Vous êtes chanteurs ou instrumentistes et vous souhaitez vous engager au service de la liturgie traditionnelle, n’hésitez pas à nous rejoindre !

La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Renonciation du Pape à sa charge, les précédents historiques

Face à face troublant il y a quelques mois : Benoît XVI déposait son pallium sur le corps de son prédécesseur saint Célestin V qui avait renoncé à la charge papale

Peu de papes ont renoncé à leur charge. Voici les précédents historiques :

Saint Clément Ier 3ème successeur de saint Pierre Papa Clemens I.jpg Début du pontificat : vers 88
Renonciation : 99
Saint Clément Ier, quand il a été arrêté, aurait décidé de renoncer au pontificat et indiqué comme son successeur saint Évariste, de façon que l’Église ne reste pas sans chef.
Saint Pontien 17ème successeur de saint Pierre Pope Pontian.jpg Début du pontificat : 21 juillet 230
Renonciation : 28 septembre 235
Première date qu’il est possible de déterminer avec certitude dans l’histoire de la papauté, le pape saint Pontien renonce officiellement à sa charge.
Saint Silvère 57ème successeur de saint Pierre Silverius2.jpg Début du pontificat : 8 juin 536
Renonciation : mars 537
Saint Silvère est déposé probablement par Bélisaire, sur accusation de correspondance félonne avec les Goths, et ramené au statut de simple moine. Il est ainsi le premier pape contraint d’abdique. Selon la définition canonique, cet événement n’est pas une renonciation au sens strict, puisqu’il y eut contrainte.
Benoît IX 146ème successeur de saint Pierre BenedictusIX.jpg Début du pontificat : 10 mars 1045
Renonciation : 1er mai 1045
Benoît IX convient, contre un avantage financier, de renoncer à la papauté. C’est son oncle, le pape Grégoire VI, qui lui succède après l’avoir convaincu de démissionner pour des raisons qui demeurent obscures.
Grégoire VI 147ème successeur de saint Pierre B Gregor VI.jpg Début du pontificat : 5 mai 1045
Renonciation : 20 décembre 1046
Grégoire VI démissionne à son tour car l’arrangement qu’il avait conclu avec Benoît est considéré comme simoniaque, pour l’avoir payé.
Saint Célestin V 191ème successeur de saint Pierre Le Pape saint Célestin V, qui avait renoncé à sa charge Début du pontificat : 5 juillet 1294
Renonciation : 13 décembre 1294
Après seulement cinq mois de pontificat, saint Célestin V publie un décret déclarant qu’il permet à un pape de démissionner, puis il renonce lui-même à sa charge. Il vit deux ans de plus en ermite. Il sera canonisé peu après sa mort. Le décret qu’il a émis lève tout doute parmi les canonistes sur la possibilité d’une démission valide du pape.
Grégoire XII 204ème successeur de saint Pierre Gregory XII.jpg Début du pontificat : 30 novembre 1406
Renonciation : 4 juillet 1415
Grégoire XII démissionne pour mettre fin au Grand Schisme d’Occident, arrivé au point où il y a trois prétendants au trône pontifical : Grégoire XII lui-même, pape romain, l’antipape Benoît XIII de la Papauté d’Avignon et l’antipape Jean XXIII du concile de Pise. Avant de démissionner, il convoque formellement le concile de Constance et l’autorise à élire son successeur.
Benoît XVI 264ème successeur de saint Pierre Benedykt XVI (2010-10-17) 4.jpg Début du pontificat : 24 avril 2005
Renonciation : 28 février 2013
Le 11 février 2013, Benoît XVI annonce sa renonciation, qui devra prendre effet le 28 février 2013 à 20 heures (heure de Rome).

Réaction du métropolite Hilarion de Volokolamsk à l’annonce de la retraite du pape Benoît XVI

Benoît-XVILe 11 février 2013, le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou a commenté pour l’agence ITAR-TASS la nouvelle de la démission du pape Benoît XVI :

La nouvelle sur la renonciation du pape Benoît XVI à ses fonctions était inattendue, même pour son entourage le plus proche. Le cardinal Sodano a parlé d’un « coup de tonnerre dans un ciel clair ». Et, de fait, il n’y a aucun précédent dans l’histoire récente de l’Église catholique romaine. Le pape Jean-Paul II était resté à son poste jusqu’à la fin, malgré de sérieux problèmes de santé.

Pourtant, la charge de pontife romain, comme les fonctions de n’importe quel primat d’Église, exige d’énormes efforts. Ce n’est pas un poste de cérémonie. Si l’âge ou la santé font obstacle à un exercice efficace de sa charge, le primat d’une Église peut prendre la décision de se retirer. Ces dernières années, l’Église catholique a été confrontée à de sérieux défis qui exigent de nouvelles impulsions initiées par le siège romain. Peut-être c’est ce qui a poussé le pape à laisser la place à un évêque plus jeune et plus dynamique qui sera élu par le conclave des cardinaux. La décision du pape Benoît XVI de quitter son ministère dans les circonstances actuelles peut être évaluée comme un acte de courage personnel et d’humilité.

Nous sommes reconnaissants au pape Benoît XVI d’avoir compris les problèmes qui empêchent la normalisation définitive des relations entre orthodoxes et catholiques, en particulier dans une région comme l’Ukraine occidentale. Pas plus tard qu’hier à l’antenne de la chaîne « Rossia-24 », je parlais du pape Benoît XVI au nouvel ambassadeur de la Russie auprès du Saint-Siège, A. Avdeev, soulignant la dynamique positive qui caractérisait les relations entre l’Église orthodoxe russe et l’Église catholique romaine depuis son accession au siège romain. Le monde chrétien a beaucoup de respect pour lui. Il est un grand théologien, il connaît bien la tradition de l’Église orthodoxe et possède cette sensibilité qui lui permet d’établir des relations avec les Églises orthodoxes.

Je garde en mémoire mes rencontres personnelles et mes entretiens avec le pape Benoît XVI. Je l’ai rencontré trois fois depuis ma nomination au poste de président du Département des relations extérieures. Dans ces entretiens avec le Pontife, j’ai toujours été frappé par ses réactions tranquilles et réfléchies, par son tact sur les questions que nous posions, par sa volonté de résoudre ensemble les problèmes soulevés. J’avais ainsi exposé en détail au pape ma vision des problèmes auxquels nous étions confrontés dans le dialogue orthodoxe-catholique (j’ai parlé de ces problèmes au Concile épiscopal et le Concile a adopté les résolutions qui s’imposaient). Je suis très critique sur le déroulement de ce dialogue, ce que j’ai dit franchement au pape, et je n’ai rencontré que compréhension de sa part.

Avant son élection au siège de Rome, le cardinal Ratzinger avait déclaré la guerre à la « dictature du relativisme », caractéristique de la société occidentale contemporaine. Cela l’a immédiatement rendu impopulaire aux yeux des politiques et des journalistes séculiers. Le pape Benoît XVI n’est pas une star des médias. Il est un homme d’Église. Dans les médias, il est sans arrêt critiqué pour son traditionnalisme et son conservatisme, mais ce sont justement ces qualités qu’apprécient en lui des millions de chrétiens, tant catholiques que non-catholiques, ceux qui aspirent à la préservation des valeurs spirituelles et morales chrétiennes traditionnelles.

Il reste à espérer que son successeur poursuivra sur la même voie et que les relations entre orthodoxes et catholiques continueront à se développer graduellement pour le bien commun du monde chrétien dans son ensemble.

Source: site officiel du Département des relations extérieures du patriarcat de Moscou

Gratias tibi, Papa Benedicte !

Gratias-tibi-Papa-Benedicte

Benedictus PP – 10 mensis februarii MMXIII
Fratres carissimi

Non solum propter tres canonizationes ad hoc Consistorium vos convocavi, sed etiam ut vobis decisionem magni momenti pro Ecclesiae vitae communicem. Conscientia mea iterum atque iterum coram Deo explorata ad cognitionem certam perveni vires meas ingravescente aetate non iam aptas esse ad munus Petrinum aeque administrandum.

Bene conscius sum hoc munus secundum suam essentiam spiritualem non solum agendo et loquendo exsequi debere, sed non minus patiendo et orando. Attamen in mundo nostri temporis rapidis mutationibus subiecto et quaestionibus magni ponderis pro vita fidei perturbato ad navem Sancti Petri gubernandam et ad annuntiandum Evangelium etiam vigor quidam corporis et animae necessarius est, qui ultimis mensibus in me modo tali minuitur, ut incapacitatem meam ad ministerium mihi commissum bene administrandum agnoscere debeam. Quapropter bene conscius ponderis huius actus plena libertate declaro me ministerio Episcopi Romae, Successoris Sancti Petri, mihi per manus Cardinalium die 19 aprilis MMV commissum renuntiare ita ut a die 28 februarii MMXIII, hora 20, sedes Romae, sedes Sancti Petri vacet et Conclave ad eligendum novum Summum Pontificem ab his quibus competit convocandum esse.

Fratres carissimi, ex toto corde gratias ago vobis pro omni amore et labore, quo mecum pondus ministerii mei portastis et veniam peto pro omnibus defectibus meis. Nunc autem Sanctam Dei Ecclesiam curae Summi eius Pastoris, Domini nostri Iesu Christi confidimus sanctamque eius Matrem Mariam imploramus, ut patribus Cardinalibus in eligendo novo Summo Pontifice materna sua bonitate assistat. Quod ad me attinet etiam in futuro vita orationi dedicata Sanctae Ecclesiae Dei toto ex corde servire velim.

Ex Aedibus Vaticanis, die 10 mensis februarii MMXIII
Je vous ai convoqués à ce Consistoire non seulement pour les trois canonisations, mais également pour vous communiquer une décision de grande importance pour la vie de l’Eglise. Après avoir examiné ma conscience devant Dieu, à diverses reprises, je suis parvenu à la certitude que mes forces, en raison de l’avancement de mon âge, ne sont plus aptes à exercer adéquatement le ministère pétrinien. Je suis bien conscient que ce ministère, de par son essence spirituelle, doit être accompli non seulement par les œuvres et par la parole, mais aussi, et pas moins, par la souffrance et par la prière. Cependant, dans le monde d’aujourd’hui, sujet à de rapides changements et agité par des questions de grande importance pour la vie de la foi, pour gouverner la barque de saint Pierre et annoncer l’Evangile, la vigueur du corps et de l’esprit est aussi nécessaire, vigueur qui, ces derniers mois, s’est amoindrie en moi d’une telle manière que je dois reconnaître mon incapacité à bien administrer le ministère qui m’a été confié. C’est pourquoi, bien conscient de la gravité de cet acte, en pleine liberté, je déclare renoncer au ministère d’Evêque de Rome, Successeur de saint Pierre, qui m’a été confié par les mains des cardinaux le 19 avril 2005, de telle sorte que, à partir du 28 février 2013 à vingt heures, le Siège de Rome, le Siège de saint Pierre, sera vacant et le conclave pour l’élection du nouveau Souverain Pontife devra être convoqué par ceux à qui il appartient de le faire.

Frères très chers, du fond du cœur je vous remercie pour tout l’amour et le travail avec lequel vous avez porté avec moi le poids de mon ministère et je demande pardon pour tous mes défauts. Maintenant, confions la Sainte Eglise de Dieu au soin de son Souverain Pasteur, Notre Seigneur Jésus-Christ, et implorons sa sainte Mère, Marie, afin qu’elle assiste de sa bonté maternelle les Pères Cardinaux dans l’élection du Souverain Pontife. Quant à moi, puissé-je servir de tout cœur, aussi dans l’avenir, la Sainte Eglise de Dieu par une vie consacrée à la prière.

Du Vatican, 10 février 2013

Benoît XVI

900ème anniversaire de l’Ordre souverain de Malte

Bulle Pie postulatio voluntatis reconnaissant l'Ordre de Malte

Le 15 février 1113, le Pape Pascal II, par la bulle Pie postulatio voluntatis, reconnait la nouvelle « fraternité hospitalière » de Jérusalem, dédiée à Saint Jean-Baptiste, la place sous la protection du Saint-Siège, et lui accorde un statut souverain, avec la faculté d’élire librement ses supérieurs sans ingérence de laïcs ou des autres autorités religieuses. Cet anniversaire important prend une signification toute particulière dans le contexte de l’Année de la Foi. Hier, 9 février 2013 le Saint Père a célébré la Sainte Messe en la Basilique Saint-Pierre au terme de laquelle le pape Benoît XVI s’est adressé à plus de 4.000 membres et volontaires de l’Ordre de Malte, venus du monde entier pour participer à cet événement exceptionnel.

900 ans de la reconnaissance de l'Ordre hospitalier de Malte

900 ans de la reconnaissance de l'Ordre hospitalier de Malte

900 ans de la reconnaissance de l'Ordre hospitalier de Malte

Annonce de la canonisation des 813 bienheureux martyrs d’Otrante

La chapelle conservant les reliques des Martyrs dans la cathédrale d'Otrante

Le pape Benoît XVI devrait annoncer ce lundi la convocation d’un consistoire, probablement pour octobre prochain, destiné à la canonisation de 815 nouveaux saints, sans doute, et de mémoire, le plus grand nombre de saints canonisés en une seule fois ! Outre deux religieuses, la Colombienne Mère Laura (la première Colombienne jamais canonisée) et la Mexicaine Mère Lupita (la deuxième Mexicaine à avoir l’honneur des autels), le Souverain Pontife entend que soient canonisés Antonio Primaldo & ses compagnons, les 813 bienheureux martyrs d’Otrante qui furent victimes, le 14 août 1480 – parmi les 12 000 autres habitants de la ville qui furent massacrés lors de la prise de celle-ci – de la barbarie des musulmans turcs, pour avoir refusé de renier leur foi dans le Christ.

En 1453, à la tête d’une armée de 260 000 Turcs, Mehmet II avait conquis Byzance, la « seconde Rome ». Dès lors, il projetait de s’emparer de la « première Rome », la vraie Rome, et de transformer la basilique Saint-Pierre en écurie pour ses chevaux.

En juin 1480, il juge le moment opportun pour accomplir son œuvre: il lève le siège de Rhodes – que ses chevaliers défendaient avec courage – et dirige sa flotte vers la mer Adriatique. Il a l’intention de s’emparer de Brindisi, dont le port est vaste et commode. De Brindisi, il envisage de remonter l’Italie jusqu’au siège de la papauté. Un fort vent contraire contraint cependant les navires à toucher terre à 50 milles plus au sud. Le débarquement a lieu à Roca, à quelques kilomètres d’Otrante.

Otrante était – et est encore – la ville située le plus à l’est de l’Italie. C’est une ville riche d’histoire. L’importance de son port fait d’Otrante un pont entre l’Orient et l’Occident. Otrante possède une très belle cathédrale, construite en 8 ans seulement de 1080 à 1088. En 1095, 12 000 croisés y reçurent la bénédiction de l’évêque, avant de partir, sous le commandement du prince Bohémond Ier de Hauteville, libérer et protéger le Saint-Sépulcre de Jérusalem. C’est justement à Otrante que saint François d’Assise, revenant de Terre Sainte, avait débarqué en 1219 et avait été accueilli avec tous les honneurs.

Au moment du débarquement des Ottomans, la ville ne peut compter que sur une garnison de 400 hommes armés, dont les chefs s’empressent de demander de l’aide au roi de Naples, Ferrante d’Aragon, en lui envoyant un courrier. Après avoir cerné le château, où tous les habitants du bourg s’étaient réfugiés, le pacha Agometh envoie un messager pour proposer une reddition à des conditions avantageuses, mais les habitants refusent courageusement cette proposition. Pour supprimer toute équivoque, les capitaines se saisissent des clés de la ville et les jettent ostensiblement à la mer du haut d’une tour, en présence de la population. Pendant la nuit, une bonne partie des soldats de la garnison franchissent les murs de la ville au moyen de cordes et s’enfuient. Les habitants seuls restent pour défendre Otrante.

S’en suit un siège éprouvant : les bombardes turques lancent des centaines de boulets de pierre sur la ville (beaucoup d’entre eux sont encore visibles aujourd’hui dans les rues du centre historique). Quinze jours plus tard, à l’aube du 12 août, les Ottomans concentrent leurs tirs sur un des points les plus fragiles des murailles. Ils ouvrent une brèche, envahissent les rues, massacrant tout ce qui est à la portée de leurs tirs. Ils gagnent la cathédrale où de nombreux habitants se sont réfugiés. Antonio De Ferraris-Galateo rapporte la passion des Otrantais dans son De Situ Japigia (Bâle, 1558) :

« Pendant la nuit précédent ce jour malheureux, l’archevêque Etienne […] avait raffermi tout le peuple avec le sacrement de l’Eucharistie divine pour la bataille le lendemain matin, qu’il avait prévue. Les Turcs, ayant rejoint l’archevêque qui était assis sur son trône vêtu des habits pontificaux et tenant la croix, lui demandèrent qui il était, et il répondit courageusement: « Je suis le recteur de ce peuple et indignement en charge des brebis du troupeau du Christ». Et l’un d’eux lui ayant dit: «cesse de désigner le Christ, Mehmed est celui qui règne à présent, pas le Christ, » il dit, s’adressant à tous : « O misérable et malheureux, pourquoi vous fourvoyez-vous en vain ? Puisque Mehmet, votre législateur, pour son impiété souffre en enfer avec Lucifer et les autres démons, vous lui valez un châtiment éternel ; et vous aussi, si vous ne vous convertissez pas au Christ et n’obéisssez pas à ses commandements, vous serez de la même façon bannis avec lui, pour toujours. » Il venait à peine de prononcer ces mots, que l’un d’eux saisit son cimeterre et, d’un seul coup lui trancha la tête; et ainsi décapité sur son trône, il est devenu un martyr pour le Christ en l’an du Seigneur 1480, le 11 août. »

« Environ huit cents ont été présentés au Pacha, qui avait à ses côtés un misérable prêtre, originaire de Calabre, nommé Jean, apostat de la foi. Celui-ci employa toute son éloquence satanique afin de persuader nos saints qu’ils devaient abandonner le Christ, embrasser le mahométisme, certains des bonnes grâces d’Achmet, qui leur accorderait la vie, les biens et tous les avantages dont ils jouissaient dans leur patrie; sinon ils seraient tous tués. Parmi ces héros, il y avait un homme du nom d’Antonio Primaldo, un tailleur, d’un âge avancé, mais plein de foi et de ferveur. Au nom de tous, il déclara « croire tous en Jésus-Christ, Fils de Dieu, et être prêts à mourir mille fois pour lui. » Et se tournant vers les Chrétiens, il dit ces mots : « Mes frères, jusqu’à aujourd’hui, nous avons combattu pour la défense de la patrie, pour sauver nos vies et pour nos seigneurs terrestres, à présent il est temps de se battre pour sauver nos âmes, pour le Seigneur, lequel étant mort pour nous sur la Croix, il convient que nous mourions pour lui, restant fermes et constants dans la foi, et avec cette mort temporelle, nous gagnerons la vie éternelle et la couronne du martyre. » À ces mots, tous se mirent à crier d’une seule voix et avec ferveur : « plutôt mourir mille fois, et de n’importe quelle mort que de renier le Christ. »

« A ces mots, le pacha, furieux, les condamne tous à mort. Le lendemain matin, «ces braves champions de la sainte foi avec la corde autour du cou et lses mains attachées derrière le dos, sont emmenés au col de Minerve tout proche. Avec l’humble attitude, avec l’air pieux et serein et la fréquente invocation les noms de Jésus et de Marie, ils faisaient d’eux-mêmes un glorieux spectacle à Dieu, et agréable aux Anges. Durant tout le trajet qui mème de l’antique port de mer au haut de la colline, résonnaient les saintes prières, avec lesquelles ces grandes âmes imploraient la grâce de consommer le sacrifice de leur vie. Ils se réconfortaient mutuellement en attendant patiemment le martyre, et c’était le père au fils, et le fils à son père, le frère à son frère, l’ami à l’ami, le camarade au camarade, avec une grande ferveur et avec une grande joie. Un turc importun tournait autour des chrétiens, avec à la main une table gravée de caractères arabes. L’interprète apostat la présentait à chacun et l’expliquait, en disant : Celui qui veut croire à cela aura la vie sauve, sinon il sera tué. Ils reprirent ensemble la profession de foi et la réponse généreuse donnée plus haut : ainsi le tyran ordonna qu’on leur tranchât la tête ; le premier à avoir la tête coupé fut le vieux Primaldo, haï de lui car il n’en finissait pas de faire des disciples. En effet, dans ces derniers moments, avant de courber la tête sur la pierre, il disait encore à ses camarades qu’il voyait le ciel ouvert et les anges le réconforter ; qu’ils soient fermes dans la foi, et regardent le ciel déjà ouvert pour les recevoir. Il pencha le front, sa tête fut coupée, mais son buste se dressa, et malgré les efforts des bourreaux, resta immobile, jusqu’à ce que tous aient été décapités. L’événement merveilleux et étonnant aurait été une leçon de salut pour ces infidèles, s’ils n’avaient été rebelles à la lumière qui éclaire chaque homme qui vit dans le monde. Un seul bourreau, un nommé Berlabei, profita du miracle, et, se proclamant bruyamment chrétien, il fut condamné à la peine du pal. »

Lors du procès pour la béatification des huit cents, en 1539, quatre témoins oculaires ont rapporté le prodige d’Antonio Primaldo, resté debout après avoir été décapité ainsi que la conversion et le martyre du bourreau. L’un d’entre eux, Francesco Cerra, âgé de 72 ans en 1539, raconte:

« Antonio Primaldo fut le premier à être mis à mort. Décapité, il resta fermement debout et tous les efforts de ses ennemis ne parvinrent pas à le faire tomber, jusqu’à ce que tous les autres eussent été tués. Le bourreau, sidéré par le miracle, proclama que la foi catholique était la vraie. Il insista pour devenir chrétien et pour cette raison fut condamné à la mort par le pal, sur ordre du pacha. »

Le sacrifice des huit cents d’Otrante n’est pas important uniquement du point de vue de la foi. Les deux semaines de résistance de la ville permirent à l’armée du roi de Naples de s’organiser et de se rapprocher de ces lieux, empêchant ainsi les 18 000 Ottomans d’envahir toute la région des Pouilles et d’avancer sur Rome. Les chroniqueurs de l’époque n’exagèrent pas en affirmant que la résistance opiniâtre des habitants d’Otrante a permis le salut de l’Italie.

http://youtu.be/R7cvRLhMUvc

La Bibliothèque Vaticane numérise 265 manuscrits

La préface dans le Codex Regina 337, sacramentaire grégorien de type Hadrianum du VIIIème siècleLa Bibliothèque Apostolique Vaticane a mis en ligne 265 manuscrits sur son site web, première étape d’un vaste projet de numérisation de tout son fond de manuscrits, dont la valeur historique est tout à fait exceptionnelle.

Parmi les 265 manuscrits mis en ligne, les liturgistes noteront tout particulièrement la présence des ouvrages suivants :

  • le Codex Regina 337, l’un des meilleurs exemplaires du sacramentaire grégorien de type Hadrianum. Ce manuscrit du VIIIème siècle reflète la liturgie papale pratiquée au Latran, issue de l’organisation de la liturgie opérée par le pape saint Grégoire le Grand et poursuivie par ses successeurs jusqu’à l’époque du pape Hadrien Ier († 795), qui l’envoya à Charlemagne lorsque celui-ci voulut établir la liturgie romaine dans tout son empire. Le Codex Regina 337 a été analysé par H. A. Wilson dans son ouvrage The Gregorian sacramentary under Charles the Great, publié par la Henry Bradshaw Society à Londres en 1915 ; on peut lire cet ouvrage en ligne sur archive.org.
  • le Codex Palatini Latini 46 ; c’est un évangéliaire du second quart du IXème siècle qui provient probablement du riche scriptorium de l’abbaye de Lorsch, succursale intellectuelle de la cour d’Aix-la-Chapelle, fondée en 764 par saint Chrodegang, évêque de Metz.
  • le Codex Palatini 487, provenant là encore de l’abbaye de Lorsch. Il s’agit d’un recueil d’Ordines Romani copié aux alentours de l’an 800.
  • Messe pontificale de Mgr Aillet pour la France à Saint-François-Xavier (Paris VII)

    Dimanche 11 novembre 2012, en l’église paroissiale de Saint-François-Xavier (Paris VII), Mgr Aillet, évêque de Bayonne, célébra la sainte messe à l’intention de la France devant un grand concours de clercs et de fidèles, cet évènement coïncidant avec le 30 ème anniversaire de la fondation de l’association Notre-Dame de Chrétienté.

    Au cours de la messe, le pontife prononça l’homélie dont voici un extrait :

    Comme il nous faut nous appuyer sur la prière, sur l’expérience du Christ, rencontré au sein de son Eglise, à travers l’écoute attentive de la parole de Dieu et la fréquentation des sacrements de son Eglise, pour avoir une action politique cohérente, face aux urgences aujourd’hui et aux défis que nous avons à mener…

    Sachez-le, chers amis, chers frères et sœurs : je reviens d’une semaine d’Assemblée plénière des évêques de France, à Lourdes. Sachez-le : vos évêques – pas seulement quelques-uns, mais vos évêques ! – vous encouragent et vous soutiennent dans votre combat. Ils vous encouragent à parler, ils vous encouragent à agir, ils vous encouragent à vous manifester. Utilisez tous les moyens d’expression qu’une société démocratique peut vous offrir, aujourd’hui, dans le contexte, peut-être imparfait, mais dans lequel nous sommes, pour pouvoir faire entendre votre voix. Et d’autres voix feront chorus avec la vôtre. Et remettez surtout cette cause entre les mains de Dieu.

    Ce sont les saints qui sont les vrais réformateurs de la société. Nous sommes appelés, d’abord, à être des saints.

    Crédit photographique : © François N. (que nous remercions vivement pour son autorisation à diffuser ses photos sur ce site).

    Musique sacrée & évangélisation

    « La musique sacrée peut favoriser la foi et contribuer à la nouvelle évangélisation », a déclaré le Pape le 10 novembre dernier aux membres de l’association musicale italienne Santa Cecilia, réunis pour un congrès à Rome. « A propos de la foi, on pense spontanément à la vie de saint Augustin… dont la conversion est certainement due en grande partie à l’écoute du chant des psaumes et des hymnes dans les liturgies présidées par saint Ambroise. Si, en effet, la foi naît toujours de l’écoute de la parole de Dieu, d’une écoute des sens qui passe aussi par l’esprit et le cœur, il ne fait aucun doute que la musique et surtout le chant donnent à la lecture des psaumes et des cantiques bibliques une plus grande force communicative. Parmi les charismes de saint Ambroise, on trouvait justement une sensibilité et une capacité musicale prononcées, don que celui-ci, une fois ordonné évêque de Milan, mit au service de la foi et de l’évangélisation ».

    Benoît XVI a ensuite souligné que le chant sacré lié aux paroles fait partie nécessaire ou intégrante de la liturgie solennelle. « Pourquoi nécessaire et intégrante ? Certainement pas pour des raisons esthétiques mais parce qu’il contribue à nourrir et exprimer la foi, et donc à la gloire de Dieu et à la sanctification des fidèles qui sont l’objectif de la musique sacrée. C’est justement pour cela que je voudrais vous remercier pour le précieux service que vous rendez : la musique que vous exécutez n’est pas un accessoire ou un embellissement de la liturgie mais elle est la liturgie même ». Evoquant la relation entre le chant sacré et la nouvelle évangélisation, le Pape a ajouté que la constitution conciliaire sur la liturgie rappelle « l’importance de la musique sacrée dans la mission ad gentes et encourage à valoriser les traditions musicales des peuples. Mais dans les pays d’ancienne évangélisation comme l’Italie, la musique sacrée peut aussi avoir et a, de fait, un rôle important pour favoriser la redécouverte de Dieu, une nouvelle approche du message chrétien et des mystères de la foi ».

    Puis le Saint-Père a rappelé à ce sujet le cas du poète Paul Claudel qui se convertit en écoutant le Magnificat au cours des vêpres de Noël à Notre Dame de Paris. « Mais sans recourir à des personnes célèbres, pensons à toutes ces personnes qui ont été touchées au plus profond de leur âme en écoutant de la musique sacrée, et encore plus à ceux qui se sont sentis attirés de nouveau vers Dieu par la beauté de la musique liturgique… Efforcez-vous d’améliorer la qualité du chant liturgique sans avoir peur de reprendre et valoriser la grande tradition musicale de l’Eglise qui trouve dans le grégorien et la polyphonie ses deux expressions les plus hautes… La participation active de tout le peuple de Dieu à la liturgie ne consiste pas seulement à parler, mais aussi à écouter, à accueillir par les sens et avec l’esprit la Parole et cela vaut aussi pour la musique liturgique ».

    La vidéo suivante montre le Saint Père arrivant à la salle d’audience et surpris d’entendre le Tu es Petrus polyphonique entonné par les embres de l’association musicale italienne Santa Cecilia.

    Sortie du film au Grand Rex : « Monseigneur Lefebvre, un évêque dans la tempête »

    Cet après-midi, au Grand Rex a été présenté au public parisien un excellent film documentaire sur la vie de Mgr Lefebvre. Réunissant de nombreux documents inédits et de précieux témoignages de 32 interlocuteurs d’horizons et de positions extrêmement divers, ce film est un excellent témoignage non seulement – comme on pouvait s’y attendre – sur le combat post-conciliaire de l’ancien supérieur général des Spiritains, mais également sur bien des aspects moins connus de son existence comme son enfance, sa mission à Lambarené au Gabon ou encore son incroyable énergie apostolique comme archevêque de Dakar.

    Cet excellent film est en vente au format DVD au modique prix de 12 EUR. Il peut être commandé sur le site créé pour l’occasion par l’ADPC : http://monseigneurlefebvre.org/.

    En voici par ailleurs la bande annonce sur Gloria.tv :

    Décès de Mgr Amodeo

    C’est avec une grande peine que nous avons appris la mort de Mgr Angelo Amodeo, chanoine-cardinal de la sainte Eglise de Milan survenue ce 14 septembre 2012, en la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix (& 5ème anniversaire de l’entrée en vigueur du motu proprio Summorum Pontificum), âgé de 80 ans. C’est une grande figure du rit ambrosien traditionnel qui s’est éteinte. Merci Monseigneur pour avoir contribué à ce que ce rit vénérable ne s’éteigne pas ! Priez Dieu de vous envoyez des successeurs aussi digne de votre grande générosité et de votre énergie ! A Dieu, Monseigneur !

    Les funérailles de Mgr Amodeo seront célébrées au Dôme de Milan lundi 17 septembre à 8h45.

    « Ego Joannes audivi vocem de caelo dicentem mihi: Beati mortui qui in Domino moriuntur. Amodo jam dicit Spiritus, ut requiescant a laboribus suis: opera enim illorum sequuntur illos. »
    (Ex Missali Ambrosiano, pro defuncto Sacerdote)