Programme du XIXème dimanche après la Pentecôte – saints Cyprien & Justine – ton 2

Saint Cyprien & sainte JustineParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 15 octobre 2017 du calendrier grégorien, 2 octobre 2017 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton II de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour le saint hiéromartyr Cyprien & la sainte martyre Justine.

Né au IIIème siècle, Cyprien (qu’il faut distinguer du saint évêque de Carthage de ce nom) avait été initié dès sa jeunesse aux mystères païens, à la divination, à la magie & à l’astrologie, principalement à Athènes, puis sur l’Olympe et enfin chez les Chaldéens, où il se lie au diable et met à son service une phalange de démons. Il s’établit ensuite à Antioche (non Antioche la Grande, mais plus vraisemblablement à Antioche de Phénicie, dite aussi Antioche de Pieria, l’actuelle ville-île d’Arouad, en face de Tartous en Syrie) où il exerce en tant que mage occulte. Un jeune païen nommé Aglaïdas à recours à ses services afin de séduire par des charmes magiques la vierge Justine, récemment convertie au christianisme et qui refuse ses avances. Mais Cyprien ne tarde pas lui aussi à tomber sous le charme de Justine, et déploie tous ses arts démoniaques pour tenter de vaincre sa résistance. Mais la foi vaillante de Justine et le signe de la croix suffisent à disperser tous les assauts démoniaques.

Cyprien consulte alors le diable afin de connaître la raison de ces échecs et de le sommer d’intervenir lui-même. Mais le démon lui répond qu’aucun de ses artifices ne réussirait contre les vrais adorateurs du Christ. Impressionné par cette réponse, Cyprien commençe dès lors à regretter les égarements de sa vie passée, et, laissant de côté la magie et reniant le diable, il se convertit pleinement à la foi du Christ, notre Seigneur, et brûle ses anciens livres de magie.

Il reçoit le baptême puis entre dans la hiérarchie ecclésiastique, étant ordonné diacre puis prêtre par l’évêque d’Antioche Anthime et finalement il est sacré évêque de cette ville à la suite d’Anthime.

Martyre de saint Cyprien et de sainte Justine - Ménologue de Basile II

Martyre de saint Cyprien et de sainte Justine – Ménologue de Basile II

Durant une persécution, Cyprien fut arrêté à Antioche, de même que la vierge Justine à Damas. Tous deux furent souffletés et accablés de coups, après quoi on les jeta en prison, dans l’espoir qu’ils renonceraient à leur résolution. Mais lorsque, plus tard, on les en fit sortir, ils se montrèrent fermement décidés à persévérer dans la religion chrétienne ; alors on les plongea dans une chaudière remplie de poix, de graisse et de cire en fusion, mais il résistèrent à ce supplice. Le juge ne sachant que faire, les envoya près de l’empereur à Nicomédie où on finit par les frapper de la hache, en compagnie d’un troisième martyr nommé Théoctiste. Leurs corps abandonnés sans sépulture, demeurèrent six jours dans cet état ; des matelots, durant la nuit, les placèrent secrètement sur leur navire et les portèrent à Rome. Ils furent d’abord ensevelis dans la propriété de Rufine, noble dame romaine de la gens Claudia ; puis transférés dans la Ville même et déposés dans la basilique du Saint-Sauveur (Saint-Jean-de-Latran), auprès du baptistère. Une partie des reliques de saint Cyprien fut apportée ultérieurement à Toulouse où s’élève toujours le quartier Saint-Cyprien (Sant Çubran en occitan).

Saint Cyprien & sainte JustineL’histoire de Cyprien et de Justine nous est connue par diverses sources anciennes : le récit de sa conversion, appelé Confession de saint Cyprien date des environs de l’an 350, il fut complété par celui de son martyre à la fin du IVème siècle ou au début du Vème siècle. En 379, saint Grégoire de Nazianze, le Théologien, prononce une célèbre homélie en l’honneur de saint Cyprien et de sainte Justine, au jour de leur fête, qui cite le texte de la Confession. Au siècle suivant, l’impératrice Eudocie († 460), épouse de Théodose II, écrit plusieurs poèmes consacrés à l’histoire des saints Cyprien & Justine, cite la Confession et apporte des détails supplémentaires sur les circonstances du martyre, et le poète chrétien espagnol Prudence de même consacre à la passion de saint Cyprien le 13ème chapitre de son fameux Peristephanon consacré à la gloire des martyrs.

Les Ménées grecs et certains auteurs médiévaux placent en général la passion de ces saints sous le règne de Dèce et leur martyre à Nicomédie sous Claude II le Gothique. Toutefois l’Abbé Louis-Sébastien Le Nain de Tillemont, se fondant sur le témoignage de premier plan de l’impératrice Eudocie et sur les éléments intrinsèques du récit de la passion de saint Cyprien, parvient à établir avec vraisemblance la date du martyre à Nicomédie à l’automne 304.

Les saints Cyprien et Justine sont fêtés le 26 septembre dans le rit romain traditionnel.

Aux heures
A tierce & à sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du Hiéromartyr. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche.

Tropaires des Béatitudes : 6 tropaires du dimanche, ton 2 et 4 tropaires du canon des saints :
1. Reprenant la prière du bon Larron, * ô Christ, nous te disons : * Souviens-toi de nous, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Ta croix, nous te l’offrons * pour la rémission de nos péchés : * Seigneur, tu l’as supportée ** par amour pour les hommes.
3. Devant ta Sépulture & ta sainte Résurrection, * Maître, nous nous prosternons : * par elles tu rachetas de la corruption, ** Ami des hommes, le monde entier.
4. Seigneur, l’empire de la Mort * par ta mort fut englouti, * & par ta sainte Résurrection, ** Dieu sauveur, tu as sauvé l’univers.
5. Au plus profond de l’Enfer, * lorsqu’ils virent ta clarté, * ceux qui dormaient dans les ténèbres de la mort, ** ô Christ, se levèrent, ressuscités.
6. Ressuscité du tombeau, * tu vins au-devant des Myrophores, * et les Disciples reçurent la mission ** de proclamer ta Résurrection.
7. Comme Paul, convertissant * le désir de ton âme vers le Christ, * très-sage Cyprien, ** tu es devenu son disciple.
8. Au lieu de la tunique des passions * le Christ t’a donné pour son repas nuptial * l’ornement de gloire, le vêtement ** de la seconde naissance.
9. Ayant excellé auparavant * dans l’ascèse, illustre Cyprien, * par la suite tu es devenu ** un stoïque Témoin de la vérité.
10. Hautement nous vénérons en toi, * nous les fidèles, la divine Mère, en vérité, * car tu as enfanté, ** Vierge toute-pure, le Dieu incarné.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 2 : Lorsque tu descendis jusqu’en la mort, * ô Vie immortelle, * l’Enfer fut tué par la splendeur de ta divinité. * Lorsque tu relevas les morts des bas-fonds, * toutes les vertus célestes te clamèrent : * Donateur de vie, Christ Dieu, gloire à toi !
2. Tropaire du Hiéromartyr, ton 4 : Des Apôtres ayant partagé le genre de vie et sur leur trône devenu leur successeur, * tu as trouvé dans la pratique des vertus la voie qui mène à la divine contemplation ; * c’est pourquoi, dispensant fidèlement la parole de vérité, * tu luttas jusqu’au sang pour la défense de la foi; * hiéromartyr Cyprien , * prie le Christ Dieu, ** afin qu’il sauve nos âmes.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion des Saints, ton 3 : Passant de la sorcellerie à la connaissance de Dieu, * O divinement sage, * tu t’es montré un médecin très sage pour le monde, * accordant des guérisons à ceux qui t’honorent, O Cyprien, avec Justine. ** Prie avec elle le Maître Ami des hommes, afin qu’il sauve nos âmes.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion du dimanche, ton 2 : Tu es ressuscité du tombeau, tout-puissant Sauveur : * l’enfer, voyant ce prodige, est saisi de stupeur, * & les morts ressuscitent. * A cette vue, la création se réjouit avec toi ; * Adam s’unit à l’allégresse ** et le monde, ô mon Sauveur, te chante pour toujours.

Prokimen
Du dimanche, ton 2 :
R/. Ma force & mon chant, c’est le Seigneur ; il fut pour moi le salut (Psaume 117, 14).
V/. Il m’a châtié et châtié, le Seigneur, mais à la mort il ne m’a point livré (Psaume 117, 18).
[Des Saints, ton 7 :
R/. Elle a du prix aux yeux du Seigneur, la mort de ses serviteurs (Psaume 115, 5).]

Epîtres
Du dimanche : II Corinthiens (§ 194) XI, 31 – XII, 9.
Ma grâce te suffit : car ma puissance éclate davantage dans la faiblesse. Je prendrai donc plaisir à me glorifier dans mes faiblesses, afin que la puissance du Christ habite en moi.
[Des Saints : I Timothée (§ 280) I, 12–17.]

Alleluia
Du dimanche, ton 2 :
V/. Qu’il te réponde, le Seigneur, au jour d’angoisse, qu’il te protège, le nom du Dieu de Jacob ! (Psaume 19, 1).
V/. Seigneur, sauve le roi, & exauce-nous au jour où nous t’invoquons (Psaume 19, 10).
[Des Saints, ton 2 :
V/. Que tes prêtres soient revêtus de justice, et que tes saints tressaillent de joie (Psaume 131, 9).]

Evangiles
Du dimanche : Luc (§ 26) VI, 31–36.
Traitez les hommes de la même manière que vous voudriez vous-mêmes qu’ils vous traitassent.
[Des Saints : Jean (§ 36) X, 9–16.]

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
[Des Saints : La mémoire du juste sera éternelle (Psaume 111, 6).]
Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme du Vème dimanche après la Pentecôte – saint Eusèbe de Samosate – ton 4

Saint Eusèbe de SamosateParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 5 juillet 2015 du calendrier grégorien – 22 juin 2015 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton IV de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour le saint hiéromartyr Eusèbe de Samosate.

Saint Eusèbe était natif de Samosate (Σαμόσατα), appelée aussi Antioche de Commagène, ville du Nord de la Syrie sur l’Euphrate (la Samsat des Turcs, engloutie sous les eaux du barrage Atatürk créé en 1989) et ancienne capitale du petit royaume de Commagène, absorbé en 72 dans la province romaine de Syrie.

Saint Eusèbe était devenu évêque de sa ville natale de Samosate. On ne sait rien de sa vie avant l’an 361 où il participa au concile d’Antioche réuni pour élire le patriarche de cette ville. Les évêques étaient divisés entre les deux tendances nicéennes & ariennes, et on se résolut à élire saint Mélèce, personnage que les Ariens estimaient faible et indécis et qu’ils pensaient être dans leurs rangs. Le décret canonique de cette élection fut remis à saint Eusèbe de Samosate. Une fois élu, saint Mélèce proclama un courageux discours en faveur de la foi catholique devant l’empereur arien Constance II, qui ulcéré, l’exila aussitôt et chercha à annuler canoniquement son élection. L’empereur envoya un messager à Samosate demander à Eusèbe de remettre le décret canonique de l’élection de Mélèce. Eusébe refusa, répondant qu’ayant reçu ce dépôt de la main des évêques, il ne pouvait le rendre qu’à eux-mêmes & qu’il fallait les réunir pour ce sujet. L’empereur Constance, irrité, envoya une seconde délégation lui ordonnant de rendre le décret canonique, sous peine de se voir couper la main droite. Le saint évêque, ayant lu la lettre sans s’effrayer, présenta ses deux mains, disant qu’on pouvait les couper, mais qu’il ne rendrait jamais cet acte, qui était une conviction manifeste de l’impiété des Ariens. Cette réponse courageuse fut admirée de l’empereur lui-même.

Julien l’Apostat (361-363), ayant succédé à Constance II, s’emploie à restaurer le culte des idoles. Saint Eusèbe, déguisé en soldat et portant une tiare, parcourt alors la Syrie, la Phénicie & la Palestine ravagées par la persécution, exhortant les chrétiens à la fidélité et ordonnant clandestinement des clercs, des diacres, des prêtres et des évêques.

En 363, Eusèbe participe à un concile de 27 évêques syriens réuni à Antioche autour de saint Mélèce et y signe le Symbole de Nicée, à la suite d’une lettre synodale que le concile adresse au nouvel empereur Jovien, un chrétien qui a succédé à Julien l’Apostat. Cette lettre met l’accent sur le terme « consubstantiel », mais l’explique en disant qu’il est un équivalent de « semblable en substance », dans une volonté manifeste de réconciliation avec les franges les moins hérétiques du parti arien.

Ayant montré son courage lors de la persécution arienne de Constance et celle païenne de Julien l’Apostat, Eusèbe est tenu en haute estime par les chrétiens de son temps. C’est ainsi que saint Basile le Grand, encore jeune prêtre, lui écrit en 368 (Lettre 27) et le considère comme un père spirituel, estimant que la Sagesse personnifiée du livre des Proverbes au chapitre 9 figure l’image de l’Esprit Saint qui habite ce confesseur de la foi.

Justement, en 370, le siège de Césarée de Cappadoce devient vacant, et saint Grégoire de Naziance l’Ancien, le père du Théologien, appelle saint Eusèbe pour présider à l’élection du nouvel évêque de Césarée, quoique cette ville ne soit pas de sa province ecclésiatique. L’assemblée des évêques choisit d’élire saint Basile et l’amitié des deux saints continua de grandir. Basile écrivit de très nombreuses lettres à Eusèbe, allant lui rendre visite à Samosate pour y goûter « le miel si doux et si agréable de cette Eglise » (cf. Lettres 145 & 157). Ces nombreuses lettres de saint Basile témoignent du zèle apostolique de saint Eusèbe. Malheureusement, aucune des lettres d’Eusèbe n’a été conservée. Saint Basile l’appelle « le généreux défenseur de la foi et le protecteur infatigable des Eglises ». Grégoire le Théologien – qui entretint également une correspondance importante avec saint Eusèbe – salue en lui « la colonne et le fondement de l’Église, le luminaire du monde, la règle de la foi et l’ambassadeur de la vérité. »

Saint Eusèbe était resté sur son siège au milieu de la persécution du nouvel empereur Valens (364-378), qui cherchait à imposer l’arianisme. Cependant ce prince fit exiler Mélèce en Arménie et, en 374, choisit de déposer Eusèbe de son siège de Samosate et de l’exiler en Thrace. Aux messagers de l’empereur qui lui apportaient cet ordre, Eusèbe dit de cacher le motif de leur venue, « car si le peuple, dit-il, en avait connaissance, comme il a été élevé dans le zèle de la religion, il vous noierait dans le fleuve, & on me rendrait responsable de votre mort ». Eusèbe célébra les vêpres dans sa cathédrale comme à l’ordinaire puis partit de nuit avec les envoyés de l’empereur et descendit le fleuve jusqu’à Zeugma. Dès le lendemain, tous les habitants de Samosate se jetèrent dans des barques à la poursuite de saint Eusèbe pour le retenir et refusèrent de le laisser partir plus loin. Le saint évêque leur lut alors le passage de l’Apôtre qui commande d’obéir aux princes. On le laissa partir, non sans avoir tenté de le combler de cadeaux, qu’il refusa. Exilé en Thrace, saint Eusèbe continua une correspondance active avec ses amis saint Basile le Grand et saint Grégoire de Naziance le Théologien. Il échappa en particulier aux massacres perpétrés par les Goths qui envahirent plusieurs fois cette province. Successivement, deux évêques ariens furent nommé par l’empereur pour occuper le siège de Samosate mais le peuple manifesta sa parfaite fidélité à l’orthodoxie. Le premier évêque arien s’appelait Eunome, personnage plutôt doux, mais aucun habitant de la ville ne voulut se tenir dans une assemblée liturgique en sa présence, ni même lui adresser la parole ou le fréquenter, de sorte que, découragé, il démissionna. Le second s’appelait Lucius et tenta d’employer des manières plus contraignantes, exilant les prêtres & clercs fidèles à la foi catholique orthodoxe exprimée au concile de Nicée, mais ne parvint pas davantage à rallier les habitants, qui évitaient soigneusement tout contact avec lui, le considérant comme impur.

Fin 377 – début 378, le pape Damase réunit un concile à Rome en présence de saint Pierre d’Alexandrie qui avait été chassé de son siège patriarcal par les Ariens. Au cours des débats, saint Pierre d’Alexandrie compta au rang des hérétiques ariens saint Mélèce d’Antioche et saint Eusèbe de Samosate, ce qui provoqua la stupeur puis la colère du prêtre Dorothée, légat de saint Basile de Césarée auprès du Pape. Saint Pierre d’Alexandrie retenait que saint Mélèce avait été élu par une partie des évêques ariens, et citait la profession de foi du concile d’Antioche de 363. Saint Basile lui-même dut intervenir auprès de saint Pierre d’Alexandrie, assurant de l’orthodoxie de Mélèce et d’Eusèbe et rappelant que les souffrances & l’exil que ces deux saints souffraient des Ariens étaient la meilleure preuve de leur catholicité (Lettre 263).

En 378 enfin, le nouvel empereur Gratien rétablit la liberté de l’Église et rappela tous les nombreux évêques qui avaient été exilés par Valens pour leur foi. Eusèbe revint à Samosate et assista au concile d’Antioche de 379 où il est marqué le premier après saint Mélèce d’Antioche dans la liste des pères conciliaires.

Dès son retour d’exil, le soucis constant d’Eusèbe fut de placer de nouveaux pasteurs sur les sièges resté vacants par suite de la persécution de Valens, soit en les sacrant lui-même, soit en assistant à leur élection.

Le 22 juin 379, comme il entrait dans la ville de Dolique (Dolikha, petite cité de Commagène à 41 miles de Samosate, alors infectée fortement par l’arianisme) pour y introniser Maris, le nouvel évêque qu’il avait déjà ordonné, il reçut une tuile sur la tête lancée par une adepte de l’arianisme du haut d’un toit. Avant de mourir, priant pour ses ennemis, il exhorta le peuple à ne pas poursuivre la coupable, leur rappelant les paroles de Notre Seigneur sur la croix : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font », ainsi que celles de saint Etienne le Protomartyr : « Seigneur, ne leur impute pas ce péché ».

Les officiers de la justice impériale tentèrent de poursuivre la coupable, mais c’est le peuple catholique qui obtint en effet qu’elle ne soit point punie, conformément à la demande du saint pasteur.

« Telle fut, dit Théodoret (Histoire ecclésiastique, livre V, chapitre 4), la fin de la vie sainte et de tant de combats et de si glorieux travaux du grand Eusèbe, qu’il avait endurés. Après avoir échappé à la fureur des barbares dans la Thrace, il ne put éviter la cruauté des hérétiques : mais leur inhumanité ne servit qu’à lui acquérir la couronne du martyre ».

Saint Eusèbe de Samosate est fêté au 21 juin dans le rit romain.

Aux heures
A tierce & à sexte : Tropaire du dimanche, ton 4. Gloire au Père. Tropaire du Hiéromartyr. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche.

Tropaires des Béatitudes : 8 tropaires du dimanche, ton 4 :
1. A cause de l’arbre défendu * Adam fut exilé du Paradis, mais par l’arbre de la croix le Larron y entra ; * car l’un, goûtant de son fruit, méprisa le commandement du Créateur, * l’autre, partageant ta crucifixion, confessa ta divinité : ** Souviens-toi de moi dans ton royaume.
2. Seigneur exalté sur la Croix, * tu as brisé la puissance de la mort, * effaçant la cédule écrite contre nous ; * accorde-nous la repentance du Larron * et donne à tes fidèles serviteurs, ô Christ notre Dieu, * de te crier comme lui : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
3. D’un coup de lance, sur la croix * tu as déchiré la cédule écrite contre nous ; * et, compté parmi les morts, tu as enchaîné le prince de l’Enfer, * délivrant tous les hommes des liens de la mort * par ta Résurrection, dont la lumière a brillé sur nous ; * Seigneur ami des hommes, nous te crions : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
4. Crucifié & ressuscité du tombeau, * Dieu tout-puissant, le troisième jour, * avec toi, seul Immortel, tu ressuscitas le premier homme, Adam ; * donne-moi, Seigneur, de prendre aussi la voie du repentir * afin que, de tout mon cœur * & dans l’ardeur de ma foi, je te crie : ** Souviens-toi de moi, Sauveur, en ton royaume.
5. Pour nous l’Impassible devient homme de douleur * et sur la croix se laisse clouer, * afin de nous ressusciter avec lui ; * aussi nous glorifions avec la Croix * les Souffrances & la sainte Résurrection * par lesquelles nous fûmes rénovés, * obtenant le salut en criant : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
6. Ressuscité d’entre les morts * et dépouillant l’empire de la Mort, * il apparut aux Myrrophores, leur annonçant la joie ; * et nous fidèles, prions-le * d’épargner à nos âmes la corruption, * lui répétant sans cesse la parole du bon Larron : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
7. Fidèles, glorifions d’un même cœur * le Père, le Fils & l’Esprit saint, * invoquons en trois personnes l’unique Divinité * indivisible, inaccessible, sans confusion, ** qui nous sauve des flammes du châtiment.
8. Ta mère, Seigneur, t’enfanta virginalement * et vierge elle est demeurée même après l’enfantement : * c’est elle que nous te présentons pour intercéder auprès de toi : * accorde à sa prière le pardon des péchés * pour ceux qui ne cessent de te crier : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 4 : Ayant appris de l’Ange la prédication lumineuse de la Résurrection, * et le terme de l’ancestrale condamnation, * les femmes disciples du Seigneur * dirent, pleine de fierté, aux apôtres : * « Renversée est la mort ! * Le Christ Dieu est ressuscité, ** donnant au monde sa grande miséricorde ! »
2. Tropaire du Hiéromartyr, ton 4 : Comme tu as pris part aux travaux des Apôtres et que tu as siégé sur leur trône, * tu as ainsi expérimenté que leur activité était une voie vers la vision divine, * O divinement inspiré ! * C’est pourquoi, témoignant de la parole de vérité, * tu as souffert pour la Foi jusqu’à l’effusion de ton sang, * O hiéromartyr Eusèbe ! * Supplie le Christ-Dieu ** que nos âmes soient sauvées.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion du Hiéromartyr, ton 4 : Ayant vécu saintement dans l’épiscopat * et pris le chemin des martyrs, * pontife Eusèbe, tu as éteint * les foyers de l’hérésie ; * par le crédit que tu possèdes auprès de lui * prie le Christ notre Dieu ** d’accorder à nos âmes le salut.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion du dimanche, ton 4 : Mon Sauveur & mon libérateur * a ressuscité tous les mortels, * les arrachant par sa force divine aux chaînes du tombeau ; * il a brisé les portes de l’Enfer ** et en maître souverain il est ressuscité le troisième jour.

Prokimen
Du dimanche, ton 4 :
R/. Que tes œuvres sont grandes, Seigneur ! Toutes, avec sagesse tu les fis (Psaume 103, 24).
V/. Bénis le Seigneur, mon âme ! Seigneur, mon Dieu, tu es si grand ! (Psaume 103, 1).

Epître
Du dimanche : Romains (§ 103) X, 1-10.
Si vous confessez de bouche que Jésus est le Seigneur, et si vous croyez de cœur que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, vous serez sauvé.

Alleluia
Du dimanche, ton 4 :
V/. Va, chevauche pour la cause de la vérité, de la piété & de la justice (Psaume 44, 5).
V/. Tu aimes la justice, tu hais l’impiété (Psaume 44, 8).

Evangile
Du dimanche : Matthieu (§ 28) VIII, 28 à IX, 1.
Deux possédés qui étaient si furieux que personne n’osait passer par ce chemin-là, sortirent des sépulcres, et vinrent au-devant de lui ; ils se mirent en même temps à crier, et à lui dire : Jésus, fils de Dieu ! qu’y a-t-il entre vous et nous ?

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).

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Programme du Dimanche du Fils prodigue – Synaxe des 3 Docteurs – ton 2

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 12 février 2012 du calendrier grégorien – 30 janvier 2012 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton II de l’Octoèque. Le Dimanche du Fils prodigue est le second du cycle du Triode du Carême et, par son évangile, prépare les fidèles à la perspective du jeûne de la grande Quarantaine qui s’approche. Il correspond au dimanche de la Sexagésime dans le rit romain et inaugure la semaine dite de l’apokréo ou carnaval, dernière semaine pendant laquelle les laïcs peuvent encore consommer de la viande. Ce dimanche de l’avant-Carême est attesté au moins à partir du IXème siècle dans les évangéliaires constantinopolitains. Aux matines à partir de ce dimanche et pour les deux autres dimanches suivants de l’avant-Carême, on ajoute aux psaumes 134 & 135 du polyéleos le psaume 136 (« Au bord des fleuves de Babylone ») (ou plutôt, le chant du psaume 136, qui existait à l’origine tous les dimanches de l’année, n’a été conservé que pour ces trois dimanches).

Nous fêtons aussi en ce jour la synaxe des trois saints Docteurs œcuméniques, Basile le Grand, Jean Chrysostome & Grégoire de Naziance.

La fête commune des trois Docteurs fut instituée vers 1100 sous le règne d’Alexis Comnène, par suite de chaudes discussions qui s’étaient élevées pour savoir, des 3 hiérarques célébrés dans le mois de janvier, lequel des 3 était le plus grand : Basile le Grand (fêté le 1er du mois), Jean Chrysostome (fêté le 27) ou Grégoire de Naziance (fêté le 25) ? Les uns optaient pour saint Basile à cause de sa haute intelligence et de ses mœurs monastiques austères ; d’autres pour Chrysostome, insurpassable par la douceur convaincante de ses discours ; l’élégance rhétorique de Grégoire lui attirait les suffrages de beaucoup.Dans cette perplexité, on recourut au saint & docte Jean, métropolite des Euchaïtes. Celui-ci se mit en prière et eut la nuit suivante une apparition des trois saints Docteurs qui lui dirent :

« Dis à ces chrétiens de cesser ces discussions inutiles. Devant Dieu, aucun de nous trois n’est plus grand que les autres. Nous ne faisons qu’un : entre nous il n’y a ni désaccords ni divisions. Ce que l’un croit & a enseigné, les autres le croient & l’ont enseigné. Lève-toi donc & avertis-les de se tenir dans la paix & la concorde. Et afin d’affirmer pratiquement cette unité de notre foi, choisis un jour et fais-y célébrer en notre honneur une liturgie afin de remercier Dieu des grâces qu’il a octroyées à nous trois & par nous à l’Eglise, & spécialement celle-ci que dans la foi orthodoxe & dans son enseignement, Dieu nous a toujours maintenus un, en accord avec la Sainte Eglise Catholique. »

Le métropolite Jean choisit le 30 janvier pour célébrer cette nouvelle solennité et en composa lui-même l’admirable office. Depuis lors, comme dit cet office, « un triple soleil éclaire cette journée. » Cette fête est une figure de la Divine Trinité.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 2 : Lorsque tu es descendu vers la mort, immortelle Vie, * l’Enfer fut renversé par la splendeur de ta divinité * et, lorsque tu ressuscitas les morts * qui gisaient au fond du tombeau, * tous les Anges dans les cieux se mirent à chanter : * Gloire à toi, Source de vie, ô Christ notre Dieu.
2. Tropaire des saints, ton 4 : Vous dont la vie égale celle des apôtres, * et qui êtes les grands docteurs œcuméniques, * priez le Maître de toutes choses * de donner la paix au monde entier ** et à nos âmes la grande miséricorde.
3. Kondakion du dimanche, ton 2 : Lorsque tu es ressuscité du tombeau, Sauveur tout-puissant, * l’Enfer à la vue de ce miracle fut saisi de frayeur ; * les morts se sont levés et, te voyant, la création partage ta joie, * Adam s’unit à l’allégresse ; * et le monde, ô mon Sauveur, te chante pour toujours.
4. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
5. Kondakion des saints, ton 2 : SLes saints prédicateurs de Dieu et chefs des théologiens, * Tu les as reçus, Seigneur, * pour la jouissance de tes bienfaits et le repos ; / Tu as agréé leurs labeurs et leur mort plus que tout holocauste, ** toi qui seul glorifies tes saints.
6. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
7. Kondakion du Fils prodigue, ton 3 : Dans ma déraison, j’ai fui ta gloire paternelle, * par de mauvaises actions j’ai dissipé les richesses que Tu m’avais léguées. * Aussi comme le fils prodigue je te clame : * J’ai péché contre toi, Père compatissant ; * reçois-moi qui me repens ** et fais de moi l’un de tes serviteurs.
Prokimen
Du dimanche, ton 2 :
R/. Ma force & mon chant, c’est le Seigneur ; il fut pour moi le salut (Psaume 117, 14).
V/. Il m’a châtié et châtié, le Seigneur, mais à la mort il ne m’a point livré (Psaume 117, 18).
Des saints, ton 8 :
R/. Par toute la terre a retenti leur message, & leur parole jusqu’aux limites du monde (Psaume 18, 5).
Alleluia
Du dimanche, ton 2 :
V/. Qu’il te réponde, le Seigneur, au jour d’angoisse, qu’il te protège, le nom du Dieu de Jacob ! (Psaume 19, 1).
V/. Seigneur, sauve le roi, & exauce-nous au jour où nous t’invoquons (Psaume 19, 10).
Des saints
Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
Des saints : Réjouissez-vous, justes, dans le Seigneur ; aux cœurs droits convient la louange. (Psaume 32, 1) Alleluia, alleluia, alleluia.