Guillaume Bouzignac (Attr.) – Beata nobis gaudia / Ignis vibrante lumine – hymne de la Pentecôte

Attribuable à Guillaume Bouzignac (c. 1587 † ap. 1643), maître de chapelle des cathédrales d’Angoulême, de Bourges, de Rodez, de Clermont-Ferrand & de la collégiale Saint-André de Grenoble.
Beata nobis gaudia / Ignis vibrante lumine – alternances polyphoniques de l’hymne de la Pentecôte
5 voix mixtes (SATTB).
4 pages – Ré mineur.

Le manuscrit Deslauriers (Bnf Vma ms 571) contient de très nombreuses compositions musicales du XVIIème siècle, pour la plupart anonymes, seules certaines pièces comportent parfois une brève mention du nom de l’auteur. La critique interne a permis malgré tout d’en attribuer un nombre important à Bouzignac d’une part, et à Boesset de l’autre.

Ce manuscrit comporte plusieurs alternances polyphoniques pour les hymnes de l’office divin. L’unité stylistique de leur écriture et leur conformité avec celle de Bouzignac incline à lui en attribuer la paternité.

C’est le cas pensons-nous de ces très belles alternances pour les strophes paires de l’hymne de la Pentecôte – Beata nobis gaudia – dont le texte fut rédigé au IVème par saint Hilaire de Poitiers. L’écriture est à cinq parties, mais la Quinta pars est probablement une taille soliste qui lance les réponses du chœur, vers par vers, un peu à la manière d’un « canonarque » russe.

La musique de ces alternances polyphoniques est du Ier ton ecclésiastique, aussi complétons-nous les strophes impaires avec un plain-chant parisien pour cet hymne, du Ier ton.

1. Beáta nobis gáudia
Anni redúxit órbita,
Cum Spíritus Paráclitus
Effúlsit in discípulos.
C’est une bienheureuse joie
Que le cours de l’année nous ramène,
Quand l’Esprit Paraclet
Fulgura sur les disciples.
2. Ignis vibránte lúmine
Linguæ figúram détulit,
Verbis ut essent próflui,
Et caritáte férvidi.
Il répandit de vibrants rais de feu
Sous la forme de langues
Afin qu’ils fussent prodigues en paroles
Et débordants d’amour.
3. Linguis loquúntur ómnium,
Turbæ pavent Gentílium :
Musto madére députant
Quos Spíritus repléverat.
Ils parlent toutes les langues,
Etonnant la foule des Gentils ;
Lesquels croient ivres d’un vin nouveau
Ceux que l’Esprit a remplis.
4. Patráta sunt hæc mystice,
Paschæ perácto témpore,
Sacro diérum número,
Quo lege fit remíssio.
Cela fut accompli
Quand s’acheva le temps de Pâques
Cycle de cinquante jours qui figurent
Mystiquement le jubilé de la Loi.
5. Te nunc Deus piíssime
Vultu precámur cérnuo,
Illápsa nobis cœlitus
Largíre dona Spíritus.
Et maintenant, Dieu très bon,
Nous te prions, en prosternant nos faces,
De nous dispenser les dons de l’Esprit
Que tu répandis depuis les cieux.
6. Dudum sacráta péctora
Tua replésti grátia :
Dimítte nostra crímina,
Et da quiéta témpora.
Tu emplis jadis leurs cœurs
De ta sainte grâce ;
Remets-nous nos crimes
Et donne-nous des temps paisibles.
7. Glória Patri Dómino,
Natóque, qui a mórtuis
Surréxit, ac Paráclito,
In sæculórum sæcula. Amen.
Gloire au Seigneur : au Père
Et au Fils, qui des morts
Est ressuscité, et au Paraclet,
Dans les siècles des siècles. Amen.

Les premières mesures de cette partition :

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Ignis vibrante lumine dans le manuscrit Deslauriers.