Programme du XVIIIème dimanche après la Pentecôte – saint Cyriaque – ton 1

saint Cyriaque l'anachorèrte - fresque du monastère saint Paul du Mont-Athos datée de 1552Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 12 octobre 2014 du calendrier grégorien – 29 septembre 2014 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton I de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour notre vénérable Père saint Cyriaque l’Anachorète.

Saint Cyriaque naquit à Corinthe le 9 janvier 448 sous le règne de Théodose II le Jeune, d’un prêtre de cette Eglise nommé Jean et de son épouse Eudoxie. Il fut ordonné lecteur encore enfant par son oncle Pierre, évêque de cette ville. La lecture des Saintes Ecritures éveilla dans son cœur le désir de Dieu. Alors qu’il n’avait pas 18 ans, Cyriaque entendit au cours d’un office ce passage de saint Matthieu :

« Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à soi-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive. » (Matthieu XVI, 24).

Violemment bouleversé, sans même rentrer chez lui, Cyriaque quitte immédiatement Corinthe et s’embarque par le premier navire partant pour la Palestine. Ayant visité les Lieux Saints, il passe quelques mois dans un monastère près de Jérusalem gouverné par un certain Abba Eustorge. Avec la bénédiction de celui-ci, il rejoint le désert de la Grande Laure fondé par saint Euthyme le Grand.

Euthyme lui confère la tonsure monastique et l’envoie dans la laure tenue par son disciple saint Gérasime près du Jourdain.

Notre jeune moine suivait diligemment l’obéissance monastique, priait avec ferveur, dormait peu, jeûnait beaucoup. Cyriaque s’acquittait de sa tâche de cuisinier et progressait si rapidement dans les saintes vertus ascétiques et dans la prière que saint Gérasime le prit en affection et choisit de l’emmener avec lui prier chaque année dans le désert de Rouba, depuis la clôture de la Théophanie jusqu’au dimanche des Palmes. C’est de là que Gérasime eut la révélation du départ pour le ciel de l’âme de Saint Euthyme, et qu’il partit avec Cyriaque pour ensevelir son corps.

Après la mort de saint Gérasime et désormais âgé de 27 ans, Cyriaque rejoignit la laure fondée par saint Euthyme. Il y demeura quelque temps dans la solitude, tout en favorisant la transformation de cette laure en cœnobium. A l’âge de 37 ans, il fut ordonné diacre.

Mais la charité s’étant refroidie parmi les moines, il advint que le monastère fondé par saint Euthyme entra dans des querelles continuelles avec celui qu’avait fondé saint Théoctiste, situé un peu plus bas. Fuyant le scandale et le trouble, Cyriaque partit s’installer dans la laure de saint Chariton à Soukas, où il fut reçu comme simple postulant et traité comme un débutant, ce que notre saint accepta avec grande humilité.

Parvenu à l’âge de 40 ans, il fut ordonné prêtre et prit la charge de skevophylax (sacristain, responsable du trésor & de l’organisation matérielle des offices et des liturgies). Il fut aussi nommé canonarque (c’est-à-dire premier chantre) de sa communauté. Il devait avoir un talent musical certain car il conserva longtemps cette charge. Dans le canon de sa fête, rédigé deux siècles après par saint Etienne le Sabbaïte, il y est décrit comme « chantant harmonieusement dans les vigiles. » Saint Cyriaque dut composer un certain nombre de compositions pour l’office divin, il n’en reste qu’un kondakion de 14 oiki incomplet qui chante la résurrection de Lazare, identifié par le Père S. Pétridès.

Pendant toutes ces années, le bienheureux ne se mit pas une seule fois en colère et le soleil ne le vit jamais prendre sa nourriture. Parvenu à l’âge de 70 ans, il se retira pour vivre en anachorète avec un disciple nommé Jean dans le désert de Natouphas, souffrant là toutes sortes de tourments pour l’amour du Christ et ne se nourrissant que d’oignons sauvages et d’herbes que Dieu, à la prière du saint, avait miraculeusement privés de leur amertume. Comme un grand nombre de fidèles & aussi de moines accouraient de toutes parts vers cette retraite, les uns pour être délivrés d’esprits mauvais, les autres pour entendre une parole de salut, Cyriaque dut, quoique âgé de 90 ans, partir pour des lieux de plus en plus reculés, le dernier d’entre eux s’appelait Sousakim.

Saint Cyriaque dut cependant quitter son désert de Sousakim pour intervenir dans les monastères palestiniens afin d’y affermir la foi des moines qui était alors égarée par les Origénistes. Il reçut aussi une vision de la Vierge Marie qui lui apparut avec saint Jean Baptiste et saint Jean l’Evangéliste : la Vierge refusait d’entrer dans sa cellule car il s’y trouvait un livre contenant les discours hérétiques de Nestorius.

A l’âge de 99 ans, Cyriaque put revenir dans sa solitude de Sousakim, où il vécut seul avec un énorme lion apprivoisé qui veillait sur son petit jardin et le protégeait des brigands. Le lion recevait sa nourriture de la main de saint Cyriaque. Notre saint mourut le 29 septembre 556 à l’âge avancé de 109 ans, après avoir convoqué & béni ses disciples.

La Vie de saint Cyriaque fut rédigée de façon très détaillée par Cyrille de Scythopolis qui fut témoin de plusieurs de ses prophéties et de leur accomplissement. Une traduction française en fut réalisée par le R.P. Festugière, op, et publiée aux Editions du Cerf en 1963.

Aux heures
A tierce & à sexte : Tropaire du dimanche, ton 1. Gloire au Père. Tropaire du vénérable Père. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche.

Tropaires des Béatitudes : 6 tropaires du dimanche, ton 1, & 4 tropaires de la 3ème ode du canon du vénérable Père :
1. Du Paradis l’Ennemi fit chasser Adam * lorsqu’il eut mangé le fruit défendu, * mais par la croix le Christ y fit entrer le bon Larron qui lui criait : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Je me prosterne devant ta Passion * et je glorifie ta sainte Résurrection ; * avec Adam & le bon Larron * je te crie : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
3. Librement, Seigneur sans péché, * tu as souffert la croix & la mise au tombeau ; * mais, comme Dieu, tu es ressuscité, * faisant surgir avec toi * Adam qui s’écrie : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
4. Le temple de ton corps, tu l’as relevé * du tombeau le troisième jour ; * avec Adam, ô Christ notre Dieu, * tu as ressuscité le genre humain, * qui chante : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
5. A ton sépulchre se rendirent de bon matin * les Myrrophores tout en larmes, ô Christ notre Dieu : * elles y trouvèrent un Ange vêtu de blanc, * assis sur la pierre et disant : Que cherchez-vous ? ** Le Christ est ressuscité, ne pleurez plus.
6. Sur la montagne que tu leur avais indiquée * tes Apôtres arrivèrent, Seigneur ; * et, lorsqu’ils te virent, Sauveur, * ils se prosternèrent devant toi ; * vers les nations tu les envoyas ** pour les instruire et baptiser.
7. Sans tarder, tu pris le chemin de la vie ; * dès l’enfance, Vénérable, en effet * tu aimas ton Créateur; * ayant soif de lui, tu le cherchas ** comme un cerf accourant vers la source des eaux.
8. Les ayant, Père admirable, reçus * gravés sur les tables de ton cœur * par le doigt de l’Esprit saint, * comme un livre animé tu gardas ** activement les vivants préceptes du Christ.
9. Vénérable Père, tu maîtrisas * par le jeûne les appétits de l’estomac * et, mortifiant les voluptés sensuelles, ** tu conservas la pureté * tout au long de ta vie.
10. Dans l’allégresse, pour la Trinité * tu fis de toi un temple doué de raison, * ayant purifié ton corps et ton esprit, * Père trois fois heureux, et tu devins ** l’habitacle de la lumière au triple feu.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 1 : La pierre scellée par les Juifs, * et ton corps très pur gardé par les soldats, * Tu ressuscites le troisième jour, ô Sauveur, * donnant la vie au monde. * C’est pourquoi les vertus célestes te crient, ô Donateur de vie : * « Gloire à ta résurrection, Christ, * Gloire à ton royaume ! ** Gloire à ton économie, seul Ami de l’Homme ! »
2. Tropaire du vénérable Père, ton 1 : Le désert fut ta cité, dans la chair tu fus un Ange, * tes miracles te signalèrent, Père Cyriaque porteur-de-Dieu; * par le jeûne, les veilles et l’oraison * tu as reçu les charismes du ciel * pour guérir les malades et les âmes des fidèles qui accourent vers toi. * Gloire à celui qui t’a donné ce pouvoir, * gloire à celui qui t’a couronné, ** gloire à celui qui opère en tous, par tes prières, le salut.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion du vénérable Père, ton 8 : En ton honneur, comme invincible et puissant protecteur, * la sainte Laure qui te vénère chaque jour * fête aujourd’hui ton souvenir annuel. * Par le crédit que tu possèdes auprès du Seigneur * garde-nous des ennemis qui fondent sur nous, * afin que nous puissions te chanter : ** Bienheureux Père, réjouis-toi.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion du dimanche, ton 1 : Ressuscité du tombeau dans la gloire divine, * tu as ressuscité le monde avec toi ; * la nature humaine te chante comme Dieu, * la mort s’évanouit, * Adam jubile, Seigneur, * & Eve, désormais libérée de ses liens, * proclame dans l’allégresse : ** O Christ, c’est toi qui accordes à tous la résurrection.

Prokimen
1. Du dimanche, ton 1 :
R/. Que ta miséricorde soit sur nous, Seigneur, * selon l’espérance que nous avons mise en toi. (Psaume 32, 22).
V/. Justes, exultez dans le Seigneur, aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1).
[du vénérable Père, ton 7 :
R/. Elle a du prix aux yeux du Seigneur, la mort de ses serviteurs (Psaume 115, 5).]

Epîtres
Du dimanche : II Corinthiens (§ 188) IX, 6-11.
Or je vous avertis que celui qui sème peu, moissonnera peu ; et que celui qui sème avec abondance, moissonnera aussi avec abondance.
[Du vénérable Père : Galates (§ 213) V, 22 – VI, 2.]

Alleluia
Du dimanche, ton 1 :
V/. C’est Dieu qui me donne les vengeances & prosterne les peuples sous moi (Psaume 17, 48).
V/. Il multiplie pour son roi les délivrances et montre de l’amour pour son Christ (Psaume 17, 51).
[Du vénérable Père :
V/. Bienheureux l’homme qui craint le Seigneur, et qui a une grande affection pour ses commandements (Psaume 111, 1).]

Evangiles
Du dimanche : Luc (§ 26) VI, 31-36.
Soyez donc pleins de miséricorde, comme votre Père est plein de miséricorde.
[Du vénérable Père : Luc (§ 24) VI, 17-23.]

Versets de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
Du vénérable Père : La mémoire du juste sera éternelle (Psaume 111, 6). Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme du XVème dimanche après la Pentecôte – saints Anthime & Théoctiste – ton 6

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 16 septembre 2012 du calendrier grégorien – 3 septembre 2012 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton VI de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour le saint hiéromartyr Anthime, évêque de Nicomédie. Dioclétien inaugura sa grande persécution le 23 février 303 par un premier édit. Le second édit, publié un peu plus tard, visait plus particulièrement l’arrestation des évêques de l’Eglise. Saint Anthime, évêque de la ville de Nicomédie où résidait Dioclétien, fut une des premières victimes, avec un grand nombre de clercs et de fidèles. Il eut la tête tranchée. Saint Anthime est fêté le 27 avril en Occident. Voici la notice que lui consacre le Martyrologe romain :

A Nicomédie, l’anniversaire de saint Anthime, évêque et martyr. Lors de la persécution de Dioclétien, il eut la tête tranchée pour avoir confessé le nom du Christ et obtint ainsi la gloire du martyre. Presque tout son troupeau le suivit : par sentence du juge, les uns furent décapités, les autres livrés aux flammes, d’autres furent mis sur des barques pour être noyés dans la mer.

Nous fêtons aussi en ce 3 septembre notre vénérable Père Théoctiste, compagnon d’ascèse de saint Euthyme le Grand. Tous deux furent les parmi les pionniers du monachisme en Palestine. Ils se rencontrèrent à la laure de Pharan, non loin de Jérusalem, puis s’établirent autour d’une caverne dans le désert de Koutila, près de la Mer Morte, où beaucoup de disciples vinrent les rejoindre. Théoctiste devint leur higoumène et organisa leur vie cénobitique, tandis qu’Euthyme choisissait de garder la vie érémitique à proximité du nouveau monastère. Théoctiste parvint à un grand âge, et tombant soudain gravement malade, il s’endormit en paix dans le Seigneur le 3 septembre 467. Il fut enterré par saint Euthyme, alors âgé de 90 ans, et par le patriarche de Jérusalem Anastase.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 6 : Devant ton sépulcre les Puissances des cieux, * autant que les soldats furent frappés d’effroi ; * et Marie Madeleine se tenait près du tombeau, * cherchant ton corps immaculé ; * mais tu brisas l’Enfer sans te laisser vaincre par lui, * tu rencontras la Vierge et nous donnas la vie. * Ressuscité d’entre les morts, ** Seigneur, gloire à toi.
2. Tropaire du hiéromartyr, ton 4 : Des Apôtres ayant partagé le genre de vie * et sur leur trône devenu leur successeur, * tu as trouvé dans la pratique des vertus * la voie qui mène à la divine contemplation; * c’est pourquoi, dispensant fidèlement la parole de vérité, * tu luttas jusqu’au sang pour la défense de la foi; * Anthime, martyr et pontife inspiré, * intercède auprès du Christ notre Dieu, ** pour qu’il sauve nos âmes.
3. Tropaire du vénérable Père, ton 8 : Par les flots de tes larmes tu as fait refleurir le stérile désert, * par tes profonds gémissements tu fis produire à tes peines cent fois plus, * par tes miracles étonnants tu devins un phare éclairant le monde entier ; ** vénérable Père Théoctiste, prie le Christ notre Dieu, de sauver nos âmes.
4. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
5. Kondakion du vénérable Père, ton 4 : Parmi les prêtres ayant excellé par ta piété, * tu suivis aussi le chemin de notre chair, * Ami des martyrs; * tu as éteint le culte des faux-dieux, * Père saint, et combattu pour défendre ton troupeau; * c’est pourquoi dans l’allégresse il te chante mystiquement: * Délivre-nous de tout danger par tes prières, ** bienheureux Anthime, pontife et martyr.
6. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
7. Kondakion du dimanche, ton 6 : De sa main vivifiante le Seigneur source-de-vie, * le Christ notre Dieu, * a fait surgir tous les morts des ténèbres de l’Enfer, * accordant la résurrection à tout le genre humain ; * il est vraiment notre Sauveur, ** notre vie, notre résurrection et le Dieu de l’univers.

Prokimen
Du dimanche, ton 6 :
R/. Sauve, Seigneur ton peuple, et béni ton héritage (Psaume 27, 9).
V/. Vers Toi, Seigneur, j’appelle : mon Dieu, ne sois pas sourd envers moi (Psaume 27, 1).
Du vénérable Père, ton 7 :
R/. Elle a du prix aux yeux du Seigneur, la mort de ses serviteurs (Psaume 115, 5).

Epître
Du dimanche : II Corinthiens (§ 176) IV, 6-15.
Du hiéromartyr : Hébreux (§ 334) XIII, 7-16.

Alleluia
Du dimanche, ton 6 :
V/. Ton amour, Seigneur, à jamais je le chante, d’âge en âge ma parole annonce ta fidélité (Psaume 88, 2).
V/. Car j’ai dit : l’amour est bâti à jamais, aux cieux tu as fondé ta fidélité (Psaume 88, 3).
Du hiéromartyr
V/. Que tes prêtres soient revêtus de justice, et que tes saints tressaillent de joie (Psaume 131, 9).

Evangile
Du dimanche : Matthieu (§ 92) XXII, 35-46.
Du hiéromartyr : Jean (§ 36) X, 9-16.

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux.
Du vénérable Père : La mémoire du juste sera éternelle (Psaume 111, 6). Alleluia, alleluia, alleluia.