Programme du Grand & Saint Jeudi

La Cène du Seigneur - Grand & Saint JeudiParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le jeudi 25 avril 2019 du calendrier grégorien – 12 avril 2019 du calendrier julien, vêpres et divine liturgie de saint Basile le Grand de 12h.

On célèbre aujourd’hui la divine liturgie de saint Basile le Grand, unie avec les vêpres. La liturgie de ce jour nous rappelle la dernière Cène avec le lavement des pieds des Apôtres & l’institution de la Sainte Eucharistie. En outre, elle porte son attention sur la trahison de Judas, qui osa participer à ce dernier repas, tout en ayant au cœur la volonté de livrer son Maître & qui ne le quitta que pour aller consommer son forfait.

Dans le rit byzantin, le lavement des pieds est une cérémonie à part qui a lieu après la liturgie & qui n’est pas célébré au sanctuaire (comme dans le rit romain avant les réformes de 1955). Cette cérémonie n’est accomplie que par les évêques.

Au lucernaire des vêpres, ton 2
1er & 2nd stichères : En cet instant se réunit le conseil des Juifs * pour livrer le Démiurge et Fondateur à Pilate. * Iniques, infidèles sont-ils * ceux qui destinent au jugement * Celui qui doit venir juger les vivants et les morts, * et destinent à la passion Celui qui soigne les passions. ** Seigneur longanime, grande est ta miséricorde : gloire à Toi !
3ème & 4ème stichères : Judas l’inique, ayant durant la Cène / mis sa main dans le plat avec toi, Seigneur, / tendit la main vers les iniques pour en recevoir de l’argent ; / lui qui estimait le coût de la myrrhe / il n’a pas craint de te vendre, ô Toi l’Inestimable ; / Lui qui donna son pied pour le faire laver / il embrassa trompeusement le Maître pour Le livrer aux iniques. / Déchu du chœur des apôtres, ayant laissé choir les trente deniers, / il ne vit pas Ta Résurrection du troisième jour. / C’est par elle que nous Te disons : prend pitié de nous.
5ème & 6ème stichères : Judas le traître trompeur, / livra d’un baiser trompeur le Sauveur et Seigneur ; / il vendit le Maître de tous comme un esclave aux iniques, / et, comme une brebis destinée à l’abattoir, / l’Agneau de Dieu, le Fils Du Père, le suivit : / Il est plein de miséricorde.
7ème & 8ème stichères : Judas le serviteur et le trompeur, / le disciple et le fourbe / l’ami et le diable s’est dévoilé dans ses œuvres ; / il suivait le Maître et échafaudait en lui-même la trahison / se disant : je Le livrerai / et c’est à moi que reviendront toutes les possessions rassemblées. / Il cherchait à vendre la myrrhe et à s’emparer de Jésus par la tromperie : / il donna l’accolade, et donna le Christ / et, comme la brebis destinée à l’abattoir, / l’Agneau de Dieu le suivit : / c’est Lui le seul Compatissant et Ami des hommes.
9ème & 10ème stichères : L’Agneau qu’annonçait Isaïe vient de lui-même à l’abattoir ; / Il offre Son dos aux coups des flagelles et Ses joues aux gifles ; / Il ne détourne pas son visage du déshonneur des crachats ; / Il se laisse condamner à une mort ignoble : / Celui qui est sans péché supporte tout / afin de donner à tous la Résurrection d’entre les morts.
Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen. – ton 6
Doxastikon, ton 6 : Judas est en vérité de cette engeance de serpents venimeux * qui, dans le désert, mangèrent la Manne et murmurèrent contre le Nourricier : * alors même que leur bouche était encore pleine de leur pitance, * les ingrats se récrièrent contre Dieu ; * et lui, le profanateur, * alors qu’il portait à sa bouche le Pain Céleste, * il élabora la trahison contre le Sauveur. * O pensée écœurante et audace inhumaine ! * Il vendait Celui qui le nourrissait, * et envoyait à la mort le Maître qui pourtant l’aimait. * En vérité il était leur fils inique * et, avec eux, reçut en partage la ruine. * Pour nous, Seigneur épargne à notre âme une telle inhumanité, * Toi le seul infiniment longanime.

Procession avec l’évangéliaire & Chant de l’hymne vespérale Joyeuse Lumière.

Premier Prokimen, ton 1
R/. Délivre-moi, Seigneur, de l’homme pervers * et de l’homme injuste sauve-moi. (Psaume 139, 1)
V/. De ceux qui méditent l’injustice en leur cœur. (Psaume 139, 2)

Première parémie
Exode XIX, 10-19.
Et qu’ils soient prêts pour le troisième jour : car dans trois jours le Seigneur descendra devant tout le peuple sur la montagne de Sinaï.

Second Prokimen, ton 7
R/. Délivre-moi de mes ennemis, ô Dieu * et de mes adversaires sauve-moi. (Psaume 58, 2)
V/. Sauve-moi de qui fait le mal. (Psaume 58, 1)

Seconde parémie
Job XXXVIII, 1-21 & XLII, 1-5.
Les portes de la mort vous ont-elles été ouvertes ? les avez-vous vues, ces portes noires, ténébreuses ?

Troisième parémie
Isaïe L, 4-11.
J’ai abandonné mon corps à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m’arrachaient le poil de la barbe : je n’ai point détourné mon visage de ceux qui me couvraient d’injures et de crachats.

Petite synaptie & Trisaghion.

Troisième Prokimen, ton 7
R/. Les princes des peoples s’unissent pour conspirer * contre le Seigneur & contre son Christ. (Psaume 2, 2)
V/. Pourquoi ce tumulte parmi les nations, ce vain grondement parmi les peuples ? (Psaume 2, 1)

Epitre
I Corinthiens (§ 149) XI, 23-32.
Et ayant rendu grâces, le rompit, et dit : Prenez et mangez : ceci est mon corps, qui sera livré pour vous : faites ceci en mémoire de moi.

Alleluia, ton 6
V/. Heureux qui pense au pauvre & au faible : au jour de malheur, le Seigneur le délivre. (Psaume 40, 2)
V/. Mes ennemis disent de moi méchamment : Quand va-t-il mourir, pour que périsse son nom ? (Psaume 40, 10)
V/. Celui qui mangeait mon pain se vante de me faire tomber. (Psaume 40, 11)

Evangile
Dit « de la Nouvelle Alliance : combinaison de Matthieu (§ 107), XXVI, 1-20Jean (§ 44), XIII, 3-17Matthieu (§ 108) XXVI, 21-39Luc (§ 109), XXII, 43-45Matthieu (§ 108), XXVI, 40 – XXVII, 2.
Vous savez que la pâque se fera dans deux jours ; et le Fils de l’homme sera livré pour être crucifié.

A la Grande Entrée
Au lieu de l’hymne des chérubins ordinaire, on chante l’hymne du Jeudi Saint :
A ta Cène mystique, fais-moi participer en ce jour, ô Fils de Dieu. Je ne révèlerai pas ton mystère à tes ennnemis ; je ne te donnerai pas un baiser comme Judas ; mais avec le larron, je te confesserai. Souviens-toi de moi, Seigneur, quand tu viendras dans ton Royaume. Alléluia, alléluia, alléluia.

Mégalinaire à la Mère de Dieu durant l’anaphore :
Fidèles, venez dans la chambre haute * jouissons de l’hospitalité du Maître et de la Table immortelle * Elevons nos cœurs. Apprenons la parole suprême ** du Verbe que nous exaltons.

Verset de communion
On chante à nouveau l’hymne du Jeudi Saint : A ta Cène mystique, comme à la Grande entrée. On le répète encore une fois après la communion à la place du stichère de la Pentecôte Nous avons vu la vraie lumière, lequel ne se dit plus du reste jusqu’à la Pentecôte.

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Programme du Jeudi Saint

La Cène - gravure tirée d'un canon pontifical
Saint-Eugène, le jeudi 18 avril 2019, messe solennelle de 20h30, suivie de la procession au reposoir, du dépouillement des autels & de l’office des Ténèbres.
Répétition à 19h45 pour l’ensemble du chœur.

La messe du Jeudi Saint a une importance toute particulière, puisqu’il s’agit de la solennité commémorative de la dernière Cène, laquelle se trouve être aussi la première messe.

A Rome, la station est aujourd’hui en l’Archibasilique du Très-Saint-Sauveur (Saint-Jean de Latran), l’église cathédrale du Pape, père de la chrétienté.

Procession du Très-Saint Sacrement au tombeau, après la messe du Jeudi Saint - gravure de PicardLa liturgie de cette messe est tout à fait saisissante et touchante, elle présente en effet une double impression, de joie et de tristesse. C’est tout d’abord une impression de joie qui domine le début de la messe. L’autel est orné ; la croix du maître-autel est voilée de blanc ; le prêtre monte à l’autel en ornements blancs ; l’orgue fait entendre ses accents éclatants ; on chante le joyeux Gloria qu’on n’a pas entendu depuis longtemps ; pendant le Gloria, on sonne, pour la dernière fois, les cloches. Ensuite, les cloches & les orgues se taisent. Sur cette fête joyeuse, qui est consacrée à l’institution du Sacrement de l’autel, s’étend soudain alors un voile de profonde tristesse : l’Eglise participe alors à la déréliction & à l’agonie de son Maître au Jardin des Oliviers.

A la messe de la Cène

Office des Ténèbres du Vendredi Saint

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Office des Ténèbres du Jeudi Saint

Chandelier de TénèbresSaint-Eugène, le mercredi 17 avril 2019. Office de Ténèbres du Jeudi Saint (chanté dans la nuit du mercredi au jeudi) à 20h.

Pour une description de l’office de Ténèbres, on pourra ce reporter à cet article.

Lamentations de Couperin : Clotilde Cellier et Alix de La Motte de Broöns
Miserere de Nivers : Anne-Marie Lutz
Violoncelle : Augustin d’Oliveira, violoncelle
Orgue : Touve R. Ratovondrahety

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Guillaume Bouzignac – Ecce festivitas amoris – motet du Jeudi Saint

Guillaume Bouzignac (c. 1587 † ap. 1643), maître de chapelle des cathédrales d’Angoulême, de Bourges, de Rodez, de Clermont-Ferrand & de la collégiale Saint-André de Grenoble.
Ecce festivitas amoris – motet du Jeudi Saint
5 voix mixtes (SSTTB ou SSATB).
4 pages – Sol mineur (ton original : La mineur).

Ce motet très original – tant par son texte que par sa musique – est manifestement destiné à être chanté pour le Jeudi Saint, où l’Eglise fête l’institution de l’Eucharistie, mais où l’éclat de cette fête est minoré par les tristesses de la Passion (c’est la raison du reste de l’institution de la Fête-Dieu le jeudi après la Trinité, afin de pouvoir fêter pleinement l’Eucharistie hors d’un temps de deuil et de pénitence). Comme d’autre motets de Bouzignac, Ecce festivitas amoris voit le retour régulier des mêmes phrases musicales – ritournelles habilement déclinées qui forment un élément fort de d’unité structurelles, mais aussi l’accumulation de phrases brèves et incisives, d’exclamations, de soupirs, combinés avec des changements de textures ou de combinaisons de voix. Les oppositions des idées (la joie de l’eucharistie / la tristesse de la passion) est habilement rendue par les mêmes oppositions musicales et les changements rythmiques. Tout cela contribue à créer une tension dramatique réelle et à faire des petits motets de Bouzignac des petites scènes sacrées, sortes d’oratorios miniatures (à comparer par exemple avec l’Ave Maria pour l’Incarnation sur ce même site).

Notre partition est baissée d’un ton par rapport au manuscrit Deslauriers (sol mineur au lieu de La mineur). Nous la distribuons en deux versions, la troisième voix étant notée soit pour un alto soit pour un ténor.

Ecce festívitas amóris,
ergo dies lætítiæ
et lacrimárum.
Datur Corpus Christi,
ergo dies lætítiæ.
Recólitur pœnas.
Ecce memória Passiónis.
O amor !
O dolor !
Pavésco !
Stupésco !
Ecce dies lætítiæ.
O mel dulcis !
Ecce memória Passiónis.
O lactúca amára !
Hæc admirátio non parit verbum
sed siléntium.
Ecce festívitas amóris,
ecce memória Passiónis.
  Voici la fête de l’amour
c’est donc un jour de joie
et de larmes.
Le Corps du Christ nous est donné,
c’est donc un jour de joie.
Nous nous souvenons des peines.
Voici la mémoire de la Passion.
O amour !
O douleur !
Je crains !
Je suis stupéfait !
Voici le jour de joie.
O miel doux !
Voici la mémoire de la Passion.
O herbe amère !
Cette stupéfaction ne suscite pas de parole,
mais le silence.
Voici la fête de l’amour,
voici la mémoire de la Passion.

Les premières mesures de cette partition :

Ecce festivitas amoris - Guillaume Bouzignac - motet pour le Jeudi saint

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Ecce festivitas amoris - Guillaume Bouzignac - motet pour le Jeudi saint - manuscrit Deslauriers

Ecce festivitas amoris – Guillaume Bouzignac – motet pour le Jeudi saint – manuscrit Deslauriers (f. 107-107v – BnF Rés. Vma ms 571).

Programme du Jeudi Saint

La Cène - gravure tirée d'un canon pontifical
Saint-Eugène, le jeudi 29 mars 2018, messe solennelle de 21h, suivie de la procession au reposoir, du dépouillement des autels & de l’office des Ténèbres.
Répétition à 19h30 pour l’ensemble du chœur.

La messe du Jeudi Saint a une importance toute particulière, puisqu’il s’agit de la solennité commémorative de la dernière Cène, laquelle se trouve être aussi la première messe.

A Rome, la station est aujourd’hui en l’Archibasilique du Très-Saint-Sauveur (Saint-Jean de Latran), l’église cathédrale du Pape, père de la chrétienté.

Procession du Très-Saint Sacrement au tombeau, après la messe du Jeudi Saint - gravure de PicardLa liturgie de cette messe est tout à fait saisissante et touchante, elle présente en effet une double impression, de joie et de tristesse. C’est tout d’abord une impression de joie qui domine le début de la messe. L’autel est orné ; la croix du maître-autel est voilée de blanc ; le prêtre monte à l’autel en ornements blancs ; l’orgue fait entendre ses accents éclatants ; on chante le joyeux Gloria qu’on n’a pas entendu depuis longtemps ; pendant le Gloria, on sonne, pour la dernière fois, les cloches. Ensuite, les cloches & les orgues se taisent. Sur cette fête joyeuse, qui est consacrée à l’institution du Sacrement de l’autel, s’étend soudain alors un voile de profonde tristesse : l’Eglise participe alors à la déréliction & à l’agonie de son Maître au Jardin des Oliviers.

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