Guillaume Bouzignac – Ecce festivitas amoris – motet du Jeudi Saint

Guillaume Bouzignac (c. 1587 † ap. 1643), maître de chapelle des cathédrales d’Angoulême, de Bourges, de Rodez, de Clermont-Ferrand & de la collégiale Saint-André de Grenoble.
Ecce festivitas amoris – motet du Jeudi Saint
5 voix mixtes (SSTTB ou SSATB).
4 pages – Sol mineur (ton original : La mineur).

Ce motet très original – tant par son texte que par sa musique – est manifestement destiné à être chanté pour le Jeudi Saint, où l’Eglise fête l’institution de l’Eucharistie, mais où l’éclat de cette fête est minoré par les tristesses de la Passion (c’est la raison du reste de l’institution de la Fête-Dieu le jeudi après la Trinité, afin de pouvoir fêter pleinement l’Eucharistie hors d’un temps de deuil et de pénitence). Comme d’autre motets de Bouzignac, Ecce festivitas amoris voit le retour régulier des mêmes phrases musicales – ritournelles habilement déclinées qui forment un élément fort de d’unité structurelles, mais aussi l’accumulation de phrases brèves et incisives, d’exclamations, de soupirs, combinés avec des changements de textures ou de combinaisons de voix. Les oppositions des idées (la joie de l’eucharistie / la tristesse de la passion) est habilement rendue par les mêmes oppositions musicales et les changements rythmiques. Tout cela contribue à créer une tension dramatique réelle et à faire des petits motets de Bouzignac des petites scènes sacrées, sortes d’oratorios miniatures (à comparer par exemple avec l’Ave Maria pour l’Incarnation sur ce même site).

Notre partition est baissée d’un ton par rapport au manuscrit Deslauriers (sol mineur au lieu de La mineur). Nous la distribuons en deux versions, la troisième voix étant notée soit pour un alto soit pour un ténor.

Ecce festívitas amóris,
ergo dies lætítiæ
et lacrimárum.
Datur Corpus Christi,
ergo dies lætítiæ.
Recólitur pœnas.
Ecce memória Passiónis.
O amor !
O dolor !
Pavésco !
Stupésco !
Ecce dies lætítiæ.
O mel dulcis !
Ecce memória Passiónis.
O lactúca amára !
Hæc admirátio non parit verbum
sed siléntium.
Ecce festívitas amóris,
ecce memória Passiónis.
  Voici la fête de l’amour
c’est donc un jour de joie
et de larmes.
Le Corps du Christ nous est donné,
c’est donc un jour de joie.
Nous nous souvenons des peines.
Voici la mémoire de la Passion.
O amour !
O douleur !
Je crains !
Je suis stupéfait !
Voici le jour de joie.
O miel doux !
Voici la mémoire de la Passion.
O herbe amère !
Cette stupéfaction ne suscite pas de parole,
mais le silence.
Voici la fête de l’amour,
voici la mémoire de la Passion.

Les premières mesures de cette partition :

Ecce festivitas amoris - Guillaume Bouzignac - motet pour le Jeudi saint

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Ecce festivitas amoris - Guillaume Bouzignac - motet pour le Jeudi saint - manuscrit Deslauriers

Ecce festivitas amoris – Guillaume Bouzignac – motet pour le Jeudi saint – manuscrit Deslauriers (f. 107-107v – BnF Rés. Vma ms 571).

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