Saint Damase Ier (366-384)

Son origine espagnole n’est pas avérée, il entre dans les ordres et s’y distingue assez vite par ses vertus. Devenu diacre, Damase est le bras droit du pape Libère et l’accompagne dans l’exil dont l’empereur Constance II frappe ce pape. De ce fait il apparait comme l’héritier et le successeur naturel de Libère. Mais, à la mort du pape survenue le 24 septembre 366, la succession ne se fait pas sereinement et deux partis s’affrontent : un autre diacre, Ursin se montre plus prompt à se faire élire, puis se fait consacrer par l’évêque de Tibur (Tivoli), en la basilique (civile) Julienne dès la mort du pape. Un parti bien plus nombreux procède, en Saint-Laurent-de-Lucine, à l’élection régulière de Damase, qui est consacré, en la basilique-cathédrale du Latran, le 1er octobre 366. Les partisans d’Ursin et ceux de Damase engagent un combat de plusieurs jours qui fera de nombreux morts sans que Damase y soit mêlé. Ursin et ses affidés sont expulsés par le préfet de Rome. Damase est ainsi élu par dans une époque troublée par les dissensions théologiques (Ursin est bienveillant avec les idées semi-ariennes) et les luttes de partis.

Une fois installé pape, la lutte incessante contre les hérésies devient la préoccupation de Damase. Dans sa lutte contre l’arianisme, il noue des relations étroites avec les pères de l’Eglise d’Orient : saint Athanase, saint Epiphane, saint Grégoire de Nazianze et saint Basile de Césarée. Le pape dépose l’évêque de Milan Auxence, zélateur de l’arianisme et prédécesseur de saint Ambroise. Le pape est aussi l’un des premiers à condamner l’apollinarisme (Apollinaire de Laodicée professait une doctrine hérétique qui niait la double nature humaine et divine du Christ, lequel n’aurait été que le Verbe dans un corps humain, simple enveloppe : le Christ n’était plus dès lors véritablement homme) : l’apollinarisme fut condamné aux conciles locaux de Rome de 374, 377 & 378 présidés par Damase, et la condamnation fut reprise au concile œcuménique de Constantinople de 381. En 381 toujours, le concile d’Aquilée se réunit à sa demande ; ce concile jouera un rôle majeur dans la fin de l’hérésie arienne en Occident. Rappelons que l’arianisme avait été déclaré hérétique au Concile de Nicée de 325. Cette hérésie niait la divinité de Jésus et donc la consubstantialité, c’est à dire la même substance du Père et du Fils.

Saint Jérôme offre la Vulgate à saint Damase.

Saint Jérôme offre la Vulgate à saint Damase.

En 382, Damase accueille à Rome saint Jérôme de Stridon, lui demandant de réviser & d’unifier les diverses traductions latines de la Bible. Des traductions latines des Ecritures existaient en effet depuis le IInd siècle, elles étaient très diverses car faites à différents endroits par des traducteurs différents, d’où un certain nombre d’imprécisions et de fautes. Ce saint pape est donc celui à qui nous devons la Vulgate, l’édition définitive de la Bible en latin.

A la demande du pape, saint Jérôme traduisit en particulier pour la liturgie romaine le Psautier dit romain, première des trois versions du psautier qu’il réalisa, mais c’est la seconde version de saint Jérôme, dit Psautier gallican, que nous employons depuis sa large diffusion dans l’Empire carolingien, due à son adoption précoce par les Eglises de Gaule. Seules les grandes basiliques romaines avaient réussi à conserver jusqu’au XXème siècle l’usage exclusif du chant des offices sur le Psautier romain ; la quasi totalité des pièces chantées du propre de la messe, dont la composition remonte aux six premiers siècles, sont quant à elles logiquement toujours établies sur le texte du Psautier romain, d’où parfois de très légères différences entre la messe et l’office. Comparons ainsi le premier verset du psaume XLI dans les deux psautiers, dans deux usages liturgiques différents. Il est chanté le samedi saint à la messe de la vigile pascale, comme trait qui accompagne la procession se rendant aux fonts baptismaux pour la bénédiction de l’eau baptismale. On chante alors, sur le texte du Psautier romain :

Sicut cervus desiderat ad fontes aquarum : ita desiderat anima mea ad te, Deus.

Tandis qu’à l’office divin, à l’office nocturne du mardi, on chante selon le Psautier gallican :

Quemadmodum desiderat cervus ad fontes aquarum : ita desiderat anima mea ad te, Deus.

Saint Damase IerOn doit surtout au pape Damase l’introduction du chant de l’alleluia dans la messe romaine, à l’imitation vraisemblablement de la liturgie de Jérusalem, et très certainement sous l’influence de saint Jérôme. Comment se fit cette adoption ? Rome se mit à cette époque à célébrer les vêpres stationales de Pâques sur le modèle de ce qui se pratiquait à la basilique de l’Anastasis (actuel Saint-Sépulcre) à Jérusalem. Au cours de cet office fastueux se chantaient des alleluia, avec des versets grecs qui furent traduits en latin par la suite. Des vêpres de Pâques, ces alleluia passèrent facilement à la messe, où ils furent chantés après le répons graduel, et avant l’évangile (à l’instar de ce qui se pratiquait déjà depuis longtemps dans les liturgies orientales), d’abord pour le seul jour de Pâques et son octave, puis aux autres dimanches et fêtes de l’année. Le Carême et la Septuagésime, les messes fériales, ainsi que les messes des morts, gardèrent la structure primitive antérieure à saint Damase : un trait suit le graduel et précède le chant de l’évangile, ou plus simplement, le graduel seul est chanté entre l’épître et l’évangile.

Damase encourage sainte Marcelle et sainte Paule, toutes deux proches de saint Jérôme, à transformer leur demeures patriciennes en monastères. Il a ainsi contribué à favoriser l’implantation du monachisme à Rome qui était en retard au regard de l’Orient.

Le pape organise aussi le culte des martyrs. Pour les chrétiens du IVème siècle, les catacombes sont des cimetières où ils enterrent les leurs qui veulent reposer près des martyrs. Leur accès est malaisé  en raison d’éboulements, de dégradations… Le pape Damase mis beaucoup d’énergie à restaurer les catacombes et par là le culte des martyrs dans les catacombes elles-mêmes ; il entreprit des fouilles systématiques pour découvrir les tombes inconnues ou méconnues des martyrs.

Le pape Damase mourut le 11 décembre 384 octogénaire, après avoir gouverné et servi l’Eglise pendant dix-huit ans avec sagesse et dévouement.

Saint Damase

Saint Clément 1er pape et martyr Pape de 88 à 97

Saint Clément est un des premiers successeurs de Saint Pierre et disciple de Saint Paul qui l’évoque dans sa lettre aux Philippiens. Il est né à Rome, les écrits ayant été dispersés nous n’avons que peu d’éléments sur sa vie. On lui attribue notamment le sacre de 15 évêques, l’ordination de 10 prêtres et 2 diacres.

La Tradition lui prête également une lettre : l’Epitre de Clément aux Corinthiens adressée depuis Rome. Elle est destinée à l’église de Corinthe qui est en proie à cette période à de grosses dissension. Le pape y appelle les révoltés à l’obéissance et à rétablir les pasteurs légitimes dans leurs fonctions, ces derniers ayant été déposés par les jeunes révoltés. On peut considérer ce texte comme le premier document post apostolique où l’on appréhende la préséance de l’évêque de Rome. Ce document rédigé en grec, est un des plus ancien textes théologiques après les récits des Evangiles et les textes apostoliques.

Il est envoyé en Crimée par l’empereur Trajan dans les mines de Chernosèse. L’empereur apprenant le zèle qu’il déploie à convertir les populations ordonne qu’il soit noyé avec une ancre autour du cou. Ses reliques ont été rapportées à Rome par Saint Cyril et saint Méthode vers l’an 861, on peut les vénérer dans la Basilique qui porte son nom.

Il est vénéré dans l’Eglise catholique romaine le 23 novembre, les églises orientales, syriaques, grecques orthodoxes le fêtent le 24 novembre, l’Eglise orthodoxe russe le 25 novembre et l’Eglise copte le 8 décembre.

Enregistrement : sainte messe de la fête de l’anniversaire de la dédicace de l’archibasilique du Très-Saint-Sauveur

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Le ciborium de Saint-Jean-de-Latran contenant les reliques des chefs de saint Pierre et saint Paul

Programme de la fête de la dédicace de l’Archibasilique du Très-Saint-Sauveur

Basilique et palais du Latran avant 1735 par Giuseppe VasiSaint-Eugène, le dimanche 9 novembre 2014, grand’messe en rit romain traditionnel de 11h.

Nous fêtons en ce jour la dédicace de l’Archibasilique du Très-Saint-Sauveur, plus connue sous le nom de Saint-Jean-de-Latran, cathédrale du pape à Rome, mère et tête de toutes les églises de la Ville et de l’univers :

Sacrosancta Lateranensis Ecclesia
Omnium Vrbis et Orbis
Ecclesiarum Mater et Caput
.

Sacrosancta Lateranensis Ecclesia Omnium Vrbis et Orbis Ecclesiarum Mater et Caput

L’empereur Constantin le Grand, après la paix de l’Eglise de 313, offrit au pape Miltiade († 314) le palais du Latran, vaste domaine de la famille des Laterani qui lui était échu suite à son mariage avec Fausta, sœur de Maxence. L’empereur y démarra la construction d’une somptueuse basilique, qui fut sans doute la première église en Occident dont on célébra solennellement la dédicace. Celle-ci fut accomplie le 9 novembre 324 par le pape saint Sylvestre Ier, qui y dressa sa cathèdre – le Saint Siège Apostolique -, la basilique devenant dès lors la cathédrale de Rome, centre de l’enseignement & du gouvernement de l’Eglise, et foyer de la liturgie catholique romaine. Son palais devint la résidence des papes. Dans le maître-autel, le pape saint Sylvestre Ier fit inclure les restes de l’autel eucharistique de se servit saint Pierre et après lui tous les papes martyrs des trois premiers siècles. Sur cet autel – l’autel papal – ne peut célébrer que le pape.

Donation de saint Constantin au pape saint SylvestreLa basilique constantinienne fut placée sous le vocable du Très-Saint-Sauveur (sa fête patronale est fixée au 6 août, jour de la Transfiguration), en action de grâces pour la victoire de Constantin à la bataille du Pont Milvius. Au cours des siècles, on la désigna plus couramment sous le nom de Saint-Jean-de-Latran, en raison du baptistère annexé – l’un des plus vieux de la chrétienté – et qui était dédié depuis le IVème siècle à saint Jean Baptiste.

La basilique fut richement dotée par les premiers empereurs chrétiens. Ces richesses furent néanmoins pillées par les Wizigoths d’Alaric en 410 & la basilique fut ruinée par les Vandales de Genséric en 455, mais elle fut reconstruite par saint Léon le Grand († 461), et saint Grégoire le Grand († 604) témoigne de sa splendeur retrouvée lorsqu’il l’appelle la Basilica Aurea, la Basilique d’Or.

Entre le IVème et le VIème siècle, s’organise la liturgie stationnale romaine : à certains jours de l’année liturgique, le peuple romain se ressemble autour du pape à une église (l’église de la collecte) pour aller en procession à une autre église (l’église de la station) où le pape, entouré du clergé, célébrait solennellement le Saint Sacrifice de la messe. Le Missel romain de saint Pie V a conservé la mention de ces stations liturgiques en tête des différentes messes stationnales. La station à Saint-Jean-de-Latran – « Statio ad S. Joannem in Laterano » – se retrouve à des dates majeures de l’année liturgique :

  • au début et à la fin du carême, du moins à ses dates antiques, tel qu’il se présentait avant saint Grégoire le Grand : le premier dimanche de carême et le Jeudi-Saint,
  • au dimanche des Rameaux,
  • à la vigile pascale,
  • au samedi in Albis qui clôturait l’octave pascale,
  • au mardi des Rogations,
  • à la vigile de la Pentecôte.

Les stations de la vigile pascale et de la vigile de la Pentecôte s’expliquent par le fait que l’on baptisait les catéchumènes à Rome au cours de ces deux cérémonies et que très longtemps le baptistère du Latran fut le seul de toute la Ville. De même celle du samedi in Albis, puisque les néophytes y déposaient le vêtement blanc qu’ils avaient reçus au baptême.

Restaurée sous Adrien Ier († 795), l’archibasilique subit un terrible tremblement de terre en 896, mais fut reconstruite par le pape Serge III († 911).

A cette occasion, Serge III fit une nouvelle consécration de l’archibasilique qui fut dédiée de façon complémentaire à saint Jean-Baptiste. Une troisième dédicace fut accomplie par le pape Lucius II († 1145) qui la plaça cette fois sous le co-patronage complémentaire de saint Jean l’Evangéliste.

Façade latérale du Latran vers 1752 par Giuseppe VasiDepuis lors, le titre officiel complet de la cathédrale de Rome devint : Archibasilica Sanctissimi Salvatoris et Sanctorum Iohannes Baptista et Evangelista in Laterano, ce qui peut se traduire par : Archibasilique du Très-Saint-Sauveur et des saints Jean le Baptiste et l’Evangéliste du Latran.

En dépit de ces vicissitudes du bâtiment, cette première période de l’histoire du Latran est l’une des plus glorieuses. Du haut de l’Episcopium lateranense, 160 papes gouvernèrent l’Eglise, de saint Sylvestre à Boniface VIII († 1303).

Dans ses murs se réunirent plus de 250 conciles, dont cinq des vingt-et-un conciles œcuméniques : Latran I (1123), Latran II (1139) – Latran III (1179) – Latran IV (1215) & Latran V (1512).

L’installation de Clément V en Avignon en 1307 arrête brusquement cette ère glorieuse. Le long séjour des papes en France (1307-1377) laissa déserts leur basilique et palais du Latran, qui subirent pendant ce temps plusieurs outrages graves.

L'autel papal de Saint-Jean-de-Latran surmonté de son ciborium, abritant les reliquaires des chefs de saint Pierre & de saint PaulIncendiée en effet à une première reprise en 1307, la vénérable basilique fut réédifiée par ordre depuis Avignon de Clément V († 1314) et de Jean XXII († 1334). Endommagée par un séisme en 1349 et un second incendie en 1361, elle fut restaurée par Urbain V († 1370) et Grégoire XI († 1378) sous la direction de l’architecte Giovanni Stefani.

C’est le pape Urbain V qui depuis Avignon fit construire un nouveau ciborium qui surmonte aujourd’hui encore l’autel papal. Dans ce ciborium ont été placés les reliques les plus précieuses de Rome : les chefs sacrés mêmes des saints Apôtres Pierre & Paul, placés ainsi dans deux reliquaires au dessus de l’autel papal.

A leur retour à Rome en 1377, les papes ne s’établissent plus au Latran, qui en dépit des travaux, n’avait pas retrouvé son ancienne splendeur. C’est le palais du Vatican en hiver, et celui du Quirinal en été, qui deviennent les résidences pontificales habituelles. Dès lors, la basilique Saint-Pierre vit son importance symbolique s’affirmer, sans que pour autant les droits à la primauté de l’antique cathédrale du Latran ne disparaissent. En témoigne la cérémonie de la prise de possession du Latran par les papes, qui suit toujours immédiatement leur couronnement : après une remise des clefs au souverain pontife par le clergé de l’archibasilique, le pape célèbre la sainte messe sur l’autel papal puis donne sa bénédiction Urbi & Orbi depuis la loggia de l’impressionnante façade.

Archibasilique du Très-Saint-Sauveur (Saint-Jean-de-Latran)En prévision du jubilé de l’an 1650, le pape Innocent X confia à Francesco Borromini la restauration de la basilique. Le pape imposa à l’architecte de respecter le plus possible la forme antique de l’église et de laisser le grand plafond de la nef centrale datant du XVIème siècle. Borromini garda donc les dimensions de l’antique basilique (135 mètres de long et 65 mètres de large), ainsi que la disposition générale des cinq nefs, datant de l’époque constantinienne. Il fit installer les portes centrales en bronze qui sont celles originales de la Curie romaine. Il restaura l’intérieur en lui donnant un nouveau lustre baroque. Dans les niches qu’il prépara le long de l’allée centrale furent placées les statues monumentales des douze apôtres qui furent ajoutées au début du XVIIIème siècle.

L'intérieur de l'Archibasilique du Latran, avec les statues des 12 apôtres et l'autel papal surmonté de son ciborium du XIVème siècleAprès la spoliation de Rome par l’état italien, les accords du Latran signés le 11 février 1929 reconnaissent l’existence de l’Etat du vatican. L’archibasilique du Latran et son palais apostolique, ainsi que leurs annexes (Baptistère du Latran, Scala Santa) bénéficient de l’extraterritorialité et son rattachés au nouvel état.

Pour finir, notons que l’archibasilique a aussi de longue date un lien privilégié avec la France. En 1482, le roi de France Louis XI avait accordé des droits au chapitre du Latran sur l’abbaye de Clairac en Aquitaine. En contrepartie, le chapitre lui attribua le titre de chanoine d’honneur de Saint-Jean-de-Latran, titre que tous les rois de France reçurent par la suite. En remerciement de la protection des chanoines du Latran accordée par le roi Henri IV (leur abbaye française de Clairac avait subi les affres de la religion prétendue réformée), le chapitre du Latran fait aussi célébrer chaque année depuis 1604 une messe pour la prospérité de la France le 13 décembre, jour anniversaire de la naissance d’Henri.
 

  • Propre grégorien de la dédicace
  • Kyrie : de la Messe royale du Ier ton d’Henry du Mont, sous-maître de la chapelle du roi Louis XIV
  • Gloria : de la Messe royale du Ier ton d’Henry du Mont
  • Séquence parisienne : Jerusalem & Sion Fíliæ – prose de la Dédicace d’Adam de Saint-Victor (c. 1112 † c. 1192), préchantre de la cathédrale de Paris – plain-chant recomposé au XVIIIème siècle par l’Abbé d’Haudimont, maître de chapelle de la cathédrale de Châlons-sur-Saône puis de Notre-Dame de Paris et de Saint-Germain L’Auxerrois (avant 1790) – selon la tradition, l’orgue figure les versets impairs
  • Credo : de la Messe royale du Ier ton d’Henry du Mont
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Urbs beáta Jerusalem – Hymne de la Dédicace, aux vêpres & à matines – texte du VIIIème siècle – alternances d’orgue de Michel Corrette (1707 † 1795), organiste de Sainte-Marie du Temple & des Jésuites à Paris
  • Sanctus : de la Messe royale du Ier ton d’Henry du Mont
  • A l’élévation : O salutaris sur le ton du récitatif liturgique de la préface – Henri de Villiers
  • Agnus Dei : de la Messe royale du Ier ton d’Henry du Mont
  • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite, missa est : de la Messe royale du Ier ton d’Henry du Mont
  • Pendant le dernier Evangile : Salve Regina
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    Missa pro eligendo Summo Pontifice célébrée ce soir à Saint-Eugène

    Frontispice du livret des chantres

    Chant du Veni Creator

    On est à genoux pour la première strophe de l’hymne.

    Veni Creátor Spíritus,
    Mentes tuórum vísita,
    Imple supérna grátia
    Quæ tu creásti péctora.
    Viens, Esprit Créateur,
    Visite les âmes des tiens,
    Emplis de la grâce d’en-haut
    Les cœurs que tu as créés.
    Qui Paráclitus díceris,
    Donum Dei altíssimi,
    Fons vivus, ignis, cáritas,
    Et spiritális únctio.
    Toi qui est dit le Paraclet,
    Don du Dieu Très-Haut,
    Source vive, feu, amour,
    Et spirituelle onction.
    Tu septifórmis múnere,
    Dextræ Dei tu dígitus,
    Tu rite promíssum Patris,
    Sermóne ditans gúttura.
    Tu es l’Esprit aux sept dons,
    Le doigt de la dextre de Dieu,
    L’Esprit promis par le Père,
    Qui inspire nos paroles.
    Accénde lumen sénsibus,
    Infúnde amórem córdibus,
    Infírma nostri córporis
    Virtúte firmans pérpeti.
    Allume en nos sens ta lumière,
    Déverse ton amour en nos cœurs,
    Guéris nos corps
    En leur conférant ta force.
    Hostem repéllas lóngius,
    Pacémque dones prótinus :
    Ductóre sic te prævio
    Vitémus omne nóxium.
    Repousse l’ennemi au loin,
    Et donne-nous la paix bien vite ;
    Sous ta conduite & ton conseil
    Nous éviterons tout danger.
    Per te sciámus da Patrem,
    Noscámus atque Fílium,
    Te utriúsque Spíritum
    Credámus omni témpore.
    Donne-nous par toi de connaître le Père,
    Que nous connaissions aussi le Fils ;
    Et qu’en toi, leur commun Esprit
    Nous croyions en tout temps.
    Doxologie hors le temps pascal :
    Sit laus Patri cum Fílio,
    Sancto simul Paráclito,
    Nobísque mittat Fílius
    Charísma Sancti Spíritus. Amen.
    Louange au Père ainsi qu’au Fils
    De même qu’au Saint Paraclet,
    Et que le Fils nous envoie
    Les charismes du Saint-Esprit. Amen.
    V/.  Emítte Spíritum tuum, et creábuntur.
    R/.  Et renovábis fáciem terræ.
    Envoie ton Esprit, et tout sera créé.
    Et tu renouvelleras la face de la terre.
    Orémus. – Deus, qui corda fidélium Sancti Spíritus illustratióne docuísti : da nobis in eódem Spíritu recta sápere ; et de ejus semper consolatióne gaudére. Per Christum Dóminum nostrum. Prions. – Dieu qui a enseigné les cœurs de tes fidèles par l’illumination du Saint Esprit, donne-nous, par ce même Esprit, le goût de la droiture et la joie d’éprouver toujours sa consolation. Par le Christ Notre Seigneur.
    R/.  Amen.  

    Introït

    Missa pro Eligenda - Introit Suscitabo mihi - ton iii.

    IIIème ton – I Rois, 2, 35 – Psaume 131, 1

    Je me susciterai un prêtre fidèle, qui agira selon mon cœur et selon mon âme : et Je lui construirai une demeure stable et il marchera devant mon Christ tous les jours. – Ps. Souviens-toi, Seigneur de David, et de toute sa mansuétude. – V/. Gloire au Père.

    Collectes

    V/.  Dóminus vobiscum.
    R/.  Et cum spíritu tuo
     
    De la messe pour l’élection du Souverain Pontife
    Orémus. – Supplici, Dómine, humilitáte depóscimus : ut sacrosánctæ Románæ Ecclésiæ concédat Pontíficem illum tua imménsa píetas ; qui et pio in nos stúdio semper tibi plácitus, et tuo pópulo pro salúbri regímine sit assidue ad glóriam tui nóminis reveréndus. Per Dóminum nostrum Jesum Christum, Fílium tuum, qui tecum vivit et regnat in unitáte Spíritus Sancti Deus, per ómnia sæcula sæculórum. Prions. – Suppliants et humbles, nous t’implorons, Seigneur : que ton immense bonté donne à la sacro-sainte Église Romaine un Pontife tel qu’il te plaise toujours par son zèle surnaturel envers nous et qu’il mérite la vénération de ton peuple par son sage gouvernement à la gloire de ton Nom. Par Notre Seigneur Jésus-Christ, ton Fils, qui avec toi vit & règne en l’unité du Saint Esprit, Dieu pour tous les siècles des siècles.
    R/.  Amen.  
    Du jour.  

    Epître

    Léctio Epístolæ beáti Pauli Apóstoli ad Hebrǽos                        4, 16 – 5, 1-7

    Fratres : Adeámus cum fidúcia ad thronum grátiæ, ut misericórdiam conséquimur et grátiam inveniámus in auxílio opportúno. Omnis namque póntifex ex homínibus assúmptus, pro homínibus constitúitur in iis, quæ sunt ad Deum, ut ófferat dona, et sacrifícia pro peccátis : qui condolére possit iis, qui ígnorant et errant : quóniam et ipse circúmdatus est infirmitáte : et proptérea debet, quemádmodum pro pópulo, ita étiam et pro semetípso offérre pro peccátis. Nec quisquam sumit sibi honórem, sed qui vocátur a Deo, tamquam Aaron. Sic et Christus non semetípsum clarificávit, ut póntifex fíeret, sed qui locútus est ad eum : Fílius meus es tu, ego hódie génui te. Quemádmodum et in álio loco dicit : Tu es sacérdos in ætérnum, secúndum órdinem Melchísedech. Qui in diébus carnis suæ preces supplicationésque ad eum, qui possit illum salvum fácere a morte, cum clamóre válido et lácrimis ófferens, exaudítus est pro sua reveréntia. En effet, tout grand prêtre, pris du milieu des hommes, est établi en faveur des hommes, dans leurs relations avec Dieu, afin d’offrir des dons et des sacrifices pour les péchés. Il peut compatir aux ignorants et aux égarés, puisqu’il est lui-même enveloppé de faiblesse et puisque, à cause même de cette faiblesse, il doit offrir, pour lui-même comme pour le peuple, des sacrifices pour les péchés.

    Nul ne s’attribue lui-même cette charge, mais on y est appelé par Dieu, tout comme Aaron. Ainsi, ce n’est pas le Christ qui s’est attribué lui-même la gloire de devenir grand prêtre, mais il l’a reçue de Celui qui lui a dit : « Tu es mon fils, moi, aujourd’hui, je t’ai engendré ». Comme il dit aussi ailleurs : « Tu es prêtre pour l’éternité selon l’ordre de Melchisédech ». C’est lui qui, aux jours de sa vie mortelle, avec de grands cris et des larmes, présenta des prières et des supplications à Celui qui pouvait le sauver de la mort ; il fut exaucé à cause de sa piété.

    Graduel

    Missa pro Eligenda - Graduel Pontifex - ton v.

    Vème ton – Lévitique 21, 10 – Hébreux 2, 17

     Le Pontife, grand-prêtre parmi ses frères, sur la tête de qui a été répandu l’huile de l’onction et dont les mains ont été consacrées pour le sacerdoce, revêtu des ornements sacrés, a dû se faire semblable en tout à ses frères. – V/. Pour devenir miséricordieux et devenir un grand-prêtre fidèle à Dieu : pour obtenir l’expiation des péchés du peuple.

    Trait

    Missa pro Eligenda - Trait Surge, ton viii

     

    VIIIème ton – Psaume 131, 8-10

    Lèves-toi, Seigneur, vers ton repos, toi et l’arche de ta sainteté. V/. Que tes prêtres se revêtent de justice et que tes saints exultent. V/. A cause de David, ton serviteur, ne repousses pas ton Christ.

    Evangile

    Sequéntia sancti Evangélii secúndum Joánnem                                            14, 15-21

    In illo témpore : Dixit Jesus discípulis suis : Si dilígitis me, mandáta mea servate. Et ego rogábo Patrem, et alium Paráclitum dabit vobis, ut máneat vobíscum in ætérnum, Spíritum veritátis, quem mundus non potest accípere, quia non videt eum nec scit eum. Vos autem cognoscétis eum ; quia apud vos manébit, et in vobis erit. Non relínquam vos órphanos : véniam ad vos. Adhuc módicum ; et mundus me jam non videt. Vos autem vidétis me, quia ego vivo, et vos vivétis. In illo die vos cognoscétis, quia ego sum in Patre meo, et vos in me, et ego in vobis. Qui habet mandáta mea et servat ea : ille est, qui díligit me. Qui autem díligit me, diligétur a Patre meo ; et ego díligam eum, et manifestábo ei meípsum.

    En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements. Et moi, je prierai le Père et il vous donnera un autre Paraclet pour être avec vous éternellement : l’Esprit de vérité que le monde ne peut recevoir, car il ne le voit pas et ne le connaît pas. Vous, vous le connaîtrez, parce qu’il demeurera avec vous et qu’il sera en vous. Je ne vous laisserai pas orphelins ; je viendrai à vous. Encore un peu de temps et le monde ne me verra plus ; mais vous, vous me verrez parce que je vis et que vous vivrez. Ce jour-là, vous connaîtrez que je suis en mon Père, et vous en moi, et moi en vous. Celui qui a mes commandements et les garde, voilà celui qui m’aime ; Celui qui m’aime sera aimé de mon Père, et moi je l’aimerai et je me manifesterai à lui ».

    Offertoire

    Missa pro Eligenda - Offertoire Non participentur, ton iv

     

    IVème ton – III Esdras 5, 40

    Que l’on ne participe pas au sacrifice tant que ne se sera pas levé un Pontife pour montrer la vérité.

    Secrètes

    De la messe pour l’élection du Souverain Pontife
    Tuæ nobis, Dómine, abundántia pietátis indúlgeat : ut per sacra múnera, quæ tibi reverénter offérimus, gratum maiestáti tuæ Pontíficem sanctæ matris Ecclésiæ regímini præésse gaudeámus. Per Dóminum nostrum Jesum Christum, Fílium tuum, qui tecum vivit et regnat in unitáte Spíritus Sancti Deus, per ómnia sæcula sæculórum. Que l’abondance de ta bonté, Seigneur, nous soit indulgente : que par ces dons sacrés que nous t’offrons avec respect, nous ayons la joie de voir présider au gouvernement de notre mère la sainte Église un Pontife qui soit agréable à ta majesté. Par Notre Seigneur Jésus-Christ, ton Fils, qui avec toi vit & règne en l’unité du Saint Esprit, Dieu pour tous les siècles des siècles.
    Du jour.

     Communion

    Missa pro Eligenda - Communion Veste sancta, ton viii

     

    VIIIème ton – Exode 29, 29-30

    Le Pontife revêtira l’ornement sacré après avoir reçu l’investiture, et il entrera dans le tabernacle de l’Alliance pour servir dans le sanctuaire.

    Postcommunions

    V/.  Dóminus vobíscum.R/.  Et cum spíritu tuo.  
    De la messe pour l’élection du Souverain Pontife

    Orémus. – Pretiósi Córporis et Sánguinis tui nos, Dómine, sacraménto reféctos, mirífica tuæ majestátis grátia de illíus Summi Pontíficis concessióne lætíficet : qui et plebem tuam virtútibus ínstruat, et fidélium mentes spirituálium aromátum odóre perfúndat Qui vivis et regnas cum Deo Patre in unitáte Spíritus Sancti Deus, per ómnia sæcula sæculórum.

    Prions. – Renouvelés par ton Corps et ton Sang précieux, que la grâce admirable de ta majesté, Seigneur, nous réjouisse d’avoir un Pontife qui instruise ton peuple dans les vertus et répande dans les âmes des fidèles le parfum des grâces spirituelles. Toi qui vis & règnes avec Dieu le Père en l’unité du Saint Esprit, Dieu pour tous les siècles des siècles.

    R/.  Amen.  
    Du jour.