Programme du XXIVème dimanche après la Pentecôte – saint Philippe – ton 7 (veille du début du jeûne de la Nativité, « jeûne de Philippe »)

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 26 novembre 2022 du calendrier grégorien – 14 novembre 2022 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton VII de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour le saint apôtre Philippe.

Philippe – dont le nom grec signifie « ami des chevaux » – est originaire de Bethsaïde, sur la rive nord du lac de Tibériade, en Galilée, comme André et son frère Pierre. Cette ville est alors sous l’administration de Philippe le Tétrarque, fils d’Hérode Le Grand, et il est probable que le saint Apôtre tire son prénom de son souverain. Philippe était marié et avait plusieurs filles.

Jean le Baptiste, qui se tenait à Béthanie au delà du Jourdain avec deux de ses disciples, leur dit en voyant Jésus : « Voici l’Agneau de Dieu. » Les deux disciples suivirent Jésus, l’un d’eux était André, le second sans doute Philippe. Jésus leur dit « Viens, suis-moi. » Tout de suite Philippe évangélise Nathanaël : « Nous avons trouvé le Messie… viens et vois » (Jean I, 45-46).

On retrouve Philippe au moment de la multiplication des pains : « Jésus dit à Philippe : Où achèterons-nous des pains pour que tous ces gens puissent manger ? » (Jean VI, 5)

Saint Clément d’Alexandrie rapporte (Stromates III) comme un fait que tout le monde convenait (et Tertullien semble l’indiquer de même en son Traité du Baptême c. XII), que ce fut saint Philippe qui demanda au Christ la permission d’aller enterrer son père, et à qui Jésus répondit : « Laisse les morts enterrer les morts ».

Peu avant la Passion, des Grecs qui veulent voir Jésus, s’adressent à lui: « Nous voulons voir Jésus » (Jean XII, 20-22). Et au soir de la dernière Cène, Philippe lui, veut voir Dieu: « Montre-nous le Père et cela nous suffit. – Philippe qui me voit, voit le Père » (Jean 14, 8). Philippe est donc en quelque sorte le disciple qui veut voir et fait voir !

Après la Pentecôte, il partit évangéliser plusieurs régions d’Asie Mineure et s’établit à Hiérapolis, en Phrygie, avec ses filles, vierges et prophétesses (qui y ressuscitèrent un mort). Au témoignage de Polycrate d’Ephèse, deux de ses filles furent ensevelies près de leur père à Hiérapolis et une troisième le fut à Ephèse, où elle fut martyrisée sous Trajan. Celle-ci parait être sainte Hermione (fêtée le 4 septembre) et pourrait avoir été mariée (selon Clément d’Alexandrie, suivant l’interprétation des textes de Clément d’Alexandrie et de Polycrate d’Ephèse menée par Le Nain de Tillemont). Saint Philippe avait encore une sœur, sainte Mariamne ou Marie, qui participa à ses travaux apostoliques et qui après la mort de son frère, se retira en Lycaonie où elle mourut en paix.

Tombe de saint Philippe à HiérapolisEn 2011, une équipe archéologique qui fouillait les ruines d’une église dans l’antique ville d’Hiérapolis de Phrygie (l’actuelle Pamukkale turque) a retrouvé la tombe de saint Philippe.

Le tombeaux, ouvert en 2011, fut retrouvé vide. En effet, les reliques du saint avaient été transférées vers 560 en la basilique des Douze Apôtres à Rome, avec celle de saint Jacques, un 1er mai, qui est la date traditionnelle de sa fête en Occident (le Martyrologe hiéronymien le fêtait auparavant au 22 avril).

Le 5 septembre 394, saint Philippe apparut avec saint Jean l’Evangéliste à l’empereur Théodose le Grand à la veille de la victoire de la Rivière Froide, près d’Aquilée, au cours de laquelle il put vaincre l’usurpateur Eugène qui voulait revivifier le paganisme. Cette victoire marque en effet la fin du paganisme antique.

Dans le rit byzantin, le jeûne préparatoire à la fête de Noël commence le lendemain de la fête de saint Philippe et dure 40 jours. Ce carême est de ce fait souvent appelé populairement « jeûne de Philippe » et correspond à la période de l’Avent des Latins. Les hasards des calendriers grégorien & julien font que cette année, l’ouverture du jeûne de Noël correspond au début de l’Avent romain. Ce carême de Philippe a été probablement introduit au VIème siècle dans des monastères syriens ou palestiniens. On retrouve mention de ce jeûne au VIIème siècle comme un jeûne controversé, dans les écrits d’Anastase le Sinaïte. Au IXème siècle, Théodore le Studite le décrit comme un jeûne généralement accepté dans les milieux monastiques. L’abstinence y est marquée par un régime végétalien strict, sans huile ni vin. Toutefois, le poisson est autorisé les samedis, dimanches et aux principales fêtes, l’huile et le vin le sont chaque jeudi et à quelques fêtes.

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Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de l’Apôtre. Kondakion : du dimanche.
A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de l’Apôtre. Kondakion : de l’Apôtre.

A la divine liturgie de saint Jean Chrysostome

Tropaires des Béatitudes : 6 tropaires du dimanche ton VII, & 4 tropaire de la 3ème ode du canon de l’Apôtre, œuvre de saint Théophane le Marqué, l’Hymnographe, métropolite de Nicée (c. 778 † 845) :
1. Il est beau à voir & bon à manger, * le fruit qui a causé mon trépas ; * mais le Christ est cet arbre de vie * dont je puis manger sans mourir ; * & je crie avec le bon Larron : ** Souviens-toi de moi, Seigneur, dans ton royaume.
2. Dieu de tendresse, mis en croix, tu effaças * la cédule de l’antique péché d’Adam ; * de l’erreur tu sauvas l’ensemble des mortels : ** aussi nous te chantons, Bienfaiteur & Seigneur.
3. Sur le croix, Dieu de tendresse, tu clouas nos péchés, * par ta mort tu triomphas de la mort ; * d’entre les morts tu éveillas les trépassés ; ** aussi nous nous prosternons devant ta sainte Résurrection.
4. Dans les oreilles d’Eve le serpent injecta son venin, * mais le Christ sur l’arbre de la croix * fit jaillir pour le monde la douceur de la vie. ** Souviens-toi de moi, Seigneur, dans ton royaume.
5. Au sépulchre on te dépose comme un mortel, * ô Christ, universelle Vie, * mais de l’Enfer ayant brisé les verrous, * tu ressuscites le troisième jour * avec gloire & puissance, illuminant le monde entier : ** gloire, Seigneur, à ta sainte Résurrection.
6. Ressuscité d’entre les morts le troisième jour, * le Seigneur donne aux Disciples sa paix ; * les bénissants, il les envoie et leur dit : ** Amenez tous les hommes au royaume de Dieu.
7. Comblé de la clarté * de la contemplation à laquelle tu parvins par l’action, * bienheureux Philippe, tu as mérité * de servir le Christ, * cette grande lumière ** qui est venue parmi nous.
8. Le mystère auquel tu fus initié * s’est révélé pour les croyants * la base des enseignements de la foi : * grâce à toi nous connaissons en effet * la consubstantielle unité ** qui relie au Père le Fils.
9. Tu fus un chandelier d’or * introduisant parmi les hommes * l’éternelle Clarté * et de sa connaissance illuminant, * excellent apôtre Philippe, ** clairement la terre entière.
10. Ayant mis en toi mon espoir, * ô Vierge toute-pure, * puissé-je ne pas déchoir * des biens que j’attends de toi ; * mais en Mère compatissante de l’Ami des hommes, ** délivre-moi des filets de l’ennemi.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 7 : Tu as détruit la mort par ta croix, * ouvert au Larron le Paradis ; * changé en joie les pleurs des myrrophores * et ordonné aux apôtres de prêcher. * Tu es ressuscité, ô Christ Dieu, ** donnant au monde ta grande miséricorde !
2. Tropaire de l’Apôtre, ton 3 : Apôtre saint Philippe, * prie le Dieu de miséricorde * afin que, le pardon de nos péchés, ** il l’accorde à nos âmes.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion de l’Apôtre, ton 8 : Ton disciple et ami, qui imita ta passion, * a proclamé au monde entier que Tu es Dieu, lui le prédicateur de Dieu Philippe ; * par ses prières préserve des ennemis ** ton Église et toute ta ville, par l’intercession de la Mère de Dieu, ô Très- miséricordieux.
7. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
8. <Kondakion du dimanche, ton 7 : La puissance de la mort ne peut plus retenir les hommes, * car le Christ est descendu pour briser et détruire sa force. * Les enfers sont enchaînés, * les prophètes en chœur se réjouissent et disent : * Le Sauveur est apparu aux croyants. ** Venez, fidèles, prendre part à la Résurrection.

Prokimen
Du dimanche, ton 7 :
℟. Le Seigneur donne la puissance à son peuple, le Seigneur bénit son peuple dans la paix (Psaume 28, 11).
℣. Rendez au Seigneur, fils de Dieu, rendez au Seigneur la puissance & la gloire (Psaume 28, 1).
De l’Apôtre, ton 8 :
℟. Par toute la terre a retenti leur message, & leur parole jusqu’aux limites du monde (Psaume 18, 5).

Epîtres
Du dimanche : Ephésiens (§ 221) II, 14-22.
Car c’est par Lui que nous avons accès les uns et les autres auprès du Père dans un même Esprit.
De l’Apôtre : I Corinthiens (§ 131) IV, 9-16.
Car il semble que Dieu nous traite, nous autres apôtres, comme les derniers des hommes, comme ceux qui sont condamnés à la mort, nous faisant servir de spectacle au monde, aux anges et aux hommes.

Alleluia
Du dimanche, ton 7 :
℣. Il est bon de rendre grâce au Seigneur, de chanter pour ton Nom, ô Très-Haut, (Psaume 91, 1)
℣. de publier au matin ton amour, ta fidélité au long des nuits (Psaume 91, 2).
De l’Apôtre, ton 4 :
℣. Les cieux racontent tes merveilles, Seigneur, et ta vérité dans l’assemblée des saints (Psaume 88, 6).

Evangile
Du dimanche : Luc (§ 53) X, 25-37.
Il s’approcha donc de lui, versa de l’huile et du vin dans ses plaies, et les banda ; et l’ayant mis sur son cheval, il le mena dans une hôtellerie, et prit soin de lui.
De l’Apôtre : Jean (§ 5) I, 43-51.
Et Philippe ayant trouvé Nathanaël, lui dit : Nous avons trouvé celui de qui Moïse a écrit dans la loi et les prophètes : Jésus de Nazareth, fils de Joseph.

Versets de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux (Psaume 148, 1).
De l’Apôtre : Par toute la terre a retenti leur message, & leur parole jusqu’aux limites du monde (Psaume 18, 5). Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme du XXIIIème dimanche après la Pentecôte

Saint-Eugène, le dimanche 13 novembre 2022, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

La guérison de l’hémorroïsse & la résurrection de la fille de Jaïre

Et voilà qu’une femme affligée d’une perte de sang depuis douze ans, s’approcha de lui par derrière, et toucha la frange de son vêtement. » Nous lisons dans l’Évangile selon saint Luc que la fille du prince de la synagogue avait douze ans. Cette femme, je veux dire le peuple gentil, commence donc à être malade au temps même où le peuple juif naissait à la foi. Ceci est à remarquer ; car un vice ne ressort que par le contraste des vertus.
Homélie de saint Jérôme, prêtre, VIIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

A la messe :

IIndes vêpres du XXIIème dimanche après la Pentecôte. Au salut du Très-Saint Sacrement :

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Programme du XXIIème dimanche après la Pentecôte

Saint-Eugène, le dimanche 6 novembre 2022, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

Rendez à César ce qui est à César, & à Dieu ce qui est à Dieu.

Connaissant le secret de leurs pensées, (car Dieu observe ce qui est caché au plus intime des hommes) Jésus se fait apporter un denier, et il s’informe de qui sont l’inscription et l’effigie. Les pharisiens répondent : « De César. » Il leur dit : « A César il faut rendre ce qui est à César, et à Dieu, ce qui est à Dieu. » Réponse vraiment admirable, et solution parfaite que cette parole céleste ! Le Seigneur équilibre si bien tout entre le mépris du siècle et l’injure blessante pour César, qu’il décharge les âmes consacrées à Dieu de tous les soucis et embarras humains en décrétant qu’il faut rendre à César ce qui lui appartient. Car s’il ne reste rien de lui chez nous nous ne serons pas obligés de lui rendre ce qui lui appartient.
Homélie de saint Hilaire, évêque, VIIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

A la sainte messe :

  • Propre grégorien du jour – Kyriale : Missa XI Orbis factor
  • Epître : Philippiens I, 6-11 : Car Dieu m’est témoin avec quelle tendresse je vous aime tous dans les entrailles de Jésus-Christ.
  • Evangile : Matthieu XXII, 15-21 : Alors Jésus leur répondit : Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.
  • Credo I
  • Pendant les encensements de l’offertoire : chant du Dirigatur du Ier ton – tradition de Coutances – faux-bourdon de l’abbé Cardine
  • Après la Consécration : O salutaris – Michel Imbert, maître de musique de l’Eglise de Sens (Méthode de serpent de 1780)
  • Pendant la communion : Tantum ergo – mélodie ambrosienne antique – IInd ton
  • Prière pour la France, faux-bourdon parisien du VIIIème ton (d’après l’édition de 1739)
  • Ite missa est XI
  • Après le dernier Evangile : Salve Regina
  • Procession de sortie : Vers la mort qui vient – cantique du R. P. Jacques Bridaine ( 1701 † 1767) – texte du Chanoine Eugène Blineau (1886 † 1959), du chapitre de la cathédrale de Nantes

IIndes vêpres du XXIIème dimanche après la Pentecôte. Au salut du Très-Saint Sacrement :

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Rendez à César ce qui est à César, & à Dieu ce qui est à Dieu

Programme du XXème dimanche après la Pentecôte

XXème dimanche après la PentecôteSaint-Eugène, le dimanche 23 octobre 2022, grand’messe en rit romain traditionnel de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

L’officier de Capharnaüm.

Rappelez-vous ce qu’il a demandé alors vous verrez plus clairement qu’il a douté dans sa foi. Car il lui demanda de « descendre et de guérir son fils ». Donc il cherchait la présence corporelle du Seigneur qui, par son esprit était présent partout. C’est en cela qu’il n’a pas cru assez en celui qu’il n’a pas estimé capable de rendre le salut s’il n’était pas présent corporellement. S’il avait cru parfaitement, il aurait tenu pour certain qu’il n’y a pas de lieu où Dieu ne soit.
Homélie de saint Grégoire, pape, VIIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

A la sainte messe :

  • Procession d’entrée : Premier cantique des Trois Enfants dans la fournaise – Vème ton (Daniel 3, 52-55) – Maxime Kovalevky (1903 † 1988), maître de chapelle à Paris
  • Propre du jour en plain-chant grégorien
  • Kyriale : Missa XI Orbis factor
  • Crédo I
  • Pendant les encensements de l’offertoire : chant du Dirigatur du Ier ton – faux-bourdon de l’abbé Cardine
  • A l’élévation : O salutaris d’après Alexis V. Kastorsky (1901) – adaptation Henri de Villiers
  • Pendant la communion : Anima Christi – prière des livres d’Heures du XIVème siècle, dite prière de saint Ignace car celui-ci l’a placée au début de ses « Exercices spirituels » – polyphonie de l’abbé Auguste Chérion (1854 † 1904), maître de chapelle de La Madeleine
  • Domine salvam fac Galliam – Prière pour la France, faux-bourdon parisien du IVème ton (d’après l’édition de 1739)
  • Ite, missa est XI
  • Pendant le dernier Evangile : Inviolata
  • Procession de sortie : O Vierge Marie – cantique en forme de litanies de Charles Bordes (1863 † 1909), maître de chapelle de Saint-Gervais

IIndes vêpres du XXème dimanche après la Pentecôte. Au salut du Très-Saint Sacrement :

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Programme du XIXème dimanche après la Pentecôte – Pères du concile de Nicée II – ton 2

Pères du Concile de Nicée II de l'an 787Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 23 octobre 2022 du calendrier grégorien, 10 octobre 2022 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton II de l’Octoèque. Nous fêtons en ce dimanche les saints Pères du septième concile œcuménique, second de Nicée, tenu en 787, réuni par l’impératrice Irène sous la présidence du patriarche de Constantinople Taraise, en présence des deux légats du pape Hadrien Ier pour régler la crise iconoclaste. Le concile réunit 365 évêques, dont 37 venaient d’Europe (principalement de Sicile). Les patriarches d’Alexandrie, d’Antioche et de Jérusalem – alors sous la domination musulmane – envoyèrent des locum tenens.

Le refus de l’icône par les iconoclastes n’était pas une hérésie anodine puisqu’elle équivalait de fait à un refus de l’Incarnation, puisque « le Christ est l’icône du Dieu invisible, le Premier Né de la création » (Colossiens I, 15). De plus la naissance de l’iconoclasme par la volonté impériale de Léon III l’Isaurien en 730 s’est faite probablement par contamination de la pensée islamique avec laquelle les byzantins étaient entrés en contact. Les Pères du second concile de Nicée demandent la restauration des images du Christ, de la Vierge et des saints qui aident la prière et permettent de communiquer avec le divin. L’image n’est pas le modèle qui y est figuré, mais la vénération rendue à l’image renvoie au modèle.

Voici la définition faite par les Pères du Concile de Nicée II :

Nous affirmons en toute certitude et justesse que, tout comme la représentation de la vénérable Croix source de vie, les icônes saintes et vénérables, qu’elles soient en peinture, en mosaïque ou en tout autre matériau approprié, devraient être exposées dans les saintes églises de Dieu, sur les objets et vêtements liturgiques, sur les murs ou sur des panneaux, dans les maisons et autres édifices, de même que les images de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, de la Vierge Marie, la sainte Mère de Dieu, des anges dignes d’honneur et de tous les saintes et dévotes personnes. Plus souvent celles-ci seront vues en tant que représentations figurées, plus les croyants s’élèveront et, se souvenant des personnes qui les ont inspirés, soupireront après leurs prototypes; de telle sorte que celles-ci doivent faire l’objet de vénération (προσκύνησις) mais non d’adoration (λατρεία), chose réservée par notre foi à Dieu seul. Nous nous devons de leur offrir encens et cierges comme nous le faisons à l’endroit de la vénérable Croix source de vie, aux livres des Évangiles et aux autres objets consacrés suivant l’ancienne tradition. C’est ainsi que l’honneur rendu aux icônes se transmet à ce que les icônes représentent de telle sorte qu’en vénérant les icônes, nous vénérons aussi les originaux. »

L’hérésie iconoclaste ne fut toutefois définitivement réglée que 56 ans plus tard, au moment du Triomphe de l’Orthodoxie le 11 marc 843, lorsque l’impératrice Théodora et le patriarche Méthode rétablirent la vénération des saintes icônes.

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire des Pères. Kondakion : des Pères.
A sexte: Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire des Pères. Kondakion : du dimanche.

A la divine liturgie de saint Jean Chrysostome

Tropaires des Béatitudes : 6 tropaires du dimanche, ton 3 & 4 tropaires de la 3ème du canon des saints Pères, œuvre de saint Théophane le Marqué, l’Hymnographe, métropolite de Nicée (c. 778 † 845) :
1. Reprenant la prière du bon Larron, * ô Christ, nous te disons : * Souviens-toi de nous, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Ta croix, nous te l’offrons * pour la rémission de nos péchés : * Seigneur, tu l’as supportée ** par amour pour les hommes.
3. Devant ta Sépulture & ta sainte Résurrection, * Maître, nous nous prosternons : * par elles tu rachetas de la corruption, ** Ami des hommes, le monde entier.
4. Seigneur, l’empire de la Mort * par ta mort fut englouti, * & par ta sainte Résurrection, ** Dieu sauveur, tu as sauvé l’univers.
5. Au plus profond de l’Enfer, * lorsqu’ils virent ta clarté, * ceux qui dormaient dans les ténèbres de la mort, ** ô Christ, se levèrent, ressuscités.
6. Ressuscité du tombeau, * tu vins au-devant des Myrrophores, * et les Disciples reçurent la mission ** de proclamer ta Résurrection.
7. Les divins Pasteurs du troupeau, * ayant reçu du Christ cette révélation * que son Eglise indivise ne chancellera pas, * ont chassé, comme sectateurs de l’Antéchrist, ** de l’assemblée des croyants ceux qui voulaient l’ébranler.
8. Puisant aux sources du salut, * l’assemblée des Pères nettoya * les torrents troubles et chargés de boue ; * alors le peuple du Christ, assoiffé, ** put boire aux flots de leurs purs enseignements.
9. Dans l’illustre ville de Nicée, * contre les iconoclastes, ces gens détestables, * se tint le septième concile des amis du Christ * dont les empereurs Constantin et Irène ** se firent les défenseurs.
10. Qu’ils aillent au feu éternel, * les impies qui refusent de vénérer * la sainte icône de la Mère de Dieu * et de reconnaître qu’elle a mis au monde ** le Christ, homme et Dieu à la fois.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 2 : Lorsque tu descendis jusqu’en la mort, * ô Vie immortelle, * l’Enfer fut tué par la splendeur de ta divinité. * Lorsque tu relevas les morts des bas-fonds, * toutes les vertus célestes te clamèrent : ** Donateur de vie, Christ Dieu, gloire à toi !
2. Tropaire des Pères, ton 8 : Tu es glorifié au-dessus de tout, ô Christ notre Dieu, * toi qui as établi nos Pères pour éclairer la terre ; * et par eux, Tu nous as tous guidés vers la vraie foi. ** Ô Très-miséricordieux, gloire à toi.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion des Pères, ton 6 : Le Fils qui a indiciblement resplendi du Père, * et qui en deux natures est né d’une femme, * nous le contemplons et ne refusons pas de représenter son visage, * mais le reproduisant avec piété, nous le vénérons avec foi. * C’est pourquoi, fidèle à la foi véritable, ** l’Église embrasse l’icône de l’Incarnation du Christ.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion du dimanche, ton 2 : Tu es ressuscité du tombeau, tout-puissant Sauveur : * l’enfer, voyant ce prodige, est saisi de stupeur, * & les morts ressuscitent. * A cette vue, la création se réjouit avec toi ; * Adam s’unit à l’allégresse ** et le monde, ô mon Sauveur, te chante pour toujours.

Prokimen
Du dimanche, ton 2 :
℟. Ma force & mon chant, c’est le Seigneur ; il fut pour moi le salut (Psaume 117, 14).
℣. Il m’a châtié et châtié, le Seigneur, mais à la mort il ne m’a point livré (Psaume 117, 18).
Des saints Pères, ton 4 :
℟. Béni sois-tu, Seigneur, Dieu de nos pères, & vénérable, & que ton Nom soit glorifié éternellement (Daniel 3, 26).

Epîtres
Du dimanche : II Corinthiens (§ 194) XI, 31 – XII, 9.
Ma grâce te suffit : car ma puissance éclate davantage dans la faiblesse. Je prendrai donc plaisir à me glorifier dans mes faiblesses, afin que la puissance du Christ habite en moi.
Des Pères : Hébreux (§ 334) XIII, 7-16.
Souvenez-vous de vos conducteurs, qui vous ont prêché la parole de Dieu ; et considérant quelle a été la fin de leur vie, imitez leur foi.

Alleluia
Du dimanche, ton 2 :
℣. Qu’il te réponde, le Seigneur, au jour d’angoisse, qu’il te protège, le nom du Dieu de Jacob ! (Psaume 19, 1).
℣. Seigneur, sauve le roi, & exauce-nous au jour où nous t’invoquons (Psaume 19, 10).
Des saints Pères, ton 1 :
℣. Le Seigneur, le Dieu des dieux, a parlé, et il a appelé la terre depuis le lever du soleil jusqu’à son couchant. (Psaume 49, 1).

Evangiles
Du dimanche : Luc (§ 30) VII, 11-16.
En même temps le mort se leva en son séant, et commença à parler ; et Jésus le rendit à sa mère.
Des Pères : Jean (§ 56) XVII, 1-13.
J’ai fait connaître ton nom aux hommes que tu m’as donnés du monde.

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
Des saints Pères : Réjouissez-vous, justes, dans le Seigneur ; aux cœurs droits convient la louange. (Psaume 32, 1) Alleluia, alleluia, alleluia.

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