Vous êtes chanteurs ou instrumentistes et vous souhaitez vous engager au service de la liturgie traditionnelle, n’hésitez pas à nous rejoindre !

La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Epiphanie (prose parisienne de l’)

HISTOIRE – Cette prose (ou séquence) est entrée au missel de Paris de 1685, elle s’est diffusée ensuite rapidement dans beaucoup de diocèses français avec la propagation du rit parisien au XVIIIème siècle. Nous la donnons ici avec la traduction du Missel de Paris latin-français, 1764.

Ad Jesum accurite
Corda vestra subdite
Regi novo Gentium.

Prosternés aux pieds de Jésus, venez en foule soumettre vos cœurs à ce nouveau Roi des Gentils.
Stella foris prædicat,
Intus fides indicat
Redemtorem omnium.

L’étoile qui frappe les yeux, marque l’endroit où il est né; mais la foi qui anime les cœurs, apprend à le reconnaître pour le Rédempteur de tous les hommes.
Huc afferte munera
Voluntate libera,
Sed munera cordium.

Empressez-vous de lui apporter des présents ; mais que ce soient les présents de vos cœurs
Hæc erit gratissima
Salvatori victima
Mentis sacrificium.

C’est là le plus agréable sacrifice que vous puissiez offrir au Sauveur.
Offert aurum caritas,
Et myrrham austeritas,
Et thus desiderium.

Offrez-lui l’or d’une charité pure, la myrrhe d’une vie pénitente, & l’encens de vos saints désirs.
Auro Rex agnoscitur,
Homo myrrha, colitur
Thure Deus Gentium.

L’or est l’hommage rendu à sa royauté, la myrrhe une preuve de son humanité, & l’encens une marque du culte souverain qui est dû à sa divinité.
Judæa, gaudentibus
Non invide Gentibus
Relectum mysterium.

Juifs, n’enviez point aux Gentils la connaissance qui leur est donnée de ce divin mystère.
Post custodes ovium,
Se Magi fidelium
Jungunt in consortium.

Les mages suivent de près les bergers, & viennent se joindre à cette bienheureuse troupe des premiers fidèles.
Qui Judæos advocat
Christus Gentes convocat
In unum tugurium.

Jésus-Christ
appelle à soi les Gentils comme les Juifs, & rassemble
ces deux peuples dans une même crêche.
Bethléem fit hodie
Totius Ecclesiæ
Nascentis exordium.

Bethléem devient aujourd’hui le berceau de toute l’Eglise naissante.
Regnet Christus cordibus,
Et victis rebellibus
Proferat imperium. Amen.

Que Jésus règne dans nos cœurs; & qu’après avoir vaincu ses ennemis rebelles, il étende partout son empire. Amen.

MUSIQUE – La mélodie, du 1er ton, reprend celle d’une vieille prose du XIIème siècle. Le rythme est mesuré, ternaire. Le second ut des versets 3 & 4 (Ut afferte munera / Hæc erit gratissima) est altéré en ut dièse (altération de la sensible) dans certains diocèses français. La musique que nous donnons ici provient des livres du propre de Paris publiés au XIXème siècle sous le cardinal Richard, après le passage au rit romain :

Prose de l'Epiphanie - Ad Jesum accurite

Enregistrement lors de la messe de l’Epiphanie 2018 :

Epiphanie (Fête de l’)

L

Fête célébrée le 6 janvier qui prolonge le cycle de l’Incarnation, lequel est commencé par l’Avent, exalté dans la solennité de Noël et achevé à la Purification.

ORIGINE – Le nom grec d’Epiphanie (qui signifie : apparition, manifestation, en particulier, apparition de la lumière du jour, secours apporté par des êtres divins, manifestation de la puissance d’un souverain) montre assez que l’origine de cette fête doit être cherchée en Orient.

Chez les auteurs et liturgies latins, on emploie la dénomination grecque, ou bien on la traduit par festivitas declarationis (saint Léon le Grand), ou manifestatio (saint Fulgence d’Algesiras) ou apparitio.

Comme en témoigne saint Epiphane pour Alexandrie et d’autres lieux, il s’agissait à l’origine de substituer – par une fête en l’honneur de la manifestation du Christ – des cérémonies païennes en l’honneur du soleil.

HISTOIRE – Cette fête est une des plus ancienne de l’année liturgique. Son origine est a rechercher en Orient et sans doute à Alexandrie. Les actes du martyre de saint Philippe, évêque d’Héraclée mort en 304, parlent de l’Epiphanie comme d’une grande fête, & de celles qui nous ont appelés à la foi.

En Orient, ce fut d’abord une fête de la naissance du Christ. Saint Clément d’Alexandrie affirme ainsi que les chrétiens regardent le 6 janvier comme le jour de la naissance du Sauveur, tandis que les hérétiques Basilidiens croient qu’il est né le 10 janvier.

Puis, au IVème siècle, il advint que par suite d’influences réciproques entre les diverses Eglises d’Orient et d’Occident, la fête du 25 décembre (d’origine romaine) s’acclimata en Orient entre 380 et 430, et la fête du 6 janvier fut reçue en Occident, d’abord en Gaule puis en Espagne et enfin à Rome.

Dès lors, le caractère de chacune des deux fêtes se fixa définitivement : Noël célèbre la naissance charnelle du Sauveur, l’Epiphanie sa manifestation glorieuse à tous les hommes.

On commémora donc le 6 janvier les trois grandes Epiphanies-manifestation du Christ-Dieu :

  • L’adoration des Mages venus de l’Orient et reconnaissant le Messie,
  • le baptême du Christ au Jourdain, où la voix du Père se fait entendre et où l’Esprit Saint descend sur les eaux,
  • le premier miracle aux noces de Cana en Galilée.
  • Si la mention de ces trois manifestations figurent toujours en ce jour dans les différents textes liturgiques d’Orient et d’Occident, en Occident, l’accent mis par la ferveur populaire se porta surtout sur l’adoration des Mages, et à l’inverse en Orient sur le baptême dans le Jourdain.

    Notons ainsi pour le rit romain que :

  • les matines du 6 janvier parlent surtout du baptême du Seigneur,
  • les antiennes des laudes, des petites heures et des vêpres, les textes de la messe parlent surtout de l’adoration des mages,
  • l’hymne Hostis Herodes impie, les grandes antiennes de Magnificat et de Benedictus parlent des trois manifestations,
  • l’évangile de l’adoration des mages est lu le 6 janvier, celui du baptême du Christ au Jourdain le jour octave (13 janvier), celui des noces de Cana le Second Dimanche après l’Epiphanie.
  • Le continuateur la Chronique latine de Guillaume de Nangis, pour l’an 1375, dit qu’autrefois les rois de France, à l’exemple des Mages, allaient à l’offrande & présentaient à l’autel de l’or, de la myrrhe et de l’encens.

    REGLES LITURGIQUES – I. Quatrième des cinq grandes fêtes de l’année liturgique nommées « Fêtes cardinales » (après Pâques, Noël et la Pentecôte et avant l’Ascension), elle n’est pourtant plus jour férié en France, où la solennité externe en est de ce fait obligatoirement transférée au dimanche suivant.

    II. La couleur liturgique est le blanc au rit romain. Dans les traditions diocésaines françaises, on usait souvent en ce jour du jaune (à distinguer du drap d’or) qui rappelait l’offrande des mages.

    III. La préface est propre à la fête de l’Epiphanie (et à son octave) :

    Vere dignum et justum est…
    quia cum Unigenitus tuus in subtantia nostræ mortalitais apparuit, nova nos immortalitatis suæ luce reparavit.
    Et ideo…

    Vraiment, il est digne et juste…
    de ce que votre Unique engendré, apparaissant dans la substance de notre mortalité, nous a réparés par cette nouvelle lumière de son immortelle splendeur.
    Et donc…

    IV. Le jour de la fête, l’office des matines possède une particularité remarquable : il ne possède pas d’invitatoire ni d’hymne, mais le psaume 94 (qui constitue l’invitatoire ordinaire le restant de l’année) est chanté avec reprises de l’antienne à la manière antique au cours du 3ème nocturne.
    Autrefois, dans les diocèses français, on chantait à la fin des matines l’évangile de la Généalogie du Christ selon saint Luc (faisant ainsi pendant au chant de la généalogie du Christ selon saint Matthieu à la fin des matines de Noël).
    On regrettera la désaffection générale de ce noble et antique office tandis que la célébration de l’office nocturne est encore très populaire dans les différents rits orientaux et il y a peu dans le rit ambrosien.

    V. Dans les cathédrales (et les églises principales par extension), l’archidiacre chante le Noveritis (Voyez Publication de la date de Pâques).

    VI. « L’aliam viam » – Une antique coutume veut qu’aujourd’hui la procession retourne à la sacristie après la messe en empruntant un itinéraire différent de celui du reste de l’année, pour marquer le retour par un autre chemin des mages lorsqu’ils eurent adoré l’Enfant-Dieu, ainsi que le diacre le chante dans l’évangile d’aujourd’hui : « Et responso accepto in somnis, ne redirent ad Herodem, per aliam viam reversi sunt in regionem suam » – « Mais ayant été avertis en songe de ne pas revenir auprès d’Hérode, ils retournèrent dans leur pays par un autre chemin » (Luc II, 12).

    VI. L’Epiphanie est au moins depuis le VIIIème siècle suivie d’une octave (hélas supprimée dans le calendrier de 1962 – en pratique cette suppression est limitée par le fait que le jour octave existe toujours sous le nom de Commémoraison du Baptême du Christ et que les différentes féries répètent la messe du 6 janvier).
    Cette octave avait au Moyen-Age une grande solennité (octave privilégiée de 2e ordre dans le calendrier antérieur, l’octave de Noël était de 3e ordre). On trouve le jour octave chômé en France sous Louis le Débonnaire, comme on le voit dans les Capitulaires de ce Prince rapportés par l’Abbé Ansegise.
    Dans les anciens rits romano-francs du Moyen-Age (e.g. Missel de Paris dans l’édition de 1584), chaque jour de cet octave recevait une prose particulière.
    La Messe du dimanche dans l’octave était celle de la Station qui se faisait à Rome au lendemain de la fête sur le mont Célius; celle du jour octave (13 janvier) est celle de la fête, à l’exception de la collecte, qui, dit le cardinal Schuster, a toute la valeur de l’âge léonien, et de l’évangile du baptême du Christ, qui se lisait autrefois à la synaxe du mercredi après la fête.

    VII. L’Epiphanie a donné son nom au temps ou période liturgique qui la suit jusqu’à la Septuagésime ; d’où le terme : « dimanches après l’Epiphanie ».
    La couleur de tout ce temps est le vert.
    Les dimanches après l’Epiphanie sont au nombre de six. Lorsqu’arrive la Septuagésime, les dimanches qui n’ont pu être célébrés trouvent leur place entre le 23ème et le dernier dimanche après la Pentecôte.

    VIII. Le rituel romain comporte une solennelle bénédiction de l’eau lors de la vigile nocturne de l’Epiphanie, qui rappelle fortement ce qui se pratique dans les rits orientaux. Trois autres bénédictions marquent aussi cette fête :

  • Bénédiction des maisons le jour de l’Epiphanie (cette bénédiction comporte aussi un encensement de la maison),
  • Bénédiction de l’or, de l’encens & de la myrrhe,
  • Bénédiction des craies (avec lesquelles on marque sur le linteau des portes le millésime & les trois initiales des rois mages (lesquelles signifieraient également « Christus Benedicat Mansionem »).
  • Canon de l’Epiphanie

    Dans l’ancien bréviaire parisien, on lisait les dimanches & jours de fêtes à la fin de l’office de prime un Canon tirés des décisions des saints Conciles. Voici celui de l’Epiphanie :

    CANON

    Du IV. Concile d’Orléans, l’an 541, c. 1, & du Concile d’Auxerre, sous S. Aunaire, l’an 578, c. 2.

    Le Concile, guidé par l’inspiration d’un Dieu plein de bonté pour les hommes, a statué que les prêtres célébrassent dans le même temps la sainte Pâque, & qu’on annonçât tous les ans au peuple dans l’Eglise le jour de l’Epiphanie cette fête solennelle… Que les prêtres envoient avant l’Epiphanie des députés à l’évêque pour être informés de sa part du commencement du carême, & pour pouvoir en instruire les fidèles le jour de l’Epiphanie.

    Canon de l'Epiphanie - L'Adoration des Mages - Bernardino Luini c 1520 Musee du Louvre

    In memoriam : Abbé Franck-Marie Quoëx (1967 † 2007)

    Abbé Franck-Marie Quoëx

    Il y a un an, le mardi 2 janvier 2007, en cette fête du Saint Nom de Jésus, Monsieur l’Abbé Franck Quoëx, prêtre du diocèse de Vaduz (principauté de Liechtenstein), professeur de liturgie à la Fraternité Sacerdotale Saint Pierre, était rappelé à Dieu, âgé de 39 ans.

    Grand liturgiste, il était docteur en théologie de l’université Angelicum à Rome. Il y avait soutenu sa thèse en 2001 : « Les Actes extérieurs du culte dans l’histoire du salut, selon saint Thomas d’Aquin ». Historien de la liturgie au Moyen Age, il recensait et étudiait pour l’Ecole pratique des Hautes Etudes (Paris-Sorbonne, Section des Sciences historiques et philologiques) les manuscrits liturgiques de la Bibliothèque capitulaire de Verceil. Il résidait en Suisse romande où il exerçait son ministère sacerdotal (diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg), lorsque le cancer l’a cruellement frappé.

    J’avais pu apprécier le savoir si précis en liturgie de Monsieur l’Abbé Quoëx a de nombreuses reprises. J’avais aussi eu le bonheur de suivre les cours de liturgie qu’il dispensa à Notre-Dame-du-Lys (Paris XV) : je ne crois pas avoir jamais lu ni vu ni ouï de meilleure synthèse sur la liturgie : Monsieur l’Abbé Quoëx en effet établissait un équilibre parfait entre l’histoire factuelle & la spiritualité des rites. Sa présentation de la notion de sacrifice – plus intéressante que celle développée par René Girard sous certains aspects, me fit aussi grande impression.

    *

    Voici une présentation de ce grand liturgiste – qui était aussi un parfait liturge en cérémonies – par Monsieur l’Abbé Meissonnier, fssp :

    « Le mardi 2 janvier dernier, en la fête du St Nom de Jésus, l’abbé Franck Quoëx était rappelé à Dieu, terrassé par un cancer implacable. Ce prêtre de 39 ans seulement, incardiné dans l’archidiocèse de Vaduz (principauté du Liechtenstein), était d’abord, pour ceux qui eurent l’honneur de l’approcher et de le connaître, un prêtre d’une grande délicatesse et d’une grande courtoisie, élégant et discret, fidèle en amitié et d’une politesse exquise. Mais l’abbé Quoëx était surtout, et c’est en cela qu’il va cruellement manquer à la science ecclésiastique, un grand scientifique, un liturgiste incomparable, spécialiste incontesté de la liturgie romaine, de son histoire et de son cérémonial, un professeur recherché et aujourd’hui regretté. Toute la courte vie de l’abbé Franck Quoëx aura été centrée sur la liturgie.

    Né le 21 juin 1967, à Bonneville en Haute-Savoie, d’une ancienne famille savoyarde, il aimait à se définir comme savoyard plutôt que français, signe de sa double culture mêlant le meilleur de la France et de l’Italie.

    En 1986, il entre au Séminaire international St-Pie X à Ecône. Mais en 1989, il rejoint le jeune Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre, d’abord à Moissac puis à Gricigliano. Il sera de cet Institut l’emblématique cérémoniaire et professeur de liturgie.

    Le 21 juin 1992, il est ordonné prêtre, dans et pour le rit tridentin, par le Cardinal Pallazzini. Il commence alors des études de théologie à l’Université pontificale de l’Angelicum à Rome, tout en assurant un ministère pastoral dans la Ville éternelle, ville plus que toute autre chère à son cœur, ville qui sera la passion de toute sa vie, ville où il aurait tant voulu mourir ! Car l’abbé Quoëx était foncièrement et viscéralement romain, dans ce que cette acception a de plus noble. Ce qui faisait dire à ses amis qu’il était « le plus romain des prêtres français ». Le souvenir et les amitiés qu’il a laissés dans la capitale de la chrétienté sont à l’image de l’amour et de la passion qu’il portait à Rome.

    En mai 2001, il soutient brillamment, dans la prestigieuse université romaine, sa thèse de doctorat, avec pour sujet : « les actes extérieurs du culte dans l’histoire du salut, selon St Thomas d’Aquin ». Ce thème original et riche lui permettra de développer ses talents de théologien et d’historien du culte. L’alliance de ces deux facettes caractérisera toujours sa démarche intellectuelle, faisant ainsi de lui l’élève des grands liturgistes de la fin du XIXe et du XXe siècles. Parmi eux, citons le RP Gy o.p., qui malgré leurs divergences sur le fond, avait loué à de nombreuses reprises et publiquement l’intelligence, l’érudition et la remarquable qualité des travaux liturgiques de l’abbé Quoëx. Les deux hommes s’estimaient grandement, et restèrent en contact fréquent jusqu’au décès du dominicain.

    La thèse de doctorat, dont l’abbé Quoëx préparait la publication aux éditions Ad Solem, fut à l’époque remarquée par le Cardinal Ratzinger, à qui elle avait été envoyée. Durant ces dernières années, l’abbé Quoëx reprit son sujet de thèse pour plusieurs articles importants dans diverses revues, comme la Revue thomiste (« St Thomas d’Aquin mystagogue : l’expositio missae de la Somme théologique ») ou Sedes sapientiae, à laquelle il confia cinq grands articles et des recensions.

    A partir de 2001, il est de plus en plus sollicité, pour des colloques, diverses recherches scientifiques, ou tout simplement pour son enseignement. Il était jusqu’à sa maladie professeur de liturgie au Séminaire international St-Pierre de Wigratzbad, et au Couvent St-Thomas d’Aquin de Chémeré-le-Roi. Il venait aussi d’être nommé, quelques jours avant son décès, professeur à l’Université pontificale Ste-Croix à Rome, pour la rentrée 2007.

    Le professeur Bruno Neveu, de l’Institut, président de l’Ecole pratique des Hautes Etudes, l’encourage à passer le diplôme de la prestigieuse institution qu’il dirige, ce qui requiert l’étude d’un sujet jamais exploité. L’abbé Quoëx choisit de faire le catalogue raisonné des manuscrits liturgiques de la Bibliothèque capitulaire de Verceil (Italie). Ce travail d’une folle érudition, qu’il prépare sous la direction du Pr Jean-Loup Lemaître, permet, pour la première fois, une classification et une étude de ces sources liturgiques inestimables et très précieuses pour l’histoire du culte. L’Ecole publiera prochainement le résultat de ce long labeur.

    L’abbé Quoëx se spécialise dans l’histoire de la liturgie romaine durant le Haut Moyen Age, et en particulier dans la transplantation et l’adaptation de cette liturgie dans l’espace franc. Dans ce domaine, il écrit des articles d’histoire de la liturgie, notamment pour la revue Aevum (Université du Sacré-Cœur de Milan). Il participe aussi à plusieurs colloques et séminaires d’étude, comme le séminaire de musicologie médiévale de la Fondation Ars antica à Gênes, le 3e colloque international d’études du chant grégorien à Subiaco, etc… Son autre thème de prédilection est la liturgie papale. En 2005, il reçoit les félicitations du pape Benoît XVI, à qui il a fait parvenir une étude importante sur ce sujet.

    Notre ami collabore aussi à plusieurs reprises avec le CNRS, dans le cadre du groupe de travail « Morphogenèse de l’espace ecclésial et religieux au Moyen Age ». Il préparait, toujours sous l’égide du CNRS, un travail à la fois remarquable et considérable : l’étude des diaires manuscrits des maîtres des cérémonies pontificales de l’époque moderne, dont la rédaction s’échelonne de la Renaissance au XIXe siècle, une étude inédite et fondamentale pour l’histoire de la liturgie papale. Ces diaires réglementent également des évènements en lien avec le concept de souveraineté temporelle des papes, s’avérant d’une importance particulière pour la connaissance de la cérémonialité baroque en général. L’objectif était de montrer l’influence du cérémonial politico-religieux du Pontife romain sur celui des cours européennes catholiques des XVIe et XVIIe siècles. L’abbé Quoëx proposait une étude systématique (catalogation, classification, édition des textes) de ces diaires, en commençant par celui de Paride de Grassi (cérémoniaire de Jules II vers 1520), jusqu’aux contemporains de l’avènement d’Urbain VIII (1623). Hélas cette contribution capitale à l’histoire de la liturgie restera inachevée.

    Mais l’abbé Quoëx n’était pas qu’un pur intellectuel. Il fut aussi un grand praticien de la liturgie, un incomparable cérémoniaire. C’est peut-être d’ailleurs cette image qu’il laissera au « grand public ». Artisan de la restauration des rites pontificaux, dont il maîtrisait mieux que quiconque la pratique, il sut aussi former et inspirer toute une génération de disciples, qui aujourd’hui dirigent les cérémonies dans la plupart de nos instituts traditionnels. Son immense culture ne faisait jamais défaut, et il savait non seulement expliquer l’arcane des rites liturgiques, mais aussi communiquer l’amour des cérémonies de l’Eglise.

    Historien, théologien, praticien de la liturgie, mais aussi esthète, il était convaincu que « la parfaite beauté de la liturgie permet d’entrevoir la suprême beauté de Dieu », comme il l’écrivait. D’un goût infaillible, il ne confondait pas le beau et le clinquant, le raffiné et le pompeux, le sobre et l’indigent. Tout dans la liturgie doit participer à nous faire entrevoir « la suprême beauté de Dieu ». D’où le soin tout particulier qu’il apportait à retrouver les formes les plus nobles, les plus élégantes et les plus abouties de la paramentique. Inlassablement, à travers les tableaux, les fresques et les gravures, il se mit en quête de l’esthétique parfaite, sa préférence allant à la période de la Réforme catholique à Rome. Il fut le premier à faire réaliser, avec l’aide du célèbre paramentiste de Vérone Piero Montelli, des ornements, des aubes, des surplis s’inspirant de cette période qui était à ses yeux celle de l’apogée de la liturgie catholique. Son goût de la perfection le poussait encore à dessiner lui-même ses chandeliers, ses autels, les faisant réaliser par les meilleurs artisans italiens, avec l’aide d’un ami esthète, l’héraldiste romain Maurizio Bettoja.

    Ne voulant pas garder pour lui seul le fruit de ses recherches, et voulant participer à sa manière au renouveau liturgique, l’abbé Quoëx avait projeté de fonder une société pour l’étude et la promotion des traditions et des arts liturgiques (SEPTAL). L’idée, originale et passionnante, était de rassembler ainsi des spécialistes de la peinture, de la sculpture, de l’architecture, de la musique, de l’héraldique, de la paramentique et de l’orfèvrerie religieuses, des liturgistes, des esthètes, des philosophes, des historiens de l’art, des théologiens du culte, des biblistes, des patrologues, le tout dans une optique délibérément tridentine. Désireux d’unir la formation et la recherche, il envisageait la publication de Cahiers, pour transmettre le fruit de tous ces travaux. En excellent pédagogue, il souhaitait que les articles réunis soient scientifiques, précis, inédits, sans toutefois être abscons. Là aussi sa mort prématurée l’aura empêché de mener à bien cet ambitieux projet, mais ne peut-il espérer que son idée aboutisse un jour ?

    En 2005, il avait déjà fondé avec quelques amis et disciples, reprenant une idée du Pr Bruno Neveu, la Société Barbier de Montault, qui a pour objet de faire connaître la personne, l’œuvre et l’esprit de Mgr Xavier Barbier de Montault (1830-1901). Ce prélat romain, archéologue, liturgiste, canoniste et héraldiste, fut à son époque un modèle atypique d’exceptionnelle érudition ecclésiastique. Dans une France fortement imprégnée de néo-gallicanisme, Mgr Barbier de Montault fut le propagateur acharné de l’esprit, de la liturgie et des coutumes romaines. Il laissa une œuvre colossale, livres et articles, se distinguant donc par un goût et une spiritualité profondément romaines. Une partie, encore inédite, pourra désormais être publiée. L’abbé Quoëx, premier président de la Société, était un disciple exemplaire de celui que le Bx Pie IX appelait « le plus liturgiste des archéologues et les plus archéologue des liturgistes ».

    Fervent admirateur de la poétesse italienne Cristina Campo (1923-1977), l’abbé Quoëx traduisit et présenta en 2006, pour les éditions Ad Solem, son recueil de poèmes liturgiques : « Entre deux mondes ». Avec elle il partageait une conception plutôt « orientale » de la liturgie, vue comme célébration et contemplation des mystères divins. De même il appréciait sa vision doctrinale de la liturgie : « le combat de Cristina, s’il est mû par son amour de la beauté, ne se réduit pas à la seule dimension esthétique ou, plus exactement, il sous-tend le beau comme splendeur du vrai. Il suppose la foi et l’amoureux ravissement de tout l’être en Jésus-Christ. La liturgie est la beauté suprême, l’archétype de la poésie, parce qu’elle est théophanie du Verbe fait chair, rayonnement du divin Poète. C’est pourquoi ce combat peut et doit devenir doctrinal, mû non seulement par amour de ce qui est menacé, mais aussi par amour pour ce peuple de Dieu avide de ce sacré et de ces gestes sublimes dont on veut le priver ».

    Enfin comment ne pas souligner que l’abbé Quoëx était avant tout un prêtre, un pasteur d’âmes, un directeur spirituel. Le souvenir qu’il a laissé dans ses divers lieux d’apostolat, Rome, Strasbourg, et depuis 2004 Genève, Lausanne et Neuchâtel, nous prouve que sa mission sacerdotale était bien ce qui lui importait le plus. Il sut toucher les âmes par son intelligence, sa culture, certes, mais aussi et surtout par sa bonté courtoise et sa délicate charité. Et c’est en prêtre qu’il est mort, le 2 janvier 2007, à l’hôpital d’Aubonne, en Suisse. Laissons la parole aux amis qui l’ont veillé jour et nuit pendant un mois, jusqu’à son dernier soupir : « notre cher abbé Quoëx est mort, oserais-je dire, comme un saint ! Après quelques mois de maladie implacable et une agonie qui aura duré plus d’un mois, de grandes souffrances, et toujours une grande générosité intérieure, des petits mots délicats, des plaintes détournées et à peine formulées, s’excusant d’être à charge. (…) Toujours il a bu la prière comme une eau d’une grande saveur, tandis que tout le corps semblait brûlure. Il aimait particulièrement la prière de Jésus. Combien de fois nous aura-t-il demandé, sur le petit matin, après une nuit de souffrance : « Aidez-moi à me lever, je veux dire la messe… » Il fallait alors lui expliquer qu’il ne pourrait pas se lever, et que la messe il la disait avec le Christ des douleurs, avant de la dire bientôt dans le Ciel, cette belle liturgie du Ciel dont il nous avait si bien parlé un jeudi saint… Il s’est éteint doucement ce matin, fête du Saint Nom de Jésus, tandis qu’une très proche le veillait. Celle-ci, après avoir chanté l’hymne Jesu dulcis memoria et récité les laudes dans cette chambre d’hôpital, après lui avoir lu aussi un poème de Cristina Campo (Non si può nascere, ma si può morire innocenti) s’est approché le soutenant et lui a dit : « C’est la fête du Saint Nom de Jésus. Vous allez la célébrer là-haut, la liturgie du Ciel est plus belle que celle que vous avez décrite. Allez-y, Monsieur l’Abbé, allez-y, la porte du Ciel est grande ouverte ». Il a alors pris le souffle à deux reprises, et y est allé…»

    L’abbé Franck Quoëx avait trente-neuf ans et quinze ans de sacerdoce.

    RIP »

    Abbé Brice Meissonnier, fssp.

    *

    On pourra aussi consulter la page Facebook qui lui est dédiée.

    Chant de la Généalogie selon saint Matthieu dans le rit dominicain

    La semaine dernière, nous diffusions sur ce blog le chant de la Généalogie selon saint-Matthieu chantée en plain-chant d’Amiens. Voici le même chant de cet évangile qui termine l’office nocturne de Noël juste avant la messe de minuit, mais cette fois dans le rit dominicain.

    Cet évangile – si typique des anciennes liturgies pour la fête de la Nativité – est ici chanté par le R.P. Benedict Jonak, op, diacre, au couvent des dominicains d’Oxford.

    Vous pouvez consulter cet article pour en savoir plus sur l’histoire du chant de la généalogie de Notre Seigneur selon saint Matthieu, chantée aux matines de Noël.

    Programme de la messe du dimanche dans l’octave de la Nativité

    La Nativité - Ecole française XVIIIème siècle

    Saint-Eugène, le dimanche 30 décembre 2007, grand’messe de 11h.

  • Procession d’entrée : Adeste fideles – cantique du XVIIIème siècle, harmonisation de Théodore Dubois
  • Kyrie & Gloria VIII – De Angelis
  • Séquence de Noël : Votis Pater annuis – prose du propre de Paris – selon la tradition, l’orgue chante les versets impairs – traduction du XVIIIème siècle
  • Credo III
  • Et incarnatus est de la Messe de Minuit pour Noël de Marc-Antoine Charpentier
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Noël d’orgue de Claude Bénigne Balbastre (1727 † 1799), organiste de Notre-Dame de Paris et de Saint-Roch
  • Sanctus de la Messe de Minuit de Marc-Antoine Charpentier, sur « O Dieu que n’estois-je ne vie »
  • Après la Consécration : O salutaris sur le vieux noël « A la venue de Noël » – Henri de Villiers
  • Agnus Dei de la Messe de Minuit de Marc-Antoine Charpentier, sur « A Minuit fut fait un réveil »
  • Pendant la communion : Salve puerule, chœur final de l’oratorio de Noël « In Nativitatem Domini nostri Iesu Christi Canticum » (H. 414) de Marc Antoine Charpentier
  • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite missa est VIII
  • Au dernier Evangile : Alma Redemptoris Mater
  • Procession de sortie : Silence, ciel ! silence, terre ! – Noël de Normandie du XVIIIème siècle – harmonisation – Henri de Villiers
  • Télécharger le livret de cette messe au format PDF.

    Chant de la généalogie de Notre Seigneur selon Matthieu en plain-chant d’Amiens

    Cet enregistrement a été fait dans les années 1970-1975, dans une église paroissiale des environs de Doullens. Le prêtre qui chante cette généalogie en plain-chant picard est M. l’abbé Christian Robert qui enseignait le Français au collège Montalembert de Doullens.

    On retrouve ici le chant le plus usuel de cette généalogie. C’est du reste pratiquement ce chant que nous employons depuis des années à Saint-Eugène – Sainte-Cécile, lors du chant de la généalogie avant la messe de minuit. Vous pourrez le trouver ici sur ce site.

    Programme de la messe de minuit

    La Nativité - Philippe de Champaigne

    Saint-Eugène, le lundi 24 décembre 2007, répétition à 22h30, veillée de 23h, grand’messe de 23h30.

    Veillée

  • Invitatoire des matines de Noël : Christus natus est nobis – Psaume 94 – Musique d’Henry du Mont, abbé de Silly (1610 † 1684), maître et compositeur de la chapelle du roi Louis XIV, organiste et maître de musique de la reine Marie-Thérèse, organiste de Saint Paul
  • Christe Redemptor omnium – hymne des matines de Noël – Texte du VIème siècle – Musique d’après Michel Richard de Lalande (1657 † 1726), sous-maître de la chapelle des rois Louis XIV & Louis XV
  • Premier noël – Or nous dites Marie – noël du XVème siècle (repris par Marc-Antoine Charpentier pour le Christe eleison de sa messe de Noël)
  • Second noël – Dans une étable obscure – adaptation française par A. Mahot du motet Flos de radice Jesse de Michael Prætorius
  • Troisième noël – Silence, ciel ! silence, terre ! – noël de Normandie du XVIIIème siècle
  • Quatrième noël & entrée du clergé – Les anges dans nos campagnes – noël du Lanquedoc du XIXème siècle
  • Généalogie de Notre Seigneur Jésus-Christ selon Matthieu
  • Messe de minuit

  • Kyrie de la Messe de Minuit pour Noël (H . 9) de Marc-Antoine Charpentier (1643 † 1704) maître de la musique de la Sainte Chapelle
  • Gloria VIII – De Angelis
  • Procession à la crèche après l’évangile : Adeste fideles – cantique du XVIIIème siècle, harmonisation de Théodore Dubois
  • Credo III
  • Et incarnatus est de la Messe de Minuit pour Noël de Marc-Antoine Charpentier
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Tollite hostias, chœur final de l’Oratorio de Noël de Camille Saint-Saëns (1835 † 1921), organiste de La Madeleine
  • Sanctus de la Messe de Minuit de Marc-Antoine Charpentier, sur « O Dieu que n’estois-je ne vie »
  • Après la Consécration : O salutaris sur le vieux noël « A la venue de Noël » – Henri de Villiers
  • Agnus Dei de la Messe de Minuit de Marc-Antoine Charpentier, sur « A Minuit fut fait un réveil »
  • Pendant la communion : Salve puerule, chœur final de l’oratorio de Noël « In Nativitatem Domini nostri Iesu Christi Canticum » (H. 414) de Marc Antoine Charpentier
  • Ite missa est VIII
  • Au dernier Evangile : Alma Redemptoris Mater
  • Procession de sortie : Il est né le divin enfant – Noël du XIXème siècle, sur une sonnerie du XVIIIème siècle – harmonisation de Maxime Kovalevsky (1903 † 1988), maître de chapelle à Paris
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    Création d’une paroisse traditionnelle personnelle à Rome

    On annonce la la création d’une paroisse personnelle à Rome pour le rit traditionnel. L’actuel apostolat de Monsieur l’Abbé Joseph Kramer, fssp en la minuscule église Saint-Grégoire dei Muratori serait élevé au rang de paroisse personnelle et devrait emménager au début de 2008 dans une bien plus grande église (et ô combien sublime !), que nous connaissons bien pour y avoir chanté en 2004 une messe en rit ambrosien traditionnel : La Très-Sainte Trinité des Pèlerins.

    Messe ambrosienne traditionnelle - mai 2004 - Trinité des Pèlerins

    Elévation du calice
    Messe en rit milanais traditionnel (rit ambrosien)
    célébrée par Mgr Amodeo, chanoine cardinal de l’Eglise de Milan
    chantée par la Schola Sainte Cécile
    Rome, Trinité des Pèlerins, mai 2004

    On aperçoit bien sur cette photo le fameux retable de l’autel majeur de la Très-Sainte Trinité des Pèlerins, peint par Guido Reni.

    Messe ambrosienne traditionnelle - mai 2004 - Trinité des Pèlerins

    Chant des souhaits de longue vie
    à Mgr Amodeo,
    à l’issue de la messe en rit ambrosien
    Rome, Trinité des Pèlerins, mai 2004

    On raconte que le Saint-Père, qui est évêque de Rome, voudrait que cette nouvelle paroisse personnelle soit un exemple pour toute l’Eglise.

    Source : Rorate cæli

    Retour à Dieu de Son Eminence Alphonse Marie, cardinal Stickler

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    C’est avec peine que nous apprenons le décès dans la nuit d’hier de Son Eminence le cardinal Stickler.

    Le cardinal Stickler était né en Autriche en 1910 & était le plus âgé des cardinaux (il avait du reste célébré cette année ses 70 ans de sacerdoce). Salésien, il avait été professeur de droit canon, & à ce titre expert au second concile du Vatican dans plusieurs commissions, en particulier celle sur le clergé & celle sur la liturgie. Il avait été créé cardinal en 1985 tandis qu’il devenait préfet Bibliothécaire de la Bibliothèque vaticane & Archiviste des Archives secrètes.

    S.E. le cardinal Stickler avait constamment défendu la messe traditionnelle, la célébrant fréquemment. Selon lui, la réforme liturgique en général et le Novus Ordo Missæ en particulier étaient en contradiction flagrante avec les volontés des Pères du Concile Vatican II.
    En 1986, le cardinal Stickler fit partie de la fameuse commission de neuf cardinaux (avec les cardinaux Ratzinger, Mayer, Oddi, Casaroli, Innocenti, Palazzini & Tomko), appointée par Jean-Paul II, & devant se prononcer sur la question de savoir si l’ancien rit avait été aboli ou pas par Paul VI. A huit voix contre une, cette commission avait établi qu’il n’y avait pas eu de suppression ni d’interdiction de l’ancien rit. A l’unanimité, la commission avait aussi établi qu’un prêtre ne pouvait être poursuivi pour avoir utilisé l’ancien rit, même en dépit des ordres de son évêque.

    A l’automne 1998, j’ai eu l’honneur de diriger le chant liturgique lors de la messe pontificale que célébra à Rome même S.E. le cardinal Stickler en l’église Saint-Ignace. A l’occasion de cette très émouvante cérémonie (je crois même qu’une célébration d’une telle ampleur était alors une première à Rome depuis l’après Concile), j’ai pu découvrir un homme d’Eglise très attentif aux demandes précises & aux attentes des fidèles, alors bien souvent cruellement privés du trésor de la messe traditionnelle.

    Que du ciel il bénisse nos efforts terrestres.

    R.I.P

    S.E. Alphonse Marie, cardinal Stickler

    Subvenite, Sancti Dei, occurite, Angeli Domini : * suscipientes animam ejus : † offerentes eam in conspectu Altissimi.
    ℣. Suscipiat te Christus, qui vocavit te : & in sinum Abrahæ Angeli deducant te :
    * suscipientes animam ejus : † offerentes eam in conspectu Altissimi.
    ℣. Requiem æternam dona ei, Domine, & lux perpetua luceat ei.
    † offerentes eam in conspectu Altissimi.

    Venez à son secours, saints de Dieu, accourez, anges du Seigneur : * recevez son âme : † apportez-là devant la face du Très-Haut.
    ℣. Que te reçoive le Christ, qui t’as appelé : & que dans le sein d’Abraham les anges te conduisent :
    * recevez son âme : † apportez-là devant la face du Très-Haut.
    V/ Donnez-lui, Seigneur, le repos éternel, & que votre lumière luise sur lui.
    † apportez-là devant la face du Très-Haut.