Vous êtes chanteurs ou instrumentistes et vous souhaitez vous engager au service de la liturgie traditionnelle, n’hésitez pas à nous rejoindre !

La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Annonce du résultat du concours pour la cathédrale orthodoxe russe de Paris

L’agence de presse russe Itar Tass a annoncé cet après-midi dans une dépêche le résultat du concours international d’architecture pour la construction d’une cathédrale orthodoxe et d’un centre culturel russe dans le 7e arrondissement de Paris tout près de la Tour Eiffel. L’équipe gagnante est une équipe franco-russe regroupant les cabinets d’architectes Sade (Manuel Nunez Yanowsky/Miriam Teitelbaum) et Arch Group.

Ce projet avait recueilli par ailleurs les suffrages les plus nombreux des internautes, parmi les 10 candidatures admises à concourir, retenues parmi 444 projets. Il allie un respect des formes architecturales canoniques byzantines (la cathédrale sera orientée) & une ouverture à la modernité par sa voile en verre se développant autour de la cathédrale.

Les différentes images du projet retenu peuvent être consultées ici.

Le terrain, d’une superficie de 4.245 m2, se situe quai Branly au bord de la Seine et était occupé auparavant par les locaux de Météo France. Il est délimité par la rue de l’Université, l’avenue Rapp et le Quai Branly, et offre un angle à très forte visibilité depuis le Pont de l’Alma. En limite séparative ouest, la parcelle est bordée par le Palais de l’Alma, construit en 1861 par l’architecte Jacques-Martin Tétaz et classé monument historique en 2002. Sur ce terrain seront donc édifiés une cathédrale orthodoxe russe pour le diocèse de Chersonèse (patriarcat de Moscou) ainsi que ses locaux administratifs, des salles d’études et des hémicycles destinés au Séminaire orthodoxe russe de Paris, un foyer étudiant et une bibliothèque. L’ensemble se situera dans grand jardin. Les travaux devraient débuter en janvier 2012.

Le diocèse de Chersonèse regroupe les paroisses du patriarcat de Moscou en France, en Espagne, en Suisse et au Portugal. La plupart des paroisses orthodoxes de tradition russe en France relèvent toujours depuis 1931 du patriarcat de Constantinople, l’émigration russe ayant à l’époque pris ses distances avec le patriarcat de Moscou jugé trop inféodé au régime de Staline. Le diocèse de Chersonèse ne disposait pour l’instant à Paris que d’une cathédrale de toute petite dimension, l’Eglise des Trois Saints Docteurs, 5 rue Pétel, dans le XVème arrondissement.

Le terrain de Météo France avait été acheté l’an passé par la Fédération de Russie à la France ; il avait été convoité par l’Arabie Saoudite qui projetait d’y construire une grande mosquée.

Appel internationnal pour l’intégrité de Summorum Pontificum

Des bruits persistants paraissent suggérer qu’une prochaine instruction romaine pourrait contenir des indications restrictives (ou pourrait contenir des éléments qui laisseraient entendre des interprétations restrictives) au motu proprio Summorum Pontificum du 7 juillet 2007. L’alerte parait suffisamment grave pour qu’une initiative internationale se soit mise en place sur le site motuproprioappeal.com.

Peut-être ces rumeurs sont-elles infondées. Si l’avenir montre que c’est le cas, au moins aurons-nous marqué à notre Très-Saint Père & à nos pasteurs l’attachement au texte qui nous a été donné le samedi béni du triple 7.

Si vous vous intéressez aux questions liturgiques, que ce soit pour la préservation de l’Usus Antiquior romain ou même plus largement pour la continuité des traditions liturgiques vénérables tant occidentales qu’orientales, nous vous recommandons la signature de ce texte, et vous demandons de participer à la diffusion à tous vos réseaux de cet appel international.

Le primat de Belgique a célèbré le rit traditionnel à Bruxelles

Dimanche dernier, 30 janvier, S.E. Mgr Léonard, archevêque de Malines-Bruxelles & primat de Belgique, a célébré une messe pontificale dans le rit traditionnel dans l’église Saints-Jean-et-Étienne-aux-Minimes, devant un grand concours de fidèles (et notamment de jeunes et de jeunes familles). L’église Saints-Jean-et-Étienne-aux-Minimes est une magnifique & grande église construite de 1700 à 1715, en plein centre ville historique de Bruxelles, qui possède l’orgue le plus ancien – sans doute l’un des plus beaux instruments – de la ville. Cette magnifique église vient d’être confiée par S.E. Mgr Léonard à la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre et la messe pontificale de dimanche dernier marquait en quelque sorte l’inauguration de ce nouvel apostolat. Puisse celui-ci être très fructueux.

Plaise à Dieu que bientôt une aussi belle église parisienne puisse être confiée à la Fraternité Saint-Pierre. 🙂

D’autres photos de la cérémonie :

Sources : FFSP Belgique, Louvain Newman Society & le New Liturgical Movement.

Les reliques de huit saints données par l’Eglise catholique à l’Eglise orthodoxe russe ont entamé la remontée de la Volga

Un bateau-chapelle de l’association international Aide à l’Eglise en détresse (AED) a entamé lundi dernier la remontée sur 3000 km de la Volga, (plus long fleuve d’Europe, baptisé l' »autoroute de la Russie »), depuis son embouchure sur la Mer Caspienne, et rejoindra Moscou à l’issue de son parcours.

Le bateau, baptisé « Père Werenfried » du nom du religieux prémontré, Werenfried van Straaten, fondateur de l’AED, transporte les reliques de huit saints importants de l’époque de l’Eglise indivise, particulièrement vénérés en Occident mais surtout en Orient. Il s’agit des reliques de :

  • saint Jean-Baptiste le Précurseur,
  • sainte Anne,
  • saint Barthélémy, apôtre de l’Asie Mineure,
  • saint Etienne le protomartyr,
  • saint Laurent, diacre & martyr,
  • saint Georges,
  • saint Jean Chrysostome, archevêque de Constantinople,
  • saint Cyrille, apôtre des slaves.
  • Ces reliques sont un don de l’Église catholique à l’Église orthodoxe russe.

    A bord se trouve toujours un prêtre orthodoxe pour célébrer la liturgie divine dans la chapelle du navire, dédiée à saint Vladimir, qui a baptisé la Russie. Durant son parcours, le bateau-chapelle s’arrêtera dans différentes villes, comme Saratov, Kazan et Novgorod, et dans de nombreuses autres villes, pour permettre au plus grand nombre de personnes de vénérer les reliques.

    Le patriarche Cyrille de Moscou & de toutes les Russies a donné sa bénédiction à ce voyage des reliques. Le nonce apostolique auprès de la Fédération russe, Mgr Antonio Mennini, a envoyé une lettre dans laquelle il espère que les populations qui habitent des régions difficiles, comme celles frappées par la sècheresse et par les incendies de cet été, trouvent réconfort et consolation dans cette visite. L’expert de l’AED pour la Russie, Peter Humeniuk, impliqué dans le projet, s’est dit convaincu de l’impact symbolique que peut avoir ce voyage. « Dès les premiers jours du christianisme, l’Église a été vue comme un bateau, une ‘arche de salut’ », a-t-il expliqué. « Les reliques de ces saints, dont l’existence remonte à l’époque où l’Église n’était pas encore divisée, seront un puissant rappel à la période où s’est formée cette image de l’Église et où les chrétiens étaient encore unis », a-t-il ajouté.

    Dimanche, 12 september, une première divine liturgie a eu lieu à quai dans le port de Volgograd, célébrée par le métropolite Germain de Volgograd et Kamychine. Mgr Visvaldas Kulbokas, premier secrétaire de la Nonciature apostolique du Saint-Siège auprès de la Fédération de Russie, a également pris part à la liturgie et a transporté à bord du bateau-chapelle les reliques des huit saints. Dans un premier temps, le bateau-chapelle parcourra le delta de la Volga, en visitant les régions de Kalmoukie et Astrakan.

    Depuis 1998, le R.P. Werenfried van Straaten avait été le promoteur de l’initiative visant à transformer des navires en chapelles pour permettre de célébrer des offices dans les lieux sans églises. Ces navires chapelles de l’AED, encore en usage sur la Volga et sur le Don, avaient été appelés « flotte de Dieu » par le fondateur de l’AED.

    Discours au Club de Nicée du Métropolite Hilarion : une nouvelle alliance entre catholiques & orthodoxes ?

    Le 9 septembre 2010, le Métropolite Hilarion de Volokolamsk, responsable du département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou, en visite officielle en Angleterre, s’est rendu au palais de Lambeth pour rencontrer Rowan Williams, archevêque anglican de Canterbury. Le soir même, le métropolite Hilarion a participé à l’assemblée annuelle du Nikean Club et prononcé un discours devant les participants.

    Dans cet important & très intéressant discours, que nous donnons ci-après dans une traduction française non officielle réalisée par nos soins, Mgr Hilarion fait remarquer, poliment, mais très fermement, que le dialogue entre l’Eglise orthodoxe & les anglicans « est voué à la fermeture, si la libéralisation effrénée des valeurs chrétiennes se poursuit dans de nombreuses communautés du monde anglican ».

    Il pointe en particulier l’impact désastreux qu’a eu sur ce dialogue l’ordination de femmes évêques :
    « Nous avons étudié les documents préparatoires à la décision relative à l’épiscopat des femmes et nous avons été frappés par la conviction exprimée dans ceux-ci, que même si l’épiscopat des femmes était introduit, les contacts œcuméniques avec l’Eglise catholique et les Églises orthodoxes ne cesseraient pas. Qu’est-ce qui rend les auteurs de ces documents si certains d’eux ? »

    Le Métropolite Hilarion introduit dans son discours une typologie tout particulièrement judicieuse en distinguant d’une part les chrétiens traditionnels & d’autre parts les chrétiens de tendance libérale. De manière significative, il a a fait allusion à une coopération croissante entre les Eglises orthodoxes & l’Eglise catholique romaine dans le but de rétablir l’âme chrétienne de l’Europe :

    « Nous ne sommes pas seuls dans notre souci de la préservation des valeurs chrétiennes. Les tendances libérales dans les communautés protestantes et anglicanes présentent un défi pour les chrétiens et les églises qui sont restés fidèles aux principes de l’Evangile dans la doctrine, l’organisation ecclésiale et la morale. Très certainement, nous cherchons à trouver des alliés pour s’opposer à la destruction de l’essence même du christianisme. L’une des tâches principales de notre travail inter-chrétien d’aujourd’hui est d’unir les efforts des chrétiens pour la construction d’un système de solidarité sur la base de la morale évangélique en Europe et dans le monde. Nos positions sont partagées par l’Église catholique romaine, avec laquelle nous avons tenu de nombreuses réunions et conférences. Ensemble, nous étudions la possibilité d’établir une alliance entre orthodoxes et catholiques en Europe pour défendre les valeurs traditionnelles du christianisme. L’objectif principal de cette alliance serait de rétablir une âme chrétienne de l’Europe. Nous devrions être engagés dans la défense commune des valeurs chrétiennes contre la laïcité et le relativisme. »

    D’un point de vue catholique, on peut dire que la relation ancienne & étroite qu’entretenait l’Eglise orthodoxe avec l’anglicanisme, – histoire que Mgr Hilarion rappelle longuement dans son discours -, était en partie inspirée par une méfiance & une résistance communes face à l’Église catholique romaine. Maintenant qu’il est évident que la Communion anglicane est en train de consacrer l’abandon d’une grande partie de ce qui est reconnu comme le patrimoine commun du christianisme traditionnel, tant sacramentel que moral, il est très positif de constater que l’Eglise orthodoxe voit désormais en l’Eglise catholique romaine une véritable alliée sur de nombreuses questions centrales. L’Eglise catholique a sans doute aussi à recevoir de l’Eglise orthodoxe, en particulier la redécouverte du sens de la célébration liturgique de la vie chrétienne et la réappropriation des ses traditions antiques. Notons enfin que Benoît XVI a contribué de manière significative à ce rapprochement qui se dessine, comme nous l’avons déjà évoqué sur ce blog par le passé. Puisque en cette fête de l’Exaltation de la sainte Croix – fête majeure commune à l’Orient & à l’Occident, tombe le troisième anniversaire de l’entrée en vigueur du motu proprio Summorum Pontificum, rappelons ici que le patriarche Alexis II avait salué le retour de la liturgie latine traditionnelle.

    *

    Discours du Métropolite Hilarion :

    « Monseigneur, Mesdames et Messieurs, distingués invités,

    Tout d’abord, je tiens à exprimer mes plus sincères remerciements à Monseigneur l’Archevêque Rowan Williams de m’avoir invité à m’adresser aux membres du Club de Nicée. Monseigneur, nous apprécions beaucoup votre contribution personnelle au dialogue inter-chrétien et votre engagement à maintenir la Communion anglicane unifiée. Nous connaissons votre amour de l’Eglise orthodoxe russe, de ses saints et de ses grands théologiens, de sa tradition spirituelle. Nous vous assurons de notre soutien continu et de nos prières.

    Nous apprécions hautement également le travail du Club de Nicée, qui vise à renforcer les relations et stimuler une coopération bénéfique entre les Eglises de la Communion anglicane et d’autres confessions chrétiennes.

    Le nom du club – Nicée – nous ramène à cette bienheureuse époque où les chrétiens à travers le monde, tant en Orient qu’en Occident, ont été unis. Cette même époque, cependant, fut une période de lutte acharnée avec des hérésies et de nombreux schismes ecclésiaux. Grâce à l’unanimité à la fois des Pères Occidentaux & Orientaux dans la compréhension de l’enseignement de l’Église et unie par une foi inébranlable, l’Église universelle lors de ce Concile, en 325, a rejeté et a condamné une hérésie qui a sapé les fondements mêmes de la doctrine chrétienne. Au même moment, l’Église a pu formuler la foi en la Sainte Trinité, formulation qui a perduré à travers les siècles ultérieurs. Mgr Rowan Williams, dans son « Arius : Hérésie et Tradition », nous a fourni une analyse approfondie de l’arianisme par des perspectives historiques, théologiques et philosophiques. Il décrit l’arianisme comme une «déviance chrétienne archétypale», qui tend à se relever encore et encore, sous des noms différents.

    En 325, l’Église chrétienne, qui émergeait tout juste d’une période de trois siècles de persécution, se révèle être forte et assez mûre pour discerner dans l’arianisme une déviance dangereuse de la doctrine orthodoxe. En adoptant le Credo de Nicée, l’Eglise n’a introduit rien de nouveau à son enseignement, mais plutôt a formulé avec clarté ce qu’elle avait cru dès le début de son existence. Les Conciles œcuméniques suivants ont continué à clarifier la vérité de l’Eglise sans y introduire quelque chose de fondamentalement nouveau à cette confession de la foi qui provient du Christ lui-même et de ses apôtres.

    Pourquoi les Eglises, tant à l’Est et l’Ouest, se souviennent encore des Pères de Nicée et des conciles œcuméniques suivants avec une telle reconnaissance ? Pourquoi les grands théologiens du passé, les adversaires de l’hérésie, sont-ils vénérés en Orient comme « grands enseignants universels et saints  » et en Occident comme « docteurs de l’Eglise » ? Parce qu’à travers les âges, l’Église a cru que sa principale tâche fut la sauvegarde de la vérité. Ses héros étaient avant tout des confesseurs de la foi qui ont affirmé la doctrine orthodoxe et ont contré les hérésies, faisant face aux nouvelles tendances et innovations théologiques et politiques.

    Près de 1700 ans se sont écoulés depuis le concile de Nicée, mais les critères qui ont été utilisés par l’Église pour distinguer la vérité de l’hérésie n’ont pas changé. Et la notion de vérité ecclésiale demeure aussi pertinente aujourd’hui qu’elle l’était dix-sept siècles plus tôt. Aujourd’hui, la notion d’hérésie, bien qu’elle soit présente dans le vocabulaire de l’Eglise, est manifestement absente du vocabulaire de la théologie contemporaine politiquement correcte – une théologie qui préfère se référer à «pluralisme» et parler des différences recevables et légitimes.

    Certes, saint Paul lui-même a écrit que «il doit y avoir des différences entre vous pour voir qui d’entre vous ont l’approbation de Dieu» (1 Cor. 11, 19). Mais à quel genre de différences fait-il allusion? Certainement pas à celles qui touchaient à l’essence de la foi, l’ordre ecclésial ou la morale chrétienne. Car, dans ces questions, il n’y a qu’une seule vérité et toute déviance par rapport à elle n’est autre que l’hérésie.

    Au moment du Concile de Nicée, l’Église est unie en Orient & en Occident. Mais à l’heure actuelle, il existe une multitude de communautés dont chacune prétend être une Eglise, même si les approches doctrinales, les questions ecclésiologiques et éthiques diffèrent souvent radicalement entre elles.

    Aujourd’hui, il est de plus en plus difficile de parler de «christianisme» comme une échelle unique de valeurs spirituelles et morales, universellement adoptée par tous les chrétiens. Il est plus approprié, plutôt, de parler de «christianismes», c’est-à-dire, différentes versions du christianisme adoptée par diverses communautés.

    Toutes les versions actuelles du christianisme peuvent être schématiquement divisée en deux grands groupes : traditionnelle et libérale. L’abîme qui existe aujourd’hui se divise pas tant les orthodoxes des catholiques ou les catholiques des protestants comme il le fait des  » traditionalistes » des « libéraux ». Certains dirigeants chrétiens, par exemple, nous dire que le mariage entre un homme et une femme n’est plus la seule façon de construire une famille chrétienne : il y a d’autres modèles et l’Eglise doit devenir de manière appropriée « inclusive » afin de reconnaître d’autres normes de comportement et de leur donner une bénédiction officielle. Certains tentent de nous persuader que la vie humaine n’est plus une valeur absolue, qu’il peut être résilié dans le ventre d’une mère ou que l’on peut mettre fin à la vie à volonté. Les chrétiens « traditionalistes » sont invités à reconsidérer leur point de vue sous le slogan de se tenir dans la marche de la modernité.

    Malheureusement, il faut admettre que l’Eglise orthodoxe et beaucoup dans l’Église anglicane se retrouvent sur le côté opposé de l’abîme qui sépare les chrétiens traditionnels des chrétiens de tendance libérale. Certes, à l’intérieur de la Communauté anglicane, il reste beaucoup de « traditionalistes », en particulier dans le Sud et en Orient, mais la tendance libérale est également tout à fait remarquable, surtout en Occident et dans le Nord. Des protestations contre le libéralisme continuent de se faire entendre chez les anglicans, comme lors de la seconde Conférence de tous les évêques d’Afrique qui s’est tenue à la fin août. Le document final de la Conférence a notamment déclaré: « Nous affirmons la norme biblique de la famille comme ayant le mariage entre un homme et une femme comme sa fondation. L’un des objectifs du mariage est la procréation des enfants dont certains se développent pour devenir les leaders de demain ».

    Parmi les indications vives de désaccord au sein de la communauté anglicane (j’hésite à dire «schisme») est le fait que près de 200 évêques anglicans ont refusé de participer à la Conférence de Lambeth de 2008. J’étais là en tant qu’observateur de l’Eglise orthodoxe russe et pouvais voir les diverses manifestations des différences profondes et douloureuses parmi les anglicans.

    Aujourd’hui, le dialogue entre orthodoxes et anglicans a lui-même menacé. Cela est particulièrement lamentable parce que ce dialogue a eu une longue et riche histoire, à commencer par les nombreux entretiens à différents niveaux qui ont eu lieu entre les orthodoxes et les anglicans depuis le 17ème siècle. Au 19ème siècle, après la fondation par les anglicans des évêchés de Jérusalem en 1841 et de Gibraltar en 1842, des réunions ont eu lieu et les relations ont été établies entre les représentants de l’Église d’Angleterre et de l’Eglise épiscopale aux Etats-Unis et l’Eglise orthodoxe. Le premier message officiel fut une lettre de l’archevêque de Canterbury Howley (1828-1848) au patriarche de Constantinople en 1840, assurant aux hiérarques orthodoxes que les anglicans ne s’engageront jamais dans le prosélytisme et lançant un appel à la coopération dans un esprit d’amour chrétien.

    En 1868 fut tenue la première Conférence de Lambeth. Agissant au nom de l’archevêque de Canterbury Tait, cette Conférence a envoyé un message, écrit dans un esprit d’amour chrétien et d’amitié, aux patriarches et aux évêques de l’Eglise orthodoxe. Cette même année, à la demande de l’archevêque de Canterbury, le patriarche Grégoire VI de Constantinople à autorisé le clergé orthodoxe à administrer le rite des funérailles pour les anglicans si un prêtre de l’Eglise d’Angleterre n’était pas disponible.

    Le second accord a été fait en 1874 quand le patriarche Joachim II de Constantinople a donné la permission au clergé orthodoxe de baptiser et marier les anglicans. Ces accords ont été des développements exceptionnels dans l’histoire des relations entre les Eglises d’Orient et d’Occident.

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    Suivez la messe du jour sur votre iPhone !

    Dans ce premier article, nous vous présentions deux geekeries liturgiques pour iPhone : Liber Pro pour chanter le chant liturgique grégorien du jour et l’une des méthodes pour lire les nombreux fichiers PDF liturgiques qui existent déjà sur le web (comme le Missel d’autel romain ou le Tchinovnik slave).

    Le développement du numérique nomade va sans doute voir se développer encore bien d’autres applications de ce style, aussi j’ouvre aujourd’hui une nouvelle rubrique à ce blog, baptisée « liturgeek ». 😉

    La paroisse du Christ-Roi de Sarasota en Floride, apostolat de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre, vient de lancer il y a quelques temps une nouvelle application pour iPhone.

    iMass vous permet de suivre le texte de la messe du jour sur votre iPhone (les textes proviennent des bases de données du site Divinum Officium). Le gros avantage de cette application est que tout le propre du jour – tant les pièces chantées que les oraisons et les lectures – est déjà directement inséré automatiquement dans l’ordinaire de la messe (gros avantage sur les simples scans du 800 que présentait Liber Pro). Vous pouvez donc suivre calmement votre messe sans vous inquiéter de positionner des signets au préalable. Si vous voulez le texte d’un autre jour de l’année, il suffit de choisir la date dans un petit calendrier au début de la messe.

    Par défaut, iMass affiche le texte latin avec la traduction anglaise en regard, mais on peut paramétrer l’application pour n’avoir que le texte latin (vide en bas du texte).

    Encore plus génial, deux cases à cocher permettent d’afficher les rubriques, et aussi de préciser les rubriques spéciales quand la messe est célébrée avec ministres sacrés.

    Une fonction permet d’extraire juste le propre du jour (pratique pour faire des copier-coller en vue de réaliser un livret par exemple, d’autant que le texte latin présente les accents toniques ; si les æ sont bien présents, en revanche, les oe ne sont pas unis).

    Evidemment, les propres particuliers (d’une nation, d’un diocèse, d’un ordre religieux) ne sont pas pris en compte.
    Néanmoins, chose tout particulièrement intéressante, l’application vous permet (tout à fait en bas du texte de la messe), de choisir selon les différents états du rit et des codes de rubrique :

  • Tridentin de 1570,
  • Tridentin de 1910 (dernier état du rit avant le grand bouleversement du bréviaire),
  • Divino Afflatu de 1911 (réforme du bréviaire, avec des incidences sur le missel),
  • Réforme de 1955 (réforme bugninienne de la Semaine Sainte),
  • Rubriques de 1960,
  • Nouveau Calendrier de 1960.
  • Le rit de 1960-62 étant de plus en plus contesté et remis en cause, ce petit outil est franchement très intéressant.

    Ainsi aujourd’hui, dimanche 29 août 2010 :

  • Le Tridentin de 1570 comment le Tridentin de 1910 fêtent la décollation de saint Jean Baptiste, double majeur, avec mémoire du XIVème dimanche après la Pentecôte, Ier dimanche de septembre pour les leçons de matines au bréviaire.
  • Divino Afflatu & la Réforme de 1955 proposent le XIVème dimanche après la Pentecôte, Ier dimanche de septembre pour les leçons du bréviaire, dimanche semi-double mineur, avec mémoire de la Décollation de saint Jean Baptiste.
  • Les Rubriques de 1960 & le Nouveau Calendrier de 1960 célèbrent le XIVème dimanche après la Pentecôte, Vème dimanche d’août pour les leçons du bréviaire, IIème classe.
  • Un petit tableau présente de façon succinte un synoptique des rits Ambrosien, Mozarabe, de Sarum, Romain et Nouveau Rit.

    Le texte présente également les prières que récite le prêtre en se revêtant des différents vêtements sacerdotaux. Dommage de n’y avoir pas inclus les prières liturgiques préparatoires à la messe, c’est vraiment le seul manque à mes yeux à cette application parfaite. A la communion est insérée l’Anima Christi sanctifica me, vraisemblablement pour aider le fidèle-geek à un acte de communion spirituelle. Après la messe sont données également les prières léonines. Très opportunément, l’action de grâces après la messe (Cantique des trois enfants dans la fournaise & Psaume 150) a été ajoutée ainsi que les oraisons de dévotion du Missel Romain (oraisons de saint Thomas d’Aquin & de saint Bonaventure, et rythme de saint Thomas d’Aquin Adoro te).

    Encore plus fort : l’application permet de réciter l’office divin selon les mêmes options rubricales, en y ajoutant le texte de l’office pré-tridentin monastique (cursus de la règle de saint Benoît). L’office est complet, avec les répons & les leçons de matines (Liber Pro ne présentait que des scans de l’office diurne ordinaire), toutes les pièces sont présentées dans l’ordre de l’office que l’on prie, sans aucun renvoi (pas d’antiennes de commémoraison ni de bénédiction de matines à chercher par exemple). Fabuleux !!! J’en rêvais, ils l’ont fait ! 🙂

    Non content de vous fournir le texte de la messe du jour, iMass vous permet encore de la voir !
    En effet, vous pouvez regarder, par le biais de l’application, la vidéo – réalisée quotidiennement – de la messe célébrée dans cette paroisse de Floride par un prêtre de la FSSP. Opportunément, l’application vous rappelle que regarder la messe sur iMass ne vous dédouane pas de votre obligation dominicale d’aller à l’église assister véritablement à la messe ! 😉
    Cette vidéo néanmoins peut être utile aux malades où à tous ceux qui veulent s’unir à un moment ou l’autre de leur journée au saint sacrifice de notre rédemption.

    20/20 donc pour cette application (en espérant que les versions ultérieurs améliorent l’ergonomie de la navigation dans les différentes options possibles des textes liturgiques).

    Finalement, je vais peut-être m’acheter un iPad pour dire le bréviaire traditionnel de saint Pie V… 😉

    Le Patriarche de Moscou invite son clergé à blogger

    Patriarche Cyrille de Moscou

    A la veille de sa visite pastorale en Ukraine, Cyrille Ier, Patriarche de Moscou et de Toutes les Russies, a exhorté le clergé à utiliser activement Internet dans les missions ecclésiales. Sa Sainteté signale le rôle important des réseaux sociaux rendant possible le dialogue et contribuant à faire renaître le genre épistolaire. Il invite en particulier son clergé à s’initier à la blogosphère, mais cependant en toute responsabilité. « Il est inadmissible de pérorer sur Internet. Il ne faut pas formuler ses idées de la part de l’Eglise », a également déclaré le prélat de l’Eglise Orthodoxe Russe.

    Source : Voix de la Russie.

    Ordinations sacerdotales hier à Wigratzbad (FSSP)

    Le samedi 3 juillet 2010, Son Eminence le cardinal Cañizares Llovera, préfet de la Congrégation pour le Culte divin, a procédé à l’ordination sacerdotale de 5 nouveaux prêtres de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre, trois Français, MM. les Abbés Després, Renard & Rondot, & deux Allemands de Berlin, MM. les Abbés Bücker & Gesch. Ces ordinations eurent lieu au Séminaire international de Wigratzbad, en Bavière.

    Ordinations sacerdotales 2010

    Prières au bas de l’autel.
    « Ad Deum qui lætificat juventutem meam. »

    Ordinations sacerdotales 2010

    Les deux diacres d’honneur du pontife furent Mgr Pozzo, secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei & Mgr Thévenin, l’un des sept protonotaires apostoliques participants de l’Eglise Romaine.
    M. l’Abbé Berg, supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre, faisait fonction de prêtre assistant en chape.
    Notez l’admirable trône & baldaquin à la romaine.

    Ordinations sacerdotales 2010

    Le chant de l’Alleluia s’interrompt & Son Eminence va au faldistoire pour procéder aux ordinations sacerdotales.

    Ordinations sacerdotales 2010

    Homélie de Son Eminence sur la valeur du sacerdoce.
    Le pontife est entouré du diacre et du sous-diacre de la messe, savoir : le RP. Lang, de l’Oratoire de Londres, fameux liturgiste (auteur entre autres de « Se tourner vers le Seigneur, essai sur l’orientation de la prière liturgique » – 2006), et membres de plusieurs commissions pontificales romaines, & d’autre part, M. l’Abbé Ribeton, supérieur du district de France de la Fraternité Saint-Pierre.

    Ordinations sacerdotales 2010

    Appel des ordinands & monitions liturgiques.

    Ordinations sacerdotales 2010

    On admirera tout particulièrement l’extraordinaire pontifical utilisé pour cette messe d’ordination. Ce jeu d’ornements historiques provient de l’Abbaye d’Ottobeuren et avaient été utilisés lors de la dédicace de ce chef-d’œuvre du baroque bavarois le 28 septembre 1766. Ils viennent d’être magnifiquement restaurés & ont été aimablement prêtés par les moines de l’Abbaye, qui entretiennent d’excellentes relations avec le Séminaire de la Fraternité Saint-Pierre. Comme souvent les ornements anciens, ceux-ci avaient un poids considérable (la chape pesait 14 kg).

    Ordinations sacerdotales 2010

    Les chantres s’interrompent dans le chant des litanies des saints pour laisser le pontife chanter trois invocations-bénédictions solennelles sur les ordinants.
    Ut electos istos bene†dicere digneris. ℟. Te rogamus, audi nos.
    Ut electos istos bene†dicere & sancti†ficare digneris. ℟. Te rogamus, audi nos.
    Ut electos istos bene†dicere, sancti†ficare, & conse†crare digneris. ℟. Te rogamus, audi nos.

    Ordinations sacerdotales 2010

    Imposition des mains à M. l’Abbé Després par le pontife.

    Ordinations sacerdotales 2010

    Chacun des très nombreux prêtres présents impose ensuite les mains aux ordinants (ici, deux chapelains de l’Ordre constantinien de Saint-Georges).

    Ordinations sacerdotales 2010

    Oraison sur les ordinands.

    Ordinations sacerdotales 2010

    Début de l’offertoire de la messe.

    Ordinations sacerdotales 2010

    Encensement de l’autel par Son Eminence le cardinal Cañizares Llovera.

    Ordinations sacerdotales 2010

    Le cérémoniaire était M. l’Abbé de Andrade, fssp, par ailleurs collaborateur à la Commission pontificale Ecclesia Dei.
    La très belle mitre précieuse portée par le cardinal faisait également partie de l’ornement pontifical historique prêté par Ottobeuren.

    Ordinations sacerdotales 2010

    Consécration & élévation du Corps du Seigneur.

    Ordinations sacerdotales 2010

    Consécration & élévation du Précieux Sang du Seigneur.

    Ordinations sacerdotales 2010

    Vers la fin de la communion, on chante le magnifique répons « Je ne vous appelle plus serviteurs mais amis  » :

    Jam non dicam vos servos, sed amicos meos, quia omnia cognovistis quae operatus sum medio vestri, alleluia. * Accipite Spiritum Sanctum in vobis paraclitum. * Ille est, quem Pater mittet vobis, alleluia.
    V. Vos amici mei estis, si feceritis, quae ego praecipio vobis. * Accipite Spiritum Sanctum in vobis paraclitum.
    V. Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto. * Ille est, quem Pater mittet vobis, alleluia.

    Après le chant de ce répons, le pontife déploie les chasubles des ordinants et leur confère le pouvoir de remettre les péchés :

    Accipe Spiritum Sanctum, quorum remiseris peccata, remittuntur eis; et quorum retinueris, retenta sunt.

    Stola innocentiae induat te Dominus.

    Ordinations sacerdotales 2010

    Après la cérémonie, le pontife, entouré de ses diacres d’honneur & du prêtre assistant.

    Ordinations sacerdotales 2010

    MM. les Abbés Gesch, Després & Bücker.

    Ordinations sacerdotales 2010

    Les cinq ordinants avec le cardinal.

    Tu es sacerdos in æternum secundum ordinem Melchisedech.

    Ordinations sacerdotales 2010

    Dieu, accorde longue vie à Son Eminence !
    AD MVLTOS ANNOS

    Photos : © Henri de Villiers
    200 autres photos de cette magnifique cérémonie en ligne ici.

    Pas de mélanges des rits

    A la question qui lui a été posée récemment de savoir si l’on pouvait utiliser le calendrier, le lectionnaire & les préfaces du missel de 1970 dans une messe selon le missel de 1962, la Commission Pontificale Ecclesia Dei a répondu par la négative. La même réponse en date du 20 janvier 2010 contient d’autres dispositions intéressantes, en particulier la possibilité de faire de façon double les offices du Triduum Pascal dans les deux rits dans la même paroisse.

    Les détails ici.

    A Thiberville, en Normandie ce matin

    Compte rendu de la journée sur le Le Forum Catholique :

    « Tout le monde avait aujourd’hui les yeux fixés sur ce cas exemplaire d’une communauté paroissiale paysanne locale qui veut appliquer les décisions du pape et que l’évêque veut faire mourir.

    Le spectacle a dépassé ce que l’on pouvait imaginer : une communauté unanime qui crie (physiquement) sa colère contre sa condamnation à mort par le « pasteur », évêque du lieu.

    Mgr Nourrichard, évêque d’Évreux, l’un des prélats les plus progressistes de France, est donc arrivé ce matin à Thiberville à 9h 30, avec son vicaire-général, curé de Bernay, le P. Vivien, pour annoncer la révocation du curé trop papiste à son goût. Il s’est engouffré dans l’église et s’est d’abord terré dans la sacristie. Tous les paroissiens locaux de l’abbé Michel étaient là. L’église était archicomble, nef, chœur, chaire même, une partie des paroissiens n’ayant d’ailleurs pas pu entrer. Au premier rang, étaient présents le maire et conseiller général avec tout le conseil municipal, dans le chœur la confrérie des charitons en grande tenue.

    L’abbé Michel sort alors de la sacristie pour les derniers préparatifs de la messe de l’évêque : il est accueilli par une ovation interminable, comme lorsque le Pape entre dans Saint-Pierre de Rome.

    Puis entre l’évêque d’Évreux. Il est tellement troublé par l’ambiance houleuse qu’il explique, par un lapsus malheureux qu’il est venu à Thiberville célébrer « la Toussaint ». Hilarité générale. Ensuite, lorsqu’il veut annoncer la révocation injuste de l’abbé Michel la pieuse jacquerie, semblable à celles qu’ont subies certains prêtres constitutionnels de la Révolution s’est amplifiée au maximum (on a vu une paroissienne jeter des cierges du haut de la chaire). En quelque sorte, une « préparation liturgique pénitentielle » improvisée.

    L’évêque continue alors la messe. Les parents se lèvent et vont chercher leurs enfants servants de messe. Les élus locaux se lèvent et sortent. L’évêque, qui ne sait plus où il en est, apostrophe l’assistance, intimant à ceux qui ne sont pas d’accord l’ordre de sortir. Ce que tout le monde fait, sauf 21 personnes, dont 3 seulement de Thiberville.

    Dans et hors de l’église, l’évêque d’Évreux a pu mesurer la colère du Peuple de Dieu, chacun, les plus vieux n’étant pas les moins engagés, s’approchant de lui pour lui dire ses quatre vérités et lui conseillant de réviser son catéchisme. A quoi il oppose un mépris total pour ces bouseux normands qui n’ont décidément rien compris au Concile.

    L’abbé Michel a alors annoncé qu’il allait célébrer une messe à Bournainville-Favrolles, à 11H 15. Les élus et les paroissiens l’ont suivi en si grande foule que l’église n’a pas pu contenir tout le monde. Messe « réforme de la réforme » face à Dieu. L’évêque en état de rage froide a poursuivi sa victime, mais n’a pu pénétrer dans la nef. Pendant ce temps, l’abbé Michel annonçait qu’il restait curé du lieu, ce qu’une décision romaine ne manquera certainement pas de confirmer dès qu’un recours sera porté contre le décret de l’évêque.

    Dernier acte de la pièce du jour, ce soir, à 17h, à Thiberville, où l’abbé Michel célèbrera, comme tous les dimanches, une messe de forme extraordinaire. L’évêque, qui ne désarme pas, a annoncé qu’il serait là…

    Le tout devant la télévision et les journalistes locaux. Des journalistes parisiens présents, que l’on ne peut taxer de traditionalisme, étaient particulièrement stupéfaits et concluaient que l’évêque qui s’était montré totalement incapable de gérer une situation qu’il avait provoquée, devait logiquement démissionner.

    Quelques explications :

    Abbé Michel

    Très apprécié de ses paroissiens, l’Abbé Michel célèbre depuis des années, le dimanche matin, la forme ordinaire du rit romain, orienté vers l’Orient et en grégorien. Le dimanche après-midi, il célèbre, dans une église toujours remplie, la forme extraordinaire du rite romain.

    Sa révocation, longtemps désirée par l’évêque d’Evreux, est perçue comme une volonté de ne pas appliquer le Motu Proprio Summorum Pontificum.

    Déclaration antérieure du comité de soutien à Monsieur l’Abbé Michel :

    « Le diocèse d’Évreux est l’un des plus sinistrés de France. Après Mgr Gaillot et Mgr David, Mgr Nourrichard gère la faillite d’une terre jadis chrétienne, où les églises se ferment les unes après les autres, les catéchismes sont désertés, les vocations découragées, les finances asséchées.

    Dans ce désert, un prêtre, l’abbé Francis Michel, maintient la plus vivante des paroisses, Thiberville. Il se trouve que ce curé, qui n’est pas issu du monde traditionaliste mais qui est profondément traditionnel, c’est-à-dire catholique, a appliqué par anticipation le Motu Proprio Summorum Pontificum du pape Benoît XVI, depuis de longues années. Chez lui sont célébrées des messes dans la forme dite aujourd’hui « extraordinaire » et des messes dans la forme « ordinaire », mais de manière conforme aux vœux de Benoît XVI et « tournées » vers le Seigneur. Le résultat ? Thiberville et les 14 clochers que dessert l’abbé Michel forment l’ensemble catholique le plus vivant et le plus missionnaire – le seul encore vivant – du diocèse d’Évreux : église de Thiberville comble à toutes les messes, desserte « tournante » des autres églises, catéchismes, participation active des fidèles, foule d’enfants de chœur, confréries, toutes les églises magnifiquement restaurées, enterrements célébrés par le curé lui-même, etc. Ces paroisses où la communion de tous les catholiques est vécue de manière exemplaire est un modèle d’application de la volonté du Pape.

    Au-delà de toutes les autres raisons avancées, c’est pour cela que l’évêque voudrait faire disparaître le culte à Thiberville. L’idéologie de « l’esprit du Concile », avec 40 ans de retard, doit s’y appliquer. Après bien des épisodes, Mgr Nourrichard va tenter d’enterrer cette expérience : dimanche prochain, le 3 janvier, il se rendra à Thiberville avec ses collaborateurs et, lors de la messe de 10h, il annoncera avec « douleur » sa décision sans appel : la paroisse de Thiberville n’aura plus de curé propre qui est « révoqué » et la paroisse sera jointe à un « ensemble paroissial », celui de Bernay. La mort du catholicisme paroissial plutôt que le recul de l’idéologie.

    A Thiberville et dans tout le canton, c’est la consternation. D’abord parce qu’on y aime beaucoup l’abbé Michel et ensuite parce que l’évêque ne le remplacera pas. Tous les élus locaux de la région et tous les paroissiens seront présents pour dire leur soutien à ce prêtre très populaire, qui a pu commettre des maladresses mais dont le tort principal, pour son évêque, est d’être trop « papiste ».

    Le dimanche 3 janvier, la protestation catholique du Peuple de Dieu se fera dans le plus grand calme pour demander qu’à Thiberville la volonté du Pape soit appliquée. »

    Sources :

  • Groupe Facebook
  • Perepiscopus du 3 janvier : Des nouvelles de ThibervilleL’affaire de Thiberville dans la presse.