Saint-Eugène, le lundi 24 décembre 2007, répétition à 22h30, veillée de 23h, grand’messe de 23h30.
Veillée
Messe de minuit
Saint-Eugène, le lundi 24 décembre 2007, répétition à 22h30, veillée de 23h, grand’messe de 23h30.
Veillée
Messe de minuit
On annonce la la création d’une paroisse personnelle à Rome pour le rit traditionnel. L’actuel apostolat de Monsieur l’Abbé Joseph Kramer, fssp en la minuscule église Saint-Grégoire dei Muratori serait élevé au rang de paroisse personnelle et devrait emménager au début de 2008 dans une bien plus grande église (et ô combien sublime !), que nous connaissons bien pour y avoir chanté en 2004 une messe en rit ambrosien traditionnel : La Très-Sainte Trinité des Pèlerins.
On aperçoit bien sur cette photo le fameux retable de l’autel majeur de la Très-Sainte Trinité des Pèlerins, peint par Guido Reni.
On raconte que le Saint-Père, qui est évêque de Rome, voudrait que cette nouvelle paroisse personnelle soit un exemple pour toute l’Eglise.
Source : Rorate cæli

C’est avec peine que nous apprenons le décès dans la nuit d’hier de Son Eminence le cardinal Stickler.
Le cardinal Stickler était né en Autriche en 1910 & était le plus âgé des cardinaux (il avait du reste célébré cette année ses 70 ans de sacerdoce). Salésien, il avait été professeur de droit canon, & à ce titre expert au second concile du Vatican dans plusieurs commissions, en particulier celle sur le clergé & celle sur la liturgie. Il avait été créé cardinal en 1985 tandis qu’il devenait préfet Bibliothécaire de la Bibliothèque vaticane & Archiviste des Archives secrètes.
S.E. le cardinal Stickler avait constamment défendu la messe traditionnelle, la célébrant fréquemment. Selon lui, la réforme liturgique en général et le Novus Ordo Missæ en particulier étaient en contradiction flagrante avec les volontés des Pères du Concile Vatican II.
En 1986, le cardinal Stickler fit partie de la fameuse commission de neuf cardinaux (avec les cardinaux Ratzinger, Mayer, Oddi, Casaroli, Innocenti, Palazzini & Tomko), appointée par Jean-Paul II, & devant se prononcer sur la question de savoir si l’ancien rit avait été aboli ou pas par Paul VI. A huit voix contre une, cette commission avait établi qu’il n’y avait pas eu de suppression ni d’interdiction de l’ancien rit. A l’unanimité, la commission avait aussi établi qu’un prêtre ne pouvait être poursuivi pour avoir utilisé l’ancien rit, même en dépit des ordres de son évêque.
A l’automne 1998, j’ai eu l’honneur de diriger le chant liturgique lors de la messe pontificale que célébra à Rome même S.E. le cardinal Stickler en l’église Saint-Ignace. A l’occasion de cette très émouvante cérémonie (je crois même qu’une célébration d’une telle ampleur était alors une première à Rome depuis l’après Concile), j’ai pu découvrir un homme d’Eglise très attentif aux demandes précises & aux attentes des fidèles, alors bien souvent cruellement privés du trésor de la messe traditionnelle.
Que du ciel il bénisse nos efforts terrestres.
Subvenite, Sancti Dei, occurite, Angeli Domini : * suscipientes animam ejus : † offerentes eam in conspectu Altissimi.
℣. Suscipiat te Christus, qui vocavit te : & in sinum Abrahæ Angeli deducant te :
* suscipientes animam ejus : † offerentes eam in conspectu Altissimi.
℣. Requiem æternam dona ei, Domine, & lux perpetua luceat ei.
† offerentes eam in conspectu Altissimi.
Venez à son secours, saints de Dieu, accourez, anges du Seigneur : * recevez son âme : † apportez-là devant la face du Très-Haut.
℣. Que te reçoive le Christ, qui t’as appelé : & que dans le sein d’Abraham les anges te conduisent :
* recevez son âme : † apportez-là devant la face du Très-Haut.
V/ Donnez-lui, Seigneur, le repos éternel, & que votre lumière luise sur lui.
† apportez-là devant la face du Très-Haut.
Demande. De quoi l’Eglise s’occupe-t-elle le lendemain de la Toussaint (ou le 3 novembre lorsque le 2 tombe un dimanche) ?
Réponse. L’Eglise s’occupe de prières générales qu’elle fait pour les âmes du Purgatoire.
D. Pourquoi l’Eglise a-t-elle destiné un jour pour prier généralement pour les morts ?
R. Afin de procurer aux morts un soulagement général, surtout aux âmes les plus abandonnées.
D. Pourquoi l’Eglise a-t-elle fixé ces prières le lendemain de la Toussaint ?
R. Pour faire remarquer l’union admirable qui règne entre les membres de l’Eglise.
Explication. Il y a trois Eglises : la triomphante qui est dans le Ciel, la souffrante qui est dans le Purgatoire, la militante qui est sur la terre. Ces trois Eglises n’en font qu’une sous le même Chef qui est Jésus-Christ. Les saints nous protègent, nous les honorons ; nous prions pour les âmes du Purgatoire, & nos suffrages les soulagent : c’est en quoi consiste cette union, qui est appelée la communion des saints.
D. L’usage de prier pour les morts est-il ancien dans l’Eglise ?
R. Oui, l’Eglise a toujours prié pour les morts dès les premiers siècles.
D. Qu’est-ce que l’Ecriture sainte & la Tradition nous apprennent à ce sujet ?
R. Elles nous apprennent qu’il est de foi qu’il y a un Purgatoire.
Explication. Le passage du Livre des Macchabées est au-dessus de toute réplique. Saint-Paul parle dans ses Epîtres d’un baptême pour les morts, & d’un feu qui doit purifier ceux qui sortent de ce monde, encore redevables de la justice de Dieu. Voyez dans l’histoire (chez les Pères de l’Eglise depuis Tertullien) les preuves de la Tradition.
D. Qu’est-ce que le Purgatoire ?
R. C’est un lieu où les âmes des justes achèvent de satisfaire à Dieu en souffrant les peines dues à leurs péchés.
Explication. Les saints ne croient point exagérer en assurant que les peines du Purgatoire sont extrêmes, excessives, inexprimables, plus terribles que tout ce que nous pouvons imaginer ; ils ne mettent de différence entre ces peines & celles de l’Enfer, que la durée & le désespoir, qui ne peuvent convenir à des âmes justes.
D. Quels sont les principaux motifs qui doivent nous engager à prier pour les morts ?
R. La gloire de Dieu, le soulagement des morts, notre intérêt particulier & la charité chrétienne.
D. Pourquoi la gloire de Dieu est-elle un motif de prier pour les morts ?
R. Parce que les âmes du Purgatoire loueront Dieu plus parfaitement dans le Ciel.
D. Comment le soulagement des morts est-il un motif de prier pour eux ?
R. Parce que leurs souffrances seront abrégées par les secours que nous leur accorderons.
D. Quel intérêt particulier avons-nous de prier pour les morts ?
R. Parce que les âmes du Purgatoire s’intéresseront spécialement pour nous auprès de Dieu.
D. Comment la charité chrétienne nous oblige-t-elle à prier pour les morts ?
R. Parce que les morts sont nos frères en Jésus-Christ, & que la charité chrétienne doit s’étendre à tous les hommes.
Explication. Quelquefois, la justice même nous oblige de prier pour les morts : combien de personnes qui sont cause des tourments que souffrent certaines âmes dans le Purgatoire par les péchés qu’elles leur ont fait commettre lorsqu’elles étaient sur la terre ? Ces personnes sont dans une étroite obligation de procurer à ces morts tous les secours qui dépendent d’elles.
D. Quel est l’esprit de l’Eglise le jour des morts ?
R. C’est que chacun prie pour tous les morts en général.
Explication. L’Eglise, dans l’office public de ce jour, ne prie pour aucun mort en particulier, elle offre son sacrifice pour tous en général ; son dessein est aussi de soulager spécialement les âmes les plus abandonnées & qui ont le moins de secours.
D. Par quels moyens peut-on soulager les âmes du Purgatoire ?
R. On peut les soulager par la prière, par l’aumône, par toutes sortes de bonnes œuvres, & principalement par le saint sacrifice de la Messe.
D. Quel fruit devons-nous retirer de ce catéchisme ?
R. C’est de faire chaque jour quelques prières pour les âmes du Purgatoire.
Demande. Quelle fête l’Eglise célèbre-t-elle le 1er novembre ?
Réponse. L’Eglise célèbre la Fête de tous les Saints qu’on nomme vulgairement Toussaint.
D. Cette fête est-elle ancienne dans l’Eglise ?
R. Elle a été instituée en l’an 835 par le pape Grégoire IV.
D. N’est-elle établie qu’en l’honneur des saints dont on fait la fête pendant l’année ?
R. Elle est établie en l’honneur de tous les saints qui sont dans le ciel.
Explication. Il n’était pas possible d’établir des fêtes particulières en l’honneur de chacun des saints qui sont dans le ciel ; d’ailleurs un grand nombre ne sont pas connus ; cependant tous les saints méritent notre culte, & l’Eglise a institué cette fête générale afin que nous remplissions ce devoir. Cette fête intéresse même chaque chrétien en particulier ; il n’y en a point qui n’ait quelque parent, quelque ami, quelques enfants dans le ciel, on ne fait pas assez attention que c’est aussi leur fête, qu’on doit les honorer & s’adresser à eux avec toute la confiance que mérite le pouvoir qu’ils ont auprès de Dieu.
D. Pour quelles raisons l’Eglise a-t-elle établi la Fête de la Toussaint ?
R. Pour quatre raisons principales.
D. Quelle est la première raison de l’Eglise dans l’institution de la Toussaint ?
R. C’est pour honorer tous les saints qui sont dans le ciel, n’étant pas possible de les honorer tous par des fêtes particulières.
D. Quelle est la seconde raison ?
R. C’est pour réparer les fautes qu’on fait pendant l’année dans la célébration des fêtes.
Explication. C’est ce que dit expressément le pape Urbain IV dans la bulle de l’institution de la Fête-Dieu.
D. Quelle est la troisième raison ?
R. C’est pour exciter les chrétiens à la vertu par l’exemple des saints.
Explication. Pourquoi, se disait saint Augustin à lui-même, pourquoi ne pourrais-tu pas faire ce que tels & tels que tu connais ont fait ? Et pourquoi ne pourrions-nous pas faire nous-même ce que tant de saints ont fait avant nous ? Ces saints étaient dans l’état où nous sommes, ils avaient les mêmes passions, peut-être de plus vives que nous ; ils n’avaient pas d’autres moyens de salut ; pourquoi ne les imiterions-nous pas ? Nous avons de plus qu’eux l’exemple qu’ils nous ont laissé.
D. Quelle est la quatrième raison ?
R. C’est pour obtenir plus facilement ce que nous demandons à Dieu par l’intercession de tant de saints.
Explication. De nous-mêmes que pouvons-nous ? Faibles, fragiles, souvent vicieux, de quels secours, de quelle protection n’avons-nous pas besoin pour trouver grâce devant la Majesté infinie que nos péchés ont outragée ? Le pouvoir des saints n’est pas douteux. Intéressons-les en notre faveur en leur demandant le puissant secours de leur médiation. L’intérêt qu’ils prennent à la gloire de Dieu & à notre salut assure le succès de nos demandes.
D. Que faut-il faire pour entrer dans l’esprit de l’Eglise en cette fête ?
R. Trois choses principales.
D. Quelle est la première ?
R. Il faut remercier Dieu de la gloire qu’il a accordée aux saints.
D. Quelle est la seconde ?
R. Il faut nous souvenir que nous sommes créés pour le même bonheur, & désirer ardemment d’y parvenir.
D. Quelle est la troisième ?
R. Il faut sanctifier toutes les actions de notre vie & prendre les saints pour modèle de notre conduite.
Explication. Nous arriverions tous au ciel si nous imitions les saints ; nous deviendrions ce qu’ils sont aujourd’hui si nous pratiquions comme eux les vertus chrétiennes. Et que faut-il pour cela ? Sanctifier chacune de nos actions, mêmes les plus ordinaires, les faire en esprit de religion & en vue de Dieu : voilà le grand secret des saints. Qui peut refuser de suivre un chemin si facile pour arriver au comble du bonheur ? Et quand il y aurait quelques peines à le faire, la récompense infinie qui en est le prix ne doit-elle pas nous engager à faire les plus grands sacrifices ? On fait chaque jour pour de vils intérêts, ou pour satisfaire ses passions des efforts bien plus grands que ceux que la religion nous prescrit pour être éternellement heureux.

Nous vous recommandons ce concert de nos amis de l’Ensemble Aquilon. La plupart de ses membres ont déjà chanté à Saint-Eugène dans le passé (& plusieurs seront avec nous pour la Messe H.1 de Marc-Antoine Charpentier lors de la solennité de sainte Cécile le 25 novembre prochain). Ce concert, qui sera de grande qualité, est un prélude à leur futur enregistrement, lequel aura lieu l’an prochain chez K. 617.
Cet après-midi, après avoir été reçu à l’Elysée par le président de la République, & après avoir rencontré Mme Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur en charge des cultes, Sa Sainteté le Patriarche Alexis II de Moscou & de toutes les Russies s’est rendu à Notre-Dame de Paris afin d’y vénérer la Sainte Couronne d’Epines.
Clin d’œil de la Providence, alors que je sortais de cours, j’ai eu la joie d’escorter en Vélib sur plusieurs centaines de mètres la voiture officielle du patriarche – m’inclinant pour sa bénédiction -, l’intense circulation sur les quais empêchant le cortège officiel d’avancer !!! 😉
La visite du Patriarche (qui rappelons-le est à la tête de la plus grande église orthodoxe au monde) a été particulièrement émouvante, & a donné lieu à un grand concours de peuples (catholiques comme orthodoxes) & de clergés (3 cardinaux, de nombreux évêques catholiques & orthodoxes).
En voici quelques photos parmi la centaine que je pris.
Discours de Sa Sainteté le Patriarche Alexis II.
Avec S.E. Mgr Vingt-Trois, archevêque de Paris.
Sa Sainteté Alexis II offre à Mgr Vingt-Trois une copie de l’icône miraculeuse de Notre-Dame de Vladimir, qui délivra la Russie au XIVème siècle de l’invasion de Tamerlan.
Dans les stalles de Notre-Dame.
Idem ac supra.
Encensement de la Sainte Couronne d’Epine du Christ.
Chant d’un petit office d’action de grâces byzantin. Les officiants russes ont des voix extraordinaires, celle du diacre en particulier est magnifique. Ils savent proclamer la liturgie, voilà tout.
Vénération de la Sainte Couronne par le Patriarche de Moscou.
Fin de l’office.
Retour de la Sainte Couronne au trésor de Notre-Dame.
Prélats & évêques latins dans la procession de sortie.
Idem ac supra.
Evêques orientaux dans la procession de sortie.
Le chœur russe qui a chanté était proprement extraordinaire, leur chant particulièrement soignée : articulations parfaites du texte, nuances, puissance vocale, plénitude des harmoniques. Je n’ai pas jusqu’alors ou௠de chant ecclésiastique slavon aussi techniquement parfait & à la spiritualité véritablement immédiate. J’ignore si c’était le chœur patriarcal, le site du diocèse de Chersonèse parle simplement d’une « chorale d’hommes venue de Moscou ».
En face d’une perfection liturgique russe, les Occidentaux ont fait bien pâle figure. Pour moi, c’est symptomatique du naufrage de nos traditions liturgiques occidentales & de la décadence liturgique & musicale qui afflige notre Eglise. A l’entrée, une schtroumphette tentait de faire chanter à la foule cet épouvantable Laudate Dominum composé par quelqu’un qui n’a jamais su ce qu’était le latin & qui ne peut même pas imaginer que cette langue possède une accentuation. L’orgue, privé de tout rôle véritablement liturgique, s’est cantonné à quelques conduits sans grandeurs durant les processions. La maîtrise s’est bornée à chanter à l’arrivée de la Sainte Couronne un motet qui pouvait bien être un Adoramus te, tant l’intelligence du texte en est demeurée mystérieuse. Le chant du Pater noster était musicalement totalement raté, surtout au regard du sublime Otche Nach pris immédiatement après par les Orthodoxes. (Ne parlons pas du grotesque nouvel encensoir de Notre-Dame). Comment pouvons-nous donner envie aux Orthodoxes de nous fréquenter ?

Excellence, Messeigneurs, chers pères, frères et sœurs,
Avant tout, je souhaiterais rendre grâce à Notre Seigneur Jésus-Christ de m’avoir permis de visiter la terre de France. Cette visite en France a lieu sur invitation en particulier de l’Eglise catholique et avec le concours direct de la Conférence des évêques de France.
Je profite de la présente occasion pour remercier cordialement l’archevêque de Strasbourg, Monseigneur Jean-Pierre Grallet, de son chaleureux accueil et de son hospitalité.
Dans le monde d’aujourd’hui, tout croyant est porteur d’une responsabilité énorme et d’une mission difficile – celle de témoigner de sa foi. Il est heureux que les catholiques et les orthodoxes puissent unir leurs efforts et travailler ensemble. Nous pouvons et devons affirmer ensemble les valeurs chrétiennes, face à un rejet et à une indifférence.
C’est ce qui fait de nous les disciples de Notre Seigneur Jésus-Christ. N’oublions pas qu’avec l’aide de Dieu nous pouvons atteindre beaucoup de choses, car c’est dans la faiblesse que se manifeste la puissance de Dieu (2 Co 12, 9).
J’espère sincèrement que mon séjour dans ce pays, la rencontre avec les évêques et les fidèles de l’Eglise catholique de France portera des fruits et contribuera à l’avancement du dialogue entre orthodoxes et catholiques en Europe et dans le monde.
Dans un entretien accordé au Figaro hier, Sa Béatitude le patriarche Alexis II de Moscou & de toutes les Russies a déclaré :
« Je suis persuadé que l’Eglise catholique et l’Eglise orthodoxe doivent agir ensemble pour défendre les valeurs chrétiennes contre un matérialisme agressif. La vision personnelle du Pape contribue à ce rapprochement. Concernant la possibilité d’une rencontre avec Benoît XVI, je ne l’exclus pas du tout. Peut-être pas dans un mois, mais dans un an ou deux. Cependant, il faut se préparer soigneusement, lever toutes les difficultés. »
Nos articles des mois précédents sur Alexis II :
Strasbourg, le 2 octobre 2007
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les membres de l’Assemblée parlementaire,
Je vous remercie de l’invitation à m’adresser à un aussi éminent auditoire, qui m’a été transmise en votre nom par M. Van der Linden, président de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. C’est avec un grand plaisir que je profite aujourd’hui de la possibilité d’exposer aux parlementaires du Conseil de l’Europe notre vision sur le passé, le présent et l’avenir du continent européen, notre maison commune.
Ces derniers temps, le Conseil de l’Europe a entrepris de nouvelles démarches sans précédent pour mettre en oeuvre une collaboration avec les communautés religieuses. Nous voyons en cela la réponse si longtemps attendue à l’appel au dialogue maintes fois lancé par les leaders religieux.
L’un des thèmes importants d’un tel dialogue pourrait être le thème de l’homme car c’est autour des problèmes de l’anthropologie que surgissent aujourd’hui les discussions les plus violentes et même parfois des conflits liés aux différences des points de vue sur ce sujet entre les traditions religieuses et l’humanisme laà¯c.
Le continent européen a été soumis à l’influence de nombreuses cultures qui y sont présentes jusqu’à nos jours. Mais c’est justement dans le cadre du système chrétien des valeurs que s’est formée la représentation de la haute dignité de l’homme et des conditions de sa réalisation. Le christianisme a appris à tous les peuples européens que l’homme a été créé à l’image et à la ressemblance de Dieu. Mais en même temps le christianisme a toujours souligné que l’homme ne deviendra l’ami de Dieu (Jn. 15, 15) et n’atteindra la liberté (Jn. 8, 32) que s’il suit la voie d’une vie morale.
Ce message non seulement élève l’homme à une grande hauteur dans l’échelle des valeurs mais il dit également quelles sont les conditions pour se maintenir à cette hauteur. L’homme se laisse facilement aller à des actes répréhensibles et ainsi il s’écarte de sa dignité s’il ne se soucie pas en permanence de perfectionner ses propres pensées et ses sentiments. Et ce sont justement les normes morales qui orientent cette tâche, qui servent de référence pour définir ce qui est admissible et inadmissible dans la vie de l’homme. Les idées chrétiennes de dignité, de liberté et de morale dans leur corrélation créent un code unique de conscience européenne qui possède un potentiel créateur inépuisable pour la vie privée et la vie publique.