Programme du XVème dimanche après la Pentecôte

Saint-Eugène, le dimanche 1er septembre 2013, grand’messe en rit romain traditionnel de 11h.

La résurrection du fils de la veuve de Naïm.

« Une mère, veuve, fut dans la joie lors de la résurrection de ce jeune homme. Une mère, l’Église, est dans la joie chaque jour lors de la résurrection spirituelle des hommes. Celui-là était mort dans son corps mais ceux-ci, dans leur âme. La mort visible était pleurée par des larmes visibles. Quant à la mort invisible, nul n’en prenait souci, nul ne l’apercevait, Celui-là qui connaissait les morts prit souci d’eux. Celui-là seul connaissait les morts qui pouvait les rendre à la vie. S’il n’était pas venu pour ressusciter les morts, l’Apôtre ne dirait pas : « Éveille-toi, toi qui dors, lève-toi d’entre les morts, et sur toi luira le Christ » ». Homélie de saint Augustin, évêque, VIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

  • Procession d’entrée : Tout l’univers est plein de sa magnificence – Chœur du premier acte d’Athalie (1691), tragédie de Jean Racine (1639 † 1699), musique de Jean-Baptiste Moreau (1656 † 1733)
  • Propre grégorien du jour – Kyriale : Missa XI Orbis factor
  • Credo I
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Pendant les encensements de l’offertoire, chant du Dirigatur du Vème ton – faux-bourdon parisien (édition de 1739)
  • A l’élévation : Après la Consécration : O vere digna Hostia de Mathieu Gascongne, chantre de la chapelle de François Ier
  • Pendant la communion : Tantum ergo sacramentum « mozarabe » – Sur le plain-chant des livres de Tolède – Tomás Luis de Victoria (1548 † 1611), maître de chapelle aux Descalzas Reales de Madrid
  • Prière pour la France, faux-bourdon parisien du Ier ton (d’après l’édition de 1739)
  • Ite missa est XI
  • Après le dernier Evangile : Sub tuum præsidium
  • Procession de sortie : O vous qui sur terre n’aspirez qu’au ciel
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    Iconographie & les 3 leçons des nocturnes de ce dimanche, sur notre page Facebook.

    Mathieu Gascongne – O vere digna Hostia

    Mathieu Gascongne (avant 1502 † 1552), chantre de la chapelle royale de François 1er en 1517-1518, prêtre du diocèse de Meaux, chapelain de Sainte-Marie-Madeleine de Tours.
    O vere digna Hostia
    Texte du roi Louis XII – 4 voix mixtes (SATB).
    2 pages – Fa Majeur.

    Ce O vere digna Hostia est tiré d’un motet plus long de Gascongne, Caro mea vere est cibus, dont il constitue la dernière partie, & qui fut publié par Pierre Attaignant en 1534. Le roi Louis XII, à la suite d’un vœu fait au cours des guerres d’Italie alors qu’il était en difficulté, composa ce texte, s’inspirant de l’une des strophes de l’hymne de Pâques Ad cœnam Agni providi. Il voulu le faire chanter à l’élévation de toutes les messes hautes du Royaume, conjoint à la strophe O salutaris Hostia qui avait été réglé à cette place par le roi Charles V. Cette décision fur entérinée par l’Assemblée du clergé de 1512. Le motet de Gascongne est donc probablement postérieur à cette date.

    On ne sait que peu de choses sur Mathieu Gascongne, qui parait avoir été lié tôt à la Cour de France. Il aurait composé des motets pour le sacre de François Ier en 1515. Certains le font maître de chapelle de la cathédrale de Cambrai. Il a laissé neuf messes, des motets à 4 voix, 2 magnificat & des chansons à 3 voix. Adrien Willaert, fondateur de l’école de Venise, le tenait en très haute estime. Sa musique est typique du style polyphonique français du début du XVIème siècle. Son contrepoint use souvent du dialogue entre voix, qui peut-être annonce les motets à double chœur de la fin du XVIème siècle (qui seront justement un fleuron de Venise).

    Les premières mesures de cette partition :
    Mathieu Gascongne - O vere digna hostia