Vous êtes chanteurs ou instrumentistes et vous souhaitez vous engager au service de la liturgie traditionnelle, n’hésitez pas à nous rejoindre !

La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Pentecôte à Rome

Allumage des cierges du maître-autel avant la grand’messe à la Trinité des Pèlerins.

Accénde lumen sénsibus,
Infúnde amórem córdibus,
Infírma nostri córporis
Virtúte firmans pérpeti.

Allume en nos sens ta lumière,
Déverse ton amour en nos cœurs,
Guéris nos corps
En leur conférant ta force. (Hymne des vêpres de la Pentecôte dans le rit romain)

Aux encensements de l’offertoire – messe solennelle à la Trinité des Pèlerins.

Confírma * hoc, Deus, quod operátus es in nobis : a templo tuo, quod est in Jerusalem, tibi ófferent reges múnera, alleluia. (Offertoire de la messe de la Pentecôte dans le rit romain)

Aux encensements de l’offertoire – messe solennelle à la Trinité des Pèlerins.

Confirme, Dieu, ce que tu as opéré pour nous ; dans ton Temple, qui est en Jérusalem, les rois t’offriront des présents, alleluia. (Offertoire de la messe de la Pentecôte dans le rit romain)

Eglise accordée par le Pape à la Communauté Ethiopienne de Rome, via degli Specchi.

Alleluia, alleluia, alleluia. Sur Sanbat, il entra dans un bateau, menaça la mer, menaça les vents, et il leur dit: « Ne soyez point troublés et ne laissez point le doute entrer en vos cœurs. Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père. Je reviendrai et je vous prendrai, afin que vous puissiez être avec moi dans le Royaume céleste de mon Père ». (Mazmur de la Sanctification (= « messe ») de ce septième dimanche après la Résurrection dans le rit éthiopien)

Русская Католическая Церковь
Chiesa Cattolica Russa
Russian Catholic Church

Plaque sur l’église Saint-Antoine-le-Grand du Russicum.

Les langues, jadis confondues * à cause de l’audace des bâtisseurs, * maintenant sont remplies de sagesse par la glorieuse connaissance de Dieu ; * jadis le Seigneur condamna * pour leur péché les impies, * maintenant le Christ illumine par l’Esprit les pécheurs ; * jadis en châtiment fut opérée * entre les langues la division : * entre elles maintenant se renouvelle l’harmonie * pour le salut de nos âmes. (Doxastikon des Apostiches idiomèles des vêpres de la Pentecôte dans le rit byzantin)

Divine liturgie du lundi de Pentecôte dans la chapelle des séminaristes du Russicum.

Béni sois-tu, ô Christ notre Dieu, * toi qui as envoyé le Saint-Esprit à des pêcheurs, * les transformant par ta sagesse * afin qu’ils prennent par leurs filets le monde entier. * Ami des hommes, gloire à toi. (Tropaire de la Pentecôte, ton 8, dans le rit byzantin)

Programme du dimanche du Paralytique – saint Georges – ton 3

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 6 mai 2012 du calendrier grégorien – 23 avril 2012 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Après avoir fêté l’Apôtre Thomas le IInd dimanche de Pâques, les femmes Myrophores avec Nicodème et Joseph d’Arimathie le IIIème dimanche de Pâques, la liturgie byzantine propose à l’édification des fidèles les trois dimanches qui suivent des épisodes de la vie du Christ s’étant déroulés au cours des Cinquante Jours, la Pentecôte hébraïque :

  • la guérison du Paralytique à la piscine de Bethesda,
  • la conversion de la Samaritaine,
  • la guérison de l’Aveugle-né.
  • L’origine de la célébration de la guérison du Paralytique au IVème dimanche de Pâques est constantinopolitaine ; dans la tradition de Jérusalem, l’évangile de ce jour était lu le dimanche suivant.

    L’hymnographie de ce dimanche est donc essentiellement d’origine constantinopolitaine, comme du reste l’essentiel du Pentecostaire.

    Ce jour voit également l’occurrence de la fête du saint & illustre mégalomartyr Georges le Victorieux, né au ciel le 23 avril 303.

    Saint Georges est né à Lydda en Palestine entre 275 et 285. Tribun militaire et comte de l’empereur, il était un intime de Dioclétien à la cour impériale de Nicomédie. Lorsque Dioclétien publie le 24 février 303 le premier des quatre édits qui lance la persécution générale des chrétiens, Georges se déclare ouvertement et courageusement chrétien, ce qui a pour effet de bouleverser l’empereur, qui était attaché à Georges. En dépit de nombreuses propositions de Dioclétien en terres, argent et esclaves s’il sacrifiait aux idoles, Georges refuse de renier le Christ. Il est emprisonné et subit diverses tortures (dont des lacérations par une roue chargée d’épées, dont il fallut le ranimer trois fois) avant d’être finalement décapité sous les murailles de Nicomédie le vendredi 23 avril 303. A la vue du témoignage et de la constance de Georges, l’impératrice Alexandra et un prêtre païen du nom d’Athanase se convertirent et l’accompagnèrent dans le martyre.

    Sous Constantin eut lieu la translation solennelle du corps de saint Georges jusqu’à sa ville de Lydda, où l’empereur lui avait élevé une église magnifique dont les encénies furent célébrées un 3 novembre. La renommée de saint Georges, modèle du courageux soldat chrétien se répandit rapidement dans tout l’univers chrétien, aussi bien en Orient qu’en Occident. Déjà au Vème siècle, le pape saint Gélase Ier avait déclaré que Georges faisait partie de ces saints dont les noms sont justement révéré chez les hommes, mais dont les actions ne sont connues que de Dieu.

    Les reliques de saint Georges durent être ultérieurement envoyées au moins en partie à Constantinople, comme beaucoup d’autres reliques insignes. Le 8 septembre 1206, après avoir chanté les vêpres de la Nativité de la Sainte Vierge en l’église Saint-Georges de Mangana à Constantinople, un clerc amiénois du nom de Walon de Sarton, découvrit le chef, un bras & un doigt de saint Georges, ainsi que le chef de saint Jean Baptiste. Ces précieuses reliques furent envoyées à la cathédrale d’Amiens. Si le chef de saint Jean Baptiste y est toujours conservé, les reliques de saint Georges furent hélas détruites à la révolution.

    Saint Georges est célébré par le rit byzantin & les rits occidentaux au 23 avril. L’église russe célèbre également la translation de ses reliques et la dédicace de la cathédrale de Lydda sous Constantin au 3 novembre, ainsi que la dédicace de son église à Kiev le 27 novembre (c. 1054). Les rits copte & éthiopien célèbrent la saint Georges le 1er mai (mais cela correspond au 23ème jour du mois correspondant au mois d’avril). Dans le rit éthiopien, saint Georges est de plus commémoré tous les 23 de chaque mois.

    Saint Georges est le saint patron de la Georgie, de l’Ethiopie, de l’Angleterre, du Portugal, de la Bourgogne, de l’Aragon, de la Catalogne, de Gênes, de Venise, de Barcelone, etc. Il est le patron d’un très grand nombre de lieux, d’églises et d’organisations (dont les scouts). Très vénéré en Russie, saint Georges à cheval figure sur les armoiries de la Moscovie, reprises sur les armoiries impériales et désormais sur les nouvelles armes de la Russie.

    A la petite entrée :
    1. Tropaire du dimanche, ton 3 : Que les cieux se réjouissent ! * que la terre exulte d’allégresse ! 
* car le Seigneur a fait merveille par la force de son bras, 
* terrassant la mort par sa propre mort et devenant le Premier-né d’entre les morts !
 * Du sein de l’Enfer, Il nous a tous sauvés, ** accordant au monde la grande miséricorde.
    2. Tropaire de saint Georges, ton 4 : Libérateur des prisonniers et défenseur des pauvres, * médecin des malades et soutien des princes, * ô Georges, grand martyr victorieux, * intercède auprès du Christ Dieu ** pour le salut de nos âmes.
    3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
    4. Kondakion de saint Georges, ton 4 : Cultivé toi-même par Dieu, tu devins * le vénérable jardinier de la foi, * recueillant les gerbes des vertus : * ayant semé dans les larmes, tu moissonnas dans la joie ; * pour le combat sanglant que tu menas, * tu obtins le Christ comme prix ; * par tes prières, saint Georges, tu procures à tous le pardon de leurs péchés.
    5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    6. Kondakion du Paralytique, ton 3 : Relève, Seigneur, mon âme cruellement paralysée par toutes sortes de péchés * & d’actions insensées, * par ta divine sollicitude, * de même que jadis Tu as relevé le paralytique, * afin que sauvé, je te clame : ** Ô Christ compatissant, gloire à ta puissance.

    Prokimen
    Du Paralytique, ton 1 :
    ℟. Que ta miséricorde soit sur nous, Seigneur, * selon l’espérance que nous avons mise en toi. (Psaume 32, 22).
    ℣. Justes, exultez dans le Seigneur, aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1).
    De saint Georges, ton 7 :
    ℟. Le juste a sa joie dans le Seigneur, et en lui il se réfugie (Psaume 63, 11).
    Epîtres :
    Du Paralytique : Actes des Apôtres (§ 23) IX, 32-42
    De saint Georges : Actes des Apôtres (§ 29) XII, 1-11
    Alleluia
    Du Paralytiques, ton 5 :
    ℣. Ton amour, Seigneur, à jamais je le chante, d’âge en âge ma parole annonce ta fidélité (Psaume 88, 2).
    ℟. Car j’ai dit : l’amour est bâti à jamais, aux cieux tu as fondé ta fidélité (Psaume 88, 3).
    De saint Georges.
    Evangiles :
    Du Paralytique : Jean (§ 14) V, 1-15
    De saint Georges : Jean (§ 52) XV, 17 à XVI, 2
    A la commémoraison de la Très-Sainte Mère de Dieu durant l’anaphore eucharistique
    L’ange chanta à la Pleine de grâce : Réjouis-toi, Vierge très pure, je répète, réjouis-toi ! Ton Fils en vérité est ressuscité après trois passés dans le tombeau ; et Il a redressé les morts : fidèles, soyez dans l’allégresse !
    Resplendis, resplendis, nouvelle Jérusalem, car sur toi la gloire du Seigneur s’est levée. Réjouis-toi et exulte, Sion, et toi, Mère de Dieu très pure, réjouis-toi, car ton Fils est ressuscité ! Alléluia !
    Verset de communion
    Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux (Psaume 148, 1).
    De saint Georges :La mémoire du juste sera éternelle (Psaume 111, 6). Alleluia, alleluia, alleluia.

    Programme du dimanche des Myrrophores – ton 2

    Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 29 avril 2012 du calendrier grégorien – 16 avril 2012 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

    Le dimanche de la troisième semaine de Pâques, l’Eglise byzantine honore les saintes femmes Myrrophores (porteuses de myrrhe), qui ont embaumé le corps du Seigneur, ainsi que ceux qui contribuèrent à son ensevelissement : Joseph d’Arimathie et Nicodème. Ce dimanche constitue donc une synaxe de tous les témoins de l’ensevelissement et de la résurrection du Christ (comme la synaxe de la Mère de Dieu suit le jour de Noël ou la synaxe de Jean le Baptiste suit la Théophanie). L’évangile de la divine liturgie de ce jour est tiré de Marc 15, 43 à 16, 8, et relate l’ensevelissement & la résurrection du Christ. Il constitue une dérogation dans la lecture continue de l’évangile de saint Jean pendant le temps pascal. L’origine de cette fête est Constantinopolitaine (à l’origine, à Jérusalem, Marc 15, 43 – 16, 8 était précisément l’évangile du jour de Pâques – on y lisait Jean 2, 1-11 le troisième dimanche de Pâques).

    Joseph d’Arimathie était membre du Sanhédrin (Luc 23, 50 – Marc 15, 43). En cette qualité, il a dû prendre part au jugement qui a condamné Jésus, « mais il n’avait pas donné son assentiment à leur décision & à leur acte, car c’était un homme bon & juste » (Luc 23, 51). Il s’était fait disciple de Notre Seigneur (Matthieu 27, 57), mais en secret, par crainte des Juifs (Jean 19, 38). Il était riche (Matthieu 27, 57), notable & grand (Marc 15, 43), aussi la liturgie byzantine le désigne sous l’appellation du « noble Joseph ». Il était originaire d’Arimathie (aujourd’hui Rentis, au Nord-Est de Lydda), mais devait habiter Jérusalem puisqu’il s’y était fait tailler son tombeau dans le roc, à la manière des riches.

    Quoique craintif de se déclarer pour Jésus au milieu du Sanhédrin, Joseph ose entreprendre la démarche auprès de Pilate pour ensevelir le corps de Jésus. D’après la coutume juive, les corps des suppliciés devaient être jetés dans des fosses communes qui étaient la propriété des tribunaux. Aussi Joseph s’adresse-t-il à Pilate, car la loi romaine concédait le cadavre d’un supplicié aux amis ou aux parents qui le réclamaient. Pilate, étonné de ce que Jésus fut décédé si tôt, ne fit pas de difficulté pour accorder à Joseph la faveur de rendre les derniers devoirs aux corps du Christ.

    Joseph descendit donc le corps de Jésus de la Croix, aidé vraisemblablement par les quelques disciples encore présents, probablement saint Jean, mais surtout Nicodème, explicitement nommé (Jean 19, 39). Comme Joseph, Nicodème fait partie du Sanhédrin (Jean 3, 1). Pendant que Joseph faisait les démarches auprès de Pilate, Nicodème avait dû aller acheter précipitamment les aromates nécessaires à l’ensevelissement, en se souciant semble-t-il de la quantité plus que de la qualité : environ 100 livres (soit 32 kg 700) d’une mixture de myrrhe & d’aloès.

    Le corps de Jésus, descendu de la Croix, a probablement d’abord été lavé. On y versa les aromates et on l’enveloppa dans un suaire propre (Matthieu 27, 59) avec plusieurs autres linges (bandelettes & pièces de linceuls cf. Jean 19, 40 – Luc 23, 53 – Marc 15, 46 – Matthieu 27, 58). Les saintes femmes durent prêter main forte à Joseph & Nicodème pour la toilette funéraire, mais celle-ci dû être faite à la hâte et de façon incomplète, car le crépuscule approchait et l’on entrait dans le grand Sabbat de la Pâques où tout travail de ce genre était prohibé.

    Jésus n’ayant pas de tombeau, Joseph lui céda le sien (Matthieu 27, 60) : un tombeau aristocratique tout neuf qui venait d’être taillé dans le roc, dans un enclôt tout près du Golgotha. Le corps de Jésus fut placé sur la banquette de pierre et Joseph roula la grande pierre prévue pour servir de fermeture au tombeau.

    Les saintes femmes qui avaient aidé à la toilette funèbre observèrent soigneusement où on avait placé le corps de Jésus : elles étaient décidées à accomplir à nouveau la toilette funèbre plus dignement et plus complètement, avec des onguents de grand prix, très tôt le dimanche matin, une fois le Sabbat de Pâques passé.

    Dans la tradition orientale, ces saintes femmes myrrophores sont les suivantes :

    1. Marie Madeleine (Marie de Magdala) (la seule mentionnée par Jean 20, 1), de qui Jésus avait chassé sept démons, la première arrivée au tombeau le dimanche matin (peut-être parce que les autres avaient été retardées par l’achat de nouvelles aromates),
    2. Marie de Jacques, femme de Cléophas (ou Clopas dit aussi Alphée) et mère de Jacques le Mineur et de Joseph (ou Joset), sœur de la Sainte Vierge (en réalité sa belle-sœur, Cléophas étant frère de Joseph) et donc tante de Jésus (cf. Jean 19, 25). Ses quatre fils Jacques, Joseph, Simon & Jude sont les cousins germains de Jésus, que l’évangile, à la manière sémite, désigne sous le nom de « frères » du Seigneur.
    3. Salomé (ou Marie Salomé), femme de Zébédée et mère des apôtres Jacques le Majeur & Jean l’Evangéliste, vraisemblablement eux aussi de la parenté de la Sainte Vierge et de saint Joseph.
    Ces trois myrrophores sont spécialement mentionnées par les 4 évangiles (Matthieu 27, 56 et 28, 1 – Marc 15, 40 et 16,1 – Luc 24, 10 – Jean 19, 25). Cependant, elles n’étaient pas les seules (cf. Luc 24, 10 : « celles qui leur firent ce rapport étaient Marie-Madeleine, Jeanne & Marie, mère de Jacques, et les autres qui étaient avec elles »), et la tradition leur associe les suivantes :
    4. Jeanne, femme de Chusa qui était intendant d’Hérode Antipas (citée nommément donc par Luc 24, 10).
    5. Suzanne, citée parmi les femmes qui accompagnaient Jésus et l’assistaient de leurs biens (Luc 8, 3).
    6. & 7. Marthe & Marie, les deux sœurs de Lazare.

    La tradition iconographique leur associe également la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu, qui, ayant assisté avec saint Jean à la mort de son fils, dût être présente lors de la déposition de la croix et des cérémonies de l’ensevelissement, conduites par Joseph d’Arimathie assisté de Nicodème.

    Les femmes myrrophores furent parmi les premières à suivre Jésus et soutenaient la troupe apostolique de leurs services & de leurs ressources. Elles lui furent fidèles jusqu’au bout, malgré l’échec apparent, au pied de la Croix, tandis que les disciples se tenaient loin. En récompense de la constance inébranlable de leur amour et de leur fidélité, c’est à elles qu’est confiée la première annonce de la résurrection.

    A la petite entrée :
    1. Tropaire du dimanche, ton 2 : Lorsque tu t’es abaissé jusqu’à la mort, toi l’immortelle vie, tu as terrassé les enfers par l’éclat de ta divinité. Lorsque tu as ressuscité les défunts de dessous la terre, toutes les puissances des cieux ce sont écriées : « O Christ, qui donnes la vie, notre Dieu, gloire à toi ! »

    2. Tropaire de Joseph d’Arimathie, ton 2 : Le noble Joseph, ayant descendu de la croix ton corps immaculé, l’enveloppa d’un linceul blanc avec des aromates et le coucha avec soin dans un tombeau neuf ; mais tu es ressuscité le troisième jour, Seigneur, faisant au monde grande miséricorde.

    3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
    4. Kondakion des Myrrophores, ton 2 : Ayant dit aux Myrrophores « Réjouissez-vous », tu as fait cesser par ta Résurrection, ô Christ Dieu, les gémissements d’Eve, notre première mère. Mais à tes apôtres tu as donné l’ordre de prêcher : « Le Sauveur est ressuscité du tombeau ».
    5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    6. Kondakion de Pâques, ton 8 : Lorsque tu gisais dans le tombeau, Seigneur immortel, tu as brisé la puissance de l’Enfer, et tu es ressuscité victorieusement, ô Christ notre Dieu, ordonnant aux Myrrophores de se réjouir, visitant tes Apôtres et leur donnant la paix, toi qui nous sauves en nous accordant la résurrection.
    Prokimen
    Des Myrrophores, ton 6 :
    ℟. Sauve, Seigneur ton peuple * et béni ton héritage.
    ℣. Vers Toi, Seigneur, j’appelle : mon Dieu, ne sois pas sourd envers moi.
    Epître : Actes des Apôtres (§ 16) VI, 1-7
    Alleluia
    Des Myrophores, ton 8 :
    ℣. Tu aimes ton pays, Seigneur, tu fais revenir les captifs de Jacob.
    ℣. Amour et Vérité se rencontrent, Justice et Paix s’embrassent.
    Evangile : Marc (§ 69) XV, 43 à XVI, 8
    A la commémoraison de la Très-Sainte Mère de Dieu durant l’anaphore eucharistique
    L’ange chanta à la Pleine de grâce : Réjouis-toi, Vierge très pure, je répète, réjouis-toi ! Ton Fils en vérité est ressuscité après trois passés dans le tombeau ; et Il a redressé les morts : fidèles, soyez dans l’allégresse !
    Resplendis, resplendis, nouvelle Jérusalem, car sur toi la gloire du Seigneur s’est levée. Réjouis-toi et exulte, Sion, et toi, Mère de Dieu très pure, réjouis-toi, car ton Fils est ressuscité ! Alléluia !
    Verset de communion
    De Pâques : Recevez le corps du Christ, goûtez à la source immortelle.

    Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux (Psaume 148, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.

    Programme du dimanche de Thomas – ton 1

    Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 22 avril 2012 du calendrier grégorien – 9 avril 2012 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

    Huit jours après Pâques, le rit byzantin (comme le rit romain) célèbre la confirmation de la Résurrection à l’incrédule Apôtre Thomas et sa magnifique profession de foi dès qu’il eut reconnu son Rédempteur. L’évangile (Jean 20, 19-31) nous dit en effet que cet événement eut lieu huit jour après Pâques et que cela arriva alors que toutes les portes du lieu où ils se trouvaient étaient closes. Aussi ce dimanche s’appelle-t-il dans la tradition byzantine le Dimanche de Thomas, mais aussi le Dimanche des portes fermées : les portes de l’iconostase, qui étaient restées grandes ouvertes pendant toute la Semaine du Renouveau afin de signifier la pleine ouverture de la grâce lors de la résurrection du Christ, sont à nouveau fermées (précisément avant none dites devant les vêpres de ce dimanche, hier soir). On l’appelle aussi le dimanche de l’Antipâques (Antipascha).

    A la petite entrée :
    1. Tropaire de la fête, ton 7 : Le sépulcre étant scellé, * toi qui es la Vie, Tu t’es levé du tombeau, ô Christ Dieu, * et les portes étant fermées, * Tu t’es présenté devant tes disciples, toi, la Résurrection de tous, * et par eux Tu as renouvelé en nous l’Esprit de Vérité, ** dans ta grande miséricorde.

    2. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    3. Kondakion de la fête, ton 8 : Voulant s’assurer de ta résurrection, Thomas toucha de sa main ton côté vivifiant, ô Christ Dieu ; * aussi, lorsque Tu entras, les portes étant fermées, * il te clama avec les autres apôtres : ** Tu es mon Seigneur et mon Dieu.
    Prokimen
    De la fête, ton 3 :
    ℟. Il est grand, notre Seigneur, tout-puissant, à son intelligence point de mesure.
    ℣. Louez le Seigneur, car il est bon de chanter notre Dieu, car il est doux de le louer.
    Epître : Actes des Apôtres (§ 14) V, 12–20
    Alleluia
    De la fête, ton 8 :
    ℣. Venez, crions de joie pour le Seigneur, acclamons le Dieu qui nous sauve (Psaume 94, 1).
    ℣. Allons devant lui en actions de grâces, au son des musiques, acclamons-le (Psaume 94, 2).
    Evangile : Jean (§ 65) XX, 19-31
    A la commémoraison de la Très-Sainte Mère de Dieu durant l’anaphore eucharistique
    L’ange chanta à la Pleine de grâce : Réjouis-toi, Vierge très pure, je répète, réjouis-toi ! Ton Fils en vérité est ressuscité après trois passés dans le tombeau ; et Il a redressé les morts : fidèles, soyez dans l’allégresse !
    Resplendis, resplendis, nouvelle Jérusalem, car sur toi la gloire du Seigneur s’est levée. Réjouis-toi et exulte, Sion, et toi, Mère de Dieu très pure, réjouis-toi, car ton Fils est ressuscité ! Alléluia !
    Verset de communion
    De la fête : Loue, Jérusalem, le Seigneur, loue ton Dieu, Sion. (Psaume 147, 2). Alleluia, alleluia, alleluia.

    Photos de la Grande Semaine byzantine 2012

    Quelques photos de la Semaine Sainte à la paroisse byzantine catholique de la Très-Sainte-Trinité :

    Dans le rit byzantin, à la fin des vêpres du Vendredi Saint, on procède au cours d’une touchante cérémonie à la mise au tombeau symbolique d’une représentation du Christ en son Suaire (en grec : Ἐπιτάφιος, epitáphios, en slavon : Плащаница, plachtchanitsa). Pendant la procession de la mise au tombeau, tandis que le clergé porte le Suaire, le chœur chante sur une mélodie tragiquement émouvante l’une des pièces les plus célèbres de la Semaine Sainte, le tropaire du Noble Joseph :

    Le noble Joseph descendit * de l’arbre de la croix ton corps sacré * l’entoura d’un linceul pur * le couvrit de parfums ** et l’ensevelit dans un sépulcre neuf.

    La Vigile Pascale dans le rit byzantin est toujours célébrée dans la journée du Samedi Saint (comme dans le rit romain jusqu’à la réforme de la Semaine Sainte de 1955). Il s’agit d’un office de vêpres (comme dans le rit romain avant 1955) sur lequel se greffe la divine liturgie, avec l’anaphore eucharistique de saint Basile le Grand. Comme dans tous les rits d’Orient & d’Occident, de nombreuses prophéties & cantiques de l’Ancien Testament sont lues avant l’épître & l’évangile du jour. Dans le rit byzantin, ces prophéties sont au nombre de 15 (dont le livre de Jonas en entier) et on chante le cantique de Moïse après la lecture du passage de la Mer Rouge (comme dans le rit romain) et celui des 3 Enfants dans la fournaise (comme dans les vigiles des samedis des Quatre-Temps du rit romain).

    Chant de l’évangile de la résurrection devant le sépulchre à la vigile pascale byzantine. Comme dans le rit romain, le changement de la couleur liturgique des ornements, passant des couleurs sombres de la pénitence pour celles lumineuses & éclatantes des fêtes se fait entre les prophéties et l’épître, tandis que le chœur chante le répons : « Ressuscite, ô Dieu & juge la terre » (Psaume 82, 8).

    L’anaphore eucharistique de saint Basile le Grand a cédé le pas devant celle, un peu plus récente et plus courte, de saint Jean Chrysostome, mais est restée en usage les dimanches de Carême (sauf aux Rameaux) et aux trois grandes vigiles : Pâques, Noël & l’Epiphanie.

    Dans la tradition russe, on chante les matines de Pâques dans la nuit. C’est le moment proprement festif par lequel l’Eglise byzantine célèbre la résurrection de son Seigneur. Cet office fut autrefois célébré très joyeusement en Occident également, jusqu’à sa suppression pure & simple lors de la réforme de la Semaine Sainte de 1955. En Orient (comme autrefois en Occident), la liturgie marque par une grande procession lors de ces matines le moment de la résurrection. A la suite des matines, on chante l’Heure pascale (petite heure intégralement chantée, qui se substitue à prime ou à tierce pendant toute la Semaine de Pâques), puis vient la divine liturgie du jour de Pâques (célébrée donc très tôt dans la nuit), où l’on emploie le canon eucharistique de saint Jean Chrysostome.

    Toutes les photos de la Grande Semaine byzantine 2012 sur la page Facebook de la paroisse russe byzantine de Paris.

    Le lavement des pieds dans le rit byzantin

    La cérémonie du lavement des pieds dans le rit byzantin est une cérémonie plus rare que dans le rit romain, puisqu’elle n’est accomplie ordinairement que par l’évêque dans son église cathédrale.

    Voici quelques images et une vidéo de cette cérémonie accomplie ce Jeudi Saint 2012 en la cathédrale du Saint-Sauveur par le patriarche Cyrille de Moscou. Le rite du lavement des pieds de 12 prêtres a été effectué par le patriarche après la prière devant l’ambon, à la fin de la divine liturgie de saint Basile du Grand Jeudi, tandis que l’archidiacre chantait le récit de cet épisode de la dernière Cène dans l’évangile de saint Jean (13, 1-17).

    Notez que le douzième prêtre figure saint Pierre et que, lorsque vient son tour, le dialogue narré par l’Evangile s’instaure entre les deux protagonistes :

    Il arrive ainsi devant Simon Pierre. Et Pierre lui dit : « Seigneur, c’est toi qui me laves les pieds ! » Jésus lui répondit : « Ce que je fais, tu ne le sais pas maintenant ; après, tu comprendras. » Pierre lui dit : « Non, jamais tu ne me laveras les pieds ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras point de part avec moi. » Simon Pierre lui dit : « Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! » Jésus lui dit : « Celui qui a pris un bain n’a point besoin de se laver, sauf toutefois les pieds : il est entièrement pur. Vous aussi, vous êtes purs ; mais pas tous. »

    Vidéo de la cérémonie pratiquée en 2017 par Sa Sainteté le Patriarche Cyrille de Moscou dans sa cathédrale du Christ-Sauveur.

    *

    Comme dans le rit romain, le chant d’une série d’antiennes est prévue pour accompagner ce rite. Nous les donnons ci-après.

    Stichères du lavement des pieds.

    Ton 1 – Christ Dieu qui d’un linge t’es revêtu * qui as lavé les pieds des disciples * purifie la pensée de notre âme * couvre nous des liens de l’Esprit ** pour accomplir tes commandements, pour célébrer ta bonté.

    Ton 2 – Fidèles qui allons recevoir l’immense bienfait * approchons pieusement du vase précieux * non pour laver la souillure de la chair, mais pour sanctifier mystiquement les âmes. * Car le Christ notre Sauveur, qui regarde la terre et la fait trembler * s’incline lui-même et touche les pieds d’argile * nous donnant de vaincre sûrement toute puissance contraire. * Rendons-lui grâce et disons-lui : * Toi qui nous as montré dans l’humilité * la voie la meilleure pour nous élever ** sauve nous, Dieu bon, dans ton amour de l’homme.

    Pierre ne voulait pas que les mains saintes * qui créèrent Adam, lui lavent les pieds. * Mais quand il entendit : Si Je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi * il fut pris de grande peur et te dit : Seigneur * lave-moi non seulement les pieds, mais les mains et la tête * Ô les grands dons du Maître ! * Il fait communier ses disciples à sa grâce. * Il leur promet qu’ils auront part à la gloire ineffable. * Il leur dit qu’avec eux au calice mystique * il boira le vin nouveau dans le Royaume des cieux. * De lui, rends nous dignes, en ta compassion et ton amour de l’homme.

    Ton 8 – Aujourd’hui, l’Inaccessible en son Etre * a fait œuvre de serviteur. * Lui qui entoure le ciel de nuées s’est revêtu d’un linge. * Lui qui ouvrit la mer Rouge a versé l’eau dans le vase. * Il a plié les genoux, il a lavé les pieds des disciples. * Il les a essuyés du linge dont il était revêtu. * Mais quand il lava les pieds des disciples, il leur dit : * Vous êtes purs, mais pas tous ** signifiant celui qui le trahissait.

    Mieux eut valu pour toi, Judas * que tu ne fus pas conçu dans le sein de ta mère. * Mieux eut valu pour toi que tu ne fus pas né, * traître qui te détachas du Fils de Dieu. * Par toi fut rompue l’assemblée des disciples du Christ * et le larron crucifié vendange les fruits de la vraie Vigne. * Par toi fut brisée la clôture, * et les iniques détruisent le temple qui ne fut pas fait de main d’homme. * Tu as considéré pour son prix la myrrhe de la pécheresse. * Comment n’as tu pas tremblé de livrer aux mains des iniques le sang du Juste ? * Mieux eut valu pour toi que tu ne fus pas né, ** traître qui te détachas du Fils de Dieu.

    Pris par le sommeil diabolique, Judas s’est endormi dans la mort. * C’est le temps de veiller, c’est le temps d’être vigilant. * Que gémisse le cœur, que pleurent les paupières, que veille le chant. * Grande est la force de la Croix. Le Christ est aux portes. * La Pâque immolée est venue. ** Gloire à Toi, Seigneur, gloire a Toi.

    Un héritage commun de l’Orient & de l’Occident au Jeudi Saint

    Le Jeudi Saint, le rit byzantin comme le rit ambrosien partagent la même organisation pour célébrer le mémorial du dernier Souper de Notre Seigneur : tous deux commencent par chanter les vêpres, sur lesquelles se greffent ensuite la messe. Le rit Romain, fidèle à un principe qui lui est propre durant toute l’année, dit les vêpres de ce jour immédiatement après la messe. Dans beaucoup d’usages médiévaux du rit romain (c’est le cas par exemple du vieux rit parisien), les vêpres étaient chantée à la communion de la messe du Jeudi Saint, la postcommunion servant d’oraison conclusive pour les vêpres.

    La pièce majeure de la Divine Liturgie byzantine de ce jour est la grande entrée chantée durant l’offertoire (et reprise à la communion):

    Τοῦ Δείπνου σου τοῦ μυστικοῦ, σήμερον Υἱὲ Θεοῦ, κοινωνόν με παράλαβε· οὐ μὴ γὰρ τοῖς ἐχθροῖς σου τὸ Μυστήριον εἴπω, οὐ φίλημά σοι δώσω, καθάπερ ὁ Ἰούδας, ἀλλ’ ὡς ὁ Λῃστὴς ὁμολογῶ σοι. Μνήσθητί μου Κύριε, ὅταν ἔλθῃς ἐν τῇ Βασιλείᾳ σου. Aλληλούια, αλληλούια, αλληλούια.

    A ta Cène mystique, fais-moi participer en ce jour, ô Fils de Dieu. Je ne révèlerai pas ton mystère à tes ennemis ; je ne te donnerai pas un baiser comme Judas ; mais avec le larron, je te confesserai. Souviens-toi de moi, Seigneur, quand tu viendras dans ton Royaume. Alléluia, alléluia, alléluia.

    Cette même pièce a été traduite depuis une haute époque pour la messe ambrosienne de ce jour, & utilisée à la même place (sans le triple Alleluia final & en rendant μυστικοῦ par mirabili, admirable :

    Cœnæ tuæ mirábili hódie, Fílius Dei, sócium me áccipis. Non enim inimícis tuis mystérium dicam: non tibi dabo ósculum, sicúti et Judas: sed sicut latro confiténdo te. Meménto mei, Dómine, in regno tuo.

    Il ne faut pas se laisser abuser par le titre de cette pièce de la liturgie ambrosienne : l’Antiphona post Evangelium est en fait chantée au début de l’offertoire. En voici la musique :

    Dans les paroisses byzantines russes, l’une des plus belles mises en musique de cette pièce est celle – somptueuse – réalisée par Alexei Lvov (1799 † 1870), qui succéda à son père en 1837 comme maître de la Chapelle Impériale de Saint-Pétersbourg.

    *

    En fait, « A ton mystique banquet » n’est pas le seul offertoire du rit byzantin à avoir été en usage en Occident.

    Pendant la grande entrée (l’équivalent donc de l’offertoire dans la liturgie latine), le rit byzantin n’utilise pendant l’année que quatre pièces différentes. La grande entrée du Samedi Saint, probablement la plus anciennes d’entre elles, provient de l’antique & vénérable liturgie de saint Jacques :

    Que toute chair humaine fasse silence, et se tienne dans la crainte & le tremblement. Qu’elle éloigne toute pensée terrestre. Car le Roi des Rois & le Seigneur des Seigneurs s’avance, afin d’être immolé et se donner en nourriture aux fidèles. Les chœurs angéliques le précèdent, avec toutes les principautés, les puissances, les chérubins aux innombrables yeux & les séraphins aux six ailes, se voilant la face & chantant : Alléluia, alléluia, alléluia.

    Selon certains chercheurs, cette pièce a été connue et peut-être utilisée par les rits gallicans, après la légation byzantine de 567, lorsque l’empereur de Constantinople donna une part de la Vraie Croix à la reine de France sainte Radegonde, pour son monastère de l’année.

    Le Jeudi Saint, la grande entrée chantée, est, nous l’avons vu, « A ta Cène mystique », utilisée donc également par le rit ambrosien.

    Le reste de l’année, à l’exception des liturgies des Présanctifiés, la grande entrée byzantine est le fameux chant des chérubins, qui a été ajouté à la divine liturgie par l’empereur Justin II (565 – 578) :

    Nous qui, mystiquement, représentons les chérubins, & chantons l’hymne trois fois sainte à la vivifiante Trinité, déposons maintenant tous les soucis du monde. Pour recevoir le Roi de toutes choses, invisiblement porté par les anges, alléluia, alléluia, alléluia.

    Au Moyen-Age, ce chant fut chanté en latin à l’offertoire de la messe romaine – entre autres – à l’Abbaye royale de Saint-Denis, nécropole des rois de France.

    *

    En ces jours les plus saints de notre salut, s’il vous plait, merci de ne pas oublier de prier pour l’unité de l’Eglise, comme le fit Notre Seigneur lui-même en cette nuit, lorsqu’il pria pour que tous soient un.

    VT VNVM SINT.

    Programme du Vème dimanche de Carême – Sainte Marie l’Egyptienne – ton 1

    Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 1er avril 2012 du calendrier grégorien – 19 mars 2012 du calendrier julien, divine liturgie de saint Basile le Grand de 9h15.

    Dimanche du ton I de l’Octoèque. En ce jour, Vème dimanche de Carême, le rit byzantin fait mémoire de sainte Marie l’Egyptienne, modèle de la pénitence.

    Marie est née en Égypte dans les premiers siècles de la chrétienté, et vécut à Alexandrie où elle arriva alors qu’elle avait 12 ans. Elle vivait dans la luxure, se prostituant dans tous les lieux de débauche de la ville. Un jour, alors qu’elle allait avoir 29 ans, elle rencontra des pèlerins qui partaient pour Jérusalem sur un bateau. Elle décida de les suivre en payant son passage de ses charmes. Ils arrivèrent tous devant la Basilique de la Résurrection, le jour de l’Exaltation de la Sainte Croix. Tous y entrèrent pour faire leurs dévotions. Mais Marie ne put en franchir le seuil, une force invisible la repoussait chaque fois qu’elle voulait entrer dans le Saint-Sépulchre. Désespérée, elle se tourna alros vers une icône de la Vierge Marie qui gardait la porte et la supplia d’intercéder en sa faveur. Elle put alors enfin entrer dans la basilique, tandis qu’une voix lui disait : « Si tu passes le Jourdain, tu y trouveras le repos ». Elle communia saintement, et partit au-delà du Jourdain, dans le désert. Elle vécut là 47 ans, sans rencontrer âme qui vive, n’ayant pour seule ressource que quelques pains rapportés de Jérusalem, aux prises à de pénibles et intenses tentations. Au bout de cette longue pénitence, elle croise dans le désert l’anachorète saint Zosime qui, après avoir entendu son récit, lui donna la Communion. Marie lui demanda de revenir l’année suivante, au même endroit, afin de lui apporter de nouveau ce sacrement. Saint Zosime revint, et découvrit la sainte couchée sur le sol, morte, la tête tournée vers Jérusalem. Près d’elle se trouvait un message lui demandant de l’ensevelir à la place où elle était. Mais le sol du désert était trop sec et trop dur, et Zosime ne put creuser la tombe. Un lion s’approcha, le saint lui demanda de l’aide, et tous deux purent creuser une fosse et enterrer Marie.

    La fête de sainte Marie l’Egyptienne est fixée au 1er avril, mais à partir du XIème siècle, on tint à la commémorer également en ce 5ème dimanche de Carême, afin d’exhorter, par son exemple, les pécheurs à la pénitence.

    A la petite entrée :
    1. Tropaire du dimanche, ton 1 : Malgré les scellés posés sur le tombeau * et les soldats gardant ton corps immaculé, * tu es ressuscité le troisième jour, * donnant la vie au monde, Dieu sauveur, * et du haut des cieux les Anges te chantèrent comme à la Source de la vie : * « Gloire à ta Résurrection, ô Christ, * gloire à ta royauté, * gloire à ton œuvre de salut, Seigneur ami des hommes.
    2. Tropaire de sainte Marie l’Egyptienne, ton 8 : En toi, Mère, la création à l’image de Dieu a été vraiment sauvegardée, * car ayant pris ta croix, tu as suivi le Christ * et tu as enseigné par tes actes à dédaigner la chair car elle passe, * et à prendre soin de l’âme qui est immortelle ; ** c’est pourquoi avec les anges se réjouit, Vénérable Mère Marie, ton esprit.
    3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
    4. Kondakion de sainte Marie l’Egyptienne, ton 3 : Celle qui s’adonna au vice & aux passions * par la pénitence devient en ce jour une épouse du Christ, * émule des Anges par son genre de vie, * destructrice des démons par les armes de la Croix ; * c’est pourquoi tu apparus, ô Marie, * comme une épouse glorieuse au royaume des Cieux.
    5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    6. Kondakion du dimanche, ton 1 : Ressuscité du tombeau dans la gloire divine, * tu as ressuscité le monde avec toi ; * la nature humaine te chante comme Dieu, * la mort s’évanouit, * Adam jubile, Seigneur, * & Eve, désormais libérée de ses liens, * proclame dans l’allégresse : * O Christ, c’est toi qui accordes à tous la résurrection.
    Prokimen
    Du dimanche, ton 1 :
    ℟. Que ta miséricorde soit sur nous, Seigneur, * selon l’espérance que nous avons mise en toi. (Psaume 32, 22).
    ℣. Justes, exultez dans le Seigneur, aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1).
    De sainte Marie l’Egyptienne, ton 4 :
    ℟. Dieu est admirable dans ses saints, lui le Dieu d’Israël (Psaume 67, 36).
    Alleluia
    Du dimanche, ton 5 :
    ℣. Ton amour, Seigneur, à jamais je le chante, d’âge en âge ma parole annonce ta fidélité (Psaume 88, 2).
    ℣. Car j’ai dit : l’amour est bâti à jamais, aux cieux tu as fondé ta fidélité (Psaume 88, 3).
    De sainte Marie l’Egyptienne
    ℣. J’espérais le Seigneur d’un grand espoir, il s’est penché vers moi, il écouta mon cri (Psaume 39, 1).
    Verset de communion
    Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
    De sainte Marie l’Egyptienne : La mémoire du juste sera éternelle (Psaume 111, 6). Alleluia, alleluia, alleluia.

    Jeudi du Grand Canon

    Ce jour aux matines du Jeudi de la cinquième semaine de Carême, les Eglises de rit byzantin chantent le Grand Canon de saint André de Crète.

    Au départ, le canon est, dans l’office byzantin, une vaste composition de neuf odes dont les différents tropaires s’inséraient à l’origine dans neuf cantiques de l’Ancien & du Nouveau Testament qui étaient chantés au cours de l’office de matines (le plus souvent, ces cantiques bibliques sont tombés d’usage et les strophes du canon sont seules demeurées). Chaque ode commence par le chant-modèle, l’hirmos, sur lequel le chant des autres tropaires de l’ode s’établissait (cela fonctionne bien en grec, mais en traduisant les textes liturgiques dans d’autres langues, la métrique originelle est perdue ; aussi, le plus souvent, les autres tropaires de l’ode sont juste récités – c’ets l’usage russe le plus commun par exemple).

    Saint André de Crète est probablement l’un des tous premiers compositeurs de canons. C’est un araméen chrétien d’expression de langue grecque, né vers 660 à Damas depuis peu occupée par les troupes islamiques. Muet étant enfant, il reçoit la grâce de la parole à l’âge de sept ans un dimanche après avoir communié. Après de solides études, il entra dans la confrérie monastique attachée au Saint-Sépulchre à Jérusalem. En 685, il est délégué du patriarche de Jérusalem pour ratifier à Constantinople les décisions contre le monothélisme du VIème Concile œcuménique (IIIème de Constantinople). Il s’établit alors dans la capitale impériale, au célèbre monastère des Blachernes, et y devient diacre. Vers 700, il est élu archevêque de Gortyne, en Crète, où son activité inlassable témoigna de ses grandes qualités de pasteur : il construit des églises, restaure la vie monastique, développe des œuvres sociales & éducatives, secoure la population éprouvée par des raids musulmans. Il compose 70 canons, dont l’œuvre maîtresse est son Grand Canon pénitentiel. Ce dernier aurait été écrit après une grave défaillance de l’auteur : en 712, sous le règne de l’empereur d’origine arménienne Philippicos Bardanès, il souscrit à la définition hérétique (car monothélite) d’un synode réuni par l’Empereur, avant de se rétracter, lorsque le Pape refusa les décisions de ce pseudo-concile et chassa de Rome les représentants de l’Empereur. Le monothélisme était une tentative maladroite de réconcilier l’Eglise avec les monophysites, en soutenant qu’il n’y avait qu’une seule volonté dans le Christ, la volonté divine.

    Saint André de Crète fit ensuite face courageusement au pouvoir impérial, non seulement contre le monothélisme, mais aussi, plus tard contre le début de l’iconoclasme. Comme le monothélisme, mais pour des raisons inverses (non plus de fusion mais d’éloignement entre l’homme & Dieu), l’iconoclasme mettait en cause le mystère de la sanctification. A la limite, c’est le sens même de la pénitence et de la vocation monastique qu’il niait. Saint André mourut à Mytilène en 740, au retour d’un voyage à Constantinople. Ses oeuvres furent traduites en latin et éditées en Occident dès 1644 (textes bilingues grec-latin). L’Église célèbre sa mémoire le 4 juillet.

    Le Grand Canon de saint André de Crète constitue un sommet de la poésie liturgique byzantine et constituerait à lui seul un traité de théologie mystique sur le sens chrétien de la metanoia, la conversion et la pénitence intérieure, nourri des figures de l’Ancien Testament. Il comporte à l’origine 250 tropaires, autant que les versets des 9 cantiques de l’Ecriture primitivement chantés à matines. Par la suite, s’y sont ajoutés un double canon pénitentiel du Triode de Carême, dus à saint Théodore Studite († 826) et à Joseph de Sicile († 886), puis un canon de deux tropaires par ode en l’honneur de sainte Marie l’Egyptienne ainsi qu’un tropaire en l’honneur de saint André de Crête lui-même, ce qui fera un total de plus de 300 tropaires.

    Voici l’hirmos et les premiers tropaires de la première ode :

    Hirmos : Le Seigneur s’est fait mon aide et mon protecteur pour mon salut, c’est mon Dieu et je le glorifierai ; c’est le
    Dieu de mon père, et je l’exalterai, car Il s’est couvert de gloire.

    Par où commencerai-je à me lamenter sur les actes de ma misérable vie ? Quelles prémices poserai-je à la présente lamentation ? Mais comme miséricordieux, donne-moi la rémission des péchés.

    Viens, ô mon âme misérable, avec ta chair, confesse-toi au Créateur de toutes choses et éloigne-toi désormais de ta préalable déraison, puis offre à Dieu des larmes dans le repentir.

    J’ai rivalisé dans la transgression avec Adam le premier-créé et, par mes péchés, je me suis vu dépouillé de
    Dieu, ainsi que du Royaume éternel et de ses délices.

    On trouvera ici le texte complet du Grand canon de saint André de Crète.

    Voici une vidéo prise hier soir à Moscou en la cathédrale du Christ-Sauveur des matines du Grand Canon, célébrées par le patriarche Cyrille.

    D’autres photos de cet office sur le site du Patriarcat de Moscou.

    Voici également un enregistrement complet de ces matines du Grand Canon, enregistrées hier soir au Monastère Sretensky de Moscou. Le Grand Canon lui-même commence vers la 47ème minute.

    Matines du Grand Canon au Monastère de Sretensky – enregistrement du Carême 2012