. 9) de Marc-Antoine Charpentier
    • Laudamus te sur le vieux noël « Tous les bourgeois de Chastre »
    • Quoniam tu solus sanctus sur le vieux noël « Où s’en vont ces gays bergers »
  • Credo III
  • Sanctus : Sanctus de la Messe de Minuit de Marc-Antoine Charpentier, sur le vieux noël « O Dieu que n’estois-je ne vie »
  • Après la Consécration : O salutaris sur le vieux noël « A la venue de Noël » – Henri de Villiers
  • Agnus Dei de la Messe de Minuit de Marc-Antoine Charpentier, sur le vieux noël « A Minuit fut fait un réveil »
  • Pendant la communion : Prose parisienne de la fête de la Purification
  • Ite missa est IV
  • Au dernier Evangile : Alma Redemptoris Mater
  • Procession de sortie : Sion orne ta chambre nuptiale – Antienne Adorna thalamum de saint Cosmas de Maïouma – VIIème ton russe stichéarique – adaptation de Maxime Kovalevsky (1903 † 1988), maître de chapelle à Paris

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