Vous êtes chanteurs ou instrumentistes et vous souhaitez vous engager au service de la liturgie traditionnelle, n’hésitez pas à nous rejoindre !

La Schola Sainte Cécile chante dans la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican

Nous offrons des cours de chant gratuits chaque samedi de 16h30 à 17h30 : travail du souffle, pose de voix, vocalises, découverte du chant grégorien et du chant polyphonique.

Les Petits Chantres de Sainte Cécile - maîtrise d'enfants

Votre enfant a entre 8 et 15 ans et souhaite chanter ? Inscrivez-le aux Petits Chantres de Sainte Cécile (filles et garçons). Répétitions le mercredi à 18h30 et le dimanche à 10h30.

Retrouvez les partitions que nous éditons, classées par temps liturgique ou par compositeur. Elles sont téléchargeables gracieusement.

Le Sacramentaire de Charles le Chauve (IXème siècle)

Le Département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France conserve sour le numéro Latin 1141, un magnifique Sacramentaire qui a été réalisé à la cour de Charles le Chauve vers 869-870. Ce magnifique manuscrit richement enluminé n’est pas vraiment un sacramentaire, il s’agit en fait du canon de la messe romaine, selon les délimitations usitées par le pape saint Grégoire puisqu’il démarre précisément au dialogue de la préface pour s’arrêter après l’embolisme du Pater. On sait que le déplacement du Pater à la fin du canon est dû à saint Grégoire et que le pontife voulait par là que la Prière du Seigneur fasse partie intégrante du canon eucharistique et en forme la conclusion. Donc, en son état, le manuscrit forme un tout cohérent, et c’est à tort, à mon avis, qu’il est décrit comme un sacramentaire incomplet (il doit s’agir plutôt d’une sorte de canon pontifical avant l’heure). Indirectement toutefois, ce riche manuscrit constitue néanmoins un témoignage des livres liturgiques (découlant du type du sacramentaire grégorien) envoyés à la cour de Charlemagne par le Pape Hadrien Ier en 784. Il offre aussi un témoignage précieux sur l’usage liturgique de l’enluminure.

Après avoir été en possession de la cathédrale de Metz et de l’Abbaye de Jumièges, ce manuscrit apparait dans les collections du célèbre bibliophile & académicien français Jean Ballesdens (1595 † 1675), avant d’être acquis par Colbert (la reliure porte ses armes). Les héritiers du contrôleur général des finances le lèguent au roi de France en 1732. De la Bibliothèque du Roi, l’ouvrage finit naturellement dans les collections de la Bibliothèque nationale de France.

Voici les miniatures contenues dans cet ouvrage :

Folio 2, v° : l’empereur – vraisemblablement Charles le Chauve – reçoit sa couronne du ciel, entre deux pontifes qui seraient les papes saint Grégoire & saint Gélase, tenant chacun son sacramentaire, celui de Gélase étant fermé et celui de Grégoire ouvert.

Le sacramentaire du pape saint Gélase a été reçu assez tôt en Gaule. Lorsque les premiers carolingiens décident d’unifier la liturgie dans leurs territoire, ils recourent dans un premier temps à ce sacramentaire pour en faire la nouvelle norme liturgique. Au vu des remaniements complexes et hétérogènes qu’avaient déjà subis le sacramentaire gélasien, Charlemagne comprend que ce manque de cohérence entrave la réforme unificatrice commencée par son père. En 784, il demande alors au pape de lui envoyer les livres liturgiques utilisés à Rome, dont un sacramentaire, afin d’en faire la référence des scribes de l’Empire. Dans sa réponse à une lettre perdue de Charlemagne, le pape Hadrien Ier annonce qu’il lui envoie un livre dont il attribue lui-même la rédaction au pape Grégoire, d’où le nom qu’on lui donnera de sacramentaire grégorien.

Notons quelques détails de cette miniature : l’empereur – en braies – arbore l’auréole des saints (!). Les deux pontifes portent paliums, chasubles, tuniques laticlaves, étoles & aubes.

Folio 3 r° : saint Grégoire le Grand dicte son sacramentaire (présenté là encore ouvert) à ses scribes, sous l’inspiration du Saint-Esprit.

La présence de saint Grégoire à deux reprises au début de ce canon de la messe romaine place bien sûr la prière liturgique qui va suivre sous le haut patronage de ce pontife qui a travaillé au perfectionnement et à la fixation de la liturgie romaine.

Folio 4 r° : début de la préface : Vere æquum & salutare. Splendide & exceptionnelle initiale !

Folio 4 v°. Suite de la préface (dite de nos jours « commune » : Nos tibi semper et ubíque grátias agere : Dómine sancte, Pater omnípotens, ætérne Deus : per Christum, Dóminum nostrum. Per quem majestátem tuam laudant Angeli, adórant Dominatiónes, tremunt Potestátes. Cœli cœlorúmque Virtútes ac beáta Séraphim sócia exsultatióne concélebrant. Cum quibus et nostras voces ut admitti jubeas, deprecámur, súpplici confessione dicéntes.

A noter que dans le Sacramentaire grégorien, les préfaces sont dès l’origine très peu nombreuses et que sur ce point, il se distingue très nettement des autres rits en usage anciennement en Occident (ambrosien, vétéro-gallican, mozarabe, et aussi gélasien). La préface que nous appelons maintenant « commune » se disait initialement quasiment tous les jours (y compris, jusqu’au XVIIIème siècle, aux dimanches après la Pentecôte ou après l’Epiphanie). La préface de la Sainte Vierge n’est même pas encore écrite (elle date du XIIème siècle et ne fut pas reçue aisément partout), ni bien sûr les préfaces modernes (celles des Morts (qui apparait seulement après la première guerre mondiale), du Christ-Roi, du Sacré-Cœur, etc…). La concision des formules liturgiques, – dont la simplicité de la préface est un élément majeur – est un des traits du génie du rit romain, du moins depuis saint Grégoire, trait caractéristique qui n’a pas peu contribué à son large succès, face aux formules, il faut le reconnaître, souvent ampoulées et redondantes des rits mozarabes ou gallicans.

Folio 5 r° : le Christ (ici imberbe) en gloire avec les 4 évangélistes et les hiérarchies célestes, pour illustrer la Préface & le Sanctus : la grande action de grâce de la préface nous fais entrer dans la liturgie céleste. A noter que le terme liturgique « préface » ne doit pas être compris avec son sens moderne, mais une préface, dans le monde antique, est une proclamation solennelle.

Folio 5 v° : les hiérarchies célestes & les saints célèbrent la divine liturgie céleste ; autre illustration de la grande action de grâces de la Préface & du Sanctus.

Folio 6 r° : le Sanctus : Sanctus, Sanctus, Sanctus Dóminus, Deus Sábaoth. Pleni sunt coeli et terra glória tua. Hosánna in excélsis. Benedíctus, qui venit in nómine Dómini. Hosánna in excélsis.

Notez la présence des Séraphins aux six ailes, dont le Trisaghion (le triple Sanctus) est le chant propre (Isaïe, 6, 3) que notre liturgie terrestre imite.

Folio 6 v° : Initiale illustrée : Te igitur (début du canon eucharistique romain). Dans la tradition manuscrite romano-franque, qui s’est perpétuée jusque dans les éditions de l’époque moderne, le canon débute toujours par une représentation du Christ en Croix, le plus souvent crucifié sur le Tau du Te igitur. Dans la tradition liturgique romano-franque (maintenue dans beaucoup de liturgies particulières jusqu’au XIXème siècle), le célébrant du reste embrasse cette représentation du Christ en commençant le canon. Souvent, on peut observer que le manuscrit présente des usures à cet endroit, pour cette raison, mais ce qui n’est pas le cas ici (ce manuscrit aurait peu servi ?). L’iconographie du Tau du Te igitur n’est pas dû au hasard bien sûr : il est le fruit d’une réflexion théologique profonde qui entend exprimer admirablement le caractère sacrificiel du canon eucharistique, renouvellement du sacrifice de la Croix.

On trouvera l’intégralité de ce manuscrit en ligne sur le site de la Bibliothèque nationale de France.

A noter que le reste du canon n’est pas spécialement illustré, et qu’en particulier, rien dans la calligraphie ne distingue les paroles de la consécration du reste du récit de l’institution ni même du reste du canon. Cela peut surprendre nos mentalités modernes, surtout si l’on considère le luxe apporté ici à la présentation graphique de la Préface et à son illustration. Ce traitement calligraphique différent n’est pas totalement anodin. La Préface est une action de grâces publiquement proclamée, alors que le reste du canon est secret et inaudible. Par ailleurs, l’étude de la prière eucharistique dans les liturgies primitives montre que finalement le seul élément véritablement permanent et universel qu’on retrouve dans toutes les liturgies chrétiennes antiques est l’action de grâces de la préface et son dialogue introductif (il existe des anaphores eucharistiques très primitives, vraisemblablement antérieures au Concile de Nicée, qui ne possèdent ni épiclèse, ni même de récit de l’institution, ou des récits de l’institution incomplets). La proclamation solennelle de la Préface lors de leur culte par les tous premiers chrétiens représentait leur participation à l’action de grâces du Christ lors de la dernière Cène.

La Préface commune du sacramentaire grégorien, par son admirable concision, rattache admirablement notre liturgie terrestre à la liturgie céleste par l’action de grâces du Fils à son Père. Les riches enluminures de ce manuscrit illustrent cette union liturgique du ciel & de la terre.

Programme du Ier dimanche après Pâques – Dimanche in albis ou de Quasimodo

La Résurrection par Tassel

Saint-Eugène, le dimanche 15 avril 2012, grand’messe de 11h.
Pas de répétition le samedi 14 avril, mais raccord ordinaire avant la messe le dimanche à 10h30.

  • Avant la messe : Fantasia allegra (3ème Livre de Ricercari, 1595) – Andrea Gabrieli (c. 1533 † c. 1585), organiste de Saint-Marc de Venise
  • Procession d’entrée : improvisation sur Quasi modo
  • A l’aspersion : reprise de l’antienne Vidi aquam sur un faux-bourdon de Mgr Louis Lazare Perruchot (1852 † 1931), maître de chapelle de Saint-François-Xavier à Paris et de la cathédrale de Monaco
  • Kyriale : Messe I Lux & Origo
  • Credo de la messe royale du Ier ton d’Henry du Mont (1610 † 1684), organiste de Saint-Paul et de la reine, maître de la chapelle du roi Louis XIV
  • Pendant les encensements de l’offertoire : improvisation sur O Filiii
  • Après la Consécration : O salutaris de l’Abbé du Gué, maître de chapelle de Saint-Germain-L’Auxerrois (1768 -1780) puis de Notre-Dame de Paris (1780 – 1790)
  • Pendant la communion : Ad cœnam Agni providi – hymne du temps pascal à vêpres, texte de saint Nicetas de Remesiana (Vème siècle) – plain-chant et alternances d’orgue – versets de Jehan Titelouze (1563 † 1633), organiste de la cathédrale de Rouen
  • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite missa est I
  • Au dernier Evangile : Regina cœli – mise en polyphonie d’après Charles de Courbes (1622)
  • Procession de sortie : Cantilène pascale O filii et filiæ – mélodie du XIIIème siècle, paroles de Jehan Tisserant (XVème siècle), harmonisation Henri de Villiers
  • Télécharger le livret de cette messe au format PDF.
    Télécharger le livret des chants des dimanches de la Septuagésime aux Rameaux au format PDF.

    Bénédiction des œufs de Pâques

    Dans l’ancienne discipline de l’abstinence quadragésimale, la consommation des œufs, comme de toute nourriture d’origine animale, était suspendue pendant tout le Carême et reprenait donc à Pâques. Beau symbole de la vie, l’œuf devint tout naturellement un symbole de la résurrection du Christ chez les chrétiens. Dès le IVème siècle, en Orient, les chrétiens apportaient des œufs à l’église à Pâques pour les faire bénir.

    Comme l’apparition de la Benedictio ovorum (bénédiction des œufs de Pâques) dans les livres liturgiques latins semble dater du XIIème siècle, il se pourrait que la large diffusion de cet usage en Occident soit une conséquence directe des Croisades. On sait ainsi que le roi Edouard Ier d’Angleterre (1239 † 1307), qui avait pris la Croix le 24 juin 1268 et participé aux VIIIème & IXème croisades, avait fait recouvrir de feuilles d’or 450 œufs pour Pâques 1290, qu’il fit distribuer comme présents aux membres de la famille royale & aux familiers de sa cour. Très tôt, comme en Orient, les œufs sont peints et décorés en Occident (Rabelais y fait même allusion). La couleur qui revient le plus souvent dans les textes à partir du XVIème siècle est le rouge mais on note aussi le vert, le noir ou le bleu. La Satyre Ménippée, rédigée à l’occasion de la tenue des états généraux convoqués à Paris le 26 janvier 1593 par le duc de Mayenne, chef de la Ligue hostile à Henri IV, dans le but d’élire un roi catholique, indique qu’on avait interdit la vente des œufs de Pâques dans les rues de Paris (une chose bénite ne se vend pas).

    Ce Samedi Saint, pendant que les femmes de la Schola Sainte Cécile répétaient pour leur concert du lundi de Pâques à Luxeuil, les chantres se sont mis à la réalisation des œufs de Pâques. En voici le résultat :

    Bénédiction des œufs de Pâques à Paris

    Les œufs ont été bénis à la fin de la Vigile Pascale & distribués aux paroissiens de Saint-Eugène – Sainte-Cécile.

    Voici l’oraison de la bénédiction des œufs de Pâques au Rituel Romain, titre VIII, chapitre 14, inchangée depuis le XIIème siècle :

    Subvéniat, quæsumus, Dómine, tuæ bene†dictiónis grátia huic ovórum creatúræ : ut cibus salúbris fiat fidélibus tuis, in tuárum gratiárum actióne suméntis, ob resurrectiónem Dómini Jesus Christi : Qui tecum vivit & regnat in sæcula sæculórum. Amen.

    Que vienne, Seigneur, la grâce de ta bénédiction sur cette créature que sont les œufs. Qu’elle soit un aliment salutaire à tes fidèles, qui les consommeront pour te rendre grâce de la résurrection de notre Seigneur Jésus-Christ. Qui avec toi vit & règne pour les siècles des siècles.

    Petit reportage photo sur la réalisation des œufs sur la page Facebook de la Schola Sainte Cécile.

    Programme du dimanche de Pâques

    Saint-Eugène, le dimanche 8 avril 2012, grand’messe de 11h.

    Schola Sainte Cécile & ensemble de cuivres Hexactus

  • Procession d’entrée : Air pour la Paix, de Jean-Baptiste de Lully (1633 † 1687), maître de la musique du roi Louis XIV
  • A l’aspersion : reprise de l’antienne Vidi aquam sur un faux-bourdon de Mgr Louis Lazare Perruchot (1852 † 1931), maître de chapelle de Saint-François-Xavier à Paris et de la cathédrale de Monaco
  • Kyrie & Gloria : de la Messe pour le Samedy de Pasques (H. 8) de Marc-Antoine Charpentier (1643 † 1704), maître de la musique de la Sainte Chapelle
  • Hæc dies – polyphonie de Ludovico Grossi da Viadana (1564 † 1627), maître de chapelle de la cathédrale de Mantoue
  • Prose Victimæ paschali laudes : harmonisation du rythme traditionnel par Mgr Jehan Revert, maître de chapelle émérite de Notre-Dame de Paris
  • Credo de la messe royale du Ier ton d’Henry du Mont (1610 † 1684), maître de la chapelle du roi Louis XIV, organiste de Saint-Paul et du duc d’Anjou
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Prélude pour O filii (H. 511) de Marc-Antoine Charpentier – Cantilène pascale O filii et filiæ – mélodie du XIIIème siècle, paroles de Jehan Tisserant (XVème siècle), harmonisation Henri de Villiers
  • Pendant la communion : Dextera Domini – offertoire pour le jour de Pâques sur le texte de l’offertoire de l’ancien rit parisien – César Franck (1822 † 1890), organiste & maître de chapelle de la basilique Sainte-Clotilde – Psaume 117, 16-17
  • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite missa est pascal
  • Au dernier Evangile : Symphonie devant Regina cœli (H. 509) de Marc-Antoine Charpentier
    Regina cœli – mise en polyphonie d’après Charles de Courbes (1622)
  • Procession de sortie : « La Résurrection » – Cantate de Pâques du chanoine Nicolas-Mammès Couturier (1840 † 1911), maître de chapelle de la cathédrale de Langres
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    Programme de la Vigile pascale

    Résurrection de la cathédrale de Fribourg

    Saint-Eugène, le Samedi Saint 7 avril 2012, vigile pascale de 21h00.
    Répétition pour les choristes à 16h30.

  • Traits en plain-chant
  • Au retours des fonts baptismaux: Tibi laus perennis, Auctor – « l’hymne du retour des fonts » des manuscrits de l’antique liturgie parisienne – texte de saint Venance Fortunat (c. 535 † c. 601), évêque de Poitiers.
  • Kyrie & Gloria : Messe pour le Samedy de Pasques (H. 8) de Marc-Antoine Charpentier (1643 † 1704), maître de la musique de la Sainte Chapelle
  • Offertoire : O filii et filiæ – offertoire d’orgue pour le Samedy de Pâques – Jean-François d’Andrieu (1682 † 1738), organiste de Saint-Barthélémy et du Roi à Versailles
  • Sanctus & Benedictus : Messe pour le Samedy de Pasques (H. 8) de Marc-Antoine Charpentier
  • Pendant la communion : Regina cœli de Giovanni Battista Riccio († c. 1621), organiste de Saint-Jean-L’Evangéliste à Venise
  • Au dernier évangile : Regina cœli – mise en polyphonie d’après Charles de Courbes (1622)
  • Procession de sortie : Cantilène pascale O filii et filiæ – mélodie du XIIIème siècle, paroles de Jehan Tisserant (XVème siècle), harmonisation Henri de Villiers.
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    Programme du Vendredi saint

    Crucifixion tirée d

    Saint-Eugène, le Vendredi Saint 6 avril 2012, office des présanctifiés de 19h.
    Répétition à compter de 18h30.

  • Procession d’entrée en silence
  • Traits : Faux-bourdon du 2nd ton à l’usage de l’Eglise de Paris (édition de 1739)
  • Passion de Notre Seigneur-Jésus-Christ selon Jean – Répons de la Synagogue en polyphonie – Henri de Villiers
  • Découvrement de la croix : Antienne Ecce lignum
  • Pendant l’adoration de la croix :
  • – Premiers impropères : polyphonie de Thomas Luis de Victoria (1540 † 1611), maître de chapelle de l’impératrice Marie
    – Seconds impropères : Popule meus sur une polyphonie du R.P. Jean-Baptiste Geoffroy, s.j. (1601 † 1675), maître de musique de la maison professe des jésuites à Paris
    – Crucem tuam de František Picka (1873 † 1918), organiste, chef d’orchestre et compositeur à Prague
    – Crux fidelis en plain-chant

  • A la procession ramenant le Saint Sacrement : Vexilla Regis prodeunt – hymne du temps de la Passion, composé au VIème siècle par Saint Venance Fortunat lors de la susception à Poitiers des reliques de la vraie Croix par la reine de France Sainte Radegonde – mise en polyphonie d’Anthoine de Bertrand (1530 † 1581)
  • Pendant la communion : Répons tirés de l’office des Ténèbres – polyphonie du Padre Martini (1704 †1784) :
    – Sicut ovis ad occissionem
    – Jerusalem, surge
    – Recessit pastor noster
    – Æstimatus sum
    – Sepulto Domino
  • Procession de sortie : Au sang qu’un Dieu va répandre – cantique sur un texte de François de Salignac de La Mothe-Fénelon (1651 † 1715), archevêque de Cambrai, de l’Académie française – mélodie d’Amédée Gastoué – harmonisation Henri de Villiers
  • Les Présanctifiés seront suivis de l’Office des Ténèbres du samedi saint
    (après une courte pause)

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    Un héritage commun de l’Orient & de l’Occident au Jeudi Saint

    Le Jeudi Saint, le rit byzantin comme le rit ambrosien partagent la même organisation pour célébrer le mémorial du dernier Souper de Notre Seigneur : tous deux commencent par chanter les vêpres, sur lesquelles se greffent ensuite la messe. Le rit Romain, fidèle à un principe qui lui est propre durant toute l’année, dit les vêpres de ce jour immédiatement après la messe. Dans beaucoup d’usages médiévaux du rit romain (c’est le cas par exemple du vieux rit parisien), les vêpres étaient chantée à la communion de la messe du Jeudi Saint, la postcommunion servant d’oraison conclusive pour les vêpres.

    La pièce majeure de la Divine Liturgie byzantine de ce jour est la grande entrée chantée durant l’offertoire (et reprise à la communion):

    Τοῦ Δείπνου σου τοῦ μυστικοῦ, σήμερον Υἱὲ Θεοῦ, κοινωνόν με παράλαβε· οὐ μὴ γὰρ τοῖς ἐχθροῖς σου τὸ Μυστήριον εἴπω, οὐ φίλημά σοι δώσω, καθάπερ ὁ Ἰούδας, ἀλλ’ ὡς ὁ Λῃστὴς ὁμολογῶ σοι. Μνήσθητί μου Κύριε, ὅταν ἔλθῃς ἐν τῇ Βασιλείᾳ σου. Aλληλούια, αλληλούια, αλληλούια.

    A ta Cène mystique, fais-moi participer en ce jour, ô Fils de Dieu. Je ne révèlerai pas ton mystère à tes ennemis ; je ne te donnerai pas un baiser comme Judas ; mais avec le larron, je te confesserai. Souviens-toi de moi, Seigneur, quand tu viendras dans ton Royaume. Alléluia, alléluia, alléluia.

    Cette même pièce a été traduite depuis une haute époque pour la messe ambrosienne de ce jour, & utilisée à la même place (sans le triple Alleluia final & en rendant μυστικοῦ par mirabili, admirable :

    Cœnæ tuæ mirábili hódie, Fílius Dei, sócium me áccipis. Non enim inimícis tuis mystérium dicam: non tibi dabo ósculum, sicúti et Judas: sed sicut latro confiténdo te. Meménto mei, Dómine, in regno tuo.

    Il ne faut pas se laisser abuser par le titre de cette pièce de la liturgie ambrosienne : l’Antiphona post Evangelium est en fait chantée au début de l’offertoire. En voici la musique :

    Dans les paroisses byzantines russes, l’une des plus belles mises en musique de cette pièce est celle – somptueuse – réalisée par Alexei Lvov (1799 † 1870), qui succéda à son père en 1837 comme maître de la Chapelle Impériale de Saint-Pétersbourg.

    *

    En fait, « A ton mystique banquet » n’est pas le seul offertoire du rit byzantin à avoir été en usage en Occident.

    Pendant la grande entrée (l’équivalent donc de l’offertoire dans la liturgie latine), le rit byzantin n’utilise pendant l’année que quatre pièces différentes. La grande entrée du Samedi Saint, probablement la plus anciennes d’entre elles, provient de l’antique & vénérable liturgie de saint Jacques :

    Que toute chair humaine fasse silence, et se tienne dans la crainte & le tremblement. Qu’elle éloigne toute pensée terrestre. Car le Roi des Rois & le Seigneur des Seigneurs s’avance, afin d’être immolé et se donner en nourriture aux fidèles. Les chœurs angéliques le précèdent, avec toutes les principautés, les puissances, les chérubins aux innombrables yeux & les séraphins aux six ailes, se voilant la face & chantant : Alléluia, alléluia, alléluia.

    Selon certains chercheurs, cette pièce a été connue et peut-être utilisée par les rits gallicans, après la légation byzantine de 567, lorsque l’empereur de Constantinople donna une part de la Vraie Croix à la reine de France sainte Radegonde, pour son monastère de l’année.

    Le Jeudi Saint, la grande entrée chantée, est, nous l’avons vu, « A ta Cène mystique », utilisée donc également par le rit ambrosien.

    Le reste de l’année, à l’exception des liturgies des Présanctifiés, la grande entrée byzantine est le fameux chant des chérubins, qui a été ajouté à la divine liturgie par l’empereur Justin II (565 – 578) :

    Nous qui, mystiquement, représentons les chérubins, & chantons l’hymne trois fois sainte à la vivifiante Trinité, déposons maintenant tous les soucis du monde. Pour recevoir le Roi de toutes choses, invisiblement porté par les anges, alléluia, alléluia, alléluia.

    Au Moyen-Age, ce chant fut chanté en latin à l’offertoire de la messe romaine – entre autres – à l’Abbaye royale de Saint-Denis, nécropole des rois de France.

    *

    En ces jours les plus saints de notre salut, s’il vous plait, merci de ne pas oublier de prier pour l’unité de l’Eglise, comme le fit Notre Seigneur lui-même en cette nuit, lorsqu’il pria pour que tous soient un.

    VT VNVM SINT.

    Programme du Jeudi saint

    Cène tirée d

    Saint-Eugène, le jeudi 5 avril 2012, messe solennelle de 21h00.
    Répétition à 20h pour les hommes, 20h30 pour les femmes.

    La messe du Jeudi Saint a une importance toute particulière, c’est la solennité commémorative de la dernière Cène qui est aussi la première messe. A Rome, la station est aujourd’hui en l’Archibasilique du Très-Saint-Sauveur (Saint-Jean de Latran), l’église cathédrale du Pape, père de la chrétienté.

    Procession du Très-Saint Sacrement au tombeau, après la messe du Jeudi Saint - gravure de PicardLa liturgie de cette messe est tout à fait saisissante et touchante, elle présente en effet une double impression, une impression de joie et une impression de tristesse. C’est d’abord une impression de joie. L’autel est orné ; la croix du maître-autel est voilée de blanc ; le prêtre monte à l’autel en ornements blancs ; on chante le joyeux Gloria qu’on n’a pas entendu depuis longtemps ; pendant le Gloria, on sonne, pour la dernière fois, les cloches. Ensuite, les cloches se taisent. Sur cette fête joyeuse, qui est consacrée à l’institution du Sacrement de l’autel, s’étend soudain alors un voile de profonde tristesse : l’Eglise participe alors à la déréliction & à l’agonie de son Maître au Jardin des Oliviers.

    Programme du dimanche des Rameaux

    Saint-Eugène, le dimanche 1er avril 2012, grand’messe de 11h.
    La répétition du samedi 16 mars est précédée du chant des premières vêpres des Rameaux selon l’usage de Paris.

  • Avant la bénédiction des rameaux : antienne Hosanna Filio David
  • Pendant la distribution des rameaux : antiennes Pueri Hebræorum
  • Procession des Rameaux : Antiennes processionnelles : Cum appropinquaret Dominus – Cum audisset – Ante sex dies – Occurrunt turbæ – Cum Angelis – Turba multa
  • Station devant les portes de l’église : Hymne de Théodulphe, évêque d’Orléans (IXème siècle) : Gloria laus
  • Ouverture de la porte de l’église : dialogue Attollite portas entre les chantres & le célébrant
  • Entrée processionnelle dans l’église : répons Ingrediente Domino
  • Kyrie XVII – Kyrie Salve
  • Trait : Faux-bourdon du 2nd ton à l’usage de l’Eglise de Paris (édition de 1739)
  • Passion de Notre Seigneur-Jésus-Christ selon Matthieu – Répons de la Synagogue en polyphonie – Henri de Villiers
  • Credo I
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Eram quasi agnus innocens (Matthieu, 26, 40 & Luc 22, 46) – second répons du troisième nocturne des Ténèbres du Jeudi Saint – polyphonie du Padre Giovanni Baptista Martini, o.f.m. (1704 †1784), maître de chapelle et organiste du couvent franciscain de Bologne – Ce répons sera rechanté par la Schola au cours des Ténèbres de cette Semaine Sainte
  • Sanctus XVII
  • Après la Consécration : O Salutaris sur le ton de Vexilla Regis prodeunt, d’après Antoine de Bertrand
  • Agnus Dei de la messe Exultate Deo de François Cosset (c. 1610 † c. 1664), maître de chapelle des cathédrales de Laon, Reims et Paris
  • Pendant la communion : Troisième Lamentation du Prophète Jérémie (3, 1-9) tirée de l’office des Ténèbres du Vendredi Saint – mise en musique de Michel-Richard de Lalande (1657 † 1726), maître de la chapelle des rois Louis XIV & Louis XV – traduction de l’Abbé de Bellegarde (1772)
  • Prière pour la France – faux-bourdon parisien du VIIIème ton (édition de 1739)
  • Ite missa est XV
  • Au dernier Evangile : Ave Regina cœlorum
  • Procession de sortie : Au sang qu’un Dieu va répandre – cantique sur un texte de François de Salignac de La Mothe-Fénelon (1651 † 1715), archevêque de Cambrai, de l’Académie française – mélodie d’Amédée Gastoué – harmonisation Henri de Villiers
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