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La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Programme de la fête des Saints Innocents

Guido Reni, le massacre des Saints InnocentsSaint-Eugène, le dimanche 28 décembre 2025, messe solennelle de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

Nous célébrons aujourd’hui, mes très chers frères, la fête de ces enfants que l’Évangile nous dit avoir été tués par l’ordre du cruel roi Hérode. Que la terre se livre donc aux transports de la joie, elle qui est la mère féconde de ces célestes soldats et qui enfante de tels prodiges. Certes, ce tyran impie n’aurait jamais pu être aussi utile à ces bienheureux enfants par son affection, qu’il leur a été utile par sa haine. Car, comme le manifeste la sainte solennité de ce jour, autant l’iniquité a abondé contre ces bienheureux enfants, autant se sont répandues sur eux les grâces et les bénédictions célestes.
Sermon de saint Augustin, évêque, IVème leçon des vigiles nocturnes de ce jour, au second nocturne.

La fête des Saints Innocents est très ancienne dans l’Eglise d’Occident à la date du 28 décembre, 4ème jour dans l’octave de Noël. Elle apparait déjà en ce jour dans le calendrier de Carthage qui remonte vraisemblablement au Vème siècle ; comme nous l’avons vu dans la leçon ci-dessus, saint Augustin († 430) la célébrait. Nous possédons aussi des sermons de saint Pierre Chrysologue († avant 451) et de saint Césaire d’Arles († 543) pour cette fête. Elle figure également dans les Sacramentaires léonien (qui contient deux formulaires de messe), gélasien (où la collecte de notre missel est déjà présente) et bien sûr grégorien (qui contient les mêmes trois oraisons de la messe encore présentes aujourd’hui dans le missel de saint Pie V).

Il est probable que d’Afrique et de Rome, cette fête du cycle de la Nativité se soit diffusée en Orient, dans le sillage de l’acceptation par les Eglises orientales de la fête de Noël à partir de la fin du IVème siècle. Le rit byzantin comme le copte la placent au 29 décembre. Le rit mozarabe quant à lui préfère positionner la fête des Innocents le 8 janvier, deux jours après l’Epiphanie. Le rit syriaque en revanche l’anticipe au 23 septembre, déconnectant ainsi cette fête de celle de Noël.

Dans le rit romain, la fête des Saints Innocents connait une particularité liturgique unique :

  • Lorsque la fête du 28 décembre tombe en semaine, elle est célébrée en violet avec chasubles pliées pour le diacre et le sous-diacre, sans Te Deum à matines, sans Gloria, ni Alleluia (remplacé par un Trait) ni Ite missa est (remplacé par Benedicamus Domino) à la messe, et il était prescrit de faire maigre.
  • Lorsque la fête du 28 décembre tombe un dimanche (ou lorsqu’elle est célébrée dans une église dédiée aux Saints Innocents) ainsi que son jour octave le 4 janvier, elle est célébrée en rouge, avec dalmatique et tunique pour le diacre et le sous-diacre, Te Deum à matines, Gloria, Alleluia (sans Trait) & Ite missa est à la messe, sans abstinence.

A la sainte messe :

  • Procession d’entrée : Noël suisse – noël d’orgue de Louis-Claude d’Aquin (1694 † 1772), organiste de la Chapelle Royale & de Notre-Dame de Paris
  • Asperges me
  • Réponses polyphoniques aux récitatifs liturgiques de la sainte messe – Henri de Villiers
  • Introït – Ex ore infantium (ton ii.)
  • Kyriale selon les anciens usages parisiens depuis au moins le XIIIème siècle
  • Kyrie XII – Pater cuncta
  • Gloria XV
  • Epître : Apocalypse XIV, 1-5 : Ceux-là suivent l’Agneau partout où il va ; ils ont été rachetés d’entre les hommes pour être consacrés à Dieu et à l’Agneau comme des prémices. Et il ne s’est point trouvé de mensonge dans leur bouche : car ils sont purs et sans tache devant le trône de Dieu.cantilène médiévale de l’épître des Saints Innocents, selon la tradition d’Amiens
  • Graduel – Anima nostra (ton v.)
  • Alleluia – Laudate pueri (ton iv.)
  • Evangile : Matthieu II, 13-18 : Alors Hérode voyant que les mages s’étaient moqués de lui, entra dans une grande colère ; et il envoya tuer dans Bethléhem, et dans tout le pays d’alentour, tous les enfants âgés de deux ans et au-dessous, selon le temps dont il s’était enquis exactement des mages.
  • Credo III
  • Offertoire – Anima nostra (ton ii.)
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Puer natus in Bethlehem – trope du Benedicamus Domino (texte d’après le processional de l’abbaye bénédictine de Saint-Georges de Prague c. 1280-1320, mélodie moderne)
  • Sanctus I
  • A l’élévation : O salutaris sur le vieux noël « A la venue de Noël » – Henri de Villiers
  • Agnus Dei I
  • Pendant la communion : Une jeune Pucelle – noël d’orgue de Jean-François d’Andrieu (1682 † 1738), organiste de Saint-Barthélémy et du Roi à Versailles
  • Communion – Vox in Rama (ton vii.)
  • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite missa est – ton parisien pour les doubles & semi-doubles
  • Au dernier Evangile : Alma Redemptoris Mater
  • Procession de sortie : Silence, ciel ! silence, terre ! – Noël de Normandie du XVIIIème siècle – harmonisation – Henri de Villiers
  • IIndes vêpres des Saints Innocents. Au salut du Très-Saint Sacrement :

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    Cantilène de l’épître de la fête des Saints Innocents

    Epître des saints Innocents - plain-chant d'Amiens

    Epître des saints Innocents - plain-chant d'Amiens
    Epître des saints Innocents - plain-chant d'Amiens

    Livret PDF téléchargeable.

    Texte (Apocalypse XIV, 1-5) :

    In diébus illis : Vidi supra montem Sion Agnum stantem, et cum eo centum quadragínta quatuor mília, habéntes nomen ejus, et nomen Patris ejus scriptum in fróntibus suis. Et audívi vocem de cœlo, tamquam vocem aquárum multárum, et tamquam vocem tonítrui magni : et vocem, quam audívi, sicut citharœrórum citharizántium in cítharis suis. Et cantábant quasi cánticum novum ante sedem, et ante quátuor animália, et senióres : et nemo póterat dícere cánticum, nisi illa centum quadragínta quátuor mília, qui empti sunt de terra. Hi sunt, qui cum muliéribus non sunt coinquináti : vírgines enim sunt. Hi sequúntur Agnum, quocúmque íerit. Hi empti sunt ex homínibus primítiæ Deo, et Agno : et in ore eórum non est invéntum mendácium : sine mácula enim sunt ante thronum Dei. En ces jours là : Je vis ensuite l’Agneau debout sur la montagne de Sion, et avec lui cent quarante-quatre mille personnes, qui avaient son nom, et le nom de son Père, écrit sur le front. J’entendis alors une voix qui venait du ciel, semblable à un bruit de grandes eaux, et au bruit d’un grand tonnerre ; et cette voix que j’entendis était comme le son de plusieurs joueurs de harpe qui touchent leurs harpes. Ils chantaient comme un cantique nouveau devant le trône, et devant les quatre animaux et les vieillards ; et nul ne pouvait chanter ce cantique, que ces cent quarante-quatre mille qui ont été rachetés de la terre. Ce sont là ceux qui ne se sont point souillés avec les femmes, car ils sont vierges. Ceux-là suivent l’Agneau partout où il va ; ils ont été rachetés d’entre les hommes pour être consacrés à Dieu et à l’Agneau comme des prémices. Et il ne s’est point trouvé de mensonge dans leur bouche : car ils sont purs et sans tache devant le trône de Dieu.

    Sources :

    • Abbé Jean Lebeuf, Traité historique et pratique sur le chant ecclésiastique. Paris, Hérissant, p. 129-132.
    • Dr Marcel Jérôme Rigollot, Epîtres farcies telles qu’on les chantait dans les Eglises d’Amiens au XIIIème siècle. Amiens, Caron-Vitet, 1838.

    Cette cantilène propre à l’épître de la fête des Saints Innocents (28 décembre) était autrefois chantée entremêlée de vers français qui paraphrasaient le texte latin, ce qu’on appelait au Moyen-Age une épître farcie. Ces épîtres étaient chantées par deux ou trois sous-diacres à certaines fêtes de l’année, surtout pendant la période autour de la fête de Noël, de la saint Nicolas à l’Epiphanie. On trouve des épîtres farcies assez fréquemment dans les manuscrits liturgiques du XIIème & XIIIème, puis l’usage semble se restreindre voire disparaître. On en composa tout de même encore quelques unes au XIVème siècle, et on en chantait encore, avec leurs textes en vieux français, dans certaines provinces de France au beau milieu du XVIIIème siècle, surtout celle de saint Etienne, probablement la plus ancienne. Pour les linguistes qui étudient l’histoire de la langue française, ces farces sont d’une haute valeur, car elles figurent parmi les plus anciens témoignages écrits du français, décliné dans ses nombreuses formes régionales

    Voici le début de cette épître des Saints Innocents transcrite par l’Abbé Lebeuf dans son fameux Traité sur le chant ecclésiastique, avec les farces en vieux picard :

    Epître farcie de la fête des Saints Innocents - plain-chant d'Amiens

    Epître farcie de la fête des Saints Innocents - plain-chant d'Amiens

    Epître farcie de la fête des Saints Innocents - plain-chant d'Amiens

    Epître farcie de la fête des Saints Innocents - plain-chant d'Amiens

    On notera que la paraphrase française évolue dans le même VIIème que la cantilène du texte latin, mais sur un chant qui ne décalque pas celui-ci. Dans d’autres épîtres farcies, toutes les strophes reproduisent la même mélodie, distincte de celle du latin qui évolue plus librement d’une verset à l’autre. Il est probable qu’on aura composé les vers français pour s’insérer dans la cantilène latine préexistante.

    Ces cantilènes, du moins pour le texte latin, sont-elles anciennes ? Probablement. Notons qu’on les retrouve sur des tons similaires d’un diocèse à un autre. Les deux exemples que donne l’Abbé Lebeuf de l’épître farcie de la fête de saint Etienne (26 décembre), tirés à la fois des livres d’Amiens (vers l’an 1250) et d’une église de la province Lyon ou de Sens (vers l’an 1400) montrent en effet des mélodies – tant latines que françaises – très proches, avec pourtant des paroles différentes pour les paraphrases françaises (sauf dans la première strophe).

    De ce fait, les épîtres farcies sont précieuses car elles nous permettent d’avoir un écho de la très grande variété des cantilènes liturgiques qui dût être en usage pour chanter les différents épîtres et évangiles de l’année ; elles sont donc le souvenir d’un état ancien de la liturgie, beaucoup plus riche que ce qui est parvenu jusqu’à nous (les livres liturgiques romains depuis le XVIIème siècle ne comportent plus que deux tons pour l’épître, dont l’un est le recto-tono).

    Le chant de l’épître des Saint Innocents cité par Lebeuf est tiré des anciens livres liturgiques d’Amiens. La farce française y comporte pas moins de 130 vers, tous en rimes masculines pour faciliter leur adaptation au plain-chant. Nous n’avons conservé que le chant des versets latins, sans leurs paraphrases versifiées en français, & complété les premiers versets que donne l’Abbé Lebeuf à partir du travail fait au XIXème siècle par le Dr Rigollot. Le choix du VIIème ton, qui possède naturellement un ambitus très ample, a peut-être été guidé par le sens du texte, la mélodie s’élevant sur le second verset pour rendre compte du texte :

    Et audívi vocem de cœlo, tamquam vocem aquárum multárum, et tamquam vocem tonítrui magni.
    J’entendis alors une voix qui venait du ciel, semblable à un bruit de grandes eaux, et au bruit d’un grand tonnerre.

    Notons que le 4ème verset surtout (et dans une mesure le 5ème verset), reproduit une psalmodie du VIIème ton, et celle-ci est peut-être la source inspiratrice de cette cantilène de l’épître des Innocents.

    Les livres de Paris ne nous ont pas conservé d’épîtres farcies, il est vrai qu’on n’a gardé que peu de manuscrits liturgiques de notre ville antérieurs à la moitié du XIIIème siècle. Est-ce à dire que notre diocèse avait répugné à chanter des épîtres farcies ?

    Non ! Dans une intéressante ordonnance prise en1198 par l’évêque Eude de Sully afin de régler la célébration de la fête de la Circoncision, le 1er janvier, à Paris, on notera le passage suivant, qui atteste que notre ville, à l’instar des autres diocèses de France, connaissait bien l’usage des épîtres farcies :

    Missa similiter cum ceteris Horis ordinate celebrabitur a aliquo prœdictorum, hoc addito quod Epistola cum farsia dicetur a duobus in cappis sericeis. La messe de même, comme les autres heures, sera célébrée par l’un de ceux sus-mentionnés, en ajoutant qu’une épître avec farce sera dite par deux en chapes de soie.